La gravité de parler à la synagogue

+ La gravité de parler à la synagogue :

-> « Mon Sanctuaire vous révérerez » (Vayikra 26,2)

Le Sforno de commenter :
« Ce commandement s’applique aux synagogues et aux lieux d’étude, qui pendant l’exil, remplacent le Sanctuaire (le Temple) ».
On appelle ainsi une synagogue : un mikdach méat (un Temple miniature).
Par exemple, lorsque le rav Yéhouda Zev Segal s’approchait de l’entrée de la synagogue, il se comportait comme quelqu’un qui entrait dans le palais du Roi.

-> Celui qui parle pendant la prière est coupable de voler la sainteté de la synagogue (massig gvoul).
[Rambam – Hilkhot Téchouva 26]

-> Selon le ‘Hafets ‘Haïm (michna Béroura 151,1), utiliser un lieu aussi sacré afin de se rassembler pour discuter vainement, c’est transformer la synagogue en : « un lieu d’idolâtrie ».

-> Le ‘Hafets ‘Haïm (michna Béroura 151,2) insiste sur la gravité d’y parler pour rien :
« car en agissant ainsi, une personne exprime un manque de respect pour la présence divine.
[De plus,] il n’y a aucune comparaison entre une personne qui faute en privé et une personne qui faute dans le palais du Roi, en présence du Roi.

Ce mal s’aggrave lorsque l’on cause d’autres à se joindre à la faute … voir que l’on est à l’origine d’autres fautes (lachon ara, créer des disputes, …) …

Et qui est la cause de tout cela, si ce n’est celui qui a initié cette démarche de discuter.
C’est certain, qu’il recevra une « récompense » pour tout cela. »

-> En parlant, on exprime indirectement aux autres que ce n’est pas si grave, que c’est normal de se comporter avec légèreté dans la synagogue (si lui parle, pourquoi pas moi!).
Ainsi, lorsque nous parlons, nous ouvrons l’appétit, la tendance naturelle d’autrui à discuter (c’est plus facile et agréable sur le moment), en oubliant pourquoi et devant qui on est là.
C’est une forme de ‘hiloul Hachem.

Si tu as envie de parler, alors parle à D.!
Ainsi, on peut être aussi une source d’exemple (si lui il prie de toutes ses forces, alors pourquoi pas moi!).
C’est une forme de kidouch Hachem.

=> Au lieu de venir louer D. (par notre prière), nous venons dans Sa maison, face à face avec Lui, et nous l’ignorons, Lui « crachant à la figure » en disant qu’il y a mieux à faire, plus important.
Quel affront!!

Imaginons qu’au moment du don de la Torah, alors que D. parle, nous discutons avec nos voisins en disant tu connais la dernière blague, le dernier potin, …

=> Au lieu que notre prière soit une source de mérites, c’est tout le contraire … notre prière se retourne contre nous!!

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-> Le Zohar (vol.II – p.131b), nous enseigne :
« Concernant un individu qui parle dans une synagogue :
Honte à lui, pour le manque de foi, d’espérance [en Hachem] ;
Honte à lui, car il n’a pas de part dans le dieu d’Israël, car il démontre [qu’il croit] qu’il n’y a pas de dieu, et qu’Il n’est pas présent ici [dans la synagogue], et qu’il ne Le craint pas. »

-> Le ‘Hatam Sofer (Drachot ‘Hatam Sofer – vol.II – p.309) de nous dire :
« Dans Sa bonté et miséricorde, D. nous a laissé un Temple miniature (les synagogues et les lieux d’étude).
Si nous les traitons comme un lieu sacré, alors ils seront transportés (lors de la venue du machia’h) en terre d’Israël, et ils ont actuellement la même sainteté que la terre d’Israël ; et les prières qui y sont récitées montent jusqu’à la porte du ciel.

Cependant, si, D. nous en préserve, nous traitons ces lieux d’une manière honteuse, et que nous y échangeons des paroles vaines, alors la vapeur de ces discussions y est présente, et le « prince de l’exil » (le Satan) s’en revêtit.
Il devient alors : « le maître de la synagogue », que D. nous en préserve, et il accepte alors les prières et les dépose chez les forces négatives. »

=> Prier et parler dans une synagogue, c’est alimenter, donner des forces au mal.
Nos prières au lieu de venir nous aider/bénir, viennent nous accuser/maudire.

