Paracha Vayéra

  • « Que l’on prenne un peu d’eau, lavez vos pieds et reposez-vous sous l’arbre. Je prendrai une miche de pain et vous rassasierez votre cœur … » (vayéra 18,4-5) 

Le Ben Ish Haï explique :

  • « Que l’on prenne un peu d’eau » : comme Avraham a fait recourt à un intermédiaire, D. fit sortir l’eau pour ses descendants par un intermédiaire : Moshé.

A ce sujet, Avraham n’a pas voulut s’éviter un effort supplémentaire, mais il savait par prophétie que le peuple juif n’aurait pas le mérite d’entrer en terre d’Israël s’il n’était pas conduit par un être d’exception, tel que Moshé (d’où son recourt à un intermédiaire pour apporter l’eau).

Par ailleurs, on peut aussi se demander pourquoi Avraham a proposé « un peu d’eau ». Il pouvait se montrer plus généreux  avec son eau puisée gratuitement à la source.  Avraham a proposé à ses invités un peu d’eau (afin d’ouvrir l’appétit sans trop remplir l’estomac par trop d’eau), de se laver les pieds et à s’appuyer contre l’arbre pour se reposer de la fatigue du voyage afin d’être dans les meilleures conditions pour être en appétit.

  • « Je prendrai une miche de pain » : Avraham les servit directement, ainsi, D. prodigua lui-même du pain à ses descendants (peuple juif).

On apprend de là également, que les tsaddikim promettent peu et font beaucoup; tandis que les impies font de grandes promesses pour n’en accomplir pas même une infime part. Ainsi, Avraham promit aux anges un petit peu de pain, mais il leur a servi ensuite un repas royal pour lequel il égorgea 3 veaux, il utilisa 9 séah de farine et leur servit également de la crème et du lait.

Nos Sages nous explique que ce comportement s’inspire de celui de D. En effet, lorsque D. promit qu’Il jugerait les Egyptiens à la fin de l’exil, Il assura à Avraham : « La nation qui les asservira, Je [la] jugerai » (paracha précédente : le’h le’ha 15,14). La promesse divine ne contenait que 2 mots (Je jugerai), et pourtant D. a infligé 10 plaies aux Egyptiens.

Il est à noter (cf.Rashi) que le texte désigne le cœur des anges en n’utilisant qu’une fois la lettre beth afin d’indiquer que le mauvais penchant n’a pas de prise sur eux (au contraire des hommes – avec 2 lettres beth comme par exemple dans le shéma : « be’hol levave’hem »).

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« Je vais apporter une tranche de pain … Puis Avraham courut au troupeau » (Vayéra 18,5-8)

-> Rabbi El’azar dit : « Cet épisode nous enseigne que les Justes parlent peu et agissent beaucoup, contrairement aux réchaïm qui parlent beaucoup et qui ne font même pas un petit peu ».
[guémara Baba Métsia 87a]

-> Le rav Yérou’ham Leibovitz (Daat Torah) commente :
Derrière ce principe se profile l’idée que les hommes « qui parlent » ne font rien, alors que ceux « qui agissent » ne parlent pas.
En effet, dès l’instant où la résolution d’agir s’est affermie chez l’homme, rien ne devrait l’en distraire jusqu’à ce qu’il ait mené ses desseins à terme.
De plus, les rares paroles qui sortent de la bouche des Justes (tsadikim) ne son motivées que par une nécessité immédiate, par exemple pour informer autrui de ce qu’ils entendent faire.
[…]
En revanche, chez le racha, l’abondance de paroles résulte du fait qu’il n’envisage pas un seul instant de réaliser sérieusement ses promesses.
En réalité, sa disposition à parler beaucoup n’est motivée que par une soif insatiable d’autosatisfaction, qu’il étanche par une profusion de paroles.
Et fatalement, celles-ci entraînent une diminution de l’action.
Parler abondamment permet ainsi d’étouffer les mouvements de la conscience, et c’est pourquoi Hachem a en horreur cette attitude.
[…]
Par ailleurs, une autre raison pour laquelle les tsadikim font toujours preuve de mesure dans leurs paroles, provient de leur crainte de ne pas pouvoir les respecter.
A l’inverse, peu importe au racha, homme malhonnête, la portée de ses propos, puisqu’en tout état de cause il ne compte pas s’y conformer.

Nos Sages disent : « Les actions des ancêtres sont des signes pour leurs enfants ».
A cet égard, la descendance d’Avraham est dotée d’une disposition innée à « agir sans parler ». C’est celle-ci qui leur permit de déclarer, au pied du mont Sinaï (Chémot 24,7) : « Nous ferons et nous comprendrons ».
Les Sages (guémara Shabbath 88) nous racontent : « Au moment où les enfants d’Israël firent précéder « Nous ferons » de « nous entendrons », une Voix du Ciel sortit et proclama : « Qui donc a révélé à Mes enfants ce secret que seuls les anges de service utilisent? » »
=> Pour cette « génération de la connaissance » (dor déa), l’action suivait aussitôt l’énonciation du commandement.

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