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Nitsavim & Roch Hachana – Kippour = la nécessité de développer de la crainte du Ciel

+ Nitsavim & Roch Hachana - Kippour = la nécessité de développer de la crainte du Ciel :

-> Rachi nous rapporte que lorsque le peuple juif a entendu les 98 malédictions qui s'abattraient sur quiconque n'accomplirait pas la Torah, il a été terrifié.
Moché tenta de les rassurer : "Regardez, vous êtes vous êtes ici aujourd'hui (nitsavim ayom), bien que vous ayez mis Hachem en colère à de nombreuses reprises (Devarim, Rachi 29:12)".

Il semble que Moshé essaie d'être rassurant. Cependant, Moché poursuit : "Peut-être y a-t-il parmi vous un homme ou une femme ... dont le coeur se détourne d'être avec Hachem ... et lorsqu'il entendra ces malédictions ... il dira : 'La paix sera avec moi, même si je suis les désirs de mon coeur' ... Hachem ne sera pas disposé à lui pardonner ... et toutes les malédictions de ce Livre viendront sur lui, et Hachem effacera son nom de dessous les cieux ! (Nitsavim 29,17-19)."

=> À qui Moché s'adresse-t-il? La nation entière vient d'entendre les malédictions et tous sont terrifiés. Comment Moché pouvait-il penser qu'il y aurait encore quelqu'un qui pensait pouvoir faire tout ce qu'il voulait sans que rien ne se produise? Qui serait assez fou pour penser cela?

-> Le rav 'Haïm Friedlander explique qu'il existe en effet une personne capable de penser de cette manière : quelqu'un qui est en proie à une taava (un fort désir).
Son désir est si puissant qu'il chasse de son esprit tout sentiment sain de crainte du Ciel. Il est vrai qu'il aurait peur de fauter dans des circonstances normales, mais dans les tourmentes de son fort désir, il oublie toutes les autres préoccupations, aussi terrifiantes soient-elles.

Moché indique clairement qu'une telle personne commet une grave erreur. Pour un tel comportement, Hachem appliquera toutes ces malédictions. De plus, Il punira même les fautes involontaires comme s'ils avaient été commis délibérément (voir Rachi - Nitsavim 29,18). Enfin, le nom du fauteur sera effacé du monde.

=> Cette mesure semble inhabituellement sévère. Après tout, le fauteur peut certainement prétendre qu'il s'est oublié lui-même à ce moment-là (je n'étais plus moi-même!). Il était incapable de penser logiquement. Est-il vraiment si terrible?
Pourtant, l'avertissement de Moché à ce fauteur est que le fait de permettre à à son désir d'écarter Hachem de son esprit est une forme grave de rébellion contre Lui.

Le rav Friedlander note que tout comme la taava (fort désir) repousse la crainte du Ciel, l'inverse est également vrai. La crainte du Ciel éloigne la taava. Par conséquent, il faut essayer d'accroître sa crainte du Ciel pour éloigner la taava.
Aussi souvent que possible, il faut se rappeler que ce monde n'est pas libre (il y a un Maître du monde, il faudra rendre des comptes de tout, ...).
Il ne fait aucun doute que chacun est tenu responsable de sa mauvaise conduite et puni pour cela, que ce soit dans ce monde ou dans l'autre. Ce mode de pensée développe la crainte du Ciel.

[ainsi nous sommes responsable d'avoir en nous de la crainte du Ciel, comme barrière/espace de sécurité pour ne pas en venir à être soumis à nos désirs interdits.
En l'absence, nous sommes responsables d'y être tombés, car nous ne nous en sommes pas prémunis. ]

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-> Le rav Yé'hezkel Lévenstein rappelle que Roch Hachana et Yom Kippour sont connus sous le nom de Yamim Noraïm, littéralement les jours redoutables.
Le Rambam (sur la michna Roch Hachana 4:7) écrit que ce sont des jours où un juif doit craindre le jugement d'Hachem et s'y préparer en se repentant de ses fautes passées.

