Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

On ne peut pas devenir riche avec de l’argent sale

+ On ne peut pas devenir riche avec de l’argent sale :

-> Le 'Hida pose une question que beaucoup de gens se posent.
Nos Sages parlent en bien de quelqu’un qui donne la tsédaka et disent qu’il reçoit une grande récompense. Cependant, le fait demeure que nous voyons beaucoup de gens qui donnent beaucoup de leur argent à la tsédaka mais ne méritent pas ces bénédictions. Parfois, ils vivent une tragédie ou perdent tout leur argent. Qu’est-il arrivé à leur récompense?

Le 'Hida dit qu’une réponse à cette question est que ces hommes étaient destinés à mourir, et que leur vie a été sauvée grâce au mérite de leur tsédaka.
Comme un pauvre est considéré comme mort, grâce au mérite de leur tsedakah, Hachem leur a permis d’accomplir leur sentence de mort dans la pauvreté.

Une autre réponse est que l’on ne peut voir la bénédiction dans son argent que si toute sa fortune est obtenue honnêtement et de manière juste. Si une partie de sa richesse a été obtenue par ruse ou vol, Hachem ne veut pas de sa tsédaka et elle ne sera pas une source de bénédiction. Au contraire, elle mènera à la pauvreté.

"Et tu placeras sur la table du pain de proposition (lé'hem hapanim) devant Moi à tout moment" (Térouma 25,30)

-> Le rav Moché Leib de Sassov disait que le lé'hem hapanim nous enseigne que chaque table juive doit toujours avoir du pain dessus afin que l’on soit toujours prêt à nourrir un homme pauvre et affamé qui pourrait demander de la nourriture.

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[éventuellement, on pourrait prolonger cette idée dans le fait de toujours avoir sur soi : un sourire à donner à autrui (même quand cela ne va pas dans notre vie), de même pour un mot positif, d'appréciation (qui est une nourriture vitale de l'égo de chaque personne), de même en ayant une petite somme d'argent à pouvoir donner, ... ]

Ce qui se passe en-Haut, nous impact

+ Ce qui se passe en-Haut, nous impact :

-> "Le cheval et cavalier qu'Il a lancé dans la mer" (souss véro'hévo rama bayam - Béchala'h 15,1)

=> Pourquoi le verset utilise-t-il un mot pour "lancé" (rama - רָמָה) qui dénote une élévation?

Il me semble que l'explication de tout ceci est la suivante :
Le midrach (Chémot rabba 21,7 ; Zohar 2:170b) raconte que l'ange d'Egypte a prétendu devant D. que les égyptiens et les juifs étaient des idolâtres, alors pourquoi les égyptiens seraient-ils noyés alors que le peuple juif est sauvé?
Ceci est problématique. Pourquoi Hachem a-t-il permis cette accusation contre le peuple juif?
Il l'a fait pour faciliter la chute des égyptiens, afin qu'ils osent poursuivre le peuple juif jusqu'à la mer, où "les eaux profondes les couvriraient "(Béchala'h 15,5).
Sans cette allégation céleste, les égyptiens n'auraient pas suivi effrontément le peuple juif jusqu'à la mer.
En effet, après avoir été témoins des miracles et des prodiges accomplis par Hachem, après avoir été punis par les 10 plaies, tout cela à cause du peuple juif, les égyptiens ont certainement compris que la mer s'était séparée uniquement pour le bien du peuple juif et que s'ils le suivaient, l'eau reviendrait et les submergerait, comme cela s'est effectivement produit.

Mais Hachem voulait que les égyptiens aient la liberté de vouloir et de choisir d'entrer dans la mer à la poursuite du peuple juif. À cette fin, D. a orchestré l'accusation céleste momentanée afin d'éveiller chez les égyptiens l'envie de poursuivre le peuple juif.
Même si les Égyptiens n'étaient pas conscients de l'accusation céleste contre les juifs, ils en étaient conscients sur le plan spirituel (guémara Sanhédrin 94a).
Telle est la nature humaine : sentir ce qui est dit à propos de quelqu'un d'en Haut. Ce qui se passe en Haut se fait sentir en bas, que ce soit au détriment ou au bénéfice de la personne.

