La fête de Pourim

-> ‘Hazal : « lorsqu’arrive le mois d’Adar, la joie augmente » (Ta’anit 29a)  – à l’inverse : « lorsqu’arrive le mois d’Av, la joie diminue » (Ta’anit 29a).

Ainsi, un certain niveau de joie doit être toujours maintenu, comme l’enseigne Rabbi Na’hman de Breslev : « c’est une grande mitsva que d’être toujours joyeux » (Lekouté Moharan, Tinyanah 24), le roi David : « Servez H. avec joie ; venez devant lui avec des chants » (Téhilim 100;2), …

Selon le Rambam, la joie fait tellement partie de notre vie que servir D. sans elle, est considéré comme une faute impardonnable pouvant entraîner notre propre destruction (cf.Dévarim 28;24 : « parce que vous n’avez pas servi H., votre D., avec joie et contentement de coeur … » ; la présence divine ne se dévoila pas à Yaakov pendant les années où le moral était plus bas en raison de la disparition de Yossef, …).

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-> « Il est une nation (yéchno am é’had) » (méguilat Esther 3,8)
Haman dit à A’hachvéroch : « Allons détruisons cette nation! »
A’hachvéroch dit à Haman : « Je crains que leur D. ne me fasse ce qu’Il a fait à mes prédécesseurs (qui ont voulu s’attaquer à ce peuple). »
Haman rétorqua : « Ils sont endormis (ils négligent) dans les commandements (yachnou min amitsvot). »
Le roi répondit : « Il y a des rabbanim parmi eux (qui observent les commandements et qui prieront pour eux). »
Haman ajouta : « Ils forment une seule nation (les rabbanim agissent comme le reste du peuple). »
[guémara Méguila 13b]

-> Pour calmer les appréhensions du roi A’hachvéroch, qui n’osait pas émettre un décret contre les juifs par peur de représailles du Ciel, Haman le rassure.
Il lui dit qu’ils sont endormis (yachnou) dans leur pratique des mitsvot, c’est-à-dire qu’ils accomplissent sans enthousiasme, sans intention (kavana) et mécaniquement (par habitude), à l’image d’un homme endormi dont l’esprit se retire de lui.
Leurs mitsvot accomplies de cette façon ne pourront donc pas les protéger, et tu n’as donc pas à craindre de sanction du Ciel.
[Divré Mordé’haï]

-> Le Ktav Sofer explique que le problème n’était pas qu’ils n’accomplissaient pas les mitsvot ; au contraire, ils les observaient assidûment. Mais, en réalité, ils ne les accomplissaient pas avec enthousiasme, empressement et joie, mais plutôt comme si elles étaient un poids sur leurs épaules (comme forcés).
D’ailleurs, la guémara (Méguila 11a) précise qu’une des causes du décret contre les juifs était leur inertie et leur paresse dans l’accomplissement des mitsvot et l’étude de la Torah.

-> Au début du verset (3,8) d’Esther, Haman aurait dû dire au roi : yéch am (il existe un peuple) ; s’il a dit : yéchno am, c’est pour faire allusion au mot : « chinouï » (changement – שנוי) qui se compose des mêmes lettres que « yéchno » (il existe – ישנו).
L’intention d’Haman était donc d’adresser le message suivant au roi A’hachvéroch : Les juifs ont changé les mitsvot et les valeurs de la Torah et ils ne vivent plus selon la halakha, donc tu n’as rien à craindre
[Maharcha]

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+ Pourim est-il réellement le jour le plus heureux de l’année?

Ta’anit (chapitre4, michna 8) : « il n’y a jamais eu de meilleurs jours pour Israel que le 15 du mois de Av et Yom Kippour ».
Pour Kippour:
– Moshé est descendit ce jour là avec les 2e Tables de la Loi;
– chaque année, c’est ce jour-là uniquement que les fautes du peuple juif sont totalement pardonnées par D.

‘Hazal : le nom « Yom haKippourim » peut être interprété comme « Yom kéPourim », c’est-à-dire un jour « comparable » à Pourim.
Par conséquent, comme Yom Kippour  est quasiment comme Pourim, donc Pourim est le plus grand jour de bonheur de l’année.

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+ Qu’a donc Pourim de si joyeux au point de mériter ce titre?

Les événements de Pourim nous rappellent que bien que nous soyons en exil, et qu’en apparence il puisse nous sembler que D. est absent, D. est toujours là, veillant sur nous, nous protégeant et s’assurant que même le plus infime détail de notre vie soit organisé pour notre bien.
Inversement, Haman (comme Amalek) agit en se conformant au principe que tout arrive par hasard (il se basa sur le caprice du hasard à l’aide d’un tirage au sort = « Pour » en perse, Goral en hébreu).
D. leur démontra le contraire (‘Hazal : « en mazal léyisrael » – Israel n’est pas soumis aux aléas du hasard/ de la chance).

Pourim (terme pluriel désignant 2 sortes de Pour) est ainsi, le symbole du changement de perception entre la vision d’Haman, basée sur le hasard/chance et celle où la seul certitude c’est qu’à chaque instant tout vient de D. et que c’est ce qu’il y a de mieux pour moi.

Si nous chuchotons lorsque nous prions, c’est bien parce que D. ne se trouve pas à des kilomètres de nous, qu’Il est juste là, près de nous, constamment.
La fête de Pourim nous renforce dans la perception qu’on n’a pas à s’en faire pour quoi que ce soit, jamais, parce qu’il y a toujours Quelqu’un, juste là, Qui veille sur nous et nous soutient. Et ce Quelqu’un, c’est H., le Maître de l’Univers.
Quelle joie!!
Rien ne procure de plus grande joie que cette certitude !!

Source : adapté du livre « au coeur de Pourim » d’Aryeh Pin’has Strickoff

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