Vayétsé

– « Il rêva et voici une échelle posée à terre et son sommet arrivait [jusqu’] au ciel, et voici des anges de D. montaient et descendaient dessus ». (Vayétsé 28;12)

1°/ Rashi sur « montaient et descendaient » : les anges qui l’avaient accompagné dans la terre [d’Israël] ne sortaient pas en-dehors de [cette] terre, et remontaient au ciel tandis que] descendaient les anges d’en-dehors de la terre [d’Israël] pour l’accompagner.

2°/ Le Midrash nous explique que D. se révéla à Yaakov dans un rêve prophétique afin de le renforcer (il était persécuté par Essav et s’apprêtait à se rendre chez Lavan l’escroc) et de l’assurer de Son assistance à travers tous les événements futurs.
– Dans cette vision, chaque ascension d’un ange correspond à un exil du peuple juif (chaque échelon correspondant à un an), et la descente à sa fin.
– Par ailleurs, cette échelle correspond aussi à la rampe qui conduisait à l’autel du futur Bet Hamidrash. Les Kohanim (comparés aux anges) montaient et descendaient le long de la rampe du mizbé’ah en se hâtant, pour accomplir avec zêle la avoda.
Il vit la destruction du 1er Temple par les flammes et la reconstruction du 2e Temple.
– Enfin, l’échelle symbolisait le Har Sinaï, et il vit que ses descendants se tiendraient à son pied pour recevoir le Torah (vision du Matan Torah : l’apogée de la Création). Les anges représentaient, dans cette vision, Moshé et Aaron, qui graviraient le Har Sinaï; Aharon restant sur la montagne et Moshé continuant jusqu’au Ciel pour recevoir les tables de la Loi.

3°/ Le Ben Ish Haï note (appris de son père Rabbi Eliahou) que la valeur numérique du mot soulam (= échelle) est de 136, et est égale à celle de Mamon (= l’argent).
– Par ses efforts, l’homme monte les échelons de la hiérarchie sociale, mais en fait le sommet de cette échelle se trouve dans le ciel, car en définitive la réussite est accordée par D. Les anges qui montaient et descendaient sur l’échelle symbolisent les aléas de l’existence humaine, avec ses hauts et ses bas. De même que lorsque l’on inverse une échelle, l’échelon supérieur se retrouve tout en bas, de même, celui qui est tout en haut de l’échelle de la fortune peut se retrouver tout en bas en un instant.
– Cela signifie aussi que bien que l’argent soit une chose basse, on peut l’utiliser pour faire de grandes actions qui montent jusqu’au ciel. (tsédaka, embellir les mitsvot, …)

4°/ Le Ben Ish Haï rajoute que le mot soulam (= échelle) a aussi la même valeur numérique que le mot Kol (= la voix), référence aux valeurs spirituelles.
– Cela peut signifier que la voix de la prière et de l’étude de la Torah atteint le ciel (à l’image de l’échelle).
– Par ailleurs, cela conduit à comprendre notre verset d’une nouvelle façon.
L’échelle (symbole du matériel et du spirituel = soulam =
kol ; lien entre la terre et le ciel) se dresse sur la terre car le juif doit mener de front sa vie matérielle et spirituelle.

Ainsi, les justes (à l’image des anges), y montent, regardant vers le haut, vers leur maître, pour s’élever spirituellement. Et y descendent, regardant vers le bas, car ils sont satisfaits de leur situation matérielle et ne recherchent pas à égaler dans ce domaine ceux qui sont au-dessus d’eux.

 

Sources :
– « Le Midrash raconte » de Rabbi Moshe Weissman
– « Od Yossef Haï » de Rabbi Yossef Haïm de Bagdad
– « La voie à suivre » de la Hévrat Pinto

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