D. avait prévu qu'à la suite de l'accusation céleste portée contre le peuple juif, les égyptiens croiraient que le moment était propice pour l'emporter, et qu'ils se jetteraient dans la mer à la suite du peuple juif. En agissant ainsi, l'armée égyptienne exercerait son libre arbitre et accomplirait sa propre volonté.
C'est ainsi qu'"Il fait grandir les nations et les détruit" (Iyov 12,23), et que "pas un seul d'entre eux n'est resté" (Béchala'h 14,28).
[ la guémara (Méguila 50a) explique que même les gens simples, qui ne peuvent recevoir de prophétie, sont capables d'avoir une idée de ce qui se passe au Ciel. Ici aussi, lorsque l'ange a accusé le peuple juif d'être idolâtre, les égyptiens l'ont senti et ont éprouvé le besoin de poursuivre le peuple juif dans la mer, pensant qu'ils avaient une chance de l'emporter.]

C'est ce à quoi fait allusion l'expression "rama bayam" (lancé dans la mer), en utilisant un verbe qui implique une élévation, indiquant qu'ils ont été élevés un peu pour pouvoir suivre effrontément le peuple juif dans la mer.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi]

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=> En orchestrant une accusation contre les juifs dans le tribunal céleste (en Haut), Hachem a enhardi les égyptiens à poursuivre le peuple juif jusqu'à la mer.

Dans le monde de Kéter (la séfira qui couronne toutes les autres) se trouve également la yé'hida, la racine insondable de l'âme juive où nous sommes fusionnés dans un lien avec notre Créateur. C'est pourquoi le Noam Elimélé'h (paracha Dévarim) a encore un autre nom pour le monde du Kéter, du goral et et la ratson : kol Yisrael (tout Israël).

Dans les mots du Noam Elimélé'h (Dévarim) :
"Il existe un monde appelé "kol Israël", et ce monde est parfait, sans aucun défaut, car la collectivité d'Israël est juste, comme il est dit : "Ton peuple [dans son ensemble] est composé uniquement de tsadikim" (Yéchayahou 60,21).
Même si certains individus fautent parfois, la collectivité (communauté juive) conserve toujours sa sainteté."

Dans "kol Israël, il n'y a pas de juifs meilleurs ou pires. Là, nous fusionnons en tant que collectif, nos actions étant sans importance face à notre essence divine.
Parce que nous sommes enracinés en Lui et que nous sommes essentiellement bons, Hachem nous purifie de nos fautes à Yom Kippour et nous sauve à Pourim.
[rav Moché Wolfson]

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-> Quand Esther réalisa la gravité du danger, elle pressa Mordé'haï de : "rassemble tous les juifs!" (kénos ét kol aYéhoudim - Esther 4,16). Elle comprit que les juifs étaient trop fauteurs pour être sauvés par leurs mérites.
Cependant, s'ils se rassemblaient, le olam de kol Israël serait révélé. Là, ils seraient jugés selon leur essence, et non selon leurs actions, et seraient sauvés.

La guématria de כְּנוֹס אֶת-כָּל-הַיְּהוּדִים (rassemble tous les juifs) est la même que : הפיל פור הוא הגורל (il tira au sort, c'est-à-dire à la loterie) soit : 667.
Lorsque le peuple juif est uni, il est jugé par le "sort" divin, un système qui transcende le mérite.

Haman comprit cela. Il savait que pour nuire aux juifs, il devait mettre en évidence leur fragmentation. Il les accusa donc d'être "méfouzar ouméforad" (dispersés et séparés - Esther 3,8).

