« Vous vous tenez tous aujourd’hui devant Hachem votre D., vos chefs de tribus, vos anciens et vos responsables, chaque homme d’Israël » (Nitsavim 29,9)

-> Moché a employé les mots : « vos chefs de tribus, vos anciens », pour montrer qu’ils ont été nommés à ces hautes fonctions par les juifs, mais qu’en réalité, ils sont « chaque homme d’Israël ».
En effet, le titre de  » chaque homme d’Israël », [de juif], est le plus prestigieux qui soit, et chacun doit sentir que son prochain lui est supérieur.
[…]
Israël est appelé un « peuple unique » et une seule âme.
Les juifs proviennent de la racine de la sainteté qui représente l’unité complète …
[Lorsque règne une atmosphère d’harmonie et d’entente,] les juifs sont semblables aux anges parmi lesquels ne règnent ni jalousie ni haine.
En effet, si les âmes des juifs s’unissent ici-bas, leur racine spirituelle est également unie en Haut.
Voilà pourquoi il est écrit : « chaque homme d’Israël ».

[« Vous vous tenez tous ensemble » = il y a de l’unité, de l’amour entre nous => grâce à cela nous sommes : « devant Hachem votre D. », et cela s’applique à : « chaque homme d’Israël »]

[Méam Loez]

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+ « Vous vous tenez tous aujourd’hui »

-> Le mot « vous » (atèm – אַתֶּם) est formé des mêmes lettres que le mot : « émet » (vérité – אמת).
La vérité permettra au peuple juif de se maintenir longtemps.
[devant Hachem votre D. = « Le sceau de Hachem est : la Vérité » (guémara Yoma 69b ; Shabbath 55a)]

Deux promesses sont faites ici :
– la 1ere est que le peuple juif existera éternellement ;
– la 2e, qu’ils mériteront le monde futur s’ils observent la Torah.
Les sévères malédictions ne les anéantiront pas, mais elles expieront leurs fautes et leur permettront de mériter le monde futur.
L’expression : « devant Hachem votre D. » désigne la promesse de la récompense au monde futur, et le mot « tous » nous apprend que « tout Israël a une part au monde futur ».

[Méam Loez]

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+ « Il réside avec eux à l’intérieur de leurs impuretés » (A’haré Mot 16,16)

-> Dans la Torah, « leurs impuretés » s’écrit : « toum’otam » (טמאתם).
Les lettres qui sont à l’intérieur de ce mot sont les lettres : « מ-א-ת », qui constituent le mot : « אמת » (émét – la vérité).

Ainsi, quand le verset dit que Hachem se trouve à l’intérieur de leurs impuretés, cela fait allusion au mot « vérité ».
Quand, au sein même de leurs impuretés et de leurs fautes, les juifs prennent conscience de la vérité, en admettant leurs fautes et en reconnaissant qu’ils se sont rabaissés et éloignés de D., alors Hachem voit leur honnêteté et par la force de cette vérité, Il réside parmi eux.

[Rabbi Yaakov ‘Hizkia Greenwald – le Vayaguéd Yaakov]

[« Vous vous tenez tous aujourd’hui devant Hachem votre D. » = par le mérite de toujours rechercher la Vérité, Hachem nous élève, nous garde près de Lui. ]

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+ « Vous vous tenez tous aujourd’hui »

-> Le mot « vous » (atèm – אַתֶּם) est formé des mêmes lettres que le mot : « émet » (vérité – אמת).

Nos Sages (Zohar III 231a) ont expliqué que ce jour-là était le jugement de Roch Hachana.
Selon le rabbi David Pinto, cela signifie que lorsqu’on se tient devant Hachem pour être jugé sur tous nos actes, à Roch Hachana, il faut s’attacher à la Vérité. En effet, devant Hachem il n’y a pas de mensonge [rien ne Lui est caché] et aucun moyen de Le soudoyer.

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-> « Vous vous tenez tous aujourd’hui devant Hachem votre D., vos chefs de tribus, vos anciens et vos responsables, chaque homme d’Israël »
=> En ce jour de Roch Hachana, vous êtes tous égaux devant Moi (« chaque homme d’Israël »), afin de vous annoncer que lorsque les juifs font téchouva, ils sont tous égaux devant Hachem, et que celui qui coupe le bois a le même statut que le chef de tribu.

[peu importe l’apparence extérieure, le jugement de Hachem n’est que Vérité, chacun en fonction de ce qu’il est!
(aucun acte, aucune pensée, … ne Lui est caché)
En se sens, on se tient tous à égalité devant le Maître du monde, à Roch Hachana!]

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-> Le Saba de Kelm explique que chaque individu doit craindre pour lui-même le jour du jugement, et ne doit compter sur aucun miracle, mais la communauté d’Israël est certaine qu’il lui sera fait un miracle.
C’est pourquoi, il convient que l’individu veille à être relié à la communauté, en lui rendant des services, de façon à ce qu’on ait besoin de lui. Il sera alors inclus dans le cadre du miracle fait à la communauté.

