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Juger son prochain favorablement

+++ Juger son prochain favorablement :

+ "Bétsédek tichpot amité'ha" = Juge ton prochain avec droiture (Paracha Kédochim 19,15)

La Guémara Chevouot 30a explique ce passage = Juge ton prochain favorablement.
Rachi = le texte ne parle pas d'un jugement au tribunal mais d'un homme qui verrait son prochain accomplir un acte que l'on peut interpréter positivement ou comme une avéra : 'qu'il l'interprète positivement et ne soupçonne pas la avéra'.

Cette mitsva s'appelle : "Ladoune lékaf zé'hout" = juger son prochain du côté favorable.

Selon le Rambam = c'est une des mitsvot de la Torah les plus difficiles à appliquer car la nature humaine tend souvent à s'y opposer!
Cependant, c'est une faute grave que de juger négativement et le fait de soupçonner une personne cachère est l'un des interdits dont la Téchouva est impossible (car il est dur de se rappeler de tous ses mauvais jugements et de les remettre en cause).

S'agissant d'une mitsva de la Torah (d'après de nombreux décisionnaires), il vaut mieux avoir jugé notre prochain favorablement et découvrir ensuite qu'en fait, il avait fauté.
Ainsi, nous aurons accompli la mitsva et gagné par notre attitude un mérite extraordinaire.

En effet, il est connu que == "Celui qui juge son prochain favorablement [mesure pour mesure], qu'On le Juge ainsi dans le tribunal céleste" et inversement, celui qui est pointilleux sur le comportement de ses semblables, mérite que l'On soit pointilleux avec lui dans le tribunal céleste (que D. nous en préserve!).

+ On apprend cette mitsva (Juger autrui du "côté méritoire") dans la paracha Kédochim, qui débute par : "Soyez kédochim (élevés/saints) car je suis Kadoch (élevé/saint)."

Ceci est étonnant car c'est l'une des parachiyot qui contient le plus de mitsvot entre l'homme et son prochain (ben adam la'havéro), alors qu'on aurait pu penser que l'acquisition de la sainteté devrait plutôt passer par l'observance des lois entre l'homme et D. (ben adam laMakom).

On en apprend que notre élévation spirituelle est étroitement liée à notre comportement avec nos semblables!

La relation avec notre prochain demande peut-être encore plus d'efforts et de travail que notre relation avec D.

En effet, avec D. nous sommes des "receveurs" et avec autrui, il faut faire preuve de beaucoup d'humilité et de bonne volonté car chacun veut imposer sa volonté et s'élever au-dessus de l'autre.
[Il est facile de juger l'autre négativement, le rabaissant pour mieux se valoriser et se dire qu'on est quelqu'un.
Mais, être prêt à renoncer à ce besoin de se sentir meilleur, afin de donner de l'honneur à autrui, c'est nettement plus dur!]

+ Le Rav Dov Yafé = lorsque que l'on cherche un objet précieux/de valeur que l'on a perdu, on va le chercher et le rechercher dans tous les coins pour le retrouver.
A plus forte raison, l'honneur de notre prochain doit être tellement précieux à nos yeux, qu'on cherchera toutes les possibilités/cheminements pour le juger favorablement.

+ Guémara Shabbath 127a = "Juger son prochain favorablement fait partie des mitsvot qui donnent à celui qui les accomplit un salaire sur terre, tout en lui laissant son capital intact pour le monde futur".

+ Quelques conseils = peut-être qu'il est en droit d'agir ainsi, peut-être qu'il ignore que c'est interdit, peut-être qu'il n'est pas conscient de la gravité de son acte, peut-être qu'il nous manque des éléments (circonstances atténuantes, contexte particulier,...)

Tâchons d'appliquer le verset = "Ne juge pas ton prochain avant d'arriver à sa place!" (Avot 20-5)

+ Le 'Hafets 'Haïm a écrit :
Voici que l'homme doit énormément se renforcer dans la mida (qualité) de juger son prochain favorablement, car c'est par cette mida que l'on peut acquérir le titre de tsadik (juste) ou par son absence celui de racha (impie), aux yeux de D., et pour l'éternité.

Qu'est-ce qui permet à un homme de mériter que D. le juge avec indulgence et non avec rigueur?

== l'indulgence que lui-même aura eu en faveur de son prochain.

D. juge une personne de la même manière qu'elle-même juge les bné Israël.

Le 'Hafets 'Haïm conclut en disant : "que l'Homme sache qu'au moment même, où il s'occupe de trouver les points positifs ou les justifications des actes de son prochain (ou le contraire), il prépare son propre jugement."
[Chmirat halachone - Chaar atvouna chap.4]

+ A SAVOIR :
Cette mitsva (juger favorablement) s'applique seulement à une pensée.
A partir du moment où nous exprimons notre jugement verbalement, nous transgressons des interdits bien plus graves, tels que le lachon ara (médisance) ou la ré'hilout (colportage).

La Torah distingue 3 catégories de personnes :
- le talmid 'ha'ham = le vrai érudit possédant beaucoup de crainte de D.
Il devra être jugé favorablement dans tous les cas, même si une situation laisse penser qu'il a commis une faute, il faudra essayer (dans la mesure du possible) d'interpréter son acte comme une chose permise.

D'ailleurs la Guémara béra'hot 19a va jusqu'à dire = "si tu as vu un Talmid 'ha'ham accomplir une vraie faute la nuit, ne le suspecte pas un instant le lendemain, car il a déjà fait téchouva".

[Le Rav Outner dit que ce n'est pas une coïncidence si dans la amida la bénédiction qui suit celle de la Sagesse de la Torah est celle de la Téchouva (où nous disons : "ramène-nous, notre Père, vers ta Torah" car la Torah nous ramèneras de façon certaine vers D.).
En effet, la Torah que le vrai érudit étudie quotidiennement, a la propriété de ramener vers le bien immédiatement.]

- le "bénoni" = l'homme moyen, qui, en règle générale, fait attention à ne pas trop fauter.
Nous avons une obligation de faire pencher notre jugement du côté du mérite seulement si son acte est neutre (= il peut être interprété de manière positive ou de manière négative).

Si son acte penche plutôt vers la faute, il n'y a pas d'obligation de l'interpréter positivement.
Il est tout de même conseillé de lui accorder le bénéfice du doute et de ne pas le considérer comme un impie (racha) en notre for intérieur.

Celui qui veut appliquer cette mitsva avec une mesure de piété supplémentaire, pourra juger l'homme moyen favorablement même dans ce cas.

- le vrai Racha = l'impie notoire = celui qui a l'habitude de "fauter" même en connaissance de l'interdit.
Il devra être jugé défavorablement car il est interdit de juger favorablement un homme qui peut entraîner ou influencer des juifs à fauter.

[Le 'Hazon Ich explique qu'il n'y a plus de "réchaïm" aujourd'hui chez les juifs, même parmi les personnes les moins pratiquantes de notre peuple]

Dans tous les cas, si j'ai le droit de penser qu'il est "coupable" et que je dois me méfier de lui, je n'ai pas le droit de le haïr, de me venger ou de faire de la médisance (lachon ara) sur lui [sauf sous 6 conditions détaillées dans le 'Hafets 'Haïm].

Au contraire, à l'image de D., je dois espérer et prier pour qu'il fasse Téchouva et revienne sur le bon chemin.

Source (b"h) : compilation du livre : "la Mitsva et son histoire" de C. et J.Hagège

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-> "Celui qui ne reconnaît pas les bontés de son prochain en viendra à ne pas reconnaître les bontés de D."

[midrach haGadol - chémot 1,8]

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+ A savoir :
1°/ Lorsque l'on juge quelqu'un favorablement, on attire ce même jugement sur nous-mêmes.
Le Baal Chem Tov explique que lorsque l'on veut juger d'en-Haut la faute d'un homme, on le place dans une situation où il verra son ami faire cette même faute et on observe de quelle façon il jugera celui-ci.
De la même façon qu'il jugera son prochain, on le jugera d'en-Haut sur cette faute : s'il l'a jugé avec rigueur, lui-même sera jugé avec rigueur et s'il l'a jugé favorablement, il sera jugé favorablement.
Le 'Hafets 'Haïm (Chmirat haLachone) d'écrire :
"Si son habitude était de juger favorablement, il sera jugé de la même façon, mais si son habitude était d'accuser ses semblables et de parler d'eux négativement, les anges aussi parleront de lui négativement.
Il faut donc que l'homme soit vigilant sur ses pensées parce qu'au moment où il juge son ami, ses décrets peuvent se retourner contre lui."
=> Il en ressort que les sentences que nous décrétons à l'égard des autres nous sont en fait destinées!
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Le Baal Chem Tov enseigne que lorsqu'une personne meurt, son âme monte dans le tribunal d'en-Haut, et elle doit y subir un jugement.
On lui monde la vidéo de toutes ses années de vie.
Chaque action, chaque mot et chaque pensée passent devant ses yeux. Tout est très réel et clair.
Alors, on demande à cette personne de juger tout ce qu'elle a vu, déterminant ainsi son propre verdict.

On est dans le monde de Vérité et on ne peut y dire que la vérité.

Si durant sa vie cette personne était habituée à juger autrui favorablement, alors son âme va automatiquement n'avoir que des choses favorables à dire, même concernant ses méfaits.

Mais si elle était habituée à critiquer et condamner les actions de autres, alors elle va se juger elle même d'une façon identique.

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2°/ La mystique juive nous enseigne que le Satan ne peut accuser quelqu'un sans témoin et lorsque nous jugeons quelqu'un défavorablement, nous nous associons au Satan sans le savoir puisqu'il utilisera notre témoignage.
Le Baal Chem écrit à ce sujet :
"Lorsque le Satan veut accuser un enfant d'Israël devant Hachem, D. le fait taire en demandant qu'il y ait 2 témoins.
Mais lorsqu'un juif interprète les actes de son ami négativement, ne serait-ce que par la pensée, il réjouit le Satan, car il a trouvé un témoin et son accusation sera acceptée.
Par cet acte, il s'associe au Satan pour accuser son ami".
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-> Rabbi Aharon Rokéa'h habitait en plein centre de Tel Aviv et, de son appartement, on entendait le Shabbath les bruits des voitures passer au-dehors.
Il disait : "Mazal Tov! C'est certainement une femme qui doit accoucher qu'on conduit à l'hôpital en voiture!"
Un Shabbath, un bruit retentissant de moteur s'est fait entendre : un camion semi-remorque passait sous ses fenêtres.
Comme à son habitude, Rabbi Aharon a dit : "Mazal Tov!", mais les personnes présentes ont répliqué : "Mais c'est un camion qui passe!"
Le Rabbi leur a répondu : "Et si le chauffeur n'a pas de voiture, il doit laisser sa femme à la maison?"

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-> Lorsque nous jugeons autrui favorablement, cela l'inspire à changer [positivement].
[rabbi Na'hman de Breslev]

"Personne ne se voyait l'un l'autre ; personne ne quitta sa place pendant 3 jours". (Bo  10;23)

Selon le 'Hidouchei HaRim = les pires ténèbres sont celles où l'homme refuse de voir son prochain souffrir et de l'aider.
Quand l'homme ignore la détresse de son prochain, lui-même devient incapable de quitter sa place.

Source (b"h) : le livre "Mayana chel Torah" du Rav Alexander Zoucha Friedman

La mitsva d’aimer son prochain

+++ La mitsva d'aimer son prochain :

+ Il est écrit : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Éternel" (Vayikra 19;18)

== c'est un devoir pour chaque juif d'aimer son prochain comme soi-même.
Selon nos Sages = ne fais pas à autrui, ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse.
Rabbi Akiva (dans le Sifra) = "c'est là un grand klal (principe général) de la Torah", voulant dire par là que de très nombreux commandements et lois en dépendent.
Le Rambam (Hil'hot Téchouva) compte cette faute parmi celles qui peuvent compromettre notre part au monde futur.

Celui qui dans ses relations avec son prochain recherche la paix, l'amitié malgré les épreuves et les conflits d'intérêts, celui qui se réjouit du succès de son ami et de son bonheur, comme du sien, appliquent véritablement ce commandement.

== Par ailleurs, quel rapport y a t-il entre cette injonction (aimer son prochain comme soi-même) et les mots 'Je suis l’Éternel'?

Nos Sages expliquent : si tu ne trouves pas de raison pour aimer ton prochain, aime-le car Je suis D. ; tel un homme qui demanderait à son ami : "aime mon fils, fais-le pour moi".

La valeur numérique du mot : aava (amour) = 13 = valeur numérique du mot : é'had (un)
En effet, l'amour pour chaque juif (sans exception) n'est possible que si nous prenons conscience que nous sommes tous unis par les liens de parenté = enfants de D. (comme le dit le verset : "Tu es mon fils aîné Israël").

Lorsqu'il y a union et amour dans notre peuple, la présence divine repose alors sur nous.
En effet, si l'on additionne : 13 (un) + 13 (amour) = 26 = valeur numérique du nom de D. dans son attribut de bonté.

Le Rav Moché Feinstein remarque que la valeur numérique des mots "tu aimeras ton prochain comme toi-même" = à celle du verset : "Tu aimeras Hachem' = valeur de 820.

+ Le 'Hida explique que l'amour entre les juifs adoucit la rigueur divine.
Il remarque que la valeur numérique de 'kamo'ha' (comme toi-même) = 86 = celle du mot 'Elokim' (nom de D. dans son attribut de justice).
=== ainsi, lorsqu'un juif parvient à aimer son prochain "comme lui-même", il transforme le nom de D. dans son attribut de justice par le nom de D. dans son attribut de bonté (אֲנִי יְהוָה) [Passage de la justice à la bonté!]

+ D'après le Rambam, la mitsva d'aimer son prochain est la 32e mitsva de la paracha Kédochim.
La valeur numérique du mot lév (cœur) est aussi de 32, signe que pour accomplir cette mitsva au mieux, il faut y mettre le meilleur de son cœur.

+ Le Rav Dessler explique que l'amour est engendré par le fait de donner (acte facilement réalisable).
En effet, lorsque l'on fait du bien à l'autre (matériellement, moralement, ...), c'est comme si on lui donnait un peu de nous-même et on finit par retrouver en lui cette part de nous-même.

+ Le Rav Moché Luzzato (Messilat Yécharim) écrit : "Aimer son prochain comme soi-même sans aucune différence découle d'une identification totale avec lui, de cœur et d'âme".

+ Le Rav Dessler a écrit (Mikhtav MiEliyahou 4;5) : "Les âmes de toute l'humanité sont reliées et se reconnaissent.
Leurs vies émanent d'une même racine spirituelle et par conséquent, elles dépendent toutes les unes des autres".

+ Avant de prier, le Ari zal enseigne qu'il faut absolument recevoir sur soit la mitsva "d'aimer son prochain comme soi-même" et d'aimer tout Israël comme son âme, et ce afin que nos prières puissent s'élever et venir devant D.
Cet enseignement lui était tellement cher qu'il est inscrit sur sa propre tombe à Tsfat, encore accessible aujourd'hui.

+ Guémara Yébamot 79a = "Ce peuple [Israël] se distingue par 3 caractéristiques : la modestie, la compassion et le fait de prodiguer des bontés (le 'hessed).
Celui qui ne les possède pas ne mérite pas d'être rattaché à ce peuple".

Source (b"h) : compilation des livres : "la Mitsva et son histoire" de C. et J.Hagège + "la pensée positive" de Sarah Yossef (belle-fille du Rav Ovadia Yossef)

Donner, donner … l’amour vous le rendra !!

+ Donner, donner ... l'amour vous le rendra !!

"Si tu désires t'attacher à ton prochain, prodigue-lui tes bontés!"

[Déré'h Erets Zouta - 82]

Rav Dessler (Mikhtav MiElyahou) enseigne que l'amour est la conséquence du don.
Il explique = "L'homme s'attache aux fruits de son travail, car il ressent qu'une partie de son Moi s'y trouve".

Le rav Dessler de dire très joliment : "Lorsque l'homme donne, il cède un peu de sa personne et il en vient à aimer celui à qui il donne, puisqu'il se retrouve chez l'autre un peu de lui-même" ]

=> Plus on se donne à autrui, plus on y investit une partie de soi, plus on aime son prochain comme soi-même!

A l'inverse, comme l'affirme le roi Salomon : "celui qui possède 100, veut 200 et celui qui obtient 200 aspire à acquérir 400".

Ainsi, plus on attend d'autrui, plus on est dans une situation d'éternel insatisfait.
S'investir physiquement et émotionnellement pour autrui (ses enfants, sa femme, ses parents, son prochain, ...), c'est la seule façon de les aimer/d'y être attaché avec une intensité toujours plus forte.

Source : adaptation personnelle (b"h) d'un commentaire issu du livre : "La femme Juive" de Sarah Hassan

Garder le silence pour préserver la paix

+ Garder le silence pour préserver la paix :

- La Rabbanite 'Haya Rivka Shinlzon affirmait que l'on apprend un enseignement important de la dernière phrase de la Amida : "Osé Shalom" (Celui qui fait régner la paix ...), que l'on prononce après avoir reculé de 3 pas et en se penchant vers l'avant.
En effet, de la même manière, il faut se plier et reculer en arrière en faveur de la paix!!

- La Rabbanite Kanievsky disait toujours : "Lors d'un différend ou d'une dispute, la plus infime des concessions de notre part a le pouvoir d'engendrer de grandes délivrances!
N'est-il pas écrit que le monde ne se maintient que par le mérite de celui qui se tait au moment d'une dispute!"

- Le Rabbi Its'hak Zilberstein conseille à une personne offensée : "Qu'elle s'isole dans un coin (de la maison) et dise "Que ce soit Ta volonté [D.] que le silence que je garde soit considéré à Tes yeux comme un grand acte et qu'il me nettoie de mes fautes", car je supporte cette peine pour me plier à ce que Tu as ordonné dans Ta Torah : "les personnes humiliées n'humilient pas en retour, elles subissent l'humiliation et ne répondent pas" et au sujet de ces personnes, Tu as écrit : "Ceux qui aiment D. rayonneront comme le soleil dans sa gloire " (Choftim 5;31)".

=== Qu'avons-nous à gagner à répondre sur le coup de la colère/l'humiliation, à part mettre de l'huile sur le feu?
Au contraire, (même si c'est très dur) agissons selon la volonté de D., et au-delà d'une pluie de bénédictions qui nous est promise, nous pouvons espérer que notre réponse puisse trouver écho dans un climat apaisé et constructif.

Source : adaptation et compilation personnelle (b"h) du livre : "La femme Juive" de Sarah Hassan

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-> b'h, également : http://todahm.com/2020/09/21/15207-2

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-> Les gens pensent que la grande dignité de l'homme est d'avoir le pouvoir de s'exprimer. Et moi, je pense que le pouvoir de l'écoute est plus précieux que tout le reste.
[rabbi Naftali de Ropshitz]

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-> "Je n'ai rien trouvé de plus salutaire que le silence" (Pirké Avot 1,17)

-> "Si le silence convient bien aux sages, à plus forte raison aux insensés" (guémara Pessa'him 99a)

-> "Le monde ne se maintient que grâce à celui qui se tait au moment d'une querelle" ('Houlin 81a)

-> "De même qu'il est une mitsva de dire ce qui peut être entendu, de même il est une mitsva de ne pas dire ce qui ne peut être entendu et il vaut mieux se taire" (guémara Yébamot 64b)

-> "Le meilleur remède à toute chose est le silence ... un mot vaut un séla, le silence en vaut deux" (guémara Méguila 18a)

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-> Les lèvres qui restent fermées et s'abstiennent de dire du lachon ara finiront pas donner de bonnes réponses aux questions concernant la Torah.
Si comme l'affirme la guémara (Arakhin 15a), le lachon ara est parmi les fautes les plus graves du judaïsme, alors certainement le fait de fermer ses lèvres [plutôt que de dire du lachon ara] peut être classé parmi les plus grandes mitsvot.
Aucune bénédiction n'est récitée lorsque l'on prend seulement la arava à Hochana Rabba (guémara Soucca 44b) [au moment de la frapper au sol]. De cela, nous pouvons apprendre que parfois rester silencieux est aussi efficace que parler des mots de Torah.
[Sfat Emet - 5654]

[le Sfat Emet y développe également qu'à Souccot en prenant la arava (qui représente les lèvres) avec les autres Espèces cela fait allusion au pouvoir de bouger nos lèvres, de parler (ex: paroles de Torah, d'encouragement à autrui, ...) et lorsque nous ne prenons à Hochana Rabba la arava seulement , cela fait allusion à l'importance de fermer nos lèvres, d'être silencieux.
Il ajoute que parfois cette dernière attitude peut être plus efficace que la première.]

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-> Le trait de caractère le plus bénéfique est le silence.
[Rabbénou Yona ; Méïri]

-> Avant de parler, je suis maître de mes mots ... une fois que les mots sortent de ma bouche, ils me dominent.
[rav Yéhouda ha'Hassid]

-> Le 'Hazon Ich disait : "Il y a des gens qui savent parler, mais je sais garder le silence, et c'est encore plus difficile que de parler."

-> Que le fait de dépenser ton argent soit plus facile à tes yeux que le fait de dépenser tes mots.
[Roch - Or'hot 'Haïm]

-> Le silence est une grande compétence ... ce n'est que dans la solitude que l'âme et l'esprit développent leur force.
[rav Shlomo Wolbe]
[en sachant se taire, on permet à son intériorité, à son âme, de prendre le dessus et de se prospérer sous être étouffer par la matérialité, par nos pulsions égocentriques (ex: souvent en parlant c'est motivé par un sentiment inconscient de vouloir extérieur [j'ai de l'importance aux yeux des autres], au détriment de vrai soi-même).]

-> Le Déré'h 'Haïm développe cette idée :
le corps physique et l'intellect ne peuvent s'activer en même temps. Ainsi, si la faculté physique de verbaliser une idée est active, alors l'intellect méditatif est inactif.

-> De même le Ohr Torah enseigne :
lorsque vous êtes un donneur, vous ne pouvez pas être un récepteur.
Lorsque vous parlez et partagez avec les autres, vous êtes un donneur.
Lorsque vous êtes silencieux, vous pouvez recueillir l'inspiration qui vous est envoyée.

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+ Le silence est d'or :

-> Rabbi Yaacov Galinski nous enseigne :
"Il est écrit dans la guémara (Kidouchin 71a), que les familles les plus nobles venaient de Babel. Elle ajoute (Kidouchin 71b) : Tous ceux qui parlaient le babylonien avaient des propositions de mariage', car on les tenait pour venant de Babel. Mais maintenant, il y a des gens malhonnêtes qui apprennent le babylonien pour qu'on les prenne pour des nobles, ce n'est donc plus une preuve.
La guémara demande donc 'Comment trouver une épouse? et elle répond : 'Ceux qui se taisent quand il y a conflit sont tenus pour des gens de bien.

Cependant, si les gens malhonnêtes sont prêts à apprendre une langue et à imiter l'accent babylonien pour être considérés comme nobles, ne seront-ils pas aussi prêts à se taire? N'est-il pas plus difficile d'apprendre une langue étrangère que de se taire?

La réponse est que, bien sûr, ils voudront se taire. Mais ils n'en seront pas capables!
Car il est sans conteste plus difficile de se taire. On n'en est capable que si on y a été éduqué, dans une famille de noble extraction, et qu'on a continué dans ce chemin."

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-> "Quel est le rôle de l'homme sur Terre? Être comme muet" (guémara 'Houlin 89a)
Le rav Yaakov Galinski commente : "Comme ce rôle est difficile, mais comme il est important et profitable!"

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-> Le rav Shlomo Zalman Auerbach a dit :
Sache que lorsqu'on rend la pareille, l'autre redouble ses coups, et la dispute s'amplifie sans cesse. Mieux vaut verrouiller sa bouche lors du conflit. Ainsi, l'adversaire n'aura rien à répondre, et petit à petit le volcan s'éteindra, et la dispute sera oubliée ...

J'ai entendu, au nom d'un grand homme, une explication du Téhilim (47,38) : "Et moi, tel un sourd je n'entendrai pas, et tel un muet il n'ouvrira pas sa bouche".
Ce Téhilim n'est pas correct grammaticalement. Il commence à la première personne, "Je n'entendrai pas", et devrait se terminer selon la même construction, Je n'ouvrirai pas ma bouche'. Cela vient nous enseigner que si l'une des parties se tait, adoptant l'attitude de "tel un sourd je n'entendrai pas" alors l'autre partie agira de façon similaire, et "tel un muet il n'ouvrira pas sa bouche".

Avoir un visage rayonnant …

+ Avoir un visage rayonnant ...

1°/ "Un homme qui offre à son ami les plus beaux cadeaux du monde en affichant toutefois un visage triste est considéré comme ne lui ayant rien donné.
Tandis que celui qui accueille son ami d'un visage rayonnant, même s'il ne lui a rien donné, est considéré comme lui ayant offert les plus beaux cadeaux du monde!"
(Rabbi Nathan)

 

2°/ Rabbi Avigdor Miller note que l'un des attributs divins consiste à faire rayonner Sa face vers l'homme (cf. bénédiction des Cohanim : "Que D. fasse rayonner Sa face vers toi et te soit bienveillant" - bamidbar 6;25).

Nos Sages nous enseignent que ce rayonnement de la face de D. sur l'homme lui procure la bénédiction, la réussite et la protection (cf. dans la amida : "Car à la lumière de Ta face Tu nous a donné, H. notre D., la Torah et la vie, l'amour et le 'Hesséd, la Tsédaka et la miséricorde, la bénédiction et la paix.")

Rav Miller demande : "Si le rayonnement de la face de D. vers l'homme procure à celui-ci la bénédiction, qu'en est-il de l'homme qui reçoit son prochain d'un visage rayonnant?

Le Rav répond : "De la même manière, nous pouvons affirmer qu'un homme apporte à son prochain la bénédiction lorsqu'il l'accueille d'un visage rayonnant!"

 

3°/ "Accueille TOUT homme d'un visage rayonnant" (Chamaï - Pirké avot 1;15)

Rav Avigdor Miller éveille notre attention sur l'utilisation du mot "tout" (kol), qui englobe surtout la personne qu'il ne nous est pas agréable de rencontrer, comme celle qui est orgueilleuse, morose, grincheuse ou bien repoussante!

Il n'est pas méritoire de sourire aux gens aimables/affables et joviaux, cela Chamaï n'a pas besoin de nous l'enjoindre ...

De même, le Rabbi Its'hak Blazer (dans son Nétivot Or) souligne qu'il n'y a rien de difficile à sourire à son prochain lorsque l'on se trouve soi-même dans un état d'esprit joyeux et satisfait.
Cependant, lorsque l'on est triste ou stressé, et que notre visage reflète le mauvais sentiment qui nous tourmente, accueillir son prochain d'un visage joyeux nécessitera le déploiement d'efforts surhumains pour dominer nos émotions!

 

Source : compilation personnelle (b"h) du livre : "La femme Juive" de Sarah Hassan

Vous fatiguez D. par vos paroles

+ "Vous fatiguez D. par vos paroles" (Mala'hi 2;17)

Les Sages commentent ce verset :
"D. a dit : J'ai créé le Ciel et la terre, et cela ne M'a pas fatigué, ainsi qu'il est dit : "Il n'est ni fatigué, ni lassé" (Yéchaya 40;28).
Quand est-ce que Je suis fatigué? [dit D.]
= Quand vous parlez pour rien, quand vous dites des paroles inacceptables."

D. a façonné tous les membres de l'homme selon les besoins et dans un but précis.
Quand l'homme ne tient pas compte de ce but et transforme le bien en mal dans le domaine du langage, cela provoque de la peine pour D. de constater qu'il fait exactement le contraire de Sa volonté, au lieu d'en profiter pour améliorer son âme, générer du bien.

Source : le "Torat haBayit" (chapitre 2) du 'Hafets 'Haïm

Les grands de notre génération en Torah

+ Les grands de notre génération en Torah :
= ils ont "la tête au ciel mais les pieds sur terre!"
= ils ont "la tête qui est au ciel mais pas sur le compte de ce qui se passe sur terre".

Rav Rabinovits de Hongrie, lors de la 2e guerre mondiale, fut embarqué avec ses frères dans un train de déportation vers Auschwitz.
Au moment où le train se mit en branle, il sortit la tête de la lucarne pour crier à ceux qui restaient : "Je vous en prie! Donnez à manger à mes poules. Elles n'ont rien eu à picorer depuis hier!"
== Il est emporté vers la mort avec toute sa famille et il n'oublie pas la peine de l'autre, en l’occurrence des poules !!!

 

Source :  issu du livre "Binéoth Déché" du Rav David Chaoul Greenfel