Pendant les Yamim Noraïm, Rav Levenstein exhortait les gens :
"Hachem nous a donné ces jours pour que nous sachions que nous sommes sur le point d'être jugés, afin que nous nous repentions. Il exige que nous le craignions! Si quelqu'un ne le fait pas maintenant, pendant ces jours uniques, il est certainement coupable de 'suivre les désirs de son cœur et d'ignorer Hachem'."

Le rav Lévenstein avertit ensuite :
"J'hésite à le dire, mais une telle personne peut encourir les punitions que Moché a énumérées dans la paracha Nitsavim, à D. ne plaise.
Il se peut qu'Hachem ne veuille pas pardonner à une telle personne, car même maintenant, avec le spectre du jugement qui se profile devant elle, elle ne ressent rien.
Il observe donc les mitsvot, mais qu'en est-il de la crainte d'Hachem? Pourquoi se comporte-t-il comme s'il n'avait pas à se repentir? Quel est le problème de cette personne?"

-> De même, le rav Israël Salanter (Ohr Israël 7) écrit :
"Ne voyons-nous pas que chaque année, il y a des gens, même jeunes et en bonne santé, qui ne parviennent pas à la fin de l'année? Comment ne pas avoir peur? Il faut au moins qu'un sentiment s'exprime!"

-> Le rav Lévenstein a trouvé cette idée dans le récit de la guémara (Béra'hot 28b) sur la fin de la vie de Rabban Yo'hanan ben Zakaï. Il y est dit qu'alors qu'il était alité, ses élèves vinrent lui rendre visite.
Lorsqu'il les vit, il pleura. Ses élèves lui demandèrent pourquoi il pleurait, après tout, il pouvait certainement s'attendre à une grande récompense dans le monde à venir (au regard de ses incroyables mérites spirituels). Il a répondu que s'il était sur le point de faire face à un juge humain, qui ne pourrait que le condamner à un châtiment dans ce monde, il aurait certainement peur.
Il sera bientôt jugé par Hachem, dont le châtiment est pour l'éternité. Il est évident qu'il serait terrifié dans ce cas!

Le rav Lévenstein commente :
"Il semble, d'après le récit, que Rabban Yo'hanan ben Zakaï ne pleurait pas avant l'arrivée de ses élèves.
Si c'est le cas, pourquoi a-t-il pleuré à ce moment-là ? Ce n'était certainement pas pour montrer sa piété ...
Rabban Yo'hanan ben Zakaï avait plutôt l'intention de transmettre un enseignement à ses élèves.
[A l'approche de Roch Hachana et Kippour,] nous devons imaginer que nous sommes confrontés à un véritable procès. Imaginons que nous soyons convoqués devant un juge humain, qui a le pouvoir de nous punir. Nous aurions certainement peur!
La crainte que nous ressentirions est le minimum absolu que nous devrions ressentir lorsque nous nous trouverons bientôt devant Hachem. Nous devrions nous demander si nous avons au moins aussi peur de Roch Hachana."

-> Ceux qui ont connu le grand de la génération, le rav Elazar Shach ont témoigné qu'il vivait avec une telle peur tout au long de l'année. Tout au long de sa journée, il se disait (et parfois se demandait même à haute voix) : "Serai-je capable d'expliquer pourquoi j'ai agi ainsi lorsque je me tiendrai devant la Cour céleste?"

En particulier à Elloul et pendant les dix jours de repentir, son sentiment de peur était palpable.
Son comportement semblait demander : "Comment puis-je me tenir devant Hachem en jugement ?"
Une fois, pendant le mois d'Elloul, le petit-fils du rav Shach, le rav Isser Zalman Bergman, lui a dit que l'un de ses fils allait bientôt devenir bar mitsva et qu'une réception serait organisée dans quelques jours.
"Une célébration maintenant? Pendant Elloul?" Rav Shach est choqué. "Comment puis-je me rendre à une fête pendant ces jours-ci? Pourriez-vous la reporter après les Yamim Noraim?"

