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La Torah de celui qui peine pour elle, a plus de valeur

+ Dévarim - la Torah de celui qui peine pour elle, a plus de valeur :

-> "Je [Moché] vous ai parlé en ce temps-là ainsi : "Je ne peux assumer, moi seul, votre charge"." (Dévarim 1,9)
-> "Choisissez parmi vous des hommes sages, judicieux et éprouvés, dans vos tribus et je les établirai vos chefs". Vous m’avez répondu en disant : "Ce que tu conseilles de faire est bien" (Dévarim 1,13-14)

-> Rachi explique sur les mots "Vous m’avez répondu" = votre décision était intéressée. Vous auriez dû répondre : "Notre maître Moché, de qui est-il plus agréable d’apprendre? De toi ou de tes disciples?! N’est-ce pas de toi [qu’il est préférable d’apprendre la Torah], car tu as souffert pour elle?"

=> La paracha Dévarim commence par une série de reproches adressés par Moché Rabbénou. L’un d’eux se rapporte au conseil donné par Yitro de nommer des hommes pour soulager Moché dans l’enseignement qu’il devait dispenser au peuple. Les Bné Israël acceptèrent volontiers la proposition. Moché les réprimanda ; ils auraient dû insister et demander à n’apprendre que de lui.

Rachi précise que Moché avait un avantage exclusif : il avait souffert (mitstaer) pour la Torah.
=> À quel type de souffrance fait-il référence ?

Ce terme peut être compris de 2 façons.

1°/ La première interprétation est proposée par le rav Moché Feinstein (Darach Moché - Dévarim 1,14).
Il demande pourquoi Rachi n’a pas simplement dit qu’ils auraient dû vouloir l’enseignement de Moché du fait de son érudition suprême. À quoi sert l’ajout de sa souffrance pour la Torah?
Il répond que l’instruction d’une personne ne détermine pas sa capacité à transmettre un savoir. Un homme peut être moins cultivé qu’un autre et mieux enseigner. Ce sont ses efforts pour approfondir le sujet qui sont plus significatifs.
Le rav Moché Feinstein estime donc que la souffrance en question fait référence à la messirout néfech (don de soi, dévouement) pour comprendre parfaitement le sujet étudié. C’est parce que Moché avait atteint ce haut niveau de clarté à travers ses efforts, que le peuple aurait dû désirer apprendre de lui uniquement.

2°/ Le rav Steinman (Ayélét haCha'har - Dévarim 1,14) explique la souffrance endurée par Moché d’une autre façon.
Il se concentre sur les 40 jours où Moché apprit la Torah sur le mont Sinaï. Il passa cette période sans manger ni boire. Selon Rachi, bien que Moché fût doté d’une force miraculeuse lui permettant de survivre sans s’alimenter pendant si longtemps, Moché ressentit la faim et fut incommodé par ce jeûne. C’est pour cette raison que les Bné Israël auraient dû vouloir apprendre directement de Moché.

En quoi l’inconfort physique de Moché expliquerait-il ce désir du peuple juif? [en effet, d'après l’explication du rav Moché Feinstein, cela ne pose pas de problème ; étant donné que la souffrance dont parle Rachi correspond aux efforts fournis pour acquérir plus de clarté, on comprend pourquoi Moché avait une meilleure compréhension de la Torah.]

Le fait que Moché accepte ce désagrément pendant son étude de la Torah prouve son dévouement infini pour acquérir une compréhension réelle de la Torah. Sa messirout néfech inégalée nous laisse présumer qu’il fit tout son possible pour apprendre avec le maximum de clarté. Il convenait donc de ne vouloir apprendre que de lui.

L’explication de rav Steinman montre que la Torah étudiée dans des conditions difficiles a une grande valeur. (cela n'est pas contradictoire de faire la mitsva d'étudier avec joie)
Le rav Pin'has Scheinberg insistait beaucoup sur l’importance d’un tel effort. Il disait que nombreux sont ceux qui ne sont prêts à étudier que quand tout va bien, ils ont besoin de chambres spacieuses, d’un climatiseur, ..., et si tout ne fonctionne pas comme ils le désirent, ils ne peuvent pas continuer.
Les disciples les plus illustres sont ceux qui poursuivent leur étude en toutes circonstances.
[les embuches sur le chemin (ex: fatigue, paresse, chaleur, ...) nous permettre de témoigner d'à quel point la Torah est importante à notre cœur, à quel point on l'aime et on lui est dévouée.]

