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Mah Nichtana

+ Mah Nichtana :

-> Lorsque le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev, arriva au Mah Nichtana, il entra dans un état méditatif et posa sa tête entre ses mains pendant ce qui sembla être une éternité. Se redressant enfin, les yeux remplis de larmes, il s’écria : "Maître du monde! Quatre questions? J’en ai bien plus que de simples "quatre questions" (du mah nichtana)! Maître du monde, pourquoi y a-t-il tant de souffrance et de désolation? Pourquoi y a-t-il tant de luttes, de maladies et de pauvreté dans le monde? Comment as-Tu pu permettre qu’une telle souffrance et une telle persécution s’abattent sur Ton peuple? Quand ce terrible exil prendra-t-il fin? Il y a bien plus que de simples quatre questions!"

Puis, il poussa un profond soupir et acquiesça, en disant : "Mais ici, il est écrit : "kan ha'ben cho'el", ici, le fils demande ... Je sais donc que Toi, notre Père attentif et aimant, Tu écoutes! Et nous sommes Tes enfants bien-aimés!"

[ => le Mah Nichtana est un moment fort, surtout avec les jeunes enfants qui lisent ce passage avec la fierté et l'intention de tous. De même, chaque juif est un jeune enfant adoré de papa Hachem, et quelque soit les interrogations dans notre vie nous devons savoir qu'Il est présent, qu'Il est fier, qu'Il nous aime à la folie (peu importe les bêtises qu'on a pu faire), ...]

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-> Il y a tant de choses qui méritent une explication. Et c’est peut-être pour cela que nous avons tendance à répondre à nos questions par encore plus de questions, comme le disait rabbi Shlomo Carlebach :
"Mes chers amis, y a-t-il quelque chose de plus doux que les questions des enfants?
La nuit du Seder commence par les enfants qui nous posent les questions les plus profondes. Et nous n’y répondons pas complètement ; nous ne faisons que rendre ces questions encore plus profondes. Nous ne faisons que dire aux enfants que nous nous posons les mêmes questions tout au long de notre vie.

Le plus terrible, c’est que nous continuons à faire croire à nos enfants que nous connaissons les réponses. Lors de la nuit du Seder, nous admettons : "Je ne sais pas non plus". Nous pourrions penser que "[Eliyahou Ha] Tichbi répondra à toutes nos questions" (Tichbi yitaréts kouchiyot ou baayot).
Mais non, il ne répondra pas à toutes nos questions ; au contraire, en sa sainte présence, toutes nos questions disparaîtront!

Nos enfants posent les questions les plus profondes, et la vérité, c’est que nous n’avons pas les réponses. On peut lire toute la Haggada, mais les questions restent des questions.
Quand quelqu’un me pose une question et que je réponds, notre interaction est en quelque sorte terminée. Mais si quelqu’un me pose une question et que je dis : "Tu sais, je me pose la même question, approfondissons-la encore", alors nous nous rapprochons énormément l’un de l’autre.

J'ai le sentiment que quand Eliyahou Hanavi viendra, il ne dira rien. Il entrera dans un Séder, et il ne dira rien. Il ne répondra pas aux questions, car elles sont si profondes qu'elles n'ont pas besoin de réponses.
Nous risquons de perdre nos enfants spirituellement si nous leur disons que nous avons les réponses à tout. Nos enfants savent que ce n’est pas vrai, et ils ne veulent pas nous parler.
Le soir du Seder, je dis à mes enfants : "j’ai quelques années de plus que vous. Pensez-vous que j’en sais plus? Peut-être que je connais l’histoire depuis un peu plus longtemps, mais je ne connais pas la réponse, je ne connais pas la réponse".
Alors nos enfants se sentiront si proches de nous, si proches."

[en admettant que l'on ne comprend pas tout, on atteste que la réalité des choses est au-delà de notre compréhension car il y a Hachem derrière tout (rien ne peut se passer sans un décret divin).
Les questions du Mah Nichtana, ne sont pas là pour témoigner de notre supériorité à nos enfants (notre égo de je comprends, je maîtrise tout), mais plutôt pour renforcer la émouna qu'on fait confiance à Hachem, qui gère tout pour le meilleur (notre ignore de l'ensemble des choses vient témoigner de leur racine divine, et donc renforce le fait de compter et d'avoir confiance à 100% en Hachem). ]

‘Had Gadya

-> Selon le 'Hida (Haggada Marbé léSapèr), le chant du 'Had Gadya est "yessoudato béar'ré kodéch" , il est fondé dans la sainteté.
Il réprimande quiconque ne respecte pas ce piyout, et le 'Hida va jusqu'à déclarer qu'il convient que quiconque le ridiculise soit placé en 'hérem (excommunication).

Lors de la sortie d'Egypte, les Bné Israël se sont fiancés à Hachem.
[Sfat Emet - Souccot 5634 ]

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-> Rabbi Shlomo Carlebach enseignait que, tout comme Roch Hachana marque le commencement du monde, Pessa'h est le commencement, le premier moment déterminant et le point de départ de notre histoire d’amour avec le Maître de l’univers. En tant que nation, nous rencontrons Hachem pour la première fois. Et tout comme les âmes sœurs oublient tout le monde lorsqu’elles se rencontrent pour la première fois, nous oublions et sommes purifiés de toute forme subtile d’avoda zara que nous aurions pu porter en nous lors de notre "première rencontre" avec Hachem.
Or, avoda zara ne signifie pas nécessairement adorer une image taillée. L’avoda zara signifie en réalité un culte qui est zara, "étranger" à moi, car il ne me correspond pas tout à fait.
Lorsque je pourrais vivre à un niveau plus élevé mais que je me contente de moins, il y a un élément d’aliénation dans ma vie. Je ne suis pas celui que je suis capable d’être, ou que je suis censé être. 205
[rabbi Shlomo Carlebach - Soulmates - Nissan 5748]

-> Le soir du Seder, Hachem se révèle à chacun de nous d’une manière nouvelle et sans précédent. C’est le coup de foudre, un aperçu de la meilleure version de ce que nous pourrions être. Nous sommes appelés à revêtir notre forme ultime, et cela devient le nouveau départ de notre judaïsme.
[rav Yéhouda Mischel]

Bédikat & bitoul ‘hamets

+ Bédikat & bitoul 'hamets :

-> "Le soir du quatorze [Nissan], on recherche le 'hamets. [ohr (אור - le soir, signifie aussi : lumière) léarbaa, bodkin ét ha'hamets - michna Pessa'him 1,1]

-> En cherchant, une bougie à la main, nous accomplissons la vision du roi David : "Le feu marche devant Lui, consumant Ses ennemis de tous côtés" (éch léfanav télé'h, outéla'ét saviv tsarav - Téhilim 97,3).
La bougie, qui incarne cette énergie spirituelle ardente (la hitlahavout), le feu et la lumière de notre observance de la Torah et des mitsvot, a le pouvoir de consumer toute négativité.
['Hidouché haRim ]

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-> "La maison de Yaakov sera un feu, et la maison de Yossef une flamme, et la maison d’Essav sera de la paille ; ils la brûleront et la dévoreront" (Ovadia 1,18).

"La maison de Yaakov sera un feu" (véaya beit Yaakov éch). Lorsque nous activons et utilisons ce pouvoir, alors "la maison d’Essav", métaphore de notre négativité intérieure, sera "consumée comme de la paille".
En brûlant tout le 'hamets de nos maisons, de nos récipients et de nos possessions, nous avons l’occasion de brûler l’influence d’Essav, les impuretés de nos cœurs et de nos esprits qui se sont accumulées tout au long de l’année.
[...]
Le processus éclairant de la bédikat hamets attire notre attention sur notre quête de rédemption personnelle et nous donne un aperçu de la vision du prophète concernant la guéoula, lorsque Hachem "recherchera" tous ceux qui ont peiné et déployé des efforts au service d'Hachem pendant [l'obscurité] de nos exils.
"À ce moment-là, Je fouillerai Jérusalem à la lueur des bougies" (véaya baét ahi, a'hapéch ét Yérouchalayim banérot - Tséfania 1,12).
[rav Yéhouda Mischel]

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-> La coutume universellement adoptée consistant à disposer 10 petits morceaux de pain dans toute la maison et à les rassembler lors de la bédika est attribuée au Arizal.
Ces dix morceaux correspondent aux dix Sefirot, les dix attributs divins et canaux qui créent toute la réalité. En les identifiant, en les recherchant, en les rassemblant et en les éliminant, nous purifions les dix aspects de la naturalité, dérivés des dix Sefirot, qui peuvent devenir du 'hamets.
Ces aspects de notre expérience personnelle peuvent devenir stagnants et anciens, fermentés et gonflés d’une manière qui entrave notre émouna, notre liberté et notre proximité avec Hachem.
La bédika 'hamets nous invite à approfondir notre intimité avec Hachem en nous engageant dans le 'hechbon ha'nefech (un examen de conscience personnel).

La halakha nous demande de placer ces dix morceaux de 'hamets "là où ils seront faciles à trouver" (ché yimtsa'im habodek). De plus, les enfants ne doivent pas cacher le 'hamets si bien que celui qui le cherche ne parvienne pas à le trouver.
Tout comme Hachem nous donne la capacité d’identifier nos différents types de 'hamets intérieur (tout mauvais caractère, attitude, qui a gonflé), Il nous donne la capacité de les trouver, de les surmonter, de nous en débarrasser et de les éliminer.
A la lueur des bougies, nous mettons en lumière nos défis et affrontons nos tentations au grand jour, en parcourant pièce par pièce nos maisons, en fouillant les recoins de notre cœur.
"lev yodéa marat nafcho" ( seul le cœur sent l'amertume qui l'envahit - Michlé 14,10) = ce qui doit être corrigé dans nos vies spirituelles n’est pas un secret.

La pratique de la bédika (qui demande un effort de chercher dans les moindres recoins) stimule notre quête (interne), nous permet de trouver, nous donne la volonté de peiner, instille en nous la force de surmonter nos tentations et d’affiner nos midot, nous empêche d'échouer, nous donne le pouvoir de purifier les dix Sefirot de la Création qui se reflètent dans ce monde, et ensuite, Hachem nous récompense par la joie de la liberté et de la proximité (avec Lui).
[rav Yéhouda Mischel]

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-> L'interdiction stricte du 'hamets s'applique dès la moindre quantité ; même une quantité "infime", quasi négligeable, est interdite.
Cependant, "mida tova mi midat pour'anout" (la mesure du bien divin est toujours plus grande que celle du châtiment divin - guémara Yoma 76a).
En réfléchissant à cela, nous devrions également reconnaître que chaque effort spirituel, même le plus infime, une quantité "infime" d'acte selon la volonté d'Hachem, est un catalyseur de transformation et de rédemption (délivrance).
La bédikat 'hamets nous donne le pouvoir de mettre en lumière ce qui est véritablement important et précieux dans la vie.
Rabbi Nathan de Breslov explique que notre recherche minutieuse de chaque miette de 'hamets devrait attirer notre attention sur le fait que chaque petite chose que nous faisons compte. En nous concentrant sur chaque grain de 'hamets en notre possession, nous apprenons à honorer la valeur infinie de chaque petit grain (un machéhou) dans la spiritualité.

-> En ce qui concerne la bédikat 'hamets, le Rambam et le Shoul'han Aroukh nous enseignent de chercher et de nettoyer au mieux de nos capacités : "jusqu’à la limite de la portée de la main ... tout ce qui reste [hors de notre portée] doit être annulé dans notre cœur".
C’est l’une des significations de "ce n’est pas à toi d’achever la tâche" (lo alé'ha ha'méla'ha ligmor - Pirké Avot 2,16).
Tout en faisant de notre mieux, nous devons savoir ce que nous pouvons gérer et ce que nous ne pouvons pas. Hachem voit notre sincérité et ne nous met pas à l’épreuve au-delà de nos capacités.
Se surmener dans le perfectionnisme est en soi une manifestation d'orgueil qui doit être éliminée.
"La Torah n’a pas été donnée aux anges" (Yoma 30a).

Et pourtant, dans la pratique, une fois que notre maison est enfin autant purifiée et débarrassée du 'hamets que cela est humainement possible, nous plaçons délibérément dix morceaux de pain (plus petits que le volume d’une olive) dans la maison. C’est comme si nous admettions qu’il y a toujours plus à trouver. Il y a toujours plus à découvrir dans notre avodat ha'midot, notre travail intérieur. Il y a toujours plus à rectifier, plus à apprendre, plus sur quoi travailler.
[rav Yéhouda Mischel]

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+ Le silence du bitoul :

-> Rabbi Shmouel Bourstein de Tsfat enseigne que le mot 'hamets (חמץ) représente trois niveaux de la Création et trois étapes de la vie humaine.
La lettre 'hét (ח) correspond à 'haï, les créatures vivantes ; la lettre mem (מ) correspond à médaber, le niveau des êtres humains, qui peuvent parler ; et la lettre tsadi (צ) à tzome’ach, la végétation. Ces éléments correspondent aux trois étapes de la vie.
À notre naissance, nous sommes 'haï (vivants) ; en grandissant et en apprenant à parler, nous devenons "médaber" ; une fois arrivés à maturité, nous nous marions et avons des enfants, qui sont comparés à des fruits, nous appartenons alors à la catégorie "tsoméa'h".

Parmi les quatre éléments, le seul qui manque est le "domem", les éléments inanimées ou "silencieux", telles que les minéraux et l’eau. Ce "silence" est atteint la veille de Pessa'h lorsque nous annulons le 'hamets ou l’ego et le déclarons "k'afra d'ara", sans propriétaire comme la poussière de la terre.
Un tel silence est le prélude au plus haut niveau de maturité humaine : une humilité sans ego imprégnée d'émouna. Alors, les quatre éléments forment un tout harmonieux, et ils évoquent les quatre lettres du Nom divin (יהוה), qui sont les quatre coupes de la rédemption.
Par le bitoul 'hamets, l’annulation de l'ego (ce 'moi je' qui fermente en nous), le Nom divin se révèle, et nous devenons véritablement délivrés (libres).

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-> Une coutume très répandue consiste à brûler non seulement le 'hamets, mais aussi la bougie, le sac en papier, la plume et la cuillère en bois qui ont servi à rechercher le 'hamets.
Le Sfat Emet souligne qu’il s’agit là d’une coutume curieuse.
La bougie n’est pas du 'hamets ; elle n’a certainement pas « reçu d’impureté » d’aucune manière.
Elle n’a fait que diffuser de la lumière et n’a même jamais touché le hamets ; le but de la bougie était simplement d’indiquer où le 'hamets était caché.
Il y a là une leçon significative : si nous voyons et signalons le 'hamets chez les autres, nous nous rendons nous-mêmes semblables au 'hamets!

Cette coutume (de brûler aussi ce qui a participé à trouver le 'hamets) est l’occasion de brûler notre obstination à nous concentrer sur la négativité, de cesser de chercher les défauts, et de plutôt rechercher les points positifs (nékoudot tovot) en nous-mêmes et chez les autres.
C'est le feu guérisseur de la 'hassidout et la lumière et la perspective positives des véritables tsadikim. Lorsque nous brûlons notre 'hamets, nous espérons aussi allumer cette positivité dans nos cœurs.

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-> Si notre attention portée à la lutte entre la lumière et les ténèbres, le bien et le mal, est souvent reléguée à un domaine métaphorique et métaphysique, et si nous recourons à un symbolisme qui met l’accent sur les questions spirituelles, notre combat contre le mal n’a rien de théorique.
Le Shem miShmouel décrit notre mission de rechercher et de détruire le 'hamets comme une allusion au commandement d’exterminer Amalek ; après la bedikat hamets.
En ce sens, le rabbi Aharon de Belz distribuait des oreilles d'Haman destinés à être brûlés lors du biour 'hamets.

[à Pessa'h, nous parlons et agissons, dans un but que ces actions extérieures viennent impacter notre intériorité, comme en renforçons notre émouna. ]

La matsa

+ La matsa :

-> Le rabbi Na'hman de Breslev illustre l'éveil spirituel que connaît notre âme à l'approche de la consommation de la matsa (au séder).
Il a levé un morceau de matsa, et tremblant de respect et d'émotion, a proclamé : "Quand on tient la matsa entre ses mains, c'est si l'on peut dire, comme si l'on tenait la Divinité entre ses mains!"

-> La fête de Souccot concerne le "ohr hamakif", la lumière d'Hachem qui nous entoure. C’est pourquoi nous entrons dans la soucca, le réceptacle de l'ohr hamakif d'Hachem.
Pessa'h concerne le "ohr hapénimi", la lumière d'Hachem qui nous remplit. C’est pourquoi, lors de la nuit du Séder, nous mangeons la matza, et celle-ci pénètre en nous.
[d'après séfer Avodat P'nim 145 ]

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-> Une autre connotation de la matsa en tant que "lé'hem oni" (pain de la pauvreté), est "le pain au sujet duquel on répond à beaucoup de choses".
En ce moment sacré, tout ce pour quoi nous prions trouve "réponse" ; même nos prières qui n’ont pas été exprimées tout au long de l’année sont élevées et montent devant le Maître de tout.
[Yisma'h Israël - Haggada shel Pessa'h 106 ]

-> Israël goûtera à la guérison, et tandis qu'il mange [intériorise] sa guérison, aucune autre nourriture ne doit se présenter devant lui.
Ainsi, lorsqu'il mange la matsa, qui est un remède, la connaissance du secret de la émouna lui sera révélée. C'est-à-dire que la matsa est un remède contre la maladie du manque de émouna.
[Zohar - Tétsavé 183b ]

La nuit du Séder = les chéva brakhot

+ La nuit du Séder = les chéva brakhot :

-> Il est interdit de manger de la matsa la veille de Pessa'h. Le Talmud (Yérouchalmi Pessa'him 10,1) compare celui qui mange de la matsa la veille de Pessa'h à celui qui a des relations sexuelles prématurées avec sa femme, après les fiançailles, mais avant le mariage (les nissouin).
Cet acte est puni de malkout (flagellation). Cet interdit n'est pas mentionné dans le Talmud Bavli, mais les Richonim qui commentent celui-ci y font référence.

La Michna discute du fait qu'il n'est pas permis de manger tard dans la journée la veille de Pessa'h.
Tossefot (Pessa'him 99b) se demandent quels aliments sont interdits à la consommation. Ils affirment que la matsa ne peut pas être mangée tout au long de la veille de Pessa'h, pas même le matin, comme on nous l'enseigne dans le Yérouchalmi.
Tossefot acceptent clairement la décision du Yérouchalmi comme halakha définitive : il est donc interdit de consommer de la matsa la veille de Pessa'h.

Le Rokéa'h soutient que cette interdiction est de la Torah (issour déOraïta), d'après le verset : "ba'érev tokhélou matsot" (le soir vous mangerez des matsot (Bo 12,18).
La consommation de matsa est limitée au soir, au Séder, et ne peut être consommée avant.
[Bien que beaucoup aient pour habitude de s'abstenir de manger de la matsa à partir d'une date antérieure, comme Roch 'Hodech Nissan ou même Pourim, l'interdiction halakhique ne commence qu'à la veille de Pessa'h. ]

=> Comment comprendre l'analogie du Yérouchalmi?

-> Le Yad Yossef établit un lien entre le fait de manger de la matsa avant le temps prescrit et le fait d'avoir des relations avec une femme avant l'étape finale du mariage.

