Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

+ En nous préparant dès maintenant, en exil, à la reconstruction du Temple, nous accomplissons la mitsva de : "véassou li mikdach" (ils me construiront un sanctuaire - Térouma 25,8), celle de reconstruire le Temple.
En fait, notre fonction principale en exil et le but central de notre long exil, est de nous préparer pour le Temple.

Le verset : "Prépare-toi une occupation au dehors ... puis, tu édifieras ta maison" (Michlé 24,27) peut faire référence à notre exil et au Temple :
- "Prépare-toi une occupation au dehors" (a'hèn ba'houts) = cela fait référence à nos efforts personnels pour atteindre la perfection spirituelle, pendant que nous sommes en exil (ba'houts - en dehors d'Israël reconstruit par le machia'h) ;
- "puis, tu édifieras ta maison" = lorsque le machia'h fera revenir tous les juifs en Israël, nous y reconstruirons le Temple.

C'est le plaidoyer d'Amos (4,12) : "prépare-toi, ô Israël, à te présenter à ton D." = (généralement cela est interprété comme faisant référence aux préparatifs requis pour bien prier [ex: sache devant qui tu Te présentes]). Mais cela est également un plaidoyer éloquent pour se préparer tandis que nous sommes encore en exil, pour le moment où nous allons saluer à nouveau Hachem dans le Temple.
[Sfat Emet - 'Hanoucca 5665]

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[la sublimité du Temple, la beauté de notre relation et perception éternelle avec Hachem, dépend de nos actions en ce monde avant la guéoula (après il sera trop tard, car il n'y aura plus de libre arbitre, tout sera clair).
Certes nous voulons le machia'h au plus vite, mais tant qu'il n'est pas là nous avons toujours l'occasion de sublimer cette révélation future d'Hachem et la forme que prendra le monde à Venir.
D'où, la mitsva constante de "ils me construiront un sanctuaire" = chaque fois que nous faisons la volonté d'Hachem alors nous participons à améliorer, à rendre plus beau ce Temple, ce monde post guéoula. ]

La crainte d’Hachem

"La vraie peur d'Hachem remplit une personne de vitalité"
[Gaon de Vilna]

-> Le rav Avigdor Miller disait que beaucoup de gens comprennent à tort que la crainte du Ciel (yirat chamayim) comme une peur, mais en réalité c'est une prise de conscience d'Hachem, que le grand et impressionnant Roi veille sur nous et se soucie personnellement de nous.

-> Le mot "yira" (crainte) a les mêmes lettres que le mot "réiya".
"Yira" signifie à la fois "la crainte", mais aussi "la vue".
Le mot "réiya" peut signifier "vision", et aussi "bien-aimé".
Ainsi, la "yirat chamayim" signifie voir la Présence d'Hachem, vivre comme si Hachem était toujours à nos côtés.

-> Le rav Avigdor Miller a dit un jour : si vous voulez faire bon usage de votre temps lorsque vous êtes assis dans le bus ou dans le métro, ou bien lorsque vous déjeunez, essayez de pratiquer la pensée qu'Hachem est en train de vous regarder. Si c'est difficile, imaginez simplement qu'il y a une fissure dans le mur et qu'Il regarde à travers. Si la fenêtre est ouverte, vous pouvez imaginer qu'Il regarde à travers la fenêtre car c'est très certainement le cas.
[en ce sens, le roi David dit : "Je mets constamment Hachem devant moi" (shiviti Hachem lénegdi tamid - Téhilim 16,8). ]

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-> La meilleure façon d'éliminer la souffrance est de se connecter constamment à Hachem.
[Ohr Létsion - Yissourim]

-> En nous liant à l'esprit infini d'Hachem, nous réalisons à quel point nos insuffisances imaginées sont illusoires. L'essence de la foi est de savoir que notre réalité intérieure est vraiment infinie, sans limite.
[Sfat Emet]

-> Tout le monde doit comprendre la grandeur d'Hachem.
['Hafets 'Haïm]

