« Vous ne mangerez d’aucune pâte levée » (Bo 12,20)

-> Le Zohar enseigne :
Rabbi Eliezer a dit qu’il est écrit : « vous ne mangerez d’aucune pâte levée (ma’hmétset – מַחְמֶצֶת) ».
Les première et dernière lettres de ce terme forment le mot « mét » (mort – מת), ce qui nous enseigne que quiconque mange du ‘hamets à Pessa’h doit s’attendre à la mort.
Cette personne mourra dans ce monde-ci et dans le monde futur, car il est dit : « Cette âme-là sera retranchée ».

Pour quelle raison la matsa est-elle appelée ainsi?

Le nom Divin « Sha-daï » signifie : « Celui qui a dit à Son monde ‘Cela suffit! (daï)’, et Il dira également à nos souffrances ‘Cela suffit!’ » (en éloignant les esprits malfaisants).
Ainsi, la matsa soumet et anéantit tous les éléments négatifs nous concernant, en les opposant les uns aux autres.
Tout comme le nom « Sha-daï » écrit sur la mézouza fait fuir les démons et esprits malfaisants de l’entrée de la maison, la matsa les fait fuir de tout endroit saint et entraîne une dispute entre eux, comme dans l’expression « Matsa Oumériva » (מצה ומריבה).
C’est pourquoi elle a été appelée : matsa.

« On ne verra pas chez toi de levain et on ne verra rien de levé dans toutes tes frontières » (Bo 13,7)

-> Le ‘hamets qui gonfle après le pétrissage symbolise l’orgueil.
La Torah vient nous enseigner qu’en ce qui concerne l’orgueil, il n’y a pas à suivre la voie moyenne. Même la plus infime quantité est à exclure, il faut aller jusqu’au bout.
C’est cela la matsa, qui est basse et humble, et que nous avons l’ordre de manger.

On apprend de là qu’en ce qui concerne l’orgueil, il faut se montrer aussi intransigeant qu’envers le ‘hamets, que la Torah a absolument banni et qu’elle a appelé une abomination comme l’idolâtrie.
Il faut en suspecter même la plus infime quantité, à l’image du ‘hamets.
[‘Hida – ‘Hasdei Avot chap.4,4]

-> Le Bina LéItim enseigne :
La raison pour laquelle c’est justement à Pessa’h que nous avons reçu l’ordre de l’interdiction du ‘hamets est une allusion à la bassesse de l’orgueil.
L’impureté de l’Egypte est l’orgueil et la vanité, car « l’ange tutélaire de l’Egypte s’appelle : Rahav (large, gonflé) ».
L’une des raisons de l’esclavage était l’orgueil du cœur des Bné Israël à l’époque : ils ne voulaient pas se soumettre à ceux qui les réprimandaient et refusaient d’avoir des chefs comme il convient (à l’image de nos rabbanim reconnus de tous).
C’est pourquoi, mesure pour mesure, leur est arrivé le malheur de l’esclavage et des travaux forcés, qui ont abaissé leur orgueil, sous l’autorité de Pharaon qui est le plus orgueilleux des orgueilleux, au point que son orgueil l’a poussé à faire de lui-même une idole.

Si la raison de l’exil et de l’esclavage était l’orgueil, il s’ensuit que le remède était de mériter la délivrance et la liberté par le contraire, qui est l’humilité et l’éloignement total de toute vanité.

« Une nuit de protection pour tous les enfants d’Israël, pour leurs générations » (Bo 12,42)

-> « Une nuit de protection » :
La nuit de Pessa’h est différente de toutes les autres nuits, et appartient à la miséricorde totale.
Non seulement la nuit de Pessa’h qui a eu lieu en Egypte, mais chaque année c’est une nuit de miséricorde totale.
Ce verset se poursuit d’ailleurs par : « pour tous les enfants d’Israël, pour leurs générations ».
[le Kaf Cohen]

Le mois de Shvat

+ Le mois de Shvat :

-> « Ce fut la 40e année, le 11e mois, le 1er du mois (il s’agit du jour de Roch ‘Hodech Shvat) … que Moché commença à expliquer la Torah » (Dévarim 1,3-5)

-> Le ‘Hidouché haRim commente qu’à Roch ‘Hodech Shvat les sources de la Torah s’ouvrent.
Il en découle que toutes les nouveautés en Torah de l’année entière proviennent de Roch ‘Hodech Shvat.

