Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Eliminer notre orgueil comme préparation à la guéoula

+ Eliminer notre orgueil comme préparation à la guéoula :

-> Rabbi Levitas de Yavné dit : "Soyez très, très humbles" (méod méod évé chéfal roua'h - Pirké Avot 4,4).

-> Nos Sages (Sanhédrin 98a) disent : "Zéri a dit au nom de Rabbi 'Hanina : Le fils de David (le machia'h) n'arrivera pas tant que les orgueilleux n'auront pas été éliminés du peuple juif, comme le dit le verset : "Car alors, j'éliminerai parmi vous ceux qui se complaisent dans l'orgueil" (Tséfania 3,11).
Il est également dit : "Je laisserai parmi vous des pauvres et des indigents, et ils se réfugieront au nom d'Hachem" (Tséfania 3,12)."
Rachi explique que la guéoula viendra pour eux et qu'ils se réfugieront à l'ombre de la présence d'Hachem.

-> De même, le prophète Yéchayahou (61,1) dit : "Parce que Hachem m'a oint pour informer les humbles, Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé."
Le Radak explique : "Ces prophéties de réconfort que j'ai été envoyé prononcer et écrire proviennent de la bouche d'Hachem. Elles sont une bonne nouvelle pour les enfants de l'exil qui sont humbles et ont le cœur brisé parce qu'ils souffrent de l'exil pour l'amour d'Hachem".

-> Pourquoi l'humilité est-elle spécifiquement la condition de la guéoula? Pourquoi le machia'h ne peut-il venir que lorsqu'il n'y a plus d'arrogants, d'orgueilleux?
Le Maharcha explique : "Les orgueilleux repoussent la Présence divine hors de sa place. Dans le premier chapitre de Sotah (4b), nos Sages disent : "Quiconque est orgueilleux, c'est comme s'il adorait des idoles". C'est pourquoi ce verset conclut qu'au moment de la rédemption, "les pauvres et les démunis [c'est-à-dire les humbles (quoiqu'on puisse avoir, on a rien car tout provient, appartient à D.)] ... se réfugieront au nom d'Hachem, et non comme auparavant [en exil] lorsqu'ils étaient orgueilleux, ce qui revenait à promouvoir de faux dieux."

-> Le Gaon de Vilna (commentaire sur Shmouel I 25,8), écrit qu'avant la guéoula, Hachem détruira les trois principales sources d'arrogance humaine et que ce n'est qu'alors que la guéoula aura lieu.
Il écrit : "Il y a trois propriétés qui font partie de la constitution d'une personne : la connaissance, le pouvoir et la richesse ... Comme le dit le verset (Yirmiyahou 9,22), le sage ne doit pas se vanter de sa sagesse, le puissant ne doit pas se vanter de son pouvoir, et le riche ne doit pas se vanter de sa richesse" ...
[Il y a trois aspects à une personne : l'âme qui est la source de la sagesse, le corps qui est la source de la puissance, et les possessions qui sont la richesse d'une personne. ]
Nos Sages ont abordé ces trois questions dans la guémara (Sanhédrin 97a). Concernant la richesse, ils ont dit : "Le fils de David ne viendra pas tant qu'il restera des pièces de monnaie". Concernant le pouvoir, ils ont dit : "Le fils de David ne viendra pas tant que le royaume insignifiant n'aura pas été éliminé d'Israël". Concernant la sagesse, ils ont dit : "Le fils de David ne viendra pas ... tant que le nombre d'élèves n'aura pas diminué".

<--->

-> Le 'Hafets 'Haïm (Méir Ené Israël 2, p.662) écrit :
"Par quel mérite une génération comme la nôtre peut-elle mériter le machia'h? Ce sera grâce au mérite de chaque personne qui aura honte de ses insuffisances et de ses défauts incessants!"

La dernière génération avant la guéoula sera réduite au niveau le plus bas à bien des égards. Les gens se sentiront insuffisants (spirituellement parlant) et manqueront cruellement de connaissances de la Torah. Ils seront à la traîne dans de nombreux domaines de la sainteté et de l'observance. Pourtant, ces lacunes nous donnent le grand avantage d'éliminer tout sentiment de supériorité et d'arrogance, et nous sommes ainsi prêts à accueillir le machia'h.

-> Par exemple, le ravYé'hezkel Levenstein considérait sa dernière maladie comme un cadeau d'Hachem qui lui permettait d'atteindre un niveau d'humilité afin de se préparer à la venue du machia'h.
À un âge avancé, peu avant son décès, il souffrait terriblement. Ses élèves vinrent lui rendre visite. Depuis son lit de malade, il leur dit : "Je me demande pourquoi Hachem m'a infligé une souffrance aussi terrible. Ma conclusion est que les jours du machia'h approchent et que si une personne a un soupçon d'orgueil, elle ne peut accueillir le machia'h. Hachem m'afflige afin de briser mon orgueil et de me préparer à l'arrivée du machia'h".

<--->

-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav mé'Eliyahou (3, p.214-218) explique pourquoi, dans cet exil, nous devons corriger le trait de caractère qu'est l'orgueil. Il écrit :
"Le premier Temple a été détruit à cause des fautes d'idolâtrie, d'immoralité et d'effusion de sang. La racine de tous ces fautes était la luxure. Nos Sages (Sanhédrin 63b) disent : "Israël n'a servi les idoles que pour se permettre l'immoralité publique. Les effusions de sang visaient également ceux qui tentaient de les empêcher de satisfaire leurs convoitises ... C'est pourquoi, lorsque leur mesure de faute fut comble, ils tombèrent aux mains des Babyloniens, dont la caractéristique principale est la convoitise, et ceux-ci détruisirent le Temple.

A la fin de la 2e période du Temple, la discorde et la haine ont atteint leur paroxysme, comme le disent nos Sages (Yoma 9b) : "Pourquoi le 2e Temple a-t-il été détruit? Parce qu'il y avait une haine gratuite".
C'est-à-dire une haine vraiment sans fondement et non due à un sentiment de rivalité dans la réalisation d'un objectif quelconque. Le désir arrogant d'un contrôle absolu était à l'origine de cette faute qui les a amenés à haïr leurs semblables ... Le manque de respect est une conséquence de cette même racine, qui permet à une personne de fauter sans vergogne. [Quand une personne est égocentrique, elle se concentre sur son pouvoir et ses capacités, et méprise les autres, sans respecter leurs sentiments] ...
Lorsque l'arrogance s'est répandue et a atteint son apogée, et que leur mesure de la faute était comblée, le Temple a été détruit et ils ont été livrés entre les mains du 4e empire [Édom - Rome] dont la caractéristique principale est l'arrogance et l'athéisme, suivant la formule "ma capacité et la force de ma main" et "moi et nul autre" ...
Ainsi, leur orgueil [Édom - Rome] grandit et ils en viennent à nier Hachem et à manquer de respect envers le Ciel (profanant et détruisant le Temple).
Nos Sages (Sotah 49b) nous enseigne qu'à la fin du 4e empire, "sur les pas du machia'h, l'audace augmentera" ... La force de l'orgueil et du manque de respect est complètement mauvaise et n'a absolument pas sa place dans le domaine de la sainteté. Elle ne sert qu'à être surmontée et son élimination complète est la réalisation et l'accomplissement de son but ultime.