[Roch Hachana et Kippour impliquent de développer en nous une profondeur crainte, frayeur, de la gravité de ce moment (le jugement est de Vérité, avec Rigueur, impitoyable [ex: aucune pensée n'est cachée de D.]). Et ce n'est qu'ensuite qu'on peut y ajouter de la joie, de l'amour, d'avoir papa Hachem comme juge, qui nous aime infiniment, rempli de miséricorde.
On doit respecter cet ordre, car alors l'un (crainte) alimente l'autre (la joie, amour). Plus on a conscience de la gravité de la situation, plus on apprécie la bonté d'Hachem, de L'avoir en permanence s'occupant de nous pour notre mieux éternel. ]

"Il y a de nombreuses raisons de respecter Hachem, mais la principale est de Le respecter comme une force grande et dominante, la Source et la Racine de tous les mondes"
[Zohar]

Il y a 2 types de personnes qui servent Hachem. L'une sert D. par la crainte et l'autre par l'amour.
La différence est que la personne qui sert D. par peur/crainte conserve son ego. Elle se perçoit comme une entité, et en tant que telle, a peur de quelque chose de plus élevé qu'elle.
En revanche, la personne qui sert D. par amour se trouve dans un état de "néant" total ; elle n'est rien à ses propres yeux [tellement Hachem est tout, qu'on ne peut pas vivre une seconde sans Lui, ...].

En ce qui concerne l'amour lui-même, il existe également 2 types de personnes.
Lorsqu'une personne sert D. par amour en raison de la récompense attendue, elle conserve également son égo et sert D. essentiellement pour son propre bénéfice.
Mais lorsque quelqu'un sert D. pour Lui apporter de la satisfaction/plaisir, en ignorant ses propres intérêts, cette personne est dans un véritable état de néant.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Lé'h Lé'ha 12,9]

Aimer Hachem

+ Aimer Hachem :

-> Il est naturel d'aimer ses parents ou son conjoint, ou même toute personne dont on reçoit quelque chose, physiquement et émotionnellement. Dans ce cas, pourquoi nous est-il si difficile d'aimer Hachem, de qui nous recevons tout?

Selon le rav Gamliel Rabinowitz (Tiv haMoadim - Pessa'h), la véritable raison est que nous ne ressentons pas pleinement que tout ce que nous avons vient réellement d'Hachem. Nous vivons dans un monde de cause à effet, dans lequel nous voyons des patients guéris par des médecins et des hommes d'affaires qui profitent de leur sens aiguë des affaires.
Si nous nous rappelions constamment que tout ce que nous avons et tout ce qui arrive n'est dû qu'à l'intervention directe d'Hachem, alors, naturellement, nous commencerions à éprouver de l'amour pour Hachem, comme nous en éprouvons pour nos parents qui nous donnent tant.

-> Le Beit haLévi (Béréchit 2,2) rapporte la parabole d'un homme qui se noie et qui, alors que ses dernières forces commencent à s'épuiser, fait frénétiquement un dernier effort pour garder la tête hors de l'eau. Soudain, quelqu'un passe et, comprenant ce qui se passe, se précipite sur la berge et saisit fermement la main du noyé. Le noyé regarde son sauveur qui le tient fermement et se rend compte que s'il le lâchait une seconde, il serait un homme mort.
À ce moment-là, il est rempli d'un immense amour pour lui, car il voit qu'il le maintient littéralement en vie. En même temps, il éprouve une grande crainte, car il se rend compte que l'homme pourrait facilement le lâcher et le laisser se noyer.
Notre relation avec Hachem est la même ; nous devons voir qu'Hachem nous "tient la main" à chaque seconde, qu'il nous donne constamment la vie et la santé, et qu'à tout moment Il pourrait "lâcher prise", à D. ne plaise, et nous n'aurions plus rien. Cette pensée devrait faire naître en nous un amour et une gratitude immenses envers Hachem, ainsi qu'une grande crainte à son égard.

