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Le respect de son frère/soeur plus âgé

"Honore ton père et ta mère" (Yitro 20,11)

-> "Honore ton père et ta mère" (kabed ét avi'ha vé'ét imé'ha - כַּבֵּד אֶת אָבִיךָ וְאֶת אִמֶּךָ).
Nos Sages nous enseignent que la lettre vav (ו) n'était pas nécessaire, elle a été ajoutée pour nous apprendre que le grand frère est inclus dans ce commandement du respect. [guémara Kétoubot 103a ]

-> En effet, la loi a été tranchée par le Rambam (Hilkhot Mamrim - chap.6), ainsi que par Maran Rabbi Yossef Caro qui a tranché la loi dans le Choul'han Aroukh : chacun des frères et sœurs devra respecter celui ou ceux qui le précèdent.
Ainsi par exemple, le cinquième honorera le quatrième et les précédents, le quatrième honorera le troisième et les précédents, ...

-> Le Arizal (chaar hamitsvot - Yitro) explique que les âmes des frères et sœurs que les parents sont amenés à mettre au monde sont rattachées les unes aux autres telles des branches reliées entre elles au-dessus d'un tronc d'arbre. Chacune forme une branche pour celle qui la précède et toutes sont reliées au premier-né.

-> Pour sa part, le Zohar (Yitro 90a) explique que le mot את (ét) vient inclure l'honneur dû à son Rav.
En effet, c'est par le mérite de son maître que l'homme va pouvoir accéder au monde futur tandis que c'est par le mérite des parents de l'homme accède au monde actuel (Kidouchin 33b).

"Chaque fois qu'Hachem prononçait l’un des 10 Commandements, les âmes des juifs les quittaient. À l’aide de la rosée de la résurrection, Hachem ramenait les juifs à la vie" (guémara Shabbath 88b).

=> Pourquoi Hachem n’a-t-Il pas pu faire en sorte que les âmes des juifs ne les quittent pas dès le départ?

Lorsque les juifs quittèrent l’Égypte, ils étaient encore remplis d'impuretés et de fautes, et leurs corps n’étaient pas assez purs pour recevoir la Torah. C’est pourquoi il fallait que leurs âmes les quittent.
Lorsque leurs âmes revinrent, ils renaquirent et, ainsi, ils étaient désormais spirituellement prêts à recevoir la Torah.

Cela s’apparente à l’interprétation que fait le Zohar de l’expérience de Moché devant le buisson ardent.
Hachem informa Moché qu’il devait retirer ses sandales. On comprend que cela signifie que le corps de Moché, qui avait vécu dans le palais du Pharaon, n’était pas apte à recevoir les prophéties d'Hachem.
C’est pourquoi, en un sens, Moché a dû se débarrasser de son ancien corps et en recevoir un nouveau.

Il en fut ainsi au mont Sinaï, et il en sera de même avec la venue du machia'h.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,10 ]

Le lachon ara un danger mortel

+ Métsora - Tsara'at : le lachon ara un danger mortel :

-> Le midrach (Vayikra raba 16,2) rapporte l'histoire bien connue d'un colporteur qui proclamait vendre le "remède de vie". Rabbi Yanaï s'approcha de lui et lui demanda d'en acheter. Le colporteur lui répondit en lui montrant le verset qui dit : "Celui qui désire la vie, ..., garde sa langue de dire du mal" (mi a'ich é'hafets 'haïm ... nétsor léchonékha méra - Téhilim 34,13-14).
Rabbi Yanaï dit que jusqu’à ce que ce colporteur lui explique ce verset, il ne l’avait jamais pleinement compris.

Le Zéra Shimshon pose la question évidente : qu’y avait-il de si difficile à comprendre dans ce verset? Et qu’a expliqué le colporteur à Rabbi Yanaï?

Le Zéra Shimshon explique que Rabbi Yanaï était troublé par un autre verset. Le verset dit : "Celui qui surveille sa bouche et sa langue se préserve de la souffrance de son âme" (chomer piv oulchono, chomer mitsarot nafcho - Michlé 1,23).
Le midrach (Tan'houma - Métsora 2) dit que ce verset ne doit pas être lu comme "צרת נפשו", la souffrance de son âme, mais plutôt comme "צרעת נפשו", de la tsara'at qui affligera son âme.

