Aux délices de la Torah

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"Nos pères sont descendus en Égypte, et nous avons vécu en Égypte pendant longtemps. Et les égyptiens nous ont maltraités, nous et nos ancêtres" ('Houkat 20,15).

-> Lorsque le verset dit "nos pères" (avoténou), il ne fait pas référence à nos ancêtres qui étaient réduits en esclavage en Égypte. Il fait plutôt référence à Avraham, Its'hak et Yaakov.
Ils ont enduré d’énormes souffrances, sachant que leurs descendants étaient réduits en esclavage en Égypte.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan 'Houkat ]

Il est écrit : "Le racha ne trouve pas accès auprès de Toi" (Téhilim 5,5).
Le racha, c'est celui qui, en portant atteinte à l'alliance sacrée (par une relation interdite ou une vaine émission de semence) cause une destruction ici-bas et dans les mondes célestes.
Malheur à lui, malheur à son âme! Il aurait mieux valu qu'il ne fût pas créé et qu'il ne fût jamais venu au monde.
Les portes du repentir et du pardon sont presque entièrement fermées devant lui, mais dans Sa grande miséricorde, Hachem étend Sa droite pour accepter ceux qui se repentent sincèrement.

Celui qui persiste à porter atteinte à l'alliance sacrée (par des relations interdites ou de vaines émissions de semence) amènent sur le monde le courroux divin, qui se manifeste par des épidémies mortelles.
Sa faute est d'autant plus grande s'il a profané le nom de D. en agissant devant témoins ou en incitant d'autres personnes à le faire.
[séder Hayom 37b ]

Quand un homme n'agit pas comme il faut, il lui arrive des malheurs qui ne proviennent pas d'Hachem, mais du mal qu'il a fait.
[Zohar - Vayé'hi p.229a]

La téchouva apporte la guérison

Si tu "fuis le mal de toutes tes forces" en te repentant de tes fautes, "ce sera la santé pour ton corps", conformément au verset : "Il se repent et obtient la guérison" (Yéchayahou 6,10).
[Gaon de Vilna - sur Michlé 3,8]

Heureux l'homme qui s'attelle quotidiennement à l'étude de la Torah Ecrite et Orale, en limitant ses occupations professionnelles, car la Présence divine réside aussitôt sur lui.
[ rav 'Haïm Vital - Chaaré Kédoucha ]

Celui qui tourne en dérision les mitsvot ne peut compter sur la miséricorde Divine.
[Marganita déRabbi Méïr]

Les 4 enfants de la Haggada

+ Les 4 enfants de la Haggada :

-> "é'had 'hakham véé'had racha, véé'had tam, véé'had chééno yodéa lich'ol"

-> Le "é'had" (Un), la seule et unique force de la Création, le Maître du monde (aloufo chel olam), réside au plus profond de chaque juif. Il y a une étincelle de "E'had" [Hachem] dans le 'hakham comme dans le racha, chaque juif est connecté à Lui à sa manière.
[même en faisant les pires fautes, notre partie Divine en nous, reste pure et inaltérée (elle est juste recouverte de saletés spirituelles, résultantes de nos mauvaises actions.)]
[rav Henoch d'Alexander]

-> "é'had 'hakham véé'had racha"
Rabbi Elimélé'h Biderman dit que la présence du "vav" (vé) indique que le racha de la Haggada croit en l'unicité d'Hachem, mais il croit également en quelque chose, en d'autres forces.
Par exemple, lorsque nous nous interrogeons : "Comment vais-je réussir à faire face à de telles dépenses?"
On répond : "Hachem aidera! Mais je prévoit également de faire ça, de faire ça, ..."
Nous investissons en D., mais au cas où nous investissons sur d'autres choses également.
Nous ne croyons pas exclusivement en Hachem, il y a du : "véé'had", et pas que du : "é'had".

Le "é'had 'hakham" signifie que lorsque celui qui croit uniquement en Hachem, est celui qui est sage.
Mais sinon, on a du bita'hon qui est incomplet, on a du "véé'had" (croire en D., et en d'autres forces, comme notre égo), alors cela que nous sommes dénommé : racha.

Le Bné Yissa'har dit que la récitation du passage des 4 enfants, où l'on dit : "é'had ... vé'é'had ..." est une sorte de lecture du Shéma. Ainsi, le Séder a la capacité de faire changer notre mazal.
[lorsque nous disons de tout coeur é'had dans le Shéma, nous avons la capacité de changer notre mazal]

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+ Le racha :

-> "L'enfant racha ... [on lui répond par : ] agaces-lui ses dents" (akéé ét shinav - הקהה את שיניו).

-> Que signifie le fait de réagir en frappant ses dents spécifiquement, plutôt que n'importe quelle autre partie de son corps? En quoi est-ce une réponse à sa question?
Le rabbi de Gour explique que le message que nous adressons au racha est : tout comme la dent qui n'est pas une partie de toi mais quelque chose qui est venu après ta naissance, il en va de même pour la méchanceté de ton passé. Elle ne fait pas réellement partie de toi. Tu es entier sans elle.
Bien que le racha peut avoir agi de manière inappropriée et avoir utilisé des mots erronés, mais ils ne font pas partie de lui.
En effet, le cœur d'un juif reste toujours pur et entier, et rien ne peut changer cela.

[de même que les dents viennent au cours de notre vie, de même tout l'aspect de racha n'est venu qu'après, et on doit plutôt se focaliser sur ce qu'il est vraiment : un juif = quelqu'un qui a constamment une partie d'Hachem en lui.
Le yétser ara essaie de nous assombrir la vie en nous dévalorisant (nous poussant alors à baisser nos ambitions spirituelles, voir à fauter. On ne doit jamais oublier que ce qu'on a fait de mal ne nous définit pas (nous : étincelle de sainteté pure), et que la téchouva a le pouvoir de tout réparer. ]

-> Lorsqu'une personne semble anormalement en colère ou amère, il y a généralement une raison à cela, quelque chose qui la rend si malveillante.
Plutôt que de répondre à la colère, les personnes perspicaces essaient de trouver la source de la douleur et de l'adoucir, comprenant que de cette façon, de nombreux griefs disparaîtront.
Les élèves du Baal Chem Tov ont compris ces mots : "agaces-lui ses dents" = comme une directive pour trouver la raison pour laquelle le racha parle si brusquement, et pour adoucir sa résistance.

[d'une certaine façon, cela implique d'imaginer qu'il a ses dents qui l'agacent, lui font mal, et c'est suite à cela qu'il en vient à parler d'une façon pouvant le caractériser de racha.
Ainsi, avant de répondre du tact au tact, de catégoriser quelqu'un, on doit le juger favorablement en s'imaginant ce qui a pu le mettre dans cet état (douleur, manque de sommeil, caractère susceptible, manque de confiance, ...)
"agaces-lui ses dents" = lorsqu'on a une/des dent(s) contre moi, on doit les "agacer" = prendre du recul en se disant qu'il y a sûrement un raison.
Imaginons que quelqu'un nous bouscule fortement, on se retourne énervé prêt à faire une remarque, mais on s'aperçoit que c'est un aveugle, faisant qu'on va agir à l'inverse en lui proposant de l'aide. Il peut en être de même d'autrui, qui agit mal car il est aveuglé, handicapé, par des choses de la vie. ]

-> Lorsque les juifs étaient encore en Egypte, Moché leur a rapporté en prophétie qu'ils seraient bénis d'une descendance : "quand vos enfants vous demanderont : 'Que signifie pour vous ce rite?' (ma aavoda azot la'hem)" (Bo 12,26).
Les juifs ont répondu à cela : "le peuple s'inclina et tous se prosternèrent" (Bi 12,27).

Le problème est que c'est exactement ce même verset cité par la Haggada comme étant la question moqueuse de l'enfant racha.
En d'autres termes, les enfants que Hachem a promis aux juifs en Egypte étaient des enfants réchaïm!
=> Pourquoi le peuple juif a-t-il réagit si joyeusement à une nouvelle si décourageante?

