« L’homme Moché était extrêmement humble, plus que tout homme sur la face de la terre! » (Béahaloté’ha 12,3)

-> Selon le Ibn Ezra, Moché était si humble qu’il était impensable de l’accuser d’un quelconque sentiment de supériorité envers ses frères.

-> Selon le rav Nathan Scherman, en disant que Moché était un homme humble, la Torah fait ressortir ce qu’est la véritable humilité.

Loin de ressembler à un sentiment d’infériorité, l’humilité procède d’une autocritique permanente faisant prendre conscience du fait que l’on n’a pas exploité pleinement ses capacités, ou si on les a exploitées que les dons innés que l’on possède imposent une responsabilité plus grande et que nul ne peut s’enorgueillir d’accomplir simplement son devoir [d’agir selon la vérité, la volonté de Hachem].

-> Il faut faire attention à ne pas s’enorgueillir d’être humble.
Une personne qui a de super capacités se doit de toujours en être consciente, de les utiliser au mieux, car c’est pour cela que Hachem lui donne la vie.

On devra rendre compte de l’utilisation que l’on aura fait des outils momentanément mis à notre disposition par Hachem.
Si j’ai de beaux outils, ce n’est pas que je suis supérieur à autrui. Si je les ai, c’est uniquement car ils me sont nécessaires dans ce que Hachem souhaite que je fasse de ma vie.

Il peut être très agréable de fermer les yeux sous couvert d’une fausse humilité car cela vient comme justification à notre paresse naturelle.
En effet, pourquoi devrais-je faire des efforts pour réaliser de grandes choses, car après tout je ne suis rien, même pas de la poussière!

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-> Rabbi Yossef dit : « Une personne doit toujours apprendre de Son Créateur, car Hachem a mis de côté toutes les montagnes et collines, et a choisi le mont Sinaï ».
[guémara Sotah 5a]

Le don de la Torah requiert de l’humilité, et c’est pour cela que Moché, le plus humble des hommes, a pu acquérir plus de Torah que quiconque.

Si l’humilité est si importante, pourquoi la Torah n’a-t-elle pas été donnée dans un terrain plat?

Rabbi Mendel de Kotzk répond qu’il n’est pas difficile pour un terrain plat d’être humble, car il n’a pas de quoi s’enorgueillir.
Le mont Sinaï a un peu de hauteur, et malgré la possibilité de se la « raconter » (regardez les terrains plats comment je suis haut par rapport à vous!), il est quand même resté humble.

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-> Rabbi Yo’hanan dit : « Hachem ne fait pas résider sa présence divine (Ché’hina) sur une personne sauf si elle est forte, intelligente, riche et humble, et tous ces traits se trouvaient chez Moché. »
[guémara Nédarim 38a]

La guémara (Shabbath 92a) mentionne une autre condition pour recevoir la prophétie : avoir une grande taille.

-> Hachem dit : « Moi et lui [celui qui est arrogant] ne peuvent pas résider dans le même monde »
[guémara Sotah 5a]

Il est ainsi évident que l’humilité est une condition nécessaire pour que la présence divine soit sur nous.
Mais en quoi les autres conditions en sont-elles des prérequis?

Rabbi ‘Haïm de Volozhin explique qu’on parle ici de véritable humilité.
Seule une personne qui est riche, forte, intelligente, grande de taille, a sur quoi s’enorgueillir, et en restant quand même humble, elle démontre une véritable humilité, et mérite d’être un Sanctuaire pour la présence divine.

Une personne peut être en apparence très humble, mais pour « valider » cela, il faut la voir traverser ces occasions de devenir arrogante (que je suis intelligent!, que je suis riche!, …).

Il est intéressant de noter que chacune de ces capacités est un don temporaire de D., que l’homme va Lui voler en se l’appropriant (MA sagesse c’est grâce à moi, de même pour MA richesse, …), et en « kiffant » penser être meilleur que son prochain.

[Dans sa fameuse lettre le Ramban écrit : « Est-ce que cela n’appartient-il pas à Hachem? » (alo lélokim ou) ]

Moché possédait toutes ces capacités comme personne, et malgré tout il est resté humble, ce qui fait qu’il a véritablement mérité d’être dénommé : « extrêmement humble, plus que tout homme sur la face de la terre ».

