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Méguilat Esther – Le saviez-vous?

+ Méguilat Esther - Le saviez-vous?

1°/ Nom manquant :

=> Pourquoi le nom d'Hachem n'est-il pas mentionné dans la Meguila?

On peut citer :
-> Puisque la Megilat Esther a été canonisée comme chronique royale officielle de l'empire perse, on craignait que les idolâtres perses ne substituent le nom de leurs idoles aux endroits où le nom d'Hachem était mentionné. [Kad haKéma'h, citant le Ibn Ezra]

-> Tant qu'Amalek n'est pas totalement détruit, le nom d'Hachem est incomplet. Puisque des restes d'Amalek ont survécu au miracle de Pourim, le nom d'Hachem n'apparaît pas dans la Meguila. [Yalkout Méam Loez - Esther]

- Puisque le miracle s'est produit en exil, où la présence divine est dissimulée, il ne serait pas approprié que le nom d'Hachem soit révélé ouvertement. [Yalkout Méam Loez - Esther]

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2°/ Un festin sans musique :

La Méguila décrit en détail les meubles exquis et les beaux ustensiles qui étaient exposés lors du festin de 7 jours organisée par A'hachvéroch pour les citoyens de Shoushan.
Cependant à la lecture de la méguila, un des éléments habituels d'une festivité semble faire cruellement défaut au festin du roi : la musique.
=> Pourquoi A'hachvéroch n'a-t-il pas prévu de divertissement musical pour ses invités au festin?

1- Selon certaines opinions, de la musique était effectivement jouée lors du festin d'A'hachvéroch. Comme il est d'usage qu'un banquet royal soit accompagné de musique, il n'était pas nécessaire que la Méguila mentionne explicitement ce point.
[Maharam Shif - drachot fin de 'Houlin]

2- A'hachvéroch voulait satisfaire les désirs de chacun de ses invités.
Si le mobilier et le décor d'A'hachvéroch étaient objectivement agréables aux yeux de tous, les gens ont des goûts différents en matière de musique.
La musique agréable d'une personne peut être un bruit gênant chez une autre, A'hachvéroch n'a pas été en mesure de trouver un genre de musique qui serait apprécié par toutes les personnes présentes (ex: à la fois aux jeunes et aux plus âgés), il s'est donc abstenu de fournir de la musique au festin.
[Manot haLévi - Esther 1:8]

3- Puisque A'hachvéroch voulait que les juifs assistent au festin , il a n'a pas pu fournir de musique, car il était interdit aux juifs d'écouter de la musique pendant le festin, en signe de deuil de la destruction du Temple.
[Maharam Shif - drachot fin de 'Houlin]

4- L'intention première du festin était de tenter les juifs de pécher. A'hachvéroch était conscient que la musique possède une puissante composante spirituelle qui réussirait à inciter les juifs à se repentir.
Il n'autorisa donc aucune musique lors du festin.
[Manot haLévi - Esther 1:8]

Le Manot haLévi (rabbi Shlomo Alkabetz) ajoute l'observation suivante :
Nous constatons que les jeunes enfants, les infirmes et les personnes âgées sont excités par la musique, plus que le reste de la population. Cela s'explique par le fait que lorsqu'un nouveau-né entend de la musique, cela éveille dans son subconscient le souvenir des anges chantant dans le ciel, qu'il a connu récemment, avant sa naissance. Comme les infirmes et les personnes âgées sont quelque peu détachés de leur corps physique, ils sont également fortement affectés par la nature spirituelle de la musique.

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3°/ La queue de Vachti :

Nos Sages (guémara Méguila 12b) expliquent que la raison pour laquelle la reine Vachti a refusé de venir à la fête du roi pour montrer sa beauté est qu'une queue disgracieuse lui a soudainement poussé.

Il y a deux façons principales de comprendre cet événement :
- Selon certaines opinions, il faut le prendre au pied de la lettre : Vachti s'est vu pousser une queue comme celle des animaux. [Maharcha - Méguila 12b]
- D'autres soulignent que la caractéristique de tous les miracles de Pourim est qu'ils ont été accomplis de manière cachée. Si Vachti avait soudainement fait pousser une queue d'animal, cela aurait certainement été considéré comme un miracle ouvert. [rabbi Shimon Schwab]
Selon le Rachba (Pérouch haAggadot), la "tête" représente symboliquement la partie distinguée d'une entité, tandis que la "queue" représente une partie basse et insignifiante. Une "queue" peut donc également signifier un appendice étranger à son corps, comme une verrue laide et allongée.
Selon le Alchikh haKadoch, cet appendice apparaissait sur son front, ce qui implique que la nature repoussante de cette tare était due à son emplacement bien visible sur son visage.

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=> Pourquoi Vachti a-t-elle été punie en se faisant pousser une queue?

-> Le prophète Yéchayahou a prophétisé la chute de l'Empire babylonien : "Je détruirai de Babylone le nom et le reste, l'enfant et le petit-enfant " (Yéchayahou 14,22).
Nos Sages (Yalkout Chimoni - Yéchayahou 418) expliquent que "petit-fils" fait référence à Vachti, la petite-fille de Névou'hadnétzar.
Vachti était donc la "queue" de la dynastie babylonienne, puisqu'avec son exécution, la famille royale babylonienne a pris fin.
['Hida - Na'hal Echkol - Esther 2,1]

-> Vachti était fière de sa lignée royale, car elle était la descendante de 3 souverains babyloniens : Névou'hadnétzar, Mérodach le mauvais et Belshatsar.
Alors que ces rois agissaient en tant que "tête" de l'empire babylonien, ils sont en réalité plus comparables à une "queue" en raison de leur comportement impitoyable et bas.
Vachti a été humiliée par la croissance d'une queue inconvenante (zanav - זָנָב), dont les lettres correspondent à la première lettre de chacun de ces souverains : בלשצר (Belshatsar), נובכדנצר (Névou'hadnétzar), plus la lettre "ז", dont la valeur numérique [7] est égale à la valeur numérique de la première lettre de ושתי (Vachti) et de אֱוִיל מרודך (évil Mérodach). [vav+ alef =7]
[Ben Ich 'Haï - Ben Yehoyada - guémara Megillah 12b].

[La raison pour laquelle les règnes de Vachti et de Mérodach sont combinés est peut-être que chacun d'eux a eu un règne incomplet. Vachti a été tuée dans la fleur de l'âge et Mérodach le mauvais a été nommé roi pendant la période de 7 ans où Névou'hadnétzar est devenu fou. Après le rétablissement de la santé mentale de Névou'hadnétzar, la population a fait emprisonner le méchant Mérodach jusqu'à la mort de Névou'hadnétzar (Rachi, Yeshayahu 14:19). ]

-> Puisque Vachti obligeait les jeunes filles juives à travailler nues pendant le Shabbat comme des animaux, Hachem lui a donné une queue, une partie du corps exclusive aux animaux.
[Ben Ich 'Haï - Ben Yehoyada - guémara Megillah 12b].

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4°/ Un sauveur improbable :

Au cours de sa plaidoirie auprès d'A'hachvéroch pour que Vachti soit tuée, Haman dit : "Et aujourd'hui, j'en parlerai" (Esther 1,18).
Le midrach commente ce verset en disant que si cet événement s'était produit un autre jour de l'année, Haman n'aurait pas recommandé l'exécution de Vachti.
=> Pourquoi en est-il ainsi ?

-> Le rav Yonathan Eibeshitz (Yaarot Dvach vol.1 drouch 3) présente la réponse suivante :
Le Rokéa'h dit que le festin de 180 jours d'Achashveroch a commencé au mois de Nissan. Par conséquent, les 180 jours se sont terminés le 3e jour de Tichri. Le roi a ensuite organisé un festin supplémentaire de 7 jours pour les habitants de Shoushan, qui s'est terminée à Yom Kippour (le 10e jour de Tichri).

Après que Haman eut décrété la destruction des juifs, ceux-ci se repentirent de leur péché d'avoir participé au festin du roi, par "le deuil, le jeûne, les pleurs, l'éloge, le sac et la cendre" (Esther 4,3).
Le midrach affirme que ces 6 expressions de repentir correspondent aux 6 jours pendant lesquels les juifs ont participé au festin du roi.
=> Pourquoi n'ont-ils assisté au festin que pendant 6 jours sur les 7 qu'il a duré?
La réponse est qu'ils n'ont pas assisté au dernier jour du festin du roi, car il tombait sur Yom Kippour.

Yom Kippour est un jour de grâce et de faveur divine, et même le Satan est impuissant pour nuire aux juifs.
En ce jour de Yom Kippour, Hachem a transformé Haman, qui était comme le Satan incarné, en un agent de la miséricorde et a mis dans son esprit l'argument illogique d'exécuter Vachti, ce qui a finalement conduit aux événements entraînant l'annulation de son décret contre les juifs ainsi que sa propre disparition.

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5°/ Mordé'haï haYéhoudi :

=> Que signifie le verset lorsqu'il qualifie Mordé'haï de "Yéhoudi" (Esther 2,5)?

On peut citer les explications suivantes :
-> Tous les juifs sont appelés Yéhoudim en référence à Yéhouda, qui a eu le courage de reconnaître sa faute dans l'épisode de Tamar (voir Targoum Yérouchalmi - Béréchit 49,8).
Il apparaît donc que c'est cette caractéristique particulière qui définit le juif. Haman a qualifié Mordé'haï de Yéhoudi car il a fait preuve d'une bravoure et d'un courage remarquables dans son refus de se soumettre à Haman.
[à l'image de Yéhouda, un juif (yéhoudi) doit être prêt à tout pour rester fidèle à la volonté d'Hachem (relayée par nos Sages de la génération), même si cela peut aller à l'encontre de sa nature humaine, de la logique ... ]

-> Le midrach (Esther rabba 6,2) dit que Mordé'haï a été appelé Yéhoudi parce qu'il a fait connaître l'unicité d'Hachem (יחידי - yé'hidi) dans le monde entier, lorsqu'il a refusé de se soumettre à Haman.
(la Torah Témima (sur ce passage) explique que les lettres hé et 'hét sont utilisées de manière interchangeable dans l'exégèse des Sages, car elles sont écrites et prononcées de manière similaire.)
[ainsi, on est appelé juif (yéhoudi) car notre but dans la vie est de faire connaître l'unicité d'Hachem. ]

-> "Nos Sages disent : ne lis pas yéhoudi/juif mais : yé'hidi (=spécial, unique)." [Midrach Rabba Esther 6,2]
=> La définition d'un juif est d'être yé'hidi (spécial). Chacun a un rôle spécifique, et des épreuves tout aussi spécifiques.
Le Rav Sim'ha Bounim de Psi'ha avait l'habitude de dire :
"Si du Ciel, on me demandait : "Veux-tu, Bounim, être Avraham avinou, c'est-à-dire changer ta place contre la sienne?"
Je répondrais : "Quel intérêt D. aurait-Il à ce que je sois Avraham avinou et que je change de rôle?
De toute façon, Tu n'auras qu'un seul Avraham avinou et qu'un seul Bounem.
Cependant, si on me donnait le mérite, dans le ciel, d'arriver au niveau d'Avraham avinou, Tu aurais, D., deux Avraham avinou ... et de cela, il y aurait lieu de réjouir."

-> La raison pour laquelle tous les juifs sont actuellement appelés Yéhoudim est que Yéhouda était la seule tribu complète qui est restée en Israël après l'exil des 10 tribus. Le reste des 10 tribus qui sont restées se sont joints à Yéhouda et ont été dorénavant aussi appelés d'après la tribu de Yéhouda.
Mordé'haï fut appelé "Ich Yéhoudi", un homme de la tribu de Yéhouda, ainsi que "Ich Yémini", un homme de la tribu de Binyamin.
L'appellation de ich signifie une personne de distinction et un leader. Mordé'haï était à l'origine le chef de la tribu de Binyamin avant leur exil d'Israël (Ich Yémini), et après l'exil, il était le chef de toute la nation juive (Ich Yéhoudi).
[Gaon de Vilna - Esther 2,5]

-> Mordé'haï, ainsi que tous les juifs, sont appelés Yéhoudim dans la Méguila (Esther 8,16).
Lors du recensement du peuple juif à sa sortie d'Égypte, la Torah ajoute les lettres youd et hé à chaque famille. Ces lettres (יה) épellent le nom d'Hachem et indiquent que la nation juive a maintenu sa chasteté même pendant son exil égyptien (Rachi - Pin'has 26,5).
De même, la nation juive est appelée Yéhoudim. Le terme : "yéhoudi" (יהודי) comprend les 4 lettres d'Hachem יהוה (lorsque le dernier youd rentre dans le dalét, cela forme la lettre hé), et ce pour démontrer la pureté de leur lignée même en exil.
[Gaon de Vilna - Esther 2,5]

[Hachem a promis qu'Il résidera parmi nous en exil. Ainsi, le nom Yéhoudi nous rappelle que quoi qu'on puisse faire (même les pires choses), on aura toujours une partie divine qui restera intacte en nous. Un juif n'est jamais seul, Hachem reste toujours avec lui. ]

-> Le fait que chaque juif possède une partie d'Hachem en lui, vient éclairer les paroles du Zohar :
- "La joie principale sur laquelle l’homme doit se réjouir, c’est la joie d’être un juif" ;
- si nous avions conscience d'à quel point Hachem aime chaque juif, nous rugirions comme des lions bondissant sur chaque opportunité de pouvoir faire Sa volonté.
Rabbi Na'hman de Breslev exprime dans sa célèbre chanson : "Si un juif avait conscience de ce qu'est être juif, alors il serait joyeux et il danserait jusqu'à 120 ans!" (im yéhoudi aya yodéa ...).
[le plus grand plaisir est le fait d'être proche d'Hachem (notre source de Vie). Ainsi plutôt que de passer notre temps à rechercher notre bonheur à l'extérieur (sans cesse attendant LA chose qui nous rendra heureux), un juif doit plutôt valoriser et se concentrer sur ce qu'il a, sur son trésor interne : son âme.
Un juif a une âme qui vient de l'intériorité d'Hachem, il a une âme beaucoup plus élevée que les non-juifs (qui ont une partie externe d'Hachem), et en ce sens chacune de nos actions (ex: parler) a un impact incroyable sur terre et au Ciel. Nous devons être fiers et responsables de cette réalité!

Ainsi, au début du récit de Pourim les juifs ont participé au festin du roi A'hachvéroch pensant trouver des honneurs et le bonheur dans la société non-juive environnante, mais à la fin de l'histoire ils se sont rendus compte que Mordé'haï (le yéhoudi) avait raison, et il y a eu beaucoup de joie et de lumière chez les juifs (réalisant à quel point en essence un juif est unique (yé'hidi) dans ce monde, faisant écho aux paroles de rabbi Na'hman : "Si un juif avait conscience de ce qu'est être juif, alors il serait joyeux et il danserait jusqu'à 120 ans!" = cela n'est pas que de belles paroles théoriques, c'est une réalité que nous devons internaliser constamment. ]

-> Les termes "ich yéhoudi" (homme juif) ont la même valeur numérique que le nom de : Moché, soit 345 (avec le kolel), pour nous faire comprendre par allusion que Mordé'haï avait des étincelles d'âme de Moché.
['Hida - 'Homat Anakh]
[à chaque génération, les responsables spirituels ont en eux une partie de l'âme de Moché pour guider et conseiller le peuple juif. ]

-> Mordé'haï est appelé : "ich yéhoudi" (un homme juif - Esther 2,5)
Le Targoum commente : "ich yéhoudi" = quelqu'un qui prie pour son peuple.
[ alors à quel point prenons-nous soin et préoccupons-nous d'autrui (en demandant à Hachem de l'aider, de le combler du meilleur)? Prions-nous (assez) pour les autres? En effet, c'est une caractéristique qui fait de nous un juif(ve)! ]

-> A la naissance de Yéhouda, Léa fut particulièrement reconnaissante, ayant plus que sa part (Vayétsé 29,35 ). Chacun doit avoir ce même ressenti : estimer qu’il a plus que ce qu’il mérite.
En ce sens nous portons le nom de Yéhoudi (יהודי), de la racine "odaa" (הודאה), être reconnaissant pour ce que l’on a et se dire que l’on davantage que son lot.
On commence notre journée dans cet état d’esprit avec "modé ani" (מודה אני). Immédiatement au réveil, nous remercions (modé) avant même de penser (ani).
Le midrach (Béréchit rabba 14,9 ) explique que nous devons louer Hachem pour chaque respiration.
[d'après le rav Yéhochoua Alt]

[Mordé'haï avait tellement développé sa reconnaissance et ses louanges envers Hachem, qu'il ne se voyait pas être ingrat en agissant contre sa volonté malgré le danger (festin, prosterner devant Haman, ...).
Plus nous témoignons de la reconnaissance à D. (même sur les "petites" choses de la vie, ce que nous prenons pour acquis/normal), plus nous en venons à apprécier et aimer Hachem pour tout ce qu'il fait constamment pour nous.
Plus cela nous permet d'être juif (yéhoudi), c'est-à-dire d'avoir toujours Hachem qui est unique (yé'hidi) à nos yeux.

(ex: notre yétser ara nous dit : ça va c'est la naturalité des choses, c'est le hasard, ... mais nous affirmons et apprécions que cela est 100% issu d'un décret de papa Hachem, pour notre bien ultime. )

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