« Voyez, Je vous propose en ce jour la bénédiction d’une part, et la malédiction de l’autre » (Réé 11,26)

-> « Hachem dit : Ce n’est pas pour leur mal que Je leur donne la bénédiction et la malédiction, mais pour leur faire savoir le droit chemin qu’ils doivent suivre, et afin qu’ils puissent recevoir une récompense …

Rabbi El’azar dit : L’épée et le Livre descendirent du Ciel attachés l’un à l’autre.
D. dit aux hommes : Si vous respectez ce qui est écrit dans ce Livre, vous serez épargnés de cette épée ; mais dans le cas contraire, vous serez exécutés par cette épée.
[…]
Hachem dit à Israël : Si vous respectez Ma volonté, vous mériterez le bien et la bénédiction. Sinon, vous aurez droit à la malédiction. Deux voies vous sont ainsi ouvertes …
[midrach Dévarim rabba 4,1-3]

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-> Le ‘Hovot haLévavot (Chaar I’houd haMaassé chap.5) écrit à ce sujet :
« La Torah est comparée au feu, comme il est dit : « Ma parole est semblable au feu, parole de Hachem » (Yirmiya 23,29), car d’une part, elle éclaire l’esprit de sa lumière […] et d’autre part, elle est capable de brûler celui qui s’écarterait de ses voies …

C’est la raison pour laquelle nous devons prendre garde à ne pas nous écarter du chemin de nos Pères et de la voie des Anciens. »

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-> « Si l’homme en a le mérite, la Torah devient une baume de vie ; mais s’il ne le mérite pas, elle devient pour lui un poison »
[guémara Yoma 72b]

-> « Sois heureux, Israël! Car lorsque tu accomplis la volonté du Créateur, aucune nation ne peut te dominer.
Et lorsque tu n’accomplis pas Sa volonté, tu es livré aux nations les plus méprisables, et tu es alors livré non seulement aux mains de ces nations, mais même à leurs bêtes. »
[guémara Kétoubot 66b – Rabbi Yo’hanan]

Le Maharcha fait remarquer que dans ces 2 situations, Rabbi Yo’hanan dit : « Sois heureux, Israël! », car le peuple juif demeure en toute situation sous la surveillance continue du Maître du monde.

-> « Ce n’est pas le serpent qui tue, c’est la faute »
[guémara Béra’hot 33a]

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-> « La bénédiction que (achèr) vous écoutez … et la malédiction si (im) vous n’écoutez pas » (Réé 11,27-28)

-> Selon le Sfat Emet, l’emploi de : « que » (pour la bénédiction) et de : « si » (pour la malédiction), nous fait prendre conscience que la malédiction divine ainsi que tous les maux s’abattant sur le monde, est le résultat de nos mauvaises actions.
[il y a une relation de cause à effet]

-> Le Ohr ha’Haïm commente : Ne pas écouter les paroles de la Torah est en soi une malédiction.
Comme l’annonce le verset, celui qui s’en abstient « se détournera du chemin » et finira par « aller après d’autres dieux ».

-> Le Ohr ha’Haïm enseigne également :
« Voyez » (réé) [avec les yeux du émét, et non humain éphémère!] = il ne faut pas se laisser abuser par le succès apparent des réchaïm : « car le racha n’a pas d’avenir » (Michlé 24,20).
Si vous obéissez, il n’y aura que bénédiction malgré les apparences ; si vous désobéissez, il n’y aura que malédictions bien que la 1ere impression puisse être favorable.

[dans le cadre du libre arbitre, le yétser ara a le pouvoir de nous faire voir une malédiction en bénédiction => la Torah emploie le mot : « voyez » (réé) = regarde bien pour faire le bon choix! Est-ce mon yétser ara qui me pousse à agir ainsi? ou bien est-ce la volonté de Hachem?]