L'un des éléments nécessaires de la cérémonie de mariage est la récitation des chéva brakhot, les 7 bénédictions, qui sont accordées aux mariés, comme le préconise la Massékhet Kalla (1,1) : "kala bélo béra'ha assoura lébaala kénida".
Le Yad Yossef enseigne de manière étonnante que la matsa exige également la récitation de chéva brakhot (7 bénédictions) avant d'être consommée. De même qu'une femme n'est autorisée à son mari qu'après les chéva brakhot, il est interdit de manger de la matsa avant d'avoir prononcé chéva brakhot.

-> Le Séfer HaMakné enseigne que la sortie d'Egypte constitua le début de la cérémonie de mariage qui unit Hachem et le peuple juif en tant que mari et femme.
Dans le processus de délivrance du peuple juif de l'Egypte, Hachem nous fit don d'un grand trésor.
L'or, l'argent et les bijoux que le peuple juif reçut pendant la sortie d'Égypte servirent de kessef kidouchine, l'objet de valeur requis pour la première étape de la cérémonie de mariage.
Le don de la Torah qui suivit fut les nissou'in, mais la cérémonie du mariage aurait été incomplète sans les chéva brakhot.
Pour cette raison, avant de manger la matsa le soir du Séder, nous récitons également 7 bénédictions.

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+ Identifier les chéva brakhot :

-> Une analyse du texte de la Haggada jusqu'à Motsi Matsa donne les bénédictions suivantes.
1°/ "boré péri aguégen" = la bénédiction sur le vin ;
2°/ kédouchat ayom = la bénédiction du Kidouch ;
3°/ chéé'héyanou ;
4°/ boré péri aadama (sur le Karpass) ;
5°/ acher guéalanou ;
6°/ boré péri aguéfen (sur le 2e verre) ;
7°/ al nétilat ayadayim ;
8°/ amotsi lé'hem min aarets ;
9°/ al a'hilat matsa.

Ainsi, nous récitons 9 bénédictions avant de consommer de la matsa.
Lesquelles de ces bénédictions composent les cheva berakhot? Quelles sont les sept bénédictions constituant des conditions préalables nécessaires à la consommation de la matsa?
Il existe un certain nombre d'approches pour identifier ces 7 bénédictions qui agissent comme des chéva brakhot.

-> L'approche du Gaon de Vilna :
Le Gaon de Vilna souligne une similitude entre la matsa et une mariée qui nous donnera un aperçu des bénédictions à inclure dans les chéva brakhot.
Tout comme une kalla porte un voile, la matsa est également couverte lorsque nous récitons les bénédictions sur elle. Ainsi, seules les bénédictions récitées pendant que les matsot sont couvertes sont incluses dans les chéva brakhot.
Les bénédictions "amotsi lé'hem min aarets" et "al a'hilat matsa" ne doivent donc pas être comptées, car on découvre les matsot et on les tient en récitant ces bénédictions.

Selon le Gaon de Vilna, les chéva brakhot sur la matsa sont donc :
1°/ "boré péri aguégen" ;
2°/ kédouchat ayom = la bénédiction du Kidouch ;
3°/ chéé'héyanou ;
4°/ boré péri aadama (sur le Karpass) ;
5°/ acher guéalanou ;
6°/ boré péri aguéfen (sur le 2e verre) ;
7°/ al nétilat ayadayim.

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+ La nuit du Séder représente les nissou'in :

-> En établissant un parallèle entre le mariage et la consommation de la matsa, nous constatons que les chéva brakhot sont nécessaires pour les deux, car manger de la matsa est une sorte de nissou'in.
Sur la base de ce concept, le Sia'h Its'hak explique que, de même que les chéva brakhot lors d'un mariage doivent être récitées en présence d'un minyan, là aussi, un quorum de dix hommes est requis lors du Séder.
Bien que nous n'ayons pas adopté cette règle (même quelqu'un tout seul peut s'acquitter), il est clair que le Sia'h Its'hak soutient que la consommation de la matsa est plus qu'une simple analogie avec les nissou'in.
Nous allons voir que la consommation de la matsa représente notre lien profond au Hachem.

-> Sonner du chofar ou tenir les 4 Espèces (arbaa minim à souccot) avant le moment prescrit n'est pas approuvé, ni ne remplit l'obligation de l'auteur de ces actes, mais cela n'est jamais critiqué avec rigueur comme l'est la consommation prématurée de la matsa.
Quel est le lien plus profond entre la matsa et le mariage qui incita le Yérouchalmi à réprouver ainsi le fait de manger de la matsa la veille de Pessa'h?

Le séfer Chemen Roch explique que la matsa est exceptionnelle en ce qu'elle crée un lien spécial, une connexion unique, entre nous et le Maitre du monde. En fait, la matsa, une fois mangée et digérée, devient une partie de notre être, physiquement incorporée à notre essence même.
Ce lien profond et étroit n'est comparable qu'à un couple consommant un mariage.

Le Maharal explique que "hadam hou hanéfech" (le sang est en fait la force vitale).
Dam (le sang), est le conduit par lequel la néchama, l'âme spirituelle, se connecte au gouf, le corps physique qui l'abrite. Dam pessa'h et dam mila sont la colle liant le le Maître du monde au peuple juif.
Ils sont collectivement appelés : 'hatan damim lamoulot (le sang versé du marié [était] du fait de la circoncision - חֲתַן דָּמִים לַמּוּלֹת - Chémot 4,26).
Le terme חֲתַן ('hatan), ou 'hatouna, est également une façon de décrire le lien.

Manger de la matsa s'inscrit également dans ce lien entre Hachem et le peuple juif, car la matsa avalée est digérée et reconstituée dans le sang d'une personne. Par conséquent, la manger avant l'heure prescrite revient à se rapprocher prématurément de son épouse.
[avec nos yeux d'humain on pourrait croire que lors du Séder il ne se passe rien de spécial, mais en réalité au niveau des âmes, de la réalité spirituelle, c'est notre mariage, on s'unit avec le boss des boss, Hachem. ]

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+ La 'houpa :

-> Ainsi, les chéva brakhot ont lieu au Séder, suivies des nissou'in.
Le processus des nissou'in comprend la 'houpa, mais où, pendant le Séder de Pessa'h, trouvons-nous une 'houppa pour que les nissou'in puissent être effectués?

Le Beit Efraïm (hakdama léshut Even aEzer) enseigne que la 'houpa est "le 'hatan qui amène la kala chez lui".
La Torah déclare : "Vous avez vu ce que J'ai fait à l'Egypte, et que Je vous ai portés sur les ailes des aigles et vous ai amenés à Moi" (Yitro 19,4).
Le Targoum Yonatan explique : "Vous avez vu ce que J'ai fait aux égyptiens, et que Je vous ai portés sur les nuages comme sur les ailes des aigles de Pilousine, pour vous emmener au lieu du Sanctuaire, pour y apporter le korban Pessa'h ; et la même nuit, Je vous ai ramenés à Pilousine, et de là Je vous ai rapprochés pour [recevoir] la doctrine de Ma loi."

