« Afin qu’il n’y ait pas de fléau parmi eux lorsqu’on les dénombrera. Voici ce qu’ils donneront, quiconque passe par le dénombrement, un demi shékel (ma’hatsit aShékel – מחצית השקל). » (Ki Tissa 30,12-13)

Pourquoi la Torah appelle le demi Shékel permettant d’éviter un fléau : ma’hatsit (מחצית), et non le terme : ‘hatsi (חצי)?

Le terme ma’hatsit (une moitié – מחצית) a 5 lettres, et la lettre du milieu est un צ, qui est la 1ere lettre du mot tsédaka.
L’accompagnant des 2 côtés, il y a les lettres ח et י, qui forment le mot חי (la vie).
Les lettres extérieures (aux 2 extrémités) sont מ et ת, formant le mot מת (la mort).

La Torah nous suggère que la tsédaka (צ) est la force résidant au sein de chaque juif, qui peut faire la différence entre la vie et la mort.
La tsédaka a la faculté de repousser/d’éloigner la mort et de rapprocher/d’apporter la vie.

Par ailleurs, le צ au milieu du mot tsédaka fait référence à un tsadik.
Être entouré d’un tsadik, et lui être solidement attaché, permet de bénéficier de sa sainteté et d’acquérir la vie (חי ), une vie spirituelle profonde.
Le fait de s’éloigner d’un tsadik est à l’opposé de la vie (D. nous en préserve!).

Source (b »h) : traduction & adaptation personnelle d’un commentaire de Rabbi Moshe Bogomilsky

<—–>

-> Le Ba’al Hatourim, fait remarquer que le mot : « ils donneront » (vénaténou – ונתנו) peut se lire identiquement dans les 2 sens.
Cela nous enseigne que ce que l’homme donne à la tsédaka finit par lui revenir, et qu’on ne perd rien à donner, au contraire.

<———>

-> Dans la guémara (Kidouchin 66b) nous trouvons Rabbi Tarfon très impressionné par une série d’arguments en Torah apportés par Rabbi Akiva.
Il dit alors : « Akiva, kol haporéch mim’ha, képoréch min ha’Haïm » ([Rabbi] Akiva, toute personne qui se sépare de toi, c’est comme si elle se sépare de la vie elle-même).

Rabbi Akiva était un tsadik de plus haut point, et tout celui qui pouvait mériter sa proximité en tirait de la vie spirituelle, et inversement pour celui qui s’en éloignait

-> Le mot ma’hatsit (מחצית).
Selon le Gaon de Vilna, le tsadik du milieu représente la mitsva de la tsédaka.
Les lettres le plus proche forment : ‘haï (la vie), et viennent nous protéger de celles qui sont plus loin et qui forment : mét (mort).
Cela fait allusion aux paroles du roi Salomon : « La tsédaka sauve de la mort » (tsédaka tatsil mimavét – Michlé 11,4).
Etre proche de la tsédaka, c’est s’assurer la vie.

<——————————————->

-> On donne 1/2 Shékel car les juifs commirent la faute du veau d’or pendant la première moitié de la journée.
Egalement car lors de la vente de Yossef par ses frères, chacun reçût 2 dinars, qui sont l’équivalent du 1/2 Shékel selon la Torah.
[midrach Yalkout Chimoni Chémot 386]

-> Hachem demanda aux juifs de donner le 1/2 Shékel afin que leurs dons devancent celui d’Haman.
En effet, le mot « Shékel » a la même guématria que « Néfech » (430).
Dans Sa grande bonté, D. expie la moitié de la faute d’une personne, tandis que le 1/2 Shékel rachète la seconde partie.
[Pérouch haRoch – Ki Tissa 30,13]

-> Le rabbi ‘Hanoch Alexander fait également remarquer que les mots : « Shékel » et « Néfech » (âme) ont la même guématria (430).
C’est une allusion à l’idée que chaque juif reçoit du Ciel une moitié de son âme : sa néchama. La 2e moitié de notre âme se développe par le biais de notre Torah, de nos mitsvot et de nos actes de bonté.
En agissant ainsi, nous travaillons à amener notre âme à un état de perfection et de plénitude.
[d’une certaine façon, le 1/2 Shékel que nous amenons à Hachem, représente notre apport personnel durant notre vie, venant compléter celle donnée par D.]