C’est ce que Moché a dit à Israël : « Vous vous tenez tous aujourd’hui » = tous parce vous êtes tous unis en une seule entité, c’est pourquoi Hachem vous fait un miracle, et même si vous avez beaucoup irrité D., Il ne vous anéantira pas, et vous existerez devant Lui.

+ « Mon cœur était brûlant en moi » (‘ham libi békirbi – Téhilim 39,4)

La valeur numérique du mot : « brûlant/chaud » (‘ham – חַם) est de : 48.
Cela fait allusion au 48 heures des 2 jours de Roch Hachana, que nous devons utiliser pour prier et étudier avec flamme, avec le cœur en chaleur [pour Hachem].

[le Baal haTanya]

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-> Lorsque nous apportons de la chaleur/joie à notre Service de Hachem (יי), à autrui juif (les yudden! – יי), c’est alors que nous vivons réellement (vie = ‘haïm – חיים).
[on a : חם plus יי qui est égale à : חיים]

« Le mariage juif est à l’image du lien forgé entre D. et le peuple juif au mont Sinaï.
De même que les mariés restent ensemble au même endroit pendant un an, de même les juifs n’ont pas quitté le mont Sinaï pendant un an après le don de la Torah. »

[Rabbénou Bé’hayé]

-> b’h, cf. Shavouot : le jour de notre mariage : https://todahm.com/2018/05/30/6537

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+ « Lorsqu’un homme prend une nouvelle épouse … il doit rester disponible pour sa famille pendant un an et se réjouir avec son épouse » (Ki Tétsé 24,5)

-> Cette mitsva a pour but de développer l’amour et l’harmonie entre les époux.
Ils peuvent ainsi se familiariser l’un à l’autre et mieux se connaître, ce qui amènera une affection et une stabilité plus grande dans le couple. »
[Séfer ha’Hinoukh]

« Se souvenir de la guerre avec Amalek est l’une des 613 mitsvot de la Torah.
Cette mitsva montre que quiconque attaque Israël est haï de D.
[…]
Comme Amalek a causé un grand tort à Israël en étant le 1er à les attaquer, Hachem a ordonné qu’il soit effacé de la terre. »

[Séfer ha’Hinoukh]

[effacer le souvenir d’Amalek : cela est si radical que selon le Sifri, toute chose qui pourrait faire mentionner son nom, que ce soit un animal, un arbre ou une pierre, doit être détruite.]

[Hachem nous aime tellement qu’envers le 1er peuple qui a osé nous attaquer, il nous demande de se souvenir de cet affront et d’effacer toute trace de son existence. Cela est une preuve de l’amour infini de Hachem à notre égard!]

-> « Une heure de repentir et de bonne action en ce monde est plus belle que toute la vie du monde à venir »
[Pirké avot 4,17]

Le ‘Hidouché haRim de commenter :
Cela est également la punition du monde à venir.
Combien grande sera notre honte lorsque nous réaliserons ce que nous aurons alors perdu : une opportunité d’obtenir [pour l’éternité] une chose meilleure que tout le monde à venir.

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-> La préoccupation principale de confesser ses fautes doit être sur le vol.
En effet, chaque faute est en réalité un vol à Hachem [on prend les capacités qu’il nous remet pour en faire autre chose que ce qu’Il attend de nous]
[‘Hidouché haRim]

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-> « 2 choses sont à la fois si proche et si loin, et cependant si loin et si proche.
La téchouva est si proche, cependant si loin ; si loin et si proche de vous.
La mort est si proche de vous, cependant si loin ; si loin et cependant si proche. »
[midrach Kohélet rabba 8]

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-> Hachem met des pensées de téchouva dans le cœur du fauteur qui ne se repent pas afin de l’aider à revenir.
[Zohar – paracha Michpatim]

« Toute la subsistance d’un homme pour l’année à venir est décidée entre Roch Hachana et Yom Kippour, à l’exception de celles nécessaires pour le Shabbath, Yom Tov, et ainsi que les frais pour l’éducation de nos enfants en Torah. »
[guémara Bétsa 16a]

=> Ainsi, sans être totalement déraisonnable (compter sur les miracles), on ne perd rien à embellir notre Shabbath : plus on dépensera, plus on nous en donnera les moyens (idem pour les 2 autres types de dépenses).

-> On trouve cela en allusion dans le mois de Tichri (תשרי), celui de Roch Hachana et Kippour, qui est l’acronyme de : Talmud Torah (ת) ; Shabbath (ש) ; Roch ‘Hodech (qui n’est pas un véritable Yom Tov à cause de la faute du Veau d’or, mais le redeviendra avec la venue du machia’h – ר) et de Yom Tov (י).

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+ « Toute la subsistance d’un homme pour l’année à venir est décidée entre Roch Hachana et Yom Kippour »
[guémara Bétsa 16a]

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-> « Il [le prophète Elicha] montait [vers Bet-El] quand de jeunes garçons sortant de la ville, l’insultèrent en ces termes : « Monte, chauve! Monte, chauve! »
Il se retourna pour les voir et les maudit au nom de Hachem.
Aussitôt, 2 ours sortirent de la forêt et mirent en pièce 42 de ces jeunes gens » (Méla’him II 2).

