« Lorsqu’un homme aura sur la peau de sa chair … une plaie de tsaraat » (Tazria 13,2)

-> Dans la Torah, la plupart des cas où le mot « néga » (une plaie – נגע) apparaît, cela fait clairement référence à un décret Divin spécial.
Le mot : נגע (néga), peut également se lire : « naga », qui signifie : « touché », car une personne infectée par une plaie (néga) est en réalité touchée (naga) par le doigt d’Hachem.

[Rabbi Shimshon Raphael Hirsch]

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-> Le ‘Hatam Sofer (Méla’him II 5,10) écrit :
« Lorsque le peuple juif avait la lèpre (tsaraat), c’était une maladie spirituelle, un message envoyé par Hachem pour faire téchouva.
En effet, seule la téchouva pouvait guérir un juif de la tsaraat.

Pour les autres nations du monde, la lèpre (tsaraat) est une maladie [uniquement] physique qui se guérit par des remèdes naturels. »

[Pour les juifs = revenez vers Moi par votre téchouva ; pour les autres nations = vivez votre vie de votre côté]

-> Il existe 4 termes faisant référence à un homme, correspond à 4 niveaux : adam, guévèr, énoch, ich.
Le plus élevé de tous est : adam (il est propre aux juifs).
[Yalkout Réouvéni]

Dans ce verset, celui qui a une plaie suite à sa faute, est quand même dénommé : adam (un homme sous sa forme la plus élevée!).

=> Hachem aime chaque juif indépendamment de son comportement, au point qu’Il lui envoie des messages (épreuves) pour le bouger/inciter à revenir vers Lui par sa téchouva.
Cela à l’image d’un père disant à son fils : Reviens vers Moi! Mon fils adoré, que ta présence me manque!!

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« Telle est la loi du métsora … et il sera amené au Cohen » (Métsora 14,2)

-> Le mot : « véouva » (et il sera amené – וְהוּבָא) contient les mêmes lettres que : « et il est aimé » (véaouv – ואהוב).

Cela fait allusion aux mots du Rambam (Hilkhot Téchouva 7,4) : « Une personne qui a fait téchouva est aimée et chérie par D. »
Celui qui était un métsora et qui fait téchouva, est aimé par Hachem.

[le ‘Hida – ‘Homat Anakh]

J’ai mérité une longue vie car je n’ai jamais remis en question les actions de Hachem.

Lorsque l’on questionne D., on prend le risque d’être convoqué au Ciel, où l’on nous montrera qu’en réalité tout est parfait et juste.
Puisque je ne me suis jamais plains, alors il n’y avait aucune raison de me prendre la vie pour aller observer que toutes les actions de Hachem sont justes.

[rabbi Shimon of Yaroslav]

Le Korban Toda (sacrifice de remerciement) était apporté comme moyen pour remercier Hachem après avoir vécu personnellement une délivrance miraculeuse.

Mais si quelqu’un a une vie normale : lui et sa famille sont en bonne santé, bénis en subsistance et en joie, n’en devrait-il pas moins être redevable en remerciements à Hachem pour toute la souffrance dont Il le dispense?

[Rabbi El’azar Mena’hem Mann Shach]

[ex: au lieu d’attendre des années pour avoir un enfant, tu l’as eu tout de suite! Soit on se dit c’est la nature, c’est normal ; soit on remercie encore davantage D. de ne pas nous avoir fait attendre longtemps en souffrances!

=> On doit certes remercier Hachem lorsqu’Il nous sort de galère, mais nous devons encore plus le remercier lorsque tout va bien!]

« Celui qui bénéficie d’un repas somptueux n’est pas payé pour le manger, il le fait par plaisir et c’est cela sa récompense.
De même, telle doit être notre façon d’aborder le fait de servir Hachem : non pas comme une corvée nécessitant une récompense, mais plutôt comme un plaisir qui est une fin en soi. »

[Rabbi Barou’h de Kossov]

« Lorsqu’une plaie (néga) de tsaraat sera sur un homme, il sera amené vers le Cohen » (Tazria 13,9)

-> Le rav Eliyahou Lopian fait remarquer que les mots : « néga » (une plaie – נגע) et « onég » (le plaisir – ענג) sont composés des mêmes lettres, et la seule différence se trouve dans le positionnement de la lettre : « ayin » (en hébreu « ayin » veut dire : les yeux).

Le roi Chlomo écrit : « Un sage a ses yeux devant lui » (a’hakham énav bérocho – Kohélét 2,14).
Cela implique que :
– Un sage va observer les conséquences de ses actes avant de les accomplir. Ainsi, le fait d’ouvrir les yeux à l’avance, va lui procurer beaucoup de plaisir (ענג), davantage de conséquences positives que s’il ne l’avait pas fait.
– A l’inverse un fou va agir inconsciemment, et c’est uniquement lorsqu’il se cogne, qu’il a une plaie (נגע) et qu’il est obligé d’affronter la réalité (ouvrir les yeux, renvoyant au « ayin » à la fin du mot!).

Mais cela peut également se comprendre de la manière suivante :
– une personne sage va choisir de regarder ce qui est de 1er choix chez autrui : tout le meilleur. En plaçant ses yeux (ayin – ע) uniquement sur le positif, on vit alors une vie de plaisirs (ענג).
En effet, voir les qualités d’autrui, apprécier le bien (même petit) que l’on nous octroie, … c’est vivre dans un monde tellement agréable!

– à l’inverse, si nos yeux se trouvent toujours focalisés sur l’arrière (regard négatif), sur ce qui ne va pas assez bien, alors on devient quelqu’un d’amer avec la vie, la transformant en plaies (נגע) et en souffrances.

