+++ Roch Hachana & résurrection des morts :
+ Lien entre Shofar & résurrection des morts :
-> Il est écrit dans le midrach (Otiyot déRabbi Akiva - siman 9) :
Comment Hachem ressuscite-t-Il les morts dans le monde futur?
Il prend un grand Shofar dans Sa main ... Il sonne et le son transperce le monde d'un bout à l'autre.
Lors de la première Tékiya, le monde entier tremble. À la deuxième, la poussière se détache des corps. À la troisième, les os se regroupent. Au bout de la quatrième sonnerie, les membres se distendent. À la cinquième, la peau reprend sa consistance naturelle. À la sixième, les âmes entrent dans leurs corps respectifs et à la septième, ils sont vivants, vêtus et se tenant sur leurs pieds.
Pourquoi se tiennent-ils debout précisément à la septième heure ?
C'est pour faire le pendant de la première résurrection de la création, où l'homme a été créé et son âme a été insufflée, lors de la septième heure.
Il est rapporté dans le Midrach (Pessikta Derav Kahana passage 23) que Adam Harichon a été créé à Roch Hachana. L'idée est venue à Hachem lors de la première heure de la journée. À la deuxième, les anges du service l'ont proclamé Roi. À la troisième, Il a rassemblé de la terre et à la quatrième, Il l'a formé. À la cinquième Il l'a imaginé. À la sixième, il la fait tenir sur ses jambes et à la septième, Il lui a insufflé son âme.
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+ Le bélier de la Akéda et ses 2 cornes - résurrection des morts :
-> Il est rapporté dans le Pirké déRabbi Eliézer (chap.31) que rien du bélier de la Akédat Its'hak n'a été laissé de côté : sa cendre est placée sur l'autel interne, ses nerfs sont au nombre de 10 comme les 10 lyres avec lesquelles jouait David, sa peau ceint les reins d'Eliayhou, ses 2 cornes sont utilisées comme Chofarot.
La corne de gauche a servi sur le mont Sinaï ("le son du Shofar redoublait d'intensité" - Yitro 19,19), et la corne de droite plus grande que celle de gauche sonne au moment de la guéoula et du retour des exilés ("En ce jour, résonnera le grand Shofar" - Yéchayahou 27,13).
=> Comment est-il possible de faire du bélier d'Its'hak, d'une même source, deux Chofarot, un pour le don de la Torah et un pour la guéoula et la résurrection des morts. Ce serait comme obtenir d'un arbre fruitier deux sortes de fruits.
En fait, ces 2 Chofarot s'apparentent à un seul sujet: la résurrection des morts. Même sur le mont Sinaï, Hachem a ressuscité les morts, comme il est ramené par nos Sages (guémara Shabbat 88b) : "A chaque parole qui sortait de la bouche de Hachem, l'âme des Bné Israël sortait".
Étant donné que les deux Chofarot traduisent la même notion de résurrection des morts, on en déduit de là que leur source, le bélier de la Akéda, symbolise lui aussi la résurrection des morts.
C'est ce que nos Sages (Pirké déRabbi Éliézer - chap.31) nous enseignent : Avraham a lié les mains et les pieds d'Itsh'ak sur l'autel ... Il a lancé sa main et a pris le couteau ... les anges du service se sont mis à crier et pleurer ... Lorsque l'épée a touché le cou d'Its'hak, son âme est sortie et s'est envolée. Puis Hachem a fait entendre Sa voix entre les deux Kérouvim (anges), Il s'est exclamé : "Ne porte pas la main sur ce jeune homme" et l'âme d'Its'hak est entrée dans son corps.
Hachem l'a remis sur ses pieds. Its'hak a vécu la résurrection des morts, dont on parle dans la Torah, pour la fin des temps: À cet instant, Its'hak a prononcé la bénédiction : "Sois loué, Hachem, qui ressuscite les morts."
Cette bénédiction de "Mé'hayé Hamétim" a été prononcée par Its'hak quand son âme a regagné son corps. Le bélier, qui a été sacrifié à sa place, est donc le symbole de la résurrection des morts.
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+ Téchouva & résurrection des morts :
-> Nos Sages (midrach Yalkout Chimoni - Téhilim remez 702) nous enseignent : on a demandé à la sagesse quelle est la punition de celui qui faute. Elle a répondu : "Le mal poursuit celui qui faute".
On a demandé à la prophétie. Elle a répondu : "Il doit mourir".
On comprend logiquement que l'homme qui faute ne peut pas revenir en arrière. Hachem, quant à Lui, a répondu : "Qu'il fasse Téchouva et il sera pardonné".
La téchouva est une grande bonté de Hachem. En s'amendant, l'homme est épargné et son sort est scellé pour la vie. C'est une réelle résurrection des morts.
Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach 1ere partie - drouch 1) sur la bénédiction de té'hiyat hamétim (résurrection des morts), dans la Amida et sur la mention de la rosée dans cette bénédiction, que lorsque Hachem accepte le repentir de l'homme, Il le ressuscite.
Car le racha est appelé mort de son vivant. Quand il revient vers Hachem, Hachem le ramène à la vie. C'est pourquoi il doit implorer Hachem qu'll lui accorde la vie et qu'll agrée ses prières. Lorsque l'homme faute, son âme se retire et il supplie Hachem de le faire revivre avec une rosée de résurrection.
La rosée, que Hachem fait descendre, ne dépend pas d'un éveil d'en bas.
C'est la raison pour laquelle nous mentionnons la rosée, afin qu'll nous fasse vivre, par l'abondance de sa sainteté. En prononçant la bénédiction de "Mé'hayé Hamétim" (qui fait revivre les morts), nous devons penser à vivre dans ce monde-ci et pour la résurrection des morts.
[le mois d'Elloul et les 10 jours redoutables, sont la période propice et symbole de la téchouva, et en ce sens le Shofar nous illustre qu'à chaque téchouva sont bénéficions d'une résurrection des morts. L'être qui a fait la faute et s'est repenti, il est totalement nouveau, ce n'est plus le même qu'avant. ]
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-> Le midrach (Yalkout Chimoni - remez 855) sur le verset : "Que cela soit consigné par écrit pour les générations futures, afin que le peuple à naître loue Hachem" (Téhilim 102,19).
Une nouvelle nation doit-elle voir le jour?
Dans ces générations, les individus sont comme morts par leurs actes. Ils viennent et prient Hachem à Roch Hachana et à Yom Kippour. Hachem fait d'eux de nouveaux êtres.
Ainsi, à Roch Hachana et à Yom Kippour, le juif renaît. C'est pourquoi, il y a précisément 40 jours d'agrément et de miséricorde de Roch 'Hodech Elloul jusqu'à Yom Kippour. Ces jours font le pendant des 40 jours de la conception de l'enfant.
[la téchouva est une renaissance. ]
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-> La guémara (Béra'hot 58b) dit : "Celui qui voit un ami après une absence de 12 mois doit prononcer la bénédiction de 'Mé'hayé Hamétim'."
C'est ce que le Choul'han Aroukh (225,1) nous enjoint aussi de faire : "Celui qui voit son ami après 12 mois, doit dire 'Mé'hayé Hamétim' (qui fait revivre les morts), car il l'apprécie et est content de le revoir."
Pourquoi nos Sages nous ont-ils prescrit de dire cette bénédiction en voyant un ami, alors qu'il a toujours été en vie ?
Le Maharcha ('Hidouché Aggadot) nous explique que l'homme est jugé chaque année pour la vie ou la mort. Si l'on voit son ami après Roch Hachana, puis on le retrouve le Roch Hachana suivant, c'est la preuve que Hachem l'a inscrit dans le livre de la vie pour l'année qui est passée.
C'est pourquoi il prononce "Mé'hayé Hamétim", puisqu'il a été épargné de la mort à Roch Hachana.
La guémara (Roch Hachana 32b) nous enseigne : "Les Malakhé Hacharet (anges de service) ont dit devant Hachem : Maître du monde, pourquoi les enfants d'Israël ne chantent-ils pas devant Toi à Roch Hachana et à Yom Kippour?"
Il leur a répondu : "Est-il concevable que le Roi soit assis sur Son Trône de justice, que les livres de la vie et de la mort soient ouverts devant lui et que les Bné Israël chantent?"
Le Rambam (Hilkhot Téchouva 3,3) écrit que de la même façon que l'on décompte les mérites et les fautes de l'homme au moment de son décès, il en est ainsi chaque année pour tous les êtres humains, le jour de Roch Hachana.
Le jour de Roch Hachana on bascule entre la vie et la mort et Hachem nous ramène à la vie.