« Vous désignerez des villes pour vous, elles seront pour vous des villes de refuge, et le meurtrier s’enfuira là-bas, celui qui tue une personne involontairement » (Massé 35,11)

-> « Hachem est bon et droit, aussi montre-t-il aux pécheurs le [vrai] chemin » (Téhilim 25,8)

Cela fait référence aux signes [sur la route] qui étaient positionnés afin d’aider une personne qui avait tué involontairement, à échapper à ses vengeurs en se mettant au plus vite en sécurité dans les villes de refuge.
Rav ‘Hama bar ‘Hanina ajoute que si c’est ainsi que Hachem agit avec les fauteurs, combien fait-il davantage pour les tsadikim.
[guémara Makot 10b]

-> Le Yérouchalmi (Makot 2,6) explique qu’en plus des (panneaux de) directions, on leur montrait du doigts le meilleur chemin à prendre, et cela est une référence au fait que Hachem aide les fauteurs en leur montrant le chemin pour faire téchouva.

Rav Yérou’ham Lévovitz enseigne que nous voyons là, la grande miséricorde de D.
Non seulement, Il attend patiemment que nous retournions vers Lui après avoir fauté (quoiqu’on est pu faire), mais en plus Il nous aide et nous guide pour arriver à faire téchouva.

-> La femme de Rabbi Méïr : Brouria, dit que l’on ne doit pas souhaiter la disparition des fauteurs, mais des fautes qui sont en eux.
[guémara Béra’hot 10a]

[C’est pour cela que l’on fait tout pour les aider à sortir de cette situation, pour qu’ils puissent exprimer toute la sublime lumière qu’ils ont en eux.]

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-> Le ‘Hafets ‘Haïm demande pourquoi lorsque le peuple montait à Jérusalem, il n’y avait pas également des signes (sur les routes) afin d’aider ceux qui réalisaient la mitsva de monter au Temple pendant les 3 régalim?

Le midrach (Yalkout Chimoni Chmouël I – 77) relate que chaque année Elkana montait au Michkan à Chilo et sur son chemin il encourageait ceux qu’il rencontrait à le rejoindre dans cette mitsva.
C’est ainsi qu’à chaque fois, il prenait un chemin différent pour permettre de faire participer tous les juifs.

=> Pour une ville de refuge, le but est que le meurtrier involontaire puisse se mettre en sécurité de ses vengeurs au plus, et pour qu’il puisse rencontrer le moins de personnes possible car en l’état actuel il n’est pas un modèle moral (assassin involontaire en fuite).
[une personne qui ne faute pas, Hachem la protège d’en venir à tuer involontairement. ]

Par contre, pour monter à Jérusalem, il n’y avait pas de direction afin de permettre un maximum de rencontres favorisant une influence mutuelle positive (discuter de Torah et des mitsva, renforcer la émouna, se motiver à venir au Temple, …).
Personne ne pouvait se dire isolé du monde, des autres juifs, car durant les 3 fêtes, l’ensemble du pays était rempli de juif plein de joie et de fierté de monter ressentir la présence divine au Temple.

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+ La puissance de la prière sincère :

En conséquence de son acte, un tueur involontaire devait rester dans une ville de refuge jusqu’à la mort du Cohen Gadol.

-> Le Sforno fait remarquer que la punition pour chaque meurtrier involontaire est différente, puisque la durée de vie restante du Cohen Gadol n’est pas la même.
Pour certains, ils devront rester très peu de temps dans la ville de refuge, et pour d’autres très longtemps.
=> Ainsi, la punition ne dépend pas du beit din, mais d’un acte de Hachem : la mort du Cohen Gadol.

L’Alter de Kelm fait remarquer que les meurtriers involontaires étaient ainsi conscients que leur libération dépendait d’un acte dépendant à 100% de la volonté de D.
C’est pourquoi leurs prières provenait du plus profond de leur cœur, avec un sincérité totale et la ferme conviction que seulement Hachem pouvait les aider.
De telles prières transpercent le Ciel et sont acceptées.

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-> L’Alter de Kelm apporte une autre illustration de ce concept :
La guémara (Yoma 53b) liste les 3 prières spéciales que récitaient le Cohen Gadol dans la chambre extérieure après avoir terminé son service de Kippour dans le Saint des saints.

La 3e prières était : « Que la prière des voyageurs (afin de retenir la pluie) n’est pas la possibilité d’entrer devant Toi, Hachem ».
La terre d’Israël est une terre qui dépend du peu d’eau qui tombe pendant la période allant de Souccot à Pessa’h.
De la sécheresse et de la famine sont des dangers réguliers, d’où l’importance de demander de la pluie dans toutes nos prières journalière.

Cependant, lorsqu’un voyageur était sur la route loin de tout et que le temps lui annonce une forte pluie à venir, il va alors prier à Hachem pour repousser les nuages orageux, pour pouvoir rentrer chez lui sans être trempé.
Bien que sa réaction est naturelle, il manque de prendre en compte les besoins critiques des habitants juifs d’Israël, ne se concentrant que sur son inquiétude de rentrer chez lui plein de pluie.