Hachem emmena le peuple juif dans Sa Maison, au Temple, afin qu'ils puissent apporter le korban Pessa'h. Ainsi, la 'houpa, représentée par l'arrivée dans la Maison de Hachem, se produit au moment où le korban pessa'h est mangé.

Nous devons nous considérer comme vivant personnellement la sortie d'Egypte chaque année. Cela comprend tous les événements de la nuit, y compris le fait que Hachem nous place sous la protection de Sa 'houppa dans le Temple alors que nous nous unissons à Lui dans l'harmonie.

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+ La nuit du Séder: le mariage de Hachem avec le Klal Israël :

-> Le Chla HaKadoch (Pessa'him matsa assira - drouch 3) affirme que le concept selon lequel le peuple juif et Hachem sont unis par le mariage sous-tend tout le Séder.
La nuit du Séder est un moment spécial, une nuit d'amour et d'affection profonds entre Hachem et le peuple juif. Hachem Se réjouit du Klal Israël comme un marié célèbre sa nouvelle épouse.
La nuit culmine avec la récitation de Chir HaChirim, ajoute le Chla, qui témoigne de l'intensité du lien émotionnel et amoureux qui existe entre Hachem et chaque juif.

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+ Bonus : l'approche du rav 'Haïm Palagi :

-> Le rav 'Haïm Palagi ('Haïm léRoch al Haggada chel Pessa'h) reconnaît qu'il y a bien neuf bénédictions à réciter avant de manger de la matsa, et affirme que cela correspond néanmoins parfaitement aux bénédictions d'un mariage. En effet, pour qu'une mariée soit autorisée à son mari, un total de neuf bénédictions doit être récité.

La cérémonie de mariage commence par Boré Pri HaGuéfen, suivie par les birkhot éroussine, puis par les cheva berakhot. Ainsi, la cérémonie de mariage comprend neuf bénédictions.

Les neuf bénédictions du Séder sont donc un parfait corollaire des neuf bénédictions d'un mariage. Il n'y a pas de bénédictions supplémentaires.
Le Or'hot 'Haim, le Kol Bo et le Séfer HaMikhtam souscrivent tous à cette idée.

Le séfer Chémen Zayit Zakh (rav nissim dayan) conteste cependant cette approche.
Selon Rav 'Haïm Palagi, les neuf bénédictions du Séder correspondent à la fois aux éroussine et aux nissouine.

La guémara, toutefois, compare le fait de manger de la matsa avant le moment prescrit à l'individu ayant des relations après les éroussine. De même, au Séder, il ne manque à la matsa que les cheva berakhot des nissouine. Étant donné que les éroussine doivent avoir déjà eu lieu pour que l'analogie soit appropriée, les berakhot (bénédictions) du Séder conduisant au moment approprié pour la consommation de la matsa ne sont que des bénédictions des nissouine et non des éroussine.

Le Chémen Zayit Zakh explique que les éroussine concernant la matsa ont lieu lors de la préparation. La récolte du blé, la mouture de la farine, le pétrissage de la pâte et la cuisson de la matsa se combinent pour constituer le processus des éroussine. Le fait qu'aucune berakha ne soit récitée sur la préparation de la matsa n'est pas un problème, puisque nous savons que le fait de ne pas réciter les birkhot éroussine n'invalide pas le mariage; celui-ci peut prendre pleinement effet même sans ces bénédictions.

Pourquoi étions-nous si pressés de sortir d’Egypte?

+ Pourquoi étions-nous si pressés de sortir d'Egypte? (selon le rav Elyachiv)

-> La raison pour laquelle nous mangeons de la matsa le soir du Séder est déclarée ici dans la Haggada :
"Nous mangeons de la matsa pour commémorer le fait que la pâte de nos pères n'eut pas le temps de lever avant que le Roi des rois, le Saint, béni soit-Il, Se révéla à eux et les délivra".

La Baal Haggada cite le verset:
"Ils firent cuire la pâte qu'ils avaient apportée d'Égypte en pain azyme, car elle n'avait pas fermenté parce que, repoussés de l'Égypte, ils n'avaient pu attendre et ne s'étaient pas munis d'autres provisions" (Bo 12,39).

Ainsi, nous avons quitté l'Égypte en toute hâte, et la pâte n'eut pas le temps de lever. La question que soulève le rav Shlomo Elyachiv (Léchem chévo véAkhlaman), est de savoir pourquoi les membres du peuple juif durent quitter l'Égypte en toute hâte; pourquoi cette nécessité de se précipiter?

L'enseignement du Arizal est bien connu : le peuple d'Israël était descendu au 49e niveau d'impureté, et s'il était resté en Égypte un moment de plus, il serait tombé au point de non-retour. S'ils avaient disposé du temps nécessaire pour sombrer au 50e niveau d'impureté, ils auraient été piégés en Égypte.

Cet enseignement est devenu un principe accepté de la compréhension traditionnelle de la sortie d'Egypte. Cependant, le rav Elyachiv maintient qu'il ne peut être pris pour argent comptant. En effet, bien que le peuple juif eût effectivement chuté spirituellement, cette descente dans l'impureté s'arrêta lorsque les plaies débutèrent et que la servitude prit fin.
Une fois le processus de délivrance entamé, les Bné Israël ne furent plus soumis aux forces de l'impureté, qui commencèrent à décliner.

La Torah rapporte que lorsque le peuple juif quitta l'Egypte "yé'hérats kélev léchono" (même les chiens se turent - voir Bo 11,7). Cela reflétait le fait que les forces du mal avaient totalement disparu.
La puissance de la Révélation Divine était devenue si écrasante que les forces du mal furent maîtrisées de manière complexe.

Le peuple juif ne risquait plus d'être entraîné plus loin dans l'abîme spirituel, alors pour quelle raison dut-il se hâter de quitter l'Égypte? Pourquoi n'avoir pas pu attendre que leur pâte lève, moment auquel ils auraient pu faire cuire leur pain habituel?

-> Dans un revirement incroyable, le rav Shlomo Elyachiv explique que la raison pour laquelle le peuple juif ne pouvait rester en Égypte un instant de plus est que si tel avait été le cas, les forces du mal auraient été si totalement éradiquées qu'elles auraient éliminé la possibilité du libre arbitre.
La Révélation Divine à laquelle le peuple juif put accéder dans les jours précédant la sortie d'Égypte était si impressionnante et le niveau de sainteté auquel il fut propulsé était si élevé que si le peuple juif était resté là un instant de plus, les puissances du mal auraient été complètement vaincues.

En l'absence de celles-ci, le libre arbitre ne serait plus possible.
Comme le temps de la rectification Finale (tikoun haAkharon), n'était pas encore arrivé, et que Hachem souhaitait que l'homme continue à lutter entre le bien et le mal, Il jugea bon que nous soyons déplacés immédiatement.

La Torah déclare : "L'Egypte s'imposa au peuple avec force, en se hâtant de le repousser du pays, car ils disaient : "Nous périssons tous" (koulanou métim)." (Bo 12,33).
Le rav Elyachiv explique que leur inquiétude, "koulanou métim", de tous périr, n'était pas due au fait qu'ils se souciaient de mourir physiquement. Ils craignaient que si le peuple juif restait en Egypte, cela provoquerait la chute de toute l'impureté existant en Egypte. Ce pays étant l'épicentre du mal, cela signifierait en réalité l'éradication mondiale de tout mal et de toute impureté.

En conséquence, selon le rav Elyachiv, nous ne pouvions pas retarder notre départ de l'Égypte, car cela nous aurait catapultés à un niveau que le temps n'était pas encore venu pour le peuple juif d'atteindre.

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-> cela éclaire le fait que d'un côté cette génération a pu atteindre le 49e niveau d'impureté et que selon le Zohar : "il n'y aura jamais de génération comme celle de la sortie d'Egypte jusqu'à la venue du machia'h".
[ainsi quelque soit soit la bassesse de notre niveau spirituel, même si on est descendu au plus bas, à l'image de la génération en Egypte, nous pouvons très rapidement atteindre des sommets spirituels (au point qu'elle a du sortir rapidement d'Egypte tellement elle avait fait disparaître toute impureté).]

-> L'instruction de croire en la délivrance d'Egypte implique de croire et d'aspirer à la Délivrance Finale (guéoula), avec la venue du machia'h.
[Smak - mitsva aléf]

Pessa’h = la naissance du peuple juif

+ Pessa'h = la naissance du peuple juif :

-> Le rav Its'hak 'Haver, fut un disciple du rav Ména'hem Mendel de Shklov, qui était un disciple du Gaon de Vilna.
Dans l'introduction de sa Haggada Yad Mitsraïm, il présente une idée du Arizal : le séjour du peuple juif en Egypte fut analogue à une gestation, une période d'incubation, durant laquelle le peuple juif, le fœtus, se développa et attendit d'émerger en tant que nation.
L'Egypte couvait, pour ainsi dire, le peuple juif. La sortie d'Égypte constitua la naissance de la nation juive.
Tout comme le monde renaît au printemps, le peuple juif naquit durant la période de la sortie d'Egypte.

L'Egypte est appelé par exemple : "la nudité de la terre" (érvat aarets - Mikets 42,9).
Pour quelle raison fut-il nécessaire que le peuple juif soit exilé dans un endroit aussi bas et sombre que l'Egypte?

Le rav 'Haver explique que l'Egypte fut choisie parce que la période que le peuple juif y passa correspondait à celle d'incubation du peuple juif, et pour qu'un embryon se développe correctement, il a besoin d'un endroit sombre et exigu.
Sa meilleure croissance a lieu dans un environnement que l'on peut décrire comme "révulsant" (ma'ous). L'Egypte correspondait parfaitement à ce modèle. Il n'y avait aucun endroit au monde qui soit spirituellement plus sombre que l'Égypte.

-> Le rav Its'hak 'Haver poursuit en expliquant que le temps que le peuple juif passa en Egypte peut se répartir en trois périodes distinctes.
1°/ La première période débuta lorsque Yaakov et ses fils émigrèrent de la terres d'Israël vers l'Egypte. Ils vécurent à Gochen, où ils s'occupaient de leurs animaux.
Tant que Yaakov Avinou et les tribus (chévatim) étaient encore en vie, le peuple juif ne fut pas asservi ; il séjournait simplement dans un pays étranger, comme le dit le verset : "vos descendants seront des étrangers dans un pays qui ne leur appartiendra pas (Lé'h Lé'ha 15,13).

2°/ La deuxième période commença après la mort de Lévi, le dernier des tribus (encore en vie). Pharaon mit le peuple juif au travail, le réduisant finalement à l'esclavage, comme l'avait annoncé Hachem à Avraham, "et ils les serviront" (vaavadoum - Lé'h Lé'ha 15,13).

3°/ La troisième période, la plus amère, débuta avec la naissance de Myriam, qui est liée au mot מר (mar - amer). Cette période dura 86 ans pendant laquelle l'esclavage s'intensifia et le peuple d'Israël connut le "ko'hi ha'hiboud" (la dureté de l'esclavage).

Le rav Its'hak 'Haver illustre comment ces trois périodes coïncident et s'apparentent aux trois trimestres de la gestation.

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+ Les 3 trimestres :

-> Pendant le premier trimestre, le bébé en développement est complètement caché du monde extérieur. Le fœtus n'est pas reconnaissable et on ne voit pas que la femme attend un enfant.
De même, lorsque les Bné Israël descendirent en Égypte, Yaakov vint avec ses fils, les Chévatim, et ils furent traités royalement. Ainsi, leur futur esclavage était encore imprévisible; ils étaient simplement des étrangers dans un pays étranger et n'étaient pas esclaves.

Au cours du deuxième trimestre, l'état de la femme commence à être perceptible et il est évident qu'un bébé est en route. De même, nouveau roi s'éleva sur l'Égypte (Chémot 1,8). La mère d'accueil, Mitsraïm (l'Egypte), commença à contraindre le peuple juif à travailler.
L'asservissement débuta, et il devint évident qu'ils étaient en exil (galout).

Enfin, au cours du troisième trimestre, le bébé grandit, le moment de l'accouchement approche et le travail doit commencer. Les douleurs de l'accouchement sont une indication que la naissance de l'enfant est imminente.
De même, le troisième trimestre pour le peuple juif commença avec la naissance de Myriam. C'est à ce moment-là que l'esclavage s'intensifia. Les conditions de vie du peuple juif devinrent de plus en plus difficiles, et les Égyptiens pensèrent que les Bné Israël resteraient esclaves pour toujours, alors qu'en réalité, c'était exactement le contraire.

L'esclavage devint plus difficile et s'intensifia. Cette situation accéléra le moment de la sortie d'Egypte et donc de sa naissance en tant que nation.

Le rav Its'hak 'Haver affirme que les 210 ans en Egypte constituent la période de gestation du peuple juif.
Le travail et l'accouchement du peuple juif commencèrent la nuit de Pessa'h, lorsque Hachem frappa les premiers-nés, et durèrent jusqu'au septième jour de Pessa'h à l'ouverture de la mer Rouge.

[selon le Séder Olam (raba 3), Lévi survécut à tous les autres Chévatim, et à sa mort l'esclavage débuta pour une durée de 117 ans.
Par ailleurs, l'esclavage très difficile n'a commencé qu'à la naissance de Myriam, soit 86 ans avant la sortie d'Egypte. ]

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+ La plaie des premiers-nés = l'intervention personnelle d'Hachem :

-> Hachem dit au peuple juif : "Je traverserai le pays d'Egypte cette nuit-là, et Je tuerai tous les premiers-nés du pays d'Egypte, et sur tous les dieux d'Egypte J'exécuterai des jugements, Je suis Hachem" (Bo 12,12).

Pourquoi était-il si important que Hachem accomplisse tout cela Lui-même, sans avoir recourt à un ange?

Le rav Its'hak 'Haver explique, en s'appuyant sur une guémara (Taanit 32a), qu'il existe trois clés dont Hachem garde le contrôle et qu'Il ne les confie à aucun émissaire. Ce sont:
- la clé de la pluie, car seul Hachem fait pleuvoir, aucun ange ne peut faire pleuvoir ;
- la clé de la résurrection des morts ;
- la clé de la vie, c'est-à-dire de l'accouchement.
Les médecins essaient de prédire quand un bébé naîtra, mais seul le Maître du monde tourne la clé pour permettre la naissance. La sortie d'Egypte fut la naissance du peuple juif, une chose dont seul Hachem détient la clé. Ainsi, cette tâche était réservée à Hachem Lui-même. Ce n'était pas une mission pouvant être remplie par un ange.

-> Le verset rapporte : "et il y eut un grand cri en Egypte" (Bo 12,30).
En fait, il était si fort que le verset affirme : "il y aura un grand cri dans tout le pays d'Egypte, tel qu'il n'y en a jamais eu et tel qu'il n'y en aura plus jamais" (Bo 11,6).
Lorsque Hachem tua les premiers-nés des égyptiens, il y eut un cri comme on n'en avait jamais entendu auparavant et qu'on n'en entendra plus jamais. Pourquoi ce cri est-il sans précédent dans toute 'Histoire?

Selon le rav Its'hak 'Haver, personne ne crie plus fort qu'une femme en travail (à l'accouchement). Mais qu'en est-il de ce cri s'il s'agit de la naissance d'une nation entière?
Ce serait un cri sans précédent! C'est ce qui se passa la nuit de Pessa'h

Il est dit : "et quelle divinité entreprit jamais d'aller se chercher miraculeusement un peuple au milieu d'un autre peuple" (Vaét'hana 4,34).
Hachem fit sortir le peuple juif de la matrice d'Egypte ; ce fut un travail et un accouchement sans précédent, et par conséquent, cela donna lieu à un cri sans précédent.

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-> Le rav Its'hak 'Haver (Haggada Yad Mitsraïm) aborde le concept selon lequel le peuple juif est né au moment de la sortie d'Egypte, pour expliquer la raison pour laquelle l'interdiction du 'hamets est si stricte.

Le 'Hamets et la matsa (חמץ et מצה) sont deux mots essentiellement composés des mêmes lettres. Ils ont chacun un mem et un tsadi.
La seule différence est que le 'hamets comprend un 'het, tandis que la matsa a un hé. La différence entre un 'het (ח) et un hé (ה) est la petite ouverture sur le côté gauche.

Jusqu'à notre départ d'Égypte, ce pays était fermé, ce qui est symbolisé par le 'het, qui est fermé.
[par exemple, sur le fait que l'Egypte était fermée : https://todahm.com/2016/03/12/49445 ]

La sortie d'Egypte constitua la naissance, et l'ouverte présente le l'ouverture qui permit la naissance du peuple juif.
Pour cette raison, à Pessa'h, nous ne pouvons pas consommer de 'hamets. Nous mangeons de la matsa pour signifier que c'est le moment de notre naissance.
Nous devons être extrêmement prudents et vigilants pour nous éloigner même de la plus petite quantité de 'hamets, afin de nous assurer que l'ouverture du hé de la matsa permettra notre sortie d'Égypte.
Cette mesure est essentielle pour que le peuple juif puisse quitter le ventre de l'Egypte et accéder à la liberté.

Nous devons donc nous tenir à distance du 'hamets d'une manière qui est inédite en ce qui concerne les autres aliments interdits. Le 'hamets symbolise un utérus scellé duquel nous ne pouvons pas nous échapper. Nous prenons donc toutes les précautions possibles pour éviter de rester enfermés dans la matrice spirituelle d'Égypte (nous n'en voulons pas même une seule miette de cette mauvaise influence).

C’est le pain de l’affliction (ha la’hma aniya)

+ "C'est le pain de l'affliction" (ha la'hma aniya) :

-> Ce passage soulève une question fondamentale : si toute la Haggada est écrite en Lachon HaKodech (en hébreu), pourquoi ce passage est-il écrit en araméen?

Le Zohar nous enseigne que le mot haggada implique la révélation de significations cachées.

Le passage d'ouverture (ha la'hma aniya) est écrit en araméen, tout comme le Kadich, qui est récité en araméen. Le Kadich a le pouvoir de briser les forces puissantes de la sitra a'hara (forces du mal) et de les soumettre. Les klipot (forces extérieures représentant le mal) comprennent l'araméen. Lorsqu'elles entendent les louanges que le Kadich adresse à Hachem et à Son Saint Nom, elles sont immédiatement maîtrisées.

C'est pourquoi le Kadich est récité à chaque transition dans nos prières, lorsque nous passons d'un monde kabalistique à un autre (les quatre mondes : Atsilout, Yétsira, Béria et Assiya correspondent tous à différentes sections de Cha'harit, et à chaque transition de monde, le Kadich est récité) dans le but de soumettre les klipot et de les empêcher de prendre pied dans le monde supérieur et de s'élever ainsi au niveau suivant.

Le même principe s'applique dans le sens inverse, lorsque l'abondance céleste descend dans le monde. Nous récitons le Kadich après la Amida lorsque nous commençons notre descente avec l'abondance fournie par le Ciel. [la prière suit une progression jusqu'à un pic dans la Amida où nous sommes dans le monde céleste le plus élevé, en tête à tête avec Hachem (même les anges n'y ont pas accès), puis ensuite nous faisons le voyage inverse pour retourner dans ce monde. ]
Lorsque nous passons d'un monde à l'autre dans les deux sens, le Kadich empêche les klipot de prendre pied.

