Paracha Hayé Sarah

« Et les jours de Sarah furent 100 ans et 20 ans et 7 ans [soit 127 ans], c’était les années de la vie de Sarah. » (Hayé Sarah 23,1) 

1°/ Rashi nous explique : la répétition du mot « ans » après chaque catégorie (centaine, dizaine, unité) vient te dire que chacune est interprétée en elle-même :

  • à l’âge de 100 ans, elle était comme à l’âge de 20 ans à l’égard du péché. De même qu’à 20 ans, une fille n’a pas de péché car elle n’est pas punissable, de même à 100 ans, elle n’avait pas de péché.
  • et à l’âge de 20 ans, elle était comme une fille de 7 ans pour la beauté.

La fin de ce verset vient nous apprendre que toutes les années de la vie de Sarah étaient égales pour le bien.

2°/ Contrairement à ce que dit  Rashi, une femme n’est-elle pas plus belle qu’une enfant de 7 ans?

  • Chez une enfant de 7 ans, nous ne voyons généralement parmi tous ces actes  que le bon côté des choses, car nous mettons l’aspect négatif sur le compte du fait qu’elle n’est qu’une enfant, et nous lui trouvons donc des circonstances atténuantes.

Par contre chez une jeune fille de 20 ans, il est impossible de trouver des circonstances atténuantes sur tous ces actes, et il est certain que l’on va lui reprocher des choses.
Ainsi, Sarah, même à l’âge de 20 ans, ses actes étaient tous d’une telle perfection que l’on ne voyait chez elle que de la beauté, comme pour une fillette de 7 ans, chez qui nous ne voyons que des bonnes choses.           (Ma’yana Shel Torah)

  • Selon le Midrach Rabba, on peut répondre à cette question en comprenant ce qu’est la vraie beauté. Sarah avait la beauté à 20 ans d’une fillette de 7 ans, c’est-à-dire qu’elle ne se servait pas de ses « atouts » physiques pour attirer sur elle les regards. Elle est restée dans sa grande naïveté, innocence, sa grande discrétion et sa grande pudeur, pour éviter que les autres ne trébuchent par sa faute. Ainsi, si la Torah vient nous vanter sa beauté, c’est pour nous enseigner que la pureté de son intériorité était tellement grande qu’elle s’exprimait sur son visage. La beauté juive réside dans la pudeur, la discrétion, afin de permettre à la beauté de l’âme (l’intériorité) de se révéler le plus fortement.
  • Par ailleurs, ce Rashi (« comme à… ») nous montre que Sarah avait les avantages de la vieillesse et de la jeunesse. Quand elle avait 20 ans, elle avait déjà les mêmes qualités qu’à 100 ans, et quand elle avait 100 ans elle avait encore les mêmes qualités qu’à 20 ans.

3°/ Le rav Yaakov Kaminetsky nous explique que la fin de ce verset : « c’était les années de la vie de Sarah » vient nous certifier que Sarah est arrivée au terme des années de vie qui lui avaient été imparties.

Rashi (verset suivant) nous indique que la mort de Sarah suivit la ligature d’Itshak parce qu’en apprenant la nouvelle de la ligature, que son fils avait été préparé pour être égorgé, son âme s’était envolée d’elle et elle était morte.

Ainsi, la Torah explique (par ce verset) que la ligature d’Itshak n’est pour rien dans la mort de Sarah car dans tous les cas elle était arrivé au terme de ses années de vie.

4°/ Le Ben Ich Haï fait remarquer que la répétition dans ce verset du mot « shana » (= « … ans ») a pour but de souligner que les nuits des justes sont aussi portées à leur crédit, contrairement aux méchants, dont l’existence est considérée comme très courte compte tenu de leurs rares mérites (ainsi être physiquement vivant ne veut pas dire que l’on est réellement vivant selon la Torah …).

5°/ Par ailleurs, le Ben Ich Haï demande : pourquoi les 2 premières fois, le mot « shana »  est-il au singulier, et la dernière fois, au pluriel?

Afin de ne pas s’enorgueillir durant notre vie, la Torah nous conseille de se rappeler de nos débuts pitoyables dans l’existence : muet et immobile comme une pierre, qui baigne dans ses déjections en mettant en bouche n’importe quelle saleté.

Ainsi, le mot est au singulier en ce qui concerne : 100 ans (moment de la décrépitude progressive de son corps) et 20 ans (zénith de sa force et de sa beauté), afin nous montrer que Sarah se souvenait toujours avec humilité de ce qu’elle était à un an (shana). A l’inverse, le mot est au pluriel à 7 ans, car elle s’y voyait déjà comme une femme adulte et responsable, chargée par le poids « des années » (shanot).

-> Par ailleurs, le Zohar (‘Hayé Sarah 122) enseigne que : « 100 ans » est écrit au singulier (chana), de même pour « 20 ans (chana), mais « 7 ans » est au pluriel (chanim).
Pour les nombres importants, l’utilisation du singulier amoindrit, tandis que pour le 7, le plus petit, l’utilisation du pluriel montre qu’il est rehaussé.
=> Nous voyons ainsi que Hachem grandit ceux qui se font petits et amoindrit ceux qui se font grands.
Et cela en fonction du principe : Celui qui recherche la grandeur, tout au long de sa vie dans ce monde, sera considéré comme petit dans le monde de Vérité.

6°/ Rabbi Avraham Ména’hem (Min’ha Béloula) explique que ce verset doit être lu d’une autre manière. Le mot « shéné » (précédemment traduit par « les années ») peut aussi se traduire par le chiffre : 2. Nous devons donc lire la fin du verset : « [c’était] les 2 vies de Sarah ».

Rabbi Avraham Ména’hem considère que la vie de Sarah se décompose en 2 parties : ses 90 premières années (avant la naissance de Ytshak) et ses 37 dernières années. En effet, la Torah enseigne qu’un Homme n’est appelé « vivant » que lorsqu’il devient parent. Ce n’est qu’à ce moment que sa vie prend tout son sens. D’ailleurs, notre verset commence par le mot « vayiyou » dont la valeur numérique est 37, soit la « véritable existence » de Sarah.

Sarah a enfanté Itshak à l’âge de 90 ans et elle endura aussi les 10 épreuves de son mari Avraham (son double enlèvement, la famine,…). Dans ce cas, comment comprendre l’explication de Rashi : « toutes les années de la vie de Sarah étaient égales pour le bien »? Rabbi Zoucha d’Anipoli explique que Sarah ne cherchait jamais à analyser et à comprendre pourquoi elle subissait tant de difficultés. Elles étaient persuadée qu’existaient de profonds secrets derrière tous ses problèmes. Tout ce qui m’arrive n’est que pour mon bien (même si actuellement je n’en suis pas conscient(e) voir je pense – à tort – le contraire)!

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One Response to Paracha Hayé Sarah

  1. Ping: Aux délices de la Torah

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