=> Pourquoi est-ce que Hachem écoute-t-il de telles prières, si défavorables pour la majorité des juifs?

La guémara illustre ici l’énorme pouvoir de la prière provenant du fond du cœur.
Le voyageur a conscience qu’aucun être humain ne peut empêcher la pluie, et il s’en remet alors totalement à Hachem, car Lui seul peut à le pouvoir de l’en sauver.

=> Ainsi, une prière provenant du cœur est écoutée par Hachem, au point que le Cohen Gadol (homme le plus saint), le jour de Kippour (jour le plus saint), dans le lieu le plus saint, doive prier pour annuler ces prières, dans l’intérêt du peuple juif.

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-> A ce sujet, il est intéressant de rapporter la guémara (Shabbath 67a) :
Que doit faire une personne si elle a un arbre dont les fruits sont tombés avant d’être mûrs, lui entraînant une perte financière?

La guémara répond qu’elle devra colorer son arbre en rouge afin d’attirer l’attention des passants.
Les gens vont alors voir son malheur et prier à Hachem de lui montrer de la miséricorde, et alors son arbre va être « guéri ».

Même si ce n’était qu’un arbre, et non un être humain, tous les juifs avaient de tels sentiments d’amour envers leur prochain, qu’à la vision d’un arbre en rouge, ils priaient pour son propriétaire.
=> Et ça marchait! Telle est la force d’une prière sincère.

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-> Un assassin involontaire doit fuir dans une ville de refuge et y rester jusqu’à la mort du Cohen Gadol.

La guémara (Makot 11a) dit que pour s’assurer que tous les assassins ne prient pas pour la mort de son fils (cela leur rendant la liberté), la mère du Cohen Gadol leur envoyait de la nourriture et des vêtements.
=> En quoi ces petites attentions pouvaient-elles les convaincre de renoncer à leur liberté?

Rabbi Shlomo Eisenblatt explique que l’objectif de la mère n’était pas de les empêcher de prier, mais plutôt d’empêcher qu’ils aient une prière pure et du plus profond de leur cœur, qui a alors un pouvoir phénoménal, au point de même pouvoir tuer le Cohen Gadol!

La stratégie de la mère était de leur donner des cadeaux provoquant un sentiment de gratitude (plus ou moins conscient) qui va réduire la pureté et l’intention de leurs prières.
Par exemple, au lieu d’en faire une à 100% de leur cœur, ils vont la faire avec seulement 98%, et cette différence de concentration peut faire une grande différence.

-> Cela s’applique également à nos prières! Si l’on prie à 98%, au lieu de 100% de nos capacités du moment, alors on y perd beaucoup!

Nos Sages disent qu’après notre mort, on nous montrera tout ce qu’on aurait pu avoir si l’on avoir plus et mieux priés.

Nos Sages enseignent également qu’on nous montrera également les impacts de nos prières, comme par exemple : grâce à elles tu as aidé au mariage de 200 personnes, tu as contribué à la guérison de 500 personnes, …

==> Si même une prière d’un assassin voulant la mort du Cohen Gadol est écoutée car faite de tout son cœur, combien à plus forte raison la nôtre!

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+ Pourquoi est-ce que c’était la mère qui envoyait ces cadeaux et non pas le Cohen Gadol lui-même?

-> Le Tiféret Yisraël (Makot 2,6) répond qu’il ne convient pas au Cohen Gadol d’agir d’une manière démontrant qu’il a peur du meurtrier.

-> Rachi (Massé 35,25) : Le Cohen Gadol aurait dû prier pour que ne soit pas, de son vivant, commis un tel crime.
Ainsi, il est considéré comme partiellement responsable de ce qui s’est passé.
=> Si le Cohen Gadol avait apporté lui-même de la nourriture au meurtrier, il aurait donné du crédit à ceux qui l’accusent pour cette tragédie.

-> Le rav Pessa’h Eliyahou Falk explique que si le Cohen Gadol ne priait pas convenable au point d’éviter des meurtres involontaires, c’était sa mère qu’il fallait blâmer pour ne pas lui avoir appris comment prier.
Elle avait ainsi une part de responsabilité.

-> Le Arou’h Laner (Makot 11a) suggère que si c’était le Cohen Gadol qui apportait de la nourriture, chaque pauvre prétendrait avoir tué accidentellement quelqu’un et viendrait dans une ville de refuge afin d’être nourri par lui jusqu’à sa mort, moment à partir duquel il deviendrait libre.

Puisque c’était sa mère qui apportait la nourriture, les pauvres avaient peur qu’elle ne décède tôt, les laissant à la fois sans nourriture et sans possibilité de quitter la ville de refuge avant la mort du Cohen Gadol, puisqu’ils s’étaient prétendus comme étant des meurtriers involontaires.

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