Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Rabbi Binyamin dit : "Tous sont présumés être aveugles jusqu'à ce que Hachem leur ouvre les yeux". (D'où le sait-on?), d'ici : (au sujet de Hagar qui s'était égarée dans le désert sans eau) : "D. lui décilla les yeux" (Vayéra 21,19)".
[midrach Béréchit rabba 53,14)]

=> L'homme évolue en effet dans un monde dans lequel il ignore très souvent ce qui se déroule devant ses yeux, même s'il s'agit d'une réalité tangible, jusqu'à ce que Hachem lui ouvre les yeux et lui dévoile entièrement cette réalité .

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+ Exemple avec la subsistance (parnassa) :

-> "Vous parlerez au rocher à leurs yeux (des Bné Israël) et il donnera son eau" ('Houkat 20,8).

-> Le 'Hidouché haRim explique :
"La subsistance de chaque créature est à sa portée en tout lieu et en tout temps, mais elle lui est dissimulée, et lorsque Hachem lui éclaire les yeux, elle voit tout à sa disposition devant elle".

-> A partir de ce commentaire, le Sfat Emet explique que l'intention d'Hachem en ordonnant à Moché de parler au rocher, était précisément que les Bné Israël se rendent compte de cela : que lorsque Hachem leur décillait les yeux ils pourraient voir que l'eau était déjà prête pour eux dans le rocher .

-> Le rav Elimélé'h Biderman commente :
Cela constitue une leçon pour nous tous : chacun se retrouve confronté à divers "rochers" durant son existence, confrontation dont il a besoin d'être sauvé, et dont il ne voit souvent aucune issue.
Il devra cependant avoir confiance dans le fait que Hachem, dans Son immense miséricorde, a créé le remède avant le mal, et a déjà préparé son salut, qui, pour l'heure, demeure néanmoins dissimulé de son regard.
C'est grâce à cette émouna qu'il méritera qu'Hachem lui décille les yeux afin qu'il trouve les eaux vives et abondantes de la délivrance.

-> Le Divré Chmouël (Vayigach) écrit :
Le meilleur moyen, pour un homme, d'être délivré de toutes les sources d'inquiétude qui le tourmentent, consiste ... à attendre sereinement l'heure propice qu'Hachem a choisie pour le délivrer, fermement convaincu que le Ciel a déjà préparé cette délivrance et que celle-ci surviendra en temps voulu.
De la sorte, il la méritera pleinement avec tous ses bienfaits.

[ainsi en conservant notre sérénité en ayant foi que notre salut est déjà prêt (grâce à Hachem), par cela nous méritons d'obtenir le meilleur. ]

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-> "Les épreuves adoucissent les fautes de l'homme (les fautes suscitant la rigueur)" [guémara Béra'hot 5a]
Le Ohr ha'Haïm ('Houkat) explique que ce sont précisément les épreuves et les difficultés qui adoucissent les rigueurs (dinim) [d'Hachem] et qui font disparaître le mal qui plane au-dessus de la tête d'une personne.

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-> Le rav Elimélé'h Biderman nous enseigne :
Notre Père Céleste est bon et veut notre bien, et même si cela n'est pas encore perceptible par le regard humain, tout sera amené très bientôt à changer et à se révéler être l'objet de la bonté et de la miséricorde Divine.
L'homme doit également être persuadé que lorsqu'il place sa confiance en D. et qu'il se repose entièrement sur Lui, il adoucit de la sorte la rigueur qui pèse sur lui et l'attribut de bonté peut se révéler au grand jour.

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-> Rabbénou Yona (Michlé 3,26) développe la notion de bita'hon (confiance en D.) :
c'est ressentir que tout est entre les mains du Ciel, qu'il est du pouvoir Divin de modifier l'ordre naturel des choses, de changer le mazal, que rien ne peut arrêter Sa délivrance, grande ou petite, et ainsi que lorsque des épreuves s'annoncent, le salut est proche, car Il peut tout, et rien ne résiste à Sa volonté.
On se reposera donc sur Lui lors de chaque moment d'épreuve et d'obscurité, convaincu qu'Il est en mesure de nous sauver en un clin d'oeil ...
Il est écrit : "Reposez votre confiance sur Hachem en tout temps" (Téhilim 62, 9), "en tout temps" signifiant même lorsqu'une épreuve s'annonce et que l'homme ignore le moyen d'y échapper".

