« Il fit un rêve, et voici qu’une échelle était dressée vers la terre et son sommet arrivait au ciel ; et voici que des anges de D. [y] montaient et y descendaient.
Et voici que Hachem se tenait au-dessus de lui, et Il dit : ‘Je suis Hachem, le D. d’Avraham ton père et le D. d’Its’hak ; le sol sur lequel tu es couché, c’est à toi que Je le donnerai ainsi qu’à tes descendants’  »
(Vayétsé 28,12-13)

-> Les « anges de D. » : font référence aux érudits en Torah, qui sont qualifiés de cette même façon par la guémara (Shabbath 119b).

La guématria : « des anges de D. [y] montaient et y descendaient » est de : 613 (מלאכי אלהים עולים וירדים).
Cela fait allusion au fait qu’accomplir les 613 mitsvot entraîne l’âme d’une personne à monter au Ciel sans défaut, et à en descendre totalement complète et pure lorsqu’elle se lève le matin.

[Sfat Emet]

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-> L’échelle, avec les anges montant et descendant, est une métaphore de la vie.
A chaque instant, une personne ne reste jamais à la même place : soit elle monte, soit elle descend.
[le ‘Hafets Haïm]

Il n’y a pas d’action neutre : soit c’est en accord avec la volonté de Hachem est dans ce cas, comme le dit le Ram’hal, on fait monter le monde entier avec nous-même, sinon c’est le contraire.

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-> Le mot : « échelle » (סלם – soulam) a la même valeur numérique que : Sinaï (סיני).
Cela indique que Hachem a montré à Yaakov le don de la Torah au mont Sinaï.
De plus, סלם a la même guématria que : c’est le Trône de Gloire (zé kissé akavod – זה כסא הכבוד).

[Baal haTourim]

-> Le Toldot Yaakov Yossef (paracha Béhar) explique cette équivalence numérique : la Torah, qui a été donnée sur le Sinaï (סיני), est l’échelle (סלם) au moyen de laquelle nous devenons plus proches de D.

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-> Le midrach (Yalkout Chimoni, Ki Tissa 394) enseigne que lorsque les juifs font la volonté de D., le lieu principal de résidence de la présence divine est en bas, sur terre.
Les anges qui recherchent Hachem doivent venir dans ce monde pour Le trouver.
[Alchikh – Dévarim 10,14]

Selon nos Sages, les anges venaient du Ciel (un niveau de moindre kédoucha) pour la terre (un niveau ayant davantage de kédoucha, de présence divine).
Ainsi, d’abord les anges « montaient » du Ciel vers la terre (à l’image de l’alya en Israël), puis « redescendaient » au Ciel.

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-> Le Binyan David commente : « des anges de D. y [בו] montaient et descendaient ».

Les anges n’ont pas de yétser ara contrairement aux hommes, ce qui a entraîné que la Torah a été donnée aux hommes (cf.guémara Shabbath 88b).
Malgré le fait d’être « dressé vers la terre » (yétser ara), lorsqu’une personne suit la volonté de Hachem (le Ciel), les anges « descendent », dans le sens où ils sont à un niveau inférieur à cet homme (puisqu’ayant utilisé son libre arbitre positivement).

Cependant, si une personne ne suit pas la volonté de D. (la terre), les anges « montent » à un niveau plus élevé que l’homme.

=> Tout est dans les mains du peuple juif.

-> « Des anges de D. [y] montaient et y descendaient » : il est humain de tomber (les anges montant par rapport à l’homme), mais il faut surtout s’efforcer de se relever en faisant téchouva et en repartant de l’avant plein d’envie d’agir mieux (l’homme redevient alors supérieur aux anges, qui descendent).

C’est la dynamique de la vie, à l’image de nos jambes lorsque nous marchons, qui montent et ensuite redescendent, avançant pas à pas, échelon après échelon, vers papa Hachem.

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-> L’échelle est une métaphore de l’homme.
L’homme est formé depuis la terre, mais il est béni par une âme (néchama), qui est divine et qui atteint le Ciel.

Lorsqu’un homme permet à ses besoins matériels de le dominer, ils vont l’attirer en bas et il est « dressé vers la terre ».
Cependant, si une personne se remplit de sainteté par le biais de l’étude de la Torah et de l’accomplissement des mitsvot, l’échelle peut atteindre jusqu’au Ciel.

[Yichma’h Moché]

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-> L’échelle représente le lien entre le Ciel et la terre.
On doit faire tout son possible pour monter spirituellement de niveau, et ce pas à pas, comme si l’on montait une « échelle vers le Ciel ».

Cependant, pendant que l’on grimpe l’échelle, on se doit d’être « dressé vers la terre », de toujours rester humble, car c’est la seule façon d’atteindre le haut l’échelle.

[Rav Yonathan Steif]

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+ L’échelle est une belle leçon sur la vie.

-> Lorsqu’on la monte, on regarde vers le haut (le ciel – la spiritualité).
Il est écrit : « La jalousie envers les sages augmente la sagesse » (guémara Baba Batra 21a).
Dans la spiritualité, il faut toujours regarder ceux qui ont plus que nous, les jalouser et vouloir à minima les rejoindre.
On a une obligation de moyen, d’utiliser toutes nos forces, nos ressources dans ce sens.

-> Lorsqu’on la descend, on regarde vers le bas (la terre – la matérialité).
Le ‘Hovot haLévavot (chap.7) enseigne : « (Il est recommandé) de porter son regard en permanence sur celui qui est au-dessous de nous sur le plan matériel et non pas sur celui qui est au-dessus de nous »
Dans la matérialité, il faut s’efforcer de voir ceux qui nous sont inférieurs, afin d’apprécier et d’être content de notre situation.

-> Le midrach Chmouel (Avot 4,1) tire la même idée de la fin du 1er paragraphe du Alénou. Il est écrit : « bachamayim mimaal » = pour ce qui est spirituel (chamayim) regarde au-dessus (mimal) ; « véal aarets mita’hat » = pour ce qui est matériel (aarets) regarde en dessous (mita’hat).

Ce qu’on a dépend de D., et au-delà d’un manque de émouna, pourquoi passer toute sa vie à peiner pour obtenir quelque chose, plutôt que de l’accepter (Hachem a ses raisons) et de profiter pour monter l’échelle spirituellement, échelon par échelon, dès maintenant. Car après, il risque d’être trop tard …

On peut citer 2 exemples illustrant ce dernier point.

1°/ La lune s’est plainte auprès de Hachem que 2 grands luminaires (la lune et le soleil) ne pouvaient pas exister en même temps.
Elle avait raison sur le fond de sa demande, mais il y avait une très légère pointe d’orgueil (vouloir être la plus grande).
D. a alors réduit la taille de la lune, mais ensuite pour la consoler, Il lui a dit qu’on fera chaque mois une bénédiction sur elle, et Il lui a également ajouté les étoiles.
Que viennent-elles lui apporter ces dernières?

Les étoiles permettent à la lune de se dire, il y a pire que moi (je ne suis pas la petite), et d’ainsi retrouver la sérénité et la joie de vivre.

2°/ Rabbi Akiva et sa femme étaient extrêmement pauvres, et dormaient réellement à même la paille.
Hachem leur a envoyé un homme qui leur a demandé de la paille, car sa femme allait accoucher, et il n’avait pas de paille.

Cela a contribué à redonner totalement le moral à Rabbi Akiva et à sa femme : « Regarde, nous avons de la paille, et d’autres n’en ont même pas. Quelle chance nous avons! Comment pouvons-nous nous plaindre de notre situation! »

=> L’échelle symbolise la façon dont un juif doit voir la vie afin d’en être pleinement heureux.

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-> De même que la lune, bien que secondaire au soleil et ne faisant que refléter sa lumière, a une quantité énorme d’étoiles pour la consoler, de même la Torah Orale, un reflet de la lumière de la Torah [Écrite], possède des millions d’âmes juives qui l’étudient et accroissent son rayonnement.
[Sfat Emet]

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-> L’échelle que Yaakov a vu avait uniquement 4 échelons, correspondant aux 4 attributs nécessaires à une personne afin d’avoir la prophétie, comme la guémara (Nédarim 38a) l’enseigne : « la prophétie ne réside que sur celui qui est sage, fort, riche et humble »
[Séfer ha’Ikarim 3,10]

Le Ben Yéhoyada commente cette guémara, en disant qu’en réalité, il n’y a qu’une seule condition nécessaire, et c’est l’humilité.
Si une personne est pauvre, faible ou pas intelligente, elle n’a pas de véritable humilité, car elle n’a pas vraiment de raison d’être orgueilleuse.
Cependant, celui qui est intelligent, fort et riche, et qui est malgré tout humble, fait preuve d’une véritable humilité.

-> Le Maharal explique cette guémara en disant que seule une personne qui est similaire aux 4 corps Céleste du Chariot Divin (‘hayot hamerkava), peut mériter la prophétie.
En effet, sur le Chariot Divin, il y a :
– un lion = qui représente une personne forte ;
– un bœuf = allusion à une personne riche ;
– le visage d’un homme = la sagesse ;
– un aigle = l’humilité (puisqu’étant le plus petit des 4 éléments, et renvoyant également à l’idée que lorsqu’une personne s’abaisse, alors Hachem l’élève très haut).

-> Le Ran dit que l’on peut facilement comprendre qu’un prophète doit être sage et humble.
On peut également comprendre la nécessité qu’il soit fort, car il en a besoin au moment d’affronter les prophéties difficiles pour le peuple juif.
Mais pourquoi la richesse?