-> Rabbi Moché Feinstein (Messorat Moché - vol.3) répond :
Nous devons en conclure que même l'enfant racha est toujours une cause de joie et de remerciement. Même lorsque les enfants n'évoluent pas aussi que les parents l'auraient espéré, on ne doit pas penser qu'il aurait été mieux qu'ils ne soient jamais nés, puisque personne ne peut savoir le bien qu'au final un tel enfant peut produire.

-> On a demandé à rabbi Naftali Tzvi de Ropshitz pourquoi de nouvelles Haggadot sont imprimées chaque année.
Il répondit : "Le fils racha de l'année dernière semble être un homme juste cette année, à la lumière du déclin rapide des générations".

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-> Le racha demande : "ma aavoda hazot la'hem" = en utilisant le terme "la'hem" (pour vous), il s'exclut en pensant qu'il n'est pas important, assez bien, aux yeux d'Hachem.
Cette façon de désespérer, d'abandonner toute ambition spirituelle, est de l’hérésie (Kéfira), car une juif reste toujours important et aimé aux yeux d'Hachem (quoiqu'on fasse on garde une partie d'âme pure et Divine), et à l'image de la sortie d'Egypte il peut passer des bassesses spirituelles (49e niveau d'impureté) aux plus hautes hauteurs.
Le Séder se termine par "Nirtsa", de "ratsouï", Hachem m'accepte comme je suis (avec les qualités et défauts qu'Il a mis en moi, tant que je fais honnêtement de mon mieux pour aller vers Lui).
[rav Yéhouda Mischel]

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+ Le chééno yodéa lich'ol :

-> "Quant au fils qui n'est pas en mesure de demander (chééno yodéa lich'ol), c'est à vous d'aborder le sujet pour lui" :

-> Le Chem miChmouel révèle la profondeur de ces paroles en partageant un commentaire de son grand-père, le rabbi de Kotzk.
Le rabbi de Kotzk disait : "Si je le voulais, je pourrais créer des 'hassidim finis, mais ce n'est pas bon pour le monde."
Le Chem miChmouel explique ce que disait son grand-père :
Même s'il avait la capacité d'élever les gens et de leur donner les dimensions de avodat Hachem pour en faire des 'hassidim complets, il ne le ferait pas parce que le but de la vie est de travailler. Même si certains d'entre eux n'ont pas atteint les niveaux de avoda qu'ils auraient pu atteindre s'il avait choisi de les élever lui-même, le fait qu'ils aient fait des efforts et atteint ce point grâce à leur propre travail est beaucoup plus précieux.

L'enfant qui ne peut pas demander (chééno yodéa lich'ol) représente l'élève qui n'a pas encore de dimensions propres, et un enseignant peut se sentir obligé de lui donner simplement l'information manquante, mais ce n'est pas une faveur. Le parent ou l'enseignant vraiment dévoué s'abstient, permettant à l'élève de développer ses propres compétences.
Le mot "at" (de : at béta'h lo" - c'est à vous d'aborder le sujet pour lui) est un langage féminin, représentant le rôle d'une femme, qui est un mékabel, le destinataire, plutôt que le machpia, le donneur, parce que parfois, c'est ainsi que l'on permet à un enfant de s'épanouir et de grandir.

[plutôt que de lui servir la réponse toute prête sur un plateau, l'idée est que comme un tuteur on va lui permettre d'arriver par ses propres réflexions à la réponse.
Selon sa nature propre, on doit le guider pour qu'il trouve du bon goût et de l'appréciation dans la Torah. ]

-> Selon rabbi Hirsh de Rimonov : l'enfant "qui ne sait pas poser de question" (chééno yodéa lich'ol) est le meilleur car il ne pose aucune question. Il accepte tout ce qui lui arrive avec émouna. Il sait que c'est ce qu'il y a de mieux pour lui [puisque tout ce qui arrive dans notre vie est déterminé et décidé avec précision par Hachem].

