Lag baOmer : la joie de découvrir la perfection humaine

+ Lag baOmer : la joie de découvrir la perfection humaine (par rabbi Nissim Yaguen) :

-> Le sens de la hilloula que nous faisons à Lag baOmer est selon les propos du Maharal que : "l'homme n'est qu'une torche de feu éternelle".
Nous ne comprenons pas le sens profond de ses propos, ce qu'est une torche de feu, ce qu'est l'éternité.
"Hachem, la Torah et le peuple juif". Nous n'avons aucune idée du sens de ces mots.

La raison pour laquelle nous sommes joyeux à Lag baOmer, c'est parce que nous voyons un homme qui a atteint la perfection, un homme qui de son vivant a engendré la situation que Hachem ne s'est jamais mis en colère contre le monde entier. Ô combien il est merveilleux qu'un homme ait pu atteindre de telles forces.
[...]

Une des coutumes où toute la maison d'Israël est très pointilleuse, est d'allumer des flambeaux lors de la hilloula de rabbi Chimon bar Yo'haï, le jour de Lag baOmer. Mais il faut se rappeler que le flambeau n'est pas l'essentiel, et il est interdit qu'il soit le point central de l'entourage. Celui qui veut voir du feu peut allumer le gaz de la cuisinière ... Il n'y a aucun intérêt à regarder le feu.

En revanche, si nous réussissons à voir dans le flambeau la sainteté, l'élévation, la rayonnante Présence Divine, alors ce feu a un sens et il est supérieur au plus haut point. Mais si nous ne voyons que des flammes, alors tout ce dérangement et ce chamboulement sont complètement inutiles ...

Lorsque les Américains ont envoyé des hommes sur la lune, le monde entier avait le souffle coupé. Tout le monde attendait avec impatience le retour des astronautes, ils craignaient pour leur vie du fait des très nombreux dangers. Le monde entier était uni. Même les Russes, qui étaient en guerre froide avec les Américains, ont annoncé qu'ils étaient prêts à fournir toute l'aide nécessaire en cas de besoin.
Et voilà que les astronautes, malgré tous les dangers d'une telle mission, revinrent sur terre sains et saufs! Incroyable! Avec quels honneurs ils ont été reçus! Quelle émotion! Une situation hors du commun!

Et ainsi Hachem envoie l'homme dans ce monde, qui est beaucoup plus dangereux que le cosmos ...
Ce monde est rempli de dangers, d'épreuves, de tentations, de tourments, et de façon naturelle, il faut un miracle pour le traverser en paix.

Cet endroit dangereux, l'homme n'y est pas envoyé un jour ou deux ... L'homme est envoyé dans ce monde 70 ans! L'âme descend à l'intérieur du corps dans un champ de mines, et à cette place elle doit s'adapter et survivre durant 70 ans! Peut-on comprendre cette tension considérable?

Et voilà que rabbi Chimon bar Yo'haï descend dans ce monde pour 70 ans, et il retourne en paix sans aucune éraflure. Il n'a pas trébuché pour le moindre péché. Il ne s'est jamais mis en colère, n'a jamais prononcé la moindre médisance, n'a jamais perdu une seconde de son temps sans étudier la Torah, rien!
Toute sa vie n'a été qu'un seul traité de perfection! Pouvons-nous nous imaginer la joie et l'émotion qu'il y avait dans les Cieux lorsque rabbi Chimon ba Yo'haï revint de sa dangereuse mission?

En effet, lorsque l'âme de rabbi Chimon bar Yo'haï retourna à sa source, Hachem descendit l'accueillir, et des myriades d'anges l'accompagnèrent. Lorsque toute l'armée céleste est descendue accueillir cette âme pure, il est évident que le feu s'est propagé : un feu de sainteté, un feu de pureté, de Hachem, des anges, un merveilleux feu spirituel!
Hachem s'est déplacé à la rencontre de son fils qui est revenu en paix de la dangereuse mission qui lui avait été confiée.

En souvenir de ce feu, nous allumons des flambeaux. Mais ces feux doivent nous rappeler leur source, le feu spirituel qui est descendu dans ce monde lors du décès du tsadik ...
Un feu de bois et de pétrole où grillent des pommes de terre, cela ne rappelle d'aucune façon un feu spirituel ...
Si nous ne voyons pas à travers les flambeaux le feu spirituel des Cieux, nous avons raté le coche, quel dommage!