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-> « Heureux est celui qui accomplit ne serait-ce qu’une seule mitsva, car il fait pencher la balance de la justice non seulement en sa faveur, mais pour le bien du monde en général »
[guémara Kiddouchin 40b]

-> « Regarde (singulier), Je place aujourd’hui devant vous (pluriel) la bénédiction et la malédiction »

Rav Yossef de Sloutsk dit que c’est l’idée soulignée par notre verset, qui avertit l’homme (au singulier) que ses actions exercent une influence sur la société en général (celle décrite au pluriel).
En effet, quand une personne accomplit des mitsvot, elle suscite une bénédiction Divine, tandis que lorsqu’elle pèche, elle attire des malédictions sur le monde entier.

[nous sommes tous liés (arévim) les uns aux autres, et chacune de nos actions impacte le monde entier.]

-> Le Alchikh haKadoch enseigne que chaque juif sans exception doit observer la Torah, et c’est pour cette raison que Hachem emploie la forme singulier : Réé.
Mais, bien que la Torah ait été donnée à tout le peuple, chaque juif porte la responsabilité individuelle de l’accomplir intégralement.

[de plus, pour chaque mitsva, chaque juif a la capacité de la sublimer en y injectant une kavana (intention), une joie, … qui est unique.]

-> Le Méam Loez explique que cet emploi du singulier (Réé) et du pluriel (lifnéhem), nous montre également que ce verset s’adresse à 2 groupes du peuple juif.
Le pluriel concerne les masses simples qui ont besoin de l’encouragement de la bénédiction (motivation de la carotte/récompense) et de la malédiction (peur du fouet/punition) pour observer la Torah.
L’élite, pour sa part, possède une vision élevée du rôle de l’homme ; elle est donc encouragée à « voir », c’est-à-dire à comprendre, la vraie raison de l’observance, qui est la valeur intrinsèque des mitsvot.
[telle est la volonté de D., indépendamment de toute malédiction et bénédiction]

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+ « Vois, Je place devant vous aujourd’hui la bénédiction et la malédiction »

On peut remarquer que ce verset commence au singulier : “Vois”, et se poursuit au pluriel : “Devant vous”.
En effet, Hachem place et dispose la même chose devant tout le monde, Sa direction du monde est la même pour tous (d’où le pluriel). Seulement, chacun comprend et voit ce qu’il vit en fonction de sa personnalité et à sa façon singulière (d’où le singulier).
[Rabbi Mendel Ména’hem de Kotsk]

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-> « Notre existence est belle à la mesure du regard positif que nous portons sur elle »
[Rav Eliyahou Lopian]

=> Pour toute chose de la vie, Hachem nous propose de voir cela positivement (c’est une bénédiction!) ou bien négativement (c’est une malédiction!).
Notre choix de vision, va définir notre perception de la vie.
Ainsi, à nous de choisir ce que l’on veut!

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-> Selon le ‘Hidouché haRim, ce verset fait allusion au fait que le peuple juif a reçu la capacité de faire clairement la différence entre la bénédiction et la malédiction, c’est-à-dire qu’ils peuvent discerner comme il se doit entre le bien et le mal.

En effet, parfois il peut arriver de vouloir faire une certaine action pensant qu’elle est bonne, alors qu’en réalité elle est mauvaise.
Ainsi, s’il le désire, un juif a la capacité de pouvoir distinguer entre ce qui est bien et ce qui est mal, de sorte à pouvoir choisir ce qui est vraiment bien, sans confusion.

Cela est en allusion dans ce verset qu’il faut comprendre comme s’il disait : « Vois, je donne devant vous aujourd’hui » la capacité de distinguer entre « la bénédiction et la malédiction », entre le bien et le mal.
Ainsi, il est possible de vraiment choisir ce qui est bien.

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+ « Voyez (Réé), Je vous propose en ce jour la bénédiction d’une part, et la malédiction de l’autre » (Réé 11,26)

-> Le Sfat Emet enseigne :
Le mot : « Réé » ne signifie pas : voir, mais plutôt : contempler et comprendre que Hachem veut qu’on reconnaisse que dans chaque fibre de ce monde, il y a de la bénédiction et de la malédiction.
Cela signifie que même la malédiction est une bénédiction cachée, et un juif doit travailler à révéler et apprécier la bénédiction contenue en toute chose.

=> Comment fait-on cela?

