Briser un verre lors d’un mariage

+ A un mariage : On brise un verre, pourquoi un verre?

1°/ Le terme hébraïque pour un verre est « kos » (כוס), dont la valeur numérique est de 86, qui est aussi celle du mot « hatéva » (la nature – הטבע).
Le fait de briser le verre au moment de la conclusion de la cérémonie de mariage, sous la ‘houpa, est la manifestation extérieure de l’intense prière qu’a fait le ‘hatan, souhaitant que son parcours dans sa vie d’homme marié ne soit pas en accord avec les complications/difficultés naturelles de la vie, mais au contraire que cet aspect de la nature soit brisé à son profit.

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2°/ Le mariage unit 2 personnes venant avec une façon de vivre différente et des points de vue propres.
Les différences d’opinion pointent comme risques, menaçant potentiellement la continuité du mariage.

Le verre est un matériau qui lorsqu’il est cassé, peut être chauffé avec du feu, et retrouve alors son aspect initial tout unifié.

Le fait de casser un verre envoie un message au ‘hatan et à la kalla, que même si votre mariage est en train de péricliter/de battre de l’aile (que D. nous en préserve!), et semble brisé, cela ne veut pas dire forcément que la situation est désespérée/dans une impasse avec pour unique solution le divorce.
Au contraire, à l’image du verre brisé qui peut être réparé en lui soumettant du chaud, de même, lorsque le mariage semble brisé et est pénible, tout peut être réparé/remis en état de marche, dans la joie, par le feu : la chaleur et la compréhension envers son partenaire.

Ainsi, au moment où le verre est brisé, toute l’assistance dit : « Mazal Tov », certifiant au nouveau couple, qu’un couple qui se brise comme un verre, et qui se répare ensuite (par le feu de la chaleur de l’amour et de la compréhension de l’autre), peut être extrêmement joyeux et heureux tout au long de leur vie de couple.

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3°/ Au cours du 1er mariage de l’histoire, D. a dit : « c’est pourquoi, l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme. » (Béréchit 2;24)

Sachant que suite à un mariage, il y a une union de l’homme et de la femme, pourquoi la Torah insiste-t-elle sur le fait que l’homme doit totalement quitter son père et sa mère? et pour la femme?

Au cours de ses années de formation, dans la relation entre l’enfant et ses parents, l’enfant est principalement un mékabel : un receveur.
Il n’a donc pas totalement développer sa capacité à donner.

Une personne qui se marie doit s’attendre à devenir un donneur matériellement et spirituellement à sa femme et à ses enfants.
Une personne ne peut pas espérer se marier, en restant un récipient : la faculté de donner doit être développée.

Ainsi, la Torah en disant « un homme doit quitter son père et sa mère » veut nous signifier, qu’il doit quitter sa situation de parents-enfant, et arrêter d’être un receveur.
L’homme doit apprendre a être un donneur, et alors le mariage sera réussi.

Le verre est un récipient receveur (kéli kabbala).
On l’utilise pour y mettre un liquide ou y stocker quelque chose.

Ainsi, lorsque la ‘houpa vient de se finir et que la kalla vient de devenir sa femme, le ‘hatan casse le verre (symbolisant le recevoir), afin d’indiquer qu’à partir de maintenant, il n’est plus un mékabel (receveur), mais plutôt un machpia (un donneur), qui va faire tout son possible pour donner le meilleur du matériel et du spirituel à sa femme et à ses enfants

Source (b »h) : traduction & adaptation personnelle d’un commentaire de Rabbi Moshe Bogomilsky

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-> « Le ‘hatan brise un objet en verre après les kiddouchin, en souvenir du malheur de la destruction, comme il est dit : « Si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies » (Téhilim 137,6). »
[le Rama – Even haézer 70,5]

 

-> D’ailleurs, à ce sujet, on pose une question : Ne faut-il pas craindre l’interdit de gâchis (baal tach’hit)?
La michna broura (Ora’h ‘Haïm 560) de répondre :
« Non, car nos Sages souhaitaient nous enseigner qu’il n’y a pas de joie complète tant que le Temple est détruit et la présence divine en exil, et comme cette brisure a un but, il est permis de briser le verre. »

A l’image d’une minute de silence, il faut marquer un temps d’arrêt entre le cassure du verre et l’explosion des joyeux : « Mazal Tov! »

-> « La brisure du verre donne à l’attribut de rigueur sa part, et le terme Koss (verre) a la même valeur numérique que : « Elokim » [nom de D. qui symbolise l’attribut de rigueur]. »
[Séfer haMataamim ha’Hadach]

En effet, dans un moment de grande joie, l’attribut de rigueur peut intervenir et présenter une accusation, que D. préserve, alors nous lui donnons sa part : un verre en verre est brisé en morceaux, et désormais, on espère que l’attribut de miséricorde résidera. 

-> Au moment du mariage, le ‘Hatan monte à niveaux de spiritualité très élevés, or le Satan va chercher à jouer son rôle accusateur.
C’est pour cela qu’il casse le verre, afin de donner sa part à l’Attribut de rigueur et que se taise ainsi toute animosité : « et toute méchanceté aura la bouche close » (Téhilim 107,41).
-> Le lien entre la brisure du verre et la résurrection des morts est le suivant : le verre est confectionné en soufflant et ainsi en est-il pour l’âme de l’homme, comme il est écrit : « Il insufflera dans ses narines un souffle de vie » (Béréchit 2,7), et D. procèdera à la résurrection des morts à l’avenir, par l’action du souffleur : « Je mettrai Mon esprit en vous » ( Yé’hezkel 37,14), et alors la vie sera éternelle.
C’est la raison pour laquelle on brise le verre qui a été confectionné en soufflant, et on rappelle ainsi, la résurrection des morts.
[Séfer haMataamim ha’Hadach]
-> Il est possible de lier cette idée avec le fait de casser le verre.
Dans la guémara (Béra’hot 30b-31a), il est mentionné le récit du mariage du fils de Mar Bré Dé Ravina. Ce dernier, constatant la grande joie de ses invités, tous d’éminents érudits en Torah prit l’initiative de briser à leurs yeux un verre de grande valeur. Cette action les attrista.
Rabbi Yo’hanan expliqua au nom de Rabbi Chimon Bar Yo’haï qu’il est interdit de se réjouir sans limites dans ce monde du fait qu’il est écrit : « Alors, notre bouche s’emplira de rires » (Téhilim 126,2), à quel moment ?
Au moment où les nations du monde diront : « Hachem a accompli de grandes actions en faveur de ceux-là (c’est-à-dire en faveur du peuple juif) ».
Les grandes actions dont on parle ici sont celles de la délivrance messianique.

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