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-> Le Ktav Sofer (Vayikra 161b) enseigne que la Torah appelle Moché par le nom de sa mère adoptive, plutôt que par celui donné par ses parents, pour bien mettre en avant qu’il a été élevé dans un palais (de Pharaon) avec tous les fastes, comme un fils d’un grand roi.

Il avait toutes les raisons pour devenir hautain, mais cependant il ne se considérait pas supérieur au plus bas des esclaves.
C’est pourquoi, il a pleinement mérité son titre du plus humble de tous les hommes.

[la Torah a également gardé le nom donné par la fille de Pharaon par reconnaissance pour son acte qui a permis de sauvé Moché, et par ricochet l’ensemble du peuple juif]

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Nous allons voir (b’h) quelques enseignements du rabbi David Feinstein.

-> Les lettres du mot : anav (une personne humble – ענו) peuvent constituer le mot : avon (faute – עון).
Chacun est confronté dans sa vie à un choix : l’humilité ou la faute, et il n’y a pas de position médiane (c’est l’une ou l’autre).

-> Nos Sages enseignent (guémara Sotah 5a) qu’idéalement une personne doit posséder 1/64e d’orgueil, qui est nécessaire pour l’estime de soi et la confiance.
Que se passe-t-il si l’on augmente ce ratio à 1/63e?
Le nombre 63 en lettres hébraïques forme : גס (gass), faisant référence à l’arrogance, à une personne grossière.

Ainsi, la ligne séparant l’humilité de l’arrogance est très fine, sans situation neutre.

-> La guémara (‘Houlin 89a) identifie 3 personnes comme étant spécialement humbles : Avraham, Moché et le roi David.

Leur humilité peut se voir dans la façon dont ils s’adressaient à Hachem :
– Le roi David : « Moi, je suis un vermisseau, et non un homme » (Téhilim 22,7) ;
C’est quand même un être vivant.
– Avraham : « Moi poussière et cendre » (Vayéra 18,27)
C’est une matière inanimée.
– Moché : « Nous, que sommes nous » (וְנַחְנוּ מָה – Béchala’h 16,7)
Cela implique de se considérer tellement sans valeur, encore moindre que de la poussière ou qu’un vermisseau.

Notre verset est : « L’homme Moché était extrêmement humble » (Béahaloté’ha 12,3).
Le terme « extrêmement » se dit : méod (מאד), et il a la même guématria que : ma (quoi – מה), mot employé par Moché (« que sommes-nous? »), le plus humble des hommes.
Par ailleurs, on peut remarquer que : מאד : le מ (Moché) ; א (Avraham) et ד (David).
L’ordre des lettres du mot suit l’humilité décroissante.

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-> Le mot : anav (humble – עניו), est écrit dans la Torah sans la lettre youd (ענו).
Pourquoi cela?

La lettre youd (י) est la plus petite de l’alphabet. Elle est manquante et malgré tout le mot peut être lu.
Cela nous enseigne que nous n’avons pas besoin de monopoliser toute la place autour de nous pour être quelqu’un de grand (et ce au détriment d’autrui).
Moché était très effacé (à l’image du youd absent), malgré le rôle très important qu’il assumait pour le peuple juif (le mot anav pouvant quand même être lu).

Le Méam Loez (Béaaloté’ha 12,3) apporte 2 autres raisons :
1°/ L’absence de youd [provient du fait que, sans cette lettre, ce mot peut se lire « anou » (ils répondirent).] Lorsque les juifs entendirent les paroles de Myriam et de Aharon et virent Moché garder le silence, ils répondirent (anou) : « Moché est très humble ».

2°/ Le mot anav (humble) est écrit sans youd. Bien que Moché fût parfait dans ce trait d’humilité, la Torah omit à dessein la lettre youd car Moché avait, lui aussi, omis la lettre youd lorsqu’il dit : « Produirons-nous (notsi) de l’eau pour vous de ce rocher » au lieu de : « Produira-t-Il (yotsi, avec un youd) de l’eau? »
C’était Hachem et non Moché qui devait faire jaillir l’eau du rocher.
Comme Moché avait amoindri l’honneur de D., la Torah ôta la lettre youd du mot anav.

