« Au commencement, Hachem créa le ciel et la terre » (Béréchit 1,1)
Le Yessod haAvoda explique que le monde a été créé pour les tsadikim qui se répètent constamment à eux-mêmes que Hachem a créé le monde (que : « Au commencement, Hachem créa … »).

=> En d’autres termes, Hachem a créé notre monde pour les juifs qui ont de la émouna.

-> L’acronyme de : « barou’h chéamar véaya aolam » (Béni soit Celui qui a parlé et le monde fut – ברוך שאמר והיה העולם) est : בשוה (équitablement – béchavé).
Le Baal Chem Tov explique que lorsque nous sommes persuadés que c’est Hachem qui dirige le monde (que absolument rien ne peut se passer sans qu’Il émette un décret), alors le bien et le mal sont équivalents (chavé – שוה), car lorsque nous avons conscience d’être constamment entre de bonnes mains (celle de papa Hachem), alors nous savons que tout est parfait.

[en ce sens la joie et la tranquillité sont les signes que notre émouna en Hachem est bonne, et à l’inverse si nous avons des inquiétudes sur le futur alors c’est que notre émouna est défectueuse, que nous ne sommes pas suffisamment persuadés que Hachem gère tout de la meilleure des façons possibles!]

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-> La guématria de « vaét’hanan » (j’ai imploré [en prières] – ואתחנן) est la même que celle de : « chira » (un chant – שירה), soit 515.
La raison est qu’une personne doit tellement avoir confiance en Hachem, qu’elle en vient à chanter à Hachem, et ce même avant d’être délivré [de son problème].

[nos soucis prennent l’importance que nous voulons bien leur accorder. En leur exprimant à quel point Hachem est grand, alors toutes nos craintes deviennent tellement petites, voir insignifiantes.
Quoiqu’il puisse m’arriver, je n’ai rien à craindre, car c’est papa Hachem qui dirige tout pour mon bien ultime!]

Le bita’hon en Hachem est supérieur à toutes les louanges que nous pouvons dire à Hachem.
[Séfer ha’Ikarim – 4,49]

-> « Pour Toi, le silence est louange » (Téhilim 65,2)
Nous n’avons pas besoin de dire quelque chose. Lorsqu’en silence nous avons confiance en Hachem que tout se finira pour le bien, alors c’est une louange énorme.

De même, il est écrit : « Et moi j’espérerai toujours en Toi, et j’ajouterai [ainsi] encore à toutes tes louanges » (Téhilim 71,15).
[rav Elimélé’h Biderman]

[avec le bita’hon, chacun de nos actes peut devenir une louange à D.]

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-> Lorsque quelqu’un a confiance en Hachem, son bita’hon va le sortir de l’enfer (guéhinam) … les anges vont le prendre du guéhinam.
Le bita’hon purifie comme un mikvé, car le bita’hon élève une personne à un haut niveau où il n’y a pas de fautes ni d’imperfections …
[Ram’hal – דרוש בענין הקיווי]

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-> Le roua’h hakodech (l’esprit saint) repose sur une personne qui a du bita’hon.
Il reçoit un esprit courageux qui l’assure qu’Hachem va sûrement l’aider.
[‘Hazon Ich – Emouna ouBita’hon 2,7]

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-> Lorsque quelqu’un vit avec émouna et bita’hon, Hachem va l’aider d’une manière qu’il n’aurait jamais imaginée.
[rabbi Pin’has de Koritz]

-> Le Alshich haKadoch dit qu’il y a différents niveaux de confiance en Hachem.
Lorsque quelqu’un a un bita’hon honnête et sincère, alors [grâce à cela] des miracles vont se produire pour lui.

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-> « D’où viendra mon aide? Mon aide vient de Hachem qui a créé le ciel et la terre » (Téhilim 121,1-2)

Le ‘Hatam Sofer explique que par moment nous n’avons pas de solution, et nous crions : « D’où viendra mon aide? » (méayin yavo ézri)
Il n’y a pas de solution logique.
Cependant, Hachem peut tout faire, Il peut nous sauver.
C’est « Hachem qui a créé le ciel et la terre », et ce à partir de rien (méayin).
=> Ainsi, si cela est nécessaire Hachem peut créé à partir de rien (yech méayin) et nous sauver de toute situation.

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-> « Heureux est l’homme qui met sa confiance en Hachem, et [alors] D. sera son espoir! » (Yirmiyahou 17,7 – barou’h agéver achèr yivta’h b’Hachem -> véaya Hachem mivta’ho)

Cela signifie : Qui est la personne qui est bénie d’avoir confiance en Hachem?
« véaya Hachem mivta’ho » : or, nos Sages disent que le terme : « véaya » (ce sera – והיה), est un mot qui implique de la joie.

– Le Divré Israël écrit : « La joie et la sérénité sont les signes d’une foi authentique en Hachem ».

– Le ‘Hovot haLévavot (Chaar haBita’hon chap.1) écrit : « Le bita’hon signifie la tranquillité (ménou’hat anéfech). On compte [totalement] sur le fait que Hachem va faire ce qu’il y a de mieux pour nous ».

– Le Séfer ha’Ikarim (4,49) écrit : « Il ne faut avoir aucun doute … car Hachem peut nous sauver [de toute situation] et personne ne peut l’en empêcher … Ton bita’hon doit être [sûr] comme quelqu’un qui attend que le matin arrive. »
[de même que personne ne doute que le lendemain matin le soleil va se lever, de même nous ne devons avoir aucun doute que Hachem va nous aider!]

Le Séfer ha’Ikarim enseigne également : « Le bita’hon ne rend pas anxieux. Nous sommes joyeux. Nous ressentons maintenant la joie du futur. Cette forme de bita’hon est bonne. »

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-> « Cherche tes délices en Hachem, et Il t’accordera les demandes de ton cœur (Téhilim 37,4 – véit’anag al Hachem -> véyiten lé’ha mich’alot libé’ha)

Le rav Elimélé’h Biderman commente : Celui qui est certain que Hachem va l’aider, au point d’en arriver à trouver des « délices », à avoir du plaisir dans sa confiance en Hachem, alors le fait d’atteindre ce niveau de bita’hon va avoir pour conséquence que :  » Il t’accordera les demandes de ton cœur ».

« La chose principale est de toujours être fort dans sa confiance en Hachem, car un juif ne doit jamais perdre espoir.
Un juif doit constamment vivre avec du bita’hon. Il doit être persuadé que Hachem peut tout faire à toute personne, et rien n’est trop dur pour Lui, et pour Lui il n’est jamais trop tard.
Nous devons toujours avoir conscience que Hachem nous enverra certainement Son aide du Ciel.
[« Même si une épée tranchante est posée en travers de sa gorge, il ne doit pas se retenir de prier [d’espérer qu’Hachem le sauve] » (guémara Béra’hot 10a)]
Avec une émouna authentique, nous ressentons de la joie dans les profondeurs de notre cœur, et notre émouna a le pouvoir de faire descendre des délivrances, des bénédictions, de la réfoua chéléma, … »
[rabbi de Klausenbourg – dans une lettre]

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-> Le rav ‘Haïm de Volozhin (Néfech ha’Haïm – chaar 3, chap.12) enseigne que si l’on fixe dans notre cœur que :  »Hachem est le D. véritable et qu’il n’existe aucune autre force au monde ni dans les mondes. Tout est rempli seulement de Son Unicité la plus simple », alors Hachem lui apportera la réussite, et de fait, toutes les forces et les volontés qui pesaient sur lui s’annuleront et ne pourront pas le moins du monde agir à son encontre.

[Plus Hachem est grand à nos yeux (même dans nos épreuves), plus nous Lui donnons les moyens de faire de grandes et belles choses dans notre vie!]

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-> Comme il est bon de focaliser ses pensées sur le fait que tout ce qui peut arriver à l’homme ne vient que d’Hachem … et que rien ne peut se produire sans Lui.
Tourner nos yeux vers Lui, amène des délivrances.
[‘Hazon Ich – Iguéret vol.3,5]

-> Il existe autre chose dans la confiance en Hachem : un esprit de sainteté repose sur celui qui a confiance en D. et cet esprit puissant lui annonce qu’Hachem lui viendra en aide.
[‘Hazon Ich- Emouna Vé Bita’hone 2,7)]

-> Le ‘Hazon Ich dit également : « La délivrance survient à l’instant où l’homme ne voit plus aucun moyen naturel d’être délivré. »
[à partir du moment où tu as abandonné tout espoir d’aide naturelle, normale, et que tu ne mises plus que sur Hachem, alors la délivrance à tes problèmes peut pleinement survenir.]

Celui qui fait confiance à Hachem pourra espérer, même au sommet de la souffrance, que l’obscurité dans laquelle il se trouve soit la raison de sa propre lumière.
[Rabbénou Yona – Chaaré Téchouva 2,5]

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-> Pourquoi Hachem a-t-il envoyé des souffrances pour Adam et ‘Hava? Car les 2 étaient dans le Gan Eden, ils profitaient, se délectaient, dans un contexte de Torah et de mitsvot.
Et voici qu’Adam a décidé de désobéir à Hachem et de manger le fruit.
Il a pensé : « ce sera sûrement mieux pour moi lorsque j’aurai le libre arbitre ».
Adam vivait au Gan Eden dans un contexte de délices et d’éclat de la splendeur d’Hachem, et pourtant il a remis en question les intentions d’Hachem à son sujet, pensant qu’il serait mieux pour lui d’avoir la connaissance du bien et du mal.
Adam a pensé : « Ce n’est sûrement pas pour mon Bien que je n’ai pas un plein libre arbitre (bé’hira) ».

Hachem a décrété après sa faute : « Je t’ai donné du Gan Eden et tu te permets de Me suspecter et de remettre Mes intentions à ton sujet en question ; Je vais maintenant faire l’inverse : Je vais te mettre dans un monde difficile avec des épreuves et des souffrances et tu devras découvrir et révéler que Mes intentions sont bonnes à ton sujet et ce sera là la réparation (tikoun) de ta faute.

=> Il en ressort donc que lorsqu’un homme gère bien « les épines qu’il a dans le pied » (ses souffrances) et fait confiance à Hachem dans chaque situation, alors il répare justement la faute d’Adam et permet au monde d’arriver à sa perfection.
[rapporté dans le Néfech Yéhoudi]

=> Lorsque le soleil est au beau fixe, qu’il fait beau dans notre vie, nous ne remarquons pas une lumière forte allumée.
Par contre, pendant nos périodes noires/sombres, de notre vie, nous arrivons à distinguer très nettement une lumière allumée dans l’obscurité.
Lorsque tout va bien nous ne faisons pas très attention à Hachem (j’ai tout ce qu’il faut, je gère tout seul).
Par contre, lorsque nous souffrons nous nous tournons d’avantage de tout notre être vers Hachem, espérant qu’Il nous sorte de cette galère au plus vite.

Ainsi, plus l’obscurité est importante dans notre vie, plus nous pouvons parvenir à voir distinctement la lumière d’Hachem qui n’est que bonté infinie.
Nous mettons en pratique et au grand jour notre émouna, et nous renforçons notre conscience d’à quel point Hachem gère tout pour notre bien ultime.
Et ainsi : « l’obscurité dans laquelle il se trouve soit la raison de sa propre lumière. »

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-> « Tu aimeras Hachem de tout ton cœur, de toute ton âme
et de tous tes moyens ».
Comment fait-on pour arriver à l’amour d’Hachem?

Lorsqu’un juif se sacrifie pour l’honneur d’Hachem alors il se rempliera tout naturellement de l’honneur et de kédoucha.
Plus il se mesure à une épreuve difficile plus cela entraînera en lui un renforcement de l’amour pour Hachem qu’il aura développé pour surmonté l’épreuve.
[Messekh ‘Hokhma – Vaét’hanan 6,5]

[« l’obscurité dans laquelle il se trouve soit la raison de sa propre lumière » = nos difficultés permettent d’illuminer en nous un amour très fort pour Hachem, ce qui est la plus belle des choses! ]

Transformer la Rigueur en Miséricorde

+ Si un juif a conscience et est persuadé que … chacun de ses mouvements et de ses sentiments est observé par Hachem, car Il voit tout ce qui se passe dans le monde … alors toutes les rigueurs (dinim) disparaîtraient, et ce juif ferait descendre de la bonté et des bénédictions de la Source de la bonté.

Un tel juif ne manquera d’absolument rien.
Il est écrit : « tamim tiyé im Hachem Elokékha » (תָּמִים תִּהְיֶה עִם יְהוָה אֱלֹהֶיךָ – Choftim 18,13) = cela signifie que lorsque quelqu’un croit que Hachem surveille attentivement chacune de ses actions (« im Hachem Elokékha »), alors il sera entier (tamim) car Hachem lui accordera uniquement du bien. Il ne manquera de rien.

Il est écrit (Téhilim 130,7) : « ki im Hachem a’hessed véarbé imo fédout »
– « ki im Hachem » (car avec Hachem) = quand nous sommes persuadés que quoique nous fassions Hachem le regarde attentivement ; alors cela a la capacité d’amener « a’hessed » : la bonté d’Hachem …
– « véarbé imo fédout » (et nombreuses sont pour Lui, [les possibilités] de sauver) = la conscience d’une telle Présence permanente d’Hachem fait descendre beaucoup de bontés et de bénédictions sur tout le peuple juif.
[…]

Tous les problèmes qui se déroulent dans ce monde proviennent du fait que les gens n’ont pas [assez] conscience que Hachem surveille toute chose qu’ils peuvent faire.
[Bat Ayin (Vayichla’h) – rabbi Avraham Dov d’Avritch – un disciple du Baal Chem Tov]

[On peut comprendre en ce sens les paroles du roi David : « J’ai placé Hachem sans cesse devant moi, et lorsqu’Il est à ma droite, je ne trébucherai pas » (Téhilim16,8) => Puisqu’il a toujours conscience que Hachem observe chacune de ses actions, alors il bénéficiera d’aides, de bénédictions Divines, et ne tombera pas dans des malheurs, dans la faute, …]

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-> Le Noam Elimélé’h (Vayichla’h) enseigne que le « Din » (le jugement, la punition, Rigueur) peut se transformer en compassion lorsque nous ajoutons devant toute chose le aleph.
En effet, le דין avec un א devant correspond au Nom Divin : אדני.

=> Mettre Hachem dans sa vie, c’est dissoudre la Rigueur qui nous est destinée et la transformer en Miséricorde.

« Il [Hachem] me conduira (yan’héni) sur les sentiers de justice » (Téhilim 23,3)

-> Le mot « yan’héni » (me conduira – יַנְחֵנִי) peut se lire à l’envers et à l’endroit.
C’est une allusion au fait que même si tout semble être à l’envers et mauvais dans notre vie, en réalité tout est pour notre bien ultime.
[rav Elimélé’h Biderman]

[en effet, rien ne peut se passer sans un décret d’Hachem, et le roi David dit au verset suivant (v.4) : « Quand bien même j’irai dans une vallée de ténèbres, je ne craindrai pas le mal, car Tu es avec moi. Ta force et Ton soutien me consoleront. »
Ailleurs, le roi David déclare : « J’ai placé Hachem en face de moi en permanence » (chiviti Hachem lénegdi tamid – Téhilim 16,8)
Le mot chiviti (שיויתי) est à rattacher au terme : chiv’yon (l’égalité – שיווין ou השתוות) = ainsi quoiqu’il puisse m’arriver cela m’est égal, car j’ai la certitude qu’aucun juif n’est seul car il a toujours son papa Hachem à ses côtés.
Même s’il y a des turbulences dans ma vie, c’est mon père, le boss des boss, qui est aux commandes et Il prend le meilleur des chemins possibles!]

Notre émouna est récompensée déjà dans ce monde

+ Notre émouna est récompensée déjà dans ce monde :

-> Le Choul’han Aroukh (‘Hochen Michpat 339) écrit : « C’est une mitsva de payer ses employés à temps ».

Nous avons un principe que Hachem observe la Torah (cf. guémara Yérouchalmi Roch Hahcana 1,3).
Ainsi, nous devrions apparemment recevoir chaque jour la récompense pour les mitsvot que nous avons accomplies.
Cependant, selon nos Sages (guémara Erouvin 22) : nous ne recevons pas de récompense pour les mitsvot dans ce monde.

=> Pourquoi Hachem ne nous récompenset-tIl pas immédiatement, comme la mitsva le demande?

Le ‘Hanoukat haTorah (rabbi Herschel de Krakow) répond :
Hachem a enseigné à Moché les mitsvot, et ensuite Moché nous les a enseignées.
Ainsi, nous sommes similaires à des travailleurs qui ont été embauchés par une tierce partie.
Le Choul’han Aroukh (‘Hochen Michpat 339,6) spécifie : « Lorsqu’on demande à un messager (chalia’h) d’embaucher des travailleurs … aucun des deux ne transgresse l’interdit si un travailleur est payé en retard. »

En se basant sur cela, nous comprenons pourquoi notre récompense est repoussée jusqu’au monde futur.
En effet, il y avait un intermédiaire : Moché, qui était le messager d’Hachem pour nous enseigner les lois de la Torah, et ainsi la récompense des mitsvot peut être décalée jusqu’au monde futur.

Cependant, le peuple juif a entendu 2 mitsvot directement d’Hachem.
En effet, la guémara (Makot 23) dit que Moché nous a enseigné 611 mitsvot.
Les 2 premiers des 10 Commandements (« Je suis Hachem, ton D. » et « Tu n’auras pas d’autres dieux »), qui nous obligent à la émouna, ont été entendus directement de la « bouche » Hachem, sans aucun intermédiaire.

C’est pourquoi le ‘Hanoukat haTorah conclut que bien que nous ne recevons pas de récompenses dans ce monde pour nos mitsvot, nous sommes récompensés pour notre émouna, même dans ce monde.
Lorsque nous nous renforçons et avons confiance que tout vient d’Hachem, alors nous pouvons attendre une récompense le jour même, en accord avec la loi juive (demandant de payer son salarié dans les temps).

-> C’est le sens du midrach (Chémot rabba 23,65) : « Ce que le peuple juif mange dans ce monde, c’est par le mérite de la émouna. »
En effet, dans ce monde nous sommes récompensé pour notre émouna, ce qui n’est pas le cas des autres mitsvot.

Emouna & humilité

+ La racine de toutes les erreurs de émouna (foi) et de vision des choses (hachkafa) est l’orgueil et l’égocentrisme, car ils empêchent l’homme de soumettre sa volonté à celle des autres et plus particulièrement à celle d’Hachem.
Pour l’orgueilleux, tous les moyens sont bons pour s’affranchir des devoirs qu’Hachem lui impose dans la Torah et qui vont à l’encontre de ses désirs.
[…]

Le cœur est le véritable moteur de l’homme. Nos yeux ne voient que ce que nous voulons bien voir, notre intellect ne comprend que ce qui va dans le sens de notre volonté … à tel point que de mauvaises qualités de cœur (midot) peuvent amener l’homme à déformer toute sa émouna et sa compréhension de la Torah.

Tous les êtres humains sont touchés, de près ou de loin, par ce phénomène dont le seul remède est d’acquérir l’humilité nécessaire pour écouter les conseils et les remontrances des autres.
Plus particulièrement, il faudra s’attacher aux paroles de nos Sages, qui eux sont parvenus à corriger leurs midot et à gouverner les inclinaisons de leur cœur.

[rav Friedlander – Sifté ‘Haïm – Moadim 1,p.185]

« L’épreuve d’Hachem est pour l’âme, ce que le médicament est pour le corps.
Celui qui les rejette ressemble à un patient qui fuit le médecin qui voudrait lui prescrire son traitement.
Hachem envoie à l’homme exactement ce dont il a besoin pour guérir son âme de ses fautes. »

[Ramad Valli – un élève du Ram’hal]

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-> « L’épreuve c’est l’occasion donnée par Hachem pour pousser l’homme à combler ses manques et à arriver à se parfaire. »
[Ram’hal]

Même lorsque nos fautes sont nombreuses, Hachem possède bien plus de délivrances et de bontés que l’obscurité de nos fautes.

[Rabbénou Yona]

[même si nos fautes sont nombreuses et grandes, la compassion, miséricorde d’Hachem l’est toujours davantage, puisqu’infinie.
D’ailleurs, selon le ‘Hovot haLévavot, la 7e condition pour renforcer notre confiance en Hachem est : Hachem possède une bonté infinie, une envie de donner que l’on ne peut pas percevoir ; peu importe si nous sommes aptes ou non à cela, Sa générosité s’exprime et se propage en permanence.]

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-> La citation ci-dessus vient d’un commentaire de Rabbénou Yona sur : « Hachem sera l’objet de ton espoir » (Michlé 3,26).
Il commente :
« Sache que le bita’hon, c’est la foi entière et le renforcement du cœur dans la délivrance (yéchoua) d’Hachem ; et il faut réellement compter dessus car le bita’hon ne supporte pas le doute …

Le bita’hon implique aussi que l’homme se rappelle dans son cœur que tout est entre les mains d’Hachem ; Il [Hachem] peut changer la nature, inverser le mazal (destinée), Il n’a pas de limite pour délivrer, que ce soit une grande délivrance ou une petite délivrance ; même si la difficulté a l’air proche, la délivrance peut l’être encore plus car Hachem peut tout faire sans limite.

Il faudra donc compter et espérer dans la bonté d’Hachem dans toute situation d’obscurité, « car Il est prodigieux dans la délivrance » (ki ou rav léochia) ; dans toute situation difficile et comme un clin d’œil (kééref ayin), elle peut arriver, si seulement nous ne désespérons pas …

Le bita’hon c’est s’efforcer que dans chaque situation difficile : l’espoir et la conscience de la bonté d’Hachem et de Son amour pour nous prenne le dessus, dans notre esprit et dans notre cœur, et dépasse même tout sentiment de peur ou d’angoisse de la situation ; car la bonté d’Hachem est au-delà de toute faute et au-delà de toute limite et il est plein de miséricorde sur tous.
Plus le cœur est fort, plus il pourra le renforcer dans l’espoir ; inversement, plus le cœur est tendre et faible et plus l’espoir diminuera. »

[nos Sages dans la guémara nous disent d’espérer dans la délivrance d’Hachem même lorsque l’épée est posée sur notre gorge, ou même si un prophète reconnu d’Hachem nous annonce par prophétie une mauvaise nouvelle, à l’instar du roi David ou du roi ‘Hizkiyahou, qui se sont trouvés dans de telles situations et se sont renforcés en prière et en confiance dans la bonté d’Hachem, en fuyant à tout prix le désespoir.]

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-> ‘Habakouk a fait tenir toute la Torah sur la émouna, car par le renforcement de cette émouna, l’homme atteint l’attachement à Hachem (dvékout) qui est le pilier sur lequel on peut faire tenir toute la Torah.
[Maharal de Prague]

-> L’intention d’Hachem dans toutes les mitsvot est que l’on soit très proche de Lui, et que l’on profite de la lumière et de l’éclat de Son visage (si l’on peut s’exprimer ainsi) …
Hachem sourit tout le temps et éclaire en permanence par Sa bonté, le manque vient du receveur : l’Homme, qui ne se tourne pas vers l’éclat d’Hachem et s’éloigne de Lui.
[Ram’hal – Déré’h Hachem (1.4.11)]

-> Lorsque l’homme compte sur Hachem pour réussir et pas sur la finesse de ses actions, alors Hachem réalise sa demande.
[Maharal – Nétivot Olam – Nétiv haBita’hon]

-> »Tout celui qui met sa confiance en Hachem mérite qu’Hachem le protège dans ce monde-ci et dans le monde futur. »
[Rabbi Ami à Rabbi Yéhouda haNassi – guémara Ména’hot 29b]

-> Tout celui qui sait remercier Hachem pour les épreuves de la vie et qui est heureux dans les épreuves, mérite qu’Hachem lui donne ce monde-ci (olam azé) et le monde à venir (olam aba).
[Tana dévéEliahou (chap.3) – au nom de Eliyahou haNavi]

-> La Guemara (Shabbat 88b) parle de cet homme qui se réjouit dans l’épreuve et dit à son sujet : il fait partie de ceux qui aiment Hachem et qui sont puissants comme le soleil à son zénith.

-> L’homme qui est fort et ne permet pas à l’inquiétude de venir dans son cœur tant il reçoit avec joie et affection tous les évènements verra sa force se décupler et même ses maladies s’en iront.
[Rachi – Michlé (18.14]

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-> Rabbi El’azar a enseigné : que signifie le verset : « qui fait honte au jour de la petitesse » (Zékharia 4)?
La guémara (Sota 48b) explique : qui fait honte aux tsadikim lorsqu’ils arrivent au monde futur?
[Rachi : Car leur salaire n’est pas entier : ] c’est la petitesse de émouna qu’ils avaient dans ce monde-ci.

-> Le ‘Hafets ‘Haïm (Ma’hané Israël – chap.25) enseigne :
Tu dois savoir que la récompense qu’un homme recevra lorsque le machia’h viendra ou dans le monde futur dépendra directement de son niveau de émouna.

Le midrach rapporte d’ailleurs que dans le futur le Gan Eden repoussera et recrachera les tsadikim qui viendront s’abriter en lui et il dira : envoyez-moi des tsadikim qui ont émouna.
En effet, dans le monde de la vérité, il ne suffit pas d’avoir de bonnes actions et la Torah dans nos actes mais il faut également avoir la Présence d’Hachem et de la Torah dans nos cœurs.
Or cela n’est possible que par un renforcement permanent du bita’hon qui est l’unique moyen de nous rapprocher d’Hachem en permanence et en profondeur ici-bas.