Il est écrit dans le verset suivant : « La bénédiction, quand vous obéirez aux commandements de Hachem, votre D. » (11,27).

La bénédiction se dévoilera, même lorsqu’elle vient sous l’apparence d’une malédiction, à partir du moment où nous sommes fidèles à la volonté de Hachem : étudiant Sa Torah, accomplissant Ses mitsvot, et en devenant intimement liés à comprendre Ses voies.
Cela amènera la bénédiction qui est cachée dans une malédiction.

[même si notre vie semble être difficile (tant ne semblant que malédiction), il faut savoir que de la réalisation d’un mitsva, il n’en découle au final que de bonnes choses.
L’inverse est valable, lorsqu’on agit contre la volonté de D. , certes sur le moment cela peut paraître une bénédiction, mais au final, au moment de faire les comptes on verra qu’on a énormément perdu à cause de cela.]

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+ « Voyez, Je vous propose en ce jour »

-> Le verset utilise le temps présent afin de nous dire qu’il n’est jamais trop tard pour changer.
Chaque jour de notre vie nous avons le choix de choisir le bon chemin.
[le Gaon de Vilna]

[en ce jour : quoique tu es pu faire par le passé, cela ne doit pas venir au détriment du présent.
En effet, même pour les pires fautes, la téchouva sincère est là pour nous permettre de repartir de l’avant sur une page blanche de nos fautes.]

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-> Selon la guémara (Kiddouchin 40a) : Si un juif a une pensée de faire une bonne action, Hachem considère comme s’il l’avait fait ; mais si la pensée est mauvaise, Hachem ne considère pas qu’il a fauté.
[l’exception sont les pensées d’idolâtrie]

-> Le midrach (Michlé 10) enseigne que lorsqu’un Sage (‘hakham) donne un cours et que les gens l’entendent, à ce moment précis, Hachem leur pardonne et expie les fautes d’Israël.

Cela signifie que le fait d’écouter les paroles de conseils moraux, de réprimandes du Sage, et que nous acceptons sur nous de suivre ces mots, même si nous n’avons encore rien pratiqué, alors à ce moment nos fautes sont pardonnées par le mérite de les avoir écoutés et acceptés. Cela est considéré comme réalisé!
[cela vient s’ajouter au mérite d’avoir étudiés la Torah]

Il est à noter que la guémara (Guittin 38a) nous averti : Une des raisons de perdre son argent est lorsque l’on s’occupe à prendre son repas plutôt que d’aller au cours du rav.

-> Hachem fait tout pour repousser les conséquences négatives d’une mauvaise action, dans l’attente d’une téchouva.
Par contre, pour une bonne action , Hachem donne une double récompense : pour la pensée et pour l’acte en lui-même!

-> « La bénédiction (ét habéra’ha) quand vous écouterez » (Réé 11,27)
Le Méam Loez commente :
Au moment où Hachem envoie une bénédiction, Il l’envoie en abondance, et elle contient de nombreuses bénédictions, mais quand Il envoie une catastrophe, il l’envoie de façon mesurée, parce qu’Il est miséricordieux.
C’est pourquoi il est dit à propos de la bénédiction : « ét », qui vient toujours inclure quelque chose, alors que : « ét » ne figure pas à propos de la malédiction.

[on a : אֶת הַבְּרָכָה (v.27) et וְהַקְּלָלָה (v.28)]

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-> « Vois (réé), je mets devant vous aujourd’hui la bénédiction et la malédiction »

Que signifie : « aujourd’hui », puisque la récompense des mitsvot n’est que pour le monde à venir?

Selon le Ramban, c’est pourquoi le verset continue en disant : « la bénédiction, quand vous obéirez aux mitsvot de Hachem votre D. » = c’est-à-dire que dans ce monde l’essentiel de la bénédiction ne porte que sur une aide pour écouter les mitsvot et les observer.

[en accomplissant une mitsva, il en découle une aide Divine et des conditions de vie favorisant le fait de pouvoir l’accomplir de nouveau dans le futur!
C’est d’ailleurs une signification de : « une mitsva entraîne une mitsva ».]

