« Tu feras des planches pour le Tabernacle en bois de Chittim, posées debout. » (Térouma 26,15)

-> La Torah protège les arbres fruitiers, elle interdit donc de les abattre et de les couper.
Le midrach en témoigne :
« Pourquoi est-il dit pour la construction du Tabernacle : « en bois de Chittim »?
D. a enseigné à toutes les générations la conduite appropriée.
Si un homme demande à construire sa maison à partir du bois d’un arbre fruitier, on lui dit : Et qu’en est-il du Roi des rois, à qui tout appartient, lorsqu’Il demanda qu’on lui fasse un Tabernacle, Il dit : Tu ne m’apporteras que du bois provenant d’un arbre qui ne donne pas de fruits, et quand à vous (pour la construction de vos propres demeures) à plus forte raison!
(Vous ne tirerez pas profit d’un arbre porteur de fruits). »

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-> « en bois de Chittim, posées debout »
Le midrash explique que les termes : « posées debout » (om’dim) signifient que ce bois de Chittim « sera posé pour toujours”. Que signifie cela?

En fait, quand un arbre produit des fruits, bien que l’arbre soit du végétal, quand l’homme consomme ces fruits, le végétal s’élève au rang humain.
En revanche, un arbre qui ne produit pas de fruits, comme l’arbre de Chittim (l’acacia), ne pourra jamais s’élever au rang humain, car l’homme ne peut pas en manger. Il est donc condamné à rester uniquement végétal.
Ainsi « ce bois de Chittim « sera posé pour toujours” = il se maintiendra au rang d’arbre, appartenant au règne végétal, pour toujours.

=> C’est pourquoi, pour élever le bois de Chittim malgré tout, la Torah a choisi de l’utiliser dans la fabrication du Michkan, lieu saint et réservé au service d’Hachem, ce qui permet néanmoins de l’élever.
[Ktav Sofer]

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« Ils feront une Arche en bois de Chittim » (Térouma 25,10)

-> Il s’agit de l’Arche (le Aron) qui allait contenir les Tables de la loi. Elle devait être conçue en bois de Chittim.
Pourquoi ce bois en particulier?

Le midrach explique que la ville de Chittim favorisait la perversion et la débauche, et d’ailleurs c’est dans cette ville que le peuple d’Israël se débaucha (« Israël s’établit à Chittim et le peuple commença à se livrer à la débauche » – fin paracha Balak v.25,1).
Nos Sages (guémara Kiddoushin 30b) rapportent les paroles de Hachem : « J’ai créé le yétser ara et J’ai créé la Torah comme antidote/remède ».
Par son étude, un homme peut sublimer et orienter ses pulsions de la débauche vers la sainteté.

=> C’est pourquoi l’Arche sainte était faite avec du bois de Chittim, car par la Torah contenue dans cette Arche, on pouvait apporter réparation aux penchants de la débauche, renforcés dans la ville de Chittim.
[Séfer Assoufat Maara’hot]

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-> Le Avné Ezel explique que le cèdre symbolise la dureté et la rigidité. L’homme qui ne sait pas se plier ni s’adoucir est comparé au cèdre. Selon l’expression de nos Sages (guémara Taanit 20a) : « L’homme doit toujours être souple comme un roseau, et pas dur et rigide comme le cèdre ».
Ainsi, de façon générale, le cèdre et sa symbolique ne devraient pas avoir de place dans nos vies, car l’attitude à adopter par excellence est l’humilité et la souplesse.
Malgré tout, en ce qui concerne les affaires sacrées, il convient de savoir utiliser la rigidité au bon moment. En effet, si on constate que dans une certaine situation l’honneur de la Torah ou des Sages sont bafoués, ou encore que la pratique du judaïsme est remise en cause, alors il faudra s’armer de force et mener la guerre pour restaurer l’Honneur d’Hachem.
Et là, on ne devra se plier devant personne, ni ne se laisser impressionner par les oppositions ou les moqueries de son entourage.

=> C’est ainsi que le cèdre doit avoir effectivement sa place dans le Michkan, c’est à dire dans les affaires liées au sacré.