Rabbi Yanaï était troublé par le fait que le verset devrait en réalité dire qu’en surveillant sa bouche, on se protège de la tsara'at de son corps, et non de son âme, puisque c’est le corps qui est affligé par la tsara'at?

Le Zéra Shimshon explique que le colporteur a répondu à la question de Rabbi Yanaï lorsqu’il a annoncé : "Qui désire la vie?"
Lorsque Rabbi Yanaï a entendu cela, il a compris que la tsara'at n’est pas seulement une affliction du corps, mais qu’elle constitue également un danger pour la vie.

Tout d’abord, la guémara (Nédarim 64) enseigne qu’une personne atteinte de tsara'at est considérée comme morte.
Le Zera Shimshon explique en outre que le Targoum traduit le mot tsara'at par סגירו (sag'rou), ce qui signifie "exclu". En effet, une personne atteinte de tsara'at est coupée de toute influence spirituelle qui donne la vie à un individu. Ainsi, sa vie même est en danger.

C'est le sens du verset : "La vie et la mort sont entre les mains de la langue" (a'haïm véamavét béyad halachon - Michlé 18,21). Ce verset est généralement compris comme signifiant que par de simples mots, on peut influencer la vie d'autrui.
Cependant, le Zéra Shimshon explique que le verset enseigne également que celui qui tient des propos de lachon Hara met lui-même sa propre vie en danger.

C'est la leçon que Rabbi Yanaï a tirée du colporteur, lorsqu’il l’a entendu demander : "Qui veut la vie?".

De même, il comprenait désormais le verset qui dit : "Celui qui surveille sa bouche et sa langue se préserve de la souffrance de son âme", plutôt que de la souffrance de son corps.
D'après ce qui précède, la tsara'at (affection provenant du lachon ara) est en effet une souffrance de l'âme et pas seulement une souffrance du corps, puisque la tsara'at met en danger l'âme même de la personne.

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=> la tsara'at, qui est le résultat du lachon ara, n'affecte pas seulement le corps, elle est également quasi-mortel pour l'âme.

Nos fautes donnent du pouvoir à nos ennemis

+ Nos fautes donnent du pouvoir à nos ennemis :

"Et je vous séparerai des nations pour que vous soyez à Moi" (Kédochim 20,26)

-> À propos de ce verset, le Torat Kohanim dit : Hachem déclare (concernant le peuple juif) : "Si vous vous séparez des nations du monde (de leurs manières de se conduire), alors vous serez à Moi. Cependant, si vous ne le faites pas, vous appartiendrez à Névou'hadnétzar et à ses amis."

-> Le Zéra Shimshon explique ce midrach de la manière suivante.
Le verset dit : "Ses persécuteurs (du peuple juif) se sont élevés au sommet (sont devenus des dirigeants)" (Eikha 1,5).

Les Mékoubalim expliquent que, naturellement, un juif est enraciné du côté de la sainteté. Cependant, lorsqu’il faute, les forces de la sainteté se séparent de lui et il est envahi par les forces de l’impureté.
Néanmoins, comme un juif possède toujours certains mérites et bonnes actions, quel que soit son degré de faute, il reste toujours en lui un certain degré de sainteté.
Cela met en colère cette partie particulière de la sainteté qui est essentiellement piégée dans le fauteur, désormais impur en raison de ses nombreuses fautes.

Les dirigeants non juifs, eux aussi, possèdent une sorte d’étincelle qui provient du côté de la sainteté. C’est ainsi qu’ils peuvent devenir les puissants dirigeants qu’ils sont, puisque l’impureté elle-même n’a pas d’existence réelle.
C’est uniquement parce qu’ils possèdent un certain degré de sainteté (capturée), bien que dans une faible mesure.

