Questions/Réponses – Paracha Vayikra

+ Questions/Réponses – Paracha Vayikra :

1°/ « Si quelqu’un d’entre vous veut présenter à Hachem une offrande de bétail, c’est dans le gros ou le menu bétail que vous pourrez choisir votre offrande » (Vayikra 1,2)

=> Pourquoi est-ce que les sacrifices (korbanot) provenaient uniquement d’animaux domestiques, et non pas d’animaux sauvages?

-> Le Daat Zékénim explique que cela aurait nécessité beaucoup plus d’efforts pour traquer et capturer de tels animaux pour les utiliser en tant que sacrifices.
A la place, dans sa bonté, Hachem nous a ordonné d’apporter des animaux domestiques que l’on peut trouver facilement, pour nous éviter ainsi une fatigue inutile.

En ce sens, le midrach Tan’houma (Pin’has – pérek 12) écrit : Hachem dit à Israël : Est-ce que je vais vous déranger à aller dans les montagnes pour y obtenir des animaux à amener en sacrifice (korbanot)?
Tout ce que je vous demande est une offrande parmi ceux qui sont faciles à obtenir. »

[Rabbi Elazar Meisels dit qu’au moment de notre jugement dans le monde à venir, nous ne nous lamenterons pas sur nos énormes opportunités manquées (celles semblables a des montagnes), mais sur toutes les petites qui sont à notre portée, faciles à capturer (ah si seulement j’avais …!).
En effet, Hachem désire tellement notre proximité avec Lui, qu’Il rend les mitsvot faciles à accomplit et proches de nous!]

-> Rabbénou Bé’hayé, rapporte les paroles de Rabbi Avahou (guémara Baba Kama 93a) :
« Une personne doit toujours être parmi ceux qui sont poursuivis, et non parmi ceux qui poursuivent (Hachem prenant la défense des 1ers), car il n’y a pas d’oiseaux qui soit plus pourchassés que le pigeon et la colombe, et cependant le verset ne permet qu’à ces espèces d’être offertes sur l’Autel. »

De même, les animaux sauvages sont disqualifiés, car ils poursuivent leurs proies, tandis que les animaux domestiques sont plus susceptibles d’être pourchassés et peuvent ainsi être apportés en sacrifices.

[par le biais des sacrifices, l’idée est de s’approcher de Hachem avec un état d’esprit de poursuivi : un juif doit avoir une relation spéciale avec Son Créateur, car sans Son aide permanente on tomberait immédiatement dans le main de notre yétser ara qui nous pourchasse pour que l’on tombe dans ses pièges.
En offrant de telles espèces pourchassées en sacrifices, cela doit contribuer à améliorer notre relation avec Hachem!]

-> Le Panéa’h Raza rapporte le Rachi (Béréchit 1,22) : « Hachem bénit [les animaux domestiques] étant donné qu’on les élimine, qu’on les capture et qu’on les mange, ils avaient besoin d’une bénédiction.
Les bêtes sauvages, elles aussi, auraient eu besoin d’une bénédiction. Il ne les a cependant pas bénies, à cause du serpent qui allait plus tard se faire maudire [pour avoir attiré Adam et ‘Hava à la faute], afin que celui-ci n’y soit pas inclus. »

=> Puisque les animaux sauvages ne sont pas inclus dans la bénédiction Divine, ils ne peuvent pas être apportés en offrandes.

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2°/ La guémara (Taanit 2a) fait référence à la prière comme le service du cœur, et de nombreuses lois des prières journalières sont dérivées de celles des sacrifices dans le Temple.

=> Où pouvons-nous trouver un parallèle dans la prière de la nécessité de toujours accompagner un sacrifice par du sel (Vayikra 2,13)?

-> Le rav Moché Méïr Weiss écrit qu’il s’agit de l’expression du plus profond de notre cœur : nos larmes salées.

-> Le Piské Téchouvot explique que le sel représente la stricte justice Divine.
D’une certaine façon, on peut commenter que nos prières sont l’occasion d’amener nos « additions les plus salées » suite à notre mauvais comportement/faute.
La sincérité de nos mots a alors le pouvoir de transformer nos fautes (ce sel de rigueur) en mérites (du sucre de douceur).

[alors qu’en l’absence du Temple, nous ne bénéficions plus du pouvoir des sacrifices, nous avons à la place les prières. Ainsi, il ne faut pas les appréhender avec légèreté et lassitude, mais au contraire comme à chaque fois une opportunité unique pour s’élever, se purifier, et ainsi bénéficier du meilleur, car étant alors plus proche de Hachem!]

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-> « Tu le garniras de sel, et tu n’omettras point ce sel, signe d’alliance avec ton Dieu, à côté de ton oblation: à toutes tes offrandes tu joindras du sel. » (Vayikra 2,13)

Rachi explique que quand Hachem créa le monde et sépara les eaux d’en-haut des eaux d’en-bas, ces dernières furent peinées d’être éloignées d’Hachem. Alors, Il les consola en leur promettant que dans tous les sacrifices on mettra du sel provenant des eaux des mers.

=> Pourquoi la consolation passa par l’offrande du sel, et non uniquement de l’eau?

Lorsque le soleil tape sur les mers et que l’eau s’évapore, le sel reste en-bas et ne s’élève pas.
Ainsi, le sel est la partie la plus basse de l’eau qui ne s’élève pas, même quand l’eau s’élève et s’évapore.

Hachem consola les eaux en leur promettant que même leur partie la plus basse, qui est le sel, méritera malgré tout de s’élever, en en mettant toujours dans tous les sacrifices.
[Rabbi Yaakov Kamenetsky – Emet léYaakov]

=> Nous devons nous investir totalement dans nos prières (pas uniquement remuer les lèvres), en y sacrifiant même nos pensées les plus basses, et alors c’est la totalité de notre être qui peut s’élever vers Hachem.
[toute chose est bonne à être demandée en prière : de la plus élevé, à la plus basse/petite. En effet, rien n’est trop petit ou trop grand pour Hachem.
Au contraire, prier pour une petite chose, c’est développer sa conscience que D. est impliqué dans absolument toute Sa Création.]

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-> Selon le ‘Hatam Sofer, le sel représente le trait de la jalousie, car il est offert en conséquence de la jalousie de la séparation des eaux d’en-haut et d’en-bas.

Ainsi, le sel est un rappel éternel de la forme positive de jalousie, celle qui nous tire vers le haut spirituellement.
La vision d’autrui, nous motive à grandir en spiritualité (tirer vers le haut).
[la mauvaise jalousie est de désirer quelque chose de matériel (de bas, terrestre), qui est extérieur à nous!]

[il en est de même en prière où nos demandes doivent être afin de pouvoir mieux faire la volonté de D.
Par ailleurs, on doit prendre conscience que notre attitude dans une synagogue influence autrui, dont nos enfants (ex: si je parle, j’incite indirectement d’autres à le faire!)]

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-> Le sel symbolise l’alliance immuable de D. car il conserve ce qui existe et ralentit la décomposition.
[Rav Shimshon Raphael Hirsch]

[quoique nous ayons pu faire, nous devons être persuadés que Hachem nous aime toujours et qu’Il désire nos prières!]

Le Séfer ha’Hinoukh (117) écrit : « De même que le sel a la qualité de préserver la nourriture, lui évitant de se détériorer, de même le fait d’apporter des sacrifices préserve l’âme d’une personne ».

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3°/ Pourquoi est-ce que le sang d’un animal apporté comme Korban ‘Hatat doit-il être placé sur la partie supérieure du Mizbéa’h (Vayikra 4,30), tandis que pour un oiseau amené en Korban ‘Hatat le sang est dispersé en bas (Vayikra 5,9)?

-> Le rav Moché Feinstein (Darach Moché) explique qu’un animal est apporté par un riche, dont les fautes proviennent du fait que Hachem lui a accordé tellement de bénédictions qu’il en est venu à en oublier la véritable Source (cf. Haazinou 32,15).

[plus ou moins inconsciemment : personne n’aime être redevable/dépendant d’autrui, alors il est plus « agréable » d’oublier que c’est Hachem qui nous comble de bontés en permanence!]

=> Ainsi, le sang de ce sacrifice est dispersé sur le haut du Michkan pour rappeler au riche, qu’il doit regarder vers le Ciel pour se souvenir que l’origine première de toute chose est : Hachem, et ainsi en venir à se repentir comme il le faut.

D’un autre côté, le sacrifice d’un oiseau est amené par un pauvre, qui n’a pas les moyens d’apporter un animal comme offrande. Ses fautes proviennent de sa perception que Hachem le traite d’une manière injuste, en lui refusant les ressources qu’il pense avoir droit.

[plus ou moins inconsciemment : de même que tu agis avec moi d’une mauvaise manière en m’accordant pas ce que je dois avoir, alors de même je peux agir d’une mauvaise manière! On est d’une certaine façon quitte!!]

Regarder en-haut ne va l’aider en rien, car il a toujours conscience d’Hachem, puisque se plaignant contre Lui.
Par contre, le sang est dispersé vers le bas du Mizbéa’h pour lui rappeler de se concentrer sur la terre, sur le fait même que Hachem le maintient en vie à chaque seconde pour bénéficier de Ses bénédictions.

De plus, il doit regarder vers le bas, vers ceux qui ont moins que lui.
[comment puis-je me plaindre, il y a bien pire que moins!]

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4°/ « Il offrira pour son délit à Hachem, à cause du péché qu’il a commis, une femelle du menu bétail, brebis ou chèvre, comme expiatoire; et le Cohen lui procurera l’expiation de son péché. Si ses moyens ne suffisent pas pour l’achat d’une menue bête, il offrira, pour la faute qu’il a commise, 2 tourterelles ou 2 jeunes colombes à Hachem: l’une comme expiatoire, l’autre comme holocauste » (Vayikra 5,6-7)

=> Le sacrifice de l’homme pauvre doit être de 2 volailles, alors que l’homme riche apportera une seule bête (une chèvre ou une brebis). Pourquoi cette différence?

En réalité, quand le pauvre apporte un sacrifice de pauvre, il peut en venir à se dire : « Si j’étais riche, j’aurais apporté un autre sacrifice. Alors, pourquoi Hachem m’a fait cela d’être pauvre, pour que je doive maintenant apporter une offrande de pauvre! »

De cette façon, il en vient à se plaindre de la manière comment Hachem dirige le monde.
C’est pourquoi, à part son sacrifice expiatoire (‘hatat) qu’il apporte pour sa faute, il doit offrir aussi un 2e sacrifice en holocauste, pour sa mauvaise pensée.
[Rabbi Yé’hezkel de Kozmir]

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5°/ « Servez Hachem dans la joie » (Ivdou ét Hachem bésim’ha – Téhilim 100,2)
Lorsqu’un fauteur amenait un sacrifice pour expier ses fautes, il le faisait avec un cœur brisé, avec de véritables larmes de chagrin et de peine.

=> Comment peut-il servir Hachem dans la joie alors que son cœur est cassé par la douleur d’avoir pu fauter?

-> Un vendredi soir, le ‘Hozé de Lublin a honoré un total inconnu en lui demandant de mener la prière, et personne n’a entendu une prière aussi belle et émouvante.
Cela continua de se produire durant tout le Shabbath, où il mena les prières avec sa voix sublime.
Mais dès que Shabbath est sorti, il s’est senti faible, et il est brusquement mort.

Le ‘Hozé de Lublin a révélé que cet homme était la réincarnation d’un Lévi qui chantait dans le Temple il y a des milliers d’années.
La coutume était que lorsqu’un fauteur offrait un sacrifice, les Lévi’im chantaient de tristes chants afin de mettre la personne dans un esprit de repentance.
Une fois que cela était terminé, les Lévi’im changeaient rapidement de registre en chantant des chants joyeux qui réjouissent le cœur, afin de permettre à la personne d’apporter le sacrifice avec bonheur et de servir Hachem dans la joie.

Le ‘Hozé de Lublin poursuit en disant que ce Lévi a chanté une fois un chant triste pendant un peu trop longtemps, causant que le fauteur est entré dans un état de désespoir duquel il n’est jamais sorti.
En conséquence, sa punition était que son âme devait revenir et attendre jusqu’au moment où il serait capable d’utiliser sa voix pour amener de la joie aux gens [ce qu’il a fait durant tout le Shabbath].

[cela nous apprend beaucoup sur le processus de téchouva : certes on doit affronter ce qu’il y a de plus répugnant en nous, mais ensuite on doit en ressortir rempli de joie, par la prise de conscience que Hachem nous débarrasse de nos saletés et nous sommes maintenant tout purs/propres!]

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6°/ Est-ce qu’une bénédiction était récitée au moment de réaliser la mitsva d’apporter un sacrifice ‘hatat (faute) (Vayikra 4,2)?

-> Le rav Aharon Leib Steinman, rapporte le Rachba, qui écrit qu’aucune bénédiction n’est récitée lorsque l’on réalise la mitsva de ramener un objet volé, car l’opportunité de faire une telle mitsva ne peut provenir que par le biais d’une faute. Puisque le sacrifice ‘hatat permet de ramener notre âme à Sa Source : Hachem (expiation parfaite), alors il semble qu’aucune bénédiction n’était faite pour un korban ‘hatat.

[le ‘hatat était une obligation d’apporter un sacrifice pour réparer certaines fautes involontaires, et non volontairement pour s’élever spirituellement]

Le rav Steinman ajoute qu’une bénédiction était dite dans le cadre d’un sacrifice ola (élévation), car bien qu’expiant les fautes, il n’est pas considéré comme un sacrifice résultant de nos fautes.

Il fait remarquer que le Michné léMélé’h écrit que puisque les sacrifices n’étaient pas apportés en raison de leurs fautes, les Cohen devaient faire une bénédiction lorsqu’ils consommaient aussi bien un korban ‘hatat, qu’un korban ola.

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