Yov devient Yashouv …

“Les fils de Yissa’har, selon leurs familles : … ; de Yachouv, la famille Yachouvite ; …” (Pin’has 26 ; 23-24).

Le ‘Hida explique que Yissa’har a appelé l’un de ses fils Yov (Vayikach 46;13 : “Fils de Yissa’har : Tola, Pouva, Yov et Chimon”).
Lorsque les juifs sont arrivés en Egypte, Yov s’est rendu compte que les égyptiens avait une idole ayant pour nom : “Yov”.
Il a fait part de cela à son père, qui lui a donné un ‘shin’ de son nom afin de changer son nom en “Yashouv” (d’où pour certains, la coutume de lire le nom Yssa’har avec 2 ‘shin’ uniquement avant ce passage de la paracha Pin’has).

Pourquoi lui a-t-il donné un ‘shin’ et pas une autre lettre de son nom?

Le Beit Yossef (Ora’h ‘Haïm 32) écrit qu’il y a un shin sur les Téfilin de la tête car la lettre ‘shin’ a une valeur numérique de 300.
En utilisant une inversion des lettres de l’alphabet (le alef (la 1ere) = taf (la dernière) ; le beit (la 2e) =shin (l’avant dernière) ; …), le Tétragramme, nom de D. (youd-hei-vav-hei) a alors une valeur de 300 (il devient alors : mem-tsadik-pei-tsadik).
Ainsi, Yov, nom d’une idole égyptienne, a reçu une lettre ayant une équivalence avec le nom de D., afin de devenir Yashouv.

Rashi : “Yashouv” est un dérivé du verbe s’asseoir, car les membres de cette famille s’asseyaient dans les salles d’étude en se consacrant totalement à la Torah.

Sources : Rabbi Ozer Alport et Rabbi Moshe Bogomilsky

Un dirigeant juif c’est …

“Un homme sur l’assemblée, qui sorte devant eux et rentre devant eux, qui les fasse sortir et les fasse entrer …” (Pin’has 27;17)

Rabbi Israël Salanter rapporte un enseignement de nos Sages : “A l’époque pré messianique, la face de la génération sera comme celle d’un chien” (Sota).
Que veut dire cette comparaison?

Un chien court toujours devant son maître mais, de temps en temps, il tourne la tête et regarde en arrière pour voir vers où son maître se dirige et prendre cette direction.
A l’époque du Machia’h, “la face de la génération”, c’est-à-dire ceux qui prétendent être les dirigeants et les représentants du peuple, sera “comme celle d’un chien”, car ils adopteront l’attitude du chien.
Ils marcheront devant le peuple et se tiendront à sa tête, mais n’auront aucune voie tracée devant eux et aucune influence sur le peuple.
Au contraire, de temps à autre, ils se retourneront pour entendre ce que dit “la rue” et connaître l’opinion des médias. En fonction de cela, ils dessineront leur programme afin de plaire au public.
Un vrai dirigeant juif doit conduire le peuple et lui enseigner la voie de D. même au risque d’être désapprouvé.

Le rabbi de Vorka a dit : “Qui sorte devant eux” = qui ira corps et âme pour le peuple juif.
Le ‘Hidouchei HaRim a dit :
– “Qui les fasse sortir” = qui les fasse sortir de la bassesse et de l’impureté
– “et les fasse entrer” = vers l’élévation et la sainteté.
Il conclut en disant : le dirigeant qui suit le peuple est entraîné vers la bassesse.

Source : « Mayana chel Torah » d’Alexander Zoucha Friedman

1er mot de la paracha : élé

“Voici (אלה – élé) les paroles que Moché adressa à tout Israël …”  [Dévarim ch.1 ; v.1]

1°/ Selon le Mégalé Amoukot, les lettres du mot אלה forment les initiales de אבק  לשון הרע (avak lachon ara = poussière de médisance).
Moché exposa cette interdiction « à tout Israël » car nos Sages disent : “la plupart des gens faute par le vol, une minorité par les relations interdites et tous par la poussière de médisance » (Baba Batra 165b).
Puisque la grave faute de lachon ara est réalisée par tout le monde, il a fallu mettre en garde « tout Israël ».

2°/ Il est écrit dans le séder olam (pérek youd), que toutes les parachiot  du livre de Dévarim, depuis Dévarim jusqu’à la paracha Vayélé’h (ch.31 ; v.2 : Moché dit : “Je suis âgé de 120 ans aujourd’hui”) ont été dites en 36 jours (du 1er Shévat au 6 Adar).
La paracha Vayélé’h a été dite le 7 Adar, jour de décès de Moché.
Le mot אלה (élé) utilisé en tête de ce verset (et du livre Dévarim) a pour valeur numérique 36.

3°/ Il est intéressant de noter que la paracha Dévarim tombe toujours le Shabbath précédant le jeûne du 9 Av, jour où nous lisons le livre de Ei’ha (les lamentations).
Or le mot ‘Ei’ha’ (איכה ) a comme valeur numérique : 36  …

En attente de la venue d’Eliyahou …

“Moshé commença (הוא’ל – o’il) à expliquer cette Torah en disant”  (Dévarim ch.1 ; v.5)

Pourquoi n’est-il pas écrit : “Moshé expliqua cette Torah en disant”?
Que vient nous apprendre le mot : ‘commença’ (o’il)?

Les lettres de ce mot peuvent former le mot ‘Eliyahou’.
Dans le Talmud quand on n’a pas de réponse à une problématique, on conclut en utilisant le terme : תיקו (teikou) : תשבי יתרץ קושיות ובעיות (‘tishbi yétareitz koushio’t vé’abayot = ‘[Elyahou le] Tishbi va résoudre toutes les difficultés et problématiques”

Bien que Moshé a expliqué de façon très claire la Torah, il savait que les générations futures auraient des difficultés à comprendre des points de la Torah.
Ainsi, il a laissé entendre de façon cachée (mot o’il), que tout manque de clarté sera finalement élucidé par le prophète Eliyahou.

Source : « védibarta bam » du Rabbi Moshe Bogomilsky

+ “J’ai imploré (=vaet’hanan) Hachem …” ( Vaét’hanan ch.3 ; v.23)

Le mot ‘vaet’hanan’ (implorer) a la même valeur numérique que le mot ‘téfila’, soit 515.
Cela nous rappelle que la prière doit être dite avec supplication et se doit d’être adressé à D. qui est miséricordieux.
D’ailleurs, Rachi explique que c’est une des 10 expressions employées pour la prière, et elle est relative à une notion de don gratuit.
En effet, les justes, dans leur humilité, évitent d’invoquer leurs bonnes actions et font appel à la miséricorde de D.

Si on ajoute la valeur numérique du nom D. (26) à celle du mot téfila ou vaet’hanan, on obtient : 541 (515+26), qui a la même valeur que ‘yisraël’ ( שראל’).

Les Bnei Israël se distinguent par la prière qu’ils adressent à D. avec supplication et que Celui-ci agrée, comme il est dit (vaet’hanan ch.4,v.7) : “Quelle est la grande nation qui a un D. proche d’elle comme Hachem, notre D., chaque fois que nous L’appelons?”

A vos prières …

Source : adaptation du « guévourot aTorah » de Gabriel Cohen

+ 5e livre de la Torah (= Dévarim), 5e chapitre, 5e verset : il doit y avoir un enseignement de folie?
Allons voir cela …

= “Je (ano’hi – moi) me tenais entre Hachem et vous …” (Vaét’hanan ch.5 ; v.5)

Le Rabbi de Kobrin vient nous apprendre une des bases les plus importantes pour vivre juif.

Le “je” de l’homme est ce qui forme une séparation “entre vous et D.”.
Tant que l’homme est sous la domination de son “moi”, il n’est pas capable d’atteindre la proximité avec D.
Pour faire corps avec D., il faut arriver à dépasser son égocentrisme et l’amour de soi, et alors plus rien ne fait barrière entre nous et D.

+ “Va, dis-leur : ‘Retournez dans vos tentes’ “ (Vaét’hanan ch.5 ; v.27)

Le Rabbi de Kotsk commente ce verset de la façon suivante.
Là, près du mont Sinaï, j’ai vu votre crainte et votre attachement à D., mais voyons donc votre comportement lorsque vous rentrerez dans vos tentes.

+ “Et ces sujets que je t’ordonne aujourd’hui seront sur ton coeur” (Vaét’hanan ch.6 ; v.6)

Rashi sur le terme “aujourd’hui” : ces paroles devront toujours rester nouvelles fraîches et exaltantes à vos yeux, comme si la Torah venait d’être donnée “aujourd’hui”, et non comme un vieux dogme, démodé et sans valeur.

« Tu aimeras Hachem, ton D. … de toute ton âme » (Vaét’hanan 6,5) 

Nos Sages expliquent : « De toute ton âme : même s’Il retire ton âme », il faut aimer Hachem même si pour Lui rester fidèle il faut donner son âme et sa vie.

De même on peut expliquer : « De tout ton cœur : même s’Il retire ton cœur”. C’est-à-dire que même si un homme n’a plus de cœur, qu’il ne ressent plus rien dans le service d’Hachem, même alors il faut continuer à Le servir, il ne faut pas s’affaiblir spirituellement.

[le ‘Hidouché haRim]

+ Haftara vaét’hanan : “Consolez (na’hamou), consolez Mon peuple dit D.” : 

Rabbi Tzvi Elimelech Shapiro : “Consolez-vous du seul fait que vous êtes “Mon peuple” car cela est, en soi, la plus grande consolation qui soit.