+ Nombre de personnes considérées comme ayant réussi ne sont pas heureuses.
L’inverse est aussi vrai : des gens que l’on considère comme ayant échoué sont pourtant très heureux.
Cela dépend du contentement de sa part. Le Bonheur n’est pas objectif, en fonction de ce que l’on a, mais subjectif à travers la perception de ce dont on dispose.
Celui qui n’est pas satisfait de ce qu’il a ne sera pas davantage heureux avec plus.
En fait, la guémara (Nédarim 41a) définit la pauvreté comme le manque de discernement : "én ani élla bédéa" (אין עני אלא בדעה).
Le mot "saméa'h" (joyeux) est quant à lui une contraction de "sam moa'h" (focalise tes pensées - שׂם מח [litt. mets ton cerveau]), car ton Bonheur est tributaire de l’orientation de ton état d’esprit.
[ le mot : "bésim'ha" (dans la joie - בשמחה) possède les mêmes lettres que : "ma'hchava" (la pensée - מחשבה).]

Le mot "madoua" (pourquoi - מַדוּעַ) est une contraction de "ma déa" (quel est ton avis? - מַה דֵעָה) : cela signifie que lorsque quelque chose arrive, on doit se demander ce que l’on peut en apprendre. Par exemple, être plus vigilant la prochaine fois, approfondir ses connaissances dans tel domaine, ...
De même, le mot "lama" (pourquoi - לָמָה), vocalisé différemment, peut être lu "léma" (dans quel but - לְמַה). C'est-à-dire: quelle est la finalité de ce qui se produit? Comment puis-je grandir de cela?
=> On doit réaliser que les problèmes sont des opportunités. Sachons exploiter une difficulté existentielle et la voir comme une opportunité, lui donner tout son sens.
[rav Yéhochoua Alt]

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-> b'h, également sur la notion que les épreuves sont là pour nous faire grandir : https://todahm.com/2020/12/27/29737

+ Celui qui croit en Hachem ne s’inquiète pas, comme il est dit : "amaamin lo ya'hich" (le croyant ne s’inquiétera pas - Yéchayahou 28,16).
[le sens simple du verset est : "que le croyant ne s'appuie pas dessus']

En fait, en hébreu le mot "déaga" (inquiétude - דאגה), contient les 5 premières lettres de l'alphabet alef-bet excluant le bet (ב). Cette lettre renvoie au "bita'hon" (la confiance - בטחון), puisque celui qui s’inquiète manque de confiance en Hachem.
C’est exactement comme l’écrit le 'Hovot haLévavot (chaar habita'hon chap.1) : L’essence du bita’hon est la quiétude, la tranquillité et sérénité d’esprit (ménou'hat hanéfech ).

Les mots "ma yiyé" (que se passera-t-il (dans le futur) - מה יהיה), ont la même guématria que "lama" (pourquoi - למה = notion de quelque chose qui s’est-il produit dans le passé).
Ces 2 éléments évoquent un manque de confiance en Hachem. Quelle est le remède?
Le bita'hon (בטחון), la totale confiance en Hachem. Une allusion est que la valeur numérique de ce mot (בטחון) est de 75, tout comme "ma yiyé" et "lama".

Dans la Havdala, nous disons le verset : "iné El yéchouati évta'h vélo éf'had" (en Hachem est mon salut ; j’aurai confiance et je n’aurai pas peur - הִנֵּה אֵל יְשׁוּעָתִי אֶבְטַח וְלֹא אֶפְחָד - Yéchayahou 12,2).
Si nous ajoutons la guématria de "évta'h" (j'ai confiance - אבטח soit 20) à celle du mot " 'hokhma" (חכמה soit : 73 = sagesse = visant quelqu’un qui met en avant sa propre sagesse devant la Volonté d’Hachem, faisant ses propres calculs quant à ce qu’elle pense être le meilleur), nous obtenons 93.
93 est la guématria de "éf'had" (j'aurai peur - אפחד) = c'est-à-dire que lorsque l’on injecte sa propre sagesse (lorsque l'on a confiance en sa 'hokhma), alors tout ce que l’on obtient est la "peur" (אפחד), faute d’avoir eu une totale confiance en Hachem.
L’inverse est aussi vrai : Si à mes yeux Hachem est mon seul et unique salut ( El yéchouati - אל ישועתי), alors il en résulte que : "j'aurai confiance et je n’aurai pas peur" (évta'h vélo éf'had - אֶבְטַח וְלֹא אֶפְחָד) = cette totale confiance neutralisera et préviendra toute crainte.

Pourquoi commençons-nous la Havdala par ces mots?
Parce qu’après un Shabbat sans souci, nous entrons dans la semaine profane, retour au quotidien potentiellement anxiogène et qui porte avec lui son lot d’inquiétude. Par conséquent, ces mots sont parfaitement appropriés à ce stade.
[rav Yéhochoua Alt]

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-> Le Dérékh piKoudékha (lo taasé 34, ‘helek hadibour 4) écrit qu’une ramification de l’interdit de verser le sang est le fait pour une personne de s’affliger et de s’inquiéter quand ce n’est pas une mitsva (comme le fait de partager la peine d’autrui), car ainsi elle s’affaiblit physiquement.

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-> b'h, voir également : https://todahm.com/2022/08/07/36490

"Il y aura toujours des gens pour critiquer le comportement des autres, peu importe à quel point ils sont ou font de grandes et belles choses.
Lorsqu'une personne a conscience de cela, il lui sera alors plus facile d'accepter les critiques d'autrui, puisque provenant d'un avis personnel (pouvant être erroné) ou d'une tendance à la critique.
Lorsque l'on critique notre comportement, cela ne prouve pas nécessairement que nous sommes dans l'erreur."
[le Zéra Kodech - rav Naftali Tzvi Horowitz]

[ainsi de la même façon qu'il faut savoir être ouvert au regard d'autrui pour évoluer positivement, de même nous devons savoir en faire totalement abstraction lorsque cela nous impact uniquement négativement.
Notre valorisation de soi, notre humeur, ... ne doivent pas dépendre principalement d'autrui, mais plutôt de notre appréciation personnelle de notre intériorité, de la vie. ]

"Tout celui qui s'efforce dans l'étude de la Torah, les influences néfastes des astres se retirent de lui"
[Zohar 'Houkat III,216b]

-> Le rav Elimélé'h Biderman commente :
cela signifie que grâce à Elle (l'étude de la Torah), le mauvais Mazal d'un homme disparaît et se transforme en bon Mazal et en bénédiction.
Tout cela étant le mérite de l'effort dans l'étude.

Toujours avoir confiance en l’énorme pouvoir de nos prières

+ Toujours avoir confiance en l'énorme pouvoir de nos prières :

-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
Un homme ne doit jamais désespérer de la miséricorde Divine, même s’il lui semble que tout espoir est perdu, car il est certain que la prière possède la force d’annuler les décrets et de modifier
le cours naturel des choses.
Un verset dit : "Les eaux ont monté par-dessus ma tête et j’ai dit : ‘je suis perdu’. Mais j’ai invoqué Ton Nom des profondeurs de la fosse" (Eikha 3,54-55).
Et Rachi d’expliquer : ‘Lorsqu’un homme est dans l’eau jusqu’aux hanches, l’espoir est encore présent, mais lorsque les eaux recouvrent sa tête, il se dit que tout espoir est perdu, mais moi, je n’agis pas ainsi et j’ai invoqué Ton Nom, Hachem’.

Cela pour nous enseigner que même dans une telle situation où un homme semble se noyer, où les eaux recouvrent même sa tête, sans lui laisser entrevoir une quelconque possibilité naturelle de salut, il ne devra pas renoncer. Mais il appellera Hachem de toutes ses forces et Lui, le délivrera.

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-> Le monde t'appartient-il pour que tu puisses en désespérer? En es-tu propriétaire?
Le monde appartient à Hachem, et nous, êtres humains, ne pouvons pas être désespérés.
Tu dois prier et Hachem t'aidera!
['Hazon Ich - au rav Galinski]

-> "Israël espérera en D., car avec D. est la bonté, et nombreuses sont pour Lui, [les possibilités] de sauver" (Téhilim 130,7).