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-> Selon le ‘Hidouché haRim, on apprend de là que la vie peut être un plaisir ou une souffrance, et que cela dépend de notre façon de la percevoir.

-> Le rabbi Zalman Gutman fait remarquer que le mot « néga » (plaie) se retrouve dans le fait d’être : NEGA-tive (tive se rapprochant de tov), c’est-à-dire que notre négativité va dissimuler tout le bien que l’on a.

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-> Le mot : « bésim’ha » (dans la joie – בשמחה) possède les mêmes lettres que : « ma’hchava » (la pensée – מחשבה).
Se focaliser sur tout le positif de la vie, est une façon de penser qui amène la joie, et qui est donc dépendante de notre regard envers le monde.

-> Le mot : « toda » (merci! – תודה) a la même guématria que : « sim’ha bé’haïm » (la joie dans la vie – שמחה בחיים).
Lorsque l’on exprime notre gratitude, nos remerciements, cela témoigne d’une appréciation de ce qui se déroule dans notre vie. Il en résulte une joie de vivre!

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-> « Bien des femmes se sont montrées vaillantes tu leur es supérieure à toutes » (rabot banot assou ‘hayil, véat alit al koulana – michlé 31,29)

Ce passage du échet ‘hayil du vendredi soir, est un conseil en or de shalom bayit.
Nous savons tous que notre mari/femme a de nombreuses qualités (on ne l’aurait pas épousé sinon!), mais selon le roi Salomon, nous devons aller plus loin : à nos yeux notre conjoint(e) doit être unique (supérieure à tous).

-> « [Les anges] dirent [à Avraham] : « Où est Sarah ta femme? » Il répondit : « Elle est dans la tente ». »
Rachi commente : les anges savaient, certes, où était Sarah, notre matriarche, mais qu’ils ont voulu mettre sa discrétion en évidence, afin de la rendre plus chère à son mari.

=> On voit que même Avraham avait besoin de développer ce sentiment d’avoir LA meilleure femme possible pour lui.

-> Le rav Chmoulévitch avait l’habitude chaque jour, de souligner à lui-même 10 qualités uniques qu’il trouvait chez sa femme.

=> Plus nous donnons de la valeur à notre conjoint, moins ses petits défauts, écarts de conduite vont négativement nous impacter.
En effet : j’ai tellement de chance d’avoir une femme si exceptionnelle, si unique, que ces petits aspects négatifs sont comme inexistants face à l’immensité de ses qualités!!

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« Qui est l’homme qui souhaite la vie?
Celui qui aime les jours [et] qui regarde le bien »
[Téhilim 34,13 – mi a’ich é’afets ‘haïm? oév yamim, lir’ot tov]

Le rav Nison Alpert commente que l’origine du lachon ara ne se trouve pas dans une erreur de langage, mais dans un échec de voir la vie comme il faut.

-> Par exemple, lorsque les explorateurs sont revenus d’Israël et qu’ils ont mal parlé du pays, Hachem va les punir : « Selon le nombre de jours que vous avez exploré le pays, soit 40 jours, un jour pour une année, un jour pour une année, vous porterez vos fautes durant 40 années » (Chéla’h Lé’ha 14,34).

On voit ici que la punition va se baser non pas sur les quelques instants de lachon ara devant le peuple, mais sur la durée de leur séjour en Israël. Pourquoi cela?
Car si les explorateurs ont mal parlé, c’est parce qu’ils ne regardaient pas le positif du pays, mais plutôt ses aspects en apparence négatifs.

D’ailleurs, on voit ce lien dans le Téhilim (34,13-14) : « Celui qui aime les jours [et] qui regarde le bien, préserve ta langue du mal ».
[si tu regardes le bien alors tu préserve ta langue du mal!]

=> Ainsi, le plus une personne aura un regard centré sur le négatif, le plus elle trouvera des choses négatives à dire.
Nous pouvons passer à côté d’une vie très agréable, car on se serait focalisé uniquement sur ce qui ne va pas.

[« Qui est l’homme qui souhaite la vie? = la condition de base = toujours regarder le bien!]

« De même que Je veux que vous croyez dans le fait que Je vous ai délivré [d’Egypte], de même Je veux que vous croyez que Je suis Hachem votre D., et que dans le futur Je vous rassemblerai et vous délivrerai. »

[le Smak – Séfer mitsvot katan]

=> A Pessa’h en travaillant notre émouna basée sur la sortie d’Egypte, nous travaillons également notre émouna en une guéoula possible à tout moment.

-> Un composant essentiel du récit de la sortie d’Egypte (Haggada – הגדה) est le fait de remercier Hachem pour tous Ses miracles.

Il est écrit : « Je déclare aujourd’hui » (igadéta ayom – הִגַּדְתִּי הַיּוֹם – Ki Tav 26,3).
Le Targoum Yonathan ben Ouziel traduit ces mots par : « Je remercie aujourd’hui » (אודינן יומא).

[d’après le rav Soloveitchik]

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-> Il est écrit dans la Haggada : « La main de D. à la mer Rouge a entraîné 50 plaies ».
Le rav Avigdor Miller enseigne que lorsque nous voyons la main de D. dans notre vie, nous devons y répondre : « Je vois clairement Hachem, alors je dois certainement le servir encore mieux ».

=> C’est un message de Pessa’h, où en remerciant D. nous prenons davantage conscience de l’infinité des bontés dévoilées et cachées qu’Il nous donne, et cela doit nous élever à vouloir mieux agir selon Sa volonté (c’est la moindre des choses, vu tout ce qu’Il fait pour moi!).