Faire honte à autrui …

+ Faire honte à autrui …

–> Dans les pirké avot (3,11), il est écrit : « Rabbi Elazar de Modi’in dit : Celui qui … fait blêmir la face de son prochain en public, … même s’il a à son actif Torah et bonnes actions, il n’a pas part au monde à venir. »
[combien est dure, voir impossible la repentance à ce sujet … ]

–> Selon Rabbi Chimon bar Yo’haï : « il vaut mieux se jeter dans une fournaise ardente que de faire blêmir son prochain en public.  »
Il le déduit de Tamar, la belle-fille de Yéhouda, qui s’est montrée prête à être brûlée pour ne pas faire honte à Yéhouda . [Béréchit 38 ;25]

–> Selon Rav Na’hman bar Yits’hak, celui qui fait honte à son prochain en public est comparable à un meurtrier, puisque le sang de l’offensé se retire de son visage, qui vire au blanc.
Rabbi ‘Hanina déclare : « 3 pécheurs descendent en enfer et n’en remontent jamais : celui qui commet un adultère, celui qui humilie autrui en public et celui qui donne à autrui un surnom moqueur (même si la personne s’est habituée à ce surnom et n’en est plus humiliée, cela reste une faute très grave). »
[Guémara Baba Métsia 58b]

-> Le Alshikh haKadoch dit : En faisant honte à autrui, le sang n’est pas versé à l’extérieur, mais à l’intérieur de l’homme lui-même, et on verse beaucoup de sang.

-> Rabbi Yéhouda haNassi (Kad haKéma’h) enseigne :
« Il vaut mieux pour un homme ne jamais être né plutôt que de se trouver confronté aux 7 choses suivantes : 1°/ voir mourir son enfant pendant sa vie ; 2°/ dépendre de la charité publique ; 3°/ mourir d’une mort violente ; 4°/ être sous la domination d’autrui ; 5°/ oublier ce que l’on a appris ; 6°/ souffrir et n’avoir personne pour s’occuper de soi ; 7°/ faire honte à son prochain en public. Mieux vaut mourir que de faire cela. »

–> Un jour, Rabbi Yéhouda haNassi sentit une forte odeur d’ail pendant son cours.
Il dit à ses élèves : « Que celui qui a mangé de l’ail sorte. »
Rabbi ‘Hiya, son éminent disciple, se leva et sortit … suivi des autres élèves.

Le lendemain, Rabbi Chimon, fils de Rabbi Yéhouda haNassi rencontre Rabbi ‘Hiya, et lui demanda : « Pourquoi as-tu incommodé mon père ? »
Rabbi ‘Hiya lui répondit : « A D. ne plaise. Il ne saurait y avoir une chose pareille en Israël.
Ce n’est pas moi qui avais mangé de l’ail ; je ne suis sorti que pour éviter une humiliation au vrai coupable.
Et, même, si le cours a été annulé, parce que tous les autres élèves sont sortis derrière moi, il est préférable qu’il en soit ainsi, plutôt qu’un juif soit humilié. »
[Guémara Sahnédrin 11a – Maharcha]

–> Un vendredi soir, le Rav Israël Salanter goûta la soupe qui lui avait été servie par ses hôtes, et prétextant une grande faim, il avala tout le contenu de la soupière.

Par la suite, il expliqua à l’élève qui l’accompagnait :
« La soupe avait une odeur de pétrole. J’ai compris que dans sa précipitation, la cuisinière avait ajouté du pétrole dans la soupe à la place de l’huile.
Je savais que le maître de maison allait la réprimander vertement, et peut-être même la renvoyer, s’il se rendait compte de cette négligence.
J’ai eu pitié d’elle, et j’ai préféré « m’humilier » publiquement en mangeant toute la soupe, pour que son erreur reste inconnue de tous.

–> Un Shabbath, le jour d’anniversaire du décès de son père, Rabbi Israël Salanter devait tenir le rôle d’officant à la prière de Moussaf.
A la surprise générale, il bredouilla et bégaya à plusieurs reprises.

Quand son élève l’interrogea à ce sujet, il s’expliqua :
« A la prière de Cha’harit, tout le monde s’est moqué des grosses erreurs de lecture de l’officiant ; j’ai fait volontairement quelques erreurs pour que sa honte soit moins cuisante. »

–> Une personne invitée pour un repas chez un rav, a fait tomber par maladresse son verre à terre, qui s’est alors cassé.
Immédiatement, le rav a joué la comédie, en faisant lui aussi tomber son verre par maladroitesse, afin d’éviter tout sentiment de honte à son invité …

<———–>

+ Celui qui mérite d’éviter toute sa vie de faire honte à autrui, Hachem le délivrera de tout malheur, et il engendra des enfants droits.
C’est ce qui est arrivé à Tamar : par le mérite d’avoir pris le risque d’être livrée au feu pour ne pas faire honte à Yéhouda, elle a engendré des rois et des prophètes.
[Ménorat haMaor]

<——->

-> Qu’est-ce qui est un meurtre qui ne se voit pas et dont le châtiment est très grand, dont la faute est légère et grave?

C’est la honte : celui qui fait honte à autrui en public ou le fait souffrir devant quelqu’un si bien qu’il a honte, c’est comme s’il le tuait. En effet, il accepterait [plutôt] la mort pour qu’on ne lui fasse pas honte.
[Séfer ‘Hassidim – 54]

<——–>

-> b’h, divré Torah – Vayéchev à ce sujet : http://todahm.com/2018/12/09/7722

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code