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-> A ce sujet, le Méam Loez (Térouma 25,3-7) nous enseigne :
La plupart des choses créées sont éphémères : elles pourrissent et disparaissent.
Par contre, le bois de cèdre est très durable et n’est pas utilisé par l’homme.
De même, l’or, l’argent et les pierres précieuses qui sont eux aussi impérissables ne conviennent pas à de simples mortels. Ils ne furent créés que pour être utilisés dans le Michkan, et plus tard dans le Temple.

Il existe 24 variétés de cèdres dont 7 sont de grande valeur.
L’une de ces 7 espèces est l’arbre de chittim utilisé pour le Michkan.
Hachem préféra le chittim aux 6 autres, pourtant de meilleure qualité, pour nous enseigner une leçon : si l’on veut construire une maison, il ne faut pas utiliser le bois d’arbres fruitiers même s’ils produisent des fruits comestibles.
Si les fruits sont comestibles, cela est de toute façon interdit par le commandement de la Torah de ne pas détruire les arbres (bal tach’hit – Dévarim 20,19). Mais même si les fruits ne sont pas comestibles, l’arbre ne doit pas être utilisé comme bois de combustion.

Hachem nous a enseigné cela par le biais de Son commandement de construire le Michkan et le Temple.
Bien que D. se soit apprêté à résider dans ces édifices, Il choisit le bois de chittim parce qu’il provient d’un arbre stérile.
Par conséquent, chacun doit veiller à observer ce commandement.

Ces arbres sont appelés chittim parce qu’ils poussaient le long du ruisseau de Chittim.
Ce ruisseau avait la particularité de stimuler la convoitise et de corrompre quiconque buvait de son eau.
Les habitants de Sodome, qui s’approvisionnaient en eau à ce ruisseau, étaient très immoraux.
A l’époque du machia’h, ce ruisseau sera totalement asséché.

Yaakov emporta quelques-uns de ces arbres [de la Terre Sainte] avec lui en Egypte pour que ses descendants les utilisent dans la construction du Michkan, et par ce mérite qu’ils affaiblissent la tentation conduisant à la débauche.

Yaakov pressentit également qu’à leur départ d’Egypte, les juifs allaient séjourner auprès du ruisseau de Chittim. Si les arbres de chittim étaient utilisés pour construire le Michkan, alors cette eau ne les conduirait pas à la tentation.

C’est pour cette raison que les seuls à avoir fauté au ruisseau de Chittim [avec les filles de Moav après la sortie d’Egypte (Bamidbar 25,1)] étaient les membres du érev rav (Chémot 12,38).
Les vrais juifs ne se rendirent pas coupables de relations interdites. Le bois de chittim qu’ils emportèrent d’Egypte pour construire le Michkan subjugua leur mauvais penchant et les protégea de la tentation.
Sans cela, les juifs n’auraient pas survécu car Hachem hait l’immoralité et punit sévèrement ceux qui s’en rendent coupables.
Il est vrai que D. s’emporta contre les juifs et les frappa d’épidémie (Bamidbar 25,4-9), [mais la raison est] parce qu’ils n’avaient pas empêché le érev rav de fauter. Seul l’héroïsme de Pin’has apaisa la colère Divine.
[…]

Que les juifs fussent capables de porter tout ce bois … est un grand miracle.
Les piliers/poutre de bois de chittim mesuraient 10 coudées de long, une coudée de large et une coudée et demie d’épaisseur (Térouma 26,16).
Chaque poutre était lourde, et il aurait été impossible de les porter, fût-ce en carriole.
[selon nos Sages fixant la coudée à 0,5 mètre, on arrive à un poids total d’une poutre à environ 950kg, tandis que selon ceux d’avis qu’une coudée vaut 0,6 mètre, on obtient une seule poutre à environ 1620kg.]
En effet, il n’y avait pas uniquement 2 ou 3 de ces immenses piliers/poutres, mais un très grand nombre : 48 poutres dans le Michkan lui-même, 4 pour supporter la cloison et 15 poutres transversales.

=> Nous voyons donc que tout était miraculeux. Hachem aida les juifs à emporter les bois d’Egypte alors qu’ils étaient pourchassés par leurs ennemis décidés à les tuer.

Yaakov rendit donc un très grand service à ses descendants en coupant les arbres au ruisseau de Chittim et en les expédiant en Egypte.
Ceci affaiblit le penchant à l’indécent dans le pays aux mœurs très relâchées qu’était l’Egypte.
C’est ainsi que malgré plus de 200 ans de séjour, les juifs ne succombèrent jamais à l’immoralité et méritèrent ainsi d’être libérés. [Sifté Cohen]

Le mot Chittim (שִׁטִּים) peut être lu comme un acrostiche des mots : Shalom (la paix), Tova (le bien), Yéchoua (la délivrance) et Mé’hila (le pardon).
=> Ceci nous enseigne que par le mérite du Michkan bâti [en bois de chittim] par les juifs, Hachem fit la paix avec eux (Shalom), leur offrit le bien (tova), leur pardonna la faute du Veau d’Or (mé’hila) et les sauva de leurs ennemis et de tout danger (yéchoua).

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-> « Les poutres du Michkan » (akécharim laMichkan – הַקְּרָשִׁים לַמִּשְׁכָּן – v.26,15) a une valeur numérique de 1095, qui est le même que : « Yaakov Avinou nata lahem arazim bemitsaraïm » (Notre Père Yaakov leur a planté des cèdres en Egypte).

Yaakov dit à Hachem : Que faudra-t-il pour T’apaiser après la faute du Veau d’Or? »
Il lui a répondu : « Des arbres de chittim ».   [Yaakov les planta donc en Egypte]

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-> Le Assoufat Maara’hot explique que le bois de Chittim provient de la ville de Chitim, et le midrach explique que la ville de Chittim favorisait la perversion et la débauche. C’était bien dans cette ville que le peuple d’Israël se débaucha (à la fin de la Paracha de Balak).
D’autre part, Hachem a certes créé le mauvais penchant : l’homme recherche plaisir et satisfaction. Quand ces pulsions sont tournées au physique, elles peuvent conduire à la débauche, mais Hachem a aussi créé la Torah, qui est le remède au mauvais penchant.
Par l’étude de la Thora, l’homme peut sublimer et orienter ses pulsions de la débauche vers la sainteté.
Quand l’homme « s’abandonne » à l’étude et à son plaisir, il élève la recherche du plaisir vers la sainteté.

=> C’est pourquoi le Michkan, lieu de sainteté, était constitué du bois de Chittim, car la recherche des plaisirs, symbolisée par ce bois de Chittim, trouvait leur élévation et réparation dans le Michkan, quand on les investit à des objectifs sacrés, notamment dans l’étude de la Torah.

-> Le Midrach rapproche le terme Chittim (שטים) du terme Chetout (שטות) qui signifie folie, car le Michkan contribuait à expier la faute du veau d’or, qui était une folie au niveau des enfants d’Israël. Et le bois de Chittim du Michkan venait réparer cette folie.

[-> « L’homme ne commet de faute que lorsqu’un vent de folie s’empare de son esprit (roua’h chetout – רוח שטות) » (guémara Sotah 3b)
-> La guémara (Kidouchin 30b) nous enseigne que de même que D. a créé le yétser ara, il a créé son antidote : l’étude de la Torah.
=> Ainsi, le bois de Chittim (représentant la Chetout : la folie) était encadré d’or (le bling bling de ce monde => le yétser ara était canalisé vers le bien!), par le mérite d’avoir en permanence en lui la présence de la Torah (les lou’hot).]

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+ « En bois de Chittim (traduit dans le ‘houmach Artscroll par : l’Acacia) »

D’où provenait ce bois?

-> 1ere explication basée sur le midrach Tan’houma : https://todahm.com/2018/12/25/7865

-> Le Targoum Yonathan enseigne que l’arbre planté par Avraham à Béer Shéva a été amené par des anges à la mer Rouge. Il a flotté sur l’eau et les anges annonçaient : « C’est l’arbre que Avraham a planté! »
Les juifs l’ont alors pris et transformé en une poutre de 7 amot de longueur (environ 3,5 mètres).
A chaque fois qu’ils devaient remonter le Michkan, cette poutre se déformait miraculeusement comme un serpent, se faufilant et passant dans chacun des murs d’un bout à l’autre, tournant même dans les coins.

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-> Rabbénou Bé’hayé fait remarquer que les lettres du mot : Chittim (שטים) renvoient à : la paix (shalom – שלום), la bonté (tova – טובה), la délivrance (yéchoua – ישועה) et le pardon (mé’hila – מחילה).
Ce bois de Chittim était utilisé au Michkan pour la Table, l’Arche et l’Autel, et cela nous enseigne que le service Divin qui y était réalisé, permettait d’amener sur le monde toutes les bénédictions.

Qu’en est-il de nos jours en leur absence?
La guémara (‘Haguiga 27a) enseigne qu’en absence du Temple, c’est la table à manger qui joue le rôle d’Autel pour expier nos fautes (et particulièrement lorsqu’elle est utilisée pour ceux dans le besoin, et dans l’esprit de la Torah).

La guémara (Béra’hot 54b) enseigne qu’il existe 3 choses qui lorsqu’on allonge leur durée, vont contribuer à prolonger notre durée de vie. Il s’agit : du fait d’allonger sa prière, d’allonger son temps [de repas] à table, et d’allonger [son temps] aux toilettes.
Nos Sages expliquent qu’en prolongeant notre repas, peut être qu’un pauvre va venir, et qu’on pourra lui donner à manger immédiatement, sans l’obliger à devoir attendre.

-> Rabbénou Bé’hayé mentionne qu’autrefois en France, certaines personnes avaient la coutume de se faire enterrer dans un cercueil fait du bois de leur table à manger, dans l’espoir que les mérites associés les fassent accéder au Gan Eden.

Le Sifté Cohen écrit que le mot : Choul’han (table – שלחן) est l’acronyme de : « qui conserve pour la sépulture la bonté de tes dons » ( שומר לקבורה חסד נדיבותך).

-> « Au moment où l’individu quitte ce monde, ce ne sont ni l’argent, ni l’or, ni les pierres précieuses, ni les perles qui l’accompagnent, mais seulement la Torah et les bonnes actions » (Rabbi Yossé ben Kisma – Pirké Avot 6,9)

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+ D’après le Ben Ich ‘Haï (guémara ‘Haguiga 27a) : que symbolise l’Autel des parfums en bois et recouvert d’or?

-> L’Autel de combustion des encens, formé de bois de Chittim recouvert d’or pur, symbolise un : « siman tov » (signe de bonne augure – סימן טובב) pour le peuple d’Israël.
En effet, le premier matériau : le bois (éts – עץ) a pour guématria : 160, la même que le mot : « siman » (signe – סימן) de guématria : 160.
D’autres part, le second matériau : l’or (zaav – זהב) a pour guématria 14, soit 17 en ajoutant les 3 lettres du mot זהב, on obtient ainsi la même guématria que le mot : « tov » (טוב), soit : 17.
Ainsi, le couple bois-or de l’Autel des encens symbolise un « siman tov » pour Israël, justifié par une même guématria : 160+17 (177).

De plus, le bois de l’arbre est associé à l’Attribut de bonté (‘hessed), et l’or est associé à l’Attribut de Justice (din).
[l’arbre est associé au ‘hessed, car c’est un « donneur » : il nous donne ses fruits, son ombrage, son bois pour fabriquer des meubles ou pour le chauffage, …]
Ainsi, l’or, lié à la rigueur (din) repousse la rigueur (din) du feu, afin qu’il ne puisse atteindre le bois, donc affecter la bonté/miséricorde (‘hessed).
Donc, le din protège le ‘hessed.

L’homme est comparé à l’arbre d’un verger et l’or aux mitsvot et à la Torah.
Dans le mizbéa’h « interne », l’or protège le bois ; cela symbolise le fait que l’étude de la Torah et la pratique des mitsvot protègent l’homme.

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