A la fin de cet exil ... la Présence divine est piégée sous la main des irrespectueux parmi le peuple juif. Ce sont les âmes de la multitude mêlée qui se sont infiltrées dans le peuple juif. La principale racine de leur corruption est leur manque de respect envers le Ciel, c'est-à-dire la caractéristique d'Amalek ...
C'est l'épreuve à laquelle le peuple juif est confronté sur les pas du machia'h (ikvéta déméchi'ha) ...
Ceux qui ont rejeté le joug de la Torah se vantent comme si leurs réalisations étaient le résultat de leurs propres pouvoirs. À mesure que leur arrogance grandit, leur manque de respect s'accroît, tout comme leur désir d'imposer leur athéisme. C'est l'épreuve finale de l'exil de la Présence divine, et la plus difficile ...
Ceux qui restent héroïquement fermes face à ce défi des plus difficiles, le défi de la fausse croyance en leurs propres prouesses et capacités, restent imperturbables et insensibles à l'audace de l'athéisme, refusant de céder. Au contraire, ils renforcent leur foi et ne s'écartent pas des perspectives correctes de la Torah et de nos Sages, et ils sont totalement engagés dans le service interne d'Hachem à travers la Torah, la prière et la crainte du Ciel.
Ce sont eux qui mériteront la rédemption complète par le juste machia'h, bientôt de nos jours."

=> Ainsi, c'est la faute de la haine gratuite, qui trouve sa racine dans l'orgueil, qui a causé cet exil. C'est pourquoi nous avons été livrés entre les mains d'un peuple orgueilleux qui a détruit le 2e Temple et qui nous domine encore aujourd'hui.
Il est clair que le remède nécessaire pour sortir de cet exil est d'éradiquer l'arrogance, l'orgueil, de nos cœurs et d'apprendre l'humilité. Nous devons nous efforcer d'être l'exact opposé du royaume arrogant et racha d'Edom et de la multitude mêlée.
[pour avoir de l'amour gratuit envers autrui, réparant notre haine gratuite lors du 2e Temple, nous devons d'abord être humble pour laisser de la place à autrui, pour que notre égo soit contenu nous permettant d'aimer autre chose que nous-même. ]

L’importance d’être orgueilleux au bon moment

+ L'importance d'être orgueilleux au bon moment :

-> Un juif doit savoir jongler avec les deux traits de caractère que sont l'orgueil et l'humilité.
D’un côté, il faut se sentir humble et savoir qu'avec tout ce que l’on a accompli on ne sera toujours qu’à nos débuts, comme le disait le 'Hozé de Lublin : "Il n’y a personne au monde pire que moi! Même si un ange me disait que je suis un tsadik, je ne le croirais pas. Et même si Hachem Lui-même me disait que je suis un tsadik, je ne Le croirais qu’à cet instant précis, car il est si facile de tomber en un instant dans les profondeurs de l’enfer, 'has véshalom."
D’un autre côté, nos Sages (Sanhédrin 37a) affirment : "Une personne est tenue de dire : "Le monde entier a été créé que pour moi"."

=> Puisqu'Hachem attend de nous d'être à la fois orgueilleux et humbles, qui sont contraires, comment concrètement savoir notre comportement à adopter? Comment de pas agir en déphasage avec la volonté d'Hachem (ex: notre yétser ara nous poussant à être humble alors que nous devrions être orgueilleux)?

-> Le rav 'Haïm de Tchernowitz (dans son Béer Mayim 'Haïm) écrit à propos de l’enseignement de nos Sages (Béra'hot 54a) : "Tu aimeras Hachem ton D. de tout ton cœur (bé'hol lévavékha)" (Vaét'hanan 6,5) = avec tes deux yétsarim : le yétser hatov et le yétser ara".
Comment peut-on servir Hachem avec son yétser ara? Ne serait-il pas plus correct que la guémara écrive : "on ne doit pas servir Hachem avec son yétser ara, mais en se préservant de ses tentations" ?

Le Béer Mayim 'Haïm répond qu’il faut prendre les forces du yétser ara et servir Hachem avec elles.
Et il explique : les forces du yétser ara sont la luxure, la convoitise et l’envie, le cœur brûlant de désir et de convoitise pour les choses matérielles, plus d’argent, plus de vêtements, plus d’honneur, plus de nourriture et de boisson, et ainsi de suite.
Une personne peut utiliser tout cela pour servir Hachem, en aspirant à plus d’amour pour Hachem, plus de crainte du Ciel, plus de Torah, plus de mitsvot, procurant ainsi plus de plaisir et de satisfaction (na'hat roua'h) à Hachem et à la sainte Chékhina, ainsi qu’à tous les mondes sacrés.

Quant à la jalousie, on peut envier ceux qui servent Hachem mieux que nous et s’efforcer d’imiter leurs voies, et utiliser le trait de zèle (zérizout) et le désir avec une ardeur ardente pour poursuivre Ses mitsvot avec amour, joie et zèle (empressement), de sorte que rien ne puisse nous arrêter, ni la pluie ni la neige, ni la chaleur ni le froid, d’accomplir les mitsvot dans tous leurs détails et de la meilleure manière possible.