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-> Le terme : « Réé » (vois) provient du terme : « ora » (lumière), or il n’y a pas d’autre lumière que la Torah.
Un homme qui s’emplit de la lumière de la Torah aura le privilège d’une vue infinie, bien au-delà d’une vision physique limitée.
De même, lorsqu’un homme s’éclaire par la lumière de la Torah, il mérite de voir une abondance de bénédictions et de réussite.
Il se trouve donc que la vision de la bénédiction s’effectue par le biais de l’étude de la Torah qui prodigue la bénédiction à l’homme.

Moché a dit au peuple : « Réé », à savoir : ouvrez les yeux et regardez la voie de la Vérité pour que vous puissiez hériter des bontés et des bénédictions, et que la malédiction ne soit pas votre lot.
Si l’homme s’aveugle [par son égo, dépendant de ses désirs, …] pour éviter de découvrir la Vérité, c’est déjà une malédiction, en plus des malédictions supplémentaires qu’il recevra par décret de la Torah.
[…]

« Réé anokhi » (Voyez Je) = regardez-moi = Moché dit aux enfants d’Israël de le regarder, c’est-à-dire de constater le haut niveau qui peut être atteint par celui qui s’attache à la Torah.
En effet, Moché eut le mérite de parler directement avec D., de séjourner dans le Ciel auprès des anges durant 40 jours et d’accéder à des sommets de spiritualité. Or, il n’y parvint que grâce à son implication constante et à sa soumission totale à la volonté Divine.
Par son exemple personnel, Moché invitait les membres du peuple juif à s’attacher eux aussi à Hachem et à Sa Torah.

Il a transmis ce message quelques jours avant sa mort, témoignant de la pureté de ses sentiments, sans la moindre fierté déplacée, car à la porte de la mort l’homme n’est plus en proie à de tels sentiments.
En faisant, pour ainsi dire, sa propre louange, Moché signifie aux juifs leur devoir de réfléchir au niveau qu’il a pu atteindre et d’en être jaloux, puisque : « La compétition entre les disciples amène la sagesse » (guémara Baba Batra 21a).
[si un être humain a pu atteindre un tel niveau d’accomplissement personnel, c’est que je dois tout faire pour y tendre également!]

A travers les mots : « Réé Anokhi », Moché leur transmet également un autre message : en dépit de son niveau sublime et des innombrables mérites qu’il a à son actif, la mort l’emportera.
En dépit de sa piété, Moché devra lui aussi quitter ce monde et rendre des comptes devant le Tribunal céleste.
Ainsi, aucun juif ne devra se leurrer en pensant que son existence, dans ce monde, se prolongerait éternellement, mais au contraire garder à l’esprit la fin qui les attend et se préparer des « provisions » pour son éternité (mitsvot et bonnes actions).
[rabbi David ‘Hanania Pinto]

=> Avant de mourir, Moché expose en héritage ces vérités (ayom – en ce jour) à tout le peuple juif, lui montrant de façon visible : LA bénédiction et LA malédiction.
b’h, A nous de suivre son conseil, sa voie, celle de LA vie!

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+ « Vois (réé), je mets devant vous aujourd’hui la bénédiction et la malédiction » (Réé 11,26)

-> Le verset commence au singulier (« vois »), et continue au pluriel (« devant vous »).
Le rabbi ‘Haïm de Worms (frère du Maharal de Prague) y voit une preuve que même quand celui qui réprimande sait que de tous ceux qui l’écoutent, une seule et unique personne en sera influencée, on ne doit pas s’abstenir de parler en public.
En effet, Moché qui a parlé devant tout Israël (des millions de personnes!), alors que ses paroles s’adressaient à un seul et qu’il lui a dit : « Vois » (« réé » est au singulier), pour sauver une seule âme d’Israël.

[on ne doit pas agir par orgueil, en pensant qu’au regard de notre grandeur, il ne convient pas de « perdre » son temps pour un seul juif!
En effet, au-delà de l’infini valeur de tout juif, qui sommes-nous pour se croire supérieur à l’attitude de Moché?]

À propos kol26
rak kol26. Tous unique, tous unis!

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