De même que nos paroles ont un pouvoir positif phénoménal, elles peuvent aussi avoir un impact négatif énorme, si nous ne les utilisons pas comme il le faut, c’est pour cela que le yétser ara nous pousse beaucoup à y parler.

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-> Selon le Zohar (paracha Térouma), en prononçant des paroles étrangères à la synagogue durant la prière, on témoigne que l’on n’a pas de part dans le peuple d’Israël.
C’est comme si on niait la présence divine dans ce lieu (Ben Ich ‘Haï – Vayéra 1), et c’est cette faute qui prolonge l’exil et repousse la venue du Machia’h.

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-> « Les synagogues et les lieux d’étude de Bavél sont destinés à être implantés en Israël »
[guémara Méguila 29a]

Lorsque Machia’h viendra, tous les endroits de prières et d’étude seront déplacés en Israël.
Mais il y a une condition pour cela : il faut que nous y ayons témoigné le respect dû, en évitant d’y discuter.

Rabbi Moché Wolfson dit :
« Il est certain que les synagogues dans lesquelles les personnes discutent régulièrement durant la prière vont rester à leur même place au moment de la guéoula [alors que les autres iront en Israël] »

=> Dans un futur imminent, après l’arrivé du machia’h, imagions notre honte lorsque l’on sera tous en Israël, et qu’on nous demandera : elle est où ta synagogue?

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-> Le Choul’han Aroukh (Ora’h ‘Haïm 124,7) écrit :
« Une personne ne doit pas s’engager dans une discussion lorsque l’officiant répète la amida.
Si elle parle, elle est un fauteur, et sa faute est trop grande pour être supportée, et on la réprimandera. »

Il est intéressant de noter qu’aucune autre faute n’est dénommée ainsi, et elle est à rapprocher de : « Caïn dit à Hachem : Mon crime est-il trop grand pour être supporté » (Béréchit 4,13).

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-> La michna Béroura (124,27), cite le Kol Bo qui dit :
« Honte à ceux qui discute pendant la prière, car nous avons vu plusieurs synagogues détruites pour cette raison ».

-> Le Tossefot Yom Tov (1578-1654) fit un rêve dans lequel on lui annonça que si la population juive d’Europe de l’Est a été dévastée par 2 années entières de pogroms cosaques (en 1648 et en 1649), c’est parce que les gens avaient l’habitude de parler à la synagogue durant la répétition de la amida.

Le rav Matitiahou Salomon développe à ce sujet :
« Que pensez-vous qu’il arriva lorsque commencèrent les massacres cosaques?
Que pensez-vous que firent les habitants des villages lorsqu’ils virent les cosaques à cheval sur leurs grandes montures fondre sur eux à toute allure?

Ils se précipitèrent à la synagogue et implorèrent D. avec désespoir.
Ils adressèrent des « prières complètes », intimement convaincus que leurs prières avaient le pouvoir de les sauver.
Ils prièrent sans arrogance ni complaisance, tels « des mendiants se tenant devant la porte ».

Mais leurs efforts restèrent vains.
Leurs prières ne furent pas « immédiatement acceptées ».
Pour quelle raison?

Parce que D. dit : « Lorsque tout allait bien et que vous veniez à la synagogue, vous aviez l’habitude de bavarder avec vos amis et vos voisins pendant la répétition de la amida, comme si vous ne vous trouviez pas dans un lieu saint.
Vous avez tourné en dérision les prières qui M’étaient adressées.
Et à présent, vous venez prier!
Maintenant, vous venez dire : notre Père, notre Roi! (avinou malkénou)!

Si Je suis un Père, où est Mon honneur?
Si Je suis un Roi, où est le respect qui m’est dû? (midrach rabba 46,4).

Me considériez-vous votre Père et votre Roi lorsque vous bavardiez en Ma présence?
Il est trop tard à présent. Je ne peux accepter vos prières. »

Voilà pourquoi les bavardages à la synagogue pendant la répétition de la amida sont « une faute trop grande à porter ».  »

=> En y parlant, nous nous interdisons toute aide, tout sauvetage futur de D., lorsque nous en aurons véritablement besoin.