<--->

+ Lorsqu’on prendra conscience de la grandeur de ses actions et de leur influence dans tous les mondes, nous accomplirons les mitsvot encore mieux :

-> On peut même prendre de mauvais traits de caractère et les utiliser pour la avodat Hachem.
Prenons par exemple l’orgueil : si une personne veut accomplir une mitsva ou prier et qu’elle imagine que toutes ses mitsvot et ses prières sont inutiles et ne mènent à rien (quelle importance ai-je, quelle importance ont mes prières), on ne veillera pas à les accomplir comme il le faut, ni on ne dirigera notre esprit et notre cœur vers elles, car on ne pense pas que nos actions changent quoi que ce soit, en raison de notre humilité.
Souvent, on s’abstiendra même totalement d’accomplir des mitsvot en raison de leur manque d’importance lorsqu’elles sont accomplies par nous.
[l'humilité peut devenir une justification facile pour justifier de moins agir pour Hachem, car après si nous ne sommes pas grand chose, alors c'est pas si grave si nous ne l'accomplissons pas. ]

Mais si une personne réalise que les influences de tous les mondes (supérieurs et inférieurs), leur vie et leurs bénédictions dépendent toutes de ses prières et de ses mitsvot, comme l’ont dit nos Sages : "Une personne est tenue de dire : "Le monde entier n'a été créé pour moi"", et cela étant, combien de plaisir et de satisfaction, plaisir, il procure à Hachem lorsque tous les mondes reçoivent des bénédictions grâce à notre accomplissement des mitsvot, et combien de parures pour la Chékhina et de yi'houdim (unification) dépendent de ses mitsvot, aucune mitsva ne nous paraîtra insignifiante, et on cherchera toujours à accomplir davantage de mitsvot.

[donc plus nous développons à nos yeux l'importance phénoménal de toute mitsva, plus nous la prendrons à cœur avec joie et fierté, et nous saurons que nous n'avons rien de mieux à faire que cela. ]

<--->

+ Quand on prend conscience de la portée de nos actes, on ne faute pas :

-> Cet estime de soi (qui se base sur la conscience de ce qu'implique chaque mitsva (volonté du Roi des rois) que nous faisons) contribue également à empêcher une personne de fauter : si une personne sait que, si elle faute, elle se rebelle contre Hachem, bafoue Ses Noms sacrés et réduit la chéfa (flux de bonté) et la bénédiction de tous les mondes, elle craindra de commettre la moindre faute.

Au contraire, elle veillera à ce que toutes ses pensées, paroles, actions et sentiments soient pour Hachem, sans une seule pensée inappropriée, et elle n’aura pas une seule pensée, ne prononcera pas un seul mot, n’accomplira pas un seul acte ni ne bougera un seul membre à moins que cela ne concerne son avodat Hachem ou n’aide son avoda (service divin).

Si elle voit quelque chose qui n’est pas lié à sa avoda, elle s’en séparera immédiatement, craignant ce que la faute peut causer. Mais si elle imagine que ses actions n’ont aucun effet là-haut, elle n’aura pas une telle crainte de la faute.

Nous voyons donc que l’orgueil est bénéfique lorsqu’on accomplit une mitsva, et celui qui sert Hachem qui utilise l’orgueil à cette fin sert Hachem avec son yétser ara et ses pouvoirs, le yétser ara devenant la raison de servir Hachem encore mieux.
Cet orgueil est loué dans le verset comme il est écrit : "Son cœur s’éleva dans les voies de Hashem".

<--->

+ L’orgueil n’est à favoriser qu’avant de réaliser une mitsva, mais après l’avoir accomplie, une personne doit se sentir humble :

-> Le Béer Mayim 'Haïm résout maintenant les contradictions mentionnées ci-dessus, à savoir que d’un côté, il faut se sentir si humble, comme le dit le 'Hozé de Lublin, que même si un ange lui disait que son avoda est acceptée au Ciel, il ne croirait pas l’ange. Et si le 'Hozé de Lublin a dit cela à propos de lui-même, que pouvons-nous dire?!
Si nous sommes censés nous sentir si humbles et considérer que nous-mêmes et notre avoda ne valons rien, comment pouvons-nous être fiers de nos actes et de leur effet là-haut, comme nous venons de l’expliquer?

Le Béer Mayim 'Haïm explique : avant d’accomplir une mitsva, d’étudier la Torah et de prier, une personne doit être remplie d'orgueilleuse d’elle-même afin de les réaliser de la meilleure manière possible.
Mais lorsqu’elle accomplit la mitsva, et plus encore après, elle ne doit pas penser à l’importance de ses actions, car qui peut prétendre avoir suffisamment servi Hachem (qui est celui qui nous donne les moyens/capacités de le faire)?
Certes, Hachem accepte toute avoda tant qu’elle est accomplie selon les capacités et la compréhension de la personne, mais celle-ci ne doit pas penser qu’elle a rempli son obligation par son action.
Elle est comparé à un serviteur à la cour du roi : quoi qu’il fasse, même s’il a servi le roi de la meilleure manière possible, ce n’est rien par rapport à la grandeur du roi, et il cherche et aspire toujours à le servir davantage, et tout cela avec une grande humilité, une grande crainte et un grand amour, comme le savent ceux qui servent Hachem.

[si on a un moment de doute/faiblesse spirituelle, on peut regarder momentanément dans le panier des actes qu'on a pu faire pour se renforcer (j'en suis fier, j'en suis capable b'h), et repartir de l'avant remotivé. ]

[d'après le rav David 'Haï Abou'hatséra ]

<--->

=> Ainsi, notre yétser ara se fait passer à nos yeux pour un tsadik nous conseillant de bien ressentir que nous ne sommes rien, que poussière de poussière (l'humilité étant un si beau trait de caractère).
Alors ensuite pourquoi donner le meilleur de nous même pour Hachem, autant se suffire d'action au rabais, à minima, à notre image (car après tout qu'est-ce que cela change!). Même pour nos prières, on se persuadera qu'on n'est pas si digne d'intérêt auprès d'Hachem (le gadol hador oui, mais nous non, car comment peut-on avoir l'orgueil de penser cela!), ...
Et on prendra les fautes et mauvaises habitudes à la légère, car après tout c'est en accord avec notre faible valeur.