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+ Le Tam :

-> Pourquoi est-ce que par respect pour son importance, le Sage ('hakham) n'est pas cité avant le simple (Tam)?
Le rav Moché Feinstein (Darach Moché - Bo) répond que dans la Torah la question du "Tam" apparaît dans le livre de Chémot, et celle du Sage qu'ensuite dans le livre de Dévarim.
Par cela, la Torah nous enseigne la bonne approche que doit avoir un juif concernant l'apprentissage de la Torah : d'abord il faut être un Tam, et ensuite un Sage.
D'abord il faut accepter les choses selon un niveau simple, en faisant sans se poser de question ce que Hachem nous ordonne (le Naaché).
Par la suite, on peut se développer à devenir un Sage : en posant des questions, en approfondissant toujours davantage et en essayant de comprendre de mieux en mieux (le Nichma!).

Le Kli Yakar fait un commentaire similaire où il fait remarquer que le "racha" pose sa question, mais en réalité pour réaliser une mitsva la condition est que la réponse lui plaise.
Sa compréhension des choses (nichma), va entraîner ses actions (le naasé), et s'il reçoit une remontrance c'est parce que son attitude est contraire à celle du judaïsme.

=> L'approche correcte de la Torah est : d'abord nous faisons parce que Hachem nous l'ordonne, et uniquement ensuite nous y rajoutons des idées et explications plus profondes.
Il est bon de poser des questions, mais la base doit toujours être une émouna, une acceptation simple et totale de la royauté Divine (Je fais ce qu'Il ordonne, et non : Je fais ce que Je souhaite/comprends! = un culte de soi-même!).

-> Le Baal Chem Tov a dit un jour à ses élèves : "Après tout ce que j'ai acquis dans les hautes sphères en termes de compréhension spirituelle des fondements de la Torah et de ses mitsvot, et après tout le plaisir que j'ai tiré de cette compréhension, je mets tout cela de côté et je m'accroche à la foi simple ; je suis un simple d'esprit et je crois [en Hachem]. [à l'image de Avraham : tamim tiyé im Hachem]
Et bien qu'il soit dit : "Le simple d'esprit croit tout" (Michlé 14,15), il est également dit : "Hachem garde les simples" (Tehillim 116,6).
[Yessod haAvoda]

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-> Le rav 'Haïm Shmoulévitz enseigne que chaque juif porte en lui les quatre fils (de la Haggada). À l'intérieur de chaque personne se trouve un mélange de lumière et de ténèbres, qui coexistent simultanément.

La matérialité au service de la spiritualité

+ La matérialité comme moyen au service de la spiritualité :

-> Dans les Pirké Avot, on nous enseigne que lorsqu'un homme s'assoit pour prendre un repas, il s'agit d'une expérience qui peut être soit édifiante, soit avilissante. Lorsque trois personnes mangent ensemble et ne prononcent pas de paroles de Torah à table, c'est comme si elles avaient mangé une offrande idolâtre. Mais si elles prononcent des paroles de Torah, c'est comme si elles avaient mangé à la table même d'Hachem.
Il n'y a apparemment pas de juste milieu ; c'est soit comme si l'on avait mangé à la table d'Hachem, soit de la avoda zara (idolâtrie).
Il existe une différence fondamentale entre les juifs et les non juifs quant à la manière dont ils perçoivent ce monde.
Les non juifs croient que le monde physique (matériel) et le monde spirituel sont deux mondes complètement séparés. Ils croient qu'ils peuvent se connecter au monde spirituel en priant, mais dès qu'ils cessent de prier et s'engagent dans le monde physique, comme manger, il n'y a plus de connexion avec le monde spirituel.
Cependant, nous croyons que notre travail dans ce monde est d'infuser des étincelles de sainteté dans toutes nos actions physiques et d'élever chaque partie de notre vie.

Un juif est autorisé à apporter un Korban Shélamim, qui est mangé par celui qui l'apporte, alors qu'un non-juif n'est autorisé à apporter qu'un Korban Ola, qui est complètement brûlé.
Ils ne peuvent pas apporter un Korban Shélamim parce que nous ne voulons pas qu'ils en mangent, car ils ne reconnaissent pas que le fait d'en manger peut être transformé dans le monde spirituel.
Le peuple juif prend part aux Shélamim et les élève au rang de spiritualité.

Manger est une nécessité de la vie, et si l'on n'insuffle pas de spiritualité dans son alimentation, on est comme les non-juifs, et d'ailleurs comme toutes les créatures de la terre qui mangent de la nourriture pour vivre. Il faut manger, boire, dormir et accomplir toutes les actions physiques et banales en pensant qu'on le fait pour que son corps fonctionne correctement et qu'on puisse servir Hachem.
Celui qui dit des divré Torah lors d'une séouda (repas) élève toute sa séouda de telle sorte qu'il a l'impression d'être assis à la table de Hachem et d'y prendre part.
[le Emet léYaakov ]

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-> Selon le Avodat Israël :
Le fait de manger peut être fait d'une façon spirituelle et peut être une expérience spirituellement édifiante, ou, D. préserve, cela peut être une chute spirituelle.
Une table devient comme une sainte Mizbéa'h lorsque l'on est méticuleux et que l'on imprègne son repas de sainteté, par exemple en se lavant les mains, en récitant des bénédictions et en prononçant des divré Torah.
C'est ce que nous appelons un "choul'han".

Cependant, si une personne n'élève pas sa séouda au rang de spiritualité, mais qu'au contraire elle se concentre sur la satisfaction physique, matérielle, par la consommation de nourriture, alors les lettres de "שולחן" (choul'han - table) sont réarrangées pour épeler "לנחש" (léna'hach - le serpent [originel] ), qui symbolise Satan, c'est-à-dire que le repas va au serpent, ce qui signifie que la table est occupée par Satan et qu'il cherche à inculper la personne pour ses fautes.

En ce sens le moment du repas du séder de Pessa'h s'appelle "Choul'han Orékh" (la table dressée), afin d'appuyer sur notre nécessité de se comporter pour que les lettres de choul'han sont dressées et doivent le rester, de sorte que notre séouda doit participer à la sainte avoda du Mizbéa'h.

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-> Selon le 'Hatam Sofer :
La table d'une personne est comme une Mizbéa'h, comme il est dit, à propos du Mizbéa'h : "zé achoul'han acher lifné Hachem" (Yé'hezkel 41,22).
Etant donné que la Choul'han (la table) est comme un Mizbéa'h, la maison est comme un Temple (Beit Hamikdach).
"zé Eli véan'véou" (voici mon D., je Lui construirai un Sanctuaire" (Béchala'h 15,2). (Rachi dit que
"véan'véou" (וְאַנְוֵהוּ) peut également être traduit par "embellir").
"zé Eli" (זֶה אֵלִי) est l'acronyme pour les mots : "zé haChoul'han acher lifné Hachem".
Si l'on fait de notre table un mizbéa'h, alors "וְאַנְוֵהוּ" - je ferai [pour Hachem] que ma maison soit un lieu magnifique pour la demeure de la Chékhina.

"Or, il y aura toujours des nécessiteux dans le pays; c'est pourquoi, je te fais cette recommandation : ouvre, ouvre ta main à ton frère, au pauvre, au nécessiteux qui sera dans ton pays." (Réé 15,11)

-> Le Sifri nous enseigne :
"Lorsque les juifs obéissent à D., il n'y a pas de pauvres parmi eux.
Mais, s'ils ne font pas la volonté de D., il y aura des pauvres parmi eux."

-> Rabbi Na'ham de Breslev de nous dire (Likouté Halakhot VIII) :
"La richesse parvient à chaque personne au travers de son conduit personnel.
Lorsque les juifs obéissent à la volonté de D., les ressources descendent d'une bonne façon en étant distribuées de façon équivalente à tous.
Dans le cas contraire, elles sont mal réparties, ce qui explique que certaines personnes soient très riches, et d'autres très pauvres.

Le fait de donner à la charité va rectifier cette situation.
Lorsqu'une personne qui a été bénie par un surplus d'argent, va reconnaître qu'une partie ne lui revient pas, et donne à la tsédaka, elle répare la mauvaise distribution faite.

Ainsi, en ouvrant notre main au pauvre, on ouvre le conduit de distribution des ressources qui peut alors atteindre tout le monde."

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-> Rabbi Na'hman nous enseigne aussi (Likouté Halakhot VII) :

"La charité supprime les mauvais décrets dans le monde.
En effet, lorsqu'un pauvre crie à D. l'injustice de sa pauvreté, ses cris et ses prières reviennent à poser la question suivante :
"Pourquoi n'y a-t-il personne qui aide ce pauvre?", et c'est alors que se réveille la colère et les jugements de D.
(Zohar I - 10b).

Une personne qui donne à un pauvre va non seulement repousser le jugement divin, mais va aussi le transformer en compassion."

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-> "En ouvrant ta main et en donnant aux autres, tu attires un souffle de vie, qui va amener de la vitalité dans ta propre vie"

[Rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Halakhot IV - p137a]

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-> "La mitsva de la charité est équivalent à accomplir toute la Torah, car elle créé une atmosphère d'amour et de paix.
La charité amène à l'unité, comme elle annule les différences entre les personnes, et elle indique le chemin de la vérité, qui est un.
De plus, le fait de donner à la charité invoque le pardon de toutes les fautes."

[Rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Halakhot IV - p194a]

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-> La pauvreté disparaîtra parmi les juifs seulement s'ils écoutent les paroles de D. et observent Ses commandements.
[Méam Loez (Réé 15,5-6)]

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-> "Refuser de donner la charité est considéré comme une faute aussi grave que l'idolâtrie."
[guémara Baba Batra 10a]

Le Tsror haMor commente :
La comparaison entre l'idolâtrie et le refus de donner la charité est claire : celui qui n'aide pas les pauvres nie que D. lui a fait obtenir sa richesse.
Il croit que ses biens n'appartiennent qu'à lui.
L'homme riche et égoïste remplace la foi en Hachem par la croyance en sa propre force et en ses facultés.
De la même façon, le païen remplace D. par une idole à laquelle il attribue une puissance supérieure à celle de D.

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-> "Ouvrir la main pour faire la charité" (Réé 15,11)

Rambam commente :
"Celui qui détourne les yeux du pauvre est comme l'idolâtre, le racha, ...
Celui qui donne l'aumône de mauvaise grâce, le visage baissé vers le sol, même s'il fait au pauvre un don de 1 000 pièces d'or, perd tout le mérite de son action. Il doit lui donner avec bonhomie et ave joie et partager sa détresse".

-> "Ne sois pas partial pour le pauvre, dans son procès" (Michpatim 23,3)
Le rabbi de Lublin explique que cela veut dire qu'il ne faut pas prendre le parti de D. dans le procès que lui fait un mendiant.
[cela montre à quel point nous devons juger positivement un mendiant, et lui apporter ce qu'il a besoin matériellement, en écoute, en mots d'encouragement, ...]

-> Un homme peut pratiquer toutes les mitsvot de la Torah qui concernent les relations de l'homme avec D., il peut même parvenir jusqu'aux plus hauts sommets de l'adhésion à la divinité ; tout cela ne représente rien s'il n'est pas réellement attentif aux douleurs des hommes.
[rabbi Its’hak de Vork]

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-> "Celui qui donne une pièce d’argent à un pauvre recevra 6 bénédictions, et celui qui le réconforte par des paroles recevra 11 bénédictions"
[guémara Baba Batra 9b]

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+ Est-ce vraiment un pauvre?

-> Le Méam Loez enseigne (Réé 15,11) :
Nos Sages nous recommandent d'être reconnaissants envers les imposteurs qui prétendent avoir besoin d'argent alors qu'ils ne sont pas pauvres.
Grâce à eux, de nombreuses personnes trouvent l'excuse de ne pas donner la charité. Elles refusent de donner la charité et prétendent craindre de donner la tsédaka à quelqu'un qui ne le mérite pas.

Si ces imposteurs n'existaient pas, et ne fournissaient pas une excuse commode pour s'abstenir de donner la charité, nous serions tous considérés comme des fauteurs car nous nous sommes tous abstenus, à un moment ou un autre, de donner la charité à une personne qui la sollicitait.

L'attitude approprié est celle que la Torah indique : "il y aura toujours des pauvres dans le pays" = il y aura toujours parmi nous des nécessiteux qui auront réellement besoin de notre aide. Nous devons donc ouvrir la main à quiconque nous le demande, même si nous ne pouvons pas être certain qu'il est vraiment pauvre.
Il existe toujours une possibilité que la demande vienne d'un pauvre réellement nécessiteux.

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"Le pauvre ne disparaîtra pas de l'intérieur du pays" (Réé 15,11)

-> Ce verset est une prophétie : dans le futur, il y aura une génération (ou plusieurs) dont la majorité des gens ne sera pas méritante, donc en situation de pauvreté.
[Ibn Ezra - Dévarim 15,6]

[En effet, Rachi (Dévarim 15,4) affirme que si l'on respect la volonté de Hachem, alors il y aura des pauvres chez les autres et non chez nous ; et à l'inverse si l'on ne respecte pas la volonté de D., alors il y aura des pauvreté parmi nous. (tout dépend de notre comportement!)]

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne :
Dans ce verset, pourquoi l'expression principale : "Le pauvre ne disparaîtra pas" (lo yé'hdal év'yone - לֹא יֶחְדַּל אֶבְיוֹן) est-elle suivie de l'expression : "de l'intérieur du pays" (mikérév aaréts - מִקֶּרֶב הָאָרֶץ)?
Il y a ici une allusion : les 3 lettres du mot : érets (pays - ארץ) s'écrivent respectivement : אלף (aléph), ריד (réch) et צדי (tsadi).
Les lettres qui sont "à l'intérieur" : lamed (ל), youd (י) et dalét (ד) forment le mot : dli (un seau - דלי) qui est parfois rempli d'eau et parfois vide.
De même un pauvre, qui aujourd'hui a des manques, car sa caisse est vide, peut demain s'enrichir (sa caisse peut se remplir) comme ce seau.

"Mais le 7e jour, il y aura repos" (Emor 23,3)

-> Citant l’enseignement de nos Sages selon lequel le Shabbat n’a été donné au peuple juif qu’afin de lui donner le loisir d’étudier la Torah, l’auteur du Bné Chouchan y trouve une allusion à travers le verset : "Mais le 7e jour, il y aura repos" (וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי שַׁבַּת שַׁבָּתוֹן).
Il fait remarquer que les initiales hébraïques de cette expression équivalent numériquement au mot Torah (תורה).
En d’autres termes, durant Shabbat, il nous incombe de nous plonger dans l’étude de la Torah.

-> b'h, à ce sujet : https://todahm.com/2018/03/05/shabbath-un-jour-special-pour-letude-de-la-torah

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-> "Le 7e jour, ce sera Shabbat Shabbatone" (Emor 23,3)

=> Le jour de Shabbat est qualifié de Shabbat Shabbatone c'est à dire double Shabbat. Quel en est le sens?

-> Le Maguid de Doubno rapporte l'illustration d'un père qui offre en cadeau à son fils une belle montre pour lui faire plaisir. L'enfant est tout heureux de ce beau cadeau et admire cette montre avec grande joie, l'inspectant de tous les côtés. Mais, suite à une légère maladresse, la montre tombe et le verre qu'elle contenait se casse.
Voyant ces débris, l'enfant se mit à pleurer, empli de tristesse pour la perte d'un si beau cadeau. Constatant que son fils ne parvint pas à s'apaiser, le père lui dit : "Je t'ai offert cette montre pour te faire plaisir et te rendre heureux. Si je savais que tu allais en concevoir une telle peine, je ne te l'aurai jamais offerte!"

Hachem aussi a offert un merveilleux cadeau à Son Peuple bien-aimé : le Shabbat, jour de repos et de délice.
Mais parfois, du fait que l'on y cesse tout travail, on en vient à des légèretés, médisance, moqueries, temps perdu, ... fautes qui auront un coût dans le monde futur.
Hachem nous dit alors : Je vous ai donné ce jour pour votre bien, pour que vous profitiez de ce repos pour étudier la Torah et s'approcher d'Hachem, ce qui est le plus grand bien. Mais Je ne vous ai pas donné ce jour pour multiplier les fautes du fait de l'oisiveté et devoir ensuite rendre des comptes amers dans l'autre monde. Le
Shabbat doit être Shabbat Shabbatone, double repos : repos dans ce monde, mais aussi source de repos et récompense dans l'autre monde.