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-> « Les difficultés qu’une personne rencontre dans sa vie, en ce qui concerne les enfants, la santé et la parnassa, proviennent de la faute de parler durant la prière »
[Rabbi Dov Ber de Loubavitch]

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+ Encore quelques mots sur la synagogue :

La michna Béroura (Siman 46, introduction) affirme qu’avant qu’une personne n’entre dans une synagogue [le matin], alors qu’elle est encore à l’extérieur, elle doit dire : « Dans la maison de D., nous entrerons avec agitation ».

En franchissant le seuil de la synagogue, il faut prendre un moment pour s’imprégner de la sainteté intense et imposante qui nous enveloppe.
Ensuite, on doit dire : « Et moi, grâce à Ton immense bonté, j’entrerai dans Ta maison, je me prosternerai à Ton Saint Temple pénétré par Ta crainte » (Téhilim 5,8 – vaani bérov ‘hasdé’ha avo bété’ha …).

Selon le rav Mattitiahou Salomon cela nous enseigne que nous devons faire une pause et réaliser le privilège que nous avons de pouvoir prier dans une synagogue.
Combien nous sommes chanceux de pouvoir nous tenir entre ces saints murs et nous rapprocher de D.

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-> Une personne qui vient à la synagogue pour parler, est considérée comme un fauteur qui entraîne les autres à la faute, et ce comportement lui fait perdre sa part dans le monde à venir.
[Dover Shalom – p.70]

-> Un tsadik a rencontré une fois Eliyahou haNavi, qui était en train de charger 300 chameaux avec des punitions.
Il lui a demandé : « Pour qui sont-ils? »
Eliyahou lui a répondu : « Pour celui qui parlent entre « barou’h chéamar » et la fin de la Amida ».
[Or’hot Israël citant la Pessikta]

-> La michna Broura rapporte (56,101), au nom du traité Dérekh Erets, que Rabbi ‘Hama a trouvé le prophète Eliyahou en train de conduire des milliers de chameaux chargés de Colère divine et d’Emportement pour punir ceux qui parlaient pendant le Kaddich et la Kédoucha.

Le Michna Broura continue en citant le Sefer ‘Hassidim qui raconte l’histoire d’un homme pieux qui a rêvé d’un de ses amis décédé, pieux lui aussi, dont le visage était vert.
Le rêveur lui a demandé la raison de cette couleur, il lui a répondu « parce que je parlais pendant le Kadich ».

Le Michna Broura écrit que même penser des paroles de Torah pendant le Kadich est interdit, car il faut beaucoup se concentrer sur les réponses du kadich.

Pour la répétition de la Amida (‘Hazara), cela est écrit clairement dans le Choul’han Aroukh (chap.124, alinéa 7) : « qu’on n’a pas le droit de parler de choses profanes pendant que l’officiant fait la ‘Hazara (et le rav Ovadia Yossef qu’on n’a même pas le droit d’étudier de la Torah ne serait-ce qu’en pensée, et à plus forte raison d’en parler (Halik’ot Olam, Tome 1 p.192), et si la personne a parlé, elle fait un péché qui est insoutenable et qui doit être réprimandé. »

-> Le Magen Avraham rapporte que le Arizal ne disait que des mots de prière dans la synagogue, évitant même des discussions de moussar et de téchouva, de peur d’être amener à des sujets inconvenables pour le lieu.

-> La michna Broura écrit que nous devons éduquer nos enfants à respecter la synagogue.
[il faut être un exemple à leurs yeux, et ne pas attendre d’eux ce que nous ne faisons pas]
Il est ainsi mieux de ne pas les y amener trop jeunes, si c’est pour qu’ils y jouent et dérangent les autres, et surtout qu’ils acquièrent de mauvaises habitudes qui vont rester durant toute leur vie (ex: la synagogue est un lieu où l’on peut venir s’amuser, parler comme dans café, …).

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+ La sainteté d’une synagogue est la même que celle du Temple.
De la même manière que nous nous conduisons actuellement dans une synagogue, de la même manière nous nous comporterons dans le futur Temple.
[…]
Si nous ne nous efforçons pas d’honorer une synagogue, alors [pour l’éternité] nous n’aurons aucune compréhension de ce qu’est réellement la sainteté du Temple.
[Rav Avraham Pam]
[citation rapportée dans le Séfer Torah Tavlin du rabbi David Hoffman (Kédochim 5776)]

-> Le Smak écrit que de nos jours, la synagogue est un Temple miniature (mikdach méat).

-> Le Kav haYachar ajoute que les murs d’une synagogue sont tellement saints que la lumière de la présence Divine plane constamment au-dessus.

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« Au moment où l’on sort les Séfer Torah de l’Arche (la Téva), il ne faut pas parler.
On reste debout avec crainte, car à ce moment-là, les Portes du Ciel et les Portes de la Miséricorde s’ouvrent, et l’amour de D. s’éveille envers Ses Créatures.

A ce moment, on doit sentir qu’on reçoit la Torah. Il ne faut donc pas parler, pas même pour dire des paroles de Torah, et certainement pas des paroles futiles. »

[le Méam Loez – sur Vayélé’h 31,19]

[ex : imaginons l’insulte à Hachem, qui est en train de donner Sa Torah, et nous pendant ce temps là nous discutons du dernier match de foot!]

À propos kol26
rak kol26. Tous unique, tous unis!

6 Responses to La gravité de parler à la synagogue

  1. Maman says:

    Je lance une campagne de sensibilisation destinée aux juifs France pour qu’on arrête de parler dans les synagogues ; en s’appuyant Sur Chemot 14-14 : en nous taisant l’Eternel combattra pour nous, ce qui permettra d’arre L’antisemitisme .
    Je vous demande la permission de copier vos références et commentaires sur mon futur site qui s’appeller : jeneparlepasdanslasyna.com

    Merci de me répondre rapidement

    • kol26 says:

      Shalom Maman,

      Un grand ‘hazak pour cette initiative magnifique et au combien importante.
      Tant que ce n’est pas à des fins commerciales, vous pouvez prendre librement les citations qui se trouvent sur le site.
      Ci-dessous quelques divré Torah sur ce sujet :
      -> https://todahm.com/2016/06/30/4605
      -> https://todahm.com/2014/08/08/parler-pendant-la-priere
      -> https://todahm.com/2016/12/26/la-gravite-de-parler-a-la-synagogue
      -> https://todahm.com/2014/02/01/1036

      Kol touv!

      • Maman stephane says:

        Merci beaucoup,
        Le site en création qui devrait être disponible sDv vers Pessah et sera :
        Jeneparlepasdanslasyna.com
        Et a pour seul but de sensibiliser nos coreligionnaires sur cette mitsvah

        Un lien de redirection indiquera la source de vos écrits vers votre site

      • Tezamer Adama says:

        Avez vous une référence à me donner sur : Rabbi Dov Ber de Loubavitch: Les difficultés qu’une personne rencontre dans sa vie, en ce qui concerne les enfants, la santé et la parnassa, proviennent de la faute de parler durant la prière

        Envoyé de mon iPhone

        >

      • kol26 says:

        Shalom,

        Désolé de revenir vers vous que maintenant, mais à priori je n’ai pas davantage de référence sur cette citation, qui a été trouvé telle que dans une source de divré Torah sérieuse.
        Bon courage pour le développement du site. J’espère sincèrement que b’h, il arrivera à sensibiliser au maximum sur ce sujet important.
        Kol touv!

    • kol26 says:

      Shalom,

      Un grand ‘hazak pour votre site : Jeneparlepasdanslasyna.com
      Il est vraiment très beau, et j’espère b’h qu’il puisse avoir un maximum d’impact positif.

      Pour information, je vous transmets ci-dessous une nouvelle citation sur ce sujet.

      Kol touv!

      + La sainteté d’une synagogue est la même que celle du Temple.
      De la même manière que nous nous conduisons actuellement dans une synagogue, de la même manière nous nous comporterons dans le futur Temple.
      […]
      Si nous ne nous efforçons pas d’honorer une synagogue, alors [pour l’éternité] nous n’aurons aucune compréhension de ce qu’est réellement la sainteté du Temple.

      [Rav Avraham Pam]

      -> Le Smak écrit que de nos jours, la synagogue est un Temple miniature (mikdach méat).

      -> Le Kav haYachar ajoute que les murs d’une synagogue sont tellement saints que la lumière de la présence Divine plane constamment au-dessus.

      [Pour une transparence totale sur l’origine de ces citations : rapporté par le rav Guttman de Ramat Shlomo (dans le Torah Tavlin – paracha Kédochim (année 5776)) ]

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