C’est pourquoi nous sommes tenus de prononcer la bénédiction "qui a accordé de Sa gloire à la chair et au sang", en voyant un dirigeant non juif, car ils possèdent en effet une faible mesure de sainteté (qui leur a été accordée pour leur permettre de fonctionner, ou qu’ils ont capturée en raison des fautes du peuple juif).

C'est également pour cette raison qu'Its'hak aimait Essav, car celui-ci possédait de la sainteté, et que Yaakov s'efforçait toujours d'éveiller en lui cette étincelle de sainteté.
C'est aussi la raison pour laquelle la tête d'Essav fut enterrée dans la grotte de Makhpéla, car c'est là qu'il possédait les étincelles de sainteté.

Lorsque le juif ou le peuple juif faute, la sainteté qui demeure en lui désire se venger de lui ou d’eux pour l’avoir séparée du reste du côté de la sainteté. Pour ce faire, elle s’unit aux étincelles de sainteté qui existent chez les dirigeants non juifs, leur donnant ainsi plus de pouvoir sur le peuple juif, et ceux-ci peuvent alors persécuter le peuple juif.

C'est ainsi que le Zéra Shimshon explique le sens du midrach qui dit que Hachem déclare : "Si vous vous séparez des nations du monde (de leurs manières de se conduire), alors vous serez à moi. Cependant, si vous ne le faites pas, vous appartiendrez à Névouchadnétzar et à ses amis."

En effet, si nous observons la Torah, nous appartenons à Hachem.
Cependant, si nous ne le faisons pas, nous donnons aux dirigeants non juifs, les Névoucadnétsar et ses amis, le pouvoir de régner sur nous.

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=> en fautant, nous donnons en réalité le pouvoir aux dirigeants non juifs d’exercer leur autorité sur nous. Cela se produit parce que les fautes torturent notre âme au point qu’elle s’unit aux éléments de sainteté que l’on trouve même chez nos ennemis, afin de se venger de nous pour nos fautes.

"C’est par Ta bonté que Tu as conduit le peuple que Tu as délivré ; Tu l’as conduit par Ta puissance vers Ta demeure sainte" (Béchala'h 15,13).

-> Les juifs ont eu le mérite d’atteindre le niveau de la prophétie lors du passage de la mer Rouge.
La question se pose alors : la prophétie ne pouvant être vécue qu’en terre d’Israël, comment les juifs ont-ils pu faire l’expérience de la prophétie au bord de la mer?

Hachem a accompli un miracle et ils ont pu voir depuis l’endroit où ils se trouvaient jusqu’en Israël, et de là, leurs prières sont montées vers le ciel.
Comme l’écrit la guémara (Béra'hot 30a) : "Celui qui se tient en prière dans la Diaspora doit tourner son cœur vers la terre d'Israël, comme il est dit : "Et ils Te prieront depuis leur terre que Tu as donnée à leurs pères" (Divré Hayamim II 6,38)".

Telle est l’interprétation du verset : "Tu les as conduits par Ta puissance vers Ta demeure sainte", ce qui signifie que les Juifs ont pu, miraculeusement, voir le Temple alors qu’ils se trouvaient à la mer Rouge.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yehonatan ]

Etre tsadik = préserver sa brit

+ Etre tsadik = préserver sa brit :

"Yaakov envoya des messagers (des anges) devant lui (léfanav) à Essav, son frère" (Vayichla'h 32,4)

-> Le mot "léfanav" (devant lui) semble superflu. Pourquoi est-il nécessaire?

On pourrait l’expliquer ainsi :
Les hauts niveaux spirituels des tsadikim s’acquièrent grâce à leur respect de l’alliance de la brit mila, comme l’explique Rabbi Shimon bar Yo'haï (dans le Zohar - Vol.I, 94a).
Yaakov Avinou a été exemplaire dans la garde de cette alliance, car c’est lui qui est décrit comme "son lit était pur". C’est pourquoi il a mérité que tous ses enfants soient des tsadikim et il a atteint un niveau si élevé que même les anges le servaient.
[...]