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-> Nous disons : "bit'hou b'Hachem adé ad" (Ayez confiance en Hachem à jamais - Yéchayahou 26,4), c'est-à-dire jusqu'au dernier moment véritablement, car même alors, la délivrance peut arriver.
[rabbi Yaakov Yossef d'Ostraa]

-> De même nos Sages nous affirment : "Même si une épée tranchante est posée en travers de sa gorge, on ne doit pas se retenir de prier" [car Hachem a toujours un moyen pour nous sauver!]
[guémara Béra’hot 10a]

Le rav de Brisk explique que cette affirmation s'applique à quelqu'un qui est accusé d'un crime capital.
L'accusé peut penser qu'il y a toujours espoir uniquement tant que le verdict final n'est pas rendu, mais qu'une fois que le juge l'a condamné, alors c'est terminé.
Nos Sages nous disent que même après qu'un verdict de peine de mort a été émis, et que l'exécuteur a une épée sur le cou de cet homme condamné, il n'est toujours pas trop tard pour que Hachem le sauve.
Hachem peut toujours aider.

[à combien plus forte raison pour nous qui ne sommes pas dans une situation si extrême, nous devons toujours garder confiance en l'aide de D.!]

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-> b'h, voir également : Hachem accepte les prières de tout le monde : https://todahm.com/2021/04/25/hachem-accepte-les-prieres-de-tout-le-monde

Par nos mauvaises pensées nous trompons notre femme spirituelle

+ Par nos mauvaises pensées nous trompons notre femme spirituelle :

" S’il est venu seul, seul il sortira; s’il était marié, sa femme sortira avec lui" (Michpatim 21,3)
[la Torah parle ici du juif qui s’est vendu comme esclave pour 6 ans ]

-> De son côté, le Ben Ich 'Haï nous enseigne :
En plus du pshat (le sens littéral) du verset, on peut comprendre une allusion faite grâce à une histoire que voici :
C’est un homme qui va vient devant un grand Tsadik et le Tsadik lui demande : "combien de femmes as-tu?", il lui répond : "une seule". Le Tsadik lui dit qu’il ment, et l’homme de répondre qu’il n’a qu’a envoyer son Shamash (serviteur) pour aller vérifier chez lui. Ce à quoi le Tsadik répond : "tu caches tes autres femmes dans des pièces secrètes", l’homme lui répond encore d’aller vérifier chez lui qu’il n’y a pas de pièces secrètes et qu’il n’a cas envoyer son Shamash vérifier. Et le Tsadik de répondre : "le Shamash ne peut pas entrer dans tes pièces secrètes pour vérifier". L’homme s’exclame : « comment le Tsadik peut-il affirmer cela, je n’ai ni autre femme ni pièces cachées...".
Alors le Tsadik s’explique en disant : "sache que je vois que tu es un homme avec de mauvaises pensées, tu désires et tu penses à d’autres femmes, jour et nuit. Ton cerveau et ton cœur sont les pièces cachées ou tu caches ces autres femmes auxquelles tu penses ..."

Revenons à notre verset, l’homme qui est pure de mauvaises pensées est appelé "baal icha" (בַּעַל אִשָּׁה) = l’homme marié ou littéralement le mari d’une seule femme, car il n’en possède qu’une et n’en cache en son cœur ou sa tête aucune autre.
D’ailleurs, la Torah est appelé aussi "la femme" de l’homme, et si la femme physique n’est pas en permanence présente avec son mari, la Torah elle l’est tout le temps, de jour comme de nuit. Comme il est dit : "Ce livre de la Torah ne doit pas quitter ta bouche, tu le méditeras jour et nuit" (Yéhochoua 1,8).
La Torah est aussi appelé "Une", comme il est dit : "Une seule loi et un seul droit seront pour vous" (Torah a'had oumichpat é'had yiyé la'hem - Chéla'h Lé'ha 15,16).

=> Il en ressort que la Torah est appelée, "femme" et "une".
C’est l’allusion de notre verset, celui qui ne protège pas ses pensées et se laisse aller à regarder, envier et penser à d’autre femmes, trahis sa femme physique d’une part, mais aussi se sépare de sa femme spirituelle qui est la Torah.
Tandis que celui qui sait se protéger de ces mauvaises pensées, est unie avec cette femme spirituelle qui l’accompagnera dans le monde à Venir (Olam aba) lorsqu’il quittera ce monde, comme le dit le verset ci-dessus : "sa femme sortira avec lui" (véyatsa ichto imo).