Il en est de même pour le voyage à Méron (lieu de la sépulture de rabbi Chimon bar Yo'haï). Le voyage coûtant 20 shekels pour se rendre sur le tombeau du tsadik, n'est pas le but principal de la journée ...
Cependant, celui qui transcende et s'élève [en décidant d'améliorer ses actes] et essaye d'atteindre le rang élevé du tsadik, même s'il ne s'en approche que très peu, il pourra mêler sa prière aux mérites de la sainte sépulture [pour qu'elle soit agrée par Hachem].
Mais celui qui présume qu'il peut rester exactement le même, et qu'il lui est suffisant de se rendre à Méron et de danser avec la foule, se trompe complètement. Il serait préférable pour lui de rester à la maison.
[...]

La guémara (Soucca 45b) rapporte que rabbi Chimon bar Yo'haï a dit qu'il pouvait éviter au monde entier la sentence de la justice Divine. C'est-à-dire : il avait la possibilité de tellement réjouir Hachem, au point qu'Il ne se mette jamais en colère, et qu'aucune sentence ne soit rendue dans les Cieux!
L'homme a un merveilleux potentiel, difficile à imaginer.

A partir de là, nous devons tirer l'enseignement sur rabbi Chimon bar Yo'haï : il n'avait aucune trace de la moindre faute.

Le machia’h

+ Le machia'h (par le Sfat Emet) :

-> Même dans cet exil amer qui est le nôtre, nous ne devons pas désespérer.
De même que nos ancêtres ont soudainement été transformés et élevés des profondeurs de l'esclavage [en Egypte] jusqu'aux hauts niveaux des Nuées Divines à Souccot, de même Hachem va nous transformer.
Bien que nous pouvons percevoir que nous ne sommes pas méritants, l'étincelle intérieure dans l'âme de chaque juif va soudainement être réveillée à l'arrivée du machia'h.
Le juif en exil va de nouveau s'envoler au niveau de nos ancêtres, méritant alors de percevoir et de détecter la Présence Divine.
[Sfat Emet - Chémot 5642]

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-> La longueur infinie de cet dernier exil nous assure que lorsque l'ultime délivrance arrivera nous serons comblés de l'infinie bonté d'Hachem.
[Sfat Emet - Vaéra 5643]

-> De même que les souffrances en Egypte étaient un prélude au don de la Torah, et que l'errance dans le désert était un prérequis pour la terre d'Israël, de même l'exil actuel et sa misère sont le prélude pour le machia'h.
[Sfat Emet - Chémot 5641, 5658]

-> L'objectif principal de l'exil est de libérer le potentiel inné de chaque âme juive.
Le mot "galout" (גלות) provient de "hitgalout" (révélation - התגלות), et peut même être lié à "galgal" (une roue - גלגל).
En conséquence de l'exil et de ses multiples expériences, les juifs ont subi tellement de changements (similaire aux tours d'une roue) qu'au final son plein potentiel est mis en premier plan.
[...]
L'exil (galout), qui cause aux juifs d'être dispersés, a comme effet bénéfique d'entraîner que le Nom d'Hachem et Sa souveraineté soient connus à travers le monde entier.
[selon cette approche le terme גלות (exil) est relié aussi à "galouï" (גלוי - la révélation de la Gloire d'Hachem)]
[Sfat Emet - Chemot 5657]

Pessa’h, Matsa et Marror

+ Pessa'h, Matsa et Marror :

-> Nos Sages (Yalkout Chimoni 199) disent que de même que la matsa symbolise la précipitation avec laquelle nos ancêtres ont été libérés d'Egypte, l'offrande de Pessa'h (korban Pessa'h) représente la "précipitation" de la présence Divine, qui a également été libérée d'Egypte en cette nuit.
["Moi-même (Hachem), Je descendrai avec toi (Yaakov) en Egypte ; moi-même aussi je t'en ferai remonter" (Vayigach 46,4).
La Présence Divine se trouve avec chaque juif qui souffre comme il est écrit : "Je suis avec lui dans le malheur" (Téhilim 91,15), et de même : "D. est proche des cœurs brisés" (Téhilim 34,14).
Ainsi, au cœur des terribles souffrances de l'esclavage en Egypte, Hachem était très proche des juifs et Il ressentait chacune de leurs souffrances (à chaque instant, Hachem s'associe à la souffrance de chacun des millions de juifs présents en Egypte).
Il en résulte que la sortie des juifs d'Egypte était également celle d'Hachem! ]
Le maror symbolise la chute de nos ennemis qui rendent amère notre vie.