"Yaakov envoya des anges" = Yaakov envoya les anges d'Hachem comme messagers. Vous pourriez vous demander : "Comment Yaakov a-t-il atteint un tel niveau que les anges le servaient?"
La réponse se trouve dans le terme "léfanav" (devant lui - litt. en face de lui], car il protégeait le signe de la brit mila qui se trouvait devant lui. C’est ainsi que Yaakov a atteint un tel niveau.
[...]

Le plus grand pouvoir que la sitra a'hara (force du mal) exerce sur un tsadik réside dans le signe de la brit, en y causant une souillure, car c’est la garde de la brit qui définit une personne comme un tsadik.
Par exemple, en Égypte, la sitra a'hara a poursuivi Yossef et a tenté de souiller sa brit. Mais Yossef, avec l’aide d'Hachem, a maîtrisé son désir, est resté sans défaut (à ce sujet), et de ce fait, a été appelé Yossef le tsadik.

Avec Yaakov aussi, la sitra a'hara a tenté de souiller le signe de sa brit, mais a échoué. C’est le mérite d’avoir préservé cette alliance qui a protégé Yaakov et lui a permis de vaincre l’ange.
Il est écrit : "Yaakov étant resté seul, un homme lutta (vayéavék - וַיֵּאָבֵק) avec lui, jusqu'au lever de l'aube" (Vayichla'h 32,25). Cela indique la bataille entre Yaakov et l'ange d'Essav, avec selon Rachi le terme "vayéavék" (וַיֵּאָבֵק) qui est lié à "avak" (אָבָק - poussière), car ils faisaient jaillir, par leurs mouvements, de la poussière sous leurs pieds.
La Torah utilise le terme אָבָק car c'est l'acronyme de : אות ברית קדש (ot bérit kodech - le signe de l’alliance sacrée).
Cela nous indique ce que l’ange avait l’intention de faire : entacher le signe de la brit.
De plus, cela nous indique comment Yaakov l’a vaincu : précisément en préservant sa brit.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - ]

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[la brit d'un juif est le yessod (fondement) sur lequel repose toute sa judaïcité, sa spiritualité. D'où l'importance de la préserver autant que possible. ]

Yom Kippour – la puissance de la téchouva en tant que communauté

+ Yom Kippour - la puissance de la téchouva en tant que communauté :

"Car en ce jour-là, Hachem vous pardonnera et vous purifiera de toutes vos fautes ; devant Hachem, vous serez purifiés" (A'haré Mot 16,30)

-> Le Zéra Shimshon fait remarquer que ce verset semble répétitif. Le verset dit que le jour de Yom Kippour, Hachem nous pardonnera nos fautes. Pourquoi alors le verset doit-il ajouter que nous serons également purifiés de nos fautes? Quelle est la différence entre être pardonné pour nos fautes et en être purifié?
De même, le verset semble répéter cela à la fin en disant : "devant Hachem, vous serez purifiés" ?

Enfin, pourquoi le verset doit-il insister sur le mot "de toutes" vos fautes? Le verset aurait pu simplement dire : "Hachem vous pardonnera, ..., de vos fautes", ce qui, sauf indication contraire, impliquerait que toutes nos fautes seraient pardonnées?

-> Le Zéra Shimshon répond à ces questions comme suit.
La Torah nous impose d’affliger notre corps en jeûnant à Yom Kippour, ainsi que de nous abstenir de tout travail. Le Zéra Shimshon explique que la raison en est d’atteindre le plus haut niveau de pardon.

La guémara (Yoma 86b) enseigne que si une personne fait téchouva par crainte d'Hachem, ses fautes sont classées comme des fautes accidentelles.
Cependant, si l’on se repent par amour pour Hachem, alors ses fautes deviennent des mérites.

En jeûnant et en affligeant son corps, les sentiments de remords et de repentance ressentis sont des sentiments de crainte. Cependant, en s’abstenant de tout travail et en consacrant une journée entière à montrer notre remords à Hachem, il s’agit là de téchouva par amour.

Le Alchikh hakadoch (Téhilim 32,1) dit que pour une faute commise volontairement et en toute connaissance de cause, cette faute ne peut jamais devenir un mérite, même si l’on se repent avec amour.

Le Zéra Shimshon dit que les paroles du Alchikh ne sont vraies que si l’on fait téchouva seul ; cependant, si la congrégation (communauté) fait téchouva ensemble, alors même une faute commise volontairement et intentionnellement peut devenir un mérite par la téchouva.
[voir Yoma 86b, qui établit une distinction entre la puissance de la téchouva faite par une seule personne et celle faite par la congrégation, celle de la congrégation étant plus grande. ]

C'est ainsi que le Zéra Shimshon explique le verset.
Tout d'abord, le verset dit que le jour de Yom Kippour, Hachem pardonnera nos fautes. Cela fait référence à la téchouva faite par crainte. Ce type de téchouva nous accorde le pardon de nos fautes.

Cependant, le verset poursuit : Hachem nous purifiera, car à Yom Kippour, la téchouva est faite par amour. Ainsi, la téchouva n’apporte pas seulement le pardon, mais elle apporte également la pureté à la personne, puisque ses fautes deviennent désormais des mérites.

Le verset insiste ensuite sur le mot "toutes" vos fautes. En effet, le jour de Yom Kippour, tout le monde est réuni dans la téchouva (repentance) s’appuie sur la force de la congrégation ; par conséquent, "toutes" les fautes peuvent se transformer en mérites, même ceux initialement commis avec une malveillance intentionnelle.

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=> la puissance de la téchouva à Yom Kippour, en commun avec toute la congrégation (communauté), peut apporter des niveaux de pardon inatteignables lorsque l'on se repent seul.

Il est étonnant qu’Avraham ait tout risqué pour partir en guerre et sauver Lot. Malgré le fait que Lot était un racha, Avraham a vu en lui une étincelle de lumière pure et éclatante, la lumière du roi David et du machia'h qui descendraient de Lot.

Nous voyons là un exemple de l’enseignement fondamental de rabbi Na'hman, qui consiste à rechercher les qualités chez les autres, peut importe à quel point ils ont pu chuter (spirituellement).
Même si elle est peut-être très bien dissimulée, il y a une étincelle du machia'h dans chaque juif.
De même, nous devrions chercher de toutes nos forces à trouver le bien en nous-mêmes, même si nous avons commis de très graves fautes, erreurs.
Peut-être que la seule bonne intention que nous ayons, malgré tous nos faues, fera la différence et apportera la guéoula ultime, rapidement et de notre vivant, amen!
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Mohoran I,282 ]

Recensement & grandeur des Bné Israël

+ Recensement & grandeur des Bné Israël :

"Faites le recensement (chéou ét roch - שְׂאוּ אֶת רֹאשׁ) de toute la communauté des Bné Israël, selon leurs familles, selon les maisons paternelles, en comptant les noms, tous les hommes, un par un" (Bamidbar 1,2)

-> Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Pitou'hé 'Hotam sur ce verset) commente :
Quelle est la signification de cette mitsva consistant à recenser le peuple, et pourquoi le peuple juif est-il si souvent dénombré?
On pourrait peut-être avancer l’explication suivante : les âmes du peuple juif proviennent d’un lieu élevé et saint, car elles trouvent leurs racines dans les mondes supérieurs.
Il y a précisément 600 000 âmes, car elles sont liées à ce nombre de lieux dans les mondes supérieurs.
Chaque fois que le peuple juif est dénombré, cela réveille la sainteté dans les mondes supérieurs qui correspond à ses âmes, ce qui dompte les forces de l’impureté. Chaque fois que quelque chose est réveillé sur terre, cela réveille quelque chose dans les mondes supérieurs.

À ce sujet, selon le midrach (Pessikta Zoutra - début de Ki Tissa) : Moché dit à Hachem : "Par quoi vas-Tu élever la puissance du peuple juif?" Hachem répondit : "Par "ki tissa" (lorsque tu feras le recensement, littéralement : "lorsque tu lèveras leurs têtes")."
Faire un recensement ne semble avoir aucun rapport avec l’élévation de la puissance du peuple juif. Cependant, comme il existe une sainteté dans les mondes supérieurs qui correspond à chaque juif, les compter éveille cette sainteté, et par conséquent, leur puissance s’élèvera.
De plus, le mot ישראל (Israël) peut être réarrangé en לי ראש (li roch - littéralement. "pour moi, une tête"), comme si les forces de la sainteté disaient : "Grâce au peuple juif, je relève la tête, je gagne en puissance."

La nation juive dans son ensemble compte 600 000 âme. Lorsque le mot ישראל est écrit avec chaque lettre entièrement (יוד שין ריש אלף למד) les lettres ajoutées (וד ין יש לף מד), plus un pour le mot lui-même (règle du kollel), ont une valeur numérique de 535, ce qui correspond à ראש דל (tête faible/basse), ce qui implique que la tête des forces de l’impureté s’abaisse lorsque la tête du peuple juif est relevée.

De plus, les mots du verset : שְׂאוּ אֶת רֹאשׁ (chéou ét roch - faites le recensement), ont pour initiales pouvant être réarrangées en : ראש (roch - tête).
Cela nous suggère qu’en effectuant un recensement du peuple juif, la tête des puissances de la sainteté est élevée tandis que la tête des forces de l’impureté est abaissée.
De plus, le mot ראש, à l’envers, est un acronyme de שכינת אל רם (Chékhina El ram - la Chékhina du D. exalté). Effectuer un recensement du peuple juif élève également la Chékhina (la présence Divine dans ce monde).

On pourrait dire que, peut-être, le recensement a pour but d’éveiller les cœurs du peuple juif. Ils devraient prendre conscience qu’ils sont les légions d'Hachem, à l’instar des anges dans les mondes supérieurs : chacun a une mission unique à accomplir, et chacun est indispensable.
Le peuple juif est dénombré afin que chacun reconnaisse qu’il a été créé pour servir Hachem à sa manière unique, et qu’il ne néglige pas sa tâche.
Tous sont également indispensables, et personne ne peut s’attendre à ce que sa propre tâche soit accomplie par quelqu’un d’autre, selon nos Sages : "Chacun doit se dire : "Le monde a été créé pour moi"" (Sanhédrin 37a).

Une autre raison possible pour effectuer un recensement pourrait être, que le mot ישראל (Israël) est un acronyme pour "il y a 600 000 lettres dans la Torah" (yéch chichim ribo otiyot laTorah).
De plus, c’est un acronyme pour "les 600 000 façons de comprendre la Torah" (réch chichim ribo ofanim laTorah).
Il y a donc 600 000 âmes du peuple juif, et chacune est digne de comprendre la Torah à sa manière. Le recensement devrait leur rappeler cela et les motiver à étudier la Torah et à ne pas la négliger.
Lorsque le peuple juif est compté, cela devrait mener au raisonnement suivant : ils devraient immédiatement se demander pourquoi ils sont comptés, et ils devraient se demander pourquoi il y a 600 000 juifs. Ils devraient réaliser que c’est un reflet de leur nom, ישראל (Israël), indiquant qu’il existe 600 000 façons de comprendre la Torah. Ils devraient alors prendre conscience de leur obligation d’étudier la Torah [afin que chacun y trouve sa propre compréhension unique].

Lorsque les juifs se trouvaient au bord de la mer Rouge, ils ont eu le privilège d’être imprégnés de la Chékhina d'Hachem, et lorsqu’ils chantaient, c’était comme si Hachem chantait Lui-même.
Le érev rav n’a pas eu droit à ce niveau de révélation spirituelle.

C'est ainsi qu'on comprend le verset : az yachir Moché ouBné Israël (Béchala'h 15,1) = "Alors Moché chanta un chant [avec le roua'h Hakodech] et les juifs chantèrent ce chant [de la même manière que Moché l'avait fait avec le roua'h Hakodech] à Hachem. [Ils, les juifs] dirent [au érev rav] en disant [qu'ils devaient répéter ce qu'ils venaient d'entendre]. "
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan]