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La savlanout

+ La savlanout :

"Il vit un lieu de repos, qu'il était bon, et la terre, qu'elle était agréable, et il courba (lisbol - לִסְבֹּל) son épaule pour porter des fardeaux" (Vayé'hi 49,15)

-> Le verset semble dire qu'il avait une vie agréable et bonne, mais il dit ensuite qu'il a plié son épaule pour travailler dur. Si la vie est si agréable, pourquoi voudrait-on travailler dur?

Le rav Bounim de Peshischa répond que le mot "sovel" (supporter) indique la "savlanout" (patience ou tolérance). Ainsi, le verset nous enseigne que le meilleur moyen d'avoir une vie agréable est de faire preuve de patience et de tolérance.

Si une personne est impatiente ou intolérante, elle ne pourra pas vivre en paix. Même si tout est bon pour lui, il ne pourra pas en profiter. Mais si quelqu'un est patient et tolérant, il se sentira toujours en paix et pourra vraiment profiter de la vie.

Ainsi, le verset dit que celui qui a de la savlanout trouvera que la vie est bonne et agréable.

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-> Le rav Shloimke de Zhvil se rendait très souvent au mikvé. Lorsqu'on lui demandait des conseils sur des questions compliquées, il répondait qu'il devait acquérir de la "daat elyon" (la hauteur d'esprit).
Son intention était qu'il devait d'abord aller au mikvé et qu'ensuite il serait capable de penser à une réponse.
Un jour, alors qu'il se rendait au mikvé, un homme effronté lui courut après et commença à lui crier des insultes. Le rabbi s'arrêta et écouta tranquillement toutes les insultes, sans répondre à un mot. Une fois que l'homme eut fini de lui faire honte et qu'il se fut éloigné, le rabbi rentra chez lui.
Les membres de sa famille lui demandèrent pourquoi il n'était pas allé au mikvé, comme il l'avait prévu, et il répondit : "Aller au mikvé est très bénéfique, mais recevoir des bizyonot (humiliation) l'est encore plus. Puisque j'ai souffert de tant de honte, je n'ai pas besoin d'aller au mikvé!"

[ ainsi, ne pas répondre sur le coup à une situation humiliante, est très efficace pour se nettoyer de nos impuretés spirituelles (faire la même chose après notre mort est beaucoup plus douloureux et long), et selon nos Sages c'est un moment très propice pour que notre prière soit exaucée. ]

La prière est l’arme contre le yétser ara

+++ La prière est l'arme contre le yétser ara :

"Et moi, je t’ai donné Chékhem, une portion supérieure à celle de tes frères, que j’ai conquise des mains des Emoréens par mon épée et mon arc" (Vayé'hi 48,22)

-> Onkelos interprète ainsi les derniers mots du verset : "Par ma prière (Tséloti) et mes supplications (Baoti)".

-> La guémara (Baba Batra 123a) pose la même question : "L'a-t-il pris avec son épée et son arc? Le verset dit déjà : "Je n'ai pas confiance en mon arc, et mon épée ne me sauvera pas" (Téhilim 44,7), au lieu de cela, חרבי est la prière ('harbi - épée), et קשתי est la supplication (kachti - arc)."

-> Le Bina Lé'itim (drouch 62) demande : Comment la prière est-elle comparée à l'épée et à l'arc?
Certes, lorsque l'on prie, on est considéré comme un temps de guerre, mais pourquoi ces deux armes en particulier, l'épée et l'arc?

Il répond que le yétser ara se bat sur deux fronts, comme l'écrit la guémara (Baba Batra 16a) : "le yétser ara descend dans ce monde et induit une personne en erreur pour qu'elle commette une faute, puis monte au Ciel, lance des accusations contre ce même fauteur et enflamme la colère d'Hachem contre lui."

Ainsi, le yétser ara nous combat sur deux fronts ; il se bat lorsqu'il est près de nous et lorsqu'il est loin de nous. Ici, il s'approche de nous, et en se battant face à face, il cherche à nous piéger dans les pièges de la faute par ses incitations.
Puis il monte très haut, au Kissé Hakavod (Trône de Gloire), au Beit Din supérieur, où il mène une autre guerre contre nous, nous accusant d'avoir fauté, excitant les dinim (jugements, rigueur) à nous punir.