Le rav Elimélé’h Biderman dit que c’est donc un moment idéal pour prendre un nouvel engagement dans notre étude et notre développement dans la Torah.

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-> Etant la source des bontés de Torah à venir, on comprend pourquoi les initiales de ce mois renvoient à tellement de positivité.
Par exemple :
– à « Shalom » (paix), « Bra’ha » (bénédiction) et « Tova » (bienfait) ;
– ou bien selon le rabbi de Boyan à : « Shana Tova Broukha » (« année bonne et bénie ») ;
– ou encore : « Chénichma Bessorot Tovot » ([puissions-nous être bénis] d’entendre [que] de bonnes nouvelles).

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-> La Torah est appelée : « ets ‘haïm » (un arbre de vie), et Tou biShvat, le nouvel an des arbres, a lieu le 15 Shvat.

En raison de Sa compassion, Hachem ne commence pas par envoyer de punition sur la personne directement.
[midrach Vayikra rabba 17,4]

[pour nous éveiller au repentir, D. essaye d’abord de nous punir sur une petite chose, et ensuite il envoie une punition plus grave, espérant que nous recevions le message au plus vite.]

L’allumage des lumières de ‘Hanouca est un moment propice dans les Cieux au cours duquel la Midat Ha Din (la mesure Divine de rigueur) s’annule au profit de la Midat haRa’hamim (la mesure Divine de miséricorde).
De plus, d’après le Zohar l’allumage de la Ménorah qui se trouvait au Temple suscitait la Midat haRa’hamim dans le monde au même titre que la sonnerie du Shofar de Roch Hachana, et qu’il en est de même pour l’allumage des lumières de ‘Hanouca (qui ont pour origine l’allumage de la Ménorah dans le Temple), qui transforme la Rigueur et la colère Divine en Miséricorde et en bienveillance Divine.
[rabbi ‘Haïm Palaggi – Réfoua vé’Haïm]

-> Le Baal haTourim (Térouma) fait remarquer que : « dans toute la paracha de la Ménorah, il n’est jamais mentionné la lettre ס (qui évoque le Satan) pour indiquer qu’à l’endroit des lumières de la Ménorah, aucun Satan ni ange destructeur n’est présent. »

Zot ‘Hanouca

+ Zot ‘Hanouca (le 8e jour de ‘Hanouca) :

-> « Ce que de grands tsadikim ne peuvent pas faire pendant la Néïla de Kippour, chaque juif, même le plus simple, peut l’accomplir par ses prières et sa téchouva lors du dernier jour de ‘Hanoucca (zot ‘Hanoucca). »
[rabbi Israël de Ruzhin]

-> La bénédiction « yotsér or » (que nous disons tous les matins) liste 8 louanges : poél guévourot, ossé ‘hadachot, baal mil’hamot, zoré tsédakot, matsmia’h yéchouot, boré réfouot, nora téhilot, adom anifla’ot.
Les kabbalistes disent que ces 8 louanges sont en correspondance avec les 8 jours de ‘Hanoucca.
La 8e louange est : « adon anifla’ot » = cela signifie que Hachem réalise des miracles.
C’est approprié à : « Zot ‘Hanouca », car c’est un jour de miracles et de merveilles.
[rav Elimélé’h Biderman]

-> Le Maharal dit que notre monde a été construit avec le nombre 7 (les 7 jours de la semaine, …).
Le chiffre 8 représente un monde qui est au-delà de la nature, un monde où les miracles peuvent se produire.
[Zot ‘Hanouca est le seul 8e jour d’une fête juive (dans le sens où tous les juifs dans le monde le fête!), il est un jour où les miracles ont de forte chance de se produire!]

[nos Sages disent que d’une manière générale nous ne devons pas compter sur les miracles. Cependant, ‘Hanouca est une période où la réalité de ce monde est élevée dans le domaine des miracles, et alors il est possible de demander à Hachem des miracles.]