La nuit de Pessa'h commence par la prière d'Arvit suivi du Hallel, moment où nous avons le privilège de recevoir une conscience mentale supérieure (mo'hin).
Lorsque nous terminons nos prières et quittons la synagogue, ces mo'hin s'en vont, pour revenir lorsque nous commençons la Haggada. Il est alors impératif de réciter un passage en araméen afin de briser le pouvoir des forces extérieures, de les soumettre et de les annuler, de la même manière que nous annulons notre 'hamets.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra (Abir Yaakov 367) dit que l'élimination du 'hamets est associée à une destruction des forces mauvaises et impures. ]
Nous devons nous assurer que les forces du mal ne s'attachent pas à ces illuminations (liées au séder de Pessa'h).

A mon humble avis, ce n'est pas une simple coïncidence si le paragraphe הא לחמא עניא contient 28 mots araméens. [le paragraphe contient en réalité 31 mots, mais les deux derniers mots : "bné 'horin" sont en hébreu, et le mot די (di) est utilisé pour une autre dérivation, comme nous allons le voir]
Le Kadich contient également 28 mots, commençant par "amen yéhé chémé" jusqu'à "daamiran béalma". [la guématria de koa'h (force - כח) est de 28]
De plus le mot די (de [ha la'hma aniya] di]) a une valeur numérique de 14. Les 14 ajoutés aux 28 autres mots araméens donnent un total de 42, la valeur numérique de l'un des noms développés d'Hachem.
Ce nom est invoqué pour soumettre les forces du mal qui tentent de s'emparer des mo'hin de niveau supérieur que nous recherchons.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Bidgé haSerad ]

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-> "C'est le pain de l'affliction que nos pères ont mangé dans le pays d'Égypte. Que celui qui a faim vienne et mange" (ha la'hma aniya di a'halou ...)

-> Le Arizal explique que la sortie d'Egypte a rectifié les étincelles impures d'Adam HaRichon qui ont été produites (involontairement) lorsqu'il s'est séparé de sa femme pendant 130 ans, jeûnant et s'affligeant dans un effort pour se repentir de sa faute.
Des âmes saintes étaient incrustées dans ces étincelles impures, ainsi que des forces maléfiques (klipot). Ces âmes sont entrées dans le monde pendant la génération du Déluge, mais en raison des fautes de cette époque, elles n'ont pas été rectifiées et séparées des étincelles. Elles sont réapparues à la génération de la Dispersion (tour de Bavél), et une fois de plus, elles n'ont pas été rectifiées.
Elles sont retournées à Sodome et la même chose s'est produite.

Elles sont revenues vers le peuple juif en Egypte, et grâce à l'esclavage lourd et difficile, elles ont été purifiées et rectifiées.
Le mot עני (la matsa est appelé : lé'hem oni - pain de la pauvreté) a une valeur numérique de 130, correspondant aux 130 années pendant lesquelles Adam Harichon s'est repenti.
Le mot לחם (lé'hem - pain) a une valeur trois fois supérieure au nom Havaya (26 x 3 = 72).
Ces âmes saintes sont imprégnées du nom divin Havaya (יהוה) ; cependant, elles se sont mélangées aux klipot décrites comme le lieu "עני".
Ainsi, l'expression הא לחמא עניא fait référence aux étincelles saintes imprégnées de divinité Havaya qui sont tombées dans le lieu "עני", les klipot.
Au début du Séder, nous levons la matsa et nous précisons quand même que ce même est "עני" (la'hma aniya en araméen) pour clarifier le fait que ces étincelles ont été rectifiées en Egypte.

-> Pourquoi déclarons-nous que nos ancêtres ont mangé le pain en Egypte alors qu'en réalité ils ne l'ont mangé qu'après avoir quitté l'Égypte?
Ce que nos ancêtres ont mangé fait référence au travail difficile qu'ils ont enduré pendant leur séjour en Egypte. Les âmes se sont incarnées en Égypte et nos ancêtres en Égypte les ont rectifiées à travers l'esclavage.
Pessa'h, la fête des matsot, est une rectification annuelle au cours de laquelle les klipot sont maîtrisées et les âmes [juives] purifiées. Nous commençons par un passage en araméen afin d'éveiller le pouvoir de la sainteté et de maîtriser les klipot.

Les âmes ont totalement émergé de ces forces maléfiques au moment de la sortie d'Egypte ; ce phénomène se répète chaque année à Pessah.

Le contrôle que les klipot exerçaient sur les âmes variait en fonction de la profondeur de l'immersion de l'âme dans la faute. Certaines étaient dominées par les klipot sans y être complètement immergées, tandis que d'autres y étaient complètement immergées.

Celles qui sont totalement immergées ont soif de sainteté, et nous nous adressons à elles en disant : "Que celui qui a faim vienne et mange".
Celles qui ne sont pas totalement immergées, qui savent ce qu'est la sainteté, nous les invitons à "venir célébrer [la joie de] Pessa'h avec nous".

Pour résumer, nous pouvons expliquer ce passage comme suit : c'est le pain (les âmes dans les étincelles d'Adam HaRichon qui se sont mélangées aux klipot, le lieu du עני) que nos ancêtres ont mangé (une référence au dur labeur lorsqu'ils ont été esclaves) et rectifié en Égypte.
Quiconque est tellement immergé dans les klipot qu'il a faim de sainteté peut venir manger avec nous ; quiconque est moins immergé peut venir célébrer la joie de la fête avec nous.
Cette nuit, comme lorsque nous avons quitté l'Égypte, ces étincelles sont rectifiées. Cette nuit, nous nous débarrassons de notre lien avec les klipot.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Bidgé haSerad ]

Hachem souffre avec nous dans l’exil

+ Hachem souffre avec nous dans l'exil :

Pourquoi le peuple d'Israël a-t-il été autorisé à quitter l'Egypte avant que les 400 ans ne soient écoulés (ils sont partis 190 ans avant)?

L'une des réponses est que la Présence Divine (Chékhina) était avec eux, ce qui a permis d'achever les 400 ans (plus rapidement).
[Hachem est descendu en Egypte ave nous, et Il souffre avec chaque juif : "Je suis avec lui dans sa difficulté" (Téhilim 91,15 - imo ano'hi bétsara).]
La Chékhina est descendue du Ciel sur la terre afin d'être avec le peuple juif [dans la difficulté de l'esclavage égyptien] pour que le décret de 400 ans contre eux soit achevé (plus rapidement).
[Haggada BéMessila]

[on peut éventuellement appliquer cela à notre exil actuel, où Hachem nous accompagne dans chacune de nos souffrances, et Il contribue à faire que la guéoula ultime vienne au plus vite.
Ainsi, nous devons prier pour que le machia'h vienne, mettant fin à la souffrance de la Chékhina et qu'au contraire Il puisse dévoiler tout l'amour et l'attachement qu'Il a avec chaque juif. ]