L’erreur de Kora’h = la non appréciation de la valeur de chaque juif

+ L'erreur de Kora'h = la non appréciation de la valeur de chaque juif :

"Et il ne sera pas comme Kora'h et son assemblée" (Kora'h 17,5)

=> La Torah nous demande de ne pas suivre l'exemple de Kora'h. Mais quelle est la racine de son erreur qui la pousser à causer une telle discorde?

-> Hachem a créé un monde dans lequel il ne manque rien et qui est rempli d'êtres prodigieux. Chacun a un rôle particulier et exclusif à remplir dans ce monde et doit servir Hachem avec ses moyens et à son niveau et, grâce à cela, accomplir la mission pour laquelle il a été envoyé ici-bas.
L'homme le plus simple qui assume cette mission avec dévouement a la même valeur aux yeux d'Hachem qu'un homme important qui remplit son rôle à un poste élevé.

Rabbi David de Lalov explique d'après cela que si Kora'h avait pris conscience qu'en servant Hachem dans les tâches les plus subalternes, il était considéré par Hachem de la même manière que le Cohen Gadol qui entre dans le Saint des Saints, il n'aurait jamais entamé cette dispute.
L'unique raison qui le poussa à cette folie fut qu'il s'imaginât à tort qu'il existait une quelconque différence entre le service des personnes de haut rang et celui des simples juifs.

-> L'homme qui occupe un rang élevé n'a aucune raison de s'enorgueillir de sa situation, et cela pour plusieurs raisons : premièrement, qui dit qu'il procure plus de plaisir au Créateur du monde qu'un simple juif?
Le rav Tsvi Hirsch de Ziditchov explique qu'il est écrit : "Votre Trouma sera considérée à vos yeux comme la récolte de la grange et comme le produit du vignoble. » (Kora'h 18,27).
Bien que la Trouma (prélèvement sanctifié à D.) soit la partie consacrée de la récolte, elle ne tire de cette position aucune prétention particulière face au reste des fruits demeurés profanes. Elle sait que la sainteté dont elle est empreinte n'est due à aucune filiation ni qualité intrinsèque.
Il en est de même pour nous : "Votre Trouma sera considérée à vos yeux", l'homme qui occupe un rang élevé, dans la Torah ou dans son travail, doit être à ses propres yeux comme cette Trouma que la Torah met au même niveau que "la récolte de la grange et le produit du vignoble".
Car elle-même n'a été dénommée Trouma que parce qu'Hachem en a décidé ainsi et non pas grâce à un quelconque mérite personnel.

-> Le rav Elimélé'h Biderman écrit : Hachem ne retire aucune satisfaction de quelqu'un qui cherche à atteindre des niveaux qui ne correspondent en rien au rôle qui est le sien ici-bas.
[Hachem attend de nous que nous agissions chacun du mieux de nos capacités, Hachem désire que nous remplissons notre mission unique pour laquelle nous avons été envoyée dans ce monde. Chacun a les outils et les potentialités qui lui sont nécessaires, et devra rendre des comptes en conséquent. Plutôt que de sans cesse voir chez autrui, on doit se comparer à soi-même et à ce qu'on pourrait être et faire de notre vie. ]

-> Rabbi Bounim de Pshis'ha rapporte que Kora'h aspirait à prier dans le Saint des Saints comme le Cohen Gadol.
Il n’avait pas compris que l'on pouvait prier exactement de la même manière en tout endroit.
(Certes, les lieux saints conservent toute leur valeur. Cependant, une personne qui est dans l'impossibilité de quitter l'endroit où elle se trouve doit savoir qu'elle peut prier avec la même force de là où elle est).

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-> Le Arougat Habossem explique la formule qu'employa Avraham lorsqu'il fit prêter serment à son serviteur Eliézer : "Je te fais jurer par Hachem le D. du Ciel et le D. de la terre" ('Hayé Sarah 24,3) en commentant au préalable le verset : "Mes yeux sont dirigés vers les fidèles de la terre pour qu'ils siègent auprès de Moi" Téhilim (101,6).
Pourquoi emploie-t-on ici l’expression "fidèles de la terre" et non point "fidèles de l'esprit"?