-> Le Bné Yissa’har (Kislev Tévét 2,10) écrit : « Nos Sages ont souvent dit que ‘Hanoucca est propice pour qu’une femme puisse avec des enfants … A mon avis, cette ségoula ne fonctionne qu’à Zot ‘Hanouca. »

-> Le rabbi Pin’has de Koritz dit que Zot ‘Hanouca est un jour propice pour la parnassa.
Il apprend cela des 8 louanges que nous disons dans vayévaré’h David (Divré haYamim 29,11) : « lé’ha Hachem aguédola, véaguévoura, véatif’érét, véanétsa’h, véaod, ki kol bachamayim ouvaarets lé’ha Hachem amamla’ha, véamitnassé lé’hol léroch, véaochér.
La richesse (ochér) est la 8e louange, en correspondance avec le 8e jour de ‘Hanoucca.

-> Le Harougat haBossem dit que tous les jours de ‘Hanouca sont propices pour obtenir de la parnassa.
Il est écrit : « car pour la subsistance, Hachem m’a envoyé devant vous » (Vayigach 45,5).
Le terme : « chéla’hani » (m’a envoyé – שְׁלָחַנִי) est l’acronyme de : « léad’lik nér ‘Hanouca chémonat yamim » (allumer les bougies de ‘Hanouca 8 jours – להדליק נר חנוכה שמונת ימים).

-> Le rav Elimélé’h Biderman rapporte que Zot ‘Hanouca est un jour propice pour la réfoua chéléma.

-> Zot ‘Hanouca est un jour propice pour hâter la guéoula.
En effet, il est écrit : « Telle fut l’inauguration de l’Autel, au jour où il fut oint, de la part des chefs d’Israël » (Nasso 7,84).
On a : « zot ‘hanoukat amizbéa’h » (Telle fut l’inauguration de l’Autel) en parallèle à « Zot ‘Hanouca ».
Et également : « imacha’h » (où il fut oint – הִמָּשַׁח), mot qui provient de : « machia’h » (משיח), qui est également l’acronyme de : « madlikin chémonat yémé ‘Hanouca » (on allume les 8 jours de ‘Hanouca – מדליקין שמונת ימי חנוכה).
[rabbi Avraham de Radomsk – Séfer ‘Hessed léAvraham]

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-> Le passage dans la guémara qui aborde ‘Hanouca commence par : « maï ‘Hanouca » (Qu’est-ce que ‘Hanouca – מאי חנוכה – guémara Shabbath 21b).
Il est intéressant de constater que la guématria de : « maï » (qu’est-ce que – מאי) est de 51, et si on la multiplie par 8 (le nombre de jours de ‘Hanouca), alors nous obtenons : 408, qui est la guématria de : « zot » (זאת).
Le rav Gedalia Schorr explique que si nous passons notre ‘Hanouca à essayer d’internaliser ses messages, alors à la fin de la fête nous sommes capables de proclamer : « Zot ‘Hanouca! » (c’est ça ‘Hanouca! – זאת חנוכה).

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-> Les 8 bougies de ‘Hanouca sont le même concept que : Chémini Atsérét.
En ce sens nos Sages affirment que Zot ‘Hanouca est le [dernier] moment où nous pouvons être inscrits pour une bonne année (gmar ‘hatima tova).
[Beit Aharon]

-> b’h, à ce sujet : http://todahm.com/2017/09/27/la-periode-de-tichri-a-hanoucca

-> Le Rokéa’h enseigne que la paracha Emor (chap.23) liste les yamim tovim. Il s’y trouve que les derniers jours de fête juive listés sont Souccot et Chémini Atsérét, et ensuite la Torah aborde les lois de l’allumage de la Ménora (cf. Emor 24,2).
Le Rokéa’h dit que la Ménora fait allusion à la fête de ‘Hanouca, et puisque ‘Hanouca est écrite juste après Souccot – Chémini Atsérét, alors cela implique que ‘Hanoucca doit également durer 8 jours (de même que Souccot dure 8 jours avec Chémini Atsérét).

-> En se basant sur ce lien entre ‘Hanoucca et Chémini Atsérét, le rav Elimélé’h Biderman enseigne :
Rachi (Emor 23,36) explique la raison d’être de Chémini Atsérét : c’est comme un roi qui aura invité ses enfants à un festin pendant plusieurs jours. Lorsque le moment est venu pour eux de prendre congé, il leur dit : « Mes enfants! Restez s’il vous plaît encore un jour chez moi! Votre départ m’est pénible! »

=> De la même façon, on peut expliquer qu’après 7 jours de ‘Hanouca, Hachem dit aux juifs : « J’aime tellement vos mitsvot : votre allumage des bougies, votre Hallel, … S’il vous plaît restez encore un jour avec moi. Votre départ m’est pénible! »

Selon le Zohar (Noa’h 63 ; Tsav 31b) : « Pendant ces jours de fêtes (Chémini Atséret), la seule [nation] qui est avec le Roi, est la nation juive.
Celui qui est tout seul avec le Roi peut Lui demander tout ce qu’il désire et Il l’accordera. »
=> Cela s’applique à Chémini Atsérét, mais également à ‘Hanouca : quoiqu’on puisse demander à Hachem en ce jour, Il nous l’accordera.

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-> Le Gaon de Vilna enseigne que le Hallel que nous récitons les 8 jours de ‘Hanoucca vient compléter les 8 jours où l’on manque le Hallel pendant l’année.
En effet, les 6 derniers jours de Pessa’h nous ne lisons que le Hallel abrégé, et à Roch Hachana (qui selon la Torah ne dure qu’un jour), et à Yom Kippour, nous n’y disons pas du tout le Hallel.
Le dernier yom tov de Pessa’h nous disons un Hallel abrégé car c’est le jour de la traversée de la mer Rouge où la création de D. était en train de se noyer, et il n’est pas convenable de pleinement se réjouir. Cela a été étendu aux jours de ‘hol hamoéd de Pessa’h.
A Roch Hachana et Kippour, nous ne récitons pas le Hallel, car selon nos Sages : « Comment se peut-il que le Roi soit assis sur Son Trône de jugement, les livres de la vie et de la mort sont ouverts devant Lui, et qu’Israël soit en train de faire une Chira »
=> Ainsi, ces jours sont des jours où techniquement nous aurions dû réciter un Hallel complet, mais quelque chose a empêché de le faire.
C’est en ce sens que le Gaon de Vilna enseigne que les 8 jours de ‘Hanouca viennent réparer cela.

L’ordre des fêtes juives commence par Pessa’h (mois de la naissance du peuple juif).
Ainsi, selon nos Sages les 6 premiers jours de ‘Hanoucca viennent compléter les Hallel manquants des 6 jours de Pessa’h (‘hol hamoed + 1 yom tov).
Le 7e jour de ‘Hanouca correspond au Hallel de Roch Hachana.
Le 8e jour (le Zot ‘Hanouca), nous disons le Hallel qui aurait dû être récité à Yom Kippour.

=> Selon cela, le 8e jour de ‘Hanouca correspond à Yom Kippour, et de même que ce dernier est le jour où les juifs sont signés pour une bonne année, alors de même à Zot ‘Hanouca les juifs sont confirmés pour une bonne année.
[ce jour à la force de totalement changer en bien, la décision de Yom Kippour.]
[rav Elimélé’h Biderman]

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-> Le Yichma’h Israël (‘Hanouca 53) enseigne que lorsque la Torah utilise le terme : « zot » (זאת), elle fait référence à quelque chose que nous pouvons voir avec nos yeux.
Il explique que Zot ‘Hanouca est un jour d’une telle sainteté que les tsadikim parfaits arrivent à l’identifier et à la voir de leurs yeux.
En ce jour, même si nous ne la voyons pas, nous sommes heureux de la joie de ces tsadikim qui arrivent eux à la voir.

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-> La guémara (Shabbath 21b) rapporte l’avis de Beit Chamaï, selon laquelle nous devons diminuer chaque soir le nombre de bougies à allumer.
La guémara dit que cela correspond à la diminution du nombre de sacrifices à apporter chaque jour de Souccot.
=> Quel est le lien entre les deux?

Selon nos Sages, il y a 70 jours entre Souccot et ‘Hanouca, et ces jours ont la même particularité que les jours séparant Pessa’h de Shavouot.
La 1ere nuit de Pessa’h, chaque juif reçoit une quantité d’énergie spirituelle qui est trop importante pour être internalisée en une seule fois. C’est pourquoi, nous devons compter 50 jours, et chaque jour nous internalisons une partie de cette énergie spirituelle, jusqu’à avoir tout intégrés à Shavouot.
De la même façon à Souccot, nous recevons une grande quantité d’énergie spirituelle, et il nécessite 70 jours pour l’absorber totalement.
[du 15 Tichri (début Souccot) à fin Tichri = 16 jours + ‘Hechvan (29 jours) + 24 jours en Kislev avant ‘Hanouca = 70 jours]

A Souccot, 70 taureaux sont sacrifiés en korbanot en correspondance avec les 70 [racines de] nations non-juives.
Chacune de ces nations a un pouvoir unique d’interrompre la croissance spirituelle du peuple d’Israël.
Chaque sacrifice retire le pouvoir d’une de ces nations, et ramène la force des nations dans le domaine de la sainteté.
Nous offrons les sacrifices avec un ordre descendant, un de moins chaque jour, afin de représenter la diminution de la puissance des nations.

Cependant, le Ohév Israël explique que durant les 7 jours de Souccot, nous ne faisons que retirer rapidement et superficiellement la puissance des 70 nations.
C’est pourquoi après Souccot, nous commençons une période de 70 jours, chaque journée représentant la diminution de pouvoir d’une nation et son transfert dans le domaine de la sainteté (kédoucha).
[il y a 70 jours depuis le 1er jour après Souccot en Israël & galout, et le dernier jour de ‘Hanoucca]

Lorsque ‘Hanouca arrive, il ne reste plus que 8 jours (pour arriver au terme des 70 jours), et ce sont les jours les importants car nous avons besoin de la force des bougies de ‘Hanouca pour vaincre ces 8 nations qui sont les plus puissantes.
Pendant ces 8 jours a lieu les plus importantes batailles contre les mauvaises énergies spirituelles de ce monde.
L’idée de Beit Chammaï est d’allumer les bougies en compte à rebours, pour indiquer que c’est la dernière ligne droite pour affaiblir la force du yétser ara.

C’est ainsi qu’au 8e jour de Hanouca, les forces d’impureté [des nations] sont éradiquées et transférées dans la sainteté, provoquant que chaque juif peut arriver à ressentir l’étincelle d’Hachem qui est en lui.
L’huile pure qui est contenue profondément en chaque juif peut briller, en fonction du niveau de la personne.

=> C’est cela ‘Hanouca, l’aboutissement d’une période qui a démarré à Souccot.

-> Le Bné Yissa’har (début de ‘Hodech Kislev) écrit que Yaakov est mort le 1er jour de Souccot, et il a été enterré à ‘Hanouca.
En effet, après sa mort à Souccot, il y a eu 70 jours de deuil en Egypte, et ensuite encore 7 jours de deuil à Goren ha’atud. Ainsi, il semble que Yaakov a été enterré à Zot ‘Hanouca.
La guémara (Sota 13) dit qu’en ce même jour, Essav a été tué.
Ainsi, Zot ‘Hanouca est le 8e jour de ‘Hanouca, le jour d’enterrement de Yaakov, celui de la mort d’Essav, qui représente la destruction de la puissance des nations luttant contre le peuple juif.
[Le rav Tsadok haCohen (Pri Tsadik – ‘Hanouca 18) écrit que la lettre ע qui a une valeur de 70, se trouve en tête du nom d’Essav (עשו) car il est à l’origine des 70 puissances d’impureté].

La guémara ajoute également qu’à Goren ha’atud, les rois de la terre de Canaan ont placé leurs couronnes autour du cercueil de Yaakov.
Il y avait 36 couronnes entourant le cercueil.
Or, les 7 jours de deuil en ce lieu on commencé à ‘Hanouca, et ces 36 couronnes sont en correspondance avec les 36 bougies allumées à ‘Hanouca.
La valeur du mot : « kéter » (couronne – כתר) est de 620.
Or, dans la Torah il y a 613 mitsvot, auxquelles nous ajoutons les 7 mitsvot de nos Sages, dont la 7e est ‘Hanouca. Ainsi, ‘Hanouca symbolise le fait de compléter la couronne (kéter) de la Torah.
[il y a 620 mots dans les 10 Commandements.]
Par ailleurs, les 36 couronnes représentent les 36 traités de guémara, qui sont chacun une couronne à part entière.
‘Hanouca, le Yom Tov de la Torah Orale, a 36 bougies, une pour chaque traité.
[l’étude de la Torah a la capacité de réduire les forces d’Essav, du yétser ara et des forces du mal.
La lumière produite par un juif repousse beaucoup d’obscurité des autres nations.]

[ce divré Torah se base sur une adaptation personnelle de paroles du rav Israël Sim’ha Schorr]

Le 10 tévét – un jour déterminant

+ Le 10 tévét – un jour déterminant :

-> Le ‘Hatam Sofer (dans ses drachot sur la fin du livre de Dévarim) explique que le 10 tévét est un vrai jour de jugement (yom hadin).
De même qu’en bas les ennemis du peuple juif ont assiégé Jérusalem et ont initié les tristes événements qui ont duré 2 ans et demi avant la destruction du Temple (Hachem attendant la téchouva de son peuple), de même dans le Ciel il y a un jugement céleste (le 10 tévét).

La guémara (Yérouchalmi Yoma 5) affirme : « Toute génération qui n’a pas vu le Temple reconstruit c’est comme si elle -même l’avait détruit » = cela signifie que chaque année en ce jour du 10 tévét, Hachem juge à nouveau : est-ce que le Temple sera détruit cette année ou bien reconstruit? Est-ce que le machia’h pourra se révéler et sera annoncé par Eliyahou haNavi qui le devancera ou non?

[Selon nos Sages si le jeûne du 10 tévét tombait un samedi alors on devrait jeûner pendant Shabbath (à l’image de Yom Kippour), ce qui n’est pas le cas pour le 9 av, qui lui est décalé.
Cela souligne la particularité du 10 tévét : c’est un jour de jugement (alors que le 9 av est un jour désigné où l’on s’attriste sur la perte du Temple, et en ce sens il peut être décalé)]

=> Le ‘Hatam Sofer conclut : Le jeûne du 10 tévét n’est pas seulement un deuil sur le passé, mais il concerne bel et bien l’avenir car c’est en ce jour que chaque année est décidé l’avenir de Jérusalem et du Temple, pour notre génération (d’où le : « c’est comme si elle -même l’avait détruit »!).
[le 9 av n’est que la constatation de la triste décision qu’il y a eu en ce jour, par notre faute!]

‘Hanouca : chaque juif est une lumière aux yeux d’Hachem!

+’Hanouca : chaque juif est une lumière aux yeux d’Hachem!

-> A l’époque de ‘Hanouca, les grecs ont décrété que chaque juif devait écrire sur les cornes de son bœuf : vous n’avez pas de part dans le D. d’Israël (ché’én la’hem ‘hélék bééloké Israël).

=> Ces mots se contredisent. En effet, « éloké Israël » (D. d’Israël) implique que Hachem est le D. des juifs, alors que signifie le fait qu’il n’en a pas part?

Le Sfat Emet répond que les grecs étaient d’accords sur le fait que Hachem soit le D. d’Israël, et cela ne les dérangeait pas si les érudits en Torah (talmid ‘hacham) affirmaient qu’ils étaient associés avec le D. d’Israël.
En effet, au regard de leur érudition, de leurs sublimes actions, les grecques étaient d’accord pour voir un lien avec Hachem.

Cependant, ils ne pouvaient pas accepter qu’un juif moyen puisse se considérer comme étant connecté avec Hachem.
Au regard de ses fautes, parfois graves, son lien avec D. doit forcément s’abîmer.
Comment un juif normal [qui la plupart du temps vit sa vie de son côté] peut-il se proclamer être proche d’Hachem!
Pour les grecs, cela n’est pas rationnel!

C’est pourquoi, les grecs demandaient d’écrire : VOUS n’avez pas de part dans le D. d’Israël = ils mettaient bien l’accent sur le mot « vous » (la’hém) pour faire rentrer dans l’essence du juif : toi qui n’est pas un tsadik, toi qui commet des fautes, alors tu ne dois pas te considérer comme unique et précieux aux yeux d’Hachem.

De même, les grecs ont interdit de fêter le Roch ‘Hodech, car ils n’acceptaient pas l’idée que les juifs simples, ceux qui fautent, puissent contrôler le temps et être si important dans le monde.
[ex: 2 témoins de la nouvelle lune parmi tous les juifs permettent de fixer la date du nouveau mois, et donc des fêtes éventuelles à venir …]

Il est écrit : « l’obscurité sur la surface de l’abîme » (Béréchit 2,1), qui selon nos Sages (midrach Béréchit rabba 2,4) fait référence aux grecs qui « ont obscurcis les yeux des juifs par leurs décrets ».

Ces décrets avaient pour objectif d’entraîner les juifs à croire qu’ils ne sont pas si importants que ça aux yeux Hachem, et ce en noircissant tout l’amour infini qu’a Hachem pour chacun de Ses enfants uniques (les juifs), et ce indépendamment de leurs actions.

Ainsi, le message éternel de ‘Hanoucca, que nous nous répétons chaque année, est que Hachem dit à chaque juif qu’il est spécial devant Lui, et que ses mitsvot ont un impact énorme (envoyant des flux de spiritualité et de bénédictions dans les mondes d’en bas et d’en-haut).

Les grecs voulaient nous obscurcir le fait que : « Ton peuple est [composé que] de tsadikim » (véamé’h koulam tsadikim – Yéchayahou 60,21).
=> A ‘Hanoucca nous fêtons et allumons dans notre cœur la réalité que tout juif est brillant, il illumine ce monde, et aux yeux d’Hachem nous sommes tous des tsadikim (koulam tsadikim).

Le message de ‘Hanoucca est que même le plus mauvais des juifs restera toujours une lumière aux yeux d’Hachem, qu’il aura toujours en lui une âme sublime et brillante qui est une partie Divine, et que Hachem l’aime (indépendamment de son comportement) et attend impatiemment qu’il retourne plus proche de Lui par la téchouva.

[le yétser ara cherche (plus ou moins inconsciemment) à nous faire croire qu’il y a les tsadikim et nous …, et que nous n’avons pas vraiment part au D. d’Israël. Cela est faux!
Nous avons tous des capacités uniques, et si je les exploite à 100% alors je suis aussi parfait qu’un tsadik, car nous faisons tous les 2 de notre mieux, même si en apparence l’écart semble énorme.
Si j’existe à chaque seconde, c’est grâce à D. qui me donne la vie, et par là croit et a confiance en moi!
Plus nous avons conscience d’être précieux aux yeux de D., plus nous avons envie de nous donner à fond pour faire Sa volonté et être encore plus proches de Lui.]

Si une personne est vigilante dans l’allumage des bougies [de Shabbath et de ‘Hanoucca – selon Rachi], il lui sera accordé des enfants qui seront des érudits en Torah (talmidé ‘hakhamim).
[guémara Shabbath 23b]

-> Le ‘Hidouché haRim ajoute que la personne qui allume les bougies deviendra également un talmid ‘hakham.
En effet, si cela est propice pour avoir des enfants, alors cela est également très propice pour celui qui allume les bougies.

=> On peut s’interroger : Un très grand nombre de juifs sont vigilants à allumer chaque année les bougies de ‘Hanoucca, et pourtant nous ne les voyons pas devenir des talmidé ‘hakhamim?

On peut rapporter les paroles du Méïri :
« Tout celui qui est vigilant d’allumer les bougies de ‘Hanoucca avec amour et enthousiasme, on lui accordera des enfants qui seront des tamidé ‘hakhamim ».

Il en découle que la bénédiction d’avoir de bons enfants est fonction de l’intensité de l’amour, de l’enthousiasme et de la joie que nous avons de faire cette mitsva.