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Se guérir par l’étincelle de notre lettre dans la Torah

+ Se guérir par l''étincelle de notre lettre dans la Torah :

"La fille de Pharaon [Batya] ... aperçut le panier (aTéva) au milieu des roseaux ... et elle le prit" (Chémot 2,5)

-> Le midrach (Chémot rabba 1,27) rapporte que Batya fut frappée par la maladie de tsaraat, et lorsqu'elle toucha le panier/corbeille (téva) dans lequelle se trouvait Moché, elle fut guérie.

-> Le séfer Sifté Tsadik (ot 11) explique que la "téva" de Moché était comme le Aron Hakodech dans le sens où la Chékhina reposait sur elle. Par conséquent, elle avait la capacité de guérir.

De plus, il cite les sifré Kodech qui disent qu'il y a 600 000 lettres (tévot [téva veut aussi dire : un mot]) dans la Torah, ce qui correspond aux 600 000 âmes du Klal Yisroel.
Chaque individu a sa propre lettre dans la Torah. Lorsqu'un individu est capable de ressentir l'étincelle sainte de sa lettre, il est guéri de tous ses maux.

Le Sifté Tsadik conclut : "Si Batya a été guéri en touchant la téva de Moché, il est certain que si un juif touche sa téva dans la Torah en s'y connectant correctement et en ressentant sa lumière sacrée, il sera guéri et sauvé de tout mal."

+ L'observation du Shabbath en Egypte :

[ Pharaon dit: ] "Allons, usons de sagesse envers lui" (Chémot 1,10)

-> Le midrach (Otsar haMidrachim - 'Hanoucca) dit que le plan de Pharaon était d'amener les juifs à cesser d'observer le Shabbath.

-> Le rabbi de Kretchnif (cité dans Guilyon Divré Torah) explique ce midrach en citant le Tour (Ora'h 'Haïm 281), qui dit que la raison pour laquelle nous récitons la prière de "Yisma'h Moché bématnat 'helko" le Shabbath est parce que Moché a vu que l'esclavage en Egypte était très difficile pour le peuple juif, et il a donc demandé à Pharaon de leur donner un jour de congé chaque semaine. Pharaon accepta et dit qu'ils pourraient avoir un jour de congé le Shabbath.
Moché fut très heureux de cette décision, et c'est ce à quoi fait référence la prière de "Yisma'h Moché bématnat 'helko".

Le midrach (Chémot rabba 5,18) décrit ce que les juifs faisaient le Shabbath, lorsqu'ils étaient libres de travailler. Il dit qu'ils avaient des rouleaux sur lesquels il était écrit qu'Hachem les délivreraient parce qu'ils se reposaient le Shabbath, et ils les lisaient chaque semaine.
Ils se réunissaient également en groupes et racontaient les histoires des Avot, ce qui était pour eux une source d'encouragement. Le fait que les dernières lettres des mots "ét Yaakov ich" forment le mot "Shabbath" y fait allusion.

C'est une allusion au fait que chaque Shabbath en Egypte, les juifs se réunissaient et racontaient les récits de Yaakov et des autres Avot comme une source de 'hizouk (encouragement, renforcement moral).

Pharaon et les égyptiens ne pouvaient pas comprendre. Comment les juifs pouvaient-ils être de si bonne humeur alors qu'ils travaillaient si dur toute la journée?
Ils enquêtèrent jusqu'à ce qu'ils arrivent à la conclusion que le jour du Shabbath était la source de leur force.

C'est pourquoi ils décidèrent de ne plus leur donner congé le Shabbath. En conséquence, lorsque le verset dit que Pharaon a utilisé la sagesse pour comploter contre les juifs (v.1,10), cela signifie qu'il a réfléchi à la question pour déterminer la source de leur force. Lorsqu'il s'est rendu compte que c'était Shabbath, il a décidé de les forcer à ne pas l'observer.

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=> L'exil égyptien contient en lui tous les autres exils à venir après lui. Ainsi, si même Pharaon a compris à quel point le Shabbath est indispensable pour nous donner la force nécessaire pour vivre une vie de juif(ve) épanouie, alors à plus forte raison nous devons nous motiver sur l'importance de ce jour, et en profiter à fond, b'h!

Créer des frontières pour soi-même

+ Créer des frontières pour soi-même :

 "Et voici les noms des enfants d'Israël qui vinrent en Egypte avec Yaakov" (véélé chémot bné Israël, aba'im mitsrayéma - Chémot 1,1)

-> Le Sefer Ahavat Shalom explique que nous pouvons comprendre le verset comme suit : "Israël haba'im Mitsrayéma" = si quelqu'un veut atteindre le niveau d'une personne digne du titre élevé de "Israël", il doit "se créer des frontières". [mitsrayim (Egypte) -> métsarim (limites) ]
En d'autres termes, nous devons affliger notre corps en se fixant des limites. On doit fixer des heures pour la Torah et la prière, les mitsvot, les actes de bonté, pour s'immerger dans le mikvé, ...
Sans créer ces "limites" physiques, on ne peut pas atteindre le niveau élevé d'un véritable "Israël".

Etre juif c’est avoir et susciter le trait de compassion

+ Etre juif c'est avoir et susciter le trait de compassion :

"Elle (la fille de Pharaon) aperçut le panier ... elle l'ouvrit ... et voici qu’il y avait un jeune garçon qui pleurait. Elle fut prise de compassion pour lui et dit : "C'est un des enfants Hébreux"" (Chémot 2,6)

-> Le Zohar (174b) commente sur ce verset : elle "eut immédiatement compassion de lui".

Le séfer Lé'hem Shlomo explique en disant que la façon dont Batya savait qu’il s’agissait d’un enfant juif est que les juifs sont des gens compatissants et miséricordieux, comme le dit la guémara (Bétsa 32b) que si un individu a de la compassion pour les autres, c’est un signe qu’il est un descendant d’Avraham Avinou.
De plus, les descendants d'Avraham (juifs) suscitent également le trait [de caractère] de compassion chez les autres.

En conséquence, lorsqu’elle vit ce bébé, elle se sentit envahie par la compassion et comprit que c’était certainement parce qu’il s’agissait d’un enfant juif.

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-> Hachem s'est choisi (בחר) Yaakov, Israël pour son trésor. (Téhilim 135,4)

-> Israël (les juifs) présente 3 caractéristiques distinctives : ils sont miséricordieux (ra'hmanim - רַחְמָנִים), ils ont honte (baïchanim - בַּיְישָׁנִין) et ils accomplissent des actes de bonté (gomlé 'hassadim - גוֹמְלֵי חֲסָדִים). [guémara Yébamot 79a]
Le mot בחר (choisi - ba'har), est composé des premières lettres de ces 3 caractéristiques : רַחְמָנִים et בַּיְישָׁנִין et גוֹמְלֵי חֲסָדִים
Les 2e lettres de ces mots forment le mot יחוס (une lignée - yi'houss).
Ces 3 caractéristiques montrent qu'une personne est d'origine israélite (juive).
[Ben Ich 'Haï - Ben Yehoyada]

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-> Quiconque a de la compassion pour les créatures d'Hachem, on sait qu’il est de la descendance d’Abraham Avinou ; et quiconque n’a pas de compassion pour les créatures d'Hachem, on sait qu’il n’est pas de la descendance d’Abraham, Avinou.
[guémara Bétsa 32b]

"Pharaon ordonna à tout son peuple, en disant : 'Tout fils qui naîtra, jetez-le dans le fleuve! Et toute fille, laissez-la vivre!" (Chémot 1,22)

-> Le rav Yonathan Eibshitz (Ahavat Yonathan - paracha Vaéra) demande pourquoi Pharaon a ordonné spécifiquement de noyer les bébés mâles dans la mer. Pourquoi n’a-t-il pas simplement dit de les tuer à la naissance?

Il répond en citant la guémara (Sanhédrin 67b) qui dit que Zeiri est allé un jour en Egypte et a acheté un âne. Cependant, au lieu d’un âne, on lui a donné une planche de bois qui avait été faite pour ressembler à un âne par magie et illusion. Le soir, lorsqu’il a essayé de laver l’âne dans l’eau, il s’est transformé en morceau de bois car l’eau annule les effets de la magie.

C’est dans cet esprit que rav Eibshitz explique que Pharaon craignait que les juifs ne trompent ses officiers par la magie. Il pensait qu’ils pourraient prendre un objet et créer une illusion pour le faire ressembler à un bébé, tout en cachant le bébé réel.
C’est pourquoi il a ordonné que les bébés soient jetés dans l’eau, où la magie n’a aucun effet, afin de s’assurer qu’il s’agissait bien de vrais bébés.

Donner de la tsédaka de tout cœur expie les péchés

+ Donner de la tsédaka de tout cœur expie les péchés :

"Et maintenant, allez travailler. Et la paille ne vous sera pas donnée, mais vous devrez fournir la quantité de briques (véto'hen lévénim titnou)" (Chémot 5,18)

-> Le rav Mordchele de Nadvorna (séfer maamar Mordé'haï) dit que ce verset fait allusion à la mitsva de la tsédaka.
Le mot" to'hen" (la quantité - תֹכֶן) signifie : to'h (de l’intérieur).
Le mot "lévénim" (briques - לְבֵנִים) signifie : lev (le cœur).
Le mot "titnou" (fournir, donner) indique le don de tsédaka.
Le verset suggère donc que lorsqu’on donne de la tsédaka, cela doit se faire du plus profond de son cœur.

Selon ses paroles, nous pouvons ajouter ce qui suit : l’une des façons de faire téchouva est de donner de la tsédaka, comme il est dit : "Et ta faute sera effacée par la charité" (Daniel 4,24).
Nos Sages (guémara Baba Batra 4a) disent que Daniel fut puni pour avoir conseillé Névou'hadnétsar et lui avoir dit qu’il pouvait prolonger son règne et expier ses fautes en fournissant de la nourriture aux affamés.

Nous pouvons donc comprendre le début du verset : "Et maintenant, allez travailler". Le midrach dit que le mot "vé'ata" (et maintenant), fait référence à la téchouva.
Ainsi, le verset nous dit : comment peut-on faire téchouva et mériter le pardon de nos fautes?
En donnant de la tsédaka du plus profond de son cœur.

Moché comprit qu’il ne fallait pas poser de questions

+ Moché comprit qu'il ne fallait pas poser de questions :

-> Moché, qui atteignit le plus haut niveau auquel un mortel puisse aspirer, et à qui Hachem parla "face à face", cachait néanmoins son visage, car il craignait de regarder Hachem (Chémot 3,6).

-> Le Tiféret Shlomo ('Hayé Sarah) explique :
"Un principe fondamental concernant les niveaux atteints par les justes (tsadikim), qui marchent de tout leur cœur devant Hachem, est que même lorsque l'Attribut du Jugement (Rigueur) s'abat sur eux, à D. ne plaise, que ce soit personnellement ou en tant que membres de la communauté, ils ne se concentrent pas sur la nature du problème, afin de ne pas laisser leur cœur vaciller et se demander pourquoi Hachem a fait cela à Son peuple.
Leurs cœurs sont sereins, confiants que Hachem est juste et équitable, le D. fidèle, qui ne fait aucun mal (Haazinou 32,4). Ils savent qu'en réalité, c'est le contraire qui est vrai : le mal ne provient pas de la bouche de Celui qui est au-dessus, et tout est orchestré pour notre bien.

Ainsi, lorsque Moché notre maître a été témoin de la vision du buisson ardent, qui représentait l'exil, il n'a pas voulu réfléchir à ce que cela signifiait ; au contraire, il a caché son visage, car il craignait de regarder et de contempler l'aspect d'Elokim, la Rigueur, de peur d'avoir alors des questions."

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-> Nos Sages (midrach Béréchit rabba 51,3) enseignent que rien de mal ne descend d'en-Haut.
[ par conséquent, même lorsque le Ciel orchestre des événements qui nous paraissent négatifs, on doit savoir qu'ils sont bons. ]

"Le roi d'Égypte mourut et les Bné Israël gémirent" (Chémot 2,23)

-> Pharaon décréta de lourds décrets sur Israël et l'un des plus redoutables est d'emmurer un enfant à la place d'une brique manquante. Ce malheur a conduit même Moché à interroger Hachem quant à Sa façon d'agir. Il lui dit : comment est-ce possible d'emmurer des enfants?
Moché dit à Hachem : "Tu as occasionné du mal à ce peuple", car on place leurs enfants dans le mur s'ils ne fournissent pas assez de briques! (Rachi - guémara Sanhédrin 101b)

La réponse de Hachem est effrayante : Il dit: ils sont comme des ronces périssables, Je sais que s'ils restent en vie, ils seront de véritables impies (Rachi Id.). Mieux vaut qu'ils meurent maintenant avant de devenir réchaïm.

-> Le Arizal explique que toutes les âmes de la génération du déluge, du Dor Hapalaga (génération de la dispersion), de la génération d'Enoch et des habitants de Sodome, qui devaient s'amender descendirent en Égypte.
Ceux qui fautèrent dans le déluge furent jetés dans l'eau et ceux qui fautèrent dans la construction de la tour furent encastrés dans le mur.

Hachem continue : "Si tu veux, retire un enfant du mur" (Rachi id).
C'est que fit Moché, il retira Mikha (voir guémara Sanhédrin 101b).
[ce dernier est sorti d'Egypte en dérobant une plaque d'argent du cercueil de Yossef, dans l'idée de venir en terre sainte et d'ériger une maison d'idolatrie. ]

"Elle l'ouvrit et le vit, lui, le garçon, et voici qu'un jeune pleurait.
Un jeune homme pleurait. Elle eut pitié de lui et dit : "C'est l'un des garçons hébreux" " (Chémot 2,6)

-> Le Beit Israël cite des tsadikim (comme le rabbi Mendel de Vork) qui observent que Batya n'a fait que voir l'enfant pleurer, elle ne l'a pas entendu.
C'est ainsi que la prière est censée être : calme, l'accent n'étant pas mis sur les aspects extérieurs, mais sur le sentiment personnel et intérieur.
C'est ainsi qu'elle a compris qu'il s'agissait d'un enfant juif, car seul un juif peut pousser un cri inaudible pour les autres.

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-> Hachem promet à tout juif : "Je suis avec lui dans sa difficulté" (Téhilim 91,15 - imo ano'hi bétsara).

-> Le rav Kalonymos Kalman Shapira (le rabbi de Piaseczno), dans son Aish Kodech, explique qu'en fait Batya a ressenti qu'on pleurait au Ciel, et elle a compris que c'était forcément un juif car Hachem partage la souffrance de tout juif.

[d'une certaine façon, Moché souffrait pour la situation très dure de ses frères juifs en Israël, ce qui a fait que Hachem en souffrait également, et c'est ce lien si particulier entre un juif et Hachem que Batya a mis en avant par sa déclaration. ]

Nos Sages nous disent que la Présence Divine (Chékhina) est descendue en Egypte pour partager la moindre douleur/souffrance des Bné Israël, comme il est écrit : "Dans toutes leurs souffrances, Il souffre aussi" (Yéchayahou 63,9).
Puisque la Chékhina a souffert avec eux, alors leurs 210 années d'exil ont été comptées 2 fois : une fois pour eux-mêmes et une fois pour la Chékhina, pour un total qui dépasse les 400 années d'exil qui leur avaient été imposées.
C'est pourquoi leur guéoula a eu lieu avant le temps fixé.
[...]

"Dans toutes leurs souffrances, Il souffre avec" = en partageant les souffrances des Bné Israël, Hachem a apporté leur rédemption avant le temps fixé.
[ rabbi Yaakov Abou'hatséra - Dorech Tov ]

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[l'idée que Hachem est constamment avec chaque juif, que la moindre douleur qu'on ressent Il l'a ressent également, nous montre à quel point nous sommes importants aux yeux d'Hachem, qu'Il se préoccupe de nous, à quel point Il a conscience des difficultés que nous traversons.
Certes on doit éviter de causer des souffrances inutiles car nous ferions souffrir Hachem, mais on doit avoir en tête que Hachem souffre avec nous, dont un des buts est de rapprocher la guéoula, ce moment de pleine retrouvaille. ]