Rav et Chmouël sont en discussion à ce sujet : l’un pense que ces ours étaient le produit d’un miracle, l’autre considère qu’ils étaient le produit d’un miracle à l’intérieur d’un autre miracle.

L’avis affirmant qu’il s’agissait d’un miracle considère qu’il y avait déjà une forêt à cet endroit, et que seuls les ours apparurent par miracle.
L’avis affirmant qu’il s’agissait d’un miracle à l’intérieur d’un miracle considère qu’il n’y avait auparavant ni forêt ni ours.

[D’après le second avis], pourquoi ne pas avoir fait apparaître des ours sans forêt?
Car ils auraient eu peur. »
[guémara Sotah 47a]

-> Rachi commente :
« Ils auraient eu peur = les ours auraient renoncé à s’attaquer à ces jeunes, s’ils ne s’était pas trouvé un lieu proche où ils pouvaient se sauver et se réfugier.
Mais lorsqu’ils sont à proximité d’une forêt, ils sortent sans crainte. »

=> Pourquoi D. dut-Il créer une forêt tout spécialement pour que des ours aient le courage de s’attaquer aux hommes?
Pourquoi ne pas créer des ours sans crainte innée?

-> Le rav ‘Haïm Kanievsky (Taama Dikra) nous explique :

Dans ce passage de Méla’him, le prophète Elicha avait changé l’eau du puits de ce village en eau potable. Ceci suscita la colère de ces 42 jeunes hommes, car leur gagne-pain consistait justement à aller puiser de l’eau à quelque distance de là et à l’amener au village.
Voilà pourquoi ils décidèrent de tourner le prophète en dérision, en s’exclament : « Tu nous as privés [de la racine : « kéréa’h » : le chauve] des bienfaits du Créateur » [d’après la guémara Sotah 46b].

Mais si ces jeunes gens avaient eu conscience que : « tout est décidé par le Ciel », ils auraient compris que l’intervention du prophète ne leur causerait aucun tort.
En effet, D. manquerait-Il de moyens pour leur procurer un gagne-pain? Certainement pas!

Toutes les ressources qui leur avaient été attribuées à Roch Hachana leur reviendraient quoi qu’il en soit, d’une manière ou d’une autre. Et si le Créateur avait décidé à ce moment qu’ils devaient subir une baisse de leurs revenus au cours de l’année, celle-ci serait survenue même sans l’intervention du prophète Elicha.

Ainsi, le problème de ces jeunes gens résidait précisément dans leur manque de confiance en D.
Or, quelle est la cause de cette attitude?

Le fait que l’on est aveuglé par les phénomène de la nature, qui nous laissent croire que tout effet découle d’une cause connue.
En conséquence de quoi nous avons le sentiment que D. laisse le monde aller à la dérive, un monde dans lequel règne la loi du plus fort.
[cela est d’autant plus vrai de nos jours, où avec toutes les avancées technologies nous pensons tout maîtriser, ou bien avec les nombreux médias nous pensons maîtriser les actualités partout dans le monde (puisqu’étant au courant de tout immédiatement), … ]

Rien ne passe dans ce monde sans que cela ait été décidé par Hachem.
Le sort d’un homme est fixé à Roch Hachana, et les phénomènes naturels sont eux-mêmes un miracle, une création de D. destinée à cacher Son intervention.

=> Le destin de l’homme est un miracle, et les apparences dont il se revêt sont un miracle à l’intérieur du miracle.
Cela est nécessaire pour ne pas contrer le libre arbitre des hommes, et leur laisser le choix de croire que la nature domine leur sort.

==> Voilà pourquoi la punition qui frappa ces jeunes gens dut survenir précisément par le biais d’un « miracle dans un autre miracle ».
Des ours apparurent miraculeusement, et pour que cela paraisse comme un événement naturel, D. créa également une forêt.
Cette mise en scène permettait de souligner l’erreur de ces esprits rebelles, et leur faire comprendre que la nature est un miracle enrobant des prodiges véritables.

« Celui qui prie doit avoir les yeux dirigés vers le bas, et le cœur vers le haut »

[guémara Yébamot 105b]

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-> Le Léka’h Tov (Dévarim 1,22-23) de commenter :
« Notre cœur doit être « dirigé vers le haut » = c’est-à-dire aspirer à l’aide Divine, attendre que le Créateur bénisse nos actions et nous accorde la réussite ;
Mais en parallèle à cela, nous sommes également tenus d’avoir « les yeux dirigés vers le bas » = c’est-à-dire rester conscients de la réalité et ne pas nous reposer entièrement sur le miracle.

Dans les premiers temps, nous devons agir avec la plus grande énergie, comme si le succès dépendait entièrement de notre efficacité.
Mais dans un second temps, après avoir réalisé ce qui était dans nos moyens, il convient d’élever notre cœur « vers les hauteurs », c’est-à-dire vers le Ciel et placer toute notre confiance en D.