C’est le sens de la michna (Pirké Avot 6,4) : "Tel est le chemin de la Torah ; du pain [trempé] dans du sel tu mangeras, tu boiras de l’eau par petites quantités et tu dormiras sur la terre". Cela ne signifie pas que l’on doit vivre ainsi pour pouvoir étudier, mais qu’il faut être capable d’étudier même dans des circonstances tellement défavorables.
Comme le disait rav Scheinberg, seule une personne de cette envergure peut atteindre une véritable érudition en Torah. Il ajoutait que la récompense d’une telle étude est extrêmement grande. Il rapportait les propos de rav Yérou’ham Leibowitz : "Si une personne patauge péniblement dans la boue pour aller étudier ; elle emportera, à sa mort, cette terre au Gan Éden et recevra une récompense pour la boue qui salit ses chaussures ainsi que pour la contrariété éprouvée." (on peut éventuellement le comprendre physiquement, et moralement. Patauger sur le chemin de l'étude de la Torah, c'est aussi magnifique! [regarde la boue que j'ai par amour pour toi Hachem! ] )

Le rav Yéhonatan Gefen ajoute : ceci ne s’applique pas seulement aux hommes et à leur étude, mais également aux femmes qui doivent parfaire leur étude et leurs prières. Par ailleurs, la messirout néfech qu’une femme déploie pour permettre à son mari et à ses enfants d’étudier entre certainement dans le cadre de cet enseignement. Et plus la tâche est difficile, plus la récompense est grande.

"Voici les paroles que Moché adressa à tout Israël" (Dévarim 1,1)

-> Le Rabbi de Lelov disait que chaque personne avait le sentiment que les paroles de Moché n'étaient destinées qu'à elle et à nulle autre.

-> Le Rabbi de Kassov disait : "Chaque fois que je parle à un groupe d'individus, je ne m'adresse à personne en particulier.
Toutefois, si quelqu'un a le sentiment que mes paroles le concernent tout spécialement, c'est qu'elles lui étaient réellement destinées."

-> Le rav Avraham Twerski de nous dire :
"Nous n'avons plus le privilège d'avoir des prophètes pour nous communiquer des messages de D.
Aujourd'hui D. nous parle à travers diverses personnes.

Lorsque nous entendons quelqu'un parler de défauts de caractère, de la nécessité de s’élever, de s'affiner spirituellement et que nous avons le sentiment que ces paroles s'adressent à nous en particulier, nous pouvons être sûrs que c'est bien le cas.

Quelque part, tout au fond de nous, nous avons bien conscience de ce qui nous manque sur le plan spirituel."

"Celles-ci sont les paroles (דברים)." (Dévarim 1,1 - élé aDévarim)

Rachi fait remarquer que le discours d'adieu adressé par Moché aux enfants d'Israël (avant sa mort), qui commence dans la présente paracha, passe en revue tous les événements au cours desquels ils ont irrité D. dans le désert.

Par respect pour le peuple, Moché ne parle qu'allusivement de ces péchés, même si l'intention de notre dirigeant était, par ses remontrances, de l'inciter à améliorer sa conduite.

Le rav Michaël Dov Weissmandel note que si la nation juive prend à cœur ces admonestations et observe fidèlement la Torah et les mitsvot, les calamités décrites dans les sections de Ki Tavo, Vayélé'h et Haazinou seront transformées en bénédictions.

Si l'on compte 613 lettres à partir du ב (bét) de דברים (dévarim), on aboutit à un ר (réch).
Si l'on compte 613 lettres à partir de celui-ci, on atteint un כ (kaf), puis 613 lettres plus tard, un ה (hé).