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-> Pourquoi est-ce que l’humilité de Moché est-elle rapportée dans le contexte du lachon ara de Myriam et Aharon sur lui?

La Torah nous dit que le fait qu’une personne dise : « cela m’importe peu que vous parlez en mal sur moi! » (humilité), cela ne doit pas nous servir d’excuse pour justifier notre lachon ara.

Par ailleurs, cet épisode montre que même en privé avec uniquement son frère et sa soeur, Moché est demeuré plus humble que quiconque.
Le vrai test se fait souvent dans notre intimité avec nos très proches, où la peur du regard des autres n’est plus présente.

[divré Torah du rabbi Yéhouda Gross]

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+ Autres réponses à : Pourquoi est-ce que l’humilité de Moché est-elle rapportée dans le contexte du lachon ara de Myriam et Aharon sur lui?

-> Le Ibn Ezra explique que le reproche que Myriam et Aharon firent sur le comportement de Moché (le fait de penser qu’être prophète n’implique pas que l’on doive se séparer de son conjoint) sous-entendait que Moché se sentait différent des autres prophètes. Moché se sentait supérieur à tous les autres puisque aucun autre prophète ne quitta son conjoint, alors que Moché, lui, s’était séparé de sa femme.
Ainsi, leur critique impliquait que Moché se comporte avec une pointe d’orgueil et de supériorité. C’est pourquoi, la Torah tient de suite à rectifier ce sous-entendu en scellant que Moché est l’homme le plus humble de tous, et ce n’est absolument pas une quelconque forme d’orgueil qui le poussa à quitter sa femme.
Mais plutôt, c’est simplement le fait du très haut niveau de sa prophétie qui impliquait cela. La Torah tient à ce que personne ne s’imagine que Moché s’est pris pour plus grand qu’il n’était, et que ce soit cette orgueil qui le motiva à se séparer de sa femme. Jamais Moché n’a eu une telle pensée.

-> Le Panim Yafot explique que comme Hachem le fit remarquer à Myriam et Aharon, Moché était un prophète exceptionnel, et du fait de sa grandeur inégalable, il se devait de se réserver exclusivement à Hachem et ne pouvait pas vivre une vie conjugale. Ainsi, il est clair que si Aharon et Myriam connaissait la véritable grandeur de leur frère, ils auraient compris son attitude et n’aurait rien dit à son sujet. Seulement, ils ignorèrent à quel point Moché était grand.
En effet, Moché, dans son humilité, cachait constamment sa grandeur et se comportait avec simplicité. De la sorte, personne ne pouvait se douter de sa vraie grandeur, et c’est cela qui causa que Myriam et Aharon, non conscient du réel niveau de leur frère, se permette de parler sur lui.
La raison de cette médisance était donc bien la grande humilité de Moché qui, cachant sans cesse sa grandeur, cela pouvait laisser à se tromper sur la grandeur de sa prophétie.
[au point où Hachem Lui-même doit venir assurer dans Sa Torah qu’il est « extrêmement humble, plus que tout homme sur la face de la terre ». ]

-> Le Yichma’h Moché ajoute à cette dernière explication que Hachem aime l’humilité et réside avec ceux qui détiennent cette qualité. C’est l’ego qui éloigne d’Hachem. Plus un homme est modeste, plus il sera proche d’Hachem.
Ainsi, si Moché était le plus grand prophète, c’était parce qu’il était l’homme le plus humble. Et son exceptionnelle proximité avec Hachem causa qu’il devait se séparer de sa femme.
=> Dès lors, l’humilité de Moché est la réponse à la médisance de Myriam et Aharon. Son humilité était la raison de la grandeur de sa prophétie et donc était la cause du fait qu’il devait se séparer de sa femme.

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Nous allons voir b’h, une autre vision de ce verset rapportée par Rabbi David Ashear dans son « Living Emouna 3 ».

Il est écrit : « Moché était extrêmement humble de tout homme » (mikol adam).