-> Cette mitsva a fait pencher la balance face aux 10 000 kikar d’argent qu’Haman voulait donner à A’hachvéroch pour anéantir les juifs.
En effet, la guémara (Méguila 13b) explique : « Rech Lakich disait : Il était connu et dévoilé devant Celui Qui a créé le monde par Sa parole, qu’Haman pèserait ces pièces contre les juifs, et c’est pourquoi Il fit précéder leurs Shékels aux siens.
C’est aussi pourquoi on a la coutume, le 1er Adar, d’écouter la paracha Chékalim. »

-> Les juifs donnèrent précisément 1/2 Shékel pour expier la faute [du veau d’or], du fait que seuls les hommes fautèrent, et non les femmes, leurs « moitiés », faisant que la moitié d’un Shékel est nécessaire à cette réparation.
[Alchikh haKadoch – Ki Tissa 30,13]

<—>

-> Le commandement de donner le 1/2 Shékel a été ordonné « pour obtenir le pardon pour vos âmes » (Ki Tissa 30,15), pour expier les fautes des juifs.
C’est pourquoi le montant a été fixé précisément à 1/2 d’une pièce, afin de montrer que Hachem est responsable de l’autre moitié. En effet, s’Il n’avait pas d’abord créé le yétser ara pour nous tenter, alors nous n’aurions jamais fauté! »
[Rav Sim’ha Bounim de Pschischa]

[pour réussir sa vie, il faut savoir composer avec les 2 moitiés qui constituent notre totalité : le yétser ara et le yétser atov. Il faut que la moitié soit pour Hachem => il faut toujours tâcher d’écouter son yétser atov!]

<—>

-> La faute du Veau d’or est survenue car l’homme se voyait comme complet, comme n’ayant pas besoin de Hachem, se séparant de Lui, Le reniant.
[plutôt que de se soumettre totalement à D., nous avons tendance à se créer le dieu que nous aimerons avoir, et se soumettons alors à cette volonté qui n’est en réalité que la nôtre!]

La réparation de cette faute a été réalisée par le biais du demi-Shékel, car la véritable unité avec Hachem n’est possible que lorsque l’homme reconnait que lui tout seul, il n’est rien, qu’il n’est que moitié.
[cela renvoie au concept d’humilité : d’un côté le monde n’a été créé que pour moi, d’un autre côté je ne suis que poussière => je dois utiliser chacune de ces notions en fonction des situations, par exemple si le yétser ara me dit que puisque je suis une nullité (je ne suis rien!) alors c’est pas si grave de faire une mauvaise action, je dois lui répondre que le monde entier ne dépend que de moi! => durant ma vie, j’évolue entre le 0 (je suis rien) et le 1 (je suis tout) = 0,5 : le 1/2 Shékel]

Uniquement Hachem est entier, parfait, et la seule façon pour l’homme d’atteindre la plénitude est de se connecter et de s’unifier avec Lui.
[adapté du Rabbi de Loubavitch – rabbi Ména’hem Mendel Schneerson – Likouté Si’hot]

<—>

-> La mitsva du ma’hatsit haShékel nous enseigne l’importance de l’amour pour chaque juif, quel qu’il soit.
Devant Hachem, il n’y a ni riche ni pauvre, ni proche ni étranger, il accepte les offrandes de tous, leur permettant d’expier toutes leurs fautes.

-> 1/2 Shékel : tant qu’un juif vit, c’est qu’il n’a pas atteint la plénitude de ce qu’il devait accomplir durant sa vie. Il y a encore du pain sur la planche!

-> 1/2 Shékel : il faut savoir se casser en 2, être humble, si on veut atteindre le 1 (Un – Hachem).

-> 1/2 Shékel : on n’est pas complet sans l’aide d’autrui, et notre vie ne peut être pleine que si on a laissé de la place en nous pour ressentir les douleurs d’autrui.

Aucun membre du peuple juif n’est entier tant qu’il ne se joint pas aux autres ; isolés, nous ne représentons que la « moitié » de notre potentiel.

<————>

+ « Chaque homme donnera à Hachem [un demi-Shekel pour] le pardon de son âme » (Ki Tissa 30,12)

-> Le midrach Tan’houma dit que Hachem a montré à Moché une pièce de feu, qui provenait de dessous Son Trône de Gloire Divin (kissé hakavod), et Il a dit à Moché que les juifs doivent donner un pièce qui ressemble à cette pièce de feu.

Pourquoi Hachem a-t-il montré cette pièce?
Le rabbi Tsadok haCohen (Pri Tsadik) répond que Hachem voulait montrer à Moché que même un objet qui est intrinsèquement matériel, comme une pièce, a la capacité d’être élevé au plus haut niveau de spiritualité, celui du Trône de Gloire Divin, s’il est utilisé comme il le faut.

