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La circoncision

+ La circoncision :

-> Tout homme se doit de circoncire ses fils. Le judaïsme repose tout entier sur cette mitsva fondamentale de la Torah.
[...]

La récompense relative à ce précepte est immense.
On nous enseigne que des anges prennent le sang [de la circoncision] et le conservent dans un endroit spécial.
Lorsque D. se met en colère contre son peuple, Il contemple ce sang et son courroux s'apaise.
[...]

Le midrach rapporte que Hachem promit à Avraham d'épargner du Guéhinam (purgatoire) tous ses descendants circoncis.
Avraham veille [dans le monde à venir] à ce qu'aucun de ses descendants portant le signe de l'alliance (brit mila) ne soit frappé par ce châtiment Divin.

Cependant, quand un individu donne libre cours à ses penchants, pèche et meurt sans se repentir, des anges viennent et lui remettent un prépuce.
Il est alors à nouveau incirconcis et conduit au Guéhinam.
Avraham ne lui vient pas en aide puisqu'il n'est plus circoncis.
[...]

Bien que D. créa l'homme circoncis, Il le façonna avec un prépuce qui doit être retiré.
C'est pourquoi l'homme vient au monde avec un défaut, et dès qu'il l'efface de son corps, il peut modifier les défauts de son âme.
[Grâce à la circoncision,] L'homme est libre de choisir le bien et de ne pas pécher. [Séfer ha'Hinoukh]
[...]

Les commandements (mitsvot) révèlent l'amour que D. porte à Israël.
S'il nous avait demandé de circoncire nos enfants à l'âge de 3 ans ou à 13 ans lors de leur bar mitsva, le père et le fils auraient souffert.
Mais D. promulgua ses mitsvot pour notre bien afin de nous permettre d'accéder au monde à venir.
Les dispositions Divines sont telles que la douleur est infime, et la récompense immense. [Ralbag - Tazria]
[...]

Le fait d'être Sandak (celui qui tient l'enfant pendant la circoncision) est extrêmement important ...
Sous bien des aspects, le Sandak est plus important que le Mohel.
Les genoux du Sandak sont comparés à un autel et l'acte de tenir l'enfant représente l'offrande des encens à Hachem.
[...]

Hachem envoie sa bénédiction à Israël uniquement grâce au mérite de la circoncision. (d'après le Zohar)

Dès que le père porte son fils à la circoncision, D. réunit les anges et dit : "Voyez quel peuple loyal j'ai sur la terre."
Alors le prophète Eliyahou, en 4 battements d'ailes majestueux, vient assister à la cérémonie.
C'est pourquoi, on lui prépare une chaise en son honneur, et après y avoir placé le bébé, on annonce : "Voici le trône du prophète Eliyahou, ange de l'alliance, d'heureuse mémoire" (zé akissé chél Eliyahou haNavi, mal'akh abérit za'hour latov).
Si on omet cette phrase, Eliyahou haNavi n'assiste pas à la cérémonie.

La raison de la présence d'Eliyahou haNavi à chaque circoncision repose sur le fait qu'il parla contre les juifs, et dit : "Les enfants d'Israël ont abandonner Ton alliance" (Mala'him I 19,10).
Hachem pour le punir, l'oblige depuis lors, à assister à chaque circoncision, afin qu'il constate avec qu'elle joie les juifs accomplissent ce précepte.

S'il en est ainsi, comment peut-on affirmer que le prophète Eliyahou n'y assiste pas si l'annonce appropriée n'est pas prononcée?
En réalité, Eliyahou haNavi n'est pas tenu de s'associer à chaque circoncision.
Il lui suffit d'en être le témoin et de se tenir à l'écart.
Mais quiconque désire sa présence dans sa maison, doit dire : "Voici le trône du prophète Eliyahou", et alors il vient et s'assoie sur sa chaise.

[Méam Loez - Lé'h Lé'ha 17,9-14]

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+ Qui effectua la circoncision d'Avraham?

-> A l'aube du 10 Tichri 2040 (de la Création), Avraham âgé de 99 ans fut circoncis.

Il y a différents avis :
1°/ Il effectua lui-même l'opération et souffrit extrêmement du fait de son grand âge. Hachem l'assista afin que sa récompense soit double.

2°/ Selon une autre opinion, Avraham et Ichmaël furent circoncis par Chèm, le fils de Noa'h.

3°/ D'autres affirment qu'Avraham se saisit du couteau pour se circoncire, mais comme ses mains tremblaient, il renonça.
Alors Hachem se saisit du couteau et acheva l'opération.
C'est pourquoi, il est écrit : "[D.] trancha l'alliance avec lui" (Né'hémia 9,8).

[Méam Loez - Lé'h Lé'ha 23,24]

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+ "En ce même jour fut circoncis Avraham, ainsi qu'Ichmaël son fils, et tous les gens de sa maison, nés chez lui ou achetés à prix d'argent, furent circoncis en même temps" (Lé'h Lé'ha 17,25-27)

-> Avraham commença par circoncire tous les hommes, puis seulement après, il le fit sur lui-même.
S'il avait fait l'inverse, il aurait été trop faible pour mener à terme cette tâche.

Ces prépuces furent laissés au soleil, se décomposèrent et dégagèrent une odeur nauséabonde.
Pour D., ces effluves étaient pareils au plus précieux des encens.
Hachem promis à Avraham : "Chaque fois que tes descendants pécheront, je me souviendrai de ces prépuces et je leurs pardonnerai".

[Avraham se trouvait à Jérusalem lorsqu'il effectua ces circoncisions,] et le grand autel fut érigé exactement à l'emplacement où furent déposés ces prépuces.

[Cet événement eut lieu un Yom Kippour.] C'est pourquoi à chaque Yom Kippour, D. contemple le sang de ces circoncisions et quand les juifs se repentent sincèrement, il pardonne leurs péchés.

[Méam Loez - Lé'h Lé'ha 17,25-27]

" Avraham l'Hébreu (a'ivri - הָעִבְרִי)" (Lé'h Lé'ha 14,13)

-> "ha'Ivri" = celui qui se tient de l'autre côté (de : évér - cf. Rachi).
Même si l'ensemble du monde se tient avec une vision de ce qu'il faut faire dans la vie, les juifs (a'ivri) se tiennent solidement de l'autre côté, fidèles à la Volonté de D.

-> Le Divré Yé'hezkel (le rabbi de Shiniava) commente ce verset :
"Le mot "Ivrim" (hébreux) est dérivé du verbe : "avar" (passer).
Pourquoi les juifs sont-ils appelés : "Ivrim" (Hébreux)?

Un juif doit savoir que ce monde n'est rien d'autre qu'un passage vers le monde futur.
Nous ne sommes que des gens en transit, nous déplaçant d'un monde [éphémère] à l'autre [éternel].
Rappelez-vous, la chose principale est le monde futur."

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-> Pourquoi Hachem s’appelle-t-Il "le D. des Hébreux"?
Le mot "ivri" (hébreu) vient de avar (le passé). Israël ne ressemble pas aux autres nations du monde.
Les autres nations ne rêvent que de progrès et de science, alors que les juifs restent toujours en arrière, ils portent la barbe, mettent un chapeau et ne vivent pas en conformité avec l’époque moderne.
Les juifs n’ont mérité d’être délivrés de l’Egypte que parce qu’ils n’imitaient pas les égyptiens, et n’avaient changé ni leurs noms ni leur langue ni leurs vêtements (Leka’h Tov Chemot 6, 6).

[en se rattachant à nos ancêtres, nous bénéficions alors de leurs mérites énormes!]

[Après avoir défait les 4 rois puissants qui avaient capturé Loth, Avraham] "rapporta toutes les possessions, ramena aussi Loth son parent, avec ses biens, et les femmes et le peuple" (Lé'h Lé'ha 14,16)

-> Rabbi Yéhouda Leib Eiger (petit-fils de rabbi Akiva Eiger), dans son Torat Emet, enseigne :
Pourquoi Avraham risqua-t-il sa vie à attaquer les puissants rois pour sauver Loth?
En effet, après tout, Loth s'était séparé d'Avraham et avait abandonné les idéaux qu'il prônait, choisissant à la place de vivre dans la cité pécheresse de Sodome.

Le Zohar nous dit qu'Avraham, dans une vision prophétique, avait vu qu'un des descendants de Loth serait le roi David. Ainsi, en sauvant Loth, Avraham voulait préserver un descendant à naître dans un lointain futur.

La formulation du verset cité fait allusion à cette pensée : "Avraham rapporta toutes les possessions, ramena aussi Loth son parent".
=> C'est étrange : un être humain n'a-t-il pas la préséance par rapport à un bien matériel? (d'abord Loth et ensuite les possessions)

Le verset avait en tête la raison réelle pour laquelle Avraham poursuivait les rois : le "sauvetage des possessions" = le futur roi David.
En ce sens, dans un effort d'une telle envergure historique, le sauvetage d'une personne telle que Loth n'arrive qu'en second plan.

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-> "Qui d’autre as-tu ici (פֹה)?" (Vayéra 19,12)

Cette phrase est prononcée par les anges lorsqu’ils sont venus sauver Loth et sa famille de la ville de Sodome.

Rabbénou Efraïm fait remarque que la guématria de פֹה est de 85, et est une allusion à Boaz (בועז) qui a la même valeur numérique.
=> Cela signifie que c’est par le mérite de Boaz, par son mariage futur avec une descendante de Loth : Ruth, que Loth et ses filles ont été sauvés.

De plus, on peut noter qu’il y a 85 versets au total dans le livre de Ruth.

[Ruth va vivre assez longtemps pour voir son arrière petit-fils : David, monter sur le trône.
En effet, selon le midrach, à la mort du roi David, lorsque Chlomo a été appelé à régner, Ruth avait sa place à côté de lui. ]

"Hachem avait dit à Avram : Eloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, et va au pays que Je t'indiquerai" (Lé'h Lé'ha 12,1)

-> Le Zéra Kodéch (rabbi Naftali Tsvi Horowitz de Ropshitz) de commenter :

Avraham était obsédé par son infériorité.
Il pensait : "Comment oserais-je aspirer à devenir un tsadik et à proclamer la grandeur de D.! Ma ville natale Our Kasdim est une cité pécheresse. Les membres de ma famille seront tous des idolâtres. Comment quelqu'un avec un tel pedigree/parenté pourrait-il devenir un homme saint?"

Alors qu'il est vrai qu'une personne doit méditer sur son indignité, il est néanmoins écrit : "Son cœur grandit dans les voies de D." (Divré Hayamim II 17,6), qui signifie que lorsque vient le moment de servir Hachem, vous devez être fier et plein d'assurance, confiant dans le fait que D. pardonne et qu'Il fait le bien envers Ses serviteurs.

=> C'est ce que D. voulait dire lorsqu'Il s'adressa à Avraham : "Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal" = vous pensez que vos origines souillées et vos ancêtres défaillants vous empêchent d'atteindre le degré suprême de sainteté. Chassez ces pensées de votre esprit!
Soyez vaillants dans les voies d'Hachem! Vous serez celui qui fera connaître le Nom de D. dans le monde."

[chaque juif en tant que descendant d'Avraham, se doit de suivre son chemin, et non celui que notre yétser ara souhaite nous faire prendre (pour qui te prends-tu à vouloir faire autant de mitsvot?, soit humble! = fait le minimum dans ta judaïcité, spiritualité).
De même que Avraham malgré ses origines est devenu le fondateur du peuple juif, de même en suivant son exemple (viser notre grandeur spirituelle), nous avons l'assurance qu'également : "Vous serez celui qui fera connaître le Nom de D. dans le monde"]

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-> Rachi : Va pour toi = Pour ton bonheur et pour ton bien.

-> "Va pour toi" = Il y a dans cet ordre une allusion pour tout juif : "lé'h lé'ha" = de servir Hachem dans le plaisir et la joie.
En effet, le service de D. s'appelle une marche. Ainsi qu'il est écrit dans les Téhilim : "Je marcherai devant Hachem dans les pays de la vie" (Tehilim 116,9).
A ce propos, la Torah ordonne que la marche devant Hachem soit pour ton agrément et pour ton bien, dans le plaisir et la joie.
De plus, "quitte ton pays et ta patrie" = sépare-toi de toutes les vanités du monde qui t'entoure, et de la maison de ton père, des habitudes ancrées en toi depuis le jour où tu es né dans la maison de ton père, va et sépare-toi de toutes ces vanités et des habitudes de ton enfance, progresse! Améliore-toi!
[le Ouva haLévi]

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+ "Va pour toi, hors de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, vers le pays que Je t'indiquerai"

-> Le rabbi Na'houm de Tchernobyl commente :
Hachem a dit à Avraham, qui pratiquait l'hospitalité à une grande échelle : "Va t'en" (lé'h), et sois toi-même nomade, ainsi tu sauras exactement de quoi souffrent les invités nomades.
Mais sache que c'est pour ton profit et pour ton bien (lé'ha), pour que tu accomplisses ensuite la mitsva avec un grand plaisir et une grande joie, une fois que tu auras bien compris le cœur des invités.

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-> Le rabbi Bounim de Pschis'ha nous fait comprendre ce verset de la façon suivante :
"Etant donné que la vision du tsadik éclaire les yeux de l'homme et lui ajoute de la sagesse, Hachem enjoignit à Avraham de se rendre en un lieu où il montrerait son visage saint et lumineux aux autochtones.
Telle est l'ordre : "Va pour toi, hors de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, vers le pays que Je t'indiquerai (aréka - אַרְאֶךָּ)".
Ce dernier mot est un verbe transitif pouvant être décomposé en : "aré oté'ha", autrement dit : "Je te montrerai là-bas, ainsi que ton saint visage, afin que les gens acquièrent la crainte du Ciel et la sainteté en t'observant, de même que [par la vision] de ton comportement."

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+ "Avraham partit comme le lui avait dit Hachem" (Lé'h Lé'ha 12,4)

-> Hachem avait promis à Avraham qu'il avait tout intérêt à partir ( "Va pour TOI").
Hachem lui donnerait une bonne renommée, des enfants, des richesses, ... Cependant, il est écrit : "Avraham partit comme le lui avait dit Hachem" = c'est-à-dire sans aucun calcul!
Si Hachem dit de s'en aller, Avraham s'en va, comme Hachem le lui a dit, et non pour recevoir une récompense!
[Sfat Emet]

[d'une certaine façon, le fait de pouvoir réaliser la volonté de D. est en soi une si grande chose, un si grand honneur, qu'aucune récompense n'a de valeur en comparaison!]

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-> "Avram partit comme le lui avait dit Hachem, et Loth alla avec lui. Et Avram était âgé de 75 ans à sa sortie de 'Haran" (Lé'h Lé'ha 12,4)

-> Le Ben Ich 'Haï (Lé'h Lé'ha) commente :
Nous apprenons en général la promptitude à faire les mitsvot d’Avraham, et c’est exactement la raison de la précision de son âge dans ce verset. En effet, après avoir reçu l’ordre d’Hachem de quitter ‘Haran, on aurait pu penser qu’il aurait pris le temps de se préparer à un long voyage ou qu’il aurait pris le temps de convaincre certains membres de sa famille de le suivre. Mais non, à peine l’ordre reçu, Avram prend ses affaires, lève le camps et s’en va, sans attendre et sans se retourner. Seul Loth vient avec lui, car il est enclin à le suivre, et qu’il n’a pas besoin de prendre le temps de le motiver à le suivre.
C’est le sens du mot "kaachèr" (כַּאֲשֶׁר), on le traduit par "comme", mais il veut dire aussi "quand", Avram est parti de suite "quand" Hachem le lui a dit.
Et n’allez pas croire qu’il a agit sur un coup de tête, qu’il était impulsif ou irréfléchi. Non c’était un vieillard de 75 ans, il a bien la tête sur les épaules, sait très bien à quoi il s’engage et ne fait rien sans y réfléchir.
Il agit par sagesse, uniquement pour répondre à l’appel d’Hashem pour accomplir son ordre.

"Avram entendit que son parent (son neveu Lot) avait été fait prisonnier, il arma ses disciples qui étaient nés dans sa maison, 318, et il mena la poursuite jusqu'à Dan" (Lé'h Lé'ha 14,14)

-> Au moment de se séparer avec Lot, Avraham lui dit : "Où que tu viennes à t’installer, je ne m’éloignerai pas de toi et je serai pour toi un bouclier et une aide.
Et par la suite, Lot a eu effectivement besoin d’Avram (cf. verset ci-dessus)"
[Rachi - Lé'h Lé'ha 13,9]

Selon le Béer Yossef, c'est pour cela que Avraham a été prêt à risquer sa vie pour aller le sauver, afin d'éviter un 'hilloul Hachem : les gens disant que Avraham le fidèle de D. ne respectait pas ses promesses.

-> Selon Rachi, ces 318 guerriers ne sont en réalité qu'une seule et même personne : Eliézer (אֱלִיעֶזֶר), le fidèle serviteur d'Avraham.
Celui-ci équivalait à 318 personnes, comme le suggère la valeur numérique de son nom, égale à ce nombre.

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-> "Il arma ses disciples"

La guémara (Nédarim 32b) nous enseigne :
- selon Rav : Avraham a armé ses hommes avec la Torah.
Le Ben Yéhoyada commente : il les a rempli de Torah, afin que la Torah soit pour eux une protection pendant la bataille.

- selon Chmouël : Avraham les a armé d'or.
Le Ben Yéhoyada commente : Avraham a couvert ses talmidim de quantités importantes d'or fin, pour les rassasier sur le plan matériel afin qu'au cours de la guerre, ils ne soient pas tentés de prendre le butin du roi de Sedome.

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"Avram déplaça sa tente et vint s'établir dans les plaines de Mamré" (Lé'h Lé'ha 13,18)

Pourquoi la Torah vient nous spécifier que juste avant la guerre des rois, Avraham est venu vivre dans les plaines de Mamré?

Le midrach nous dit qu'au moment de la guerre avec les 4 Rois, des anges sont venus assister Avraham dans la bataille, mais il a refusait leur aide, car il voulait uniquement que Hachem l'accompagne.
En effet, Avraham avait une foi totale dans le fait que D. aura pitié de lui et le sauvera.

-> "Lui et ses serviteurs, il les frappa, il les poursuivit" (Lé'h Lé'ha 14,15)
Avraham est parti en guerre avec au minimum son serviteur Eliézer, alors pourquoi ce verset utilise-t-il le singulier?

Le Rokéa'h répond : le "Il" dans ce verset fait référence à Hachem.
Puisque Avraham était totalement dépendant de Hachem, alors Hachem a fait la guerre pour Avraham.

La plaine de Mamré était un lieu particulièrement dangereux pour y vivre, puisque les nations autour avaient d'importantes armées.
Le verset nous dit que Avraham y a vécu sans aucune inquiétude car il avait un bita'hon total en Hachem.

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+ Pourquoi Avraham a-t-il été sanctionné et ses enfants asservis en Egypte durant 210 ans?
Selon rabbi Abahou au nom de rabbi Eliézer : C'est pour avoir enrôlé de force les "talmidé hakhamim" (disciples des sages) pour faire la guerre (contre les 4 rois) ...
Selon Chmouel, c'est parce qu'Avraham est allé trop loin (dans sa réaction de scepticisme) à l'égard de Hachem, lorsqu'il a dit : "Comment saurai-je que je posséderai ce pays?".
Enfin, selon rabbi Yo'hanan, c'est parce qu'Avraham a privé des hommes d'une occasion d'entrer sous les ailes de la Présence Divine, lorsque le roi de Sodome lui proposa : "Donne-moi les âmes, et le butin garde-le" (Béréchit 14,21) (et Avraham rendit tout).
[...]
De plus, rabbi Ami bar Abba, à propos du nombre 318 (cf.v.14,14), explique : ils étaient 318 personnes à accompagner Avraham dans cette guerre (pour sauver son neveu Loth), et la force d'Eliézer (serviteur d'Avraham) équivalait à celle de tous.
Selon un autre avis, seul Elézer, de guématria 318, l'a accompagné à la guerre.
[guémara Nédarim 32a]

-> Les imperfections de émouna attribuées au tsadik Avraham, dans les 3 raisons qui ont conduit à l'exil de ses enfants, ne sont pas de véritables fautes.
La Torah a tenu à nous révéler des fautes insignifiantes et subtiles de nos tsadikim, que rav Dessler (Mikhtav méEliyahou tome.2,p.175) désigne des "ombres de fautes".
En effet, après qu'un tsadik ait maîtrisé son mauvais penchant (yétser ara) et perfectionné ses midot, il lui reste encore à purifier son inconscient de ces "ombres" de résidus, qui le conduiraient à certaines attitudes, et qu'on a peine à discerner à notre niveau.
[rav Lumbroso]

-> "Ta postérité séjournera sur une terre étrangère, où elle sera asservie et oppressée durant 400 années" (Béréchit 15,13)
La révélation de cet exil long et difficile a donc causé une peine intense à Avraham et constitue une sanction personnelle. [pour ses "ombres de fautes"]
Elle est indépendante du séjour tourmenté que ses descendants vont subir en Egypte.
[Ben Ich 'Haï]

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-> Avraham avait armé ses 318 talmidim pour faire la guerre, mais ils refusaient d'aller avec lui.
Il choisit alors parmi eux Eliézer, fils de Nimrod, dont la force équivalait à celle des 318 jeunes talmidim, ce qui est confirmé par la guématria de : Eliézer (אליעזר), qui est de 318.
[Targoum Yonathan]

-> Eliézer est allé avec Avraham à la guerre, accompagné de 318 talmidim d'Avraham.
La victoire militaire a été assurée miraculeusement par Eliézer seul, et la présence passive des 318 talmidim n'avait pour but que d'atténuer ce grand miracle et de le dissimuler aux yeux de tous.
[Maharal - Gour Arié]

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-> Cette guerre où Avraham partit, sans hésiter, sauver son neveu Loth, bien que ce dernier eût abandonné sa foi en Hachem, s'est produite durant la nuit du 14 au 15 Nissan.
Par ce mérite, les descendants d'Avraham bénéficieront à cette même date de la générosité d'Hachem qui les sortira de l'exil d'Egypte, même s'ils n'en étaient pas dignes.
[rav Lumbroso]

"J'agrandirai ton nom, et tu seras bénédiction" (Lé'h Lé'ha 12,2)

-> Les mots : "ton nom, et tu seras bénédiction (chémé'ha vééyé béra'ha - שְׁמֶךָ וֶהְיֵה בְּרָכָה) ont une guématria de 613.
Cela fait référence au fait que Avraham respectait toutes les 613 mitsvot de la Torah, et que ses descendants accepteraient la Torah et garderaient ces mitsvot.

Les mots : "tu seras une bénédiction" (éyé béra'ha - הְיֵה בְּרָכָה) ont la même guématria que : Avraham.
Cela indique que la bénédiction était l'essence même de Avraham.

[le 'Hida - Pné David]

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-> Les Patriarches sont : Avraham (אברהם), Yit’hak (יצחק ) et Yaakov (יעקב ) = il y a un total de 13 lettres.

Les Matriarches sont : Sarah (שָׂרָה), Rivka (רבקה ), Rachel (רָחֵל ) et Léa (לֵאָה) = il y a également un total de 13 lettres.

Les noms de nos Patriarches et de nos Matriarches ont en tout 26 lettres, comme la guématria du Nom de Hachem (יהוה).
C'est une allusion au fait qu'ils représentent Hachem dans ce monde.

[Rabbi Barou'h de Mezivin - petits-fils du Baal Chem Tov - Boutsina Dinhora]

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+ "Depuis le jour où Hachem a créé le monde, personne ne L'a appelé : Seigneur (Adon), jusqu'à ce que Avraham vienne et appelle Hachem : "Mon Seigneur" (Adonaï - אֲדֹנָי)." (Lé'h Lé'ha 15,8)"
[guémara Béra'hot 7b]

-> Le Maharcha commente que jusque là, Hachem était identifié par le Tétragramme (יהוה), et qu'Avraham a introduit le : אֲדֹנָי au monde, qui exprime Sa domination sur le monde entier.

-> Le midrach (Béréchit rabba 39,1) rapporte comment Avraham a regardé le monde en se demandant à lui-même : "Se peut-il que le monde n'a pas de maître (à l'image d'un magnifique palais sans propriétaire)?"

Hachem a regardé Avraham et a déclaré : "Je suis le Maître du monde!"

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-> Le Psikta Rabbati fait remarquer qu'en dédiant totalement sa vie à diffuser le Nom de Hachem au travers le monde, chacune des lettres du 1er mot des 10 Commandements : Ano'hi (אנכי) font référence à Avraham :

- le aleph : 1 = c'est l'unicité de Avraham ;
- le noun : 50 = c'est l'âge auquel il a pleinement reconnu Hachem ;
- le kaf : 20 = c'est le nombre de générations entre Adam qui est né circoncis, et Avraham, qui a reçu la mitsva de la circoncision (brit mila) ;
- le youd : 10 = c'est les 10 épreuves qu'il a surmonté.

"Je bénirai ceux qui te béniront et celui qui te maudira Je le maudirai" (Lé'h Lé'ha 12,3)

-> Pourquoi pour la bénédiction : la récompense (Je bénirai) précède le mérite (ceux qui te béniront), tandis que cela est l’inverse pour la malédiction?

Nos Sages enseignent qu’Hachem considère une bonne intention comme si c’était déjà une bonne action, alors qu’une mauvaise intention n’est pas comptée comme un acte.

Ainsi, pour le bien, Hachem bénira même la personne qui a seulement l’intention de bénir, avant même qu’elle bénisse concrètement. Il est donc dit : "Je bénirai" avant de dire : "Ceux qui te béniront".

Mais pour le mal, Hachem ne maudira que celui qui maudira concrètement. Il est donc dit en premier : "Celui qui te maudira", qui sera déjà passé à l’acte, alors "Je le maudirai".

[Kli Yakar]

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-> On peut rapporter le Tossefot (guémara 'Houlin 49a), qui nous enseigne que lorsque nous bénissons un juif, Hachem nous bénit.
Ainsi, à chaque fois que nous disons : "bonne journée!" ; "bonne chance" ; "mazal tov" ; "santé!" ; ... , en réalité nous bénissons cette personne, nous réalisons la mitsva d'aimer notre prochain juif, et nous nous retrouvons également bénis.
A l'inverse, maudire un juif, c'est entraîner le fait que Hachem nous maudisse!

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-> "Je bénirai ceux qui te béniront, et qui t’outragera, Je le maudirai"

=> Pourquoi, concernant la bénédiction, celle de Hachem précède-t-elle celle des gens, alors que pour la malédiction, cet ordre se trouve inversé ?

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch explique que Hachem anticipe intentionnellement la bénédiction des hommes, afin de lui donner une assise et de lui permettre de se réaliser. Il bénit Avraham avant que ses contemporains l’eussent béni, de sorte à placer la bénédiction dans leur bouche et à garantir qu’elle ait l’effet escompté.

-> Rabbi Chwadron rapportait ce Ohr ha'Haïm en ces termes : Hachem bénit l’homme s’apprêtant à bénir son prochain, afin d’assurer la réalisation de sa bénédiction.

["Ne refuse pas un bienfait à ceux qui y ont droit" (Michlé 3,27) = nous ne devons pas se gêner de bénir autrui (ex: qui suis-je pour le faire?), car en réalité à ce moment Hachem nous bénira pour assurer la réalisation de notre bénédiction! ]

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-> [Hachem a dit : ] "Ne crains point Avram : Je suis un bouclier pour toi" et pas uniquement le tien, mais aussi celui de tes descendants, pour peu qu’ils se vouent à Ma Torah comme tu t’y es voué. Je serai alors leur bouclier, comme il est dit : "La parole de Hachem est infaillible, Il est le bouclier de quiconque espère en Lui" (Chmouel II 22, 31).
[midrach Tan’houma - Lé'h Lé'ha 11]

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-> Le Gaon de Vilna demande pourquoi il est écrit : "Je bénirai ceux qui te béniront et celui qui te maudira Je le maudirai", alors qu'il aurait plutôt fallu écrire : "Je bénirai ceux qui te béniront et Je maudirai ceux qui te maudiront"?

Il répond :
Hachem dit : "Je bénirai ceux qui te béniront" = celui qui veut te bénir, je le bénis lui-même avant, pour qu'il ait des concepts qui lui permettent de te donner une belle bénédiction.
Mais celui qui veut te maudire, qu'il maudisse d'abord, d'après les concepts d'un homme riche, et ensuite seulement Je le maudirai et Je le rendrai pauvre.

[en effet, avant que la malédiction ne s'applique, il est encore riche, et sa malédiction est du type : "Puisses-tu ne jamais avoir plus de 100 000 euros", tandis qu'une fois pauvre, cela devient : "Que tu n'aies plus de pain à manger!"
A l'inverse, en rendant auparavant celui qui bénit riche, il bénira alors selon des standards de riche, avec toute la largesse que cela implique.]

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+ "Je bénirai ceux qui te béniront"

-> Quelle est la bénédiction qu'Il lui a donnée?
Quand Avraham est arrivé, Hachem a dit : "ce n'est pas un honneur pour Moi de devoir bénir Mes créateurs. Je vais mettre les bénédictions entre les mains d'Avraham et de sa descendance, et quiconque ils béniront, Je signerai ce qu'ils disent, ainsi qu'il est écrit : "Tu seras une bénédiction ..."

Que signifie "Je bénirai ceux qui te bénissent"?
Hachem a dit : "Je mets les bénédictions entre les mains de quiconque tu béniras, et je signerai ce que tu as décidé."
[midrach Tan'houma Yachan]

"Alors qu'il était sur le point d'entrer en Egypte, il dit à Saraï son épouse : Voici, je savais que tu es une femme de belle apparence" (Lé'h Lé'ha 12,11)

-> La guémara (Yoma 28b) dit que Avraham observait la Torah toute entière, même si elle n'avait pas encore été donnée.

-> Rachi écrit qu'en raison de son niveau de modestie, Avraham n'avait encore jamais regardé Sarah, sa femme, avant qu'ils ne soient sur le point d'entrer en Egypte.

-> La guémara (Kidouchin 41a) établie qu'il est interdit de se marier avec une femme sans l'avoir au préalable regardée pour s'assurer qu'elle trouve faveur à nos yeux.

=> Si Avraham suivait toute la Torah, pourquoi ne l'avait-il pas déjà regardée avant le mariage?

-> Le Maharcha (guémara Baba Batra 16a) répond qu'en réalité Avraham a vu Sarah dans sa jeunesse avant de se marier avec elle.
Après leur mariage, il ne l'a plus regardé, en ayant conscience que sa beauté diminuera avec le temps passant.
Cependant, lorsqu'il la regarda avant d'entrer en Egypte, il réalisa que son apparence n'avait pas changé pendant tout ce temps (cf. Rachi Béréchit 23,1).

Il donne un autre avis (guémara Yébamot 100b), selon lequel Avraham n'a commencé à observer les mitsvot qu'après avoir réalisé sa circoncision, ce qui n'était alors pas le cas.

-> Le rav Chmaryahou Ariéli (Michméret Ariel), cite le commentaire de Rachi (Béréchit 11,29), disant que Sarah était appelée : Yiska (provenant d'un mot hébreu signifiant : regarder), car tout le monde la regardait pour sa beauté.
Avraham se reposait sur sa réputation, plutôt que de la regarder lui-même avant le mariage.

-> Le rav Zalman Sorotzkin (Oznayim laTorah) dit que la guémara explique que la raison de l'obligation de regarder une femme avant le mariage, est par peur de trouver un défaut chez elle lorsqu'il la regardera après le mariage, et d'en venir alors à la mépriser.
Cette raison ne s'appliquait pas à Avraham qui n'a jamais eu l'intention de regarder Sarah par la suite.

Rabbi Barou'h Téoumim Frankel dit que Avraham (symbole du 'hessed), avait dans son cœur uniquement de l'amour envers autrui.
Ainsi, même en se forçant, il ne pourrait jamais en venir à mépriser une autre personne, et à plus forte raison sa femme.
C'est pourquoi, il n'avait pas besoin de la regarder avant le mariage.

"[Hachem] le fit sortir en plein air, et dit: "Regarde le ciel et compte les étoiles, si tu peux les compter!" Et Il lui dit : "Ainsi sera ta descendance"." (Lé'h Lé'ha 15,5)

-> Lorsque nous regardons les étoiles, elles semblent plutôt petites (comme un petit point lumineux!).
Cependant, en réalité elles sont énormes, comme nous pouvons le constater en s'en rapprochant.

C'est le message que Hachem a souhaité transmettre ici à Avraham : dans ce monde, tes enfants seront considérés comme ayant peu d'importance (des sales juifs!), comme insignifiants parmi les nations.
Cependant, dans le Ciel, ils sont considérés comme étant bien plus important que toute autre nation!

[le Divré 'Haïm]

[lorsque nous ne considérons pas un autre juif avec assez de valeur, c'est parce que dans notre cœur nous sommes trop distant de lui pour pleinement apprécier sa grandeur]

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-> D'une façon similaire, le 'Hatam Sofer enseigne :
"Pour nous une étoile semble petite, mais nous n'avons pas idée à quel point elle est grande et brillante. De la même manière, nous n'avons pas idée d'à quel point les tsadikim sont véritablement grands et brillants."
[Torat Moché - Béréchit p.44]

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-> "comptez les étoiles ... il en sera de même pour votre progéniture"

=> Pourquoi sommes-nous comparés aux étoiles?
Le rav Leib Bakst explique qu’à l’origine, le soleil et la lune étaient de taille égale. Cependant, la lune fut réduite quand elle se plaignit en disant qu’il était impossible à 2 rois d’utiliser la même couronne. Réduisant alors sa taille, Hachem créa néanmoins les étoiles pour la consoler.
Ainsi, le but de la création des étoiles était d’éliminer la douleur d’une autre créature. C’est pourquoi nous sommes comparés aux étoiles puisque c’est ce que fait un juif. Il fait preuve d’empathie, ressent la douleur d’un autre juif et fait ce qu’il peut pour compatir et éliminer cette douleur.

[Rachi (Béréchit 1,16) :
- "Les deux grands luminaires Ils avaient été créés égaux" = mais la lune a été rapetissée car elle s’était plainte en disant : "Il n’est pas possible à deux rois de se partager la même couronne!"
- "Et les étoiles" = Après avoir rapetissé la lune, Il lui a adjoint une armée d’étoiles pour apaiser son chagrin. ]

-> En entendant la douleur de l’un de ses ‘Hassidim, le Rabbi dit : "Quelle grande tragédie. Je n’ai pas de réponses pour toi mais je peux pleurer avec toi."

-> "Comment pouvez-vous m’appeler un tsadik tant que je ressens toujours plus d’amour pour mes propres enfants que pour un autre juif?" (rabbi David de Lelov)

-> Un clercs catholique du 15e siècle en Espagne raconte ce qui s’est passé lors de l’expulsion espagnole en 1492 : les juifs riches ont dépensé leurs dernières pièces de monnaie pour assurer le passage sur les derniers navires quittant l’Espagne pour les juifs les plus pauvres qui risquaient d’être soumis à un baptême forcé.

-> De même, à l'image de Moché qui bien qu’il ait été sauvé par Batya, il ressentait toujours la douleur de ses frères dans l’esclavage, c’est pourquoi il pleurait! (Chémot 2,16).

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-> Le midrach (Pessikta Zoutreta) émet l'idée que Hachem a fait sortir Avraham, d'un lieu construit par l'homme vers l'extérieur lui montrant qu'à l'image des étoiles, Israël est au-dessus et transcende les lois de la nature (én mazal léIsraël).
Ainsi, si Hachem le désire, Avraham et Sarah auront des enfants, bien que de façon naturelle cela soit impossible (Sarah n'ayant pas de matrice).

Cette vision a également montré à Avraham que de même que nul ne peut conquérir les étoiles, de même aucune nation ne pourra jamais anéantir Israël.

-> De même, la guémara (Méguila 16a) dit qu'en comparant Israël aux étoiles, D. nous apprend que lorsqu'Israël accomplit Sa volonté, il est au-dessus de tout, comme les étoiles.
En revanche, quand il désobéit, il est piétiné par tous, comme la poussière et le sable.

-> Ainsi, selon le contexte, le peuple juif se retrouve comparé soit aux étoiles du Ciel, soit au sable de la mer.
Le étoiles sont géographiquement très éloignées les unes des autres, des milliers de kilomètres les séparant. Par contre, les grains de sable semblent collés les uns aux autres.
Le rabbi Israël de Tchoraktov souligne qu'en réalité c'est l'inverse : les astres, gravitant autour d'un même astre plus grand, forment un groupe, comme par exemple le système solaire, alors que les grains de sable semblent attachés, mais s'éparpillent au moindre souffle de vent.
Il en est de même concernant le peuple juif : quand il se trouve à un niveau bas, il est dépourvu de solidarité, à l'instar du sable s'envolant au vent.
Par contre, quand il se hisse à un niveau élevé et que ses membres sont unis autour de la Torah, il se distingue telles les étoiles.

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-> "Regarde le ciel et compte les étoiles" (Lé'h Lé'ha 15,5)
Rabbi Its'hak Abravanel commente : "C'est la nuit que l'on peut voir les étoiles. Et c'est ainsi quand les juifs sont au plus bas qu'ils peuvent apercevoir un peu de lumière. J'ai connu cela moi-même au moment de l'expulsion des juifs d'Espagne".

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+ "Il adviendra que le nombre des enfants d'Israël égalera celui des grains de sable de la mer" (Hochéa 2,1).
Les juifs sont comparés au sable du bord de la bord, tandis que les réchaïm sont comparés à la mer agitée, selon ce verset : "Mais les réchaïm sont comme une mer houleuse qui ne peut s'apaiser" (Yéchayahou 57,20).

Les réchaïm se liguent contre Israël, mais Hachem affaiblit la force de chaque vague au fur et à mesure qu'elle se rapproche du sable (comparé à Israël) du bord de mer.
La seconde vague et les suivantes n'apprennent pas la leçon du sort réservé à la 1er vague déferlante qui s'éteint sur le rivage.
De même, pour les réchaïm ; c'est ainsi que Pharaon s'est dressé en vain contre les juifs ; de même Amalek, de même Si'hon, ... sans succès.
[Maharcha - guémara Baba Batra 73a]

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-> b'h, également : http://todahm.com/2018/12/08/7972-2

-> voir ci-dessous la comparaison des juifs avec la poussière et avec le sable de la terre.

[D. a dit à Yaakov : "Tes descendants seront comme la poussière de la terre" (Vayétsé 28,14)]

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-> De même que les étoiles illuminent le monde entier, le peuple juif illuminera la terre entière dans le monde futur.
En effet, il est écrit : "Les sages brilleront comme l'éclat du firmament et ceux qui donnent du mérite à la multitude [scintilleront] comme les étoiles, à jamais" (Daniel 12,3).
[Méam Loez - Bamidbar 2,32]

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"[Hachem] le fit sortir en plein air, et dit: "Regarde le ciel et compte les étoiles : peux-tu en compter le nombre? Et Il lui dit : "Ainsi sera ta descendance"." (v.15,5)

Rabbi Meïr Shapiro explique qu'il est évident que Avraham a suivi le commandement de Hachem : il est allé dehors et il a commencé à compter les étoiles.
Mais dans la même phrase, Hachem lui dit que cela est impossible (de toutes les compter).
=> Alors pourquoi D. lui a-t-il demandé de les compter?

Hachem enseigne là à Avraham une importante leçon : même si par le biais de la nature il lui est impossible de compter les étoiles, Hachem dit quand même : "Je veux que tu commence. Tu fais ta part et Je t'aiderai avec le reste. Peu importe si c'est possible ou non, car Tu m'as à tes côtés!"

Hachem dit : "Ainsi sera ta descendance" (ko yiyé zar'ékha) = ce même principe s'applique à tous tes enfants à venir. Je souhaite qu'ils connaissent également cela.
[ne te limite pas à ce qui peut être fait, mais plutôt (regarde plus haut - les étoiles) entreprend ce qui doit être fait (en accord avec la volonté de D.), et avec Hachem tout deviendra possible!]

D'ailleurs, rabbi Méïr Shapiro a mis cela en pratique, et même s'il n'a vécu que 46 années, il a énormément accompli dans sa vie.
On peut citer l'introduction de l'idée révolutionnaire du Daf Yomi, il a fondé et dirigé la grande yéchiva des 'Hakhmé Lublin, il a écrit des livres sur les profondeurs de la Torah, ...

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-> Pour citer dans ses mots, rabbi Méïr Shapiro de Lublin (dans son Imré Daat) :
Toute personne sensée sait parfaitement qu’il est impossible de compter et de connaître le nombre d’étoiles.
Néanmoins, dès qu’Avraham entendit l’ordre du Créateur, il se mit sur le champ à les compter sans chercher à comprendre et sans se dire : "A quoi bon commencer puisque de toutes façons je n’arriverai pas au bout du compte!"
C’est sur cette réaction qu’Hachem lui promit "ainsi sera ta descendance", à savoir : "Je désire que tu élèves tes enfants dans le même esprit : qu’ils ne soient jamais tourmentés par des pensées de découragement, et qu’au contraire, ils se mettent systématiquement à l’œuvre en accomplissant ce qui leur incombe".

Nos Sages (Pirké Avot 2,16) enseignent, en effet : "Tu n’es pas tenu de finir la tâche", Hachem achèvera ce qui est nécessaire, comme il est dit : "D. prendra ma cause en main" (Téhilim 57,3).
La réalité montre que dès qu’un homme fait le premier pas dans le bon sens, il lui sera plus facile de continuer sur cette voie, de s’élever davantage et de parvenir ainsi au but recherché.

[à l'image d'Avraham, de tout temps, un juif ne doit pas se laisser impressionner par des pensées décourageantes, mais qu'il se lance corps et âme à la tâche, qu'ils commencent à faire ce qui leur incombe, et Hachem lui viendra alors en aide.]

-> "Je vous ai portés sur les ailes de l'aigle" (Yitro 19,4)
L'aigle ayant l'habitude de porter ses oisillons au-dessus de ses ailes, lorsqu'il prend son vol, ces derniers peuvent contempler confortablement le monde de très haut. Néanmoins, pour se hisser sur les ailes de l'aigle, les oisillons ne peuvent bénéficier de son aide et ils doivent grimper tout seuls. Le 'premier pas' leur incombe, et c'est seulement après l'avoir fait qu'ils s'élèveront sans autre effort de leur part ni aucune difficulté.
Hachem dit aux Bné Israël : "Je vous ai portés sur les ailes de l'aigle" pour leur enseigner que lorsqu'ils font le premier pas en faisant l'effort de s'élever un peu, Lui de son côté, les portera jusqu'à la cîme du monde.

[nos Sages nous disent que la jalousie dans le domaine spirituel peut être positif. En effet, lorsque nous envions et aspirons à devenir comme un grand de la génération, alors au final nous pouvons espérer devenir la meilleure version de nous-même.
Mais si on ne vise pas la lune (les étoiles), alors nous n'atteindrons qu'un sommet beaucoup moins élevé spirituellement parlant.
Les juifs sont comparés aux étoiles car par nature on doit tous aspirer à devenir la star spirituelle de la génération, pour ainsi exprimer le meilleur de soi-même!]

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-> "La lune sera couverte de honte, le soleil de confusion" (Yéchayahou 24,23)
Les étoiles ne seront pas humiliés, contrairement à la lune et au soleil.
C'est pourquoi, les juif sont comparés aux étoiles. [midrach Bamidbar rabba 2,13]

Comment les juifs auront ce mérite de ressembler aux étoiles et de ne pas avoir honte?
C'est par le mérite de leur confiance (bita'hon) en Hachem, comme nous disons dans nos prières : "oul'olam lo névoch, ki bé'ha bata'hnou" (nous n'aurons jamais honte, car en Toi nous avons confiance).
[Béer Moché]

[dans le alénou léchabé'akh, nous affirmons que les autres nations investissent dans du vide, dans des "dieux" qui ne répondent pas => dans le futur, dans le monde de Vérité, ils seront plein de honte.
De notre côté, nous investissons en Hachem, qui est tellement rempli de bonté envers nous, que pour un tout petit acte que nous faisons dans ce monde (un point comme une étoile), nous recevrons une récompense infinie (une étoile est énorme quand on se rapproche d'elle).]

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-> "Israël est comparé aux étoiles", ce que certains expliquent de la manière suivante : Israël est comparé aux étoiles parce que celles-ci ne sont perceptibles que dans l'obscurité. Il en est de même des Bné Israël qui illuminent précisément lorsqu'ils se trouvent dans les ténèbres matériels ou spirituels."
[midrach Esther rabba 7,11]

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-> b'h, au sujet des étoiles voir également : http://todahm.com/2015/08/10/3637

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+ "Ta descendance sera telle la poussière de la terre" (Vayété 28,14)

-> On peut expliquer la comparaison du peuple d’Israël à la poussière de la terre de la façon suivante :
La poussière se trouve posée en bas, sur la terre. Mais quand on marche et on piétine la terre, alors la poussière monte et s’élève jusqu’à la tête de l’homme au point même de pouvoir entrer dans ses yeux et de les piquer.
Il en est de même pour les descendants de Yaacov. Quand les juifs sont bas, spirituellement parlant, et ne cherchent pas à se rapprocher d’Hachem, quand ils sont à terre et que ça ne les dérange pas, alors Hachem réveille leurs ennemis qui viennent les piétiner et les écraser . Et par la pression des malheurs, ils se “réveillent” et se rapprochent d’Hachem.
Malheureusement, comme la poussière, c’est quand ils sont piétinés que les Juifs commencent à remonter et s’élever spirituellement.
[Beit Its'hak]

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-> b'h, voir également : http://todahm.com/2019/07/07/9447

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+ Hachem a promis aux juifs de devenir comme la poussière de la terre :

Le Méam Loez (Dévarim 1,11) rapporte :
1°/ Pour nous enseigner que comme la poussière est foulée aux pieds par tous, la Torah ne se maintient chez le peuple juif que s'il se fait semblable à la poussière pour écouter ce que le rav dit à la synagogue.
Même s'ils portent leurs vêtements de Shabbath ou de fête, ... ils doivent [être prêts à] se laisser salir par la poussière en s'asseyant aux pieds des sages pour apprendre la Torah.
Il est écrit à propos de Yissa'har : "Yissa'har est un âne à la forte ossature, se couchant entre les alentours des villes" (Béréchit 49,14). Ce verset nous enseigne que Yissa'har a mérité que toute sa tribu se composât d'érudits parce qu'ils étaient prêts à se coucher dans la poussière ou dans la saleté pour écouter des paroles de Torah.

Un âne accepte n'importe quel fardeau et ne regimbe pas contre son maître comme le cheval ou les autres animaux. Il n'est pas fier : peu lui importe de devoir se coucher en un endroit inconnu plutôt que dans son écurie. De même, les membres de la tribu de Yissa'har ont mérité de posséder la connaissance de la Torah parce qu'ils en ont accepté le joug. Même lorsqu'ils connaissaient de grandes difficultés, ils ne se rebellaient pas contre D. et n'étaient pas fiers. Aucun d'eux ne se souciaient de son honneur personnel mais seulement de celui de D.
Pour étudier la Torah, ils étaient prêts à se coucher dans un tas de détritus.
[la poussière représente : peu importe les efforts, peu importe les conditions, mon honneur personnel, ... ce qui compte c'est acquérir la Torah!]

2°/ Comme le monde ne peut pas exister sans la terre car elle est indispensable à la pousse des plantes et des arbres, le monde ne peut exister sans Israël.
Il est écrit : "Toutes les nations de la terre seront bénies grâce à tes descendants" (Vayéra 22,18). Le monde entier est béni grâce aux juifs, jusqu'aux bateaux qui voguent sur les mers lointaines.

3°/ Les plantes ne peuvent pousser que si la terre est arrosée.
De même, les juifs ont seulement été bénis par le mérite de la Torah comparée à l'eau, comme il est écrit : "Quiconque a soif, qu'il aille à l'eau" (Yéchayahou 55,1).
De plus, comme la poussière de la terre survivra à tout, les juifs survivront même en exil.

4°/ De sa naissance à sa mort, l'homme est entouré de bonnes actions nombreuses comme la poussière.
S'il désire consommer du pain, il se lave les mains et récite une bénédiction avant de manger et une après. Lorsqu'il pétrit de la pâte, il sépare l'offrande de 'halla et récite une bénédictions, et ainsi de suite.
Tel est le sens des paroles : "Qui peut compter la poussière de Yaakov" (Balak 23,10). Qui peut compter les bonnes actions qu'accomplit un juif depuis sa naissance jusqu'à ce qu'il retourne à la poussière?

5°/ Lorsque les juifs tombent au niveau de la poussière et sont extrêmement abaissés, D. a pitié d'eux et les délivre.
En Egypte, les juifs étaient avilis par le travail avec la boue et les briques. Hachem a eu pitié d'eux et les a délivrés avec une main puissante.
D. a dit à Yaakov : "Tes descendants seront comme la poussière de la terre et tu t'étendras à l'ouest, à l'est" (Vayétsé 28,14) = "Lorsque tes descendants atteindront le niveau de la poussière, Je les libérerai et les bénirai comme la poussière de la terre".
Certes, tout le monde foule la terre de ses pieds, mais en fin de compte elle finira par recouvrir chacun après sa mort.

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+ Hachem a promis aux juifs de devenir comme la sable de la terre :

Le Méam Loez enseigne :
1°/ Comme le sable sépare la mer de la terre, la tribu de Lévi est séparée et mise à part pour le service de D.
Il est écrit : "Tu sépareras les Lévi'im parmi les Bné Israël" (Bamidbar 8,14) et : "Il séparera Aharon pour le sanctifier" (Divré haYamim I 23,13).

2°/ La mer désire inonder le monde entier, mais lorsqu'elle voit le sable, elle prend peur et retourne en arrière. De même, lorsque le monde est empli de fautes, D. envoie des anges de destruction pour l'anéantir. Mais lorsque ces créatures célestes voient les juifs observer la Torah et les mitsvot et restés attachés à D., ces forces retournent en arrière comme les vagues de la mer qui avancent en rugissant puis se brisent sur le sable.

3°/ Le sable est blanc et ressemble à une montagne qui entoure la mer. De même, les juifs sont blanchis de leur péchés lorsqu'ils se repentent et accomplissent de bonnes actions. Aucune force spirituelle ne peut les dénoncer. Ainsi, l'attribut de justice se transforme en attribut de pitié (miséricorde).

4°/ Si un homme tentait de mâcher du sable, il s'abîmerait et casserait les dents. De même, lorsque viendra le machia'h, les nations qui ont essayé de dévorer les juifs, comparés au sable, seront détruites.
En effet, Hachem dit :"J'exercerai Ma vengeance contre Edom par l'intermédiaire de Mon peuple Israël" (Yé'hézkel 25,14).

5°/ Si un homme renverse du sable sur un aliment, celui-ci n'est plus mangeable. Quiconque le met en bouche s'abîmera les dents.
De même, quiconque fait du mal aux juifs et leur prend leurs biens n'en profitera pas.
De plus, lorsque viendra le machia'h, les dents des ennemis d'Israël seront brisées car les juifs sont considérés comme consacrés, comme il est écrit : "Israël est consacré à D." (Yirmiyahou 2,3).
Or quiconque fait un usage personnel d'un objet consacré mérite la mort.

6°/ Si l'on jette du sable dans une fournaise, on peut en faire du verre et ainsi en est-il des tsadikim d'Israël. Il leur est possible d'entrer dans le feu et d'en sortir vivants, comme ce fut le cas de 'Hanania, Michaël et Azaria.
De plus, dans le futur, les juifs et les autres nations entreront au Guéhinam. Israël en ressortira en paix alors que les autres nations seront anéanties.

7°/ Si un homme soulève du sable et le jette ailleurs, cela ne fait aucun bruit.
De même, si un juif fait quelque chose en cachette, son prochain reste silencieux et ne le révèle pas.
Les juifs ne disent pas de mal de leurs prochains.

Certes ils ont reçu la bénédiction d'être comme "le sable qui ne peut être compté tant il est nombreux" mais celle-ci ne se réalise que lorsqu'ils font la volonté de D.
Dans le cas contraire, on pourra les dénombrer.
Comment est-ce possible? Ils sont comptés s'ils ne font pas la volonté de D., mais dès qu'ils se repentent et font la volonté de D., ils deviennent innombrables. Comment est-ce possible en un instant?

En fait, chaque tsadik est considéré comme égal à de nombreux hommes ordinaires.
Yaïr, fils de Ménaché, était équivalent à la majorité du Sanhédrin, c'est-à-dire à 36 hommes.
De même, la plupart des tsadikim sont considérés comme égaux à de nombreux juifs. Par conséquent, même si les juifs sont dénombrables, chaque tsadik, selon sa valeur, est considéré comme illimité.
Pour cette raison, lorsque les juifs fautent, D. prend un tsadik (juste) qui fait expiation pour tous.

"Sache-le bien, ta postérité séjournera sur une terre étrangère" (Lé'h Lé'ha 15,13)
[Dans le texte : יָדֹעַ תֵּדַע כִּי-גֵר יִהְיֶה זַרְעֲךָ בְּאֶרֶץ לֹא לָהֶם]

Ce verset aborde l'esclavage que les juifs seront forcés de subir en Egypte par la suite.
Cependant, nos Sages nous enseignent qu'il est également une allusion aux 6 jeûnes fixés dans le calendrier juif :
-> le youd (de yadoa : יָדֹעַ), d'une valeur de 10 = allusion au 10 Tévet ;
-> le tav (de téda : תֵּדַע) = allusion à TIcha béAv et au Taanit Esther ;
-> le kaf et youd (ki : כִּי) = c'est Yom KIppour, qui tombe le 11 Tichri ;
-> le guimel (de gèr : גֵר), d'une valeur de 3 = c'est celui de Guédalia, qui tombe le 3 Tichri ;
-> le youd et zaïn (de yiyé zar'a'ha : יִהְיֶה זַרְעֲךָ), d'une valeur de 17 = c'est le jeûne du 17 Tamouz.

[Rabbi Israël Bronstein]