C'est ainsi que le mot ברכה (bénédiction) est épelé par "bonds" successifs de 613 lettres, correspondant aux 613 mitsvot de la Torah.

Source (b"h) : dvar Torah issu "Talelei Orot" du rav Yissa'har Dov Rubin

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-> Les paroles de remontrance de Moché ont un but.
Si les juifs accomplissent la Torah et les mitsvot comme il convient, alors ils mériteront la bénédiction, et les malédictions se changeront elles aussi en bénédictions.
La bénédiction qui est attachée à l'observance de la Torah et des mitsvot se trouve en allusion ici dans Dévarim, où par intervalle de 613 lettres, se forme le mot : béra'ha (bénédiction).
[Massé 'Hémed]

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+ "Voici les paroles qu'a dites Moché à tout Israël" (Dévarim 1,1)

Le rav Chlomo Levinstein (dans son Oumatok haOr) fait remarquer que l'on trouve dans ce verset une allusion aux noms des parachiot du livre de Dévarim :
Moché dit au peuple juif : Voici les "Dévarim", les paroles que je prononce.
"Vaét'hanan" = je vous en supplie (mit'hanèn) de m'écouter.
"Ekev" = parce que, "Réé" = tu verras (tiré) la situation : il y a des "Choftim", des juges, D. nous jugera sur tout, si bien que : "Ki Tétsé", quand tu sortiras (tétsé) de ce monde, et "Ki Tavo", quand tu viendras (tavo) dans le monde à Venir, tu devras payer pour tes actes.
C'est pourquoi : "atem nitsavim hayom", vous vous tenez tous aujourd'hui, mais demain, vous connaîtrez : "Zot haBéra'ha), cette bénédiction.

"Et vous voici aujourd'hui, en multitude, comme les étoiles des cieux." (Dévarim 1,10)

-> Dans la guémara (Yoma 22b), nos Sages posent la question suivante :
Il est écrit (Ochéa 2,1) : "Le nombre des enfants d'Israël sera comme le sable de la mer ...", ce qui laisse entendre qu'ils pourront être recensés, puis ce verset se poursuit : "... [il] ne pourra se mesurer ni être compté".
Comment résoudre cette apparente contradiction?

Nos Sages de répondre que la dernière partie du verset s'applique à l'époque où Israël accomplit la volonté de D., tandis que la 1ere vise celle où il ne la respecte pas.

-> Le 'Hida de nous donner l'explication suivante :
Quand Israël se soumet à la volonté de D., chacun de ses membres est considéré comme constituant plus d'une personne.

C'est ainsi que Yaïr ben Ménaché était considéré comme valant à lui seul autant que la majorité du Sanhédrin (selon la guémara Sanhédrin 44a ; et également indiqué dans la guémara Baba Batra 121b).
[On peut également ajouter comme exemple :
- Rav El'hanan Wasserman rapporte que le 'Hafets 'haïm, qui est un symbole d'humilité, disait fréquemment qu'il portait la responsabilité pour le bien-être spirituel de toute la génération.
- Rav Israël Salanter disait qu'il avait les capacités de 1000 personnes, ce qui impliquait qu'il devait agir comme 1000 personnes.
- De même, Moché rabbénou était considéré comme autant que l'ensemble du peuple juif de la génération de la connaissance (dor déa), dont aucune autre n'aura un tel niveau jusqu'à la venue du machia'h.]

=> Lorsqu'un peuple se compose d'être vertueux, il n'existe plus aucun moyen de le recenser car on ne dispose pas des instruments permettant de jauger la véritable valeur de chacun de ses membres.

Source (b"h) : dvar Torah issu "Talelei Orot" du rav Yissa'har Dov Rubin

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+ Hachem a promis aux juifs de devenir comme les étoiles (selon le Méam Loez - Dévarim) :

1°/ Dans le ciel, les étoiles brillent d'une extrémité du monde à l'autre.
De même, si les juifs sont méritants, ils brilleront d'une extrémité du monde à l'autre dans le monde futur.
De plus, les visages des hommes qui enseignent la Torah aux enfants dans ce monde-ci brilleront comme les étoiles dans le monde futur.

2°/ Chaque nuit, D. fait sortir les étoiles et les couvre en les comptant, comme il est écrit : "Il fait sortir Son armée par nombre, Il les appelle par leur nom" (Yéchayahou 40,26).
De même, D. compte les juifs à tout moment. Comme un homme riche sait combien il possède mais compte sans cesse ses pièces par amour de l'argent, D. compte les juifs. Il les a dénombrés à plusieurs reprises : après la sortie d'Egypte, après l'épisode du veau d'or et à l'érection du Michkan.

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-> Le Méam Loez enseigne également que :
Hachem a donné 3 bénédictions au juifs : de devenir comme la poussière, comme le sable et comme les étoiles. Parallèlement, le peuple juif a reçu 3 couronnes : la couronne de la Torah, celle de la prêtrise et celle de la royauté.
Les juifs sont comparés à la poussières de la terre, les Lévi'im au sable de la mer et les rois (issus de la tribu de Yéhouda) aux étoiles.
Chacun de ces 3 groupes a reçu la bénédiction de se multiplier.

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-> b'h, également au sujet des étoiles : https://todahm.com/2018/12/08/7616-2

"Ce fut, lorsque tous les hommes de guerre eurent péri du milieu du peuple par la mort." (Dévarim 2,16)

La Torah nous apprend qu'en punition du péché des explorateurs, tous les hommes âgés de plus de 20 ans ont été condamnés à mourir dans le désert sans pouvoir entrer en terre d'Israël.

Le midrach (Eikha Rabba) relate que chaque année, la veille du 9 Av, tous les enfants d'Israël se préparaient des tombes.
Une fois que celles-ci étaient creusées, ils s'y allongeaient pour y rester toute la nuit.

Le matin venu, on annonçait : "Que les vivants se séparent des morts!"
Ceux qui étaient encore en vie se relevaient de leur sépulture ; mais 15 000 personnes, chaque année, n'en sortaient plus ...

On continua de respecter la tradition jusqu'à la veille du 9 Av de la 40e année.
Personne, cette fois-là, ne mourut dans la nuit.
Certains, croyant qu'ils s'étaient trompés de date, y sont retournés la nuit suivante, et ainsi de suite jusqu'au 15 du mois.

C'est alors que, voyant la pleine lune, ils comprirent qu'ils n'avaient commis aucune erreur de calcul et que le décret de mort avait été abrogé.

=> Ils instituèrent le 15 Av comme jour de fête pour les générations à venir.

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+ Bonus :

Le 15 Av, on se trouve à 45 jours de Roch Hachana.
45 est la valeur numérique du mot Adam (homme - אדם) et du mot : "ma"(Quoi? Que suis-je? - מה) :

A partir du 15 Av, nous disposons de 45 jours pour se poser en toute humilité et honnêteté les questions sur notre vie, afin de mériter ce titre d'homme juif, lorsque nous nous présenterons devant D. à Roch Hachana.

Pour approfondir l'importance du "ma" chez l'homme : https://todahm.com/2014/04/01/pessah-ma-ma-ma

"Car le jugement est à D." (Dévarim 1,17)

Le Gaon de Vilna d'expliquer :
"Quand un juge est attentif à ne pas accepter de présents corrupteurs ni à se laisser influencer, D. vient à son aide en lui permettant de discerner lequel des plaideurs dit la vérité et lequel profère des mensonges."

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+ "N’ayez pas peur devant l’homme, car la justice est à Hachem" (Dévarim 1,17)

Ce verset signifie que le juge ne doit redouter aucun homme.
Cela fait également allusion à une autre idée. En effet, le juge pourrait penser que puisque finalement, il n’est qu’un homme et qu’en tant qu’homme il est faillible et peut se tromper, alors il pourrait craindre de s’être trompé dans son jugement.
Néanmoins, il pourra se rassurer en prenant conscience qu’Hachem est présent avec les juges et les aide à rendre une véritable justice.

Cela est en allusion dans ce verset :
- "N’ayez pas peur devant l’homme" que vous êtes = c'est-à-dire que les juges n’ont pas à redouter le fait qu’ils ne sont que des hommes et risquent donc de se tromper.
- "Car la justice est à Hachem" et Il est présent aux côtés des juges pour les aider à rendre un jugement équitable.

['Hatam Sofer]

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-> Moché dit littéralement : "Je les placerai à votre tête" (Dévarim 1,13).
L'expression "je les placerai" se dit en hébreu : vaassimem (וַאֲשִׂימֵם), de la même racine que : chémama, qui signifie destruction.
Le verset pourrait se lire : "Je placerai leur destruction sur votre tête" = Nommer des juges incompétents cause la destruction dans le monde et D. punira les responsables.
[...]
Moché recommande aux juges de ne craindre personne parce que "le jugement appartient à D." (Dévarim 1,17).
Hachem est le Maître du jugement et Il protégera le juge de tout mal. Le juge est comparable au messager d'un roi qui parle en son nom ; il n'a à craindre de punition de personne.
De même, si le juge n'invente pas ses décisions mais applique toute ce qui est écrit dans la Torah, le Maître du jugement [Hachem] le protégera.
[Méam Loez - Dévarim 1,17]

"Jusqu'au grand fleuve, le fleuve de l'Euphrate." (Dévarim 1,7)

Rachi explique qu'il est qualifié de "grand", parce qu'il est évoqué avec la terre d'Israël.

Le Rav 'Haïm Shmoulevitz fait observer que, selon le Mizra'hi, l'Euphrate est le plus petit des fleuves mentionnés dans la Torah.
Son appellation de "grand" par celle-ci nous montre l'importance de ce qui est associé à la terre d'Israël.

Celui qui y observe les mitvot atteint un degré d'élévation et de dignité auquel il est impossible d'accéder hors de ses frontières.

Si nous n'en sommes pas conscients, c'est parce que nous sommes inaptes à apprécier la sainteté inhérente à la terre d'Israël.

Nous trouvons un concept identique dans le midrach selon lequel, si Yossef a mérité d'être enterré en terre d'Israël, c'est parce qu'il s'est associé à elle en se présentant comme : "ich ivri" (homme hébreu -> Béréchit 39,14).

Moché, en revanche, est appelé : "ich mitsri" (homme égyptien -> Chémot 2,19), raison pour laquelle il n'a pas été enterré en terre d'Israël.

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Le verset suivant : "Vois, J'ai mis le pays devant vous." (Dévarim 1,8)

Le Or ha'Haïm fait observer que ce verset commence par un verbe au singulier (réé = vois) et se poursuit au pluriel (lifné'hém = devant vous).
Pourquoi cela?

Pour regarder le pays, ils étaient tous égaux et formaient comme un seul homme, d'où l'emploi du singulier.
En revanche, pour l'apprécier et le comprendre, pour concevoir leurs sentiments à son sujet, chacun à réagi à sa manière, selon sa personnalité et son niveau.
Voilà pourquoi la suite est au pluriel.

Tâchons d'avoir un regard qui ne cherche qu'à mettre en avant le positif d'Israël ...

Source (b"h) : compilation personnelle de dvar Torah issus "Talelei Orot" du rav Yissa'har Dov Rubin

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-> "Hachem a donné au peuple juif 3 magnifiques cadeaux, cependant chacun d'eux doit être acquis par le biais de souffrances. Il s'agit de : la Torah, la terre d'Israël et le monde à venir (olam aba)."
[Rabbi Chimon bar Yo'haï - guémara Béra'hot 5a]

Pourquoi cela?

Selon le Ben Ich 'Haï (Bénayahou), les souffrances sont en réalité un moyen de déterminer si nous méritons ces cadeaux.
Par exemple, si une personne traverse des moments difficiles, et que malgré tout elle continue à étudier, elle atteste alors qu'elle étudie uniquement parce que telle est la volonté de D.
En effet, si elle le faisait uniquement pour acquérir de belles connaissances, elles aurait abandonner dès que cela serait devenu difficile, désagréable.

Il en est de même pour la terre d'Israël et le monde à venir.

"Onze journées depuis 'Horev." (Dévarim 1,2 - 'Horev = le lieu d'acceptation de la Torah)

Le Kéli Yakar signale que les 11 jours cités ici sont une allusion aux 11 jours pendant lesquels nous pleurons la destruction du Temple : 9 jours au mois d'Av, le 17 Tamouz et le 10 Tévét.

"Hachem votre D., était avec vous, vous ne manquiez de rien." (Dévarim 2,7)

Le rav Twerski rapproche ce verset des paroles du roi Salomon : "Celui qui désire l'argent n'est jamais satisfait de ce qu'il possède" (Kohélet 5,9).
Ainsi, en est-il de toutes les recherches physiques. Elles sont insatiables.

=> Moché nous dit, dans le verset ci-dessus, que plus nous sommes proches de D., moins sont ardents nos désirs et nos besoins.
Si nous sommes loin de D., nos désirs et besoins peuvent alors devenir insatiables.

[le fait de se satisfaire de ce que l'on a, est une grande richesse dans la vie ...]

Yéhochoua – l’importance de servir un sage par rapport à apprendre de lui

"Yéhochoua fils de Noun, qui se tient devant toi, lui y viendra ; fortifie-le, car lui le fera hériter à Israël" (Dévarim, 1,38)

-> Moché Rabbénou rappelle comment Hachem lui a annoncé qu’il n’entrerait pas en terre d'Israël et qu’il serait remplacé par Yéhochoua bin Noun. Le Baal Hatourim rapporte un enseignement de nos Sages pour expliquer ceci : "Le fait de servir un grand homme (en Torah) est plus grand que d’apprendre de lui."
Le rav Moché Sternbuch (Dévarim 1,38) explique que l’emploi des mots du verset : "qui se tient devant toi", plutôt que "celui qui apprend de toi" montre que le service de Yéhochoua fut un élément clé, celui qui lui octroya le mérite de devenir le dirigeant du vertueux peuple de l’époque.

Les commentateurs prouvent par ailleurs que Yéhochoua n'était pas l’homme le plus éminent du peuple juif (Michbétsot Zahav - Yéhochoua).
Le Ramban écrit que les 12 explorateurs furent énumérés par ordre de vertu spirituelle : Yéhochoua est le 5e de la liste ; il y avait donc 4 personnes plus prestigieuses que lui. De plus, le Ramban (introduction Yad 'Hazaka) décrit Yéhochoua comme le disciple de Moché, après Elazar et Pin’has, laissant sous-entendre que ceux-ci étaient plus élevés.
Toutefois, le midrach (Bamidbar rabba 24,14) affirme que Yéhochoua eut le mérite de succéder à Moché, parce qu’il le servit en déployant toutes ses forces et pouvait donc servir de dirigeant pour le peuple juif. C’est pourquoi, parmi toutes les qualités et les bonnes actions de Yéhochoua c’est le fait qu’il servit Moché qui est retenu par le Navi.

Ce n’est pas la seule fois que l’on constate que celui qui se met au service d’un grand homme mérita d’atteindre un niveau supérieur à celui d’individus qui auraient, sinon, été plus grands. Le Navi (prophète) raconte qu’Eliyahou était sur le point de monter aux cieux. Cinquante autres prophètes, appelé "Bné haNévi'im" demandèrent à Elicha ce qu’il advenait d’Eliyahou.
Rachi (sur Méla'him II 2,3) souligne qu’en parlant de ce dernier à Elicha, ils l’appelèrent "Adonékha" (ton maître) et non "notre maître".
Ceci nous prouve qu’ils étaient au même niveau qu’Eliyahou et qu’ils auraient donc dû bénéficier d’un niveau de prophétie supérieur à celui d’Elicha. Alors pourquoi mérita-t-il de prendre sa suite, et non eux?

Le Béer Moché (rapporté dans Michbétsot Zahav - Mélakhim II,p.24.) explique qu’Elicha mérita cet honneur parce qu’il excellait dans le domaine du Chimouch 'Hakhamim (se mettre au service du Sage). D’ailleurs, quand nos Sages rapportent l’adage "Chimoucha Guédola Milimouda" (le fait de servir un Sage est plus que d'aprendre de lui), ils prennent l’exemple d’Elicha qui sert Eliyahou. Le verset affirme qu' "il [Elicha] se leva et suivit Eliyahou et devint son serviteur" (Mélakhim I 19,21).
Le Tana déBé Eliyahou (chap.5) souligne que le verset ne dit pas qu’Elicha "apprit" d’Eliyahou, mais qu’il le "servit" ; or le fait de servir un homme sage est plus important que d’apprendre de lui. C’est la raison pour laquelle il mérita de diriger le peuple plutôt que les Bné haNéviim, bien que ceux-ci fussent d’un niveau supérieur au sien.

La Michna de Pirké Avot (6,5) prouve que le Chimouch 'Hakhamim est fondamental pour réussir dans la Torah, c’est l’une des 48 façons de l’acquérir.
Cela signifie que même si quelqu’un étudie constamment, voire devient apte à enseigner, il ne peut atteindre son plein potentiel en Torah s’il ne se met pas, d’une certaine manière, au service des ’Hakhamim (sages en Torah).
Le rav Yaakov Emden (Léchem Chamaïm - Pirké Avot 6,5) explique pourquoi le Chimouch ’Hakhamim est tellement important. Il écrit : "Par ce service, on ne se détache pas du maître, comme il est écrit, au sujet de Yéhochoua : "Il ne bougea pas de la tente". Ainsi, on voit et connait toutes les conduites de son maître. De même, dans le dére'h érets (façon d’agir dans la vie de tous les jours), rien ne lui est caché et même les "paroles futiles" des érudits en Torah sont analysées. C’est pourquoi, dans les générations antérieures, où les juifs craignaient et tremblaient devant les paroles d’Hachem, même un sujet "banal" et des discussions mondaines, entendus de leurs maîtres leur étaient chers."

Le rav Emden nous enseigne que le Chimouch ’Hakhamim ne signifie pas seulement "les servir", mais, à travers leur service, passer du temps avec eux et observer chacune de leurs actions et de leurs paroles. Il semble que cette qualité élève les Guédolim au-dessus de certains érudits en Torah, bien qu’étant de grands Matmidim (assidus à l’étude), ils se dévouaient invariablement et consacraient autant de temps que possible avec leurs éminents maîtres.

Le rav El’hanan Wasserman personnifiait cette vertu de l’élève qui fit tous les efforts possibles, non seulement apprendre de son maître, le ‘Hafets ‘Haïm, mais aussi à le servir et à l’observer. Tandis que les autres disciples apprenaient la Torah du ‘Hafets ‘Haïm, le rav El’hanan le considérait comme un Séfer Torah vivant et s’efforçait d’apprendre de chaque mot et de chaque acte. Dès qu’il entendait que quelqu’un parlait avec son Rav, il demandait à cette personne de lui révéler ce qu’il avait dit (si ce n’était pas secret), selon la version exacte. Son dévouement était tel qu’il devint une nouvelle personne en servant et en observant son maître.

Nous ne pouvons pas aspirer à atteindre le même niveau de Chimouch ’Hakhamim que ces grands hommes, mais les exemples de Yéhochoua, d’Elicha et de Rav El’hanan Wasserman nous montrent qu’il ne suffit pas d’étudier la Torah, sans tenter de servir et d’apprendre de la conduite d’un érudit en Torah.
Malheureusement, il est courant que cet aspect de la Avodat Hachem soit mis de côté, parce que l’on n’a pas conscience de son importance. On peut trouver difficile de se lier à un érudit en Torah, ce qui est certes vrai, mais plusieurs personnes ont prouvé qu’avec suffisamment d’efforts, ceci est possible et ces personnes atteignent souvent des niveaux plus élevés que leurs contemporains, qui sont peut-être plus intelligents et plus Matmidim.
[rav Yéhonathan Gefen ]