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Shabbath & le Talmud …

+ Shabbath & le Talmud …

Si presque chaque fête a son traité dans le Talmud, le Shabbath, lui, en a 2 : Shabbath et Erouvin (traité définissant le périmètre à l’intérieur duquel il est permis de déplacer ou de se déplacer pendant Shabbath).

Pour Pessa’h, c’est le traité Pessa’him ; pour Souccot, c’est celui de Soucca ; pour Roch Hachana, c’est celui de Roch Hachana ; pour Kippour, c’est celui de Yoma ; pour Pourim, c’est celui de Méguila.
Pour sa part, Shavouot aurait un rapport avec le traité Chevouot (les serments).

Le traité Shabbath est un grand traité, autant en quantité qu’en qualité.

Le Eiglé Tal dit, dans la préface de son commentaire, que de même que Shabbath est équivalent à toutes les mitsvot, l’étude du traité Shabbath est équivalente à l’étude de toute la Torah.

Le rav Pinkous d’ajouter que c’est un traité extraordinaire et les sujets qui y sont abordés touchent à tous les domaines de la vie, dans tous ses détails, car c’est le Shabbath qui relie l’homme à D.

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-> Le rav Pinkous nous enseigne également que : "Le 7e jour fait tout autant partie des jours de la Création (il n’est pas détaché du monde matériel).

Mais, si tout élément sur terre possède 6 directions (les 4 côtés : est, ouest, nord et sud, et ainsi que : le haut et le bas), le centre qui en est l’âme, c’est le Shabbath. "

=> Durant tous les jours de la semaine, on vit dans le monde tel qu’il apparaît extérieurement, avec toutes ses vicissitudes.
Soudain, le Shabbath arrive, et on voit la vérité en face ; pas celle du futur, celle d’aujourd’hui.

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-> Le mot Shabbath provient de la racine Chevita (arrêt, cessation).

Le Choul’han Arou’h (Ora’h Haïm 306,8) tranche qu’en ce jour : "l’homme doit considérer comme si son travail était accompli".

Le Michna Beroura (39) rapporte les termes de la Mekhilta sur le verset de la paracha Yitro : "Six jours tu travailleras et tu feras toute ta besogne", en disant : "L’homme peut-il effectuer toute sa besogne en 6 jours ?
Arrête-toi, cependant, comme si elle était achevée. " "

"Celui qui accomplit 3 repas [le Shabbath] sera sauvé des 3 périodes de souffrances désignées par le mot "jour" : les souffrances annonçant la venue du Machia'h ... les douleurs subies dans le Guéhinom ... la guerre de Gog et Magog."

[guémara Shabbath 118a]

-> "Le Shabbath est un Nom de D." (Zohar - paracha Yitro).

Adam & Shabbath …

+ Adam & Shabbath ...

-> "L'expulsion d'Adam du Gan Eden aurait du avoir lieu le vendredi, le jour même où il a fauté.
Cependant, le Shabbath l'a protégé et il n'a été renvoyé qu'une fois le Shabath fini."

[Zohar II,138a]

On peut noter que les lettres du mot Shabbath (שבת) permettent de former :
-> "Tachouv" (Fais téchouva - תשב).
[Il est écrit : "Adam s'est repenti de sa faute et a amené un sacrifice à D. L'animal qu'il a sacrifié avait une corne." (guémara 'Houlin 60a) ]

-> "Bochét" (l'humilité - בשת)
[Shabbath est en souvenir de la Création du monde (zé'her lémaaché béréchit) et de la sortie d'Egypte (zéh'er litsi'at mitsra'im). Cela conduit à insuffler beaucoup d'humilité, de gratitude et d'espérances pour l'avenir.
Le propre de l'humilité, n'est pas de se considérer comme un moins que rien, c'est connaître ses forces/faiblesses, savoir qu'elles viennent de D., et agir en les utilisant au mieux.

=> Shabbath est ce moment hors du temps, qui nous permet un retour vers D., vers soi-même.
J'efface le passé, et je fonce vers un futur au top en connaissant ma place et ce que j'ai à faire.