Ainsi, la priorité est de constamment renforcer les notions telles que : l'importance de tout juif, la grandeur de toute mitsva, l'impact de la prière de tout juif, ...
En ce sens, avant de prier, on devra prendre un bref instant pour s'enorgueillir d'une façon qui parle à notre intériorité. Comme par exemple : Hachem qui peut tout, va venir en face à face privé que pour moi, Il va écouter chacun de mes mots/pensée et par miséricorde Il va tout faire pour mon bien ultime, ... Même le président de la république n'a pas cette chance!
De même, avant une mitsva on pourra penser : par cet acte, j'apporte de la joie à Hachem (qui est le boss de tout!) qui se réjouit de me voir faire Sa volonté, par ce petit acte sur terre j'impacte fortement tous les mondes Supérieurs (et par ricochet notre monde) en amenant des flux de bénédictions, par cet acte je m'attache éternellement avec le divin, ...
[point de réflexion : quelle est la valeur de répondre à un seul amen, quelle est la valeur d'un mot de Torah, d'un Shabbath, ... ]

[une mitsva faite avec joie a beaucoup plus de valeur, et si on veut vraiment en avoir on doit développer de la fierté et une conscience de la grandeur phénoménale de ce qu'on s'apprête à faire (physiquement cela semble simple, mais spirituellement c'est énorme).
Si c'est un acte comme un autre, alors on le fera sans que notre âme vibre en nous, à l'image de mettre nos chaussures.
Ainsi, l'orgueil avant une mitsva, avant une prière, ... est un élément essentiel pour réaliser avec vie cet acte et lui donner une valeur incroyable aux yeux d'Hachem.
(Il veut notre cœur, donc on doit faire en sorte de garder une fraîcheur pour que tout acte spirituel soit spécial, grand, pour que notre intériorité soit éveillée, vibrante pour Hachem.) ]

Idéalement on doit avoir : orgueil (avant mitsva) puis humilité, mais le yétser ara va inverser cela. On va être plein d'orgueil de la moindre chose qu'on a pu faire pour Hachem, en ce disant c'est bon là j'ai ma dose pour le moment (j'ai déjà fait beaucoup!), on va s'endormir sur nos lauriers, être prisonnier d'un train-train quotidien.
Puisque je suis si content de moi, alors pourquoi faire davantage, pourquoi se remettre en question.

Ainsi, on doit être honnête avec soi-même, et utiliser sincèrement au mieux cette dynamique orgueil - humilité, pour qu'au final notre vie soit la plus réussie spirituellement parlant.

<--->

[ on a vu qu'idéalement on doit avoir : avant d'agir (de l'orgueil), et après (de l'humilité).
Le yétser ara peut inverser les choses en faisant :
- après la mitsva = de l'orgueil : je suis quelque de si important que la mitsva, ma prière, n'est jamais assez bonne. Cela entraîne une démotivation, une tristesse, lors de la prochaine mitsva. On sera alors rempli d'humilité déplacée : je ne vaux rien, je suis mauvais.
En ce sens, le rav Avraham Kook (Orot haTéchouva 16,7) écrit :
"Lorsqu'une personne est trop dure envers elle-même et ne s'attarde que sur le mal, elle risque de ne pas voir le bien dans sa vie, ce qui peut provoquer le désespoir".

Alors que normalement, on devrait avoir de l'orgueil selon la notion de "saméa'h bé'heklo.
Le Alchikh haKadoch (Vézot haBéra'ha 33,23) déclare : "L'un des traits positifs d'une personne est de se réjouir de sa part (ce que lui accorde Hachem à la fois matériellement, mais aussi spirituellement - saméa'h bé'helko). Celui qui a atteint ce niveau, et dont le désir est satisfait même avec le peu qu'il a, méritera qu'Hachem fasse encore davantage preuve de bonté à son égard."
On doit être "saméa'h bé'helko" = même au niveau spirituel on doit savoir être content de notre sort, des capacités spirituelles que D. nous octroie. Même si on accomplit très peu par rapport à d'autres, qu'on prie très mal par rapport à d'autres, et bien si on fait de notre mieux à l'instant actuel, alors on peut se réjouir car on fait au mieux de ce qu'Hachem attend de nous.

Ensuite, on doit être humble = on doit aspirer/prier à pouvoir faire davantage. Un juif ne peut se contenter de sa situation, il doit aspirer au fond de lui à tendre vers le niveau d'Avraham. ]

<--->

-> L'humilité c'est d'abord prendre conscience et apprécier la grandeur des capacités dont Hachem nous a gratifiés, et ensuite agir en responsabilité avec, du mieux que nous pouvons.

Dans la paracha Bo, Hachem donne la première mitsva au peuple juif : le kidouch ha'Hodech (sanctification du nouveau mois).
À l’époque du Temple, dès que deux témoins apercevaient un mince croissant de la nouvelle lune, ils couraient vers le Sanhédrin à Jérusalem et témoignaient qu’ils l’avaient vue. Ensuite, les juges sanctifiaient le nouveau mois en proclamant : "Mékoudach, mékoudach, mékoudach" (3 fois : c’est saint!).

De même, chaque fois que nous constatons une petite mitsva que nous avons accomplie, nous devrions courir vers Hachem avec une grande joie et Le remercier pour l’incroyable mérite d’avoir accompli cette mitsva. Malgré toutes ses imperfections, qui sont l’équivalent de l’éclipse de la lune au début du mois, la moindre parcelle de bonté dans la mitsva que nous avons accomplie brille de mille feux, et cela suffit pour que nous puissions dire : "Mékoudach" (nous avons la sainteté en nous!).
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Hachkamat HaBoker 1 ]

La plus grande cause de malheur pour une personne, ce qui permet aux anges du mal (sous leur aspect dit masculin et féminin) Samaël et Lilith (la Matriarche de tout mal - avta bichta) d'avoir le contrôle sur une personne [en l'impactant négativement], est l'orgueil (car ces anges partagent également le trait de caractère de l'orgueil).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Noa'h 10,7]

L’orgueil de reconnaître sa grandeur interne

+ L'orgueil de reconnaître sa grandeur interne :

-> Il existe un type d'orgueil qui est permis, et il est bon pour une personne d'être orgueilleuse en tant que telle ... Nos âmes proviennent d'une source Supérieure et sont incroyablement précieuses. Cependant, elles sont éloignées et diminuées de leur honneur dans ce monde-ci ...
Si une personne oublie qu'elle est un fils du Roi des rois et se considère comme étant au niveau de son incarnation terrestre, alors elle se comportera en conséquence ...
Elle a l'obligation de se rappeler constamment qu'elle est un fils d'un Roi grand et merveilleux ...
A cet égard, nous sommes trop humbles et nous ne nous soucions pas de notre honneur ni de celui de nos âmes ... Nous nous vautrons dans la boue et la futilité du matérialisme ...
Nous devrions dire que nous sommes les fils du Roi des Rois et qu'il ne sied pas à notre honneur de nous comporter comme les autres nations ... Ce type d'arrogance est permis, car c'est l'orgueil que désire Hachem.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach - partie 1, drouch 15 ]

-> Lorsque la Torah écrit : "Vous êtes les enfants [d'Hachem]" (Réé 14,1), ce n'est pas une exagération, mais plutôt vous êtes réellement au niveau de Ses enfants ...
Un tel niveau merveilleux est présent en chaque juif, et il oblige toute sa conduite ...
Néanmoins, une personne ne reconnaît généralement pas son incroyable importance ; elle se considère selon son humilité, à la fois parce qu'elle en est plus proche en raison de sa nature physique et parce qu'elle a développé cette tendance par habitude, du fait de son éducation ...
Par conséquent, elle est naturellement humble et dégradée à ses propres yeux.
Ce faisant, elle se diminue encore davantage ...
Une personne est tenue de contempler et de reconnaître sa grande importance inhérente ... Plus elle augmente cette reconnaissance, plus son importance grandit et augmente, et c'est un facteur fondamental qui lui permet de rectifier ses actions plus que toute autre chose.
En reconnaissant son importance, elle réfléchira toujours à la question de savoir si une telle action lui convient et lui est appropriée, et elle s'abstiendra de toute action ou comportement qui ne correspond pas à l'honneur de son importance.
[rav Aharon Kotler - Michnat Rabbi Aharon - vol.1 ]

-> Tout comme une personne doit croire en Hachem, elle doit également croire en elle-même. Cela signifie que Hachem s'intéresse à elle et que ses actions ne sont pas négligeables ...
Il faut avoir confiance que son âme provient de la source de toute vie, Hachem, et que Hachem éprouve du plaisir lorsqu'elle accomplit Sa volonté.
[rav Tsadok haCohen - Tsidkat Hatsadik n°154]

-> Même une personne entièrement racha, s'il lui était garanti qu'elle finirait par connaître Hachem et se rapprocher de Lui, accepterait avec joie l'amertume de la Torah, avec toutes ses barrières et ses limites.
Cependant, elle abandonne tout espoir, pensant que dans son état actuel, elle n'est pas une tsadik, et dit donc : "Je suivrai les désirs de mon cœur".
['Hatam Sofer - drachot - p.268 ]

-> Par le biais de la bonté, en se tournant vers la bonté, en se jugeant favorablement et en trouvant en soi toute trace de bonté qui subsiste, on peut trouver Hachem en permanence, et on "ne chancellera pas, pour toujours" (Téhilim 125,1).
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Hachkamat Haboker 1:5 ]

<--->

-> La plus grande faute que puisse commettre un juif est d'oublier qu'il fait partie de la famille royale, fils du Roi des rois, car en faisant cela il quitte son piédestal et se dirige alors vers des fautes toujours plus graves."
[Rabbi Moché de Kobrin]

-> Un jour, après avoir été accueillie chaleureusement par le rav Moché Chmouël Shapira, une personne a a dit : "Je ne suis qu’un simple juif ..."
Le rav Shapira lui a alors répondu en tremblant : "Un simple juif est une chose qui n’existe pas! Savez-vous ce que signifie être juif?
Je vais vous montrer ce qu’être juif implique : je me lève en votre honneur car vous êtes un juif!"
Et le rav Shapira s’est levé de toute sa hauteur et lui a serré dignement la main.

<--->

-> Si, D. nous en préserve, une personne est humble à l'égard des mitsvot d'Hachem et dit : "Quelle importance mes actions ont-elles pour Hachem?", c'est une hérésie.
Au contraire, en ce qui concerne les mitsvot d'Hachem, une personne doit dire : "Mon acte d'accomplir la volonté d'Hachem est important aux yeux du Créateur, et Il tire du plaisir de mes actions!" ...
Comme le dit le Zohar (III,7b) : "Israël soutient son Père céleste". Soutenir équivaut à apporter du plaisir à Hachem.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Ekev ]

-> Et maintenant, je vais vous montrer certaines des stratégies que le yétser ara cherche à employer, comme le disent nos Sages (Kidouchin 30b) : "Le yétser ara d'une personne se renouvelle chaque jour, comme il est dit : "Rien que le mal, toute la journée" (Béréchit 6:5) ...
Il semble que le yétser ara n'incite pas du tout une personne à commettre le mal. Il lui montre plutôt que toute son étude de la Torah et toute l'accomplissement des mitsvot n'ont rien de bon, et qu'il n'est "que mal, tout au long du jour". C'est ainsi qu'il domine l'homme.
[rav 'Haïm de Volozhin - Néfech Ha'Haïm - chap.8 ]

-> "J'ai réfléchi à mes voies, et je reviendrai sur mes pas vers Tes décrets" (Téhilim 119,59).
Il convient qu'une personne se renforce [dans la croyance] que ses actions (petites comme grandes) sont importantes et agréables devant Hachem. Ce faisant, elle chérit et améliore encore davantage ses bonnes actions.
En revanche, si elle se considère comme éloignée d'Hachem et ses actions comme insignifiantes à Ses yeux, puisqu'elles n'étaient pas d'une pureté absolue, elle pourrait alors s'éloigner véritablement de Hachem sans fin.
C'est le conseil du yétser ara, comme il est écrit : "Ne sois pas excessivement méchant (racha)" (Kohélet 7,17). C'est le sens de "J'ai réfléchi à mes voies", c'est-à-dire qu'en disant que mes voies sont considérables [importantes et appréciées] aux yeux d'Hachem, j'ai l'espoir de "revenir sur mes pas vers Tes décrets" et de m'élever chaque fois plus haut.
[rabbi Mendel Ména'hem de Kotzk - Emet véEmouna - p.85 ]

-> Une personne sage qui connaît la valeur de son âme ne la vendra pas pour un moment de plaisir éphémère.
Cela peut être comparé à deux personnes qui possédaient chacune une pierre précieuse. Celle qui connaissait la valeur de sa pierre la traitait comme la prunelle de ses yeux, tandis que celle qui n'en connaissait pas la valeur la vendait pour une tranche de pain.
De même, les insensés ne ressentent pas la valeur de leur âme et se livrent donc à la faute.
Cependant, celui qui est sensible à la grandeur de son âme la protégera.
[Réchit 'Hokhma - Shaar ha'Anava 6,6 ]

-> J'ai entendu mon maître, le Baal Shem Tov, dire qu'une humilité excessive éloigne une personne du service d'Hachem. En raison de son sentiment d'infériorité, elle ne croit pas que la Torah et les prières d'un mortel puissent avoir un impact sur tous les mondes ...
Si elle y croyait, avec quelle joie il servirait Hachem! Elle ferait attention à chaque lettre, chaque voyelle et chaque mot pour les prononcer agréablement ...
Une personne devrait faire attention et se considérer comme "une échelle plantée sur le sol dont le sommet atteint le ciel" (Vayétsé 28,12), ce qui signifie que tous ses mouvements, ses paroles et ses actions ont un impact en-Haut. Alors, elle fera certainement attention à tout ce qu'elle fait.
[Toldot Yaakov Yossef - parachat Ekev ]

<--->

-> Quand une personne se considère comme insuffisante et insignifiante, une [action] péjorative (comme une avéra) ne lui semblera pas trop grave.
[Rambam - Pérouch HaMichnayot - Pirké Avot 2,13 ]

-> Lorsque Hachem ordonne à Moché de nommer Yéhochoua comme son bras droit, Il dit à Moché :
"Et donne-lui des instructions devant eux" (vétsivita oto lééné'ém - Pin'has 27,19). Rachi (citant Sifri) explique que Hachem voulait que Moché donne des instructions à Yéhochoua concernant le peuple juif en disant : "Sache qu'ils sont difficiles ; ils sont têtus (prompts à se rebeller), ainsi accepte cette mission en connaissance de cause".
Le Ramban n'est pas d'accord avec cette interprétation, car si Moché avait dit cela "lééné'ém" (לְעֵינֵיהֶם), en présence du peuple juif, cela les aurait amenés à se débarrasser du joug de la Torah.
En d'autres termes, le Ramban estime qu'insulter le peuple juif en face leur donnerait une perception négative d'eux-mêmes et les amènerait à fauter.

De même, le Tiféret Shlomo (Shabbath Na'hamou) décrit comment, en exil, le cœur du peuple juif s'est découragé, avec le sentiment : "Qu'est-ce que Shadaï pour que nous le servions? Et à quoi cela servira-t-il de le prier?" (Iyov 21,15).
C'est pourquoi la première étape des prophètes pour consoler le peuple juif consiste à leur montrer que Hachem est avec eux en toutes circonstances et qu'Il entend toujours leurs prières.

-> "Et son cœur s'éleva dans la voie d'Hachem" (Divré Hayamim II 17,6).
Celui qui s'élève dans la voie d'Hachem se fortifie pour grandir constamment.
[Gaon de Vilna - Divré Hayamim II 17,63 ]
[en ce sens, il est nécessaire de régulièrement renforcer sa grande valeur en tant que juif, pour viser des hauteurs spirituelles, plutôt que de se contenter de peu car croyant à tort être un être humain quelconque. ]

-> Il n'est pas surprenant que les avré'him ne s'élèvent pas au-dessus de leur simple niveau ; c'est parce qu'ils ne considèrent pas leurs réalisations comme significatives. (ex: en appréciant sa valeur, en s'encourageant)
[Beit Aharon ]

-> Lorsque Rav Shlomo Zalman Auerbach parlait du pouvoir de l'encouragement, il racontait ce qu'il avait entendu du rav Aryeh Levine. Lorsque le Ben Ich 'Haï reçut un exemplaire de Lechem Shémo Véa'hlama, longtemps après sa publication, il fit tout son possible pour admirer le livre à sa juste valeur.
Il souhaitait remercier l'auteur du Léchem pour son livre, il demanda donc à l'un de ses élèves de revêtir ses habits du Shabbat et de se rendre à Jérusalem pour le remercier.
Lorsque le Léchem raconta cette histoire au rav Aryeh Levine, celui-ci se mit à pleurer.
Il dit que s'il avait su immédiatement après la publication du livre que son œuvre était si importante et que le monde la désirait, il aurait publié d'autres volumes. Cependant, il était déjà âgé et n'avait plus l'énergie nécessaire pour écrire un autre livre.
Nous voyons ainsi que même un ange d'Hachem comme le Léchem avait besoin d'encouragements. Si tel est le cas, à combien plus forte raison les gens simples.
[Chiko Mamtakim - vol.1 - p. 199 ]

<--->

-> Chacun doit dire : "Le monde a été créé pour moi." [guémara Sanhédrin 37a]
Rachi explique : "Je suis aussi important que le monde entier. Je ne me retirerai pas du monde avec une seule faute."

-> Le Nétivot Shalom explique le verset "Mon fils, ne sois pas dégoûté par la réprimande d'Hachem" (moussar Hachem béni al tim'as - Michlé 3,11) comme signifiant : "La réprimande d'Hachem (moussar Hachem) est : "tu es mon fils (béni), donc ne sois pas répugnant (al tim'as)"."
Cela signifie que nous devons reconnaître que nous sommes les enfants du Roi et nous abstenir de tout comportement indigne d'une telle royauté.
[Rabbénou Yona (Avot 3,14) enseigne également en ce sens. ]

-> Une personne au service de [Hachem] doit reconnaître sa [réelle] valeur, ses forces, les forces de ses ancêtres, ainsi que leur grandeur et leur importance devant le Créateur.
Elle doit essayer de se renforcer et de se comporter constamment à ce niveau ...
Quand elle désire quelque chose et qu'elle est tentée de se livrer à un comportement inapproprié ... elle doit se dire : "Une personne aussi grande et importante que moi, dotée d'une grandeur aussi élevée et merveilleuse, fils de grands personnages et fils de rois, comment pourrais-je commettre un acte aussi mauvais et fauter contre Hachem et mes Patriarches tous les jours de ma vie?"
[Rabbénou Yona - Chaaé haAvoda ]

-> "Dis à la maison de Yaakov" : cela fait référence aux femmes ; "Et dis aux fils d'Israël" : cela fait référence aux hommes (Yitro 19,3 - Rachi).
Le Baal Hatourim écrit que, puisque la Torah a honoré les femmes en les mentionnant en premier, elles n'ont pas été tentées d'enlever leurs bijoux pour former le Veau d'or.
Il est possible que cela signifie que, puisque les femmes étaient élevées (grandes) à leurs propres yeux, elles n'ont pas commis de péché.
[Guilyon Shémouat HaLévi ]

-> "Il faut toujours opposer son yétser tov à son yétser ara. Si on y parvient, tant mieux ; sinon, on doit se plonger dans la Torah". Si on y parvient, tant mieux ; sinon, on doit réciter la kriat Shéma. Si on y parvient, tant mieux ; sinon, on doit se souvenir du jour de notre mort" (guémara Béra'hot 5a).
Tous ces remèdes sont dans un ordre précis. Si vous passez immédiatement au dernier remède, celui de vous souvenir du jour de votre mort, cela ne vous aidera en rien. Au contraire, vous en viendrez à dire : "Laissez-moi manger et boire, car je mourrai demain!" Tout comme Essav a dit : "Je vais mourir, à quoi me sert mon droit d'aînesse?" (Toldot 25,32).
[rav Eliyahou Lopian - Lev Eliyahou - vol.1, p.255 ]

[Bien que l'interprétation simple de ce passage soit qu'il faut se plonger dans l'étude de la Torah, le Méiri comprend qu'il s'agit de s'engager dans toutes les mitsvot contenues dans la Torah.
Le Méiri explique que cela ne fait pas référence à la simple récitation de la kriat Shéma, mais plutôt à la contemplation de l'unicité et de l'essence de Hachem. ]

<--->

-> "Ne réprimande pas un moqueur, de peur qu'il ne te haïsse ; réprimande un sage, et il t'aimera" (Michlé 9,8).
Cela signifie qu'il ne faut pas réprimander son ami de manière dégradante, en le traitant de moqueur ou de voyou, car il n'acceptera pas ta réprimande. Au contraire, dis-lui qu'il est sage et [que] se comporter ainsi est indigne de lui.
C'est le sens de "réprimande une personne sage". Cela signifie : fais de lui une personne sage (que tu le vois d'abord positivement). Alors il t'aimera, écoutera tes paroles et acceptera ta réprimande.
[Chlah Hakadoch - Kédochim - Torah Ohr n°19 ]

-> Celui qui réprimande doit le faire avec des mots agréables. Cela signifie qu'il doit dire à chaque juif quelles sont ses qualités et d'où provient son âme, car en vérité, l'âme juive provient du Trône de Gloire.
[Et dites-leur] combien le Créateur se réjouit des mitsvot de chaque juif ... Cela élèvera l'âme juive de plus en plus haut ...
Une personne [qui réprimande de cette manière] est digne d'être un leader pour le peuple juif.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - 'Houkat 20,8-12 ]

-> Le Baal Shem Tov avertissait souvent de ne pas réprimander les juifs pour leurs fautes, mais plutôt de louer leurs qualités et leur grandeur, et naturellement, ils s'éloigneraient de la faute et s'accrocheraient à un mode de vie positif.
[cela est valable vis-à-vis d'autrui et aussi par moment avec soi-même. ]

-> Ils ont dit que lorsque Aharon HaCohen sentait qu'une personne était mauvaise (racha) à l'intérieur, ou que les gens lui disaient qu'elle était mauvaise à l'intérieur et qu'elle avait commis des fautes, il la saluait paisiblement, lui témoignait de l'amour et lui parlait abondamment.
La personne devenait alors gênée et disait : "Malheur à moi, si seulement Aharon savait ce qui se cache dans mon cœur et la méchanceté de mes actions, il ne se permettrait même pas de me regarder, et il ne me parlerait certainement pas!
Cependant, de son point de vue, je suis une personne honnête. Je vais donc accepter ses paroles et ses pensées, et je vais revenir sur le droit chemin."
Elle devenait alors l'une des disciples qui apprenaient auprès de lui [Aharon].
[Rambam - Pérouch HaMichnayot - Avot 1,12 ]

-> La Iguéret léYedid suggère qu'Avraham a utilisé une tactique similaire lorsqu'il prêchait le monothéisme au monde. Lorsqu'il recevait des invités, il courait à leur rencontre et les traitait avec le plus grand respect ; il leur offrait des mets délicats et prenait grand soin d'eux. Lorsque ses invités voyaient le respect avec lequel Avraham les traitait, ils ressentaient une grande confiance en leur capacité à mieux se comporter, à aller à l'encontre de leur nature et à croire en Hachem.

Un bon orgueil

+ Un bon orgueil :

-> L'orgueil, l'arrogance, est un péché capital dans l'éthique religieuse en général. Il existe néanmoins un "bon orgueil", dont il est dit "son cœur était élevé (fier) dans les voies d'Hachem" (II Divré Hayamim 16,6).
Cet orgueil n'est pas préjudiciable à l'idéal d'humilité, mais elle le soutient et le renforce ('Hovot Halévovot - chaar Hakeniya - chap.9).
C'est la fierté en Hachem et en la Torah, qui conduit ainsi au service de D. et à l'accomplissement des mitsvot, alors que l'humilité négative est répugnante à ceux-ci (voir Kéter Shem Tov, sect.68 & 393).

[nos Sages parlent de : "gaava dikédoucha", un orgueil de sainteté (puisqu'il nous pousse à agir pour avoir davantage de sainteté, spiritualité). ]

<--->

-> En général, il convient de choisir une voie médiane (le "juste milieu"). En ce qui concerne l'orgueil et la colère, cependant, il faut s'en éloigner le plus possible.
Ces deux traits de caractère équivalent à de l'idolâtrie (Hilkhot Déot 2,3).
L'orgueil positif évoqué dans la section précédente ne contredit pas ce principe : il n'est pas personnalisé, c'est-à-dire qu'il ne s'agit pas d'estime de soi, mais exclusivement de la gloire d'Hachem.

En ce sens, le Baal Shem Tov enseigne que :
"L'orgueil purifie ce qui est souillé et souille ce qui est pur" : un faux sentiment d'humilité, se dire "je ne suis pas digne d'approcher Hachem", souille, car il vous empêche de remplir vos obligations . Mais il est surmonté (ce qui nous purifie) par l'orgueil de "son cœur est orgueilleux dans les voies d'Hachem".
[l'orgueil à priori (avant d'accomplir une mitsva), ou dans un but de regarder dans son sac de mitsvot (en étant fier, orgueilleux, et ayant de l'estime spirituelle de nous!) pour se renforcer dans un moment de faiblesse, pour se renforcer face aux tentations du monde environnant, aux faiblesses de la nature humaine, ... Tout cela est nécessaire pour vaincre notre yétser ara et allant de l'avant au mieux de nous-même. (lui à l'inverse il prône une humilité immobilisante, un manque de confiance spirituelle ...) ]

D'autre part, celui qui semble pur et qui remplit ses obligations est souillé par son orgueil, par l'autosatisfaction et l'estime de soi dans son service d'Hachem.
[on parle d'un orgueil à postériori (postérieur aux mitsvot) qui vient alimenter notre égo dans un but non nécessaire spirituellement (se renforcer pour agir davantage).
L'idée est qu'il y a un équilibre à trouver en fonction des moments, comme l'idée qu'on a 2 poches, une affirmant que le monde n'a été créé que pour moi (quelle personne grandiose je suis, tout le monde doit être à mes pieds d'exister grâce à moi!), et l'autre disant que je ne suis rien (même pas poussière, sans Hachem qui me donne la vie, la force, ... à chaque seconde). ]
[Kéter Shem Tov, sect.393 ]

<--->

-> Hachem déclare à propos de toute personne orgueilleuse : "Moi et lui, nous ne pouvons cohabiter dans le monde" ; comme il est dit : « Je ne peux supporter celui qui a les yeux hautains et le cœur orgueilleux" (Téhilim 101,5)" [guémara Sotah 5a ].