La libération de la Présence Divine est la plus grande cause de réjouissance, comme la Torah le dit : "al matsot oum'rorim, yokhlou'ou" (Béaaloté'ha 9,11) :
- "al" = sur/au-dessus de ;
- "matsot oum'rorim" = la matsa et le marror
- "yokhlou'ou" = [il y a le] ils le mangeront (le korban Pessa'h).
= Cela implique que notre joie sur la sortie d'Egypte d'Hachem (symbolisé par le korban Pessa'h) doit largement dépasser notre joie sur notre propre libération et sur la chute de nos ennemies.
[Sfat Emet - 5661]

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[en racontant la sortie d'Egypte, nous devons également renforcer l'idée que non seulement tout vient avec précision d'Hachem, qu'Il peut tout, mais surtout qu'Il nous accompagne en permanence.
Plus que cela : lorsque nous traversons des périodes très dures de notre vie, cela ne signifie pas que Hachem ne nous aime pas, au contraire c'est pour notre bien ultime (à l'image de l'esclavage en Egypte), mais surtout la réalité est qu'Hachem n'a jamais été aussi proches de nous. (ex : "Je suis avec lui dans le malheur" (Téhilim 91,15) ; "D. est proche des cœurs brisés.")
Dans nos périodes d'Egypte, dans l'obscurité, ... nous ne sommes pas seuls, papa Hachem est plus proche que jamais de nous, ressentant toutes nos souffrances.
Le récit de la sortie d'Egypte, qui préfigure la délivrance finale, transmet l'idée que Hachem est au-dessus de tout (c'est le Créateur, le boss, le Roi des rois, ...), mais surtout l'idée que nous sommes Ses enfants adorés et qu'il y a un principe applicable pour chaque juif (même le plus fauteur) : papa Hachem nous accompagne sans cesse (même les juifs en Egypte au 49e niveau d'impureté), constamment Il gère et ressent nos épreuves, constamment Il veille sur nous, ...
De même que les juifs en Egypte sont sortis à la seconde où ils pouvaient l'être, de même dans notre vie à la seconde où une difficulté n'est plus nécessaire pour notre bien ultime, alors Hachem la retire. ]

"Rangés chacun sous sa bannière, selon les signes, d’après leurs tribus paternelles, ainsi camperont les enfants d’Israël ; c’est en face et autour de la tente d’assignation qu’ils seront campés" (Bamidbar 2,2)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
On peut voir une allusion entre le campement des Bné Israël et le rassemblement après l’exil (kibouts galouyot). Car le fait de se ranger en formation pour le campement ressemble au moment où Hachem rassemble tous les Bné Israel pour revenir sur leur terre, qui avait été découpée en 12 parcelles, une par tribu, à l’instar des 12 parcelles de campement du désert.
Et de notre verset on peut voir un conseil qu’Hachem nous donne pour nous aider à y parvenir, c’est : l'unité.
En effet, les mots : "béotot lévét avotam" (selon les signes, d’après leurs tribus paternelles - בְאֹתֹת לְבֵית אֲבֹתָם), peut aussi se lire : "béotiyot" (בְאֹתֹיות - selon les lettres [des tribus paternelles]), c’est-à-dire que si on prend le nombre de lettres qu’il y a dans les noms d’Avraham, Its'hak et Yaakov, nos Patriarches, on arrive au chiffre 13 qui est la guématria du mot : é’had (Un).

=> Ce verset nous montre donc comment hâter la venue de machia’h et le retour en Israël de tout le peuple : grâce à l’unité et à l’amour entre les Bné Israël.

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-> Le Ben Ich 'Haï écrit (sur le verset Bamidbar 1,2) :
L’idée de toujours garder un œil bienveillant sur le juif qui s’égare, de lui chercher une défense plutôt que d’accuser et primordiale et même quand il y a une mistva de parler durement à quelqu’un pour l’aider à se ressaisir, cela doit être superficiel, mais au fond de soi et surtout envers le Créateur, on se doit de n’être que de bons avocats pour nos frères.

"Parle ainsi à Aharon et à ses fils : Voici comment vous bénirez les Bné Israel ; vous leur direz ..." (Nasso 6,23)

-> Le Ben Ich 'Haï (Bénayahou - Roch Hachana 38a) fait le commentaire suivant :
Le mot : "Ko" (voici comment - כֹּה), nous apprend qu’il faut être face aux Cohanim pendant la bénédiction, et que ceux qui sont sur les cotés ou derrière ne la reçoivent donc pas. [pendant la birkat Cohanim, pour pleinement absorber les bénédictions, on doit faire face aux Cohanim, et ne pas leur tourner le dos, ou être de côté]
Par contre, ceux qui sont déjà aux champs (la journée de travail officielle débutait dès le lever du soleil, et les ouvriers priaient en travaillant) et qui ne peuvent pas être présents, peu importe leur endroit ou leur orientation face aux Cohanim, eux, la reçoivent, car ils sont "Anoussim" (contraints et forcés).

Seulement une question se pose, même s’il est compréhensible qu’une personne contrainte ne peut pas être punie si elle fait une faute (avéra) ou si elle ne fait pas une mistva, mais de là à aller jusqu’à récompenser la personne malgré l’absence d’action, cela nécessite un éclaircissement.
La réponse réside dans la différence fondamentale qui existe entre les affaires humaines et les affaires célestes. Les premières se règlent à l’aide de la justice et de la rigueur, et il est donc normal que celui qui ne vient pas travailler ne reçoive pas salaire, par contre les affaires célestes se règlent à l’aide de la miséricorde et de la bonté, et c’est pour cela que la personne qui voulait faire une mitsva et qui en a été empêchée est considérée comme l’ayant faite.
Mais il y a une condition pour cela, afin de parvenir à un traitement par bonté et miséricorde, il faut soi-même servir Hachem avec amour et non juste par crainte.

Il en ressort, que les ouvriers aux champs ne reçoivent la bénédiction que s’ils servent Hachem avec amour, et c’est pour cela qu’ils sont mieux placés que ceux qui sont à la prière mais qui restent derrière ou sur les côtés.

"Or, le jour où l’on eut érigé le Michkan" (Béaaloté'ha 9,15)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
De ce verset, Abayé (dans la guémara Shvouot 15b) apprend qu’on ne montait pas le Michkan la nuit mais seulement le jour.
La raison en est que le Mishkan représente une proximité ultime entre Hachem et le peuple d’Israel, et cette proximité ne peut se construire que le jour, car la nuit et l’obscurité représente l’exil et l’emprise des forces du mal tandis que le jour représente la lumière de la guéoula.
Ce verset vient donc aussi nous enseigner de ne pas essayer de provoquer les événements et d’essayer de reconstruire le Temple pendant l’obscurité de l’exil, mais d’attendre la venue de machia'h et la lumière de la guéoula, là où il sera enfin possible de retrouver cette proximité avec Hachem que l’on a eu grâce aux 2 Temples et le Michkan. Très rapidement b'h. Amen!

Les épreuves de la vie sont la Prophétie d’aujourd’hui

+ Les épreuves de la vie sont la Prophétie d'aujourd'hui :

La paracha Tazria décrit plusieurs sortes de négaïm (plaies, affections lépreuses) ainsi que le processus grâce auquel la personne peut en guérir. Depuis la destruction du Beit HaMikdach, les lois de négaïm ne s’appliquent plus.
=> Dans ce cas, en quoi cette paracha nous concerne-t-elle, dans la vie quotidienne?

-> Le Séfer ha’Hinoukh (mitsva 169) répond à cette question. Il écrit que l’impureté du métsora (lépreux) provient de ses fautes. La souffrance endurée n’est pas un hasard : elle vient d’Hachem. Le lépreux doit vivre un isolement très difficile durant lequel il est censé s’introspecter et mettre le doigt sur son erreur.
Cet enseignement est très pertinent dans chaque génération. Nous ne souffrons plus des négaïm, mais nous traversons d’autres sortes d’épreuves. L’impureté de ces plaies nous apprend que nous ne devons pas attribuer ces difficultés au hasard, mais plutôt les considérer comme un moyen utilisé par Hachem pour nous faire passer un message.

Il existe une autre mitsva liée aux négaïm qui nous enseigne également comment réagir et comment ne pas réagir aux souffrances. La Torah nous informe que l’un des négaïm est appelé "nézek". Si quelqu’un trouve un nézek (une teigne) sur son corps, il doit s’isoler puis se faire examiner par un Cohen. Si après une semaine de retranchement, le nézek n’a pas grossi, la personne peut raser la zone qui l’entoure. Il est cependant formellement interdit de raser les cheveux ou les poils qui se trouvent sur le nézek (voir Tazria 13,31-34).

Le Séfer ha’Hinoukh (mitsva 170) nous explique la signification de cette prohibition :
"Cette mitsva nous montre que chacun doit accepter l’épreuve ou la punition qu’Hachem lui envoie ; il ne faut pas se révolter contre elles, ni se croire capable de les supprimer et de les camoufler".
Ces 2 réactions incorrectes que l’on peut avoir face aux souffrances sont symbolisées par le rasage du nézek envoyé par Hachem. Tout d’abord, la personne peut "se révolter" quand elle souffre, remettant en cause la justice Divine. Et même sans critiquer l’épreuve envoyée par Hachem, elle peut adopter une autre conduite, elle aussi incorrecte. Elle peut essayer de supprimer la plaie sans en tirer la bonne leçon. En outre, elle peut être plus concernée par ce que les gens vont penser et tout faire pour dissimuler sa souffrance, plutôt que de l’utiliser pour grandir.

L’interdit d’enlever le nézek nous enseigne qu’il ne faut pas pratiquer la politique de l’autruche lorsque nous sommes confrontés à une difficulté, mais que nous devons utiliser cette dernière pour nous élever.

-> Le rav Avraham Grodzinski (Torat Avraham) écrit que la prophétie avait pour objectif principal de notifier au peuple ses erreurs. Même quand les Bné Israël ne faisaient "rien de mal", le prophète scrutait leurs cœurs et savait mettre le doigt sur les domaines qui leur faisaient défaut.

=> De nos jours, comment Hachem nous communique-t-Il nos erreurs?
Le rav Grodzinski répond que les souffrances remplacent la prophétie. Lorsqu’une personne traverse une épreuve, quelle que soit sa dureté, elle reçoit un message d’Hachem Qui lui montre, par son biais, comment s’améliorer. Les difficultés endurées sont donc un cadeau exceptionnel : elles nous offrent l’opportunité de nous amender.
La guemara (Arakhin 16b) précise que les difficultés dont on parle ne sont pas forcément de grandes afflictions, mais se présentent parfois comme des ennuis mineurs ; elle nous donne l’exemple d’une personne qui veut retirer trois pièces de sa poche et qui n’en sort que deux.
[autre exemple donné : mettre sa chemise dans le mauvais sens de sorte qu'il faut la retirer pour l'enfiler de nouveau ]
Ainsi, Hachem communique constamment avec nous à travers les souffrances (même les petites).

-> Si un homme voit qu'il commence à connaître des souffrances, il doit examiner ses actes et s'efforcer de se repentir. [guémara Béra'hot 5a]
[ b'h, voir à ce sujet : http://todahm.com/2019/07/07/9530-2 ]

-> Nous pouvons nous poser la question suivante. À l’époque du Beit HaMikdach, tout ceci était très simple ; les gens souffraient de négaïm lorsqu’ils commettaient certaines fautes spécifiques, comme le lachon ara (médisance). Mais de nos jours, comment peut-on savoir quel message Hachem veut nous transmettre à travers les souffrances?
Le Torat Cohanim rapporte un principe de nos Sages selon lequel Hachem punit l’individu pour ses fautes, mida kénégued mida (mesure pour mesure).
Par exemple, la guémara (Sota 9b) nous raconte que Chimchon fauta avec ses yeux, et par conséquent, ce sont ses yeux qui furent touchés ; les Pélichtim les lui crevèrent ; Avchalom s’enorgueillissait de sa belle chevelure et ce fut ses cheveux qui entraînèrent sa mort, lorsqu’ils s’entremêlèrent dans les branches d’un arbre.
Il est donc recommandé de rechercher une raison quelque peu liée à la douleur subie.

-> Le rabbi Yéhonathan Gefen commente cela :
Il est toutefois plus important de se mettre à la recherche d’un point faible que de trouver, ou pas, la faute concrètement commise.
L’objectif principal de l’épreuve = s’efforcer de s’améliorer (ex: dire moins de lachon ara).

On a naturellement tendance à rechercher toutes sortes de ségoulot (remèdes spirituels) pour mettre fin à la douleur. Or, cela va à l’encontre de l’enseignement du Séfer ha’Hinoukh, à savoir qu’il ne faut pas simplement essayer de supprimer la souffrance.
Hachem n’envoie pas des souffrances pour que nous trouvions une ségoula appropriée (bien que ce soit un moyen efficace pour neutraliser l’épreuve), mais Il veut plutôt que nous en grandissions.
Cela ne signifie pas que toutes les ségoulot sont négatives, mais il convient de ne pas oublier quel est l’objectif des yissourim – Hachem nous demande de grandir.
[de même, bien que le fait de recevoir des bénédictions de grands rabbanim soit parfaitement acceptable, cela ne doit pas nous distraire du but principal des épreuves. ]

[ nous devons voir chaque souffrance comme une frappe, plus ou moins forte de papa Hachem, nous demandant de se réveiller. Il souffre de nous voir agir ainsi, alors que l'on pourrait faire tellement mieux.
Réveillons-nous dans ce monde, pour se construire un monde éternel qui soit le plus beau possible, où l'on pourra être le plus proche d'Hachem.
Plus vite nous réagissons en s'améliorant dans un domaine (en percevant les petites souffrances), moins Hachem aura besoin de nous frapper encore plus fort pour que l'on se réveille. ]

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-> Dans un autre divré Torah, rabbi Gefen explique :
Hachem peut, dans Sa sagesse infinie, récompenser et "sanctionner" quelqu’un simultanément.
Le fait d’infliger une punition, d’après la Torah, ne consiste pas à causer une souffrance sans raison. Les "punitions" divines sont des "stratégies" par lesquelles Hachem communique avec nous et nous exhorte, de manière allusive, à changer de comportement dans certains domaines.

+ La première nuit de Pessa'h est appelée : "lél chimourim" (une nuit de protection - Bo 12,42).
La protection que génère la nuit du Séder est en réalité suffisante pour durer toute l'année à venir.

L'Afikoman, que nous préservons intacte jusqu'à la fin du Séder plutôt que de la manger avec les autres parts de matsa auparavant dans la soirée, symbolise la continuation de la protection représentée par la matsa (qui est protégée de lever) au-delà de cette seule nuit.
Sans aucun doute, notre capacité à persévérer durant l'année à venir au travers toutes les difficultés de la vie quotidienne découle de cette protection.
[Sfat Emet - 5652]

Le Séder améliore notre relation avec Hachem

+ Le Séder améliore notre relation avec Hachem :

-> "afin que tu racontes aux oreilles de ton fils et du fils de ton fils ... vous reconnaîtrez ainsi que je suis Hachem" (Bo 10,2)
Nous voyons de là que le plus nous racontons le récit de la sortie d'Egypte, le plus nous acquérons une connaissance d'Hachem, ce qui est la réalisation la plus précieuse au monde.
[Sfat Emet - 5635]

-> La phrase : "aré zé méchouba'h" se comprend normalement : le plus on raconte l'histoire de la sortie d'Egypte, le plus nous sommes considérés comme méritants.
Cependant, nous pouvons comprendre cela à la fois comme une promesse et à la fois comme une bénédiction : le plus quelqu'un raconte le récit de la sortie d'Egypte, le plus [il sera béni pour] devenir quelqu'un de méritant et le plus d'améliorations il verra dans son engagement dans la Torah et dans toutes les formes du service Divin.
[Sfat Emet - 5640]

Pessa’h & la guéoula

+ La délivrance finale ne peut pas se produire tant que la signification de la sortie d'Egypte n'est pas pleinement comprise par les juifs.
En trouvant chaque année de nouvelles significations dans le récit de la sortie d'Egypte, nous donnons un ordre à notre compréhension de cette première nuit de notre liberté d'exister en tant que nation, et nous amenons beaucoup plus proche l'arrivée du machia'h et la délivrance finale.

La Torah elle-même nous enseigne l'importance de comprendre la sortie d'Egypte : "Je suis Hachem, votre D., qui vous ai fait sortir de la terre d'Egypte, pour devenir votre D., moi, Hachem votre D." (Chéla'h Lé'ha 15,41) = ce n'est que par cette re-création et cette re-évaluation de notre liberté nationale, que nous appelons un Séder, que nous pouvons atteindre l'objectif de la sortie d'Egypte : faire d'Hachem notre D. et amener la délivrance finale.

Un passage de la Haggada souligne également ce point : "kol yémé 'hayékha léavi limot amachia'h" = [nous devons rapporter le récit de la sortie d'Egypte] tous les jours de notre vie afin d'amener l'époque du machia'h.
[...]

Chaque année, le Séder (ordre) amène réellement un nouvel "ordre" à l'univers ...
Au Séder, nous cherchons à annuler les dégâts résiduels de Amalek en retraçant nos pas qui nous ont menés en dehors de l'Egypte.
En agissant ainsi, nous amenons plus proche de sa réalisation le rêve original d'un monde idéal sous l'autorité claire d'Hachem. En d'autres termes, nous réarrangeons l'univers pour qu'il se conforme davantage aux caractéristiques d'Hachem, lui donnant un nouvel ordre (séder).
Tandis que les dommages d'Amalek ne peuvent pas être annuler tous en une seule fois, l'effet cumulatif année après année de réalisations progressives va au final porter ses fruits comme le prédit la michna : "léavi limot amachia'h" (pour amener l'époque du machia'h).
[Sfat Emet - 5635, 5642]

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-> b'h, voir également : http://todahm.com/2022/03/18/pessah-un-accelerateur-du-machiah

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-> Le fait de mentionner la sortie d'Egypte a le pouvoir de nous inspirer à espérer avec davantage de ferveur à l'ultime délivrance.
[Sfat Emet - 5660]

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-> Le mot : "galout" (exil - גלות) suggère l'objectif de l'exil : "itgualout" (la révélation - התגלות) = la révélation de la vérité intérieure qui est couverte par un aspect en surface trompeur.
En déshabillant la façade extérieure des difficultés, des souffrances et des désespoirs, nous pouvons alors voir la Présence Divine, même pendant les moments d'exil.
[Sfat Emet - 5631]

[plus nous prenons conscience d'un côté de la façade des souffrances de l'esclavage terrible de nos ancêtres, et d'un autre côté de la réalité intérieure d'à quel point Hachem gère tout pour notre bien ultime avec une extrême précision, alors plus nous accomplissons le but de l'exil, et nous provoquons alors la rédemption finale, avec la venue du machia'h]

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-> Les 4 mitsvot du Séder de Pessa'h correspondent aux 4 fautes principales qui ont entraînées la destruction des 2 Temples, et ainsi que des 4 royaumes sous lesquels nous avons été assujettis.
En égorgeant et en offrant l'agneau, qui était un dieu vénéré par les égyptiens, nos ancêtres ont réparé la faute de l'idolâtrie.
En mangeant la matsa, à qui on n'a pas laissé le temps de lever/fermenter, nous expions le fait d'avoir dégradés la mitsva de la procréation en s'engageant dans des relations interdites.
En mangeant du maror, qui a la même valeur numérique que le mot "mavét" (la mort), on se rappelle de l'amertume que nous pouvons causer par le meurtre.
Et enfin, en racontant le récit de la sortie d'Egypte, nous expions pour les fautes dites avec la bouche : le lachon ara et la haine gratuite, qui ont causé la destruction du 2e Temple.
[Sfat Emet - 5662]

[ainsi en réparant les fautes ayant causées la destruction du Temple (1er et 2e), nous rapprochons la venue du 3e Temple avec la venue du machia'h.]