La guémara (Roch Hachana 11a) rapporte que Rabbi Yéhochoua Ben Lévi enseigne : "Tous les êtres furent créés au moment de la Création selon leur taille définitive, avec leur connaissance et selon leur nature propre".
Rachi explique le terme de ''connaissance'' dans le sens de consentement : Hachem demanda à chaque créature si elle consentait à être créée de cette manière et toutes répondirent par l'affirmative".
Cela concerna même la terre. Elle ne s'opposa pas en disant : "Maître du monde, pourquoi les cieux et tout leur cortège sont-ils proches de leur Créateur et dois-je, moi, être forcée de demeurer une créature matérielle formé de matière grossière".
Elle accepta au contraire la décision d'Hachem de bon coeur en disant : "Si telle est la volonté du Créateur, je l'accomplirai de plein gré". Cela apparaît d'ailleurs en allusion dans le terme הארץ (la terre) qui contient les lettres רצ racine du verbe vouloir.
Elle fut ainsi dénommée, affirme le midrach (Béréchit rabba 517) "car elle voulut accomplir la Volonté Divine".

Le Arougat Habossem explique que la soumission de la terre au plan Divin est pour nous une leçon. Un homme ne doit pas énoncer de plaintes telles que : "Pourquoi contrairement aux autres suis-je incapable de m'assoir étudier et de servir Hachem de cette manière? Pourquoi n'ai-je pas été doté d'un esprit vif et aiguisé? Si j'avais été ainsi créé, j'aurais pu mieux servir Hachem".
Car si le Créateur de tous les mondes a prévu de le créer avec cette nature, il est certain qu'il ne peut parvenir à se réaliser entièrement que grâce à celle-ci.
Il n'y a à cela qu'une seule condition : s'en remettre avec confiance à la volonté d'Hachem.
=> C'est pourquoi le verset des Téhilim dit : "Mes yeux sont dirigés vers les fidèles de la terre". Car le Créateur chérit particulièrement ceux qui se conduisent avec intégrité, à l'instar de la terre, en soumettant leur volonté à la Sienne. Ils sont satisfaits de la manière dont ils ont été créés pour remplir leur rôle dans ce monde.

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-> A partir de cela, poursuit le Arougat Habossem, on peut comprendre l'épisode de Avraham et d'Eliézer : lorsque Avraham envoya son serviteur afin qu'il trouve une épouse pour son fils Its'hak, Eliézer lui dit : "Peut-être ne viendra-telle pas?" (oulaï lo télé'h - אֻלַי לא תלך - 'Hayé Sarah 24, 39).
Nos Sages (midrach Béréchit rabba 59,9) nous enseignent que le mot "oulaï" (אֻלַי - peut-être) est écrit sans vav et peut être lu "élaï" (אֵלַי - vers moi). Il vient évoquer qu’Eliézer avait une fille qu'il désirait marier à Its'hak.
Mais Avraham lui répondit que son fils était d'une descendance bénie alors qu’Eliézer était d'une descendance maudite. Toutefois, Eliézer, même après ce refus, lui demeura entièrement fidèle, comme il l'avait toujours été.

C'est à propos d'une telle attitude qu'Avraham lui dit : "Je te fais jurer par Hachem le D. du Ciel et le D. de la terre". Car Eliézer mérita alors de comprendre que ceux qui servent Hachem au simple niveau du ''D. de la terre'' (qui est celui de la descendance de Canaan dont il est issu) ont autant de valeur aux yeux d'Hachem que ceux qui le servent au niveau élevé de "D. du Ciel'' (qui est celui d'Avraham issu d'une descendance bénie).
Eliézer apprit cet enseignement de la terre qui accepta de bon gré de remplir sa mission afin de satisfaire la volonté Divine malgré le rôle purement matériel qui lui fut imparti.
Il est d'ailleurs notable de constater que lorsqu'Eliézer fut en route pour accomplir sa mission, nos Sages nous enseignent que la terre ''sauta à sa rencontre'' (et lui raccourcit ainsi le trajet). Car Eliézer se para alors de la même vertu que cette dernière : accomplir avant tout la Volonté Divine.

Il est écrit au sujet de Kora'h : "La terre ouvrit sa bouche" (Kora'h 16,32).
Il ne comprit pas que celui qui sert Hachem à son niveau est considéré au même titre que le Cohen Gadol dans le Saint des Saints. Il s'entêta à vouloir lui-même être le Cohen Gadol.
C'est pourquoi c'est la terre elle-même qui s'ouvrit pour l'avaler afin de lui montrer son erreur : il n'y a pas de rôle supérieur à un autre pour Hachem.

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-> La guémara (Pessa'him 50a) rapporte que Rav Yossef, le fils de Rabbi Yéhochoua Ben Lévi, tomba gravement malade au point que son âme quitta son corps. Lorsqu'il reprit vie, son père lui demanda : "Qu'as-tu vu (dans l'au-delà)?
- J'ai vu un monde à l'envers, lui répondit-il, ceux qui sont en haut (ici bas), en bas, et ceux qui sont en bas, en haut.
- Mon fils, tu as vu un monde de clarté".

=> A priori, cette guémara suscite une interrogation : est-ce que Rav Yossef pensait vraiment que les gens ''de la haute société'' dans ce monde occupent également un rang élevé dans le monde d'En-haut grâce à leur richesse? Ignorait-il qui sont véritablement les grands hommes de ce monde ?
Dans ces conditions, comment put-il dire ''j'ai vu un monde à l'envers'', ce qui laisse à penser que tant qu'il était vivant, il s'était trompé?

Le Mabit (dans l'introduction à son ouvrage Beit Elokim) explique qu'il est certain que Rav Yossef ne pensait nullement aux gens d'un niveau élevé du point de vue matériel.
C'est aux personnes de haute stature spirituelle qu'il pensait en parlant de "ceux qui sont en haut".
Néanmoins, en quittant quelques instants la vie terrestre, il vit que certains d'entre eux considérés comme inférieurs à d'autres leur étaient en vérité supérieurs.

Prenons l’exemple d’un homme qui étudie 10 heures par jour alors que son ami n'étudie que 5 heures.
Dans ce monde, on donnera la préséance et les honneurs au premier parce qu'il étudie le double du deuxième. Mais, dans le monde de Vérité, on réalisera que "ceux qui étaient en haut sont en bas et ceux qui étaient en bas sont en haut".
C'est pourquoi lorsqu'il revint dans ce monde, Rav Yossef s'écria : "j'ai vu un monde à l'envers" car cela lui semblait illégitime.
"Mon fils, tu as vu un monde de clarté", lui répondit son père, car celui que tu as vu étudier dix heures était capable en fait d'en étudier douze, suivant son niveau. Il n'avait donc pas exploité entièrement toutes ses capacités dans ce monde.
En revanche, le 2e était réellement dans l'incapacité d'étudier plus que 5 heures par jour, du fait de ses possibilités intellectuelles plus réduites ou parce qu'il était affairé pour pourvoir aux besoins matériels de sa famille.
Dès lors, il est tout à fait légitime qu'il soit considéré comme plus grand que son ami, car il a rempli entièrement le rôle qui lui était imparti. En revanche, ce dernier, bien qu'ayant étudié beaucoup plus d'heures que lui, aurait pu étudier davantage d’après ses capacités.
Car Hachem ne se comporte pas de manière impartiale envers Ses créatures mais il considère les actes de chacun avec exactitude en fonction de ses réelles capacités.

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-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav MéEliahou) illustre ce qui précède par une parabole.
Un roi possédait de nombreux sujets et serviteurs. Chacun avait pour rôle de louer le roi. Imaginons que le premier d'entre eux entre chez ce dernier de bon matin la bouche remplie d'hommages envers le souverain en louant sa bonté immense, lui qui se préoccupe constamment du bien-être de ses sujets ...
Le 2e serviteur entre après lui et loue à son tour la bonté immense du roi qui se préoccupe constamment du bien-être de ses sujets. Puis entre le 3e serviteur qui répète les mêmes compliments que ses prédécesseurs et ainsi de suite pour le 4e, le 5e, ...
Il est clair pour tout le monde que cette procession ne constitue nullement un hommage pour le roi et que celui-ci ne retire aucun plaisir de ce cérémonial idiot.
L'honneur du roi ne s'exprimera que dans la mesure où chacun le louera par une qualité différente, l'un témoignera de sa sagesse, le 2e de sa puissance, ...
Hachem a créé un tel monde rempli d'une multitude infinie de créatures dans un but unique : afin que Son Grand Nom soit glorifié et sanctifié, comme il est dit : "Toutes les actions d'Hachem sont pour Sa Gloire" (Michlé 16,4).
Et si chacun a été créé avec un caractère différent, c'est précisément afin qu'il satisfasse son Créateur selon ses qualités personnelles et c'est de cette manière que le Nom d'Hachem est glorifié.
C'est d'ailleurs dans ce sens que certains ont expliqué la Michna (Pirké Avot 1,15) : ''si je ne suis pas pour moi-même qui sera pour moi'' (im en ani mi li) = car si je ne suis pas pour moi-même qui d'autre que moi peut remplir mon rôle et la mission qui m'a été confiée puisque chacun a été créé différemment des autres pour apporter sa part dans la glorification du Nom divin?

[commencer à vouloir être quelqu'un d'autre, à vouloir avoir d'autres outils, objectifs dans la vie, c'est d'une certaine façon ne pas accepter le rôle unique que Hachem nous a accorder (il nous connaît infiniment mieux que nous!). Plutôt que d'agir, on va passer son temps à se dire : si seulement j'avais, si seulement j'étais comme tel personne, avec telle ressources, ... alors là je donnerai mon potentiel, je serai heureux ..." C'est le yétser ara développe cette attitude pour que nous passions à côté de notre vie.
Mais aux yeux d'Hachem, si je fais 100% de ce que j'ai à faire, alors je suis équivalent au Cohen Gadol, au Gadol hador, qui fait 100% de ce qu'il a à faire. ]

La valeur de celui qui étudie la Torah

+ La valeur de celui qui étudie la Torah :

-> Rachi (Chéla'h Lé'ha 13,3) explique : "Tous ceux qui sont (appelés) ''hommes'' dans la Torah sont des gens de valeur, car à ce moment, ils (les explorateurs) étaient méritants".

-> Le rav Elimélé'h Biderman commente :
Certains lisent ces paroles de Rachi sous une forme allusive : "Tous ceux qui sont des hommes dans la Torah, sont des gens de valeur", signifiant ainsi que chaque juif qui s'adonne à l'étude de la Torah a une immense valeur, "car à ce moment, ils sont méritants" = au moment où un juif étudie la Torah, il est méritant et important aux yeux de D.

-> Une discussion oppose les décisionnaires pour savoir si les non-juifs ont le droit d'étudier la Torah. Nombreux sont ceux qui pensent qu'ils sont autorisés à étudier la Torah Ecrite (cf. le Chilté Haguiborim sur le Rif au début du traité Avoda Zara) et seule l'étude de la Torah Orale leur est défendue.
Certains en expliquent la version en disant que la Torah écrite a été relue sur le Mont Eval et sur le Mont Guérizim et traduite alors en 70 langues à l'intention des nations du monde. En revanche, la Torah Orale ne fut transmise qu'aux Bné Israël et leur est exclusivement réservée.
D'après cela, certains expliquent pourquoi chaque traité du Talmud est appelé ''Massékhet'' qui s'apparente au terme hébraïque "Massakh" (un écran). Car c'est lui qui sépare Israël des nations.
=> Cela vient ainsi nous enseigner que le moyen le plus sûr à notre disposition pour nous séparer de toutes les impuretés des nations est d'étudier la guémara, car grâce à elle nous créons un écran entre ce qui est saint et l'impureté.

-> La guémara (Avoda Zara 24b) rapporte que lorsque l'on chargea l'Arche Sainte sur une charrette tirée par 2 génisses (au temps du Prophète Chmouël), un miracle se produisit et elles se mirent à chanter un cantique.
=> Cela pour évoquer que même celui qui se trouve au niveau le plus bas, et qui à l'instar de ces génisses ne possède ni Torah ni bonnes actions, peut toutefois en acceptant le joug de l'étude (évoqué par l'Arche Sainte portée par ces 2 bêtes), parvenir à s'élever jusqu'au niveau de pouvoir chanter des louanges inédites en l'honneur d'Hachem.

-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne également :
La Torah fait également mériter aux Bné Israël que, du Ciel, on se comporte envers eux avec miséricorde et bienveillance.
C'est ainsi que le Or ha'Haïm haKadoch, à la fin de la paracha Chéla'h Lé'ha, explique que la Torah nous ordonne de suspendre dans les Tsitsit un fil de Tékhélet (d'azur) teint avec le sang d'un mollusque qui provient de la mer, ''afin de susciter la miséricorde Divine qui émane de la Torah comparée à la Mer''.

"Chaque évènement qu’un homme vit n’arrive pas par hasard, mais c’est Hachem qui lui parle à travers celui-ci et désire lui suggérer quelque chose le concernant"
[Baal Chem Tov]