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+ Aimer Hachem par la gratitude :

-> On raconte l'histoire d'un homme qui s'arrêta pour la nuit dans une petite et humble auberge en Europe. Alors qu'il était couché dans son lit, il entendit soudain une voix provenant de la chambre voisine : "Merci Hachem pour tout ce que tu as fait pour moi depuis ma naissance ..." L'homme resta assis jusqu'à tard dans la nuit, écoutant cette voix énumérer bonté après bonté ce qu'Hachem avait fait pour lui depuis qu'il était bébé jusqu'à ce jour, entrecoupé de remerciements et de louanges sincères.
Le lendemain matin, l'homme se leva tôt pour découvrir qui était son saint voisin et découvrit que ce n'était autre que le 'Hafets 'Haïm, pour qui une telle pratique était un événement régulier.

-> Il vaut la peine de prendre quelques minutes pour réfléchir aux dons infinis qu'Hachem nous accorde.
Le rav Yérou'ham Lévovitz suggére que les gens écrivent un journal des hachgakha (interventions divines) personnelles qu'ils constatent dans leur vie. Non seulement cela permet à chacun de prendre conscience de l'infinie bonté qu'il reçoit sans même s'en rendre compte, mais cela ouvre également la porte à l'épanouissement d'une véritable amour d'Hachem.

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-> L'histoire suivante nous apprend ce que signifie une véritable amour d'Hachem.
L'ancien Rabbi de Guer (rabbi Pin'has Ména'hem Alter), avait été publiquement humilié par un opposant pour la position qu'il avait prise sur une certaine question sensible. Le rabbi a affirmé qu'il savait que ses actions avaient été menées pour le bien du Ciel et qu'il était donc blessé par cet assaut personnel.
Le jour de Roch Hachana, il se préparait au jour du jugement en passant en revue les événements de l'année et il se souvint de cet incident.
Au début, il ne voyait aucun moyen de pardonner à cet homme pour son comportement scandaleux, jusqu'à ce qu'il ait soudain une pensée étonnante : "Le plus grand désir d'Hachem est d'accorder la bonté et la gentillesse à toutes Ses créations ; c'est dans ce but qu'Il a créé le monde. Cependant, au cours de l'année à venir, Il ne pourra pas décréter une bonne année pour cet homme en raison des sentiments que j'éprouve à son égard. Puis-je empêcher Hachem de faire ce qu'Il désire vraiment?
Devrais-je être celui qui cause à Hachem la "douleur" de vouloir donner mais d'être incapable de le faire? Instantanément, raconte le Rabbi, tous les sentiments amers que j'avais envers cet homme se sont évaporés et je l'ai aimé à nouveau comme n'importe quel autre juif."

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[de même, on peut faire des mitsvot par amour pour D., dans un but de Lui faire plaisir, de Lui permettre de nous combler du meilleur. Et inversement, éviter de faire des avérot. ]

Étudier la création

+ Étudier la création :

-> Il n'y a pas d'artiste comme Hachem. [guémara Méguila 14a]

-> Un matin, le Malbim réveilla sa famille avant l'aube et leur demanda de se mettre leurs beaux habits de fête/Shabbath. Les enfants, déconcertés, se changèrent à la hâte et demandèrent une explication à leur saint père, qui leur expliqua qu'ils devaient assister à un événement très spécial qui exigeait d'eux qu'ils se présentent sous leur meilleur jour.
Il les conduisit dans un champ pour assister au lever du soleil : il fallait être au mieux pour admirer le spectacle merveilleux d'Hachem.
Ce même grand homme (Malbim) a demandé, alors qu'il était sur son lit de mort, qu'on l'emmène à l'extérieur afin qu'il puisse admirer une dernière fois les merveilles du monde d'Hachem.

-> Cela ne se limite pas au lever du soleil.
Le 'Hovot haLévavot prouve qu'il est nécessaire d'étudier le monde au mieux de ses capacités, parce que
"dans chaque création, il est possible d'apprendre la sagesse infinie d'Hachem", et c'est le meilleur moyen de prendre conscience et de prouver l'existence d'Hachem.
En effet, le Rambam (Hilkhot Avoda Zara 1:3) décrit que c'est ainsi que notre Patriarche Avraham a découvert Hachem, et il écrit ailleurs (Hilkhot Yessodé haTorah 2:2) que la méthode pour atteindre la crainte et l'amour d'Hachem est de "réfléchir à Ses actes et à Sa grande et merveilleuse Création, et de discerner et de découvrir la sagesse illimitée qu'elle contient. Immédiatement, il sera rempli d'amour, le louera et le glorifiera et aura un énorme désir d'apprendre sur Hachem".