Sur le même thème, retrouvez l'article : Shabbath & Téchouva, ci-après : https://todahm.com/2014/10/23/2110

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-> "Après [le 1er] Shabbath, D. a donné à Adam la faculté de comprendre qu'il faille frapper 2 pierres ensembles afin de faire du feu"

[midrach Téhilim 92]

Rabbi Na'hman nous explique que : "D. a donné à Adam cette connaissance spécialement après Shabbath, afin de lui montrer comment amener la lumière de Sabbath dans les jours de la semaine" (Likouté Halakhot III,189a-378)

[Est-ce à comprendre que frotter la kédoucha, la spiritualité que l'on a atteinte à Shabbath avec le jour de la semaine que l'on est en train de vivre, dans sa matérialité, permet de faire des étincelles dans notre vie?
Notre Shabbath serait alors notre phare, nous éclairant à tout moment dans l'obscurité, le désordre de ce monde.]

Au commencement … le Shabbath …

+ Au commencement ... le Shabbath ...

-> "Les lettres du mot Béréchit (au commencement - בראשית) peuvent également former : yaré Shabbath (un observant du Sabbath - ירא שבת)."

[Tikouné Zohar 9,24b]

-> "Le Shabbath est venu, et avec lui le repos. Alors seulement l’œuvre de création a été terminée et menée à bonne fin."
(Rachi - Béréchit 2,2)

-> "Par le mérite d'observer le Shabbath, une personne mérite de craindre D." (Rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Halakhot 3,1a)

-> Nos Sages ont dit : "Shabbath est équivalent à la Torah entière"
[guémara Yérouchalmi Shabbath 1,8]

-> Selon le midrach : "la Torah a précédé la création du monde de 2 000 ans" (Béréchit Rabba 8,2).

Rabbi Na'hman de Breslev de commenter :

"Puisque Shabbath est comparé à la Torah entière, nous pouvons dire qu'il a aussi précédé le monde de 2 000 années.

Ces 2 000 ans, sont représentés par la limitation de 2 000 amot en dehors des limites de la ville, jusqu'où une personne peut marcher pendant Shabbath.

Cette limite/barrière, correspond aussi à une délimitation de l'esprit, qui doit conduire à mettre une limite à ce que nous pouvons comprendre, à ce qui nous dépasse, et à partir d'où nous devons renforcer notre émouna (comme on dit : "la émouna commence là où la raison s'arrête").

Grâce à cette limite, nous pouvons amener l'intellect de la Torah et la sainteté du Shabbath, afin de reconnaître la Création comme venant totalement de D."

(Likouté Halakhot 3,102)

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-> "Les 6 jours de la semaine sont divisés en 3 paires" (midrach Béréchit Raba 11,8).

Rabbi Na'hman de compléter : "De même pour le Shabbath, qui va de pair avec les juifs.
Une personne qui respecte le Shabbath, peut se réjouir avec son ami, pour ainsi dire." (Likouté Moharan I,277)

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-> "Le commencement (רֵאשִׁית) de la sagesse, c’est la crainte de D." (Téhilim 111,10 -> réchit 'hokhma, yir'at Hachem)

[d'où le fait que la Torah commence par le récit de la Création, plutôt que par une série de commandements, car elle génère en nous de la crainte et de la l'amour (fruit de la gratitude) en D., qui vont nous permettre de fleurir, de nous épanouir dans notre pratique des mitsvot ... ]

-> "Rabbi Akiva a dit à ses étudiants : "De même qu'un bâtiment témoigne de l'existence de son constructeur, et qu'un habit témoigne de celui qui l'a tissé ... de même le monde témoigne/atteste de l'existence du Créateur (D.)" "

[Otsar Midrachim - Temoura 7]

Le Shabbath est un moyen de renforcer notre émouna

+ Le Shabbath es tun moyen de renforcer notre émouna :

-> Il est écrit dans l'introduction de la Michna Broura (vol.3) :
"La Torah (Yitro 20,8-11) dit : 'Souviens-toi du Shabbat pour le sanctifier. Pendant 6 jours tu travailleras ... car en 6 jours Hachem a fait le ciel et la terre.
Ces versets nous apprennent que le concept du Shabbat est la source de toute la émouna, savoir que le monde a été créé du néant ...
Et nos Sages disent : 'Celui qui observe le Shabbat, c'est comme s'il avait accompli toute la Torah'... tout cela pour la raison mentionnée plus haut, que le Shabbat est la source de la émouna".

-> Le Steïpler ('Hayé Olam - chap.8) écrit que le Shabbat est si saint que le mérite et l'influence d'observer, d'honorer et de savourer le Shabbat libère l'homme de tout doute d'émouna.

-> Le rav Shlomo Wolbe (béEmounato Yi'hyé, p.52) appelle le Shabbat "le monde de la émouna".

Shabbath : un jour unique …

+ Shabbath : un jour unique ...

-> D. nous a dit : "Toutefois vous garderez mes Shabbath, car il est un signe entre Moi et vous pour vos générations, pour savoir que Je suis Hachem qui vous sanctifie" (Chémot - Ki Tissa 31,13)

Rachi d'expliquer [que D. nous dit ] : "Le Shabbath est un signe éminent entre nous, témoignant que Je vous ai choisis pour vous donner en héritage Mon jour de repos afin que vous en fassiez le vôtre."

-> La michna (Tamid 33b) dit que le téhilim 92 (mizmor chir léyom aShabbath) parle : "du Monde à venir qui sera tout Shabbath (koulo Shabbath) et repos pour l'éternité."

=> Ainsi, il n'y aura pas, dans le Monde à venir, d'autre jour que le Shabbath, lequel sera un temps "de repos pour l'éternité".

La sainteté de notre Shabbath actuel prend ses racines et sa source ailleurs qu'ici-bas.
A l'image de l'âme qui réside dans un corps matériel, le Shabbath est totalement spirituel est se relie au monde physique, matériel.

-> Il est écrit dans le midrach :
"Au moment du don de la Torah, D. appela Israël et lui dit : "Mes enfants, je possède un présent merveilleux et je vous le donne pour toujours si vous acceptez ma Torah et observez Mes décrets.

- Maître du monde, quel est ce présent fantastique que Tu nous offrira si nous respectons Ta Torah?
- C'est le monde futur [répondit Hachem]
- Maître du monde, montre-nous, s'il Te plaît, un aperçu de ce qu'est le monde à venir [s'écria le peuple d'Israël]
- Shabbath! Shabbath est égal à un soixantième du monde à venir, parce que le monde à venir est koulo Shabbath. "

+++ Nos Sages nous ont enseigné :
-> "D. dit à Moché : "Je détiens un cadeau précieux dans Mes trésors cachés. Il s'appelle le Shabbath, et J'ai l'intention de l'offrir [aux enfants d'Israël]. Va leur faire savoir!" " (guémara Shabbath 10b)
-> Shabbath est comme un trésor précieux que l'on souhaite transmettre en héritage à son enfant préféré. (Pirké déRabbi Eliezer 19)
-> "Shabbath est un soixantième du monde futur" (guémara Béra'hot 57b)

-> Selon la guémara (Sanhédrin 55b) : "un non juif qui respecte le Shabbath est passible de mort!"
Un non juif qui décide de respecter le Shabbath, ne reçoit pas de prix d'excellence, mais le contraire ... Il est condamné à mort ... Nous sommes surpris : pourquoi? Pour quelle raison? S'il mange de la matsa à Pessa'h, il n'est pas condamné à mort, de même s'il met les téfilin, mais s'il respecte particulièrement le Shabbath, il est condamné à mort?

Le Shabbath symbolise le monde futur. Le Shabbath est un genre de monde futur. Un non juif n'a pas du tout droit au monde futur, il est obligé de comprendre cela. Et s'il ne le comprend pas, on le condamne à mort.
[rabbi Nissim Yaguen - Nétivé Or]

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-> Le Rambam (Lois sur le Shabbath 30,2) écrit :
"Avant l'arrivée du Shabbath, que doit-on faire en son honneur?

On se lave le visage, les mains et les pieds à l'eau chaude, on se revêt de son talith et l'on s'assied pour méditer profondément dans l'attente de son arrivée, comme un sujet attend la venue de son roi.

Les Sages d'antan, à son approche, réunissaient leurs disciples autour d'eux, s'enveloppaient dans un talith et disaient : "Venez et sortons à la rencontre du roi Shabbath!" "

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+ Suppléments :

-> Le rav Dessler a écrit : "En comparaison avec la forte sainteté de Shabbat, toutes les choses de ce monde devront être sans aucune importance à ses yeux." (Mikhtav méEliyahou vol.2)

-> Nos Sages disent : "Tes vêtements de Shabbat ne devront pas être les mêmes que tes vêtements de la semaine…ta façon de marcher le Shabbat ne devra pas être la même que ta façon de marcher dans la semaine…tes conversations pendant Shabbat ne seront pas les mêmes que tes conversations pendant la semaine…" (guémara Shabbath 113 a-b)

-> "Celui qui s'affaire aux préparatifs érev Shabbath en bénéficiera le Shabbath" (guémara Avoda Zara 3a)

=> On ressentira le Shabbath en fonction de l'intensité de notre préparation matérielle et spirituelle, faite au préalable.
A nous de jouer pour donner de la profondeur à notre Shabbath, qui est comme on l'a vu un avant goût de notre monde à venir, et ce pour l'éternité ...

-> "Si quelqu'un meurt érev Shabbath, c'est de bon augure pour lui" (guémara Kétoubot 103b)

Le Baal Chem Tov nous explique que lorsque nous corrigeons nos traits de caratère érev Shabbath, lorsque nous nous repentons des mauvaises actions commises durant la semaine, lorsque nous annulons cet aspect de nous-mêmes qui va de pair avec l'autosatisfaction, nous "tuons" de ce fait le mal qui est en nous.

Si nous pouvons entrer dans Shabbath dans un tel état d'exaltation, si notre penchant au mal est "mort" érev Shabbath, c'est pour nous un bon signe en ce qui concerne notre possibilité d'accéder à la grandeur et au développement spirituel unique qui demeurent à l'état latent dans Shabbath.

-> "Grâce à la sueur de la préparation du Shabbath, D. efface toutes les fautes comme s'il s'agissait de larmes."

[le 'Hida - dans son Ma'hazik Bérah'a - au nom du Ari zal]

-> "L'honneur accordé au Shabbath vaut plus que 1 000 jeûnes."

[Midrach Tan'houma - paracha Béréchit 3]

+ Un jour, l’empereur romain demanda à Rabbi Yéhochoua :
"Pourquoi les mets du Shabbath répandent-ils une si bonne odeur ?"

Rabbi Yéhochoua lui répondit : "C’est grâce à une épice, appelée Shabbath."

L’empereur lui dit : Donne-m'en !"
Rabbi Yéhochoua lui répondit : "Elle ne sert qu’à celui qui observe le Shabbath."

[Guémara Shabbath 119a]

La gravité de la profanation du Shabbath …

+ La gravité de la profanation du Shabbath … (par le rav Pinkous)

Lorsqu’un juif profane le Shabbath, il est passible de lapidation, qui est la peine la plus sévère des peines capitales (selon la religion juive), plus même que celle qui sanctionne un meurtre.

Un assassin est mis à mort par l’épée, châtiment de 2 degrés moins grave que la lapidation.

Pour un vol, on n’est pas condamné à mort, alors que si on effectue un travail interdit Shabbath malgré une mise en garde devant des témoins, on est condamné à la lapidation.

D’après la loi, un juif qui brûle un Séfer Torah n’est pas passible de mort, seulement de flagellation pour avoir effacé le Nom divin.

Ceci parce que Shabbath est la plus importante de toutes les mitsvot, et que sa transgression est semblable à l’idolâtrie.

Il existe "en souvenir de l’œuvre de la Création", il est le fondement de la foi juive, comme le disent nos Sages : "Quiconque profane le Shabbath est considéré comme reniant toute la Torah " (Bamidbar Rabba 15,34).

Pourquoi profaner le Shabbath est-il tellement plus grave que manger du porc ?
Pourquoi cela entraîne-t-il la sanction la plus sévère qui soit, la condamnation à mort par le Bet Din de la manière la plus horrible ?

Plus encore, en général, la Torah condamne un homme à mort pour des actes graves, alors que dans le cas du Shabbath, il suffit d’un acte minime (comme enlever la crème du lait ou frotter une allumette) pour être coupable.
Pourquoi punir de façon si terrible un geste si bénin ?

Nous n’avons pas besoin de réponses pour obéir à ce qui nous a été ordonné (ici par la Torah).
Nous sommes croyants, fils de croyants : nous observons le Shabbath et nous le garderons fidèlement même si nous n’en comprenons pas le sens.

+ "La lumière et la joie profonde se déploient sur celui qui observe le Shabbath dès son commencement, sa nuit est toute lumière et allégresse.
...
Cela est particulièrement visible parmi les membres de notre génération qui, amers et fatigués des tribulations de l'exil, trouvent répit et sérénité de l'âme en ce saint jour.

Le Shabbath est la preuve positive tangible que notre Torah est vérité."

[Rabbi 'Haïm, le frère du Maharal]