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Commenter la Torah sans fondement

"Tu ne feras pas pour toi de forme gravée" (Yitro 20,4)

-> Bien que, selon le sens simple, ce verset fasse référence à l'idolâtrie, le Zohar explique qu'il peut également s'appliquer à celui qui veut délivrer un nouvel enseignement de la Torah qui n'a aucun fondement et qui ne s'appuie pas sur les paroles de nos maîtres.

Voici le langage du Zohar :
"Combien l'homme devra être méticuleux et prendre garde, lorsqu'il étudie la Torah de façon profonde, de ne pas se tromper dans son étude, ne pas dire que quelque chose est pur lorsque c'est impur ou, à l'inverse, que c'est impur lorsque c'est pur.
Il ne devra pas faire sortir de sa bouche des paroles de Torah qui n'ont aucun fondement chez nos maîtres ou qu'il n'a pas reçues lui-même de son maître. En effet, celui qui enseigne des paroles de Torah sans savoir leur source ou leur origine, sans les avoir reçues de son propre maître, il est écrit à son propos : "Tu ne feras pas pour toi de forme gravée".
En d'autres termes, ne te "sculpte" pas une nouvelle Torah."
[Merkavot Argaman al haTorah]

Avoir de bons juges

"Vous établirez pour vous des juges et des représentants de la loi dans toutes vos portes ... et ils jugeront le peuple avec droiture" (Choftim 16,18)

-> Un juge doit s’efforcer de rendre un jugement qui soit absolument juste, pour l’amour du Ciel, et exempt de toute autre motivation (ex: son honneur personnel).
Nos Sages (voir Yébamot 109b) disent que lorsqu’un juge siège pour rendre la justice, l’ange de la mort et le Guéhinam se trouvent à sa gauche, tandis que la Chékhina et le Gan Eden se trouvent à sa droite.
Celui qui rend un jugement véridique renforce le côté de la sainteté, qui est la vérité, et détruit le côté de l’impureté, qui est le mensonge.
S’il fait le contraire, ce qui arrive malheureusement en raison de nos nombreuses fautes, il donne au mensonge des appuis sur lesquels se tenir et il renforce la sitra a'hara (force du mal).
En revanche, celui qui rend un jugement véridique hâte la rédemption (guéoula), comme le dit le verset : "Observez la justice et accomplissez [des actes de] droiture, car mon salut est sur le point de venir" (Yéchayahou 56,1), et "Sion sera rachetée par la justice" (Yéchayahou 1,27).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayé'hi 49,16-18]

Mont Sinaï = don de l’âme juive

"Hachem prononça toutes ces paroles en disant" (Yitro 20,1)

-> Lorsque Hachem déclare : "Je suis Hachem ton D." (Yitro 20,2), les Bné Israël ont tremblé et leur âme (néchama) s'est envolée.
La Torah se présenta devant Hachem : "Maître de l'univers, souhaites-Tu me transmettre à des morts? Pourtant il est écrit : "Ce ne sont pas les morts qui loueront Hachem ni aucun de ceux qui sont descendus dans l'empire du silence!" (Téhilim 115,17).

-> Que fit Hachem? Il fit descendre la rosée de la résurrection des morts, comme il est écrit : "Tu fis ruisseler, ô D., une pluie bienfaisante ; ainsi Toi-même, Tu as restauré Ton héritage" (Téhilim 68,10).

-> D'autres opinions soutiennent que Moché Rabbénou s'est élevé dans les mondes Supérieurs, jusqu'au Trône de Gloire, pour faire redescendre, une à une, les âmes de tout Israël.

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=> Pourquoi les âmes des enfants d'Israël se sont-elles envolées pour finalement revenir et restituer la vie?