A partir de là, nous pouvons voir la clé de Pourim et de Yom Kippour (qui est kéPourim) : l'unité. Avant Yom Kippour, nous veillons à résoudre les ressentiments ; à Pourim, nous partageons des michloa'h manos, répandant un esprit d'unité.
Ce n'est que par l'unité avec tous les juifs que nous pouvons entrer dans Yom Kippour et Pourim, les jours de Kéter et kol Israël.
[rav Moché Wolfson]

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-> b'h, au sujet de cette notion de "kol Israël", voir également : https://todahm.com/2023/12/07/avraham-a-cree-une-realite-dunion-de-tous-les-juifs

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-> L'entité d'Israël est intègre (sans le moindre défaut), comme il est dit : "Ton peuple n'est composé que de tsadikim" (Yéchayahou 60,21).
Ainsi, bien que des individus commettent des fautes, l'entité [d'Israël] conserve toujours sa sainteté et il n'y a nul adversaire et nul malheur au sein d'eux, à D. ne plaise.
Leur empreinte est gravée à jamais en haut [devant D.] et les forces du mal n'ont aucune emprise sur eux.
Et l'individu devient partie intégrante de la collectivité.
[Noam Elimélé'h - Dévarim]

-> Le Maharal (Nétsa'h Israël - chap.11) dit également que l'unité d'Israël lui confère toujours une sainteté sans le moindre défaut.

-> La Pessikta rapporte que lorsqu'il y a de l'union parmi les juifs, alors [aux yeux d'Hachem : ] "Tu es toute belle, ma bien-aimée, et tu es sans défaut" (Chir haChirim 4,7).

-> Le Rambam (dans son Epitre aux Yéménites - Iguéret Teiman) écrit :
"Hachem nous renforce en nous signifiant qu'il Lui est impossible de nous rejeter en tant qu'entité collective, et ce même si nous venons à l'irriter et à transgresser Ses mitsvot."
[même si nous sommes mauvais individuellement, l'union du peuple juif gomme tous nos défauts!]

Les mitsvot = le plaisir de passer d’une réalité matérielle à spirituelle

+ Les mitsvot = le plaisir de passer d'une réalité matérielle à spirituelle :

-> Le plaisir que nous procure ce monde physique ne provient pas de la matérialité elle-même, mais de l'étincelle de spiritualité qui l'habite.
Alors que les gens ont tendance à avoir l'impression que la matérialité est agréable, c'est le contraire qui est vrai. La matérialité interfère avec le plaisir. Moins il y a de matérialité, plus il y a de plaisir.
Si c'est le cas, la façon d'obtenir plus de plaisir de tout ce qui est physique/matériel est d'élever la matérialité et de la transformer en quelque chose de spirituel.
Lorsque l'on fait cela, la matérialité n'interfère pas avec le plaisir, mais devient plutôt un canal pour celui-ci. Tel est le secret du plaisir.
Hachem est le plaisir [ultime], et plus Il est présent, plus l'expérience sera agréable.

Comment transformer la matérialité en spiritualité?
La Torah est le livre d'instructions pour transformer ce monde physique en quelque chose de spirituel.

En se rapportant au monde matériel conformément aux instructions de la Torah, nous rendons le monde matériel spirituel.
Faire des bénédictions sur la nourriture, par exemple, transforme la nourriture d'un objet physique en un récipient de spiritualité et augmente par conséquent le plaisir que l'on éprouve à la manger.
Manger de la nourriture le Shabbat, ou conformément aux halakhot de casherout, élève la nourriture physique, la transformant en un objet de spiritualité et de plaisir.
Les mitsvot sont les moyens d'accroître le plaisir dans ce monde, et une vie de Torah est incroyablement agréable.

Que se passe-t-il si l'on n'éprouve pas de plaisir à accomplir les mitsvot? Comment expliquer cela?
Si l'on n'éprouve pas de plaisir à réaliser les mitsvot, la raison en est que notre propre réalité physique, notre corps, s'y oppose.

Il y a deux façons d'aborder la avodat Hachem : l'une est que la Torah est ce que nous gardons. L'autre est que la Torah est ce que nous sommes.

Lorsque la Torah est ce que nous gardons, nous la suivons parce qu'elle est importante pour nous, mais il s'agit essentiellement de règles, une succession d'obligations.
C'est un système extérieur à nous-mêmes autour duquel nous construisons notre vie.

Cependant, il existe une autre façon d'aborder la Torah, qui considère que la Torah n'est pas une question de règles, mais qu'elle permet d'établir un lien avec Hachem.
À ce niveau, la Torah n'est pas ce que nous faisons ou ce autour de quoi nous construisons notre vie, c'est ce que nous sommes.
Dans cette approche, la Torah est la vie elle-même, et non pas simplement une valeur dans notre vie.
Enfreindre la halakha, c'est nous enfreindre nous-mêmes, puisqu'elle est l'essence même de notre être. Et observer la Torah, c'est vivre vraiment la vie, puisque notre vie même est Torah.

La véritable avodat Hachem ne consiste pas à "garder" (observer) la Torah. Il s'agit d' "être" la Torah.
En fait, c'était exactement la mida de Moché Rabbénou. La Torah dit que Moché était un "anav mikol adam" (le plus humble des hommes - Béaaloté'ha 12,3).
C'est précisément parce qu'il n'était pas rempli de lui-même qu'il pouvait devenir saturé de Torah (de spiritualité).
Moché dit à Hachem : "Mi ano'hi" (qui suis-je?) et Hachem répond : "Eyé im'ha" (Je serai avec toi).
C'est précisément parce que Moché a dit " mi ano'hi " qu'Hachem a pu " être avec " lui.
Moché était le paradigme du serviteur d'Hachem, car il n'y avait rien d'autre pour lui que la Torah.
La véritable avodat Hachem ne consiste pas à "garder" la Torah, mais à "être" la Torah elle-même.

Pour ressentir le plaisir des mitsvot, nous ne pouvons pas nous contenter d'observer la Torah, notre corps nous en empêcherait. Si nous voulons ressentir le plaisir de la Torah, nous devons devenir la Torah, c'est-à-dire permettre à la Torah de nous changer et de nous modeler.
Plus nous devenons ce qu'est la Torah, plus nous ressentirons le plaisir des mitsvot que nous accomplissons.
Mais si la Torah reste seulement ce que nous faisons, et que ce que nous sommes reste essentiellement le même, nous n'éprouverons que peu de plaisir, car notre corps nous en empêchera.
Plus nous changeons en observant les mitsvot, plus les mitsvot nous procurent du plaisir.

Hachem est la source de tout plaisir. Si nous nous saturons de Torah (et de ses mitsvot), nous nous saturons de Son essence, et nous aurons du plaisir même si nous souffrons.
La vie est plus agréable lorsque notre vie est Hachem.

Dans ces conditions, les périodes difficiles de notre vie sont en fait celles qui offrent le plus de possibilités de plaisir. Puisque le plaisir vient du fait de modeler notre corps à la Torah, plus l'effort pour garder la Torah (et ses mitsvot) est grand, plus la Torah nous change, et plus nous éprouvons de plaisir.
[ Hachem nous a donnés des mitsvot par le biais desquelles nous façonnons une nouvelle réalité de nous-même plus spirituelle, les mitsvot nous permettent de faire ce lien entre le matériel et le spirituel, et d'ainsi se connecter le plus possible avec Hachem, ce qui provoque la plus grande joie possible. ]

[rav Kalonymos Kalman Shapira - le rabbi de Piaseczno - Aish Kodech - Chémot 5702 (1942) ]

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-> Par essence, tous les plaisirs de ce monde proviennent d'Hachem Lui-même, et par conséquent, s'engager dans le plaisir physique (de ce monde) à travers la ligne directrice de la Torah fournit le plus grand accès au plaisir et les plus hauts niveaux de plaisir dans ce monde.
[ rabbi de Piaseczno - dans son Déré'h haMélé'h - Shavouot 5685]

-> "Il est impossible d'obtenir le plaisir des plaisirs supérieurs (noam el'yon) sans monter de niveau (chéyél'hou mé'hayil el 'hayil) ... parce que le plaisir principal est de révéler la sainteté, et toute personne qui court après le plaisir et le désir dans ce monde est seulement [due au fait que] son âme n'a pas ressenti le plaisir de révéler la sainteté et qu'il (le plaisir) est vide".
[ rabbi de Piaseczno - dans son Déré'h haMélé'h - Shouva 5690]

-> L'idée est que l'observance idéale de la Torah ne consiste pas simplement à respecter les mitsvot (Hachem n'ayant besoin de rien!), mais plutôt à devenir après chaque mitsva une personne davantage élevée spirituellement.

"Vous serez pour Moi un royaume de prêtres (cohanim) et une nation sainte" (Yitro 19,6).
Le rabbi de Piaseczno fait référence au midrach (voir Tana déBé Eliyahou Zouta - chap.4), qui souligne que la directive d'Hachem "tiyou li" (litt. soyez pour moi) ne concerne pas l'action mais l'essence, dans le sens où la Torah n'est pas destinée à être un simple code de conduite, mais plutôt elle permet de développer une personne.

[Hachem nous a créé avec des ressources à notre naissance, mais durant toute notre vie, par le biais d'une vie selon la Torah, on devient un être totalement différent, on va tendre davantage vers la spiritualité (nous n'aurons pleinement conscience de ce que nous sommes devenus par une vie juive, qu'après notre mort, où le matériel ne limitera plus notre perception du spirituel). ]

Faire les mitsvot = être béni au-delà de son mazal

+ Faire les mitsvot = être béni au-delà de son mazal :

"Tu serviras Hachem et Il bénira ton pain et ton eau, ... Il n'y aura aucune femme qui fera une fausse couche ou qui sera stérile dans ta terre. Je comblerai le nombre de tes jours" (Michpatim 23,25-26)

-> Ces trois bénédictions, les enfants, la santé et la richesse, sont en réalité les trois choses que la guémara (Moéd Katan 21b) enseigne, qui ne sont pas basées sur le mérite, mais dépendent plutôt du mazal, le destin prédéterminé.

=> Le Zéra Shimshon demande que les versets semblent impliquer que ces choses sont basées sur les mérites de chacun (si tu fais cela, alors je Te bénirais). Et même selon Tossafot (Shabbos 156a) qui dit qu'avec un très grand mérite, on peut en effet changer son destin, ce verset ne semble toujours pas parler de quelqu'un ayant un mérite hors du commun. Il parle du moment où le peuple juif sert Hachem comme il se doit. Comment alors la guémara concilie-t-elle ces versets?

-> Le Zéra Shimshon explique que ces bénédictions peuvent avoir lieu même sans que le destin d'une personne ne soit changé. Par exemple, si, d'après le mazal, quelqu'un est censé être pauvre et vivre de pain et d'eau, ce verset dit que Hachem bénira ce pain et cette eau d'une bénédiction spéciale de satiété.
Ainsi, son destin ne changera pas, mais tout ce qu'il apportera sera béni et il ne se sentira pas différent de celui qui possède beaucoup. C'est pourquoi le verset précise que le pain et l'eau seront bénis, sans mentionner les richesses.

Il en va de même pour la bénédiction "Je comblerai le nombre de tes jours". Cela signifie que la personne vivra tous les jours qui lui sont attribués et ne mourra pas avant l'heure. Ainsi, son destin ne changera pas pour qu'il vive plus longtemps, mais il sera béni de vivre tous les jours qui lui sont attribués.

Le Zéra Shimshon explique aussi que cette bénédiction semble superflue, car si une personne n'a pas fauté, pourquoi aurait-elle besoin d'une telle bénédiction?
Le Zéra Shimshon explique qu'il existe néanmoins une bonne raison à cette bénédiction.
En effet, une personne est confrontée à de nombreuses situations où elle est en danger ou a des habitudes malsaines qui peuvent techniquement la rendre malade. Ici, la Torah dit que si une personne sert Hachem, elle sera protégée et vivra jusqu'à la fin de ses jours, même si elle se trouve sans le savoir dans une situation dangereuse.

Jusqu'à présent, le Zéra Shimshon explique que ces versets ne contredisent pas la guémara. La guémara discute de la question de savoir si, grâce à ses mérites, une personne peut réellement changer son destin.
La guémara dit que ce n'est pas possible. Sur quoi Tossafot commente qu'à travers un grand mérite, on peut en effet changer son mazal prédestiné.
Alors que ces versets, bien qu'ils disent qu'en observant les commandements de Hachem comme il se doit (ce que le Zera Shimshon ne considère pas comme un mérite suffisant pour changer son mazal), une personne reçoit des bénédictions, celles-ci se manifestent de manière limitée par son destin, mais le surpassent néanmoins d'une certaine manière, comme expliqué.

En ce qui concerne la bénédiction d'avoir des enfants et de ne pas faire de fausses couches, le Zera Shimshon dit qu'il s'agit en fait d'une bénédiction qui change le destin. Cependant, le verset écrit clairement que cette bénédiction ne s'applique que "bé'artsékha", en terre d'Israël.
Le grand mérite de vivre en terre d'Israël change le destin spécifiquement à cet égard. La raison en est que celui qui vit en terre d'Israël le fait pour se connecter à la Chékhina (voir Kétoubot 110b) et avoir des enfants fait venir la Chékhina, la présence divine d'Hachem, dans ce monde (voir Yébamot 64a), mesure pour mesure, il mérite d'avoir des enfants.

=> Quand une personne respecte la Torah comme il se doit, même si son mazal n'est pas bon, Hachem trouve le moyen de lui envoyer ce dont il a besoin sans changer son mazal.

L’humilité face à l’infinité de la Torah

+ L'humilité face à l'infinité de la Torah :

-> Le juste qui sert D. doit savoir que chaque fois qu'il saisit un concept Divin, il existe un concept plus élevé et plus raffiné qu'il ne comprend pas encore.
De plus, même le concept qu'il comprend n'est pas entièrement compris par lui. Il doit se rendre compte qu'il lui manque encore quelque chose, quelque chose qu'il n'a pas encore compris.
Lorsqu'il atteint enfin cette compréhension, il se rend compte qu'il doit encore approfondir sa compréhension. Ce processus est sans fin.
Ce qu'il comprend n'est pas encore complet, et il reste un niveau supérieur à atteindre qui lui échappe encore. Il doit savoir qu'il n'a jamais atteint la perfection, comme l'affirme Eliyahou haNavi dans le Tikouné Zohar (89) : "Il n'y a personne qui Te connaisse du tout."
C'est la façon idéale de servir Hachem, en étant toujours conscient que l'on n'a pas encore atteint la perfection, et en désirant ardemment atteindre un niveau plus élevé.

J'ai entendu une idée similaire exprimée par rabbi Yé'hiel Michel de Zlotchov. Il a expliqué le verset suivant "Une chose que je demande à D., c'est que je recherche ... l'agrément de D." (Téhilim 27,4), comme suit : "Je demande continuellement de pouvoir réaliser qu'il y a toujours un niveau supérieur, plus élevé que le précédent, et de rechercher continuellement l'agrément d'Hachem, c'est-à-dire d'atteindre le niveau supérieur suivant. Lorsque je l'aurai atteint, je demanderai encore, car il n'y a pas de fin."

C'est ainsi que les justes progressent constamment dans leur service divin.
Ils se voient toujours comme n'étant pas tout à fait entiers. À chaque instant, les justes sont pleinement conscients de leurs déficiences, du niveau qui les dépasse, qui est hors de leur portée. Ils sont convaincus qu'avec l'aide de D., ils parviendront à connaître le chemin supérieur de la vie et à percevoir ce qui leur manque actuellement.

De même, on peut expliquer la déclaration du roi David : "Ouvrez-moi les portes de la justice, j'y entrerai et je rendrai grâce à Hachem. C'est la porte de D., les justes y entreront" (Téhilim 118,19-20).
Le roi David demande à D. que les "portes de la justice" (chaaré tsédek) lui soient ouvertes, qu'il soit toujours conscient de ce qui se trouve au-delà de son niveau actuel. Il demande à D. de passer par les portes de la justice pour atteindre cette perception, et que lorsqu'il atteindra cette perception supérieure, il saurait ce qui lui manque encore et le demanderait également à D.

À ce propos, le roi David a dit : "Voici la porte de D. ; les justes y entreront" (zé achahar l'Hachem tsadikim yavoou vo). Car la prise de conscience que l'on n'a pas tout compris, que l'on ne sert jamais Hachem de manière parfaite, et que des concepts plus élevés que celui que l'on comprend actuellement subsistent à l'infini, c'est la porte de D. pour les justes. C'est le chemin des vrais justes, qui reconnaissent toujours que leur service et leur compréhension actuels de Dieu doivent être dépassés.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Chémot 3,12]

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-> Plus une personne se sanctifie et se purifie, servant Hachem de manière intensive, plus elle se rend compte qu'elle n'a pas encore commencé à Le servir.
Si une personne pense qu'elle sert Hachem comme il le faut, cela indique qu'elle ne Le sert pas du tout.
Si elle le servait correctement, elle se rendrait compte qu'elle est éloignée de D.

C'est ce que signifie le verset "Ma sainteté est plus élevée que votre sainteté" (midrach Vayikra rabba 24,9 - sur Kédochim 19,2) = "Car en vous sanctifiant et en vous rendant saint, vous réalisez que Ma sainteté est encore plus élevée."
En effet, plus une personne se sanctifie, plus elle est consciente de la distance qui la sépare de D., et plus elle réalise qu'elle n'a pas encore commencé à se sanctifier et à Le servir.
[la sainteté d'Hachem (à nos yeux), et fonction de notre sainteté.
De même, plus une personne étudie la Torah, plus elle se rend compte de l'étendu du savoir et donc plus elle a conscience de ne rien savoir. ]

Cela peut également s'expliquer par la déclaration de nos Sages : "Le peuple juif augmente le pouvoir de la suite céleste" (midrach Eika rabba 1,33)
Plus le peuple juif se sanctifie, plus il ajoute de puissance et de sainteté.
C'est ce que signifie la déclaration du midrach citée plus haut, qui peut être lue littéralement comme suit : "Ma sainteté est plus élevée 'grâce' à votre sainteté" = "En vous sanctifiant, Ma sainteté s'élève et s'élève toujours plus haut".
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Chémot 6,3]

Elokaï néchama … téhora hi

+ "Elokaï néchama ... téhora hi (elle est pure)"

-> L'âme est une forme de pure spiritualité. Elle est née sous le Trône de Gloire d'Hachem et est totalement bonne. Elle aspire à ne faire que la volonté d'Hachem, mais elle est amenée dans ce monde où elle entame une bataille de toute une vie avec le corps physique et animal qui ne recherche que la luxure et la matérialité.
Même la personne la plus racha peut encore dire dans ses bénédictions du matin : "Mon âme est pure" (téhora hi) ; c'est juste qu'elle est en train de perdre sa bataille contre son côté animal.

Cette belle pensée peut nous inciter à ne jamais perdre espoir. Aussi bas que nous soyons descendus, nous pouvons toujours faire téchouva et remonter, car notre âme n'a pas changé d'un iota.
Elle est toujours aussi pure et ne désire que la pureté et la bonté qu'elle a connues lorsqu'elle était à côté du Trône d'Hachem.

Nos Sages (Béréchit rabba 66,4 ; Tana déBé Eliyahou Zouta 11) enseigne que les justes (tsadikim) souffrent au début, mais qu'ils trouvent la tranquillité à la fin. Au début, Hachem met les justes à l'épreuve et les affine par la souffrance, pour leur bien. Mais à la fin, Il leur accorde Sa faveur, et pour ainsi dire, leur sourit à nouveau, accomplissant ainsi le verset : "Elle rit au dernier jour" (Michlé 31,25), car l'amour d'Hachem pour les justes (tsadikim) est sans limite, comme il est dit : "Hachem aime les justes" (Hachem ohev tsadikim - Téhilim 146,8).

Le processus de Création a commencé par la création du temps.
Avant la création, il n'y avait pas de notion de temps. Avant la création, on ne pouvait pas parler d'antériorité ou de postériorité.
[ rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,12 ]

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-> Il est intéressant de noter que la toute première mitsva que le peuple juif a reçue en tant que nation était le commandement de sanctifier le temps.
Reconnaître que le temps est précieux et qu'il doit être sanctifié nous aidera grandement à le gérer de la manière la plus productive possible.