« Les fils de Aharon, Nadav et Avihou … apportèrent devant Hachem un feu étranger (ésh zara) qu’Il ne leur avait pas ordonné [d’apporter]. » (Chémini 10,1)

Nous pouvons citer quelques explications de ce qui a pu entraîner leur mort :

-> 1°/ Nadav est Avihou sont morts car ils ont offert une offrande de Kétoret (l’encens) sans en avoir reçu l’ordre, comme il est écrit dans le verset : « [Hachem] ne leur avait pas ordonné [d’apporter] » (v.10,1).

[cf. le ‘Hidouché haRim ci-dessous]

-> 2°/ La guémara (Sanhedrin 52a) rapporte qu’un jour Moché et Aharon marchaient ensemble, et Nadav et Avihou marchaient juste derrière eux.
Nadav dit à Avihou : « Quand est-ce que ces 2 vieillards vont mourir et toi et moi allons diriger la génération? »

-> 3°/ La Sifra explique que Nadav et Avihou sont entrés dans le Saint des Saints, le lieu ayant le plus de sainteté du Michkan.
En ce lieu, uniquement leur père Aharon le Cohen Gadol, pouvait y entrer, et encore que durant un moment limité le jour de Kippour.
Il est à noter qu’au moment où ils sont entrés, leur père n’avait pas encore reçu cette permission d’y entrer.

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-> 4°/ Le midarch (Vayikra rabba 12,1) rapporte que leur faute a été de rentrer dans le Sanctuaire en ayant consommés du vin.

[Rabbi Guttman dit que par cette attitude (vu leur niveau élevé), ils transmettaient à tous la fausse idée qu’une véritable joie peut venir de l’extérieur, et non uniquement de notre pratique des mitsvot.
Si un juif désire le plus grand bonheur, il ne doit pas aller rechercher des moyens étrangers (ex: alcool), mais plutôt dans les mitsvot et la Torah qui nous permettent de nous rapprocher de Hachem, de faire ce qu’il y a de mieux de notre vie. C’est cela la plus grande des joies!
Nous affirmons dans notre prière que par amour Hachem a multiplié la Torah et les mitsvot (irba lahem Torah oumitsvot). En effet, ce n’est pas une charge, mais autant d’occasions de nous générer de la joie et des mérites! (je fais la volonté de D., alors que les autres nations investissent leur temps dans du vide!)]

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-> 5°/ La guémara (Erouvin 63a et Yoma 53a) enseigne qu’ils ont pris des décisions dans la halakha devant leur enseignant (Moché), et c’est pour cela qu’ils ont été tués.

La guémara (Erouvin 63a) rapporte que Rabbi Eliézer avait un élève, qui enseigna un jour une loi en sa présence.
Rabbi Eliézer dit alors à Ima Shalom, sa femme : « Je serais très étonné que cet élève vive jusqu’à la fin de l’année. »
Et de fait, il mourut dans l’année.
Ima Shalom lui dit alors : « Es-tu donc prophète? »
Il lui répondit : « Je ne suis ni prophète ni fils de prophète. Mais on m’a transmis le principe suivant : Quiconque enseigne une loi en présence de son maître est passible de mort« .
=> On peut imaginer qu’un maître pardonnera toujours avec joie l’attitude effrontée de son élève (surtout s’il risque de mourir!). Comment alors comprendre que la conséquence est si extrême?

Le rav ‘Haïm Chmoulévitch explique qu’à partir du moment où l’on manque d’apprécier et d’avoir recourt à nos anciens/Sages, alors l’existence même du peuple juif est en péril. [nos anciens sont nos ailes qui nous permettent d’avancer! Sans eux, le peuple juif se meurt!]
C’est pour cela qu’un rav ne peut pas pardonner à son élève d’établir une loi en sa présence, car il n’a pas fauté uniquement envers son maître, mais également il retire à toute la nation juive le pouvoir d’être guidé.

-> « Rabbi Akiva dit : Le peuple juif est comparé à un oiseau, de même que l’oiseau ne peut voler sans ses ailes, ainsi le peuple juif ne peut rien faire sans Ses Anciens » [midrach Vayikra rabba 11,8]

[De même, nous devons respecter nos parents et notre rav, car plus on les respecte, plus les paroles de Torah qu’ils vont nous transmettre auront de la valeur à nos yeux. C’est la base de la pérennité du peuple juif, chaque maillon transmettant le flambeau au suivant grâce à ce respect. [ce que j’ai reçu a une valeur énorme/vitale, je me dois donc de le transmettre!]
Le rabbi Kaminetsky disait que si nos parents sont pour nous des hommes descendants des singes, alors ils nous sont détestables car ils sont plus proches que nous d’une génération, de ces singes. [nous sommes alors plus évolués, humains qu’eux!]
Par contre, s’ils sont des juifs, nous devons les respecter car nos parents sont plus proches du don de la Torah d’une génération par rapport à nous. A nos yeux, ils sont alors magnifiques, et nous devons profiter de cet avantage de proximité qu’ils ont d’avoir rencontrés en face à face Hachem au mont Sinaï! (de plus, chaque génération est plus basse que la précédente, nos parents/rabbanim sont donc une occasion d’échanger avec des plus grands!).
Par ailleurs, étant plus âgés, ils ont un nombre de mitsvot tellement plus élevé que nous, et c’est également admirable.
=> Ainsi, les respecter, c’est respecter la Torah qui est en eux, et c’est la base pour permettre sa transmission future! A l’inverse, toute diminution de ce respect participe, dans une certaine mesure, à la mort du judaïsme.]

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-> 6°/ Il est écrit : « Nadav et Avihou moururent … et ils n’avaient pas eu d’enfants » (Bamidbar 3,4)
La guémara (Yébamot 64a) enseigne que s’ils avaient eu des enfants, ils ne seraient pas morts.

A ce sujet, selon le midrach (Vayikra rabba 20,9-10), ils ne se sont pas mariés car ils pensaient que personne ne pouvait être assez bien pour eux.

-> « Nadav et Avihou moururent … et ils n’eurent pas d’enfants » (Bamidbar 3,4)
Le ‘Hatam Sofer de commenter :
L’homme vit dans ce monde pour s’approcher d’Hachem, et après cette mission, il peut remonter vers Lui. Nadav et Avihou ont atteint leur objectif en s’approchant énormément d’Hachem, au point que leur mission était achevée, et qu’ils en moururent.
Cependant, quelqu’un qui a des enfants, même s’il a fini sa mission dans ce monde, Hachem peut le laisser encore vivre, pour qu’il s’occupe encore d’eux, matériellement comme spirituellement.

=>Ainsi, certes Nadav et Avihou moururent, une fois leur mission achevée. Mais, ils ne bénéficièrent pas d’un supplément, car « ils n’eurent pas d’enfants », et n’avaient donc pas de raison de rester encore sur terre, une fois leur perfectionnement personnel atteint.

[même si un décret de mort plane sur nous, par le mérite de nos enfants on peut nous accorder de nombreuses années de vie supplémentaires!]

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-> 7°/ Le midrach (Vayikra rabba 20,10) rapporte qu’ils ont regardé la présence divine durant Sa révélation au mont Sinaï, d’une façon qui était trop familière et inappropriée.

Il est écrit : « Contre les nobles des enfants d’Israël … ils contemplèrent D. et ils mangèrent et burent » (Michpatim 24,11).
Le midrach Tan’houma (Béaaloté’ha 16) explique les termes « les nobles des enfants d’Israël » comme faisant référence à Nadav et Avihou, qui ont mangé et bu pendant qu’ils regardaient la présence divine.

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8°/ « Ils apportèrent devant Hachem un feu étranger » (v.10,1)
Nadav et Avihou apportèrent du feu en offrande. En effet, le feu symbolise la rigueur, et ces 2 tsadikim étaient tellement grands qu’ils pensèrent pouvoir se dispenser de toute Bonté Divine. Et que même si on les jugeait avec la plus stricte rigueur, ils allaient être méritants, tellement ils étaient persuadés de n’avoir aucune faute ni aucune faille.

D’ailleurs, en réalité, ils avaient raison. Ils étaient tellement irréprochables qu’ils pouvaient sortir méritants même si on les jugeait avec la plus stricte sévérité.
Cependant, leur faute était que malgré tout, ils ne devaient pas avoir autant confiance en eux. Même s’il est totalement méritant, un homme doit néanmoins se considérer comme étant quelque peu manquant et ayant besoin de la Bonté Divine pour subsister.
=> Cette si grande confiance en soi qu’ils avaient contenait une fine part d’orgueil, et cela était leur faute.
[Rabbi Eliyahou Dessler – Mikhtav méEliyahou)

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-> Selon la guémara (Sanhedrin 52a), ils sont morts par un feu provenant du Saint des Saints, qui est rentré en eux par leur nez, et qui a brûlé leur âme.
De façon étonnante, leur corps est resté intact.

-> La Torah parle de : « un feu étranger » (ésh zara)
Le feu représente l’enthousiasme qu’ils avaient pour être au plus proche de D., cependant ce feu était « étranger » car il entraînait des actions contraires à la volonté de D.

Il faut faire attention à ce que de bonnes attentions n’entraînent pas des actes regrettables : la fin ne justifie pas les moyens.

[Ils avaient beaucoup d’amour de D., et pas assez de crainte.]

Puisque c’est uniquement leur âme bien-intentionnée (avec un enthousiasme mal placé) qui devait être punie, alors c’est seulement elle qui a été brûlée, laissant le corps (non fautif) intact.

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+ « Un homme qui prendra sa sœur … et il verra sa nudité et elle verra sa nudité, c’est une honte (en hébreu: ‘hessed ou) et ils seront retranchés … » (Kédochim 20,17)

-> D’après le Radak, le terme ‘hessed a 2 sens : « bonté » et « honte ».

Les 2 sont liés, car la honte liée à l’immoralité est la conséquence d’une trop grande bonté.
Celui qui se soucie trop de donner du plaisir et n’arrive pas à discipliner sa personne ou son entourage, risque de sombrer dans l’immoralité.

=> A leur niveau extrêmement élevé, on peut imaginer que Nadav et Avihou avaient un tel désir de se lier à Hachem, qu’ils ont été aveuglés par cette recherche au point d’en venir à fauter.

[la frontière est fine entre le zèle et l’enthousiasme souhaitables dans notre relation avec D., et une attitude avec trop de proximité, de familiarité et pas assez de crainte]

=> Il faut faire attention que sous couvert d’actes plein de bons sentiments, de bonté, nous n’en arrivons à agir de façon déplacée.

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-> « Adorez Hachem avec crainte, et réjouissez-vous [en D.] avec tremblement » (Téhilim 2,1 – ivdou ét Hachem béyir’a, véguilou bir’ada)
Il y a 2 façons de se rapprocher de Hachem : par la crainte (yira) et par l’amour (aava).
Le Zohar enseigne qu’il faut tout d’abord servir Hachem avec crainte, et ensuite avec amour.
Le fait de servir Hachem comme il le faut avec crainte, est ce qui va permettre à une personne de pouvoir le servir avec amour.
[la crainte doit être la base, ce qui va canaliser dans la bonne direction le développement d’un amour débordant/infini pour D.]

Le Torat Cohanim (Chémini) dit que Nadav et Avihou ont : « ajouté de l’amour à de l’amour ».
Ils sont morts car ils ne se sont pas rapprochés de D. de la bonne façon : plutôt que d’utiliser la crainte pour parvenir à l’amour, ils ont voulu y arriver en n’utilisant que de l’amour.
[le Béer Moché]

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+ « [Nadav et Avihou] apportèrent devant Hachem un feu étranger qu’Il ne leur avait pas ordonné [d’apporter] » (Chémini 10,1)

-> Lorsqu’un tsadik accomplie une mitsva, il le fait avec une telle ardeur et un tel enthousiasme, qu’il investit toute son énergie et toute sa vitalité dans cette mitsva.
C’est ainsi que suite à la mitsva, il ne lui reste plus de force au point que naturellement, il devrait mourir. Seulement, Hachem a mis dans chaque mitsva un potentiel de vie, comme il est dit concernant les mitsvot : « Il vivra par elles » (‘haï bahem), et ne mourront donc pas à cause d’elles.
Un tsadik se donne tellement pour une mitsva qu’il doit normalement en mourir, mais cette mitsva possède le pouvoir de recharger de vie, ce qui le maintient en vivant.

Nadav et Avihou eux-aussi (au regard de leur très haut niveau spirituel), quand ils ont offert ce feu, il l’ont fait avec toutes leurs forces et toute leur vitalité, comme si c’était une mitsva. Seulement, la Torah atteste « que Hachem ne leur avait pas ordonné [d’apporter] », entraînant que cela n’était pas une mitsva de D., qui a ce potentiel de vitalité.
=> Ainsi, après avoir fait leur acte de dévotion avec toute leur âme, ils ne disposaient pas de la recharge de vitalité liée à la mitsva, et c’est ainsi qu’ils en moururent, purement et simplement.
[‘Hidouché haRim]

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