-> Le Séfer Maamarim rapporte que lorsque Moché est monté sur le mont Sinaï pendant 40 jours, il a eu le privilège de voir le Séfer de Adam haRichon, qui contient toutes les personnes ainsi que tous les actes réalisés au travers toutes les générations jusqu’à la fin des temps.

Moché a alors vu la période précédant la venue du machia’h (ikvéta déMéchi’ha), qui est la notre selon nos rabbanim.

Cette génération a une faible compréhension de Qui est Hachem (par rapport aux autres générations).
C’est une période où Hachem est caché, et durant laquelle les mitsvot sont faites sans pleinement les vivre.

Cependant, malgré les défis du moment (ex: internet), les juifs continueront à servir Hachem avec une force et des sacrifices personnels impressionnants.
Lorsque Moché a vu cela, il est devenu humble.

=> Moché a vu que notre génération est pleine de défis pour notre émouna ; malgré cela les juifs acceptent la volonté de Hachem et Le servent du mieux qu’ils le peuvent.
Cela a émerveillé Moché, qui en est devenu très humble!

( « Moché anav méod » = Moché était très humble ; « mikol aadam » = [à la vision] de tout homme [de notre génération précédant le machia’h et restant fidèle à Hachem malgré toutes les difficultés en terme de émouna] )

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-> Lorsque Moché eut quitté Hachem et fut redescendu sur terre, Satan vint devant Hachem et Lui dit : « Maître du l’univers, où est la Torah? »
Hachem répondit : « Je l’ai donnée à la terre » …
Satan revint devant Hachem et Lui dit : « Maître de l’univers, je l’ai cherchée par toute la terre et je ne l’ai pas trouvée ».
Hachem répondit : « Va auprès du fils d’Amram ».
Satan se rendit chez Moché et demanda : « La Torah que Hachem t’a donnée, où est-elle? »
Moché répondit : « Qui suis-je pour que Hachem m’ait donné la Torah? »
Hachem intervint : « Moché, dis-tu la vérité? (Je te l’ai donnée!) »
Moché répondit : « Maître du monde, ce trésor précieux dont Tu fais chaque jour Tes délices, puis-je (me déclarer seul possesseur de ses bienfaits) et m’en attribuer le mérite? »
Hachem répondit à Moché : « Puisque tu es si modeste, le nom de la Torah sera attaché au tien », comme il est dit : « Souvenez-vous de la Torah de Moché (Torat Moché), Mon serviteur » (Mala’hi 3,22).
[rabbi Yéhochoua ben Lévi – guémara Shabbath 89a]

=> Qu’est-ce qui a valu à Moché qu’Hachem attache la Torah à son nom : « Torat Moché »?

-> Selon le Maharal (Tiféret Israël 23) :
Il semble que la Torah, entièrement spirituelle, ne pouvait s’attacher à un être humain composé partiellement de matière.
Cependant, cette incompatibilité n’est valable que pour un homme orgueilleux, car l’orgueil constitue un écran qui éloigne l’homme de son Créateur.
Mais Moché qui a dit : « ma ani » (qui suis-je?) dans son humilité, qui ne s’attribue aucun mérite ni aucune importance, et qui est prêt à annuler toute sa personnalité devant Hachem, peut recevoir la Torah et s’attacher totalement à Hachem.

-> Le Maharcha enseigne :
Hachem vient dire à Moché : « Puisque tu as diminué ta part de mérite dans ce don de la Torah et que tu l’as fait dépendre exclusivement de Moi, à Mon tour, je ne ferai dépendre la Torah que de toi, Moché, et elle sera appelée sur ton nom : « Torat Moché » à toutes les générations. »
[même les enseignements nouveaux (‘hidouchim) des sages des générations futures seront désignés : « Torat Moché », et te seront attribués en raison de ta grande humilité.]

Le Maharcha rapporte que Moché a dit à Hachem : « Moi, né d’une femme, être de chair et de sang, je ne suis pas digne de cette révélation [des secrets cachés de la Torah] ; si ce n’est que Tu m’as recouvert de Ton rayonnement, j’aurai été incapable de comprendre les secrets enfouis dans la Torah. »

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