Le Baal Shem Tov enseigne que ce passage prouve que l'orgueil est pire qu'une faute flagrante : de toutes les formes de faute et d'impureté, il est dit "Qui demeure avec eux au milieu de leur impureté" (A'haré Mot 16,16 ; c'est-à-dire que la Chékhina reste parmi eux malgré leur contamination spirituelle ; Yoma 56b).
Cependant, à propos des orgueilleux et des arrogants, il est dit : "Lui et moi ne pouvons cohabiter dans le monde".
[cité par rabbi Yaakov Yossef de Polnoy - Tsafnat Panéa'h - Yitro ]

-> L'orgueil, même la moindre pensée à ce sujet, est une problème très grave ...
Avec l'orgueil, on cause donc une grave souillure en-Haut et on "repousse les pieds de la Chékhina", comme il est écrit : "Quiconque a le cœur orgueilleux est en abomination pour Hachem" (Michlé 16,5).
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 92 ]

<--->

-> Un érudit de la Torah représente l'honneur de la Torah. Pour lui-même, il doit être humble, comme tout le monde. Mais en même temps, il doit aussi se souvenir de ce qu'il représente et se comporter en conséquence (voir Maïmonide, Hilchot Déot - chap.5 ; et cf. Hilkhot Talmud Torah 6,10 & 12).
Dans ce contexte, il doit manifester (extérieurement - cf. Rambam - Hilkhot Déot 1,4-5 et 2,3) un minimum d'orgueil, c'est-à-dire "un huitième d'un huitième".
[cette quantité symbolique est choisie parce qu'elle représente le contenu du plus petit instrument de mesure dans la Halakha (Tossafot - Roch Hachana 13a) ]

[à l'image d'une personne qui porte un séfer Torah et dont tout le monde lui témoigne tout d'un coup beaucoup de considérations, d'honneur.
De même, tout l'orgueil est pour cette Torah (non l'égo de la personne), et pour le principe qu'une chose considérée comme grande a plus de chance d'entrer profondément en nous car elle davantage de valeur/importance à nos yeux. ]

Fausse humilité

+ Fausse humilité :

-> L'orgueil est un mauvais trait de caractère, à tel point qu'Hachem dit : "Je ne peux pas être proche d'une personne orgueilleuse".
L'humilité est considérée comme l'une des plus belles qualités qui soient. Parmi toutes les grandes qualités et attributs de Moché, la Torah n'en retient qu'une seule : il était la personne la plus humble qui ait jamais vécu.

Bien que cela soit vrai, nous devons nous méfier extrêmement d'un sentiment de fausse humilité. Le yétser ara qui nous pousse à être orgueilleux est le même que celui qui nous pousse à croire que nous ne sommes pas capables de réussir [spirituellement] et que nous ne pourrons jamais contribuer à la société.

C'est cette préoccupation qui a conduit Moché à ajouter la lettre youd au nom de Yéhochoua, avant qu'il ne parte avec les 11 autres espions pour explorer le pays de Canaan.
Moché savait que son élève Yéhochoua était extrêmement humble. Et il craignait que le yétser ara ne s'en nourrisse et ne conduise Yéhochoua à croire qu'il n'avait pas la capacité de tenir tête aux espions s'ils revenaient avec un rapport négatif sur le pays.
[ rav Yonathan Eibshitz - Magen Ha'Elef ]

<--->

-> Comment pouvons-nous discerner si ce que nous ressentons est un véritable sentiment d'humilité ou une fausse humilité?
Si ce que vous ressentez vous pousse à agir, alors vous savez que votre humilité est réelle et sincère.
Comme ce fut le cas pour Moché, qui était l'être humain le plus humble, mais il a tenu tête au Pharaon, le dirigeant le plus puissant de l'époque, et il a résisté à la révolte de Kora'h.
Si, cependant, l'humilité vous empêche de prendre position ou de vous atteler à la tâche, sachez que l'humilité que vous ressentez provient de votre yétser ara et qu'il s'agit d'un sentiment négatif qui doit être éradiqué.
[rav Yaakov Barber ]

Seul celui qui croit ne rien mériter peut recevoir un don gratuit d’Hachem

+ Seul celui qui croit ne rien mériter peut recevoir un don gratuit d'Hachem :

"Et j'ai imploré (Vaét'hanan - וָאֶתְחַנַּן) Hachem à ce moment-là en disant" (Vaét'hanan 3,23)

-> Rachi dit que le mot : 'hinoun (חִנּוּן) implique toujours l'idée de "matnat 'hinam" (un don gratuit).

-> Le séfer Sifté Tsadik cite son grand-père, le 'Hidouché Harim :
Il affirme qu'il existe un "otsar" (salle de trésor) au Ciel pour chaque entité de ce monde, et que le plus grand otsar est celui du "matnat 'hinam".
La question qui se pose est la suivante : si tout ce qui se trouve dans cet otsar est un "don gratuit", pourquoi chacun ne peut-il pas en tirer ce qu'il veut?

Il répond que seuls ceux qui reconnaissent ne rien mériter d'Hachem sont autorisés à en tirer quelque chose, et que tout ce qu'Il leur donne est, en réalité, un "don gratuit".
Quiconque pense mériter quelque chose en raison de ses mitsvot ne peut rien recevoir comme "matnat 'hinam".

Quand on est humble, nos prières sont exaucées ... et puissantes.
[le rabbi de Ropshitz ]

S’enorgueillir de notre âme divine

+ S'enorgueillir de notre âme divine :

Nous devons prendre conscience que nous (les juifs) sommes des enfants de la royauté. Nous possédons une âme divine (une partie d'Hachem!) qui vient d'un endroit très élevé au ciel (beaucoup plus élevé que celle des non juifs) et qui descend dans notre corps. Et puisque nous sommes les enfants du Roi, nous devons agir en conséquence.

La maladie qui afflige tant de gens de notre génération est que nous avons oublié [l'incroyable grandeur] d'un élément nous composant : notre âme.
C'est pourquoi nous ne voyons aucun problème à nous avilir dans toutes sortes de comportements inappropriés.
Chaque juif doit toujours être fier de son statut particulier.
Et bien que l'orgueil soit l'antithèse de l'effort spirituel, la fierté qui découle de la connaissance que nous avons une âme divine doit être encouragée.
C'est ce qui nous protège de nous contenter de simplement suivre le reste de la société.
[ d'après le rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,15 ]