-> Nous disons chaque matin dans la bénédiction qui précède la lecture du Shéma :
"Comme Tes œuvres sont grandes, Hachem. Tu les as toutes créées avec sagesse ; le monde est rempli de Tes biens".

Le rabbi Mendel de Kotzk dit un jour que le mot Shéma en hébreu (שמע) est la première lettre des mots : "chéou marom éné'hém" (Lève les yeux et vois - Yéchayahou 40,26).
Le verset se poursuit ainsi : "Et regarde qui a créé toutes ces [merveilles dans les cieux]".
La façon d'atteindre le niveau de dire le Shéma, la déclaration ultime de notre acceptation d'Hachem comme notre Roi, est d'étudier les merveilles des corps célestes : le soleil, la lune, les étoiles, les galaxies, ...
Le Tossafot Yom Tov (Pirké Avot 1,3) ajoute que nous nous référons à la crainte d'Hachem comme yirat Chamayim (crainte du Ciel), littéralement "crainte du ciel", parce que nous sommes censés être dans la crainte d'Hachem en raison de Sa grandeur, et non par crainte de Sa réprimande et de Sa punition, et que la grandeur d'Hachem est clairement visible dans les merveilles des cieux.
Ceci complète la guémara (Sanhédrin 42a) qui dit que quiconque dit Kiddouch Lévana (la sanctification de la lune), est considéré comme s'il saluait la Ché'hina d'Hachem (c'est pourquoi nous nous tenons debout pendant la prière).
Rabbénou Yona (commentaire du Rif sur Béra'hot 21a), explique que même si nous ne pouvons pas voir Hachem lui-même, nous pouvons percevoir sa présence à travers ses actions dans le monde. En observant le renouvellement du cycle lunaire et en étudiant les merveilles des corps célestes, nous parvenons à une perception claire d'Hachem. C'est ce que l'on appelle "saluer la Ché'hina".

-> Chaque détail de la Création (ex: le corps humain), s'il est étudié correctement, crie haut et fort : "Il y a un Créateur!"
Ils montrent que le monde est ordonné, qu'il a un but, qu'il est conçu et qu'il est intelligent. Cela est évident non seulement dans chaque chose en soi, mais aussi dans l'interaction complexe entre toutes les différentes parties de la Création, qui se combinent parfaitement ensemble dans le cadre d'un plan d'ensemble plus vaste.
C'est ce que résume la dernière Mishna du livre des Pirké Avot : "Tout ce que Hachem, a créé dans son monde, il l'a créé uniquement pour Sa gloire, comme il est dit : "Tout ce qui est appelé de Mon nom, c'est pour Ma gloire que Je l'ai créé, que je l'ai formé et que Je l'ai fait" (Yéchayahou 43,7)."

Le fait qu'il existe une telle abondance de créations différentes, chacune avec son apparence unique, sa source de nourriture, ses capacités et ses exigences, devrait suffire à prouver la grandeur infinie d'Hachem, qu'Il n'a pas de restrictions et qu'Il peut donc créer n'importe quel nombre d'espèces et de types différents.
[rav Avraham Tabor]

Le Zohar (I;88a) dit : "Une action en bas suscite une action en haut".
Ainsi, en servant Hachem avec l'attribut de l'amour, Avraham a suscité l'amour de D. pour lui, comme en témoigne le verset : "La descendance d'Avraham, mon bien-aimé" (Yéchayahou 41,8), mesure pour mesure.
Par conséquent, par son service, qui était imprégné d'amour, il a suscité l'amour de D. pour lui.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Lé'h Lé'ha 12,9]

Un homme pieux a été trouvé dormant seul dans le désert. Lorsqu'on lui a demandé pourquoi il ne s'inquiétait pas de l'attaque d'un animal sauvage, il a répondu : "Je suis gêné qu'Hachem me voie craindre autre chose que Lui" ('Hovot haLévavot 10,6).
Il existe dans ce monde de nombreux instruments de nuisance et de destruction. Une personne qui craint Hachem ne doit pas s'inquiéter de ces agents, car elle peut se fier à la protection d'Hachem.
[rav 'Haïm de Volozhin - Roua'h 'Haïm - Avot 4,29]

+ Il y a une règle : Hachem accomplit la volonté de ceux qui Le craignent (rétson yéré'av yaassé - Téhilim 145,19).
Conformément à la manière dont le peuple juif souhaite que D. dirige le monde, il le fait avec bonté et miséricorde.

C'est ce à quoi fait allusion le verset "Vous observerez le Shabbath parce qu'il est saint pour vous" (Ki Tissa 31,14), ce qui signifie que Hachem est Celui qui agit "pour vous" = Il dirige tous les mondes comme vous le souhaitez.
[le terme "la'hem" signifie aussi "pour vous" = selon nos désirs. En craignant et respectant la sainteté de Shabbath, on acquiert un pouvoir. En se cens, selon le midrach (Chémot rabba 25,12), lorsqu'un juif observe Shabbath, il peut émettre un décret et Hachem l'exécutera. ]

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Bo 12,2]

=> Plus nous avons de la crainte d'Hachem, plus Hachem exauce nos désirs et dirige le monde conformément à nos souhaits.

La crainte d’Hachem

"Le début de la sagesse est la crainte d'Hachem" (Téhilim 111,10).

-> La crainte d'Hachem est la première étape de la sagesse. L'homme peut atteindre ce niveau par lui-même. Comme le dit la guémara : "Tout est décrété dans le Ciel, sauf la crainte du Ciel, comme il est dit : "Que vous demande Hachem, sinon de Le craindre?" (Béra'hot 33b sur Ekev 10,12).
[...]

La crainte d'Hachem est la clé pour obtenir la sagesse, la connaissance et la compréhension de toutes les autres mitsvot ...
Néanmoins, il est impératif d'ajouter la sagesse à la crainte d'Hachem.
La crainte d'Hachem agit comme un récipient auquel la sagesse peut être ajoutée. En ajoutant de la sagesse, l'homme améliore la qualité de sa crainte d'Hachem, ce qui lui permet d'obtenir encore plus de sagesse.

Il existe différents niveaux de crainte d'Hachem. Le niveau préalable est celui de la honte.
Lorsque rav Yo'hanan ben Zakaï était sur son lit de mort, ses étudiants l'ont supplié de les bénir.
Il répondit : "Que Hachem veuille que vous ayez autant de crainte pour Lui que vous en avez pour les hommes."
Ils furent stupéfaits et dirent : "Et pas plus que cela?"
Rav Yo'hanan répondit : "Si seulement il en était ainsi! Les gens fautent en privé afin que les autres ne soient pas témoins de leur acte" [guémara Béra'hot 28b ]

C'est le niveau fondamental de la crainte : éviter la faute de crainte d'être vu dans une situation embarrassante.
"Pour que vous mettiez la crainte de Lui devant vous-mêmes, afin que vous ne péchiez pas? Cela fait référence à la honte" (guémara Nédarim 20a).
L'homme s'abstient de fauter en présence d'autres personnes. Il est certain qu'il devrait s'abstenir de fauter lorsque l'Être omniscient est témoin de ses moindres faits et gestes.

Ces sentiments de honte ne doivent pas nous dissuader de servir Hachem. Au contraire, nous devrions nous réjouir de l'occasion qui nous est donnée de Le servir. Cependant, nous devons réaliser que c'est la bonté et la compassion d'Hachem qui nous permettent de Le servir, et non nos propres mérites. Comme l'explique le midrach (Torat Cohanim - Chémini), cette situation est comparable à celle d'une femme fiancée au roi, mais trop gênée pour l'approcher. Sa sœur lui dit : "Prends de l'assurance! C'est pour cette raison que tu as été fiancée à lui".
[rav 'Haïm de Volozhin - Roua'h 'Haïm - Avot 4,1]