[« cette pièce de feu » = il faut donner la tsédaka avec un feu d’enthousiasme : pour quelques pièces éphémères je gagne une récompense infinie (quelle affaire!) ; et je dois être en feu pour illuminer de joie, de considération le pauvre qui me permet de faire la mitsva (en effet, il a davantage besoin de mon sourire, de mots d’estime que de mon argent!).
Le feu de la pièce doit me permettre d’allumer mon amour pour cette mitsva, et également de réchauffer le cœur, d’allumer un feu (même passager) de joie sur le visage du pauvre (qu’il puisse ressentir : on me témoigne de la considération, c’est que je suis important aux yeux d’autrui, c’est donc que je suis quelqu’un de bien!)]

<—>

-> Pourquoi cette pièce était-elle prise sous le Trône de gloire (kissé hakavod)?

Ceci nous apprend à ne pas penser que la valeur de l’âme représente réellement un demi Shékel.
Au contraire, il faut savoir que l’âme est très précieuse et très noble. C’est une âme sainte prise sous le Trône de gloire pour venir apprendre la Torah et accomplir les commandements Divins. Sa valeur est immense!

C’est la raison pour laquelle Hachem montra à Moché une pièce de feu prise sous le Trône de gloire, l’endroit d’où proviennent les âmes. Cela nous apprend que, comme dans cette pièce de feu, prise sous le Trône de gloire, est sans prix ainsi en est-il de l’âme.
De plus, ce demi Shékel destiné à la charité est aussi précieux devant Hachem que la pièce de feu prise sous le Trône de gloire, à juste titre, un rachat pour l’âme.
[Méam Loez – Ki Tissa 30,13]

<—>

-> Le demi Shékel était donné pour sauver le peuple de la mort.
Cet argent représentait un rachat pour l’âme.
Dans cette optique, il est évident que riches et pauvres sont semblables. L’âme d’un homme riche n’est pas supérieure à celle d’un pauvre.

Par conséquent, si l’homme riche avait donné davantage, les gens auraient dit : « L’âme du riche a plus de valeur, et elle est plus importante pour D. »
Ils auraient été conduits à cette erreur du fait que Hachem avait donné beaucoup d’argent au riche.
De ce fait, nombreux sont ceux qui font cette méprise.
Hachem a donc ordonné que le riche ne donne pas plus que le pauvre pour nous apprendre que tous les hommes sont égaux devant Lui. Il donne à l’un la richesse, à l’autre la pauvreté car Il connaît tous les secrets … [Abarbanel]

Si D. avait demandé à chacun de donner selon sa générosité, les pauvres ainsi que les hommes ruinés auraient été gênés, Il ordonna donc que chacun donne un demi Shékel, une petite somme à la portée de tous. [Alchikh haKadoch]

[selon le Raana’h, les pièces données étaient pesées, et en ce sens il fallait que tout le monde donne la même pièce pour calculer le nombre exact de juifs.]
[…]

Pourquoi une demi-pièce et pas une entière?

Ce commandement recèle un enseignement. Cet argent venait expier la faute du Veau d’or fabriqué à midi. Le peuple n’attendait pas une demi-journée supplémentaire mais fauta aussitôt en fabriquant le Veau d’or.
Hachem leur commanda donc de donner un demi Shékel.

Une autre raison est que le demi Shékel est égal à 6 gramsine, pièce utilisée à cette époque.
Le Veau d’or ayant été fabriqué à la 6e heure de la journée, Hachem ordonna que les juifs donnent un demi Shékel égal à 6 gramsin.

Selon certains, les juifs transgressèrent les 10 Commandements lorsqu’ils firent le Veau d’or. Ils devaient donc donner un demi Shékel, égal à 10 guérot (Ki Tissa 30,13), pour expier la transgression des 10 Commandements.

Selon d’autres, ce don avait pour but d’expier la vente de Yossef.
Les frères de Yossef le vendirent pour 10 dinars d’or.
10 dinars valent 5 Shékel => chaque frère reçut un demi Shékel, la somme qu’il fallait donner lors du recensement.
[Pour que le cercueil de Yossef monte à surface, Moché écrivit sur une tablette d’or : « Monte, boeuf » (alé chor).
Cette tablette parvint aux mains du érev rav, qui la jetèrent dans le feu et le Veau en sortit.
Hachem ordonna donc de donner un demi Shékel pour réparer la vente de Yossef, qui rapporta à chaque frère un demi Shékel.]

[Par ailleurs, en donnant un demi Shékel, cela obligeait de multiplier par 2 le nombre total de pièces obtenues, et ainsi d’éviter de les compter individuellement directement.
Nous avons 300 000 pièces, ce qui implique une nombre de juifs de 600 000.]

Selon le Sifté Cohen, une autre raison pour laquelle Hachem choisit une pièce d’un demi Shékel est que l’homme n’est jamais conscient de tout le bien dont il jouit.
Il a toujours l’impression qu’il lui manque quelque chose.
En effet, l’être humain est fait des 4 éléments : poussière, eau, air et feu.
Seuls 2 d’entre eux peuvent être pesés : la poussière et l’eau.
Le demi Shékel fait allusion au fait qu’une personne ne peut jamais obtenir tout ce qu’elle désire.

