« Si tu vois l’âne de celui que tu hais ployant sous sa charge, t’abstiendrais-tu de l’aider? Tu dois assurément l’aider [à décharger] avec lui. » (Michpatim 23,5)

-> Parmi les 53 mitsvot de la paracha michpatim, il y a les 2 suivantes (cf. Rambam – Hilkhot Rotséa’h 13,12) :
– aider le propriétaire d’un animal à recharger le contenu qui est tombé du dos de la bête ;
– assister le propriétaire à décharger sa bête ployant sous une charge trop lourde, n’arrivant pas à se tenir debout.

S’il se présente les 2 situations, nous devons donner priorité à décharger l’animal en souffrance, et seulement ensuite charger l’autre animal.
De plus, nous pouvons demander à être payé pour le chargement, mais pas pour le déchargement (cf.Choul’han Arou’h – ‘Hochen Michpat 272,6)

-> La guémara (Baba Métsia 32b) aborde la problématique suivante : nous avons l’animal d’un ami qui ploie sous son fardeau, tandis qu’au même moment l’animal d’un ennemi a besoin d’être chargé. Qui a priorité?

La guémara répond que nous devons plutôt aider l’animal de notre ennemi : « afin de soumettre son yétser ara ».

Le Ritva explique que maîtriser son inclinaison à détester son prochain juif est tellement important que cela prend priorité même sur l’obligation de la Torah d’éviter de causer de la peine inutile à une créature vivante.

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-> La guémara (Pessa’him 113b) s’étonne : est-il permis de détester son prochain juif?

Elle explique qu’il s’agit de celui qui a été l’unique témoin d’un autre juif qui a réalisé une sérieuse faute et qui ne peut pas témoigner contre lui (il faut au moins 2 témoins), il lui est permis de le détester pour ce qu’il a fait.

Les Tossafot demandent : Si la haine est permise, pourquoi est-il nécessaire de soumettre son yétser ara pour ne pas détester?

Les Tossafot répondent que certes un juif peut parfaitement justifier sa haine d’un fauteur, mais néanmoins il est écrit : « Comme dans l’eau le visage répond au visage, ainsi chez les hommes les cœurs se répondent » (Michlé 27,19).

Selon ce principe : notre haine justifiée va entraîner le développement d’une haine similaire chez l’auteur de la faute (« les cœurs se répondent »).
Cela va causer une escalade de la haine, ce qui n’est pas permis selon la loi juive, et c’est pourquoi le chargement de l’animal de son ennemi est prioritaire sur le déchargement de l’animal d’un ami qui souffre sous le poids de sa charge.

-> « Si quelqu’un désire développer son amour pour une autre personne, il doit s’efforcer de faire des actes de bonté à cette personne. »
[Dérekh Erets Zouta – 2]

Le rav Avraham Pam dit que cela permet d’effacer tout mauvais sentiment que l’on peut avoir envers son prochain.
[ce principe que l’amour se développe en fonction des bontés que nous faisons pour autrui, s’illustre pleinement dans la relation parents-enfants, les parents ayant toujours beaucoup plus d’amour pour leurs enfants, que l’inverse!]

Le rav Pam enseigne que si l’on ressent qu’il commence à avoir des fissures dans notre shalom bayit, et que nous souhaitons éviter qu’elles ne se développent davantage, plutôt que de ne rien faire en attendant que notre conjoint fasse des excuses, nous devons plutôt lui acheter un cadeau ou bien lui faire une faveur.
En effet, ce geste de bonté, mineur en apparence, va permettre de retirer les sentiments de colère, la rancœur qui commence à s’installer.

Plutôt que de dire : « qu’est-ce qu’on peut y faire si on ne s’aime pas, c’est comme ça! », plutôt que de permettre une escalade de la haine, utilisons cette astuce de nos Sages : les actes d’amour font disparaître la haine! (« les cœurs se répondent »).

[Source : adapté d’un divré Torah du rav Avraham Pam (donné en 1983 sur Michpatim)]

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-> Sur ce verset, il est écrit dans le Méam Loez (Michpatim 23,5) :

Le midrach Tan’houma raconte que 2 ennemis jurés marchaient sur une route.
Au cours du voyage, le fardeau porté par l’un de leurs ânes tomba.
Afin d’accomplir le commandement de la Torah, « l’ennemi » courut aider le propriétaire du fardeau tombé à le recharger.
Ce dernier se mit à réfléchir : « Je me trompais à propos de cet homme. J’ai toujours pensé qu’il était mon ennemi, or voici qu’il est venu m’aider à recharger mes paquets ».
C’est ainsi que peu à peu, les 2 hommes entamèrent une conversation.
Lorsqu’ils arrivèrent à l’auberge, ils mangèrent, burent ensemble et devinrent de bons amis.

Cette amitié fut le résultat de l’accomplissement du commandement de la Torah. Il est écrit : « Ses voies sont des voies agréables et touts ses chemins sont paix » (Michlé 3,17).
Les commandements servent à apporter la paix entre les hommes.

La guémara dit que les commandements de décharger et de charger n’incombent à une personne que si le fardeau se trouve à moins de 266 2/3 coudées d’elle. Si l’animal ou la personne à charger (ou à décharger) est plus éloignée, on est dispensé de ces commandements. [‘Hochen Michpat 272,5 (d’après guémara Baba Métsia 33a, Tossafot sous Vézéhou)]

Rabbi David Oppenheimer donne la raison suivante à cette distance particulière :
Selon la loi, une personne qui trouve un objet dans les 4 coudées autour d’elle et autorisée à en prendre possession. [guémara Baba Métsia 10a]
Il en est de même d’une bonne action. Nous voyons que dans le Temple, les Cohanim parcouraient au pas de course la pente de l’autel et le 1er à arriver à 4 coudées du sommet acquérait le privilège d’accomplir le service. [guémara Yoma 22a]
La raison en est que Jérusalem n’a pas été partagé par tirage au sort lors de la répartition de la terre sainte aux tribus, cette ville demeura la propriété commune de tout le peuple. [guémara Baba Kama 82b]
Par conséquent, pour qu’un commandement soit dans le domaine privé d’un homme, il doit se trouver dans ses 4 coudées.

Il est également important de savoir que la taille humaine est de 3 coudées.
[une coudée se mesure du coude jusqu’au bout des doigts,] et une personne mesurée avec son propre bras fait 3 coudées de haut, ni plus ni moins.

Hachem dit : « Je vous amènerai redressés » (Vayikra 26,13).
Nos Sages interprètent ce verset en affirmant que dans le futur (léatid lavo), un être humain mesurera 200 coudées de haut.
Par conséquent, dans le futur, une coudée représentera 66 2/3 de nos coudées actuelles. Lorsque nous multiplions ce chiffre par 3, cela fait 200.

Dans le futur, 4 coudées représenteront donc 266 2/3 coudées d’aujourd’hui.
Par conséquent, nos Sages décrétèrent que telle est la distance à parcourir pour aider à charger ou à décharger un animal.
Cela peut sembler une grande distance mais selon les mesures du futur, cela représentera la taille d’un homme, il lui incombera donc dès aujourd’hui ce commandement.
Cependant, si l’animal est plus éloigné que cela, on est dispensé des commandements de le charger et de le décharger comme on le sera dans le futur.

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