-> Lorsqu'une personne aborde l'accomplissement des mitsvot avec joie, conscient de la présence d'Hachem, elle ne succombera pas aux distractions du yétser ara.
[Malbim -Téhilim 27,1]

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-> Lorsque l'Alter de Kelm était confronté à un test ou à un dilemme spirituel, il s'imaginait lui-même se tenant debout devant son rabbi, le rav Israël Salanter.
Le rav 'Haïm Friedlander demande : pourquoi il ne s'est pas visualisé directement debout devant Hachem?
Il explique qu'il est beaucoup plus difficile de s'imaginer en présence du Créateur que devant le rabbi qu'on connait si bien.

[Hachem peut renvoyer à une notion abstraite, ce qui fait qu'en passant par un intermédiaire (son rav qu'on admire spirituellement), alors cela permet d'avoir aussi une partie concrète de notre crainte de D.]

Le rav David Abou'hatséra a demandé au rav Aharon Leib Steinman : Sur quelle mitsva les gens de notre génération devraient-ils se concentrer?
Le rav Steinman lui a répondu : "Renforcer notre croyance et notre confiance en Hachem, et non dans les gens, qui sont de chair et de sang".

La mézouza

"Chaque fois que quelqu'un entre ou sort de chez lui, et se tient près de sa mézouza, le moment devrait servir à le réveiller de son sommeil et de trébucher dans le vide de ce monde-ci, et cela devrait l'amener à la véritable reconnaissance que rien n'existe pour toujours autre que la connaissance (la conscience et connexion à) Hachem.
Cela le ramènera immédiatement à la raison et lui donnera le pouvoir d'avancer sur le "chemin de la droiture"."
[Rambam - fin des Halakhot de mézouza]

"Yossef est descendu en Égypte et s'est préservé de l'immoralité, de même tout Israël [en Egypte], par son mérite, s'est préservé de l'immoralité.
Rabbi 'Hiya Bar Aba a enseigné : "Cela valait la peine qu'il se préserve de l'immoralité, car c'est par son mérite qu'Israël a été délivré"."
[midrach Vayikra rabba 32,5]

-> Le rav Pin'has Fridman commente :
Nous apprenons de ce midrach que Yossef traça la voie de la kédoucha (sainteté) pour toutes les générations d'Israël jusqu'à la fin des temps. Tous pourront maintenir leur kédoucha partout où ils se trouvent, même dans les situations les plus précaires, et pourront par ce mérite, être délivrés de leur exil.

L’Attribut Divin de Rigueur est en réalité rempli de grandes bontés

+ L'Attribut Divin de Rigueur est en réalité rempli de grandes bontés :

-> Selon le Zohar (Tikouné Zohar 103b), nos 3 Patriarches se sont attachés à 3 traits de caractère afin d'accomplir leur voie dans le Service Divin. Avraham le fit avec l'attribut de 'hessed (Attribut de Bonté/Miséricorde), Its'hak avec l'attribut de guévoura (attribut de din [Rigueur/Justice]), et Yaakov avec l'attribut de tiféret.

-> Dans son commentaire, Rachi explique que lui fut donné le nom יצחק (Its'hak) qui vient du mot צחוק (ts'hok - rire), car ceci fait référence au rire de Sarah, comme il est écrit : "Sarah rit en elle-même en disant : après être flétrie, aurais-je une peau fraîche, et mon mari est vieux?" (Vayéra 18,12).

-> Le nom d'une personne nous éclaire sur son essence et ses qualités, ainsi qu'il est expliqué dans le midrach : "Nos maîtres racontent : lorsque Rabbi Méir regardait un homme, il apprenait son nom, et de
son nom, il connaissait ses actes" (Yalkout Chimoni - siman תמט).

=> Si Its'hak incarnait la mesure de rigueur, qui est l'attribut de justice, alors pourquoi avoir appelé son nom Its'hak, un langage faisant référence au rire et à la joie, ce qui, à première vue, semble être l'antithèse complète de la rigueur et de la justice?

-> Il est écrit dans la guémara (Shabath 89a) :
"Dans le futur, Hachem dira à Avraham notre patriarche : "tes fils ont fauté envers Moi!" Avraham Lui répondra : "Maître du monde, ils étaient désespérés". Hachem dit : "Je vais me tourner vers Yaakov, lui qui a souffert pour élever tous ses enfants, peut-être sera-t-il un bon avocat pour ses enfants?"
Hachem dit à Yaakov : "Tes fils ont fauté". Yaakov lui répondit : "Maître du monde, ils étaient désespérés ..."
Hachem Se tourne alors vers Its'hak et lui dit : "Tes fils ont fauté envers Moi". Il dira devant Hachem : "Maître du monde, sont-ils mes fils et non Tes fils? Pourtant au moment où ils T'ont devancé et se sont présentés devant Toi en disant : "Nous ferons et nous comprendrons" (Michpatim 24,7), Tu les as appelés "Mon fils premier-né" (Chémot 4,22). A présent Tu dis mon fils et pas Ton fils!".

De plus, combien de fautes peuvent-ils avoir commis? Voici que les années de l'homme sont de 70 ans, ôte parmi elles 20 ans, durant lesquels l'homme n'est pas apte à la punition, il reste 50 ans. Retire également 25 ans de toutes les nuits où il a dormi, il reste 25 ans. Retire parmi elles encore 12 ans et demi de prière, de nourriture et de toilette, il reste parmi toutes les années de la vie de l'homme seulement 12 ans et demi d'années où il est susceptible de fauter, Maître du monde, Tu supportes ces années-là, c'est bien. Et sinon moitié sur moi et moitié sur Toi."

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=> La mida (un trait de caractère) de notre patriarche Avraham est la bonté, celle de Yaakov est tiféret (qui est une association entre le 'hessed et le din, où le 'hessed adoucit le din pour devenir miséricorde), tandis que la mida d'Its'hak est celle de la rigueur et du din.
Comment est-il possible qu'Avraham, dont les traits de caractère sont la bonté et la miséricorde, n'ait pas trouvé le moindre mérite futur pour le peuple juif? En outre, Its'hak notre patriarche, dont le trait de caractère est la stricte rigueur, a su, lui, trouver un mérite pour le peuple juif?

-> Le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (dans son Kédouchat Lévi) écrit :
comme nous le savons, dans ce monde ici-bas, la loi (halakha) est comme Beit Hillel, qui représente d'habitude le trait de caractère de la bonté, et non pas comme Beit Chamaï qui incarne plutôt la notion de la rigueur. Le monde n'aurait effectivement pas pu se maintenir si les lois qui le régissaient étaient selon la pleine mesure de rigueur. En fait, le monde [actuellement] ne se maintient que grâce à la pleine mesure de bonté.
En revanche, dans le futur, lorsque le monde sera réparé, et que le mauvais penchant sera complètement anéantit, il n'y aura alors aucunement besoin que la direction du monde s'accomplisse selon la mesure de bonté. Le monde-même conduit selon la mesure de rigueur pourra alors accéder à ce qui est bon, aussi la loi sera comme Beit Chamaï, qui représente la rigueur, et non comme Beit Hillel.

-> Le rav d'Apta (dans son Ohev Israël) ajoute que la mida du din n'est en fait rigoureuse qu'extérieurement (en apparence, à nos yeux et nos sens d'êtres humains).
Intérieurement, à l'intérieur de la mida du din, il y a des lumières de très grand 'hessed, bien plus qu'il ne s'en trouve dans la mida de 'hessed elle-même.

Le rabbi d'Apta écrit : "chez Its'hak notre patriarche, nous trouvons que sa mida était la crainte et la rigueur (mida du din), mais en vérité ... il y a dans la mida du din un très grand 'hessed. Cependant ces lumières et ce grand 'hessed ont été enfouis et cachés ... jusqu'à la venue du machia'h. Alors le Créateur retirera le rideau de l'extériorité et des klipot (forces d'impureté, touma) de tous les mondes ...
Se dévoileront alors les lumières de l'intériorité de la mida du din... et seront adoucis tous les dinim et la notion de rigueur".

=> nous saisissons la profondeur du sujet dont nous parlons. Désormais nous comprenons pourquoi dans le futur, c'est précisément Its'hak - lui qui symbolise la mida du din - qui viendra rappeler les mérites du peuple juif.
À la fin des temps se renforceront énormément les accusateurs. Ces derniers accuseront sans cesse le peuple juif afin qu'il ne puisse mériter la délivrance, que Dieu nous en préserve. L'accusation sera alors tellement forte, qu'Avraham et Yaakov qui symbolisent le 'hessed et le ra'hamim = miséricorde ne pourront trouver de mérite pour défendre le peuple d'Israël, seul Its'hak notre patriarche trouvera des mérites pour Israël. Ceci car, comme nous l'avons dit, dans le futur se dévoilera l'intériorité de l'attribut du din, là où se trouvent de grandes lumières et des grands hassadim, encore plus prodigieux que la mida du 'hessed elle-même.

=> Ainsi, nous comprenons pourquoi dans le futur, c'est précisément Its'hak, lui qui symbolise la mida du din, qui viendra rappeler les mérites du peuple juif.
À la fin des temps se renforceront énormément les accusateurs. Ces derniers accuseront sans cesse le peuple juif afin qu'il ne puisse mériter la délivrance, que D. nous en préserve.
L'accusation sera alors tellement forte, qu'Avraham et Yaakov qui symbolisent le 'hessed (bonté) et le ra'hamim (miséricorde) ne pourront trouver de mérite pour défendre le peuple d'Israël, seul Its'hak notre patriarche trouvera des mérites pour Israël. Ceci car, comme nous l'avons vu, dans le futur se dévoilera l'intériorité de l'attribut du din, là où se trouvent de grandes lumières et des grands 'hassadim (bontés), encore plus prodigieux que la mida du 'hessed elle-même.

On pourrait penser que l'humilité est l'antithèse de la réjouissance, pourtant ... la vraie joie dans l'appréciation du miracle d'Hachem ne peut être atteinte que par [des humbles], des serviteurs d'Hachem, comme il est dit : "Louez, serviteurs d'Hachem" (Hallélou avdé Hachem) ...

L'humilité en elle-même engendre la joie.
Seuls les vrais humbles qui reconnaissent la bassesse de leur situation dans la vie par rapport à la Présence infinie d'Hachem, peuvent se réjouir de leur véritable mission [présente au fond de tout juif] : celle de servir Hachem.
[Sfat Emet - 'Hanoucca 5635]

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[la joie est ce sentiment interne où l'on a conscience de faire ce qu'il y a de mieux dans notre vie, où notre intériorité (âme divine) est en parfaite équilibre avec nos actions (qui sont selon la volonté de D.) ]

+ Chaque matin, lors de la prière, nous citons le verset : "léodot léchem kodché'ha léichtabéa'h bit'ilatékha" (Pour remercier Ton saint Nom, et se glorifier de Ta louange - Téhilim 106,47),

=> Ne devrait-on pas dire "léchabéa'h" (rendre gloire [à Hachem]), plutôt que "léichtabéa'h" (לְהִשְׁתַּבֵּחַ), se glorifier [soi-même]?

Le Imré Emet répond que lorsqu'un juif fait l'éloge, il est lui-même élevé et la personne elle-même est glorifiée. Il a changé, ouvrant de nouvelles portes dans sa propre perception du monde.
En rendant grâce, on devient une personne différente.

[Hachem n'a besoin de rien, et lorsqu'Il nous demande de Le glorifier, en réalité c'est nous qui nous glorifions, devenant une meilleure version de nous-même, un être plus élevé!
Hachem désire nous combler du meilleur, mais pour nous éviter tout sentiment de honte de recevoir tout gratuitement, alors Il fait comme si c'était nous qui Lui rendions service (ex: par nos prières).]

La grandeur d’accepter ses souffrances avec amour

"Lorsqu'une personne reçoit avec amour les souffrances et les épreuves qu'elle endure, alors c'est cela leurs remèdes."
[Ohr ha'Haïm haKadoch - Vayigach 46,7]

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-> "ils vinrent en Egypte : Yaakov et toute sa descendance avec lui. Ses fils et ses petits-fils avec lui, ses filles et ses petites-filles et toute sa descendance, il [les] emmena avec lui en Egypte." (Vayigach 46,6-7)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch commente : "Ses fils et ses petits-fils" :
Le verset veut nous faire savoir qu'il y a une différence entre les membres de la famille de Yaakov en ce qui concerne la descente en Égypte. En effet, parmi eux, certains sont venus de leur plein gré en ayant accepté le décret divin.
Par contre, d'autres ont hésité à descendre dans cette prison et la Torah nous indique ceux qui sont venus de leur plein gré pour payer cette dette exil.
Et le verset nous dit que les fils et les petits-fils sont venus d'eux-mêmes ("avec lui"), et ensuite la Torah nous énumère ceux qui ne sont pas venus de leur plein gré, comme le verset dit : "ses filles et ses petites-filles il [les] emmena avec lui". Cela veut dire qu'elles ne sont pas venues d'elles-mêmes.

Nos sages (midrach Chémot rabba 1,8) nous enseignent que tout le temps que l'un de ceux qui sont descendus en Égypte étaient vivant, l'esclavage n'avait pas encore commencé.
Peut-être faut-il dire que c'était en récompense pour eux, car ils avaient accepte le décret divin de descendre en Égypte de plein gré. C'est la raison pour laquelle l'esclavage ne les a pas touchés.
Lorsqu'un homme reçoit avec amour les souffrances et les épreuves qu'il endure, c'est cela leurs remèdes.

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-> Selon le le Or ha'Haïm, Hachem attendit pour commencer l’asservissement de l’Egypte la mort de tous les fils de Yaakov, mais n’attendit pas la mort des filles. Car la guémara (Béra'hot 62a) enseigne que "le remède aux souffrances est de les accepter" [litt. "la tradition pour mettre fin à la souffrance est avec le silence (donc en l'acceptant) et la prière"], à savoir que l’acceptation des épreuves avec amour et joie est un remède qui les guérit.
Dès lors, du fait que les fils de Yaakov acceptèrent ce décret avec amour, la souffrance de la servitude leur fut épargnée, à la différence de Yo'héved (la mère de Moché) et de Séra’h (la fille de Acher) dont on n’attendit pas qu’elles meurent avant de commencer l’asservissement des Bné Israël. Celles-ci comptèrent, en effet, parmi ceux qui descendirent en Egypte contre leur gré sans accepter le joug de la servitude.

-> Ce commentaire nous apprend le devoir d’accepter dans la joie et l’amour tout ce qui nous arrive, en sachant que tout est pesé et calculé d’En-Haut. De la sorte, nous accomplissions les termes de l’enseignement de nos Sages : "Le remède aux souffrances est de les accepter" et mériterons d’en être soulagé et délivré et de voir la réussite dans toutes nos entreprises.

Le Sfat Emet exprime la même idée, à propos du verset de notre paracha : "Yéhouda s’approcha de lui (Yossef) et lui dit ‘de grâce mon seigneur’" (Vayigach 44,18).
Les commentateurs s’interrogent, en effet, sur le bien-fondé des arguments que Yéhouda avança à Yossef ("Mon serviteur demanda à ses serviteurs", et, en effet, les versets qui suivent). Ils ne contiennent, en effet, aucun élément nouveau en plus que tous ceux qui avaient déjà été exposés à la fin de paracha Mikets.
Dès lors, pourquoi Yéhouda pensa-t-il qu’il réussirait par cela à éveiller la compassion de Yossef envers ses frères?
De plus, les commentateurs demandent, qu’est-ce qui provoqua effectivement le changement d’attitude de Yossef au point qu’il ne puisse plus se retenir?

Le Sfat Emet explique qu'il est vrai que Yéhouda ne vint rien innover à Yossef. Seulement, depuis leur arrivée en Egypte, Yéhouda mit de l’ordre dans ses idées pour lui-même, afin de bien voir leur enchaînement et enraciner en son cœur que tout s’était déroulé selon la volonté d’Hachem. [il n'est pas resté prisonnier mentalement des galères qui leur arrivaient].  Il accepta avec joie Ses décisions, car si telle était Sa volonté, cela signifiait que c’était la meilleure des choses qui pouvait arriver.
Et de fait, dès qu’il intégra cette idée, la rigueur Divine disparut et put laisser place à l’éclosion de la délivrance.

Le Sfat Emet écrit : "Et cela constitue un conseil valable pour chaque juif se trouvant dans une situation où la face Divine est voilée : qu’il annule sa propre volonté devant celle de D. tout en restant convaincu que, même au milieu de l’obscurité (des difficultés/souffrances), la volonté vivante d’Hachem est encore présente."

-> Rabbi Mordé'haï de Léchovitz explique de manière allusive à ce sujet la Michna (Béra'hot 40a) : "Sur tout, s’il a prononcé la bénédiction Chéakol Niya Bidvaro (qui a tout créé par sa parole), il est quitte" = celui qui dit à propos de tout ce qui lui arrive (même ce qui lui semble être un malheur), "tout est le fait de la parole Divine" est acquitté par cela de toutes les épreuves.
[le sens simple est que si nous ne savons pas quelle est la bénédiction, on peut s'en acquitter par défaut en faisant "chéakol".]

-> Rabbi Moché Avraham Barzovski dit : "j’ai hérité d’une coutume ancestrale selon laquelle celui qui prononce la bénédiction ‘Chéakol Niya Bidvaro’ avec une foi intègre dans le Créateur, bénéficie d’un adoucissement de la midat haDin (la mesure de rigueur d'Hachem)!"

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-> Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva - chap.4) nous garantit que si nous acceptons avec joie ces moments où rien ne semble aller dans notre vie, comprenant que cela nous est envoyé du Ciel et que c'est bénéfique pour nous, alors à ce moment nous déchirons les mauvais décrets et se sauvons des pires soucis qui devaient normalement nous arriver.

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[ainsi, le meilleur remède à nos épreuves réside dans notre acceptation, dans notre joie (par bita'hon en Hachem), malgré les difficultés, nos incompréhensions sur ce qui se passe dans notre vie.
Moins on essaie de tout comprendre, en étant simple (tamim) dans notre certitude que cela ne provient que d'Hachem pour notre bien ultime (on le comprendra dans le monde à Venir de vérité), alors le plus on s'évite bien des galères dans la vie. ]

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-> "Si le fauteur se voit sur le point de subir une épreuve, qu'il la légitime et accepte le châtiment avec amour. Cela constituera une protection contre les nombreuses souffrances qui auraient dues s'abattre sur lui".
[Rabbénou Yona - Chaaré Téchouva - chap.4 ]

-> Si une personne proclame en se le répétant : "J'ai confiance dans le fait que Hachem accomplit cela pour mon bien", ce sera une raison en soi d'être préservé de toute épreuve et d'annuler tous les décrets".
[...]

Lorsqu’un juif se renforce dans sa foi que tout est entre les mains du Ciel et accepte le décret Divin, il est capable de provoquer des bouleversements dans tous les mondes par la force de sa émouna.

C’est d’ailleurs un principe fondamental connu rapporté dans le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm - chaar 3, chap.12) :
"Et véritablement, c’est un moyen miraculeux et une recette extraordinaire pour repousser de soi-même tous les décrets rigoureux et les volontés extérieures, de sorte qu’elles ne puissent nous dominer ni avoir aucune influence sur nous. Lorsqu’un homme enracine dans son cœur que "Hachem est le vrai D. et qu’il n’y a, en dehors de Lui, aucune force dans ce monde ni dans aucun monde, que tout est rempli de son unicité évidente, et qu’il annule entièrement de son cœur, sans leur attribuer la moindre valeur, toute force et toute volonté autres, qu’il soumet et attache la pureté de sa pensée uniquement au Maître unique, Béni-Soit-Il", alors Lui, que son Nom soit béni, fera en sorte, de fait, que toutes les forces et les volontés disparaissent d’elles-mêmes et ne puissent absolument rien lui faire."
[ rav Elimélé'h Biderman ]

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+ Le décret d'Haman est venu comme une punition pour Yaakov qui n'avait pas accepté avec joie la vente de Yossef :

-> Lorsque Yaakov a pensé que Yossef était mort, il a revêtu un sac sur ses reins et a pleuré son fils pendant de nombreux jours (Vayéchev 37,34).
Le midrach (Béréchit rabba 84,20) enseigne : "Parce qu'il a pris un sac (un cilice), celui-ci ne quittera pas sa descendance jusqu'à la fin des générations.
Ainsi, il est dit à propos de Mordé'haï le Juif (Esther 4,1) : "Morde'haï déchira ses vêtements, revêtit un sac (cilice) et se couvrit de cendres ; il sortit au milieu de la ville et poussa un grand cri amer".

Le 'Hatam Sofer (drachot - parachat Za'hor 5554) explique qu'une personne doit s'efforcer d'accepter avec amour et joie tout ce qui lui arrive, certaine que la souffrance la purifie et la rapproche de son Créateur. Grâce à cette acceptation, on passe des difficultés au soulagement et des ténèbres à la lumière.

Yaakov a connu de nombreuses difficultés (Essav, Lavan et Dinah), mais il a tout accepté avec amour.
Cependant, lorsqu'il a dû faire face à l'épreuve de la disparition de Yossef, il savait que sa part dans le monde à venir dépendait du fait que ses fils, les 12 tribus, restent une unité intacte, comme il l'a déclaré : "Car je descendrai au She'ol en pleurant mon fils", et Rashi explique, selon le midrach : "J'ai reçu ce signe de Hachem, que si aucun de mes fils ne mourait pendant ma vie, je serais sûr de ne pas voir le Guéhinam".
Il ne pouvait donc pas supporter la douleur de la disparition de Yossef, et il pleura et revêtit un sac en signe de deuil. Cela entraîna le décret d'Haman, qui incita ses descendants à revêtir eux aussi des sacs et à se couvrir de cendres dans leur chagrin.

La reine Esther comprit que le décret d'Haman avait été pris parce que Yaakov n'avait pas accepté avec amour la disparition de Yossef, et elle reconnut que le salut ne viendrait pas du deuil.
Elle comprit plutôt que l'approche inverse était nécessaire : les juifs devaient se réjouir, accepter tout ce qu'ils traversaient avec une foi sincère que c'était ce qu'il y avait de mieux pour eux, et alors ils seraient sauvés de leur situation difficile.
Elle invita donc le roi A'hachvéroch et le Haman à un festin, démontrant ainsi sa confiance absolue en Hachem et en Son salut.

Voici le message d'Esther : seul la joie et le bita'hon permettraient d'obtenir la délivrance du décret mortel.
Cela a rectifié le deuil de Yaakov, qui savait qu'une acceptation patiente accomplit plus que de nombreuses prières, mais qui a trébuché en pleurant Yossef. Là aussi, Hachem voulait qu'il accepte le décret avec amour et joie, en croyant calmement et de tout cœur que c'était sûrement pour le mieux, comme cela est d'ailleurs devenu clair par la suite.
[rabbi David Abou'hatséra - maamaré Emouna ouBita'hon]

Quand quelqu'un explique la Torah et accomplit les mitsvot d'une manière agréable, ses paroles de réprimande sont écoutées.
Quand il conseille ou instruit les gens, ils acceptent ce qu'il dit. Quand il tente d'établir la paix entre des rivaux, ils écoutent ses suggestions et il n'est pas ignoré.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Noa'h 10,4 ]