-> Le Zohar apporte la réponse suivante : jusqu'au don de la Torah au mont Sinaï, les Bné Israël possédaient des âmes identiques aux descendants de Noa'h et chacun d'entre eux était considéré comme un peuple à part. Ainsi, tout comme Israël, les nations avaient le même niveau de néchamot.
Dans ce cas, comment un juif peut-il prononcer la bénédiction du matin : "Béni sois-Tu Hachem, Roi de l'univers, de ne pas m'avoir fait non-juif"?
C'est la raison pour laquelle Hachem leur a retiré toutes leurs âmes, qui se sont envolées. Moché s'est alors élevé dans les mondes supérieurs pour les faire redescendre car il s'agissait d'âmes neuves, afin que chacun des Bné Israël puisse recevoir l'âme d'un juif.
C'est pourquoi Hachem a fait pleuvoir une rosée de la résurrection des morts.

"Vous prendrez pour vous un agneau ou un chevreau sans défaut, mâle, âgé d'un an, parmi les moutons ou les chèvres" (Bo 12,5)

-> En raison d'un décret divin, le peuple juif fut réduit en esclavage en Egypte. Ce décret fut prononcé au nom d'Hachem אלהים (Elohim), qui représente l'Attribut divin de Rigueur.
Lorsque le peuple juif devint méritant, le jugement se transforma en miséricorde et le nom Elohim s'adoucit.

Le nom אלהים (Elohim) écrit en entier (comme אלף למד הי יוד מם) a une valeur numérique de 300.
Lorsque nous ajoutons cinq (un pour chaque lettre de אלהים ) la valeur totale est de 305, soit la même que שה (agneau, chevreau).
Cela suggère que, en prenant cet agneau/chevreau pour l'offrande de Pessah, le nom Elohim (représentant la justice) a été adouci.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam ]

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-> "Ils mangeront la viande cette nuit-là, rôtie au feu (tsli éch), et (avec) des matsot ; ils la mangeront avec des herbes amères" (Bo 12,8)

-> Pourquoi Hachem a-t-il ordonné au peuple juif de faire rôtir l'offrande de Pessa'h au feu?
Nous pourrions peut-être l'expliquer ainsi : à ce moment-là, la sitra a'hara et le yétser ara étaient complètement maîtrisés. Le mot צְלִי אֵשׁ (rôti au feu) a une valeur numérique de 431, qui est la même que סמאל יצר : "Samaël", l'ange en chef de la sitra a'hara (force du mal), et "yétser", le yétser ara.
Cela nous enseigne que l'ange maléfique Samaël et le yétser ara (qui tire sa force de Samaël) étaient complètement soumis et brûlés ; c'est pourquoi l'offrande de Pessa'h est "rôtie au feu".
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam ]

Mettre les punitions encourues face au yétser ara

"Et voici les jugements (ordonnances [lois]) que tu placeras devant eux" (élé amichpatim achèr tachim lifné'ém - Michpatim 21,1)

-> Le mot המשפטים (amichpatim - jugements) a la valeur numérique de 484, qui est la même que celle des mots גוך נשמה (kouf - corps et néchama - âme).
Cela nous suggère que lorsque le yétser ara domine quelqu'un, lorsqu'il tente de le retourner contre son Créateur et de lui faire perdre à la fois son corps et son âme, il doit se souvenir des jugements et des punitions qu'il recevra dans l'au-delà pour les avoir transgressés. Ce faisant, son corps et son âme lui seront soumis.

Nous pouvons comprendre le verset comme suit :
"achèr tachim lifné'ém" = que tu placeras devant eux. Tu placeras les jugements devant le corps et l'âme, auxquels fait allusion le mot "les jugements" [car ils ont la même valeur numérique].
"élé amichpatim achèr tachim lifné'ém" (וְאֵלֶּה הַמִּשְׁפָּטִים אֲשֶׁר תָּשִׂים לִפְנֵיהֶם) = Et voici les jugements que tu leur présenteras. Les initiales de ces mots sont והאתל, qui forment le mot לתאוה (létaava - par désir).
C'est une allusion au fait que si une personne est submergée par les désirs (taavot) du yétser ara, elle doit garder à l'esprit les jugements et les punitions qu'elle recevra dans le monde à Venir (qui est éternel, alors que les désirs sont éphémères).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Michpatim 21,1]

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[nos Sages nous recommandent avant chaque action de réfléchir : qu'est-ce je gagne, par rapport à ce que je vais y perdre, au prix des souffrances que je vais devoir subir pour cela. ]

L’allusion que la tsara’at soit blanche

+ Tazria - l'allusion que la tsara'at soit blanche :

-> Il est intéressant de noter que la (tâche de) tsara'at est blanche.
Le Zéra Shimshon s'interroge sur ce fait et demande : pourquoi ce qui résulte de la faute et rend une personne impure est-il blanc? Le blanc est la couleur qui symbolise la pureté et le pardon des fautes, comme on le voit lors de Yom Kippour. Pourquoi alors est-ce la couleur de la tsara'at?

Le Zéra Shimshon explique cela comme suit.
Le verset dit : "Ce sera en ce jour-là que la lumière ne sera ni vive ni faible" (Zé'haria 14,6).
La guémara (Pessa'him 50a) explique que dans le monde à Venir, ceux qui étaient très brillants dans ce monde seront sombres. Rachi explique que cela fait référence aux personnes respectées qui sont souvent riches mais pécheresses (fauteuses) ; bien que dans ce monde elles aient un statut et qu’elles s’en sortent bien (symbolisé par le mot "brillant"), dans le monde à venir elles ne seront pas respectées (sombre, obscurcie).
L’inverse est également vrai.
Ceux qui n’ont pas de statut particulier dans ce monde mais qui sont véritablement vertueux brilleront dans le monde à Venir.

Dans ce monde cependant, les justes (tsadikim) n’ont pas la vie facile. En effet, la guémara (Horayot 10b) dit : "Heureux les tsaddikim qui reçoivent dans ce monde ce que les réchaïm reçoivent dans le monde à Venir".
De même, la guémara (Kidouchin 39b) enseigne que celui qui a plus de mérites que de fautes semble être traité dans ce monde comme s’il avait brûlé toute la Torah.

Ainsi, lorsqu’une personne traverse des épreuves dans ce monde, symbolisé par les ténèbres (le sombre, l'obscur), c’est le signe que dans l’autre monde, cette personne connaîtra la lumière, que tout ira bien pour elle.
En revanche, lorsqu’une personne mène une vie agréable dans ce monde, symbolisé par la lumière, le monde à Venir sera sombre pour elle.
[évidemment, cela ne doit pas nous servir à juger les autres. ]

Yom Kippour fait exception à cette règle, car le jour de Yom Kippour lui-même est comme le monde à Venir, où le blanc représente effectivement la pureté et le pardon.

C’est pourquoi la couleur de la tsaara'at est le blanc. C’est pour faire comprendre à la personne qu’elle faute et que si elle continue ainsi, elle fera partie de ceux qui ont le blanc, la lumière, la clarté, ... dans ce monde et non dans celui à Venir.

"Voici les noms des Bné Israël, venus en Égypte; ils y accompagnèrent Yaakov, chacun avec sa famille : Réouven, Chimon et Yéhouda ..." (Chémot 1,1-4)

-> Il est connu que notre sainte Torah transcende le temps, dans la mesure où elle concerne tous les temps et toute l'éternité, car le roua'h hakodech (inspiration divine) ne cesse jamais.
Et même si, lorsque le roua'h hakodech a prononcé ces mots, ils faisaient référence à des événements qui se sont produits à ce moment précis, cette même déclaration recèle néanmoins une signification éternelle et infinie.
Cette compréhension est exprimée dans la liste des noms des tribus (Chémot 1,1-4) qui ouvre le récit : même si les tribus [du peuple juif] reçoivent des noms liés aux événements décrits dans les versets, néanmoins, comme ces noms font partie d'une déclaration sacrée, la simple récitation de leurs noms recèle une signification qui n'est pas limitée dans le temps, mais qui est plutôt vraie pour tous les temps.
[Maor vaChémech]

-> "Voici, une échelle était appuyée contre la terre" (Vayétsé 28,12)"
"Cela nous enseigne qu'Hachem (dans ce rêve prophétique) montra à Yaakov l’ange gardien de Babylone montant et descendant [sur l’échelle], l’ange gardien de la Médie montant et descendant, l’ange gardien de la Grèce montant et descendant, et l’ange gardien d’Édom [Rome] montant et descendant.
Hachem dit alors à Yaakov : "Toi aussi, tu dois monter". À ce moment-là, Yaakov eut peur et dit : "Tout comme elles [les autres nations] connaissent la chute, moi aussi [le peuple juif] je connaîtrai la chute."
Alors Hachem dit : "N’aie pas peur. Si tu montes, tu ne redescendras jamais."
Yaakov n’y crut pas et ne monta pas."
[midrach raba Emor 29,2]

-> Le Sfat Emet (5632) commente :
Pourquoi Yaakov ne voulait-il pas monter l’échelle?
Nous pouvons répondre tout simplement que Yaakov avait compris que s’il gravissait un certain nombre d’échelons comme l’avaient fait les autres nations, cela imposerait des limites définitives au potentiel de ses descendants (les juifs).
En revanche, en refusant de monter, il a exprimé sa conviction qu’il n’y a pas de limites aux sommets spirituels que ses enfants peuvent atteindre.
Nous voyons ainsi que si nous nous montrons dignes, nous pouvons atteindre des sommets indescriptibles et récolter des récompenses dont aucune autre nation ne peut rêver.

La forme des Tables de la Loi

-> De nombreuses personnes argumentent que les Tables de la loi (Lou'hot) avaient une forme carrée. Toutefois, depuis plusieurs siècles, nous pouvons constater que les Tables de la loi qui sont représentées dans les différentes synagogues présentent une partie carrée à leur base en bas tandis qu'elles sont arrondies sur le dessus.

Sur ce point, le rav Moutsafi rapporte une source qu'il a trouvée dans les paroles de Rabbi Moché Cordovéro qui a écrit que les Tables de la loi étaient conçues de lumière spirituelle qui descendait depuis les hauteurs des mondes supérieurs, ressemblant à deux gouttes d'eau de grande taille sur lesquelles étaient inscrites les 10 Paroles divines.
Lorsque Moché Rabbénou est revenu avec les Tables de la loi pour les faire descendre sur terre, elles ont pris une forme carrée depuis le bas, tout comme une goutte d'eau qui aurait été congelée prendrait une forme carrée et saisie en fonction du moule. Par contre, leur forme supérieure est restée intacte, comme dans les cieux, bien qu'elles soient descendues sur terre.
C'est la raison pour laquelle elles ont gardé une forme arrondie, comme une goutte d'eau, tandis qu'elles étaient carrées à leur base inférieure.
Nous apprenons d'ici une source selon laquelle les Tables de la loi étaient bien de forme arrondie au-dessus, tandis qu'elles avaient une forme carrée en dessous.

La tsara’at vient susciter des prières publiques

-> La guémara (Moéd Katan 5a) dit que la raison pour laquelle la personne atteinte de tsara'at doit s’écrier : "Je suis impur, je suis impur" (Tazria 13,45), est de susciter la miséricorde du public afin qu’il prie en sa faveur.

La raison pour laquelle il a besoin que le public prie en sa faveur est précisément qu’il n’a aucun espoir. [au regard de la gravité de tout lachon ara. ]
Ce n’est que grâce à l’intervention du public, dont le pouvoir de la prière peut annuler même les décrets les plus sévères (Roch Hachana 18a), qu’il peut être pardonné.

Ainsi, la tsara'at est en réalité une affliction (provenant du lachon ara - Arakhin 16a) qui conduit à son expiation, mais pas en raison de la souffrance causée par la maladie.
C’est plutôt parce que les gens savent désormais qu’il a besoin de leurs prières et que, grâce aux prières de la foule, il est pardonné.
S’il ne dépendait que de lui seul, il n’aurait en effet aucun espoir.
[Zéra Shimshon]

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[d'une certaine façon, nous avons besoin de l'aide d'autrui, comme pour expier notre attitude de lachon ara, où l'on a dénigrer, mal parler des autres. ]