Et nous ripostons par la prière. Si une personne fait correctement sa prière, elle mérite d'être sauvée de ces deux guerres, et c'est pourquoi nos Sages (Yébamot 105a) nous dit à propos de la prière : "Lorsque l'on prie, on doit avoir les yeux tournés vers le bas et le coeur dirigé vers le haut" = on doit regarder vers le bas et percevoir sa propre bassesse, et notre cœur doit être élevé pour reconnaître la grandeur d'Hachem.
Ces deux traits de caractère protègent du yétser ara : le fait de percevoir sa bassesse empêche une personne de fauter, et elle peut alors vaincre le yétser ara en s'élevant.

Nous pouvons maintenant comprendre les deux noms donnés à la tefillah : "épée" et "arc".
L'épée combat face à face, tandis que l'arc combat l'ennemi de loin. Et les deux sont vrais en ce qui concerne la prière, car elle combat comme une épée le yétser ara qui nous affronte face à face, nous incitant à la faute ; et comme un arc contre le yétser ara en haut, dans les hauteurs.
Le pouvoir de la prière s'oppose au yétser ara dans ce monde et dans l'autre.

C'est la raison pour laquelle Yaakov a précédé "l'épée" par "l'arc". Bien qu'en temps de guerre, on utilise d'abord l'arc de loin pour atténuer la résistance de l'ennemi, et ce n'est que lorsqu'ils se rapprochent et se retrouvent face à face qu'ils se battent avec l'épée.
Mais Yaakov voulait nous faire comprendre qu'il ne parlait pas littéralement de "l'épée" et de "l'arc", mais d'une bataille contre le yétser ara avec la prière, et dans cette bataille, "l'épée", qui se rapporte à la bataille contre le yétser ara dans ce monde, précède "l'arc", qui combat le yétser ara dans le monde supérieur.

Yéhouda & Hachem est toujours en toi

+ Yéhouda & Hachem est toujours en toi :

"Un lion rugissant est Yéhouda ... Il se couche, se reposa comme un lion, et comme un lion, qui le réveillera?" (Vayé'hi 49,9)

-> Le Sfat Emet (5651) cite le 'Hidouché haRim qui expliquent la comparaison de Yéhouda avec un lion couché et au repos en disant que la force de Yéhouda était si grande que même lorsqu’il se reposait, il était capable de se relever avec la force d’un lion.
On le voit dans l’histoire de Tamar où il a surmonté l’embarras et admis la vérité, et c’est ce que l’on verra lorsque machia’h, le descendant de Yéhouda, arrivera.

Il ajoute que les lettres du nom de Yéhouda (יהודה) épellent le saint nom d’Hachem, "Havaya" (יהוה), avec une lettre supplémentaire "dalét" (ד) qui représente le mot "dal", pauvre.
Cela indique que Hachem est avec chaque juif, même s’il est pauvre (spirituellement) et très bas (suite à ses fautes).

Il poursuit en disant que Yéhouda lui-même a agi comme un homme pauvre en s’abaissant et en admettant sa faute. Bien qu’il fût grand et puissant, il ne se souciait pas de son honneur car il savait que tous ses talents et capacités venaient de Hachem.
Sa récompense pour cela a été que le nom de Hachem sera toujours avec lui. Même lorsqu’il tombait (dans la faute), il était toujours avec Hachem.
[ainsi, Yéhouda a défini ce que nous sommes en tant que juif : nous avons Hachem qui reste avec nous, même si l'on est le plus pauvre spirituellement, même si on a pu faire les pires fautes. Un juif n'est jamais seul. Un juif a constamment Hachem qui attend pour l'aider à revenir vers Lui (on doit faire le premier pas).
Un juif (Yéhoudi), c'est יהודה soit le Nom Divin d'Hachem dans Sa miséricorde (יהוה) + le dalét (dal - pauvre - ד), allusion au fait que Hachem nous aime indépendamment de ce que nous sommes. Même si nous n'avons rien (ex: aucun actif (des mérites spirituels), que des dettes (des fautes), et bien Il reste toujours avec nous, avec toute Sa miséricorde, Son amour infini et inchangé pour nous, on sera toujours Son enfant adoré. ]

Le Sfat Emet ajoute encore que c’est le sens du midrach (Béréchit rabba 98,7) qui dit : "Il s’accroupit dans les moments où il n’a pas d’ennemis et il se repose dans les moments où il a des ennemis".
Il explique que même lorsque Yéhouda est fort et n’a pas d’adversaires, il reste bas et humble comme un lion au repos. Il est calme et modeste aussi bien dans les bons que dans les mauvais moments.
Enfin, il note que tous les juifs sont appelés "Yéhoudim". Nous portons tous le nom de Yehouda parce que nous avons tous sa qualité de s’abaisser (en humilité), et nous avons tous Hachem avec nous même dans les moments difficiles et gardons notre émouna en Lui.