Selon le Alchikh haKadoch, une autre raison est qu’un homme non marié est appelé un demi-corps (péleg goufa).
Puisque seuls les hommes participèrent à la fabrication du Veau d’or et non les femmes, Hachem ordonna que chaque homme donne un demi Shékel. En effet, seule une moitié de lui-même avait fauté.
[le passage concernant les Shékalim précède celui du bassin (kiyor) pour nous révéler la grandeur des femmes : elles ne voulurent pas donner leurs boucles pour fabriquer le Veau d’or, mais cependant pour offrir du cuivre pour faire le bassin, elles devancèrent les hommes.]

[le demi Shékel est une leçon de Shalom bayit : tu veux être entier, atteindre la totalité de tes potentialités, alors cela ne peut se faire qu’avec ton conjoint, et rien que pour cela tu dois lui en être toujours reconnaissant! Hachem a montré une pièce de feu => chaque conjoint doit avec beaucoup de chaleur faire en sorte que sa moitié, puisse briller afin d’atteindre une plénitude dans sa vie.
Nous devons toujours voir le demi Shékel d’autrui, voir ce que nous pouvons lui apporter, ce don il a réellement besoin!]

Le demi Shékel nous apprend également que tous les biens matériels sont futiles et qu’il ne faut pas être orgueilleux. Devant Hachem, nul homme n’est grand.
La seule chose précieuse pour D. est le monde à venir
L’homme doit donc être très humble, comme il est écrit : « Hachem se trouve avec les brisés et les humbles » (Yéchayahou 57,15).

Hachem a prescrit de donner un demi-objet pour montrer qu’Il désire ce qui est brisé et incomplet et non l’homme pétri d’orgueil qui se croit parfait.
Par contre : « Un cœur brisé et abattu, Hachem ne rejette pas » (Téhilim 51,19). Un tel homme est considéré grand devant D. qui ne le rejette pas.

Par conséquent, lorsqu’une personne vertueuse meurt, chacun doit s’attrister, pleurer sa mort et se dire : « Elle est morte à cause de mes fautes, nous ne formons qu’un seul corps ».
Hachem nous adonc enjoints de donner un demi Shékel pour nous enseigner que chaque individu n’est qu’une demi-personne.
C’est seulement lorsque nous sommes avec d’autres que nous sommes considérés comme entiers.
[Méam Loez – Ki Tissa 30,14-16]

<————>

+ Pourquoi le fait de donner de l’argent lors du recensement protège-t-il de l’épidémie?

Lorsque l’on compte, on dénombre les corps et non les âmes, car ce sont les corps qui distinguent les uns des autres. Or, la mort est essentiellement liée au corps, l’âme étant éternelle.
=> Quand on recense le peuple, le fait de mettre en évidence les corps, cela risque donc d’entraîner la mort et l’épidémie. Mais, quand on donne de l’argent que l’on a gagné à la sueur de son front et à la peine de son corps, et que l’on se détache de cet argent, par cela on se détache quelque peu de son corps. Celui-ci n’étant plus en évidence, cela préserve donc de l’épidémie.
[D’après le Likouté Halakhot de Rabbi Na’hman de Breslev]

<————>

+ « Un demi Shékel (ma’hatsit aShékel) »(v.30,13)

Pourquoi la Torah demande-t-elle que chacun ne donne qu’un demi Shékel pour compter le peuple, et pas un Shékel entier?

En réalité, chaque personne est constituée d’un corps et d’une âme spirituelle.
Quand on compte des personnes, chaque individu vaut une seule unité. C’est parce qu’on ne compte que les corps, et chaque corps vaut un.
Mais si on comptait les âmes, il aurait été possible que certaines valent plus qu’une entité. En effet, il y a des âmes très élevées qui en valent plusieurs.
[Par exemple, le rav Israël Salanter disait qu’il avait les capacités de 1000 personnes, ce qui impliquait qu’il devait agir comme 1000 personnes.]

Ainsi, si quand on dénombrait le peuple chacun ne comptait que pour un, c’est bien qu’on ne comptait que les corps, et non les âmes.
C’est pourquoi, dans le cadre de ce dénombrement, il fallait que chacun donne un demi Shékel, allusion au fait que par cette pièce on ne comptait que son corps, qui n’est qu’une partie et une moitié de l’individu.
L’autre moitié, qui représente l’âme, n’était pas dénombrée par cette pièce, puisqu’une âme pouvait valoir pour plusieurs.
[Ktav Sofer]

À propos kol26
rak kol26. Tous unique, tous unis!

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :