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Hachem récompense doublement ceux qui connaissent leur place

+ Hachem récompense doublement ceux qui connaissent leur place :

"Si l'objet volé est retrouvé en sa possession, qu'il s'agisse d'un boeuf, d'un âne ou d'un mouton, vivants ('haïm), il paiera le double" (Michpatim 22,3)

-> Le séfer Chashvah Tova cite le rav Bounim de Peshischa qui explique ce verset ainsi :
"Si l'objet volé est retrouvé en sa possession" = cela signifie que si une personne reconnaît son propre statut et sait où elle se trouve dans ce monde, elle ne se trompe pas en pensant qu'elle est meilleure qu'elle ne l'est en réalité.
"Vivants" ('haïm) = si une personne reconnaît sa place de cette manière, alors Hachem, Celui qui vit éternellement, lui "paiera le double".
Hachem le récompensera en l'aidant à s'élever à un niveau deux fois supérieur à celui qu'il occupe actuellement.

"Et voici les ordonnances que tu placeras devant eux" (Michpatim 21,1)

-> A propos de ce verset, le Zohar dit : "Ce sont les cycles de la réincarnation".
Il s'agit d'un lien surprenant, étant donné que les versets suivants parlent de lois monétaires. Cependant, j'ai entendu l'explication suivante : Une personne en accuse une autre au tribunal [qu'elle lui doit de l'argent]. Bien que le défendeur se sache innocent, la Torah l'oblige néanmoins à payer. Il ne doit pas se poser la question : "N'est-ce pas une Torah de vérité, dont les chemins sont agréables?", car c'est la vérité de la Torah et son caractère agréable. Comment cela se fait-il?
Il est certain qu'il devait cet argent à l'autre homme dans une incarnation précédente, et la Torah le fait payer aujourd'hui pour le libérer de cette dette.
Quant à la personne qui a pris l'argent par tromperie, elle devra rendre des comptes dans le futur. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.

C'est à cela que le saint Zohar fait allusion dans sa lecture du verset : "Ce sont les ordonnances" (élé hamichpatim). Car si la loi peut parfois sembler injuste, en réalité, "ce sont les cycles de la réincarnation. Le Créateur du monde et de toutes les âmes sait ce qui s'est passé entre les individus dans leurs vies antérieures et dirige son monde conformément à la Torah, avec amour et compassion, avec droiture et véritable justice.
Les implications sont très larges.
[Dégel Ma'hané Efraïm - Michpatim ]

"Si le serviteur dit : "J'aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas sortir libre, son maître l'emmènera vers Elokim (dans le contexte : au tribunal)" (Michpatim 21,5)

-> Le séfer Kitvé Rama cite le rabbi de Kobrin qui explique que ce verset fait référence à une personne juive qui désire être un serviteur d'Hachem. Il dit qu'il "aime son maître", c'est-à-dire qu'il aime Hachem.
Il dit également qu'il aime sa "femme", c'est-à-dire la Torah, qui est considérée comme l'épouse du peuple juif (voir Michlé 9,5).
Il dit encore qu'il aime ses "enfants", c'est-à-dire les mitsvot (comme le dit Rachi dans Noa'h 6,9 : les bonnes actions d'une personne sont appelées "ses enfants").
Il déclare ainsi qu'il désire Hachem, la Torah et les mitsvot.

Il dit donc qu'il ne veut pas se libérer, ce qui signifie qu'il ne veut pas chercher d'excuses pour éviter d'observer la Torah et les mitsvot.
Le verset continue en disant que s'il fait cela : "Son maître le rapprochera d'Hachem (Elokim)". Hachem l'aidera à être capable de Le servir pour toujours.

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+ Hachem est obligé de soutenir ses serviteurs :

-> Le 'Hidouché haRim demande pourquoi l'esclave juif est puni si sévèrement. Il ne s'est vendu que parce qu'il était extrêmement pauvre et ne pouvait pas subvenir à ses besoins. Pourquoi est-il traité si durement et réduit à l'état d'esclave?

Il répond que l'individu mérite d'être puni parce que s'il avait accepté de servir Hachem dès le début, il ne se serait jamais retrouvé dans cette situation désespérée. En effet, Hachem prend soin de ceux qui observent la Torah.
Un maître a l'obligation de subvenir aux besoins de ses esclaves. Si une personne accepte d'être le serviteur d'Hachem, Hachem a l'obligation de la soutenir et de répondre à tous ses besoins.
Cela signifie que le fait que cette personne était si pauvre qu'elle n'avait rien est une preuve qu'elle n'avait pas accepté d'être l'esclave d'Hachem, et que par conséquent, Hachem ne la soutenait pas.

+ "Naassé VéNichma" (Nous ferons et nous écouterons - Michatim 24,7)

-> Avant même d' "entendre", d'expérimenter la douceur de l'illumination spirituelle, les juifs doivent être satisfaits de "faire", de pouvoir s'engager dans la avodat Hachem simplement parce que nous savons que c'est ce qu'Hachem désire, ce que notre âme désire ardemment et ce que nous avons besoin de faire pour mettre notre vie en ordre.
[d'après le Mé haChiloa'h - vol.2 - Vayikra]

"N'humiliez jamais la veuve ni l'orphelin. Si tu l'humiliais, sache que, quand son cri s'élèvera vers Moi, assurément j'entendrai ce cri" (Michpatim 22,22)

-> Bien qu'Hachem écoute tout le monde, la Torah nous enseigne qu'Il accorde une attention particulière aux cris de ces individus.
Rabbénou Bé'hayé explique que normalement, si quelqu'un est victime d'intimidation, il cherchera de l'aide auprès d'autres personnes qui peuvent l'aider. Mais les veuves et les orphelins sont faibles et n'ont personne vers qui se tourner. Lorsqu'ils sont malmenés, ils se tournent directement vers Hachem : "le Roi, l'Aide, le Sauveur et le Bouclier" (mélé'h ozér omochia oumaguen), le seul qui puisse vraiment les aider.
=> Parce qu'ils savent que seul Hachem peut les aider, ils reçoivent plus d'aide que n'importe qui d'autre.

-> Le Séfer Ohel Moché (Ekev) en déduit qu'il n'est pas nécessaire d'être orphelin ou veuf pour bénéficier de ce privilège spécial d'être exaucé immédiatement.
Au contraire, toute personne qui ressent profondément qu'Hachem est le seul à pouvoir l'aider est également incluse dans le verset : "assurément j'entendrai ce cri".
Mais cela est plus facile à dire qu'à faire ... [car souvent nous prions plutôt machinalement, en élaborant des plans B [comptant sur plusieurs autres moyens/combines que D. ], sans agir à l'image d'un orphelin qui n'a personne si ce n'est son papa Hachem pour le sauver]

[ Il est écrit : "quand son cri s'élèvera vers Moi" = on doit mettre nos espoirs/attentes 100% en Hachem (personne d'autre ne peut nous aider que Lui, qui peut tout faire et en plus avec de la bonté gratuite de nos mérites), et alors "assurément j'entendrai ce cri" = Hachem entendra nos cris et nous serons sûrement aidés. ]

Hachem écoute la prière de toute personne

+ Hachem écoute la prière de toute personne :

"Or, lorsqu'il criera vers Moi, Je l'entendrai, car Je suis miséricordieux" (Michpatim 22,26)

-> Le Ramban commente ce verset ainsi :
""Car Je suis miséricordieux (חנון - 'hanoun)" = cela signifie : "Je fais grâce et accepte la supplique de tout homme, même s'il n'en est pas digne", ce terme (חנון) se rattachant à la même racine que le mot חינם ('hinam = gratuit).
L'explication [de ce verset qui rapporte que l'on doit rendre le soir un habit que l'on avait en gage,] en est que l'homme doit s'abstenir de penser : "Je ne prendrai pas de gage d'un homme juste, mais l'habit d'un homme qui n'est pas juste, je peux lui prendre en gage sans lui rendre (chaque jour le soir), puisqu'Hachem n'entend pas sa prière lorsqu'il crie vers Lui."
C'est pourquoi la Torah précise : "Car Je suis miséricordieux", et J'entends les cris de quiconque M'invoque."

-> Pourtant, ce verset parle de quelqu'un qui a emprunté de l'argent de son prochain et qui n'a pas payé sa dette et, auquel, pour cette raison, le prêteur a été tenu de prendre un gage, ce qui est tout à fait légitime. Malgré tout, la Torah ordonne au prêteur de lui rendre ce gage chaque soir (s'il s'agit de quelque chose dont il a besoin pour se couvrir la nuit comme une couverture ou un vêtement).
A priori, les cris de cet emprunteur ne sont pas légitimes, puisqu'il est tenu par la Loi, de payer sa dette.
Dès lors, pourquoi Hachem écouterait-Il ses cris et ses suppliques?

=> On apprend donc d'ici que Hachem est (si l'on peut dire) obligé d'entendre les cris de chaque juif qui crie vers Lui (même s'il n'a pas raison et n'en est pas digne).

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+ La force de la prière permet de modifier notre mazal en bien :

-> "Vous servirez Hachem votre D., et Il bénira ton pain et ton eau. Et J'enlèverai la maladie de parmi ton sein ; et il n'y aura pas parmi toi, de fausse-couche ni de femme stérile dans ton pays, et Je remplirai le nombre de tes jours" (Michpatim 23,25-26)

-> Le Panim Yafot fait remarquer qu'à travers ces 2 versets, les Bné Israël reçurent trois bénédictions :
- une pour les enfants : "Il n'y aura pas parmi toi, de fausse-couche ni de femme stérile" ;
- une autre pour la vie : "Je remplirai le nombre de tes jours",
- et encore une autre pour la subsistance : "Il bénira ton pain et ton eau".
Bien que nos Sages (guémara Moed Katan 28a) enseignent que ces trois éléments ne dépendent pas du mérite de l'homme, mais du signe sous lequel il est né (le ''Mazal''), néanmoins, "vous servirez Hachem votre D.", le service dont il est question étant la prière [comme ce qu'enseigne la guémara (Taanit 2b) : "Quel est le service du cœur? C'est la prière !"], car la force de la prière est telle, qu'elle est même en mesure de modifier le Mazal d'un homme en bien.

C’est le sens du verset : "Si vous servez votre D., et que vous priez, vous mériterez alors une abondance de bénédictions pour les enfants, la vie, et la subsistance."

Nécessité de se sentir petit face à Hachem

"Voici Je vais envoyer un ange devant toi" (Michpatim 23,20)

-> Nos Sages utilisent ce verset pour expliquer un dicton populaire : "Alors que j'étais plus jeune, j'étais livré aux mains des grands, maintenant que je suis vieux, je suis entre les mains des petits".
Lorsque Hachem s'est préoccupé des Hébreux, ils étaient jeunes et venaient de sortir d'Egypte. C'est Hachem Lui-Même Qui a pris soin d'eux, avec une colonne de nuée le jour et une colonne de feu la nuit. Mais quand ils grandirent, Hachem leur annonça que c'est un ange qui allait désormais prendre le relais de protecteur.

-> Le Gaon de Vilna explique le sens de cet enseignement de la façon suivante.
Encore petit, ce sont les parents qui subviennent aux besoins de leur enfant. Quand il grandit, il devient autonome. Hachem agit de la même façon avec le Juif. Tant qu'il se sent petit, qu'il sent qu'il dépendant complètement d'Hachem et ne peut pas s'en sortir sans Lui, alors Hachem s'occupe de lui en Personne. Mais quand il devient autonome, et pense pouvoir se démêler avec son intelligence, sa force et ses moyens naturels, alors Hachem le laisse naturellement.
Pour mériter d'être dirigé par Hachem Lui-Même, on doit se sentir ''petit'', sentir qu'on ne peut pas s'en sortir sans Son Aide. De cette façon, on aura des réussites surnaturelles, qui viendront d'Hachem. Mais si on croit pouvoir s'en sortir sans Lui, que l'on est assez grand pour cela, alors Hachem continuera bien-sûr à nous assister, car il ne peut pas en être autrement.
Mais Il le fera selon le modèle de la nature, qui comporte aussi les limites naturelles, avec les inconvénients qui en sont liés. C'est pourquoi, les chérubins qui se trouvaient dans le Saint des Saints avaient l'aspect de jeunes enfants.

C'est à cela que doit aspirer un Juif : se sentir petit face à Hachem, à l'image d'un enfant qui s'en remet à ses parents, c'est le niveau de la plus haute perfection pour un humain.
Le roi David implore Hachem : "Ne m'abandonne pas au moment de ma vieillesse" (Téhilim 71,9). Pourquoi parle-t-il de la vieillesse? Cela signifierait que dans sa jeunesse, Hachem pourrait l'abandonner?
Non, ce que voulait dire le roi David : "Tant que je me sens jeune, petit, ne pouvant pas me débrouiller sans Toi, alors j'ai l'assurance que Tu ne m'abandonneras pas. Mais si un jour, je me sens grand et intelligent, avec l'expérience et la sagesse de la vieillesse, et que je m'imagine pouvoir compter sur moi-même pour réussir, alors je t'en prie, même ce jour-là "ne m'abandonne pas"!
Car le jour où j'en viendrai à penser pouvoir évoluer seul, je n'aurai plus l'assurance que Tu m'assisteras autant".

Hachem est davantage proche de nous lors de nos moments difficiles

+ Hachem est davantage proche de nous lors de nos moments difficiles :

"Vous adorerez Hachem, votre D., et Il bénira votre nourriture et votre boisson, et Je retirerai la maladie de ton sein" (Michpatim 23,25).

-> On peut remarquer que dans ce verset, Hachem est appelé "Il" et "Je".
Le verset commence par "Il bénira ta nourriture" (ouvéra'h ét la'hmé'kha), puis il poursuit par "Je retirerai la maladie de ton sein" (va'assiroti ma'hala mikirbé'ha).

Le Beit Elokim (chaar HaTéfilah - chap.1) explique que la hachga'ha pratit (providence, intervention) d'Hachem est particulièrement proche et plus manifeste pour ceux qui souffrent.
La fin du verset fait référence à une personne malade, en déclarant : "J'éloignerai la maladie". Le début du verset traite de la réception des bénédictions d'Hachem. Lorsque tout va bien et que Hshem accorde Ses bénédictions, la hachga'ha d'Hachem sur un juif n'est pas aussi manifeste.

On peut comparer cela à une personne qui a plusieurs enfants et dont l'un est malade. L'esprit des parents est davantage concentré sur cet enfant. Hachem aussi est plus proche de ceux qui traversent des moments difficiles.

-> Dans les mots du Beit Elokim :
"Il est écrit וַהֲסִרֹתִי (va'assiroti - Je retirerai), et non והסיר (Il retirera) ... En effet, la hachga'ha (l'intervention) d'Hachem sur Ses créatures pour les sauver de leurs ennuis est d'un niveau plus élevé que Sa hachga'ha pour leur donner du bien.
Hachem fait preuve de bonté envers toutes Ses créatures, comme il est dit : "Hashem est bon envers tous" (tov Hachem lakol - Téhilim 145,9).
Mais pour les sauver lorsqu'elles sont dans une souffrance, il faut un niveau plus élevé de hachga'ha pratit et une plus grande compassion.
C'est pourquoi, en ce qui concerne les bénédictions, il est écrit : "Il bénira votre nourriture" (ouvéra'h ét la'hmékha), une expression cachée. Et pour le salut et la guérison, il est écrit : "J'ôterai la maladie" (va'assiroti) ... Tu sauras et tu comprendras ... que c'est moi qui sauve et guéris toute vie, grâce à ma hachga'ha pratit qui est sur eux."

-> Ainsi, la hachaga'ha pratit d'Hachem est moindre lorsque tout va bien : lorsqu'Il agit avec bonté (יהוה) il est perçu comme plus loin de nous.
A l'inverse, lorsque l'on traverse des moments difficiles : lorsqu'Il agit avec Rigueur (אלקים ), la hachaga'ha d'Hachem est importante, Il est très proche de nous.

-> "Car Hachem, Elokim, est un soleil et un bouclier" (ki chéméch oumaguen Hachem Elokim - Téhilim 84,12).
Le Baal Shem Tov (Kéter Shem Tov - vol.2, p.24) enseigne que le soleil est une allusion pour le nom d'Hachem יהוה, et que le bouclier du soleil est une allusion pour le nom d'Hachem אלקים .
Il est impossible de regarder le soleil sans bouclier (protecteur).
De même, l'attribut de bonté d'Hachem, représenté par le nom יהוה , serait trop intense pour être reçu sans un bouclier, représenté par le nom אלקים , qui représente les dinim (rigueurs).
Il est dit (guémara Avoda Zara 3b) qu'à l'avenir, Hachem retirera le soleil de son étui (נרתיקה) et les tsadikim seront guéris par sa lumière.
Cela signifie qu'à l'avenir, nous pourrons voir Hachem même à travers Sa bonté directe. Il ne sera plus nécessaire d'être protégé par l'Attribut divin de Rigeur (midat hadin).
Mais dans ce monde, la seule façon dont nous pouvons percevoir Hachem est à travers le bouclier et les épreuves de la vie.

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+ Le bel enseignement du Maharal :

-> "Venez voir combien le peuple juif est aimé par Hachem. Partout où il est allé en exil (galout), la Présence Divine (Chékhina) l'a accompagné.
Ils sont allés en Egypte, la Chékhina les a accompagnés ... ils ont été exilés à Eilam, et la Chékhina était avec eux ... ils furent exilés à Bavel, et la Chékhina était avec eux ... ils furent exilés à Édom, et la Chékhina était avec eux ...
Et de même lorsque les juifs seront délivrés dans le futur, la Chékhina sera avec eux (véaf [וְאַף] kéché'èn atidin ligaél Chékhina imaèn)".
[guémara Méguila 29a]

-> L'expression אף (af - de même) indique qu'il s'agit d'un 'hidouch, de quelque chose de nouveau.
Le Rachba s'interroge : pourtant à priori cela n'est pas un 'hidouch. Il semble évident qu'Hachem sera avec nous lors de la guéoula (rédemption).
Si Hachem était avec nous pendant les moments difficiles, en exil, il sera certainement avec nous au sommet de notre gloire.

Le Maharal (Nétsa'h Israël - chap.10) écrit : "J'affirme ... qu'il y a plus de raisons pour qu'Hachem soit avec le peuple juif lorsqu'il est en exil (galout) qu'au moment de la guéoula".

Ainsi, selon le Maharal, la guémara doit être lue littéralement. Il y a un plus grand 'hidouch dans le fait qu'Hachem sera avec nous au moment de la guéoula, car il est plus naturel pour Hachem d'être avec nous pendant les périodes de souffrance, de difficulté.
Il est écrit : "Hachem le soutiendra sur son lit de malade" (Téhilim 41,4). La guémara (Shabbath 12b) tire de ce verset qu'Hachem est au-dessus de la tête d'une personne malade. Il est davantage proche des malades et des souffrants que de ceux qui n'ont pas ces problèmes.

Le Maharal poursuit : "Il y a deux raisons à cela. Premièrement, quiconque a besoin d'être surveillé et soigné (physiquement comme moralement), bénéficie davantage de la Providence (hachga'ha) d'Hachem.
La deuxième raison est qu'il est écrit : "Je demeure avec ceux qui ont [le cœur] brisé et qui sont humbles d'esprit" (אשכון ואת דכא ושפל רוח - Yéchayahou 57,15).
C'est la manière d'agir d'Hachem, de demeurer avec les opprimés et ceux qui souffrent. Par conséquent, Hachem est particulièrement proche de la personne malade qui est דכא (daka - brisé, écrasé).

Pour ces deux raisons, il est plus raisonnable que la Chékhina soit avec nous en exil qu'au moment de la guéoula. En exil, nous devons être protégés afin que les non juifs (goyim) ne nous fassent pas de mal.
De plus, nous sommes opprimés et écrasés (moralement, spirituellement, physiquement) en exil, et Hachem demeure avec les "les opprimés et les humbles d'esprit".
On pourrait donc penser que lorsque nous serons délivrés de l'exil (que tout ira bien pour nous), la Chékhina ne sera plus avec nous.
C'est pourquoi la guémara vient nous donner une 'hidouch : la Chékhina restera avec nous même à ce moment-là.

=> On voit de là qu'à un niveau individuel ou collectif, plus il y a de l'obscurité, des moments durs, plus Hachem est présent à nos côtés.
Cette règle est telle? qu'il pourrait en résulter que la guéoula où l'on sera remplie de joie implique un retrait de la divinité par rapport à avant, dans les ténèbres de l'exil. Nos Sages ont dû faire un ajout spécifique pour dire que ce ne sera pas le cas.
Ainsi, un juif n'est jamais seul, et plus il est dans le noir de sa vie, plus la lumière de papa Hachem est puissante à ses côtés. (libre arbitre oblige, nous n'aurons conscience de cela que dans le monde de Vérité)

-> La question se pose : pourquoi la Chékhina restera-t-elle avec nous pendant notre guéoula?
Les deux raisons mentionnées ci-dessus ne s'appliquent pas. Nous n'aurons plus besoin d'une protection spéciale et ne serons plus opprimés.
Le Maharal explique qu'il existe une 3e raison pour laquelle Hachem est avec le peuple juif. C'est parce que Hachem et le peuple juif ont un lien et une connexion solides qui ne peuvent jamais être rompus.
Le peuple juif est appelé ישראל , qui contient le nom d'Hachem (le nom א"ל ), et c'est une chaîne qui nous relie à Hachem.
Par conséquent, même pendant la guéoula, Hachem sera avec nous, car Hachem et le peuple juif sont éternellement liés.

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-> Il est écrit : "Tu as créé le Léviatan pour jouer avec lui" (Liv'yatan zé yatsarta lécha'hék bo - Téhilim (104,26). Pourquoi le verset mentionne-t-il le Léviatan en particulier?
Nos Sages (Baba Batra 74b) affirme qu'Hachem a créé un Léviatan mâle et une Léviatan femelle. Mais lorsque Hachem a vu que le monde n'existerait plus s'ils se multipliaient et avaient des enfants (vu leur taille énorme), Hachem a tué la femelle et l'a salée pour les tsadikim du futur.
Le Léviatan mâle est resté seul. Hachem dit au Léviatan : "Tu n'es pas seul au monde. Hachem sera là avec toi, et si l'on peut dire jouera avec toi."
C'est une leçon pour tous ceux qui se sentent seuls au monde à cause de leurs souffrances et autres. Sachez que vous n'êtes pas seuls. Hachem est avec vous. Il vous attire près de Lui pour être avec Lui.
[rav Elimélé'h Biderman]

[on voit que dans notre exil les juifs se sentent seuls parmi les nations hostiles, et on pourrait croire qu'Hachem nous ayant chassé du Temple, Il est très loin de nous. Mais c'est l'inverse, justement comme nous sommes seuls, cela implique qu'Il doit être davantage à nos côtés. [à l'image du Léviatan ]
On peut éventuellement ajouter qu'avec la chute spirituelle, génération après génération (ex: moins de lien, de connaissance d'Hachem), on a un sentiment d'être toujours plus loin de la divinité, mais en réalité Hachem n'a jamais été aussi proche de chaque juif qu'à notre génération (justement du fait que nous sommes plus loin de lui par nos capacités spirituelles faibles). ]

Par nos mauvaises pensées nous trompons notre femme spirituelle

+ Par nos mauvaises pensées nous trompons notre femme spirituelle :

" S’il est venu seul, seul il sortira; s’il était marié, sa femme sortira avec lui" (Michpatim 21,3)
[la Torah parle ici du juif qui s’est vendu comme esclave pour 6 ans ]

-> De son côté, le Ben Ich 'Haï nous enseigne :
En plus du pshat (le sens littéral) du verset, on peut comprendre une allusion faite grâce à une histoire que voici :
C’est un homme qui va vient devant un grand Tsadik et le Tsadik lui demande : "combien de femmes as-tu?", il lui répond : "une seule". Le Tsadik lui dit qu’il ment, et l’homme de répondre qu’il n’a qu’a envoyer son Shamash (serviteur) pour aller vérifier chez lui. Ce à quoi le Tsadik répond : "tu caches tes autres femmes dans des pièces secrètes", l’homme lui répond encore d’aller vérifier chez lui qu’il n’y a pas de pièces secrètes et qu’il n’a cas envoyer son Shamash vérifier. Et le Tsadik de répondre : "le Shamash ne peut pas entrer dans tes pièces secrètes pour vérifier". L’homme s’exclame : « comment le Tsadik peut-il affirmer cela, je n’ai ni autre femme ni pièces cachées...".
Alors le Tsadik s’explique en disant : "sache que je vois que tu es un homme avec de mauvaises pensées, tu désires et tu penses à d’autres femmes, jour et nuit. Ton cerveau et ton cœur sont les pièces cachées ou tu caches ces autres femmes auxquelles tu penses ..."

Revenons à notre verset, l’homme qui est pure de mauvaises pensées est appelé "baal icha" (בַּעַל אִשָּׁה) = l’homme marié ou littéralement le mari d’une seule femme, car il n’en possède qu’une et n’en cache en son cœur ou sa tête aucune autre.
D’ailleurs, la Torah est appelé aussi "la femme" de l’homme, et si la femme physique n’est pas en permanence présente avec son mari, la Torah elle l’est tout le temps, de jour comme de nuit. Comme il est dit : "Ce livre de la Torah ne doit pas quitter ta bouche, tu le méditeras jour et nuit" (Yéhochoua 1,8).
La Torah est aussi appelé "Une", comme il est dit : "Une seule loi et un seul droit seront pour vous" (Torah a'had oumichpat é'had yiyé la'hem - Chéla'h Lé'ha 15,16).

=> Il en ressort que la Torah est appelée, "femme" et "une".
C’est l’allusion de notre verset, celui qui ne protège pas ses pensées et se laisse aller à regarder, envier et penser à d’autre femmes, trahis sa femme physique d’une part, mais aussi se sépare de sa femme spirituelle qui est la Torah.
Tandis que celui qui sait se protéger de ces mauvaises pensées, est unie avec cette femme spirituelle qui l’accompagnera dans le monde à Venir (Olam aba) lorsqu’il quittera ce monde, comme le dit le verset ci-dessus : "sa femme sortira avec lui" (véyatsa ichto imo).

"Quand un homme frappera l'œil de son esclave ... s'il fait tomber la dent de son esclave ou la dent de sa servant, il les renverra libres" (Michpatim 21,26-27)

-> Nous apprenons de ce verset que si le maître de maison a frappé son esclave cananéen et a endommagé une dent ou un œil, l'esclave sera affranchi de son esclavage.

=> Pourquoi la Torah précise-t-elle la dent et l'œil?

Le midrach explique que les esclaves cananéens sont des descendants de 'Ham.
Or, 'Ham fauta précisément avec la vue et la parole comme il est dit : " 'Ham, père de Canaan, vit la nudité de son père et l'annonça à ses 2 frères" (Noa'h 9,22).
Ainsi, l'esclave sortira en liberté contre une dent ou un œil car lorsque ce dernier subit un dommage à la dent ou à l'œil, il expie par cela les fautes commises durant sa précédente réincarnation et peut donc s'affranchir de sa condition d'esclave, sa réparation ayant été réalisée.
[Tsor ha'Haïm - Michpatim]