Vous ne volerez point …

« Vous ne volerez point. » (Kédochim 19,11)

b »h, illustrons ce verset avec quelques histoires/exemples de nos Sages …

1°/ On raconte que le Rav Isser Zalman Meltser (l’auteur du Even Haézer), marchait une fois dans les rues de Sloutsk (en Biélorussie), dont il était le Rav, aux abords d’un bâtiment en construction.
Perdu dans ses pensées, il fonça tout droit dans un bac à chaux.
Quelle fut sa réaction?

Plutôt que de s’apitoyer sur ses vêtements et ses chaussures maculés de tâches, il se désola en pensant aux quelques centilitres de chaux, dont il avait privé l’entrepreneur …
Mettant de côté, la prestigieuse position qu’il occupait, il ne quitta pas le chantier avant d’avoir mis la main sur l’entrepreneur, l’avoir dédommagé de sa « perte », et lui avoir présenté ses plus plates excuses …

2°/ Un élève du ‘Hafets ‘Haïm raconte qu’un jour, il devait se rendre à Varsovie, et le ‘Hafets ‘Haïm l’appela pour lui demander : « Pourrais-tu remettre cette lettre à Untel qui habite dans cette ville? »
L’élève répondis par l’affirmative et pris la lettre.
Le ‘Hafets ‘Haïm prit alors l’enveloppe, décolla le timbre et … le déchira!

L’élève stupéfait, demanda : « Pourquoi déchirez-vous le timbre? »
Et son maître de répondre : « Parce que je ne veux pas voler la poste.
Par le fait que je te délègue ses services, je lui fais perdre de l’argent. »

3°/ Des heures durant, le ‘Hafets ‘Haïm (1838 – 1933) restait penché sur sa table pour vérifier chacun de ses livres après leur reliure.
Il observait alors soigneusement chaque page, et chaque couverture.
Si le volume lui paraissait complet et sans défaut, il inscrivait au crayon, sur la page de garde, la mention : « contrôlé ».
Et lorsqu’il trouvait une page mal imprimée, altérée, déchirée ou maculée, il apposait un morceau de papier sur l’endroit défectueux, et le rapportait à l’imprimeur afin qu’il remédie au problème.

Il lui expliquait alors aimablement que le prix de l’ouvrage ayant été fixé, celui qui l’acquérait s’attendait à recevoir un volume entier et sans anomalie.
Or, la valeur d’un livre détérioré s’en trouve réduite.
Vendre celui-ci à son prix fixe sans avoir réparé son défaut est donc constitutif de vol …

4°/ Selon l’habitude en cours dans les shetls, le ‘Hafets ‘Haïm avait une vache, au lait de laquelle sa famille s’abreuvait, et qu’il surveillait avec la plus grande vigilance afin qu’elle ne s’échappe pas de son domaine, et n’aille pas causer de dégâts chez les autres.

En 1865, ayant été appelé à diriger la yéchiva de Veislischok, il quitta temporairement Radin (où resta sa famille), pour se vouer à cette fonction qu’il assuma pendant quelques années.
Il correspondait alors avec son épouse, et lui faisait parvenir ses lettres par les voituriers locaux.

Un jour, un des cochers, ne put maîtriser sa curiosité, et ouvrit une lettre adressé par le saint homme à sa femme …
Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il découvrit que le ‘Hafets ‘Haïm y priait son épouse de ne pas laisser sortir leur vache dans les rues de la ville, les jours de marché, car de nombreuses voitures de non-juifs y circulaient, et risquait d’y perdre un peu de paille préparée par les propriétaires à l’intention de leurs bêtes.
Ce qu’elle prenait ainsi, valait certainement moins d’une perouta.
Mais comme, il ne fallait pas compter sur le fait que les victimes leurs pardonnent ce vols, le Maître et son épouse risquaient de se rendre coupable de vol!

[de plus, comme le dit la Tossefta sur la guémara (Baba Kama 10;8) : « Voler un non-juif est plus grave que voler un juif, en raison de la profanation du nom divin qui en résulte. »]

5°/ On raconte que’un homme se rendit un jour chez le Gaon Rav Yaakov Israël Kaniewsky (auteur du Kéhilot Yaakov), et aperçut une lettre qui devait vraisemblablement être photocopiée.

Le visiteur déclara : « Je dispose d’une photocopieuse sur mon lieu de travail.
Si le Rav le souhaite, je pourrai photocopier la lettre en m’y rendant demain. »

Ébranlé par cette proposition, le Rav Kaniewsky répliqua : « As-tu demandé la permission à ton patron?
Ne sais-tu pas qu’utiliser cette photocopieuse à des fins autres que ton travail serait du vol à l’état pur! »

6°/ Ayant besoin d’une feuille de papier lors d’une réunion de rabbins, le ‘Hafets ‘Haïm a demandé à l’Admor de Loubavitch, s’il pouvait prendre la sienne. L’admor de lui répondre : « Bien sûr! ».

Le ‘Hafets ‘Haïm a voulu le payer, mais l’Admor a refusé : « Ce n’est pas la peine. C’est une simple feuille de papier. »

Le ‘Hafets ‘Haïm lui a répondu : « Sachez que le vol d’une feuille de papier comme celle-ci peut créer un ange destructeur capable de brûler toute la ville de Varsovie! »

7°/ Une fois, aux bains publics, le ‘Hafets ‘Haïm a vu une personne utilisant un objet appartenant à quelqu’un d’autre.

Le ‘Hafets ‘Haïm est allé le voir et lui a chuchoté : « Une personne qui se lave avec une chose qui ne lui appartient pas, finit plus sale que lorsqu’elle a commencé. »

Source (b »h) : le « Pniné haTorah » du Rav David Haddad + le « binéoth déché » du rav David Chaoul Greenfeld + le « Talelé Oroth » du Rav Yssa’har Dov Rubin

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+ A propos du vol :

-> Le Méam Loez (Vayikra 1,17) écrit :
Le prophète dit : « Celui qui amasse illégalement sa richesse la perdra au milieu de ses jours, et finira par être un sot. » (Yirmiyahou 17,11).
Ce verset désigne l’homme qui amasse des biens par le vol ou la malhonnêteté.
Sa richesse ne restera pas en sa possession, mais sera perdue.
De plus, dans l’autre monde, son âme descendra du lieu saint où elle se trouvait avant son arrivée sur terre car elle ne méritera pas d’entrer dans le domaine de Hachem. Elle errera sans mériter de repos.

Le seul qui puisse entrer dans le domaine de D. au monde futur est l’homme innocent de tout vol, comme le dit le roi David : « Qui montera sur la montagne de D. et qui se tiendra sur Son lieu saint? Celui aux mains propres et au cœur pur » (Téhilim 24,3-4).
Le roi David nous révèle que seule la personne dont les mains ne sont pas tâchées par le vol sera autorisée à pénétrer dans le domaine de D.

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-> Le Méam Loez (Emor 23,26-32) enseigne :
L’une des fautes les plus graves est le vol.
La prière d’un voleur est détestable aux yeux de Hachem.

Les mammifères sont entièrement consumés sur l’autel [en tant que sacrifices], mais Hachem nous a ordonné d’ôter l’appareil digestif d’un oiseau avant de l’offrir (Vayikra 1,16) car les volatiles mangent de la nourriture volée.

Cela doit nous servir de leçon [la prière remplaçant les sacrifices]. Il faut savoir que les prières d’un hommes ayant un objet volé en sa possession ne sont pas acceptées.
Dans le monde à venir, il sera écarté et ne jouira pas de l’éclat de la Présence Divine.

Bien que la génération de Noa’h fût coupable de nombreux péchés, le décret du déluge fut scellé à cause du vol.
[…]

Il est interdit de voler un juif comme un non-juif, serait-il idolâtre.
Sous de nombreux aspects, voler un non-juif est pire que de voler un juif car il s’agit, outre le vol, d’une profanation du Nom de D. (‘hiloul Hachem).
Le racha en viendra à maudire la religion juive et à mépriser les juifs.
La Torah nous interdit donc de voler même un non-juif.

Si un homme trompe un non-juif, l’ange gardien de la nation de laquelle le non-juif appartient se tient en Haut et le dénonce devant Hachem.
Un décret est alors scellé et les bienfaits Divins destinés au voleur sont remis à l’ange gardien de ce peuple. Cette nation s’empare donc d’un bénéfice qui était assigné à Israël et le voleur est laissé sans aucun bienfait.

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rak kol26. Tous unique, tous unis!

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