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L’importance d’avoir des désirs pour la sainteté

+ L'importance d'avoir des désirs pour la sainteté :

-> Influencés par la manière de penser du monde environnant, on considère souvent qu'un désir dans la avodat Hachem n'a de valeur que s'il parvient à être concrétisé.
A nos yeux, les désirs qui ne mènent pas directement à l'action sont inutiles et gaspillés.

Cependant, Rabbi Na'hman de Breslev révèle à plusieurs reprise que le désir et l'aspiration à la sainteté constituent une avoda précieuse en soi.
[voir par exemple : Si'hot haRan 12,259 ; Likouté Moharan 31 et 109 ; Sia'h Sarfé Kodech 91]

Hachem tire un plaisir immense du juif qui lutte pour élever sa tête au-dessus de la surface de la saleté [spirituelle] dans laquelle il se noie et qui dans un moment de clarté, laisse échapper un profond soupir et exprime à quel point il désire se débarrasser de ces actions et revenir à une vie de Torah et de mitsvot.
Aux yeux de notre Père céleste, cela valait la peine de créer le monde entier juste pour que ce seul soupir s'élève vers les cieux.
Nous n'avons pas la moindre idée de l'impact que cette petite expression d'un désir saint a dans tous les mondes spirituels.

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-> Rabbi Nathan pousse cette idée un peu plus loin.
Dans le Likouté Halakhot (Hilkhot Areiv 3:4), Rabbi Nathan explique que, d'une certaine manière, la création du monde n'avait pour but que de créer une barrière qui mettrait une distance entre l'âme juive et le Maître du monde, et ce afin de créer une situation dans laquelle il serait possible d'aspirer à Sa proximité.

=> Il s'agit là d'une idée incroyablement puissante. Le fait de désirer de la sainteté n'est pas simplement "toléré" par Hachem, mais il représente le but même de la création!

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-> Dans le même ordre d'idées, le Zohar haKadoch (Térouma 150b) enseigne qu'aucun bon désir n'est jamais ignoré par Hachem, même ceux qui ne semblent pas se matérialiser par une action concrète.
Qu'il mérite ou non d'être concrétisé par des actions de sainteté, le sentiment même d'aspiration et de désir de changer sa vie et de se rapprocher d'Hachem est extrêmement précieux à Ses yeux.

-> Selon Rabbi Nathan :
Une fois, Rabbi Na'hman [de Breslev] m'a parlé en termes élogieux de la grandeur du désir, du languissement et de l'aspiration à des activités saintes, même si l'on ne mérite pas de les accomplir.

Il en a apporté la preuve par une halakha du Shoul'han Aroukh (Ora'h 'Haïm 62:4) qui stipule que si l'on se trouve dans un endroit impur où l'on ne peut pas réciter la lecture du Shéma, on doit penser les mots dans son cœur.
Les autorités halakhiques (Magen Araham 62:2) expliquent que lorsqu'une personne pense dans son cœur qu'elle doit réciter la lecture du Shéma maintenant mais qu'elle ne le peut pas, et qu'elle en ressent de la peine, elle reçoit une récompense,
Cela démontre que le désir et l'envie que l'on ressent à l'égard d'une mitsva, même si l'on n'est pas en mesure d'accomplir la mitsva, sont extrêmement précieux et que l'on reçoit une récompense pour cela.
[Si'hot haRan 260 ; voir aussi Si'hot haRan 27]

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-> Le rav Avraham Kook (Orot haTéchouva 17:3) écrit :
"au moment où l'esprit pur et saint de la téchouva repose sur [quelqu'un] ... il avance et s'élève dans des pensées qui brûlent du feu d'un regret total concernant tous ses fautes ; au moment où son âme embrasse avec amour la gloire [d'Hachem] , au moment où il désire de tout son cœur et de toute son âme, avec les profondeurs les plus impressionnantes d'un désir ardent de suivre une voie simple et droite, de devenir un tsadik et d'accomplir la justice, d'être droit et de marcher dans le bon sentier.
Alors même s'il n'est pas encore décidé comment il va retirer ses pieds de la saleté de ses fautes, même s'il n'est pas encore tout à fait clair comment il va réussir à rectifier le passé, même si les chemins pratiques ne sont pas encore dégagés devant lui et sont encombrés de grosses pierres, le désir d'être bon = c'est l'esprit du Gan Eden qui est soufflé dans l'âme et la remplit d'une joie sans fin, jusqu'à ce que même le Guéhinam ardent de sa profonde douleur soit transformé en un courant d'agréments."

[ainsi selon le rav Kook, un désir à la sainteté est "un esprit du gan Eden". ]

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+ Un juif peut toujours désirer à davantage de sainteté :

-> Les tsadikim enseignent que si le yétser ara a le droit de voler la sainteté et la pureté de la vie d'une personne, il y a un élément qu'il n'est jamais autorisé à toucher : le désir de sainteté d'un juif.
[Likouté Halakhot - Hilkhot Areiv 3:5 ; voir aussi le Néfech ha'Haïm 1:18]

Si, à un niveau simple, le dicton : "Rien ne s'oppose au désir" (ein davar ha'omed bifné haratson - cité au nom du 'Hida), est l'équivalent hébreu de "Quand on veut on peut", Rabbi Nathan enseigne qu'il y a une signification plus profonde : rien ne peut jamais empêcher un juif de désirer la sainteté.
"Même lorsqu'il n'y a en fait aucun moyen, il y a toujours un potentiel de volonté "(Likouté Halakhot - Hilkhot Areiv 3:5).

-> Le rav Yaakov Klein dit :
Même dans le gouffre le plus sombre et le plus sale de la pourriture spirituelle et de l'éloignement d'Hachem, le juif a la capacité de désirer d'être de nouveau proche de Lui.
Piégé par les liens de la dépendance, possédé par une force maléfique déterminée à détruire jusqu'au dernier vestige de son lien avec la spiritualité, le juif conserve néanmoins sa capacité à aspirer à la sainteté dont il est si éloigné ...
Par conséquent, même si un juif est dans un tel état qu'il ne peut pas exprimer clairement un désir de proximité avec Hachem, il peut toujours pénétrer plus profondément dans son cœur et exprimer un désir de désirer.
Et si ce désir fait également défaut, il peut désirer de désirer de désirer, et ainsi de suite, à l'infini. [] Quelle que soit l'éloignement spirituel d'un juif : "ein davar ha'oméd bifné haratso" = rien ne peut l'empêcher d'aspirer à rentrer chez lui.

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-> Rabbi Nathan (Likouté Halakhot - Hilkhot Areiv 3:5) écrit :
"L'essentiel est : qu'il n'y a pas de désespoir dans le monde!
Même si quelqu'un est tel qu'il est (très bas spirituellement parlant et souillée par de [nombreuses] fautes) ... il devra s'encourager à aspirer et à désirer Hachem constamment, à tout moment.
En faisant cela, il méritera sans aucun doute de se libérer de sa folie et fera certainement téchouva.

Ce chemin est un bon conseil pour chaque personne [juive] dans le monde, quelle que soit sa taille [spirituelle] ; du grand tsadik ... [au très grand racha] ; même ainsi, grâce à l'aspect du désir, tous peuvent mériter de s'élever du niveau le plus bas possible jusqu'au sommet de tous les sommets.

Il est impossible d'expliquer l'immense bénéfice de l'aspiration et du désir à la sainteté, ... parce qu'il est impossible de décrire par écrit ne serait-ce qu'un tout petit peu, ne serait-ce qu'un millième de millième de millimètre ...

Bien qu'il soit possible que le yétser ara prenne le dessus sur une personne et l'empêche d'accomplir tous les autres conseils, il est impossible [au yétser ara] d'annuler la volonté positive [d'un juif], car quel que soit l'état dans lequel on se trouve, même ainsi, [on peut toujours dire] : "Je veux retourner à Hachem avec un désir puissant".
En effet, qui est le fou ou le détraqué qui ne désire pas le bien véritable et éternel?
Certes, il peut être difficile pour quelqu'un de surmonter ce qu'il doit surmonter. Mais il est certain que tout juif qui croit en Hachem a un désir extrêmement fort de retourner à Lui.

Malheureusement, il ne connaît pas la valeur du désir et n'apprécie pas le fait que le désir est, en soi, une chose très précieuse.
Par conséquent, lorsqu'il voit combien de fois il a désiré s'approcher d'Hachem et que pourtant il n'a toujours pas mérité de réussir, ou même qu'il s'est davantage souillé [par des fautes], il s'abandonne et oublie de continuer à désirer, jusqu'à ce que son saint désir devienne caché.

En vérité, ce défaut [de cesser d'aspirer à davantage de spiritualité, de proximité avec D.] est pire que tous les autres, car quoi qu'il arrive, il ne faut pas se relâcher ou abandonner son désir à la sainteté.
Au contraire, il faut s'habituer à désirer continuellement et avec de plus en plus d'intensité.
Ce désir est en soi très bon [même si rien de concret ne change], et c'est grâce à lui que l'on méritera une téchouva complète et tous les niveaux de sainteté."

=> On voit que le pire défaut d'un juif, c'est son manque d'ambition, d'aspiration, à la sainteté.

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-> Ailleurs, Rabbi Nathan (Likouté Halakhot - Hilkhot Nétillat Yadayim léSéouda 6:51) écrit :
"Car l'encouragement principal découle du désir, c'est-à-dire que peu importe ce qu'une personne traverse, peu importe ce qui se passe, elle doit néanmoins se renforcer avec un désir extrêmement puissant envers Hachem, et désirer ardemment retourner à Hachem, quel que soit l'endroit où elle se trouve. Car en fin de compte, que restera-t-il d'elle (de nous)?
Surtout après que les véritables tsadikim nous ont révélé que le désir positif est lui-même extrêmement précieux [aux yeux d'Hachem] et [pour chacun de nos désirs à la sainteté nous serons éternellement récompensés de choses] de grande valeur".

