Lorsqu’un malade est en danger, c’est une mitsva que de transgresser le Shabbath pour le sauver.
Plus on déploie d’efforts pour enfreindre le Shabbath et sauver la vie du malade, plus on mérite de louanges.

Aller demander à un Rav si un acte est permis sera considéré, dans ce cas, comme une faute. Cela revient à commettre un crime, car le temps qu’on aille poser la question, le malade risque de mourir ou son état d’empirer.
La Torah dit que les mitsvot ont été données pour « vivre par eux » (Vayikra 18,5) = Hachem nous les a donnés en tant que source de vie, et non de mort.
[…]

Si le malade refuse de prendre un remède le Shabbath, il est considéré comme un « pieux imbécile » (‘hassid choté).
S’il pense être récompensé dans le monde futur pour n’avoir pas transgressé le Shabbath, il se trompe lourdement. On considère qu’il se suicide, ce qui est une faute très grave pour laquelle il sera puni.
[Méam Loez – Vayakél 35,3]

« Les juifs observeront le Shabbath pour faire du Shabbath, pour toutes les générations, une alliance éternelle.
Entre Moi et les juifs, c’est un signe éternel que pendant 6 jours D. fit le ciel et la terre et que le 7e jour, Il cessa [Son oeuvre] et se reposa. » (Ki Tissa 31,16-17)

-> Ici la Torah nous décrit la grandeur de la personne qui observe strictement le Shabbath selon la loi : elle recevra une récompense comme si elle avait observé tous les Shabbath depuis la Création jusqu’à la résurrection [des morts].

La Torah dit : « Les juifs observeront le Shabbath pour faire du Shabbath, pour toutes les générations, une alliance éternelle ».
= Si les juifs observent le jour saint, c’est compté comme s’ils avaient observé les Shabbath de toutes les générations.

Le commandement d’observer le Shabbath est considéré comme supérieur à tous les autres parce qu’il fut le 1er donné à Israël.
Il représente le fondement du judaïsme. En observant le Shabbath, nous affirmons notre foi dans le fait que Hachem, Maître de l’univers, a créé l’univers à partir du néant pendant 6 jours et a cessé le 7e jour.

« C’est un signe éternel (léolam) ».
[le mot « léolam » peut aussi signifier : « pour le monde ». Ce verset peut donc être traduit : « c’est un signe pour le monde ».]
Observer le Shabbath est un grand signe « pour le monde », car il indique que D. a créé le monde à partir du néant.

Le Shabbath a autant de valeur que tous les commandements de la Torah réunis.

Si les juifs avaient observé convenablement le Shabbath, Jérusalem n’aurait pas été détruite.
Elle n’a été dévastée qu’à cause de la profanation du Shabbath.
Hachem dit par l’intermédiaire du prophète Yirmiyahou : « Si vous ne M’écoutez pas pour sanctifier le jour du Shabbath en ne portant pas de paquets et de charges et en n’entrant pas dans les portes de Jérusalem le jour du Shabbath, J’allumerai un feu dans ses portes et Je consumerai le palais de Jérusalem, il ne sera pas éteint » (Yirmiyahou 17,27).

[comment peut-on souhaiter la venue du machia’h, sans être dans une dynamique d’améliorer notre respect du Shabbath. D’une certaine façon, c’est vouloir le Temple, tout en brûlant soi-même chaque tentative de reconstruction!]
[…]

Ce verset nous apprend également que si les juifs observent le Shabbath convenablement, ils mériteront de goûter l’éclat du monde futur qui est comparé à un long Shabbath.

On peut donc interpréter ainsi ce verset : si les juifs observent le Shabbath, ils feront Shabbath pour leurs générations, c’est-à-dire pour le monde futur qui dure éternellement.
Le Shabbath lui-même sera l’alliance éternelle au monde futur. Il n’y aura pas de fin à ce Shabbath.

Dans ce monde aussi, ils [les juifs] bénéficieront grandement en recevant l’âme supplémentaire qui leur est octroyée le Shabbath.
Il est écrit : « entre Moi et les juifs » (v.31,17). En hébreu, « entre Moi » se dit : « béni » (בֵּינִי), un acrostiche des mots : « béShabbath yéch néchama yétéra » (le Shabbath, il existe une âme supplémentaire) …

L’âme ne tire aucun plaisir de la nourriture, de la boisson ou d’autres agréments mais seulement de la Torah.
L’âme supplémentaire vient à l’homme pour ouvrir son cœur aux paroles de la Torah et pour lui permettre de comprendre des notions qu’il ne comprend pas durant la semaine.
Par conséquent, ces personnes qui gaspillent le Shabbath en repas et en promenades ne donnent à leur âme aucun plaisir, mais au contraire la font souffrir.

Le mot : « vayinafach » (וַיִּנָּפַשׁ) peut être lu : « vay néfech » (וַיִּ נָּפַשׁ -> vaï = cri de malheur!). La Torah nous dit : « Malheur aux gens qui détruisent leur âme! »
Par leur consommation abusive de nourriture et de boisson, ils écartent leur esprit de l’étude de la Torah.
C’est comme s’ils détruisaient leur âme de leurs propres mains!
L’âme supplémentaire reste abandonnée et desséchée et ne ressent aucun plaisir.

La punition de ces personnes est très sévère car l’âme supplémentaire se plaint d’avoir été affligée.
Par conséquent, le Shabbath, il faut faire très attention à ne pas écarter son esprit de la Torah au cours des repas. A la fin du repas, on doit étudier la Torah, chacun suivant ses possibilités.
Si un homme ne sait pas étudier, qu’il aille chez un ami ou à la synagogue écouter le Rav.
Alors son âme supplémentaire le bénira pour la satisfaction qu’il lui a procurée en faisant ce à quoi elle aspire.
[Méam Loez – Ki Tissa 31,16-17]

Les anges possèdent 6 ailes pour chanter des cantiques à Hachem durant les 6 jours de la semaine, mais le Shabbath ils n’en ont pas.
Ils disent à alors Hachem : « Maître de l’univers! Nous n’avons pas d’aile pour chanter Ta louange! »

D. leur répond : « De « l’aile » de la terre nous avons entendu un chant » (Yéchayahou 24,16)
Hachem veut dire : « Aujourd’hui, J’ai quelqu’un qui chantera pour Moi des cantiques. « L’aile » qui existe sur terre, c’est le peuple d’Israël ».

Par conséquent, durant les 6 jours de la semaine, les anges sont supérieurs à Israël, mais le Shabbath ils n’ont pas d’ailes, Hachem recherche donc nos cantiques.

A Roch ‘Hodech (en semaine), nous disons dans la kédoucha de moussaf : « les anges, les armées en haut ET Ton peuple Israël » (mal’akhim amoné mala, véamé’ha Israël).
Puisque les anges sont supérieurs à nous, nous les mentionnons en premier.

Cependant, le Shabbath, lorsque nous sommes supérieurs aux anges, nous disons dans la kédoucha de moussaf : « les anges, les armées en haut AVEC Ton peuple Israël » (mal’akhim amoné mala im amé’ha Israël).
Nous disons que les anges chantent « avec Ton peuple Israël », qui est le plus important.
[Méam Loez – Ki Tissa 31,6]

[ => combien nous devons chérir et apprécier le jour du Shabbath, où nous nous élevons tous à un état supérieur à celui des anges!]

« Car en 6 jours, Hachem a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment et Il s’est reposé le 7e jour.
C’est pourquoi Hachem a béni le jour du Shabbath et l’a sanctifié » (Yitro 20,11)

-> En réalité, la Torah écrit littéralement : « Car 6 (chéchét) jours, Hachem a fait le ciel et la terre ».
Or, la Torah ne devrait-elle pas plutôt dire [comme on le traduit habituellement] : « En 6 jours (béchéchét) jours … »?

Si la Torah avait dit : « En 6 jours », nous aurions pu penser que le temps a toujours existé et qu’il n’a pas de commencement.

[Ce passage se traduit littéralement : « 6 jours Hachem a fait avec le ciel et la terre » (chéchét yamim assa Hachem ét achamayim véét aarets).
=> Ce choix de termes indique donc que les jours eux-mêmes ont été crées par Hachem, et qu’avant Son oeuvre de création, absolument rien n’existait, pas même le temps.

[de même qu’Il a créé le ciel et la terre, de même Il a créé la notion de temps!
Ainsi, en respectant le Shabbath, nous affirmons concrètement que Hachem est infiniment au-dessus de tout : chaque chose/être n’a été créé et ne peut exister que grâce à Lui, et même la notion de temps n’existe que grâce à Lui! ]

[Méam Loez – Yitro 20,11]

« Les égyptiens asservirent les enfants d’Israël avec une extrême rigueur » (Chémot 1,13)

-> Les Tossafot (Pesachim 117b) utilise le système at’bach (א-ת ב-ש), dans lequel chaque lettre hébraïque est substituée par son inverse en partant de la fin de l’alphabet.
Ainsi, à la place de la 1ere lettre (aleph), on prend la 1ere en partant de la fin (tav), pour la 2e lettre (bét), on prend la 2e en partant de la fin (shin), …

Le mot : « faré’h » (une extrême rigueur – פָרֶךְ), se transforme alors en : וגל, qui a une guématria de 39.
Cela fait allusion au fait que les égyptiens obligeaient leurs esclaves juifs à accomplir l’ensemble des 39 méla’hot (travaux créatifs).
Par conséquent, après leur libération de l’esclavage, Hachem leur a ordonné d’observer le Shabbath en n’accomplissant pas ces 39 méla’hot.

Cela permet de mieux comprendre pourquoi nous récitons dans le Kidouch : « en souvenir de la sortie d’Egypte » (זכר ליציאת מצרים).
De même que sur : « Tu te souviendras que tu étais esclave dans le pays d’Egypte et que Hachem ton D. t’en a fait sortir d’une main puissante et d’un bras étendu ; c’est pourquoi Hachem ton D. t’a ordonné de faire le jour du Shabbath » (Vaét’hanan 5,15)

Le livre Ménorat haMaor écrit que l’homme a 7 orifices (2 oreilles, 2 yeux, 2 narines et 1 bouche) correspondant aux 7 branches de la Ménorah, et la bouche correspond à la branche centrale qui est sacrée, c’est pourquoi il faut sanctifier sa bouche et sa langue le Shabbath, qui est le 7e jour, car tout ce qui est 7e est sacré.

[Réchit ‘Hokhma – Char haKédoucha – chap.11]

« Hachem désire le Shabbath plus que tout autre jour.

Lors de la Amida du Shabbath matin, nous disons : « Tu l’appelles : le plus cher de tous les jours ».
[…]

Une personne peut ressentir une perte lorsqu’elle doit interrompre son travail une demi-heure avant le temps effectif [de l’entrée de Shabbath], mais si en dépit de ses sentiments elle le fait, elle prouve combien lui est cher le Shabbath.

Celui qui s’inquiète du bien-être de son âme ne privilégiera pas ce plaisir temporel car sa fin risque d’être amère, à D. ne plaise.

Quiconque rallonge le Shabbath, [D.] prolonge sa quiétude.
Toute chose soustraite au Shabbath, est soustraite de même à l’homme »

[Méam Loez – Béréchit 2,2]

<—>

-> « Quiconque observe le Shabbath est protégé du mal. »
[Yalkout David – rapporté par le Méam Loez – Béréchit 2,3]

<—>

-> « Notre sainte Torah octroie à ceux qui l’étudient une protection et un refuge face à toutes sortes de malheurs, de destructions ou de catastrophes qui déferlent sur le monde.
Cependant, lorsqu’il s’agit d’une atteinte au Shabbath, même ce mérite n’est d’aucun secours. »
[‘Hazon Ich]