« Yossef leur donna des chariots selon la parole de Pharaon » (Vayigach 45,21)
« Il vit les chariots que Yossef avait envoyés pour le transporter et l’esprit de leur père Yaakov revint à la vie » (Vayigach 45,27)
« Dans les chariots que Pharaon avait envoyés pour le transporter » (Vayigach 46,5)

-> Pharaon a ordonné à Yossef de prendre des chariots, car il voulait que Yaakov vienne en Egypte.
[Tsor haMor]

-> Bien que Pharaon avait préparé des chariots pour eux, Yossef a dû en envoyer d’autres, car ceux de Pharaon étaient décorés par des symboles idolâtres.
[Rabbi ‘Haïm Paltiel]

-> Il existait une loi en Egypte interdisant aux chariots de quitter l’Egypte, s’il n’y avait pas un symbole idolâtre gravé dessus.
Yossef a dû demander à Pharaon de donner un ordre spécial lui permettant de quitter l’Egypte avec ses chariots pour aller chercher Yaakov.
[Mochav Zékénim miBaalé haTossafot]

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-> Yossef transmettait à son père le message qu’il était un maître sur l’Egypte, dans le sens où il n’est pas tombé dans l’immoralité égyptienne, qu’il n’avait pas succombé à leur style de vie, et que plutôt il dominait tout cela.

Yaakov a été pleinement rassuré quand on lui a rapporté les paroles de Yossef : « D. m’a fait maître … sur tout le pays d’Egypte » (v.48,5). Il était heureux, car son fils était toujours humble.
[Béer Moché]

-> Yossef n’était pas en train de fanfaronner de sa grandeur, de son très haut poste, …
En réalité, dans son humilité, Yossef déclarait qu’absolument tous les honneurs qu’on lui témoignait en Egypte, ne l’étaient que parce qu’il était le fils d’un père aussi important [en mérites] et saint : Yaakov.
[Rabbi Avraham Yéhochoua Heshel – l’Apter Rav]

[dans toute son humilité, c’est comme s’il lui proclamait : Regarde papa! Tout ce que j’ai, c’est grâce à toi!! ]

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-> « Ils lui racontèrent, en disant : « Yossef est en vie » » (v.45,26)

Selon le Zohar :
– « ils lui racontèrent » (vayaguidou lo) = c’est une allusion à la sagesse, ils ont dit à Yaakov que son fils était toujours en vie spirituellement et sage.

– « en disant » (lémor) = c’est une référence à l’immoralité, ils lui ont dit que Yossef avait résisté à l’immoralité, et que grâce à cela il a le mérite de gouverner l’Egypte.

[Kissé Ra’hamim]

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« Il vit les chariots que Yossef avait envoyés pour le transporter et l’esprit de leur père Yaakov revint à la vie » (Vayigach 45,27)

+ Symbolique des chariots (agalot) envoyés à son père :

-> Le Chem miChmouël enseigne que : chariot (agala – עגלה) est lié au terme : cercle (igoul – עיגול). [galgal : roue – גלגל]
Dans un chariot, l’élément principal est les roues.
En effet, on aura beau mettre le meilleur conducteur, les meilleurs chevaux, si les roues ne sont pas bonnes, alors ils n’iront pas très loin.

Une roue symbolise l’idée que pour avancer, cela nécessite un mouvement où ce qui était tout en haut (au top!), devient ensuite tout en bas (au fond du trou!), …
Ainsi, c’est le changement de situation qui permet à une roue d’aller de l’avant, et de ne pas rester statique.

En voyant les roues du chariot, Yaakov a compris le message : il lui était nécessaire de descendre en Egypte, afin de permettre à sa descendre de pouvoir s’élever dans le futur jusqu’à devenir une grande nation, et recevoir la Torah.

Le Kédouchat Lévi apporte une réponse similaire.
Des épreuves temporaires, comme le fait de devoir quitter la terre Sainte d’Israël, vont lui permettre finalement d’apporter beaucoup plus de biens, de choses positives pour sa descendance.

Nous devons appliquer ce message à nous même :
– lorsque nous sommes en bas (période difficile), cela signifie que la prochaine étape (de la roue de la vie), c’est de monter.
Il faut ainsi garder le moral, que c’est un signe que de belles choses arrivent pour nous.
– Lorsque tout va bien, nous devons les savourer, les apprécier, car on ne sait jamais combien de temps cela va durer.

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-> Lorsque les juifs sont arrivés en Egypte, ils se sont installées dans le territoire de Gochèn.
Or, il s’avère que la guématria de : « à Gochèn » (Gochena – גשנה), est la même que : machia’h (משיח).

La paracha se nomme : Vayigach (ויגש), qui signifie : « il [Yéhouda] s’approcha » (v.44,18).
De plus, au moment où Yossef dévoile son identité, il est écrit : « ils s’approchèrent et il dit : « Je suis Yossef votre frère » (v.45,4), où l’on peut noter également l’emploi du terme : « vayigachou » (ils approchèrent – וַיִּגָּשׁוּ).

[ => cela vient conforter l’idée précédente : en descendant en Egypte à Gochen, ils ont alors rapproché la venue du machia’h!]

-> Qu’est-ce qui a été la cause de ses souffrances, de l’exil en Egypte?
« Ils [les frères] l’aperçurent [Yossef] de loin ; et, avant qu’il fût près d’eux, ils complotèrent de le faire mourir » (Vayéchev 37,18)

Rabbi Nisson Alpert (Limoudé Nisson) fait remarquer que :
– ce qui amène des malheurs, rallonge l’exil, c’est notre attitude de : « ils l’aperçurent de loin » (vayi’ou oto méra’hok);
– à l’inverse, ce qui rapproche la guéoula, amène la bénédiction divine sur tous, c’est un comportement de type : « ils approchèrent » (vayigachou).

=> Vayigach est un appel à se rapprocher l’un de l’autre, car il en découle le meilleur pour tous.
D’ailleurs, il vaut mieux subir quelques souffrances (ex: en ne répondant pas aux provocations), car le gain qu’il en résultera du shalom, est infiniment plus élevé que cette petite perte momentanée.

[à l’image d’un père [Hachem] qui a toutes les richesses du monde, et qui gâte au maximum ses enfants en résultat du plaisir de voir que la paix règne entre eux!]

=> Les chariots témoignent d’une volonté que toute la famille se retrouve réunie, c’est le symbole qu’un amour profond règne entre tous les frères.
Cela a réjouit l’esprit de Yaakov!

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-> [A la demande de son père, Yossef se rendit auprès de ses frères. Alors qu’il approchait] « Ils l’aperçurent de loin ; et avant qu’il fût près d’eux, ils complotèrent de le faire mourir » (Vayéchev 37,18)

Le rabbi de Vorki (rabbi Its’hak Kalich de Vorki – Ohel Its’hak) commente :
Si 2 adversaires se rencontrent et discutent de leurs différends, ils découvriront que leur hostilité mutuelle a été déclenchée par de fausses rumeurs et de la médisance.
Ils deviendront alors de bons amis immédiatement.
Mais s’ils gardent une distance et ne parlent pas ouvertement, leur haine grandira de jour en jour.

Le verset cité véhicule cette idée :
– « Ils l’aperçurent de loin » = ils ont agi avec froideur et détachement, le tenant à distance.
– par conséquent, leur animosité s’accrut à un point tel que « ils complotèrent de le faire mourir ».

[on a trop tendance à se dire que c’est à autrui de faire le 1er pas. En effet, pourquoi dois-je me rabaisser à demander pardon, lui aussi est responsable de cette situation!
Lorsque les 2 parties campent sur leur égo (MOI je ne cède pas le 1er pour reconnaître mes tords, Moi je peux me débrouiller sans lui, …), alors la situation va pourrir, se développer négativement.]

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-> b’h, d’autres divré Torah à ce sujet : cf. vayigach 45,27 : https://todahm.com/2010/12/06/paracha-vayigach

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« A son père : il [Yossef] envoya ce que voici : 10 ânes chargés du meilleur de l’Egypte … » (Vayigach 45,23)

-> Rachi rapporte la guemara (Méguila 16b) qui précise que Yossef a envoyé à son père du vin vieux, spécialement salutaire aux vieillards.

-> Le Maharal de Prague fait remarquer que les termes : « vin vieux » (yayin yachan – יַיִן יָשָׁן), ont une guématria de : 430.
Par cela, Yossef fait allusion à son père que l’exil égyptien durera 430 années.

-> Le rav ‘Haïm Yossef Kofman dit que 430 est également la guématria de : « réjouit le cœur » (méchamé’hé lev – משמחי לב).

Le vin devient meilleur avec l’âge.
En lui envoyant du vin, Yossef transmet l’idée à son père que lorsqu’il arrivera en Egypte, qu’il y verra l’unité retrouvée entre ses enfants, il comprendra que les épreuves à venir en Egypte le sont pour davantage de bontés au final.

Le vin devait réjouir le cœur de Yaakov, puisque renvoyant aux magnifiques années futures durant lesquelles la présence divine sera quotidienne ressentie, qu’il y aura le Temple, …

[l’Egypte est le creuset amenant à la véritable naissance de la nation juive, au don de la Torah. En pensant à tout cela, l’esprit de Yaakov s’en trouva apaisé (ex: chaque minute en Egypte nous rapproche de la Torah!)]

[On peut noter que de même qu’il faut écraser des raisins pour faire du vin, de même les juifs devrons se faire écraser durement par les égyptiens, y vidant leur jus, afin que Hachem lève cette coupe pleine du vin vers les plus hautes grandeurs.]

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« Racontez à mon père tout l’honneur qui est le mien en Egypte » (Vayigach 45,13)

En quoi importait-il à Yaakov de savoir que Yossef avait de l’honneur, de la gloire en Egypte?

Yaakov était très prudent à descendre en Egypte, car il avait conscience que cela marquerait le début de l’exil.

Au travers l’histoire de notre peuple, de nombreux juifs ont quitté le bon chemin spirituel : soit à cause de leurs souffrances, soit parce qu’ils se sont laissés séduire par les richesses qu’ils ont pu amasser.

Yossef leur dit : « Les actions des parents sont un signe pour leurs enfants. J’ai pu subir ces 2 extrêmes : être un esclave humilié, et atteindre une gloire fabuleuse, et j’ai toujours conservé mon niveau spirituel.
S’il vous plaît dites cela à mon père pour lui diminuer ses craintes. »

[le Divré Chaoul – Rav Yossef Chaoul Nathanson]

[Le chariot (agala) peut renvoyer au fait que Yossef est descendu en tant qu’esclave dans des caravanes de marchands, et que maintenant il est vice-roi d’Egypte, pouvant même faire sortir des chariots royaux (sans idoles dessus).
Aussi bien en haut, qu’en bas de la roue de sa vie, il a toujours gardé la bonne direction : Hachem!

Cela peut également se comprendre à un niveau plus global.
En effet, lorsqu’un parent surmonte une épreuve difficile, il transmet à sa descendance une facilité pour vaincre cette épreuve dans le futur.
Par exemple, le fait que Yossef a triomphé dans la très difficile épreuve de l’immoralité, va permettre à tous les juifs venant ensuite d’avoir plus de facilité à en faire de même.

Ainsi, symboliquement son passage de chariots d’esclaves à chariots du vice-roi d’Egypte, symbolise qu’il a réussi à amasser de nombreux trésors, une richesse de mérites spirituels, qui vont permettre aux juifs d’avoir davantage de facilités à rester fidèle à Hachem.
Cette idée a réjoui grandement Yaakov, qui était auparavant préoccupé à l’idée de devoir descendre en Egypte. ]

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