« Il [Yossef] ne l’écoutait pas pour reposer près d’elle, pour être avec elle » (Vayéchev 39,10)

-> « Elle a tenté de le séduire par tous les moyens possibles : par des paroles, en changeant continuellement de toilette, en le menaçant de le faire jeter en prison, de l’humilier et de le rendre aveugle, et en faisant miroiter à ses yeux la perspective de recevoir d’énormes sommes d’argent »
[guémara Yoma 35b]

-> Rachi rapporte la guémara (Sotah 3b), où elle souhaitait qu’il s’allonge près d’elle, même sans avoir de rapports.

Elle essayait de l’attirer en lui faisant comprendre : viens au plus proche de moi, comme cela tu acquerras plus de mérites pour le fait de m’avoir résisté.

-> La guémara (Avoda Zara 5a) explique :
– « pour reposer près d’elle » : comme faisant référence à ce monde. Yossef ne voulait pas fauter avec elle.
– « pour être avec elle » : cela fait allusion au monde à venir.

Yossef avait compris que fauter avec la femme de Potiphar dans ce monde entraînerait le fait d’être avec elle dans le monde à venir.

-> Dans cette même guémara (Avoda Zara 5a), il est également écrit :
« Lorsqu’une personne réalise une mitsva dans ce monde, la mitsva le précède et va devant lui dans le monde à venir.

Chaque faute qu’une personne commet va l’envelopper et l’accompagner au jour du jugement.
Selon Rabbi Eliézer, une faute nous devient liée comme peut l’être un chien. »

Le Maharcha explique qu’une entité spirituelle est créée lorsque l’on réalise un mitsva ou une avéra.
L’accomplissement d’une mitsva va créer un défenseur pour son auteur, tandis que l’accomplissement d’une avéra (faute) va créer un accusateur pour son auteur.

Lorsque l’on raccompagne quelqu’un d’important, on est devant lui.
Lorsque l’on escorte un malfrat, on est derrière lui, pour parer à toute éventualité de fuite.

De même, l’ange créé par une mitsva va nous « précéder et aller devant » son auteur, annonçant l’arrivée d’un homme juste.
Tandis que l’ange créé par une avéra « va envelopper et accompagner » son auteur, l’amenant à son destin en enfer.

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-> A ce sujet, le Yéchouot Yaakov rapporte un passage de la prière de Arvit : « retire le Satan de devant nous et de derrière nous » (véasser Satan miléfanénou ouméa’harénou).

Une explication est que l’attaque du yétser ara peut venir de tous les côtés.

Mais, il apporte également une autre explication :
– « de devant nous » = avant la faute, le Satan essaie de nous tenter et de nous leurrer par des plaisirs matériels. Il se met devant nous et cherche à vendre sa marchandise.

Marchant devant, il se fait passer à nos yeux pour quelqu’un escortant une personne importante (nous), au point que l’on en oublie d’être fidèle à Hachem.
[je suis quelqu’un de tellement grand, que Hachem et sa volonté en deviennent inexistant!]

– « de derrière nous » = après que nous ayons fauté, ce même Satan va nous pousser et nous guider vers un destin épouvantable.

En général après une faute, le yétser ara cherche à nous faire culpabiliser (je suis vraiment un moins que rien!), à envelopper en nous de la tristesse, ce qui a le pouvoir de nous entraîner au plus bas.

Marchant derrière, il se fait passer comme accompagnant un bandit (nous), cherchant à entretenir cette phase de déprime destructrice suite à nos regrets.
[de toute façon je suis quelqu’un de tellement mauvais, que c’est normal si je fais de actes mauvais! Pourquoi faire de bons actes, vu comment je suis un racha!]

-> Le rav David Abehssera donne une autre explication de ce passage :
– « de devant nous » = il s’agit des mitsvot positives, ce que nous devons faire. Notre yétser ara se tient devant nous et fait tout pour nous empêcher de l’accomplir, en anesthésiant nos envies d’avancer spirituellement.
– « de derrière nous » = il s’agit des mitsvot négatives, ce devant quoi nous devons fuir/reculer. Notre yétser ara se tient derrière nous, nous barrant la route et nous poussant à avancer vers la faute.

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-> « Écarte-toi du mal et fais le bien » (Tehilim 34,15).
Au-delà de la compréhension littérale, le Beth Avraham nous éclaire de la façon suivante :
Quand on souhaite faire de bonnes choses, le mauvais penchant se présente avec les montagnes de fautes que l’on a commises, non pas pour qu’on s’en repente, mais plutôt pour nous décourager de réaliser la bonne action.
Ainsi, « écarte-toi du mal » : ne considère pas le mal que tu as commis (si cela n’est pas constructif) ; « et fais le bien » : comme si tu n’avais jamais fauté.

[« de derrière nous » : le yétser ara peut également tenir des propos opposés : « Quel tsadik tu es! Combien de belles actions/mitsvot tu as pu faire! Tu mérites bien de te laisser un peu aller, juste un peu, comme cela après tu auras encore plus de forces pour les mitsvot. »
Il ne peut pas nous faire fauter directement, alors il cherche à ce que l’on fasse moins, petit à petit, jusqu’à tomber (à l’image d’une minuscule mite qui va à force de persévérance faire s’écrouler un imposant bâtiment!).]

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Ainsi, Yaakov avait conscience que s’il fautait, ce ne serait pas l’histoire d’un moment, car il serait alors lié avec elle par la faute, dans le monde à venir.

=> Avant tout acte demandons-nous : « Qu’est-ce que je gagne? Qu’est-ce que je perds? », car c’est vraiment dommage de devoir se retrouver à payer un prix très très élevé pour une consommation aussi éphémère.

Dans le monde à venir, est-ce que nous voulons être entouré d’anges qui crient nos bonnes actions dans ce monde, ou bien, voulons-nous être enveloppé par des anges qui hurlent toutes nos fautes?

Ce monde est éphémère, mais ses conséquences sont éternelles …

NB: La téchouva sincère par amour a le pouvoir de transformer un accusateur (derrière nous) en défendeur (devant nous), dans le cas où nous n’avons pas fauté en sachant que nous pourrions ensuite y faire téchouva.

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« Ce fut, quand elle (la femme de Potiphar) lui parlait (à Yossef) jour après jour, et qu’il ne l’écoutait pas » (Vayéchev 39,10)

Nos Sages disent que la femme de Potiphar pensait que c’était une volonté Divine qu’elle ait un enfant de Yossef, d’après ce qu’elle voyait dans les astres. Mais en fait, même Yossef avait un doute et pensait qu’elle avait peut-être raison, ce qui lui rendait l’épreuve bien plus dure.
Seulement, quand Yossef vit son insistance (« jour après jour »), il comprit que ce n’était pas une bonne chose et qu’au contraire, cet acte émane du mauvais penchant.
En effet, l’habitude du bon penchant est de dire une fois ou deux à l’homme de faire une mitsva, puis il le laisse le suivre ou non. Mais, quand on voit que dans un sujet, on ressent au fond de soi une insistance incessante, alors on peut en conclure que cela provient du mauvais penchant, qui ne cesse de pousser l’homme à la faute, jusqu’à ce qu’il cède, D. Préserve.
=> Ainsi, quand on sent une grande insistance, souvent il ne faut pas suivre ce chemin.
[le ‘Hidouché haRim]

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