« Un vêtement [fait] d’un mélange de fibres (chaatnez) ne montera pas sur toi » (Kédochim 19,19)

« Tu ne revêtiras pas de fibres combinés (chaatnez), laine et lin ensemble » (Ki Tétsé 22,11)

Il est fait allusion à la mitsva du chaatnetz : l’interdiction de porter un habit composé de lin et de laine.

-> Le Rikanti commente le terme : chaatnez (שַׁעַטְנֵז), comme étant composé de 2 mots : « Satan » (שטן) et « Oz » (עז).

Le Satan fait référence au yétser ara, et « oz » à : puissant, force.
Le Rikanti explique que lorsqu’un juif porte du chaatnez, il donne davantage de puissance au yétser ara, il est plus susceptible de fauter, et c’est nuisible à sa santé spirituelle.

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+ Caïn et Evel : 2 opposés

-> « Caïn présenta du produit de la terre une offrande à Hachem ; les Sages disent : il s’agissait de graines de lin.
Evel offrit de son côté des premiers-nés de son bétail, de leurs parties grasses [et donc de la laine].

C’est la raison pour laquelle la Torah interdit les mélanges de lin et de laine … ainsi parla Hachem : ‘Il ne convient pas que l’offrande du fauteur se mêle à celle de l’innocent.’
C’est pourquoi ce mélange fut interdit. »
[Midrach Tan’houma – Béréchit chap.9]

-> Rabbénou Bé’hayé (Kédochim) enseigne :
« Lorsqu’un homme associe ici-bas 2 éléments de la même espèce, il fait régner la paix dans les Cieux, car les forces supérieures peuvent alors achever leur mission convenablement ; mais celui qui mêle des espèces différentes ici-bas, il génère l’inverse de la paix, car il mélange les forces supérieures, les annule et les empêche ainsi d’accomplir leur mission.
[…]
Comme les deux 1ers-nés de l’humanité [Caïn et Evel] approchèrent des sacrifices de laine [le bétail] et de lin, c’est la raison pour laquelle l’assemblage de ces 2 matières nous a été interdit.

L’union de ces 2 hommes issus d’un même sein n’a pas été favorable, car il s’agissait d’un mélange de forces opposées, suscitant l’inverse de la paix.
La fin de leur histoire en établit d’ailleurs la preuve : l’un assassina son frère, et ces deux hommes furent finalement perdus … »

-> Le rav Youdel Rosenberg (1859-1935) donne une explication au fait que l’on peut constater une augmentation des meurtres et des vols dans le monde. C’est en raison de l’impureté du Chaatnez, qui s’est largement répandu ces dernières années, à l’image du fait que le meurtre de Evel par Caïn provient de l’impureté du Chaatnez : Evel ayant apporté de la laine, et Caïn du lin.

Le Choul’han Aroukh fait allusion à cela puisque les halakhot concernant le Chaatnez commence au chapitre (siman) 298, qui s’écrit en hébreu : רצח (rotséah – un meurtrier) [Yoré Déa 298].
[Le I’houd bé’Hidoud note que la discussion à ce sujet se termine au chapitre 30, écrit : ש »ד, ce qui est l’acronyme de : chéfi’hat damim (verset du sang).]

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-> Le Ben Ich ‘Haï écrit que la mitsva de Chaatnez nous met en garde contre le mélange de bien et de mal.

Il ne s’agit pas de ceux qui progressent à leurs rythmes ou de ceux qui négligent une partie de la Torah par faiblesse ou difficulté.
Il s’agit là de gens qui fabriquent une idéologie selon laquelle il faut certaines mitsvot et il ne faut pas d’autres mitsvot. Pour ne pas se sentir mal de ne faire qu’une partie de la Torah, ils préfèrent la déformer et tromper les autres.
C’est ce chemin erroné que la Torah nous prévient de ne pas suivre.

[la Torah ne doit pas devenir un mélange, une sélection de ce qui nous arrange. N’oublions pas qu’elle est 100% Vérité, 100% made in Hachem!]

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-> « Un vêtement [fait] d’un mélange de fibres (chaatnez) ne montera pas sur toi »

Nos Sages nous enseignent que les mitsvot que nous réalisons créent des vêtements spirituels pour notre âme, pour ne pas qu’elle se retrouve « nue » après avoir quitté le corps.
Cependant, pour que ces vêtements soient entiers, il faut que les mitsvot soient accomplies complètement pour Hachem, sans y mêler des intentions personnelles et intéressées, comme la recherche des honneurs ou de la récompense, par exemple.

Cela est en allusion dans ce verset : « Un vêtement contenant un mélange ne montera pas sur toi » = c’est-à-dire que les mitsvot doivent être pleinement pour Hachem et on ne doit pas y mêler des intentions extérieures. C’est ainsi que les vêtements que l’âme portera dans l’autre monde seront complets et ne seront pas des vêtements contenant un mélange, où se mêleront des défauts et des manques liés à ces intentions imparfaites.
[Makré Dardéké]

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-> Le Rambam (cité par le Séfer ha’Hinoukh 551) considère que le chaatnez, comme beaucoup d’autres mitsvot, constitue une manière de nier la valeur des cultes idolâtres.
En effet, dans le passé les prêtres païens avaient coutume de vêtir des habits tout spécialement confectionnés à partir d’un mélange de lin et de laine (selon son propre témoignage, c’était encore le cas à son époque chez les prêtres égyptiens).

C’est donc pour nous éloigner de ces pratiques que la Torah interdit le port de telles étoffes.

-> Le Daat Zékenim (Ki Tétsé) écrit pour sa part que cet interdit a pour origine l’une des pièces du Temple : la parokhet : cet épais rideaux suspendu devant le Saint des saints, qui était composé à la fois de lin et de laine.

De ce fait, la Torah nous interdit de reproduire cet alliage, de la même façon qu’elle interdit de mélanger les ingrédients composant la kétoret (l’encens) à des fins personnelles, pour établir une distinction claire entre le saint et le profane.

[nos Sages (guémara Roch Hachana 24a) nous interdisent de faire une copie d’un élément utilisé au Temple.
Hachem souhaite que l’on garde le mélange lin et laine uniquement à des fins Divines/sacrées, et ainsi Il nous interdit un tel mélange dans nos vêtements du quotidien.]

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-> « Combien d’embûches ont été suscitées par la faute de cette terrible interdiction!

Ses lettres témoignent d’ailleurs de la gravité de sa punition : chaatnez (שַׁעַטְנֵז) correspond à Satan-Az [Satan effronté – שטן et עז].
A ce titre, si une personne porte sur elle du chaatnez pendant un seul jour, sa prière ne sera pas entendue pendant 40 jours! »

[le Noda biYéhouda – Drouché haTsla’h 8,6)

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-> « Concernant les vêtements que l’on porte, j’ai lu dans un ouvrage que rien n’entrave les prières davantage que le port d’habits contenant du chaatnez, même si on ne le fait que par inadvertance … »
[Rabbi Israël Elgazi – Chalmé Tsibour]

-> Le Pélé Yoets (fin du Erekh Levicha) nous prévient que le fait de porter du chaatnez empêche les prières d’une personne de s’élever vers le Ciel.

-> Selon le Séfer ‘Hasssidim (553), aimer son prochain est un prérequis à une prière efficace.
Le Arizal rapporte la coutume : avant de prier, il faut prendre sur nous al mitsva de : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

=> A l’inverse, une personne qui porte du chaatnez porte en elle le symbole de la 1ere haine entre un homme et son prochain, et ses prières sont donc bloquées.

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