Un prophète, en plus d’être personnellement complet dans son service d’Hachem, doit également amener les juifs sur le bon chemin du service Divin.
Le roi Salomon écrit : « la sagesse du pauvre est dédaignée et ses paroles passent inaperçues » (Kohélet 9,16).
Puisque les gens n’écoutent pas les pauvres, alors un prophète se doit d’être riche afin de pouvoir influencer autrui et être écouté.

-> D’ailleurs le Maharam Shick fait remarquer qu’au moment des 1eres Lou’hot, tous les juifs étaient purs et avaient un niveau élevé où ils acceptaient pleinement le message de Moché sans qu’il soit riche.
La faute du Veau d’or a entraîné de l’impureté et une baisse importante du niveau spirituel, faisant que pour le don des 2e Lou’hot, Moché devait être riche pour que ses paroles soient pleinement entendues par le peuple juif.
[A la sortie d’Egypte, Moché n’avait pas amassé de richesse préférant prendre les ossements de Yossef. Par contre, il est devenu extrêmement riche en ramassant des morceaux de saphirs issus des Tables de la Loi.]

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-> « Il fit un rêve, et voici qu’une échelle était dressée (moutsav – מצב) … Et voici que Hachem se tenait (nitsav – נצב) au-dessus de lui » (Vayétsé 28,12-13)

Le mot « moutsav » implique que cela a été mis en place par d’autres personnes, tandis que « nitsav », qui est une forme différente de ce même mot, implique que Hachem se tient par Lui-même.
[le Rachbam]

A chaque instant, un être humain ne peut exister et faire quoique ce soit, que grâce à la bonté et l’aide de D. (moutsav renvoyant à cela).
Uniquement Hachem existe par Lui-même, n’étant dépendant de personne et existant au-delà de toute limitation (nitsav renvoyant à cela).

Par nos actions (Torah, mitsvot, …) nous avons la possibilité de monter l’échelle spirituelle, d’amener la présence divine dans ce monde, et de devenir des êtres très au-delà des anges.

C’est là toute la dualité de l’être humain : extrêmement insignifiant car totalement dépendant de Hachem ; mais infiniment grand car il a une âme et des capacités énormes.

Il ne faut surtout pas se contenter de notre situation, mais toujours avoir une ambition folle (monter l’échelle jusqu’au Ciel), afin de mettre au grand jour nos magnifiques potentialités.

Comme l’écrit le Kouzari, les différentes catégories de ce monde sont : les minéraux, les végétaux, les animaux, les hommes et puis les juifs.
Un juif peut être supérieur à toute autre créature (même les anges), il peut même devenir quasi-divin, au point où D., Lui-même, a dû préciser que nous ne pourrions pas totalement l’égaler.

Mais, si nous en faisons une mauvaise utilisation, nous pouvons être pire que des animaux.

=> b »h, à nous de prendre l’échelle spirituelle dans le bon sens.

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-> Le Baal haTourim dit que la métaphore de l’échelle vient nous enseigner qu’il ne faut jamais perdre espoir.
Toute personne est toujours sur cette échelle, qui atteint le Ciel (le lien avec Hachem n’est jamais perdu, rompu, quoique nous ayons pu faire).

-> Ce qui compte dans la vie, ce n’est pas à quelle hauteur de l’échelle je suis, mais combien d’efforts j’ai fait pour monter en spiritualité, par rapport à l’effort théorique que j’aurai pu produire.

Chacun à sa propre échelle de la vie à monter, en fonction de ses capacités et de son unicité.

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-> Selon le Ora’h lé’Haïm, cette échelle symbolise l’homme.
S’il est planté à terre, c’est-à-dire s’il est modeste et humble, se considérant comme de la terre, alors sa tête atteindra le ciel.
En effet, dans le Ciel, pour Hachem, cet homme sera très important et sa personnalité aura une grande valeur.
Cela rejoint l’enseignement du Zohar qui dit : « Celui qui est petit, est grand ». C’est-à-dire que celui qui est modeste et se voit petit, en réalité il est grand et Hachem lui accordera beaucoup de valeur et d’importance.

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-> Le rabbi de Rizhin (rabbi Israël Friedman) disait que le mot : soulam (échelle – סֻלָּם) est l’acronyme de : séouda mélavé malka (סעודת מלוה מלכה), le 4e repas de Shabbath.
Elle est « dressée sur le sol » (moutsav artsa) : on a tendance à la jeter à terre, à la mépriser/oublier ; bien que « son sommet arrive au Ciel » (rocho maguia achamayéma) : elle est si élevée et sainte, que sur un plan spirituel elle a la capacité d’amener une personne plus proche de D.

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