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-> Paradoxalement, alors qu'il est si facile d'exprimer notre puissant désir de nous rapprocher d'Hachem, nous nous engageons rarement dans cette voie.
D'une manière ou d'une autre, cet aspect si important de l'avodat Hachem souffre d'une négligence continuelle, tant sur le plan personnel que communautaire.
La raison principale de cette abstention est notre manque de foi dans la valeur inhérente de l'aspiration à la sainteté.
Au plus profond de nos cœurs, une voix intérieure se moque de cette avoda comme d'une perte de temps et d'énergie. "Le désir de sainteté ne vaut rien", dit-elle. "Quelque chose d'aussi simple que de seulement exprimer un désir est bien trop facile pour avoir un véritable effet sur votre position spirituelle".

-> Selon le 'Hayé Moharan (492) :
"Il y a des moments où une personne se dérobe à accomplir une tâche sacrée en raison de sa difficulté et des obstacles qui se dressent sur son chemin. Il ne fait tout simplement pas assez d'efforts pour les briser.
D'autres fois, c'est l'inverse. Il s'éloigne de la tâche parce qu'elle est trop facile, il la considère comme quelque chose de si simple qu'il ne peut pas croire que la vie même de son âme puisse dépendre de quelque chose d'aussi insignifiant."

[cela donne un éclairage sur le fait que nous ne pouvons pas savoir la récompense de notre avodat Hachem : parfois c'est dur et l'on doit faire les efforts pour se surpasser, et parfois c'est tellement insignifiant à nos yeux qu'on doit faire des efforts pour l'accomplir avec joie et motivation (car Hachem le veut).
Désirer Hachem, désirer à davantage de spiritualité, cela nous semble d'aucun intérêt (arrête de délirer/rêvasser dans tes pensées!), et pourtant cela est extrêmement précieux pour Hachem. ]

=> Ne nous y trompons pas : c'est la voix du yetser ara. Sa grande conscience de la valeur du désir sacré d'un juif pour le Maître du monde l'oblige à faire tout ce qui est en son pouvoir pour s'assurer qu'il ne soit jamais exprimé.
La voix du yétser ara nous convainc de laisser de côté notre désir de sainteté, que notre temps est bien mieux employé dans les domaines plus distingués de la avodat Hachem, tels que l'accumulation de connaissances en Torah, qui peuvent être mesurées et donc respectées.

Désirer à la sainteté n'est pas une perte de temps et d'énergie, mais représente le but même de la création, la quintessence de l'être.
Bien qu'il soit difficile à évaluer avec nos mesures d'êtres humains, le désir représente l'ingrédient central de la vie, l'esprit qui donne un sens et une vitalité à toutes nos entreprises.

[Hachem désire le coeur, notre coeur plein de joie et d'aspirations à avoir un maximum de proximité avec papa Hachem.
Evidemment que les actions sont indispensables, mais elles sont limitées (ex: par nos capacités, par le temps, ...), et en exprimant des aspirations/désirs, on peut laisser libre place pour tendre vers une élévation infinie, et donc s'élancer vers Hachem. C'est permettre à notre coeur, à notre âme, de pouvoir s'exprimer sans limite d'amour et d'envie spirituels! ]

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-> "Chaque juif a le devoir de dire : Quand mes actes atteindront ceux de mes ancêtres?" (Tana déBé Eliyahou rabba 25).

Le rav Its'hak Blazer (Kokhvé Ohr hé'Hadach 32) explique la raison de ce midrach :
"Pour progresser spirituellement, il faut aspirer à la grandeur.
Si on éprouve ce désir, on trouvera la façon de surmonter les obstacles sur le chemin ; sans ce désir, on restera toujours à la même place.
L'homme doit lutter sur son chemin en aspirant toujours à atteindre le sommet de la montagne, avec l'espoir que ses actes atteignent ceux d'Avraham, Its'hak et Yaakov. Ce désir le conduira sur des routes et à des stratégies qui l'élèveront aux plus hauts sommets."

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-> Hachem a créé l'homme dans le but d'en faire un être élevé et spirituel, s'élevant au-dessus des animaux et de tout comportement basique.
Hachem a fait de l'homme un être droit, unique parmi toute la création, pour lui montrer qu'il a la possibilité de s'élever et de devenir le sommet de toute vie. L'échec de l'homme dans cette noble mission exigeait la justice ; c'est pourquoi Hachem a provoqué le Déluge.
[Ramban - Noa'h 6,4]
ainsi selon le Ramban, l'effondrement moral qui s'est produit au moment du Déluge a commencé par un manque d'aspiration à la sainteté.

[issu du dvar Torah : https://todahm.com/2023/12/27/noah-la-reelle-raison-du-deluge-le-manque-dambition-spirituelle ]

Fauter = une mauvaise canalisation de nos désirs internes à la spiritualité

+ Fauter = une mauvaise canalisation de nos désirs internes à la spiritualité :

-> Le rav 'Haïm Cohen, (le 'Halban - dans son Tallelé 'Haïm - Ana béKoa'h) enseigne :
C'est à ce sujet que rav Né'hounia ben Hakana a écrit sa prière que l'on dit après avoir quitté le beit midrach (suite à avoir étudié de la Torah) et où l'on voit le monde entier courir autour des aspects extérieurs de la vie, et parfois, de l'impureté et de la corruption.
Il est venu et a dit : "Anou ratsim vé'hém ratsim" (nous courons et ils courent).
La grande différence réside uniquement dans la direction de la course ; entre se déplacer d'une manière qui nous mènera à l'accomplissement personnel ou se déplacer d'une manière qui nous mènera à un puits vide qui plombe l'étincelle de la divinité à l'intérieur et augmente le sentiment d'éloignement [de nos sources, d'Hachem].

[rav Né'hounia ben Hakana s'est rendu compte que sa course vers le beit midrach et la poursuite des plaisirs de ce monde avaient toutes deux pour origine le même sentiment d'obligation de courir (présent en toute personne), le désir passionné d'une connexion avec Hachem. ]

-> Le Maggid de Kozhnitz (Avodat Israël - Bamidbar) écrit :
Il n'y a pas un juif qui n'éprouve pas, à un moment ou à un autre, un désir ardent, de l'amour et de l'inspiration pour Hachem.
La partie Divine de l'âme juive ressent la douceur et la vérité d'Hachem. Cependant, à cause de ses fautes et de l'expérience des bas plaisirs qui demeure dans son cœur, ses saintes pensées de proximité et d'amour envers Hachem s'éteignent parce que l'amour impur qu'il a goûté dans le passé a été réveillé.

-> On raconte qu'une année, la veille de Yom Kippour, rabbi Lévi Its'hak de Berditchev s'éleva dans les royaumes célestes. Lorsque son âme revint dans son corps, il raconta ce qu'il avait vécu aux 'hassidim : "Au ciel, j'ai vu de nombreux anges blancs issus de nos actions saintes et de nos bonnes décisions.
Certains de ces anges étaient en bonne santé et d'autres étaient malades. J'ai vu aussi des anges noirs, créés par nos actions et décisions négatives, mais ces anges étaient tous malades. Beaucoup d'entre eux souffraient d'insuffisance cardiaque ou étaient en état de mort cérébrale totale. Ils étaient tous léthargiques ou estropiés".

Le rabbi de Berditchev s'arrêta un instant, plongé dans ses pensées, puis poursuivit :
"L'explication de cette vision est qu'un juif peut accomplir une mitsva de tout son cœur et de tout son esprit, de tout son être. Mais un juif ne peut jamais faire une faute de tout son cœur.
Au fond de lui, au-delà des habits négatifs d'une action malencontreuse, son cœur et son esprit sont ailleurs, là où ils veulent vraiment être, avec le yétser hatov.
Les forces créées par nos erreurs ne sont jamais entières. Ces erreurs sont en réalité l'expression d'un désir erroné de connexion spirituelle, d'un désir incroyablement saint qui continue de briller au cœur du cœur juif."

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=> Au lieu d'indiquer une pourriture morale et une impureté essentielle, la passion pour la faute et l'indulgence physique représentent souvent un désir mal canalisé d'un véritable assouvissement spirituel.
"Ce n'est pas une faim de pain et ce n'est pas une soif d'eau, mais d'entendre la parole d'Hachem" (Amos 8,11).
[ainsi un juif a naturellement besoin de bouger/courir car il a faim de spiritualité, de revenir vers sa source : Hachem. ]

Lorsque l'énergie et l'enthousiasme pour les questions de sainteté se perdent, alors ils réapparaissent sous le déguisement de la passion pour le plaisir physique et les activités mondaines.
Bien qu'il puisse sembler que nous perdions notre enthousiasme pour la sainteté à cause d'une passion distincte pour la faute et les traits négatifs, il s'agit en fait de la même passion déguisée.

-> Au lieu de voir nos pulsions négatives comme une corruption d'une énergie intrinsèquement sainte, nous nous dégoûtons de nous-mêmes et pensons que nous ne pourrons jamais changer.
N'ayant jamais reçu d'enseignement sur la véritable nature de nos désirs impurs, la canalisation de ses énergies vers le palais de l'impureté nous plongent dans un terrible état de confusion et de désespoir.
Ainsi, il est crucial que nous reconnaissions le potentiel saint de notre passion derrière l'apparence de l'impureté.
Ce n'est que lorsque nous affirmons la vertus essentielle de ces énergies et que nous voyons qu'elles peuvent être rachetées que nous pouvons les canaliser à nouveau vers un usage positif.

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-> Chaque personne doit savoir que dans le domaine spécifique où son yétser ara est particulièrement fort, elle a la capacité d'être particulièrement pure et raffinée.
[rabbi Tsadok haCohen - Tsidkat haTsadik 49]

-> Le désir puissant et destructeur qui a causé la faute elle-même, devient une force vibrante qui peut accomplir de grandes et hautes choses dans les voies de la bonté et de la bénédiction.
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva]

Etre juif = ce monde n’est pas une finalité mais un tremplin vers Hachem

+ Etre juif = utiliser ce monde, non comme une finalité, mais comme un tremplin vers Hachem :

-> Un serviteur Hachem considère la matérialité comme un réceptacle de la vitalité divine qui est amenée à l'existence à chaque instant par des étincelles d'énergie spirituelle dans le but de nous permettre d'atteindre une proximité avec Hachem.
Le point de vue non-juif, en revanche, considère ce monde non pas comme un moyen, mais comme une fin en soi.
Le rav Kalonymus Kalmish Shapiro appelle : "hit'lahavout", l'état de proximité avec le Maître du monde tel que nous sommes comme dépouillés de notre physique et que tous nos désirs terrestres sont complètement annulés.
Nous allons que par le biais de la prière et de la Torah, tout juif a la possibilité de parvenir à cet état.

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-> Le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm 2,14) écrit :
"L'amour de l'âme envers Hachem peut proliférer et brûler au point qu'il désire vraiment, en prononçant un mot donné des prières quotidiennes, que son âme quitte entièrement son corps, s'élevant pour communier avec Hachem."

-> Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan - Tinyana 98) enseigne :
L'essence et l'achèvement de la hitbodédout, la conversation directe entre l'homme et son Créateur, c'est lorsqu'il s'exprime devant Hachem au point que son âme est très proche de le quitter ... son âme est détachée du corps, attachée seulement par un mince fil, en raison de l'incroyable douleur, ayant un désir ardent et de la nostalgie pour Hachem [de retrouver son état avant sa venue dans se monde où elle était sous le Trône Divine] ...".

-> Selon le Maor vaChéméch (Pin'has) :
"Lorsqu'une personne est en vie, elle est obligée de manger et de boire, ...
Cependant, le chemin de la vérité exige que l'on centre toute sa vie seulement sur Hachem afin de percevoir Son agrément et pour que son âme ait soif de goûter à la douceur, à la proximité et à l'agrément de la Divinité d'Hachem, désirant constamment : "Quand viendrai-je voir le visage illuminé du D. vivant?" (paraphrase du Téhilim 24,3).

L'âme d'une personne qui s'est fixée ce but goûte, au moment de la prière, lorsqu'elle retire ses pensées de ce monde, un peu de cette douceur, de l'agrément de cette lumière élevée.
Son âme désire de toutes ses forces se lier à ces lumières élevées. Au moment de ce désir intense, il est dégoûté de sa vie ; s'il était possible de se débarrasser du corps de son âme et de se lier à l'illumination de l'autre monde, il le ferait volontiers.
Son cœur souffre du lien de son âme avec le corps qui l'empêche de s'élever pour se lier à ces lumières.
À cet instant, son corps est également purifié par le grand désir qui brûle en lui comme une puissante torche, le désir de s'aligner sur le monde spirituel.

Même si, après la prière, son désir n'est plus aussi fort qu'il l'était, il reste bénéfique car son corps n'est plus aussi attiré par la matérialité, ce qui le laisse libre de servir Hachem de toutes les manières possibles.
S'il est cohérent avec son désir, renforçant son désir d'attachement avec Hachem chaque jour, son corps se purifiera jusqu'à ce que la matière physique se transforme en forme spirituelle."

[on peut noter que la prière prend est défini comme un moment où l'on s'attache tellement à Hachem que notre âme risque de quitter notre corps (prier de toute son âme). Et l'on voit qu'un intérêt de la prière est d'ainsi nous purifier par cet attachement extrême avec Hachem, et d'ainsi réduire notre attachement avec la matière après la prière.]

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-> Le 'Hazon Ich (Kovets Igrot 1,13) écrit quelque chose de similaire au sujet de notre étude de la Torah :
Celui qui a le privilège de connaître la Torah, voit son intellect s'unir avec sa connaissance pour ne faire qu'un, comme la graine dans le sillon d'un champ.
Il marche parmi les hommes et ressemble extérieurement à un homme ordinaire.
Mais en vérité, c'est un ange parmi les mortels ; il vit une vie d'extase spirituelle exaltée au-delà de toute louange.

-> Le 'Hazon Ich (Emouna ouBita'hon 1,9) écrit également :
Celui qui s'élève au point d'être capable de sentir réellement la présence du D. tout puissant, est empli d'une extase sans limite. Son âme nage dans le bonheur, tandis que les désirs terrestres perdent toute importance. Son âme délicate est enveloppée dans une étreinte sacrée.

Lorsqu'un mortel pénètre dans ce royaume de sainteté, un nouveau monde s'ouvre à ses yeux.
Il peut vivre en ce monde et éprouver réellement, pendant quelques instants, une extase angélique : tous les plaisirs matériels se fondent dans le néant face à ce ravissement céleste.
Il n'existe pas de plus grande preuve de l'origine divine de l'homme que cette rencontre unique de l'âme avec sa source spirituelle.

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=> A la différence des non-juifs, un juif peut se trouver dans une telle proximité avec son âme, qu'il atteint un état de hit'lahavout, un désir profond pour Hachem devant lequel tous les désirs physiques se désintègrent.
En entrant en contact avec son intériorité la plus profonde, il découvre que les désirs physiques qui le préoccupaient tant il y a peu ne l'intéressent plus du tout.
S'étant élevé au-dessus du corps et de ses fausses séductions (du yétser ara dans la superficialité de ce monde), s'échappant du royaume des des pensées étrangères (loin de la Vérité), et rencontrant son véritable désir de connexion sainte, on laisse derrière nous le secondaire pour se focaliser sur l'essentiel : notre fusion avec Hachem.

Nécessité de personnaliser sa vie juive

+ Nécessité de personnaliser sa vie juive :

-> Outre la mission générale et universelle de la nation juive dans son ensemble, chaque juif a été envoyé dans ce monde pour accomplir quelque chose de spécifique et d'unique, pour perfectionner un aspect particulier de sa relation avec Hachem, avec les autres et avec lui-même.

Le Malbim (Michlé 3,17) explique que le verset décrivant la Torah : "Ses voies sont des voies agréables et tous ses chemins sont paisibles", fait référence à ces deux modes.
Les "voies" de la Torah se réfèrent aux lignes directrices générales de la vie juive, tandis que les "chemins" de la Torah se réfèrent à la mission individuelle de chaque âme juive, l'avoda spécifique à sa réparation (tikoun - raison de venue dans ce monde) à elle seule.

-> Le rav Shlomo Carlebach rapporte :
Le livre des Téhilim n'est pas seulement un livre de prières ; c'est le livre où le roi David enseigne au monde comment servir D.
Il est écrit : "nèr léragli dévar'ha" (Tes paroles sont une bougie [qui éclaire] mes pieds), "vé'ohr lin'tivati" (et une lumière pour mon chemin - Téhilim 119,105).

Rabbi Mordé'haï Leiner explique l'intention du roi David :
Il y a deux choses que je dois faire dans la vie. Tout d'abord, je dois être comme tout le monde ; je dois suivre chaque mot de la Torah, les 613 mitsvot. Mais ensuite, il y a quelque chose que je suis le seul à pouvoir faire. Hachem m'a choisi pour faire quelque chose de très spécial.

Ainsi : Il y a une lumière [globale au peuple juive] qui éclaire le chemin, mais chaque personne a besoin d'une bougie pour [lui éclairer personnellement] chaque étape du chemin.

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-> Le rav Avraham Kook (Orot haRayah 2) écrit :
"La différence entre l'esclavage et la liberté n'est pas seulement une question de statut extérieur, où une personne est emprisonnée par un maître alors qu'une autre ne l'est pas. En effet, il est possible de trouver un esclave intelligent dont l'esprit est plein de liberté et il est également possible de trouver une personne libre qui a l'esprit d'un esclave.
La vraie liberté est celle d'une personne ou d'une nation qui, poussée par un esprit exalté, reste fidèle à l'essence intérieure et à l'image divine qui l'habitent."

[ainsi, un juif est véritablement libre lorsque dans le cadre globale de la façon de vivre juive, il laisse s'exprimer, s'épanouir, toute la spécificité de sa nature unique. ]

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+ Avoir une étude individualisée de la Torah :

-> Nos Sages nous enseignent que si l'étude de la Torah est la force vitale essentielle de la spiritualité d'un juif, "une personne ne peut vraiment se connecter à la Torah que si son cœur est attiré par elle" (ein adam lomèd ela bimakom shélibo 'hafeits - guémara Avoda Zara 19a).
Ce qui fonctionne pour l'un peut ne pas fonctionner pour l'autre ; ce qui fonctionne pour un rabbi peut ne pas fonctionner pour son élève, car bien que toute la Torah soit également accessible à chaque juif, chaque âme est particulièrement connectée à une portion spécifique de la Torah.
Au fur et à mesure que l'on grandit en maturité spirituelle et que l'on devient plus à l'écoute des aspirations de son âme, il faut rechercher le domaine spécifique de la Torah qui alimente la flamme personnelle de la connexion. Qu'il s'agisse de nouvelles perspectives de Aggada, de 'Hassidout, de Moussar, de Ma'hchava, ou de domaines de la halacha qui ne sont pas aussi largement étudiés, devenir le meilleur "moi" exige que je cesse d'essayer d'imiter la avoda des autres et que je suive enfin les impulsions de ma propre âme.
Si je continue à me forcer à m'engager dans une étude de la Torah qui n'est pas adaptée à ma racine d'âme, je risque d'être frustré et de perdre complètement le désir de la Torah.
[rav Yaakov Klein]

-> Les tsadikim ont été très sévères à l'égard de ceux qui tentent d'imiter la avoda des autres au lieu de découvrir leur propre "style" dans la avodat Hachem.
[voir par exemple : le Noam Elimelech (Kedoshim)]

-> Le rav Avraham Kook (Orot haTorah 9:6) enseigne à ce sujet :
"Il y a ceux qui ont mal tourné parce que, dans leur chemin d'étude et d'achèvement, ils se sont rebellés contre leur nature personnelle et unique.
Une personne peut être prédisposée à l'étude de la Aggada, et les questions de halakha ne sont pas en accord avec sa nature pour qu'elle s'en occupe constamment, et parce qu'elle ne reconnaît pas ou n'apprécie pas son aptitude spéciale, elle se plonge dans l'étude de la halakha, comme c'est la manière acceptée, et elle ressent dans son âme une aversion pour ces questions, parce que son immersion dans ces questions n'est pas en accord avec la nature de sa propension personnelle.

Cependant, s'il découvrait son but et l'accomplissait en s'impliquant constamment dans cette portion de la Torah qui correspond à la nature de son âme, elle comprendrait immédiatement que l'aversion qu'elle ressentait lorsqu'elle étudiait la halakha n'était pas due à un manque inhérent à ces études saintes et nécessaires, mais plutôt au fait que son âme cherchait à s'impliquer dans un domaine différent de la Torah.
Elle resterait alors fidèle à la sainteté de la Torah d'une manière élevée, accomplissant des "actes de bravoure" dans le domaine de la Torah qui la concerne, et aidant ceux dont les mains sont puissantes dans la halakha en leur accordant un goût de la douceur de la Aggada.

Cependant, comme elle ne réalise pas la source de ce sentiment d'aversion pour son étude, et qu'elle continue à nier sa nature, lorsqu'un chemin de liberté s'ouvre devant elle, elle s'échappe immédiatement et devient un ennemi et un étranger à la Torah et à la émouna ..."

-> Ailleurs, le rav Avraham Kook (Orot haKodech 3) écrit :
"Et je suis dans les profondeurs de l'exil" (vaani béto'h hagola - Yé'hezkel 1,1) = il s'agit du "moi" intérieur, essentiel, qu'il soit individuel ou collectif ... Et le monde continue, s'enfonçant dans la destruction de chaque "moi", qu'il soit individuel ou collectif.
Des enseignants experts viennent ... eux aussi détournent la conscience de leurs élèves du "moi" ... ils remplissent les esprits et les cœurs de tout ce qui leur est impersonnel. Peu à peu, le "je" s'oublie.
Et quand il n'y a pas de "je", il n'y a pas de "Il", et à plus forte raison il n'y a pas de "Tu".

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-> Le rav Yaakov Klein dit :
Lorsqu'une personne n'entre jamais en contact avec le domaine singulier de l'étude de la Torah qui touche le cœur même de son âme, elle ne ressent aucune attirance intrinsèque ...
L'effondrement soudain de l'engagement d'un étudiant en Torah vers la judaïcité n'est pas dû à une expérience traumatisante ou à une crise théologique, mais à une modification purement externe et pratique de sa vie. [il se comporte comme tout le monde fait, sans écouter et épanouir sa demande personnelle intérieure. ]
Tout ce qui a trait à la nature essentielle de sa relation avec le judaïsme est exactement le même qu'hier ...
Selon le rav Its'hak Hutner (Pa'had Its'hak - Igrot ouKetavim 112) : "Il est tout à fait possible qu'une personne apprenne avec assiduité à la yéchiva, et pourtant, sur la base de cela, on ne peut toujours pas évoquer la relation de cette personne avec la Torah". [sa véritable intériorité ne s'étant pas encore exprimer ... ]

D'un autre côté, les personnes qui font leur propre judaïcité tout en restant dans le cadre des directives générales de la yéchiva, qui travaillent sur la prière et la émouna et qui cherchent leur propre part dans l'étude de la Torah pendant leur temps libre, connaissent peu de changements lors qu'ils quittent le cadre de la yéchiva.
Ces chercheurs spirituels ne connaissent aucune crise. Tout continue comme avant, parce que leur relation avec le judaïsme fait partie intégrante de leur être, ne dépend d'aucun facteur extérieur, et est reconnue comme englobant et conservant sa pertinence dans tous les domaines de la vie.

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+ Avoir une expression spirituelle unique :

-> En plus de rechercher une part unique dans l'étude de la Torah, il est également impératif pour un juif de rechercher les mitsvot et comportements avec lesquels il se sent le plus lié et de les développer, en prenant soin de s'impliquer pleinement dans ces moyens d'illuminer notre vie.
Il va sans dire que toute innovation dans ce domaine doit rester dans les limites de la halakha. Agir à l'encontre de la volonté d'Hachem telle qu'elle est exprimée dans la halakha au nom de sa croissance spirituelle est certainement contre-productif.

-> Le Ram'hal (Messilat Yécharim - chap.1) écrit :
"Et quoi que l'on pense être un moyen d'atteindre cette proximité (avec Hachem), il faut le poursuivre, s'en emparer et ne jamais le lâcher. "

Ailleurs (Messilat Yécharim - chap.26), il enseigne :
Ce n'est pas que l'idée de la piété qui change, car elle est certainement accessible à tous, n'étant rien d'autre que de faire des choses dont Hachem soit fier.
Mais parce que toute personne est différente [l'une de l'autre], il est impossible que les moyens d'atteindre ce but ne changent pas aussi, chacun selon sa nature.

[ ce qu'Hachem désire le plus c'est notre cœur, notre intériorité, et il n'a pas besoin de "robots" (ex : ceux qui bougent par habitude leurs lèvres dans la prière, pensant à être chose) car Il a beaucoup d'anges au Ciel. Ainsi, chacun trouvera des moyens/astuces pour stimuler et permettre à son cœur de s'exprimer. ]

-> Lorsque nous nous approprions la religion juive en découvrant les éléments de notre tradition sacrée qui correspondent le mieux à la nature de notre âme, nous voyons notre avodat Hachem se transformer d'une froide corvée en une relation vibrante et passionnée, débordante d'émerveillement et d'excitation avec notre papa Hachem.

En ce sens, le rav Avraham Kook (Chemoné Kévatsim 4:6) écrit :
"En effet, lorsque quelqu'un marche sur ce chemin sûr, son propre chemin unique, dans une voie de droiture qui lui est propre, il est rempli de la force de la vie et de la joie de la spiritualité.
La lumière de D. brillera sur une telle personne, et la force et la lumière viendront de sa lettre spéciale dans la Torah."

-> [chaque juif a une âme (partie d'Hachem) unique qui provient de l'âme collective de la nation juive, dont il est le seul à pouvoir, et à devoir, révéler.
Ainsi, tout en respectant un cadre imposé par nos Sages, nous devons avoir une vie juive unique et épanouie, en étant à l'écoute de nos besoins spirituels propres, du moment.
En ce sens, quelque chose de peu "parlant" pour quelqu'un, peut allumer le feu de l'âme d'un autre. ]

-> Le roi Salomon nous donne le conseil suivant : "Forme/éduque ton enfant selon sa voie" ('hanokh lanaar al pi darko - Michlé 22,6).
Selon le Maggid de Kozhnitz (Avodat Israël), cela signifie que chaque enfant doit être guidé sur la voie de avodat Hachem à laquelle son âme unique est accordée.
[on voit qu'un élément fondamental de l'éducation est d'avoir conscience de servir Hachem en prenant en compte les besoins spirituels uniques de chaque personne. ]

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+ L'importance de prières personnelles & de la hitbodédout :

-> Au début de la relation entre rabbi Nathan et rabbi Na'hman de Breslev, ce dernier a passé un bras autour de l'épaule de son élève le plus précieux, en disant : "De plus, il est très bon d'ouvrir son cœur devant Hachem comme on le ferait avec un ami vraiment proche".
Ces mots expriment le fondement même de la hitbodédout, l'idée que bien qu'Hachem soit notre Père et notre Roi, il est aussi notre ami le plus proche et le plus cher, qui est intimement impliqué dans tous les détails de notre vie et auquel on peut s'adresser en tant que tel.
Tout comme les relations humaines étroites se forment à travers une communication expressive, une relation personnelle avec le Maître du monde est fortifiée pour une conversation direct.
Alors que les 3 prières standardisées, instituées pour maintenir la "quantité" [journalière] de la prière, peuvent facilement entraîner une perte de "qualité", manquant de spontanéité individuelle et sujettes à la distraction et à la récitation routinière (sans véritable kavana), la prière personnelle avec ses propres mots exige une foi véritable, un investissement personnel et une inspiration émotionnelle.
[rav Yaakov Klein]

-> Selon le rav Wolbe (Alé Shour, vol.2, chap.4) :
"Pour que les êtres humains puissent construire une société, Hachem nous a donné un outil : le pouvoir de la parole. Il s'ensuit que non seulement notre relation avec les autres humains se construit à l'aide du pouvoir de la parole, mais qu'il en va de même pour notre relation avec le Créateur."

-> "J'ai de la émouna car je parle" (éémanti ki adaber - Téhilim 116,10)
Eventuellement, on peut expliquer que plus je parle avec Hachem (même sur les choses les plus banales, simples), plus je créé un lien avec Lui, alors plus je peux avoir confiance en Lui (ex: prise de conscience concret que : Il est présent partout, dans tout, et Il peut tout). ]

-> Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan - Tinyana 25) enseigne :
"La hitbodédout est une pratique merveilleuse, elle est plus importante que toute autre chose.
Il s'agit de se réserver au moins une heure ou plus pour s'isoler dans une pièce ou dans les champs et s'adresser directement à son Créateur (lui ouvrant notre coeur) ...
Cette prière et cette conversation doivent se faire dans la langue que l'on a l'habitude de parler. En hébreu, il est difficile de s'exprimer correctement, le cœur n'est pas attiré par les mots parce que nous ne sommes pas tellement habitués à parler cette langue. En revanche, lorsque nous parlons dans la langue du pays, que nous avons l'habitude de parler, il est plus facile de parvenir à un cœur brisé, car le cœur est plus naturellement attiré par la langue que nous avons l'habitude de parler."

[précision : le rav Yaakov Shechter (un des principaux responsables Breslev à Jérusalem) dit : bien que ce temps ("au moins une heure ou plus") soit certainement préférable, même 5 ou 10 minutes de prière personnelle à Hachem sont également qualifiées de hitbodédout, chaque personne en fonction de ce qu'elle est capable de faire.
(plutôt que de ne rien faire, essayons de maintenir chaque jour, même 2-3 minutes minimum, de dialogue à cœur ouvert avec Hachem (notre Père, notre ami, ...) : lui faisant part de nos inquiétudes/frustrations, de nos aspirations, nos désirs, ... C'est décharger notre fardeau de tout ce qui nous pèse sur le corps, c'est le remercier ... mais surtout c'est donner de la vie et un lien à notre avodat Hachem. ]

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-> On vient de voir que : "La hitbodédout est une pratique merveilleuse, elle est plus importante que toute autre chose".
Ailleurs, rabbi Na'hman (Likouté Moharan - Tinyana 97) enseigne que, tout comme les routes bien connues sont traquées par des voleurs qui attendent en cachette un passant, la route générale de la prière établie (les 3 prières journalières) est traquée par toutes sortes d'anges nuisibles qui cherchent à empêcher nos prières de s'élever à l'endroit approprié.
Par conséquent, de la même manière qu'une personne qui souhaite éviter le danger d'être prise en embuscade et volée doit emprunter un chemin de traverse qui n'est pas connu des masses, il est également bénéfique d'emprunter la voie alternative de hitbodédout, en consacrant du temps à des prières personnelles et non écrites en plus des 3 prières établies, afin de passer inaperçu face aux forces négatives.

-> Dans le vaste corpus Breslev, nous constatons que hitbodédout est synonyme de : "yichouv hadaat" (la tranquillité d'esprit).
Telle est donc l'essence de la hitbodédout : parvenir à une véritable clarté sur le sens de notre vie et démêler les absurdités de nos expériences quotidiennes en plongeant profondément dans notre psyché pour atteindre le point où la foi embrasse la vérité au centre de notre être ...
Un nombre non négligeable de personnes sur cette planète vivront toute leur vie sans même prendre le temps de poser et de chercher le sens profond de leur existence

Rabbi Na'hman (Likouté Moharan - Tinyana 10) explique :
"Si le monde est éloigné d'Hachem et ne se rapproche pas de Lui, c'est uniquement parce qu'il n'a pas de tranquillité d'esprit et ne se calme pas.
C'est pourquoi il est vital pour quelqu'un d'essayer de bien se poser ; quel est le sens de toutes ses pulsions vers les plaisirs de ce monde ... de cette façon, il reviendra certainement à Hachem."

[notre yétser ara fait en sorte que nous soyons constamment pris par les préoccupations de la vie, ne laissant jamais de temps pour se poser et laisser notre intériorité s'exprimer. La vie passe, et nous ne permettons pas à notre âme de briller, à notre attachement avec Hachem de s'intensifier le plus possible. ]

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-> Dans ces générations, où notre conscience spirituelle est à un niveau extrêmement bas, il est nécessaire de se renforcer en méditant sur D. dans un état de crainte.
Même au milieu de l'étude de la Torah, il est bon de s'arrêter de temps en temps pour méditer. Même si cela peut amener à négliger légèrement son étude, il est bon de le faire, "car ce n'est pas l'étude qui est importante, mais la pratique" (Pirké Avot 1,17).
[Baal Chem Tov - Kéter Chem Tov 167]

-> Comment peut-on mériter de s'attacher à D.?
En s'isolant de ses semblables [en hitbodédout].
[Baal Chem Tov - Tsavaat haRivach 82]

-> Quelle que soit la taille [spirituelle] d'un individu (le plus grand, comme le plus petit), il est impossible de s'affiner véritablement si ce n'est par la méditation (hitbodédout).
Rabbi Na'hman de Breslev mentionne de nombreux tsadikim célèbres et déclare qu'ils avaient tous atteint leur niveau spirituel uniquement grâce à hitbodédout.

Indiquant un homme simple qui était l'un des descendants du Baal Chem Tov, Rabbi Na'hman a dit : "Cet homme, lui aussi, déverse constamment ses larmes sur D.".
Le Baal Chem Tov était particulièrement habitué à faire cela, car il venait de la lignée du roi David.
Et cette pratique était la principale préoccupation du roi David : il avait toujours l'habitude de briser son cœur à l'extrême devant D. C'est le fondement de son Séfer Téhilim"
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan II,100]

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+ En résumé :

-> Il est impératif que chaque personne juive cherche sa voie unique dans la avodat Hachem.
L'une des façons d'y parvenir est de trouver les domaines de la Torah qui parlent à notre âme particulière et de consacrer du temps à leur exploration.
Une autre consiste à découvrir la mitsva, le minhag ou le comportement avec lesquels nous nous sentons le plus liés à D. et à concentrer notre attention sur ce domaine particulier de la avodat Hachem.

-> La principale façon de mériter de construire une relation intime avec le Maître du monde est de s'engager dans la hitbodédout, la prière personnelle avec ses propres mots.
Le fait de réserver du temps chaque jour pour parler franchement avec le Créateur de tout, renforce notre émouna et nous permet d'intégrer Hachem dans chaque détail de notre vie.

+ "Naassé VéNichma" (Nous ferons et nous écouterons - Michatim 24,7)

-> Avant même d' "entendre", d'expérimenter la douceur de l'illumination spirituelle, les juifs doivent être satisfaits de "faire", de pouvoir s'engager dans la avodat Hachem simplement parce que nous savons que c'est ce qu'Hachem désire, ce que notre âme désire ardemment et ce que nous avons besoin de faire pour mettre notre vie en ordre.
[d'après le Mé haChiloa'h - vol.2 - Vayikra]

Voir la Nékouda Tova en chaque juif

+ Voir la Nékouda Tova en chaque juif :

-> Nos Sages soulignent que chaque juif, quel que soit son niveau spirituel, possède au fond de lui un point qui est toujours parfaitement pur. Peu importe à quel point une personne peut s'éloigner de la sainteté ou à quel point il a pu fauter gravement, cette lumière continue de vaciller.
Lorsqu'un juif rencontre ce noyau essentiel de son identité, cela lui permet de consacrer à nouveau son intériorité et de rallumer la flamme de sa passion pour le service d'Hachem.

Nos Sages appellent cet élément de différentes manières. On peut citer :
- le "Pinte'lé Yid" (le point de la judéité).
- le "'hélek Eloka mimaal" (portion de D. en-Haut)
- Rabbi Na'hman de Breslev la nomme : "Nékouda Tova" (le point positif).
Il écrit (dans son Likouté Moharan 282) : "Et même lorsque nous rencontrons quelqu'un de complètement racha, nous devons chercher et aspirer à trouver en lui un petit point positif dans laquelle il n'est pas racha".

Cette part de sainteté intacte est évoquée dans notre "Yaakov" intérieur dans lequel Hachem ne voit pas d'iniquité. ["Il n'aperçoit point d'iniquité en Jacob, il ne voit point de mal en Israël" - Balak 23,21]
C'est cet élément qui permet au prophète de qualifier chaque membre de notre nation sainte de "tsadikim". [ "Et ton peuple ne sera composé que de tsadikim" - Yéchayahou 60,21 ]
[Aucune autre nation n'a une âme aussi élevée que celle des juifs, et ainsi rabbi Na'hman de Breslev dit que cette âme juive peut faire allusion au tsadik qui est en nous.
(Nous définissons une chose par son élément essentiel, ainsi chaque juif est caractérisé de tsadik. En effet, quoiqu'il arrive, même si un juif fait les pires choses, il garde intact pur, un point de sainteté en lui (âme, une partie d'Hachem), et rien que par cela il mérite toujours d'être vu positivement, comme une tsadik, par Hachem. ]

-> Par exemple, il est écrit : "Aime ton prochain comme toi-même: je suis Hachem" (Kédochim 19,18) = aime ton prochain par le fait que tout juif a en lui une partie de Moi. En l'aimant, en le respectant, c'est Moi que tu aimes, respectes. Ainsi, tout juif a cette "nékouda tova" en lui.

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==> Chaque personne juive contient en elle un point intérieur de pureté parfaite, un endroit qui reste toujours intact peu importe les fautes passées, quelle que soit leur gravité.
C'est cette Nékouda Tova intérieure qui ne nous laisse aucun répit et nous oblige sans relâche à poursuivre une relation avec Hachem.

[ainsi, un juif ne doit jamais désespérer qu'Hachem l'a abandonné, a rompu les liens avec lui (à cause de son comportement/faute). Au contraire, à partir de cette partie Divine pure, on peut tout réparer et parvenir à vivre une vie pleine de sens, belle en spiritualité. ]

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-> Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan 282) enseigne :
Sachez qu'il faut juger tout le monde favorablement. Même si quelqu'un est complètement racha, il est nécessaire de chercher et de trouver en lui une petite parcelle de bonté dans laquelle il n'est pas racha.
En trouvant la Nékoudah Tova et en la jugeant favorablement, nous l'élevons littéralement du côté du mérite et nous sommes en mesure de l'aider à revenir à la téchouva.

-> Le rav Mordé'haï Leiner écrit :
"Chaque âme juive contient en elle une Nékouda Tova qu'Hachem lui a accordée en particulier. Cependant, dans ce monde, ce point est habillé d'un vêtement qui semble être l'inverse même de sa nature."

On peut rapprocher cela des paroles du rabbi Tsadok haCohen (Tsidkat haTsadik 49) :
"Chaque personne doit savoir que dans le domaine spécifique où son yetser ara est particulièrement fort, elle a la capacité d'être particulièrement pure et raffinée."

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-> "ou'’hssil lo yavin ét zot” (le sot ne peut s’en rendre compte - Téhilim 92,7).
Dans nos textes plus profonds, le mot "Zot" est une allusion à la Séfira de la Malkhout (la première fois que nous trouvons ce mot dans la 'Torah, c'est en référence à l'énergie féminine de Malkhout - Béréchit 2,23).
Ainsi, le sot ne comprend pas "zot" = il est incapable de discerner l'énergie sacrée présent en chaque juif, même lorsqu'il peut y avoir un masque d'impureté le dissimulant en apparence.

[de même, on peut dire que celui qui perd à l'esprit qu'il a toujours en lui une partie pure de Divinité (et c'est ce qui le définit comme kadoch), et bien il est sot, car il s'empêche alors d'agir avec toute la malkhout (Royauté), l'ambition spirituelle, qu'impose d'avoir en nous une partie du Roi des rois. ]

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-> Concernant l'importance d'estimer notre Nékouta Tova, le rav Avraham Kook enseigne :
"Un manque de foi dans le bien essentiel (en soi et en l'autre juif) entraîne l'affaiblissement du cœur.
Cet affaiblissement empêche une personne d'accéder à la nature spirituelle des structures élevées.
On s'inquiète de ne pas être apte aux aspirations élevées que l'âme exprime si désespérément. C'est pour cette raison que l'on avance et que l'on tombe, que l'on s'étiole. C'est là tout le fondement de la chute d'une personne qui entraîne divers maux spirituels, de la haine et beaucoup de sang versé : un manque de foi dans la lumière essentielle du bien qui brille à l'intérieur de l'âme".

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-> Tout juif a en lui une étincelle de vie qui s'appelle l'âme et qui est une " 'helek Eloka mimal" (une portion de D. en-Haut".
Ainsi, le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi - Chémot) écrit :
il est impossible à un homme ou à un ange de se désigner par le titre de "Je".
Le titre "je/moi" fait référence à l'indépendance. Lorsque quelqu'un dit "je", il se voit lui-même, connaissant ce qu'il appelle "je", et implique qu'il existe quelque chose là qui est approprié pour être appelé "je".
Mais en vérité, sur quoi dit-on "je"? Le mot "je" se réfère à quelque chose qui lui appartient, mais en vérité, sa force vitale est une "portion de D. en Haut" !
Puisque la force vitale qui constitue notre être provient uniquement du Créateur, il n'est plus approprié de dire "je", car si cette force vitale était interrompue ne serait-ce qu'un instant, nous cesserions complètement et n'existerions plus.
Cela a-t-il un sens de dire "je" à propos de ce qui n'existe pas?
Seul Hachem peut ire à propos de Lui-même "Je".

=> Le yétser ara s'efforce de nous faire oublier notre véritable moi, l'âme exaltée qui est en nous. Il nous fait oublier la Source de vie qui est le moteur de notre fragile existence et nous fait nous concentrer sur nos êtres physiques et indépendants.
Mais cela aussi fait partie du plan d'Hachem. Ne tombons pas dans le désespoir de la bataille constante ; c'est la lutte d'être un juif!

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-> éventuellement en lien avec notre sujet : un juif ne perd jamais son essence de Vérité : https://todahm.com/2021/02/10/un-juif-ne-perd-jamais-son-essence-de-verite

Chaque juif est un motif de fierté unique, et Hachem s'enorgueillit de chacun d'entre eux.
Même les plus bas parmi les plus bas [spirituellement], et même les juifs réchaïm, tant qu'ils sont appelés "juifs", ils offrent une fierté unique, car Hachem est fier de chacun d'entre eux individuellement ...
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan 17:1]

La beauté de toute âme juive

+++ La beauté de toute âme juive :

+ "Car l'âme de l'homme est la bougie de D." (Michlé 20,27)

-> Le Baal haTanya (Likouté Amarim - Tanya - chap.19) explique que cela fait référence à l'aspiration intérieure constante de l'âme juive à s'affranchir du lien corporel pour s'unir au Maître du monde, tout comme une flamme vacillante saute et danse constamment dans une tentative désespérée d'échapper au lien terrestre de la mèche.

Le Baal haTanya (Torah Ohr - Tétsavé) écrit :
La "Knésset Israël" est la source de chaque âme juive et elle est appelée par le nom "Libi" (Mon cœur).
Cette âme collective est le point intérieur de chaque cœur juif dont la nature est de s'élever, comme une flamme, pour s'attacher à Hachem. C'est l'essence de l'âme, fondée dans les royaumes de la sainteté, une portion littérale de D. en Haut.
Son seul désir et sa seule aspiration sont de s'annuler et de s'inclure dans la lumière d'Hachem, de permettre à cette lumière de se manifester dans les pouvoirs mentaux et les traits émotionnels qui, à leur tour, s'expriment dans la pensée, la parole et l'action, les "vêtements" de l'âme ...

-> De son côté, rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan - Tinyana 7) enseigne :
Celui qui connaît la sainteté du peuple juif et le lieu d'où il est issu, et qui comprend sa nature spirituelle et sa sublimité, celui-là sait que le peuple juif est absolument éloigné du péché, et que le péché n'a aucun lien avec eux, compte tenu de l'immense sainteté de leur origine et de l'énormité de leur sublimité et de leur spiritualité.

[l'âme juif est une partie provenant de l'intériorité d'Hachem, qui avant de descendre dans ce monde était sous le Trône Divin ... = c'est des concepts qui nous échappent , mais qui doivent ancrer en nous un sentiment d'importance, de valorisation personnel, qui nous responsabilise dans nos actions. ]

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-> "karov ata Hachem (Hachem, Tu es proche - Téhilim 119,151)
Le Ibn Ezra commente : "karov mikol karov" (Plus proche que tout ce qui est proche).

La proximité avec Hachem se trouve au centre de l'âme juive, plus proche que tout ce qui est proche.
[Hachem partage nos douleurs, l'âme pure juive reste présente même chez le juif le plus racha, Hachem aime énormément tout juif indépendamment de ce qu'il peut faire, ...
Un juif doit savoir que celui qui est le proche de lui, qui a conscience de tout ce que nous ressentons (nos difficultés, nos faiblesses, nos forces, ...), qui peut tout et ne veut que notre bien, c'est Hachem : notre papa, notre confident, ...
Notre yétser ara, la routine, veut nous faire oublier cette réalité, mais c'est cela être juif : avoir Hachem qui est "karov mikol karov"! ]

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-> La téchouva ne signifie pas "tourner" (j'ai pris un mauvais chemin de vie, alors j'en prends un autre que j'espère meilleur), mais plutôt "retourner".
La téchouva ne consiste pas à atteindre quelque chose de nouveau que nous n'avions pas déjà auparavant. Il s'agit simplement de revenir à l'état le plus naturel du juif, une vie vécue en accord avec les aspirations de notre identité la plus profonde.

[ le terme téchouva (תשובה) se décompose en "tachouv hé" (תשוב ה) = retourne vers la partie Divine qui est en toi (ne te définis pas selon les standard du monde environnant (richesse, honneur, ...), selon le regard d'autrui qui sont fluctuants, intéressés et faussés, ... mais plutôt selon la vraie valeur constante que tu as auprès d'Hachem (béni bé'hori).
Ainsi, faire téchouva, c'est retourner vers notre véritable être juif, et c'est donc l'occasion de prendre conscience de ce que l'on est vraiment, de la grandeur de notre intériorité, de la relation de proximité que nous avons avec papa Hachem. ]

-> Le rav Avraham Kook (Orot haTéchouva 16,10) écrit :
"Lorsque nous oublions la nature de notre âme individuelle, lorsque nous détournons notre attention de la qualité de la vie intérieure de l'individu, tout devient confus et plein de doutes.
La première téchouva, qui illumine immédiatement toute l'obscurité, est celle qui consiste à revenir à soi-même, à l'essence de son âme (néchama).
Immédiatement, il retourne à Hachem, l'âme des âmes, et continue à avancer, de plus en plus haut, dans la sainteté et la pureté."

-> Ailleurs, le rav Avraham Kook (Moussar Avi'ha 1,8) enseigne :
"Il faut apprendre à connaître la grandeur de son âme et sa sublimité dans son essence même.
Même si elle peut se salir de toutes sortes de scories physiques, "même si un myrte se trouve parmi les épines, il reste un myrte, et nous devons nous y référer en tant que myrte "(guémara Sanhédrin 44a) = l'âme reste toujours brillante en vertu de son essence.
[ "même lorsque le peuple juif a fauté, on l'appelle encore "Israël!"" - Sanhédrin 44a]
En vérité, la simple prise de conscience de ce fait purifie, car cette connaissance est l'une des branches puissantes de la téchouva par amour (mé aava)."

-> Le rav Avraham Kook (Pinkesé haRaya 11,15) écrit également :
"Du côté de l'âme, on a déjà la capacité de se réjouir en Hachem et de prendre plaisir aux délices de Son amour et à la lumière d'une conscience élargie.
C'est juste que la faiblesse ou la bassesse du corps empêche cette lumière de se révéler. Il apparaît que l'essence est toujours déjà prête. Ce n'est que l'élément secondaire qui fait obstacle.
Par conséquent, une personne doit être consciente que l'essence est primaire. Il faut être convaincu que la lumière d'Hachem brille déjà dans son âme, même si elle est cachée."

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-> On peut noter également que le mot téchouva (retour), peut également signifier "une réponse".
Au plus profond de notre cœur et de notre âme, nous sommes animés d'un désir impérieux d'incarner l'esprit de la téchouva en répondant à l'appel d'Hachem (notre âme) qui souffre de nous voir éloigner à cause de nos fautes, qui désire que nous soyons le plus proche de Lui, car Il nous aime plus que tout.
[Mes enfants revenaient (chouvou banim!). ]

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-> Rachi ( Béra'hot 4b) : "Si un juif qui a l'habitude de prier dans une synagogue ne se présente pas, Hachem s'enquiert de lui : "Quelle est la situation de Ploni (de un tel)?"

[Hachem se préoccupe constamment, avec un amour particulier, de chaque juif. ]

Allumer le feux de notre cœur pour Hachem

+ Allumer le feux de notre cœur :

-> Il y a des gens qui dorment toute la journée. Même s'ils donnent l'impression d'être occupés par la Torah et la prière, Hachem ne se réjouit pas de leur présence, car toute leur avoda reste en bas et n'est pas capable de s'élever en haut.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan 60:6]

[au lieu d'entretenir le sentiment d'être constamment "fiancé" auprès du Maître du monde (véérasti'h li léolam - Hochéa 2,19), on se contente de suivre notre vie religieuse dans la routine, comme une chose à faire (parfois à se débarrasser, la tête ailleurs), sans reconnaître l'émerveillement et la noblesse de la judaïcité. [l'impact fou et éternel de chaque mitsva, de chaque prièr]
Nous oublions d'y mettre notre joie, notre fierté ... ]

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-> "Hachem désire le cœur"
[ra'hmana liba baé - guémara Sanhédrin 106b]

-> "Que l'on fasse beaucoup ou peu, l'essentiel est que son cœur soit orienté [mé'haven] vers le Ciel"
[guémara Béra'hot 17a]

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-> Rabbi Kalonymus Kalman Shapira (dans son Hachsharat haAvré'him) écrit :
"Qu'il soit clairement établi que non seulement celui qui éprouve un ravissement complet (hit'lahavout) dans sa avoda, mais aussi celui qui est simplement touché à un niveau émotionnel (hitragchout), ce sentiment représente les premiers stades de l'émergence de son âme, sur laquelle réside une lumière élevée.
Les sentiments agréables et les émotions saintes éprouvés par cette personne dans ses prières, ses mitsvot et son étude de la Torah, ainsi que l'éruption d'étincelles de plaisir et de feu sacré, proviennent de sa portion du Gan Eden, qu'elle expérimentera pleinement, pour l'éternité, après l'achèvement de ses jours et de ses années".

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-> Le rav Shlomo Wolbe (Alé Shour - vol.2) enseigne :
La majeure partie de notre observance de la mitsva consiste simplement à accomplir la loi (halakha). Que serait notre vie, à la fois communautaire, personnelle et spirituelle, sans ces lois?
Cependant, même ainsi : "Jérusalem n'a pas été détruite jusqu'à ce qu'ils accomplissent la loi de la Torah en n'agissant pas au-delà [d'une application] à la lettre de la loi" (guémara Baba Métsia 30b).
La "halakha à la lettre" représente les limites à l'intérieur desquelles nous vivons notre vie. Cependant, la vie elle-même se trouve à l'intérieur de ces mêmes limites (lifnim méchourat hadin).
Il est impossible de fonder sa vie sur les seules limites. Ce n'est qu'au-delà de la surface des frontières que l'on trouve la bonté et l'amour. Il est de notre devoir de leur donner de l'espace et de les faire passer de la potentialité à la réalité.

[ la halakha est un cadre commun, dans lequel chacun doit y mettre de la vie, doit allumer le feu de son coeur, pour servir Hachem avec qualité et amour!
Hachem ne manque pas de "robot" de la halakha, comme par exemple les anges. Ainsi, le plus important n'est pas d'agir selon la volonté de D. (Hachem n'a besoin de rien), mais plutôt avec quel état d'esprit, avec quel joie et positivité j'y mets.]

-> Le roi David écrit : "Servez Hachem dans la joie!" (Téhilim 100,2 - ivdou ét Hachem béSim'ha).

-> "Soyez dans la joyeux (béSim'ha) et vous aurez des raisons d'être dans la joie (béSim'ha) ...
Car Hachem aime la joie!"
[Beit Israël]

-> Sur son lit de mort, Rabbi Méïr Shapiro, Roch Yéchiva de Lublin, n'avait plus les forces de parler, mais il a réussi à écrire 2 mots à ses élèves : rak bésim'ha (que dans la joie!).
Il est mort le visage rayonnant de joie, avec sur le bout des lèvres : que dans la joie, que dans la joie!

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-> le mot : "bésim'ha" (dans la joie - בשמחה) possède les mêmes lettres que : "ma'hchava" (la pensée - מחשבה).
Se focaliser sur tout le positif de la vie, est une façon de penser qui amène la joie, et qui est donc dépendante de notre regard envers le monde.
Etre joyeux, c'est réellement concrétiser le fait d'avoir confiance que Hachem peut tout et que tout est pour le bien (émouna/bita'hon), c'est avoir vraiment conscience de devant qui nous sommes (ex: ma Amida est un face à face avec le Maître de l'Univers : Hachem, qui est là en privé avec moi!), de la chance que nous avons d'agir selon Sa volonté (c'est ce qu'il y a de mieux à faire de ma vie! ; je construis mon éternité grâce à cela alors que les autres investissent dans du vide), ...
Etre joyeux, c'est regarder la vie en tant que juif, fils du meilleur papa au monde : Hachem!

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-> Pratiquement tous les maîtres hassidiques insistent sur le fait qu'il ne suffit pas pour un juif de suivre les voies de la Torah dans le but d'obtenir une récompense dans le monde à venir. Au contraire, Hachem veut que notre avoda soit débordante de passion, d'excitation, de vitalité et de sens, au point que nous fassions l'expérience d'un goût de paradis dans ce monde.
C'est ainsi qu'ils ont interprété les mots de la michna : "Sé'har mitsva mitsva", non pas que "la récompense d'une mitsva est l'opportunité d'accomplir une autre mitsva", mais plutôt que : "la récompense d'une mitsva est la mitsva elle-même ".
[ex: le Baal Chem Tov (Kéter Chem Tov 96) ; rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan 5:2) ; Baal haTanya (Likouté Amarim - Tanya chap.39)]

[le paradis n'est pas le fait d'avoir plein d'argent, et de regarder netflix toute la journée, ... c'est plutôt la possibilité d'être débarrassé de toutes contraintes pour pouvoir toujours plus se rapprocher d'Hachem (ce qui est le plus grande plaisir possible). En ce sens, Hachem n'a besoin de rien, et une mitsva est une occasion offerte de se rapprocher, de s'attacher davantage avec Lui. ]

-> Rabbi Na'houm de Tchernobyl (Méor Enayim - Vayéra) écrit :
La récompense principale d'une mitsva est la mitsva elle-même, le lien Divin et le plaisir spirituel impliqué dans l'action qui est un aspect de "saluer le visage de la Présence Divine (Chékhina)".
Sans cela, on parle de "mitsva vide", car il manque la force vitale et l'âme, il ne reste que le "corps" de l'acte.
Elle n'est véritablement appelée "mitsva" que par le biais du désir et de l'attachement ("tsavta") de l'étincelle intérieure de la Divinité à sa Source.

-> L'un des principaux enseignements que le Baal Shem Tov et ses élèves cherchaient à transmettre est l'idée qu'il est possible pour un juif de puiser dans l'esprit glorieux du monde à Venir (olam aba) même lorsqu'il vit dans ce monde-ci.
En ce sens, les premiers maîtres hassidiques entraînaient leurs disciples à sentir les rayons de l'esprit du monde à Venir.

-> Les lois, les concepts, les coutumes, les préceptes et les idéaux de notre sainte Torah forment une porte d'entrée par lequel le juif peut voyager vers un monde de lucidité transcendante et attirer des courants de clarté d'un autre monde pour illuminer le monde de l'obscurité, transformant la réalité avec l'éclat de sa perception spirituelle.
Les pensées, les paroles et les actions de sainteté qui sont autorisées à atteindre le cœur du juif pour engager consciemment son âme avec sincérité, joie, confiance et humilité, attirent l'esprit du monde à Venir dans son âme et remplissent son monde d'un parfum de paradis.

On raconte l'histoire d'un rabbin qui visita le paradis en rêve.
En entrant dans la salle où les Tanaïm jouissaient de leur récompense éternelle, il vit qu'ils étaient tous assis autour d'une simple table en bois, en train d'étudier la Torah.
Déçu, le rabbin demanda à un ange : "C'est tout? C'est à cela que ressemble le paradis?"
Il reçut la réponse suivante : "Les Tanaïm ne sont pas au paradis. Le paradis est dans les Tanaïm".

Les tsadikim souhaitaient démontrer comment la joie du paradis, présente dans chaque mitsva et chaque mot de la Torah et de la prière, pouvait se répandre dans les activités quotidiennes d'une personne, les remplissant toutes de sens et de satisfaction.
L'objectif, enseignaient-ils, n'est pas de se retirer de ce monde et de attacher seulement à la spiritualité du prochain, mais plutôt de permettre à l'esprit du monde à Venir d'illuminer son expérience quotidienne ...

Ainsi, lorsqu'il s'agit d'avodat Hachem, c'est la structure de la halakha et l'observance des mitsvot qui fournit un cadre, le seul cadre [possible], dans lequel [chaque juif] peut véritablement s'épanouir. [permettant à son intériorité d'exprimer ses plus beaux sentiments à Hachem]
[rav Yaakov Klein]

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-> Rabbi Nathan (Likouté Téfilot - vol.1,89) fait la prière suivante :
La joie et l'enchantement que je devrais légitimement ressentir à l'égard de ma part sont incommensurables et dépassent tout calcul, puisque Tu [Ha] m'as accordé le mérite, dans Ta grande miséricorde, d'être compté parmi la nation juive, la nation choisie parmi toutes les nations et élevée au-delà de toutes les langues, car Tu exprimes Ta tendresse pour nous en utilisant tous les termes d'affection, et Tu aimes Ta nation, Israël, d'un grand amour et d'un lien tout à fait éternel.
Et, en raison de Ton amour et de Ta miséricorde envers Ta nation, Israël, Tu nous as accordé une grande quantité de Torah et de mitsvot, de sorte que nous devrions ressentir une joie, une célébration et une allégresse sans fin pour chaque mitsva qui ravive l'âme et réjouit le cœur.

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-> L'expérience des mitsvot par le juif le plus simple sera le paradis des non-juifs dans le monde à venir.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan 21:11]

[chaque mitsva n'est pas une contrainte d'Hachem, mais un cadeau incroyable, c'est un lien direct avec le Roi des rois, l'Auteur de toute existence.
Faire les mitsvot, c'est accomplir l'objectif de la Création, en conférant à l'ensemble de la matérialité une signification/profondeur, une pertinence et une sainteté accrues.
Hachem se réjouit des désirs de notre coeur pour les mitsvot (pour Lui) plus que toute autre chose. ]

La gravité de fauter, et le moyen de réparer

+ La gravité de fauter, et le moyen de réparer :

-> "A D. ne plaise, par ses actes, ses paroles et ses pensées qui ne sont pas bonnes, il [un juif] détruit de nombreuses puissances et d'innombrables mondes célestes saints ... ou il provoque l'obscurcissement ou la diminution de leur lumière et de leur sainteé, et ajoute de la puissance aux royaumes de l'impureté".
[rabbi 'Haïm de Volozhin - Néfech ha'Haïm - chap.3]

-> Par la suite, rabbi 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm - chap.4) écrit :
"En vérité, le cœur de celui qui est sage et qui comprend ce concept frémira en lui et il tremblera lorsqu'il se concentrera sur l'étendue des dommages causés par chacune de ses fautes, des dommages encore plus importants que ceux causés par Névou'hadnetzar et Titus (qui ont détruit le Temple), car les actions de Névou'hadnetzar et Titus n'ont causé aucun défaut en Haut, car il ne leur a pas été donné la possibilité d'atteindre cet endroit par leurs actions."

=> Cela est terrifiant à considérer! Chacune des fautes que nous transgressons, même si elles sont apparemment insignifiantes, a un effet plus dévastateur dans les royaumes célestes que la destruction du Temple!

-> Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi - Emor) enseigne comment remédier à ces dommages.
Voici ses paroles : "Il est connu que lorsqu'une personne faute, à D. ne plaise, elle cause une souillure dans les cieux et ajoute de la puissance aux forces de l'impureté. Le remède à cela est de brûler ces forces maléfiques en dirigeant une passion ardente vers le Créateur. En effet, cette inspiration incroyable n'est venue qu'à la suite de la faute, car son esprit avait des pensées obscures".

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-> Nos Sages (guémara Yoma 86b) enseignent que la téchouva méahava (le repentir né de l'amour), a le pouvoir de transformer les fautes d'une personne en mitsvot.
Expliquant ce concept, le Baal haTanya (Likouté Amarim - Tanya - chap.7) dit que lorsque la culpabilité et le chagrin causés par une faute poussent une personne à davantage désirer et être inspirée dans son avodat Hachem, l'amenant à la téchouva méahava, alors cette faute s'est transformée en mitsva.
Avec le recul, le fauteur est capable de voir que cette faute a en fait conduit à une aliya, à une progression/élévation dans sa avodat Hachem, remplissant ainsi la même fonction qu'une mitsva, qui est un moyen de se rapprocher du Maître du monde.

-> Dans le même ordre d'idées, rabbi Tsadok haCohen (Tsidkat haTsadik 40,52,100) écrit que le principe de la téchouva est atteint lorsqu'une personne se rend compte que, d'une manière très profonde, sa faute était aussi la volonté de D.
Il est évident que cette affirmation peut être incroyablement dangereuse si elle est mal interprétée, mais il va de soi que rabbi Tsadok haCohen ne veut pas dire, D. préserve, qu'une personne doit rationaliser sa conduite pécheresse en "réalisant" que toutes ses actions sont en fait la volonté du ciel.
La "réalisation" à laquelle ce tsadik fait référence a lieu lorsqu'une personne peut regarder honnêtement en arrière et voir que son méfait a entraîné un changement complet et durable dans le sérieux et l'intensité de sa avodat Hachem. C'est alors qu'elle peut être sûre que sa faute n'était qu'un moyen de la rendre encore plus grande, une "yérida létsoré'h aliva" (une descente/chute permettant davantage d'élévation). [voir aussi rabbi Na'hman - Likouté Maharan 22:11]
[évidemment qu'on ne désire pas la faute, qu'on fait tout pour l'éviter, mais si à postériori nous avons déjà fauté alors nous devons autant que possible faire en sorte que cela nous soit un tremplin spirituel.
A l'inverse, notre yétser ara nous fait tomber et ensuite il nous fait culpabiliser, nous attrister. En effet, il s'est trop bien la force de la tristesse, du désespoir, mais surtout d'utiliser une chute pour davantage s'élever (à l'image du ressort qui se contracte pour mieux pouvoir s'élancer vers le haut). ]

-> En ce sens, nos Sages (Sanhédrin 99a) affirment : "À la place des baalé téchouva, même les complétement justes ne peuvent s'y tenir".
L'une des explications de cette affirmation est qu'une personne qui a fauté et ensuite réalisé une téchouva dessus, elle a fait une utilisation de la tristesse de son regret sur ses fautes dans un but de la propulser vers les plus hauts sommets spirituels, à un endroit que même les tsadikim parfaits ne peuvent atteindre.

-> C'est à cette rectification que le rabbi de Berditchev fait référence.
Si le feu de la faute a provoqué une descente dans les royaumes de l'impureté, c'est le feu de la spiritualité provoqué par la tristesse que l'on ressent d'avoir fauté qui est nécessaire pour le ramener dans le royaume de la lumière sainte.

-> Comme l'écrit rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan 156) :
"La pureté du cœur est atteinte lorsque le cœur d'une personne brûle d'une passion pour Hachem. Pour rectifier le fait que son cœur a brûlé à cause d'une faute ou d'un désir impur, à D. ne plaise, qui a contaminé son cœur, celui-ci doit s'enflammer de passion pour Hachem. Grâce à cela, son cœur atteint la pureté, comme le dit le verset : "Tout ce qui entre dans le feu, vous le ferez passer par le feu et il sera purifié".

=> Nous avons tous commis de très nombreuses fautes qui ont causé des dommages considérables au monde (à notre monde intérieur, au monde Celeste, terrestre, ...).
Mais comme l'affirme rabbi Na'hman de Breslev : "s'il y a un moyen de détruire, il y a un moyen de réparer", et "il n'y a pas de désespoir dans le monde" .
Tout peut être renversé. En utilisant le lourd sentiment de regret résultant de notre faute, pour le porter à renforcer notre avodat Hachem à un meilleur niveau, avec plus de passion (papa Hachem, pardon, certes je suis tombé dans la faute, mais je vais essayer de faire mieux Ta volonté).
Nous utilisons la faute elle-même pour nous aider dans notre croissance spirituelle.
[c'est l'idée enseignée par rabbi Na'hman de Breslev, comme dans le Likouté Moharan 116]

-> Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi - Emor 21,9) enseigne :
Une faute n'affecte pas seulement l'âme (néchama) de l'individu, mais "elle souille son père" = la transgression affecte et cause une souillure dans les royaumes célestes.
Quel est le moyen de remédier à ces dommages considérables?
La réparation (tikoun) consiste à faire rebondir la culpabilité et la tristesse causées par la faute et à les utiliser pour nous propulser vers de plus hauts sommets dans notre avodat Hachem, en atteignant des niveaux inédits de feu émotionnel et de passion dans notre service.
Lorsque nous faisons cela, non seulement nos fautes sont pardonnées, mais elles sont entièrement transformés, nous enlevons les robes de l'Accusateur et revêtons celles de l'avocat [qui nous défend au Ciel], transformant la faute la plus grave en mérite ultime.

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-> Cela doit également nous rappeler que tout ce qu'un juif pense, dit ou fait a le pouvoir de provoquer des changements majeurs dans les forces célestes.
Chaque mitsva accomplie (même la plus simple, facile) par une personne a pour conséquence de générer des quantités incalculables de bénédictions, de lumière et de bonté Divine dans les sphères spirituelles, et en fin de compte dans ce monde physique également.
À l'inverse, chaque faute transgressée entraîne la diminution immédiate de cette bénédiction, de cette lumière et de cette bonté, et apporte au contraire la destruction et la colère divine sur l'univers.

[libre arbitre oblige, on ne se rend pas compte de l'impact phénoménal de chacune de nos actions.
Les premiers mots d'un juif sont "modé ani (je Te remercie) ... 'hémla raba émounaté'ha (grande est Ta confiance en moi)" = malgré notre risque de fauter, Hachem nous redonne la vie à notre réveil en nous donnant la capacité d'impacter considérablement le monde (en bien, en mal), car Il a confiance en nous.
Alors à nous de Lui prouver qu'Il en a eu raison, qu'Il soit éternellement fier de nous! ]