La puissance de l’unité, comme le fait d’avoir Yaakov à nos côtés pour nous aider

+ La puissance de l'unité, comme le fait d'avoir Yaakov à nos côtés pour nous aider :

"Yaakov acheva de donner des ordres à ses fils, il ramena ses pieds dans le lit ; il expira et fut réuni à son peuple" (Vayé'hi 49,33)

-> Le rav Shmouel Shmaryahu d’Ostrovtze (séfer Zikhron Shmouel) explique que la Torah nous enseigne une leçon pour toutes les générations futures. Nos Sages nous disent que les parachiot allant de Chémot jusqu'à Michpatim (celles dites de "Chovavim") sont un moment (particulièrement propice) pour chaque juif de rectifier sa propre âme. Pendant la période où nous lisons les récits de la sortie d’Egypte, chaque juif est censé traverser son propre exode personnel en échappant aux forces impures qui nous assaillent. Nous sommes tous censés livrer bataille contre ces forces et en ressortir dans un état de pureté.

Avant de commencer cette bataille, Yaakov dit à ses fils comment vaincre les forces de l’impureté.
Il dit que l’objectif principal doit être de s’assurer qu’ils sont en paix les uns avec les autres et qu’ils forment une équipe unie (tous les juifs ont un même objectif final, un même papa). Il a été dit à chacun d’entre eux de voir le bien chez ses frères et d’adopter les traits positifs qu’ils voient chez les autres. De cette façon, ils pourraient tous se renforcer mutuellement et ainsi s’améliorer.

Lorsque les juifs se lient de cette manière dans ce monde, leurs âmes s’unissent également dans les mondes supérieurs, ce qui nous est d’un grand bénéfice à tous égards.

Le Zikhron Shmouel utilise ce concept pour expliquer le verset : "Je rassemblerai encore d’autres vers Lui, avec ceux qu’il a rassemblés" (Yéchayahou 56,8).
Cela signifie que lorsque les âmes se rassemblent et s’unissent dans ce monde, Hachem rassemble les âmes des tsadikim dans les mondes supérieurs, et elles apportent le salut aux gens de ce monde.
Cette idée se retrouve également dans le midrach, qui dit que Yaakov a dit à ses fils que s’ils suivent son conseil et restent unis, il sera toujours avec eux. Mais sinon, "je me reposerai avec mes pères" = je resterai dans le monde supérieur et ne viendrai pas à votre secours.

Ainsi, le verset dit que Yaakov a conclu "létsavot ét banav". Le mot "létsavot" signifie "tsavta", c’est-à-dire "s’unir". Yaakov disait à ses fils (et plus généralement à tous ses descendants) de s’unir et leur promettait que s'ils le faisaient, alors ils seraient toujours ses fils et qu'il serait toujours avec eux.

Le machia’h arrivera d’une manière soudaine

+ Le machia'h arrivera d'une manière soudaine :

+ Yaakov appela ses fils et dit : "Rassemblez-vous et je vous dirai ce qui vous arrivera (ét acher yikra) à la fin des temps" (Vayé'hi 49,1)

-> Le séfer Yalkout Moché, cite le Baal Shem Tov, qui dit que le mot "yikra", arriver, a une connotation de "mikré", un événement qui arrive par hasard.
Cela indique que le machia'h viendra d'une manière imprévue. Les gens seront assis et feront leur travail ou étudieront la Torah. La vie se poursuivra comme d'habitude, et il arrivera soudainement.

Le rav de Satmar (le Divré Yoel) écrit : "J'ai entendu au nom de rav Elazar de Raisha, qui a entendu du Divré 'Haïm, qui lui l'a entendu directement du rabbi de Rophitz, que nous n'aurons pas besoin de passer par toutes les souffrances et les épreuves que nos Sages ont prédits au sujet des jours précédant l'arrivée du machia'h parce que les tsadikim des générations passées ont déjà rectifié cela.
Au lieu de cela, le tailleur "il sera assis dans sa boutique et coudra, et l’aubergiste sera assis dans son auberge, et soudain, l’annonce sera faite que le machia’h est arrivé!"

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-> Pourquoi est-il écrit : "pitom yavo él hékhalo" (le machia'h "viendra soudainement dans Son sanctuaire" - Mala'hi 3,1)?
Le peuple d'Israël dans cette génération [précédant la venue du machia'h] dira : "Est-il possible que nous voyons le monde fonctionner comme il l'a toujours été, et cependant la guéoula arrivera cette année?"
Mais ils ne savent pas que le machia'h arrivera soudainement.
[midrach Hechalot Rabbati 36,5]

-> "pitom yavo él hékhalo" (le machia'h "viendra soudainement dans Son sanctuaire" - Mala'hi 3,1)
Le rav Moché Sorotzkin dit que le risque d'être pris au dépourvu est que nous n'ayons aucune chance de nous y préparer ; et nous serions alors exclus de cet incroyable moment qu'est la guéoula.
Par conséquent, on nous envoie des souffrances pour nous motiver à nous préparer à l'avance, afin que notre expérience du machia'h soit à un niveau spirituel élevé.

Celui croit en Hachem et celui qui se satisfait de son lot, mérite Son aide

+ Celui croit en Hachem et celui qui se satisfait de son lot, mérite Son aide :

"Cela vient du D. de ton père (méél avi'ha), et Il t'aidera (vayaéz'réka), et avec Shadaï Il te bénira" (Vayé'hi 49,25)

-> Le Divré Israël traduit le verset comme suit :
"méél avi'ha" = lorsque l'on croit et que l'on a confiance que tout vient de notre Père céleste et que tout est orchestré par la Providence divine.
"vayaéz'réka" = alors Il nous aidera et nous enverra Son salut.

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-> De son côté, le Divré Shmouel explique :
"méél avi'ha" = si l'on reconnaît qu'Hachem est notre Père qui veut certainement nous aider comme un père désire aider son fils.
"vayaéz'réka" = nous recevrons alors Son aide.
"et avec Shadaï Il te bénira" = le nom Divin de "Shadaï" se réfère à la caractéristique d'être satisfait avec peu ('Haguiga 12a ; Zohar Pin'has 251b).
Lorsqu'une personne est satisfaite de ce qu'elle a, alors Hachem lui accordera de nombreuses bénédictions.

"Il a vu que la tranquillité est bonne et que la terre est agréable ; il a incliné son épaule pour porter" (Vayé'hi 49,15)

-> Rachi sur "Il a incliné (vayét) son épaule" = il a abaissé son épaule, comme dans : "Il a incliné (vayét) les cieux" (II Chmouel 22,10), "Inclinez (atou) vos oreilles!" (Téhilim 78,1).

-> Le Beit Israël affirme que Rachi fait allusion au fait que si une personne tend l'oreille pour entendre et accepter le joug du Ciel (plutôt que de se focaliser sur son ressenti d'humain, se soumettant à son égo), alors les Cieux se plieront à elle.
Plus une personne fait sa part, plus elle recevra l'aide du Ciel.

L’unité peut supprimer nos souffrances

+++ L'unité peut supprimer nos souffrances :

"Rassemblez-vous et je vous dirai ce qui vous arrivera à la fin des jours" (Vayé'hi 49,1)

-> Le Imré Noam explique ce verset en citant le verset : "Leurs dents sont comme des lances et des flèches, et leur langue est comme une épée tranchante. Sois élevé au-dessus des cieux, Hachem" (Téhilim 57,5-6).
Nos Sages (midrach Téhilim 7) affirment que le roi David a dit à Hachem : "Puisqu'il y a parmi eux des gens qui provoquent des querelles et qui parlent du lachon ara, retire Ta Chékhina du milieu d'eux."
Nous voyons par là que la discorde et le lachon ara font que la Chékhina quitte la nation juive, tandis que l'unité fait que la Chékhina demeure parmi nous.
Lorsque la Chékhina est parmi nous, nous sommes appelés "Knesset Israël" (l'assemblée d'Israël), car Hachem n'est avec nous que lorsque nous formons une assemblée unifiée.

Le verset déclare : "Dans toutes leurs souffrances (à chaque juif), Il (Hachem) souffre avec eux, et l'ange de Sa présence les a sauvés. Il les a rachetés par Son amour et par Sa pitié" (Yéchayahou 63,9).
La façon dont ce verset est écrit est différente de la façon dont il est lu. Il est écrit "lo tsar", avec un alef (לא צָר - il ne souffre pas avec eux), mais il est lu "lo tsar", avec un vav (לוֹ צָר - il souffre avec eux).
Ainsi, le verset semble dire à la fois qu'Hachem ne souffre pas avec une personne lorsqu'elle souffre et qu'Hachem souffre avec la personne qui souffre.

Les premiers commentateurs expliquent cela par la parabole d'une mère dont le fils unique a commis un crime et a été condamné par le roi à recevoir de nombreux coups de fouet. La mère se rendit auprès du roi et se plaignit : "Il est vrai que mon fils a commis un crime et qu'il mérite une punition, mais je n'ai rien fait de mal. Pourquoi mériterais-je d'être punie? Si vous fouettez mon fils, je souffrirai encore plus que lui. Il n'est donc pas juste de lui faire subir cela!"
Le roi accepta ses paroles et pardonna à son fils la punition qu'il méritait vraiment.
De même, le verset dit qu'Hachem ressent la douleur de du peuple juif. C'est pourquoi Il fait en sorte qu'ils n'aient "aucune douleur", car la Chékhina ne mérite pas de souffrir à cause de leurs fautes.

Cela n'est vrai que dans les moments où le peuple juif est uni. Dans ces moments-là, la Chékhina est avec nous et toute douleur que nous ressentons est ressentie par la Présence Divine (Chékhina).
En revanche, en période de division et de conflit, la Chékhina n'est pas avec nous et ne ressent pas notre douleur, notre souffrance, ce qui nous expose au risque d'être sévèrement punis pour nos fautes.

Cela explique pourquoi Yaakov a demandé à ses fils de se rassembler. Il leur disait d'être unis, et s'ils le faisaient, il serait en mesure de leur raconter tout ce qui se passerait jusqu'à "la fin des jours", ce qui est une référence à la Chékhina éternelle.
Il disait ainsi que s'ils avaient de l'unité entre eux, la Chékhina serait toujours avec eux et supprimerait toute douleur et toute souffrance parmi eux. [au point de mettre un terme à l'exil ("arrivera la fin des jours"), avec la venue du machia'h]

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=> ainsi, plus les juifs font en sorte d'être unis, plus Hachem retire des souffrances, malheurs, qui devaient nous arriver.
L'impact de notre unité est si puissant que cela peut déclencher immédiatement (hayom!) la guéoula.

Avant de mourir, Yaakov appela ses fils et leur dit : "Réunissez-vous, et je vous dirai ce qui vous arrivera à la fin des jours" (Vayé'hi 49,1).

-> Rachi cite des nos Sages qui disent que lorsque Yaakov voulut révéler le moment de la guéoula, la Chékhina le quitta et il se mit à parler d'autres choses.

Le rabbin Ropshitz (séfer Zéra Kodech) explique que bien que Yaakov soit passé à d'autres sujets et ait commencé à donner des bénédictions à ses fils, ces bénédictions faisaient allusion à tous les événements qui se produiraient pour chaque tribu (Shévet) jusqu'au moment de l'arrivée du machia'h.
Au début, Yaakov voulait parler ouvertement de ces choses. Cependant, il n'en reçut pas la permission. Par conséquent, il dut les dire d'une manière cachée.

Le rabbi de Ropshitz affirme qu'il s'agit en fait d'une bonté de la part d'Hachem. Si Yaakov avait parlé ouvertement et explicitement à ses fils de la longueur et de la difficulté de l'exil, cela leur aurait causé beaucoup de peine.
De plus, si toutes les générations suivantes avaient su que machia'h ne viendrait pas avant plusieurs centaines d'années, cela aurait été très difficile pour elles.
Au contraire, puisque nous ne savons pas quand machia'h va venir, nous l'attendons chaque jour et nous espérons qu'il arrivera bientôt.

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+ Si l'on a la émouna que tout est bon, alors tout sera bon :

-> Le Rabbi de Modzhitz (séfer Divré Israël) explique le désir de Yaakov de révéler le moment de la guéoula de la manière suivante : "Tout ce qu'Hachem fait est pour le bien" (guémara Béra'hot 60b).
À la fin, il sera clair pour chacun que tout est bon. Cependant, lorsque nous sommes au milieu d'une période difficile, il ne nous est pas toujours possible de comprendre comment c'est bon. Comme nous ne pouvons pas voir comment les choses vont finir, elles peuvent nous sembler mauvaises.

Lorsque nos Sages disent que Yaakov voulait révéler "le keits" (la fin), cela signifie qu'il voulait montrer à ses fils à quel point avec une vision de Vérité de la fin, tout n'est en réalité que du bien. [si nous étions à la place d'Hachem, en comprenant toutes les choses et en pouvant tout faire, nous ne ferions pas différent que ce que Hachem fait actuellement! ]
Cependant, il n'a pas reçu la permission de le faire, car cela les priverait de leur libre arbitre. S'ils savaient que tout était du bien ultime, ils n'auraient pas la capacité de décider par eux-mêmes d'avoir du bita'hon ou non (ex: une force du yétser ara étant de mettre du doute).
Au lieu de cela, on est censé faire confiance à Hachem et croire que tout se passe pour le bien.
Si une personne a une émouna de ce niveau, elle ne connaîtra que la bonté dans sa vie.

La sagesse de lire la face

+ La sagesse de lire la face :

"Israël dit à Yossef : "Revoir ton visage, je n'avais pas osé le penser, et voici que Hachem m'a aussi montré ta postérité" (Vayé'hi 48,11)

-> Le 'Hida (séfer Pné David) explique qu’il est possible que Yaakov était un expert en " 'hokhmat hapartsouf", la sagesse de pouvoir lire le visage d’une personne.
En conséquence, il disait à Yossef qu’après avoir vu son visage, Hachem lui avait permis de voir qu’il n’avait pas fauté, et qu’en voyant le visage de ses enfants, il avait vu qu’ils étaient également des tsadikim.

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+ L’image de son père l’a sauvé :

-> Le 'Hida cite son grand-père, le rav Yéchaya, qui explique que lorsque Yaakov dit que "Hachem m’a montré", il voulait dire que Hachem a montré son image à Yossef. Lorsque Yossef vit l’image de son père, Yaakov, cela le sauva de la faute.

-> Le séfer Likouté Imré Kodech dit de la même manière au nom du rav Shalom de Belz que Yaakov disait qu’il ne s’attendait pas à voir le visage de Yossef parce qu’il avait peur que Yossef ait fauté et de ne pas pouvoir le regarder, car il est interdit à une personne de regarder l'image de quelqu'un de racha (assour léAdam léistakel bétsélem démout adam racha - guémara Méguila 28a).
Mais "et voici" (véiné), un miracle s’est produit et Hachem "m’a montré" à Yossef et l’a sauvé de la faute.

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-> La hokhma hapartsouf que l'on peut traduire par "la sagesse du visage" est une sagesse antique qui permet de définir la nature profonde d'un homme sans même le connaître mais juste en observant sa physionomie. En effet, le visage et le corps d'un être humain sont comme une carte qui révèle une multitude d'indications pour celui qui sait la lire.
Les yeux, les paupières, les cils, les sourcils, le nez, les oreilles, le front, les pommettes, les lèvres, le menton, le teint de la peau ainsi que l'éclat qui se dégage du visage ou encore les rides.
L'aspect de tous ces éléments sont tout autant d'informations qui indiquent la nature profonde de l'homme.

Le rabbi Moché Kordovéro (Ramak al haZohar 70,121b) nous avertit que ce savoir ne dépend absolument pas des cinq sens de l'homme car c'est une sagesse prodigieuse quasiment inaccessible qui dépend des Séfirot des mondes supérieurs et des racines de l'âme qui y sont reliées. Se trouve devant nous, la porte du Secret des secrets de la Torah.

Le Mékadech Mélé'h nous avertit que ce savoir ancestrale n'est pas accessible à la compréhension, particulièrement à propos du sens profond des rides. C'est notamment cette sagesse si élevée que connaissait le Arizal.

Il est rapporté dans le Zohar (Yitro 70a) que cette sagesse fut transmise directement à Adam Harichon le premier homme de la création. Moché Rabbénou utilisa ce savoir divin pour pouvoir nommer les princes d'Israël et les chefs du peuple.
Le roi Salomon a également eu accès à ce savoir et a écrit un ouvrage à ce sujet qui fut dissimulé.

-> Moché Rabbénou avait la capacité d'apporter un jugement équitable juste en observant le visage de la personne. (Zohar Yitro 70b ; Zohar 'hadach 39b)