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[à un autre niveau, on peut imaginer que toute notre famille, tous nos ancêtres, ... seront réunis après notre mort pour voir la vidéo de notre vie. Peut-on imaginer notre honte lorsqu'ils verront toutes nos fautes, ou bien souhaitons nous offrir un "spectacle" dont ils seront fiers de nous pour l'éternité?! ]

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-> "Le résultat de l'humilité est la crainte d'Hachem" (Michlé 22,4).
En effet, le but de l'humilité est d'aider une personne à atteindre le niveau de crainte d'Hachem. Tant que l'humilité d'une personne n'est pas complète, sa crainte d'Hachem ne peut être parfaite.
Et la source de tout cela est la sainte Torah. Comme le dit le verset, "Au commencement de la sagesse est la crainte d'Hachem" (Tebillim 111,10). Cela signifie que le but ultime de la sagesse est d'acquérir la crainte d'Hachem.
[rav 'Haïm de Volozhin - Roua'h 'Haïm - Avot 6,1]

Crainte & amour d’Hachem – Transcendance & immanence

+ Crainte & amour d'Hachem - Transcendance & immanence :

"Vous vous prosternerez à distance" (Michpatim 24,1)

-> Pour ainsi dire, il y a 2 aspects à D., c'est-à-dire en ce qui concerne la façon dont Il se rapporte à la création : distant et proche, c'est-à-dire transcendant et immanent.
Il est distant, car, comme nous le croyons, la lumière du Ein Sof (l'Infini) est primordiale et précède toutes les autres formes d'existence. C'est pourquoi aucune créature ne peut le comprendre.
Il est impossible à la faculté de penser de Le saisir, puisque la pensée elle-même est une création et que Hachem a précédé toute la création.
Aucun ange céleste, aucun ofan ou séraphin ne peut même Le comprendre, car Il est au-delà de toute compréhension. C'est ce que nous voulons dire lorsque nous disons qu'Il est loin : Il est éloigné de toute compréhension.

D'autre part, D. est proche, car, comme nous le croyons, Hachem remplit tous les mondes (il se trouve à l'intérieur de tous les mondes, il entoure tous les mondes, et aucun endroit n'est vide de Lui), car "toute la terre est remplie de Sa gloire". C'est son aspect immanent.

Le peuple juif est tenu de croire aux 2 aspects : qu'Hachem est à la fois distant et proche.
C'est le sens profond des versets : "Que la paix soit sur ceux qui sont loin et sur ceux qui sont proches, dit D." (Yéchayahou 57,19). Il s'agit des justes qui croient que Hachem est à la fois lointain et proche, et en réponse à ces personnes qui manifestent cette croyance appropriée en D., alors D. accorde toutes sortes de bienfaits à ce monde.

Il existe deux émotions fondamentales : la crainte et l'amour.
Nous ne craignons que ce qui nous dépasse. En réponse à la transcendance de D., nous ressentons de la peur ou de la crainte. Mais en réponse à la proximité de D., nous ressentons de l'amour.
Sur cette base, le verset dit : "Vous vous prosternerez" = puisque le peuple juif craignait Hachem "à distance". Le mot "à distance" (méra'hok) peut être interprété comme signifiant "en raison de" : C'est parce qu'on a pris conscience de la distance de D. que le peuple juif a atteint la crainte de D.

On peut aussi expliquer le verset comme suit : Le Arizal (Pri Ets 'Haïm - chaar kriat séfer Torah 10) écrit qu'en prononçant les mots de la prière Alénou léchabéa'h qui disent "Et nous nous prosternons" (ana'hnou michta'havim), nous devrions être conscients qu'en nous prosternant, nous attirons dans le monde une abondante générosité de la part de l'Infini.
C'est le sens profond de notre verset : "Vous vous prosternerez", ce qui signifie, puisque la prosternation fait allusion à l'abaissement de quelque chose, qu'il a été dit au peuple juif d'attirer une abondante générosité "de loin", c'est-à-dire en raison de leur conscience de la dimension transcendante d'Hachem, ce qui les amène à Le craindre.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi ]

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-> La conscience de la transcendance de D. nous amène à le craindre ; la conscience de son immanence nous amène à l'aimer.