+ La tristesse :
-> La tristesse empêche la avodat Hachem et la réalisation des mitsvot ; elle empêche l'immersion dans l'étude de la Torah et la concentration pendant la prière ; elle empêche les bonnes pensées au service d'Hachem, et elle ouvre la porte au yétser ara qui commence alors à séduire ...
Le contraire est de servir Hachem avec joie ... car la joie augmente le désir et l'amour de s'attacher à Hachem.
[rav 'Haïm Vital - Chaaré Kédoucha 2,4 ]
-> La tristesse est une maladie du corps, et lorsqu'une personne est malade, elle est incapable de servir correctement le Créateur.
[Rabbénou Yona - Bera'hot 21a ]
-> "Un cœur joyeux rend le visage serein, mais la tristesse du cœur abat l'esprit" (Michlé 15,13).
Car le désir d'une personne d'accomplir une mitsva ou de se livrer à toute autre activité vient de l'esprit.
Une personne au cœur triste aura un esprit abattu, c'est-à-dire brisé et angoissé, et elle ne sera capable d'accomplir quoi que ce soit.
[Gaon de Vilna Gaon - Michlé 15,13 ]
-> La tristesse n'est pas une faute. Cependant, même la plus grande faute n'est pas capable d'alourdir le cœur autant que la tristesse, qui l'entraîne dans les profondeurs les plus basses.
[rav Aharon de Karlin ]
-> Le Beit Aharon explique que la tactique la plus courante du yétser ara consiste à pousser une personne au désespoir à cause de ses fautes, la plongeant ainsi dans la tristesse, ce qui lui permet de succomber davantage au facilement. De toute évidence, le désespoir est pire que la faute elle-même.
Le rav Yé'hezkel de Kouzmir conseille à celui qui a succombé à la faute de ne pas se laisser envahir par le désespoir et de ne pas revenir sur ses actes. Il doit plutôt se renouveler et se consacrer à la Torah et à la prière, en allant de l'avant avec une joie pure. Ce faisant, il rectifiera naturellement ce qu'il a fait de mal.
Il explique cela à l'aide d'une parabole d'un voleur qui cambriole un magasin et s'enfuit. Derrière le magasin, une bande de voleurs attend, espérant que le propriétaire poursuivra le premier voleur et laissera toutes ses marchandises sans surveillance pour qu'ils puissent les piller.
De même, le yétser ara nous vole un objet, espérant que nous le poursuivrons avec désespoir. Si nous tombons dans ce piège, cela permet au yétser ara de piller complètement notre âme.
[ainsi pour le yétser ara l'essentiel n'est pas de nous faire tomber dans une faute, mais plutôt par la suite toutes les fautes que nous n'allons pas faire ou moins bien, en raison de notre tristesse, désespoir sur notre niveau spirituel (et cela a été alimenté en partie par cette première chute). ]
Un marchand avisé ne poursuivra pas l'objet volé, mais gardera plutôt toutes ses marchandises restantes et organisera de nouvelles ventes qui compenseront la perte.
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-> C'est un principe général dans la avodat Hachem que de se distancier de la tristesse.
On trouve dans le Zohar que la tristesse est une trace d'avodah zarah.
[Maor Vachémech - parachat Béhaaloté'ha ]
Ailleurs, le Maor Vachémech (Yisma'h Lev - Massé'hét Béra'hot) écrit que le terme "atsvout" (tristesse - עַצְבוּת) est en lien avec : "atsabé'em kessef vézahav" (עֲצַבֵּיהֶם כֶּסֶף וְזָהָב - Leurs idoles sont d’argent et d’or - Téhilim 115,4).
[d'une certaine façon, le judaïsme attend tellement de nous que nous ne soyons pas triste, que le fait de l'être (plus que nécessaire) implique que l'on sert un dieu étranger qui nous laisse croire en une fausse réalité sombre. ]
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-> Le rav Ména'hem Mendel de Vitebsk (Pri Ha'aretz) dit que si tout Israël est rempli de mitsvot comme une grenade, pourquoi alors nos Sages (Erouvin 19a) affirment : "les pécheurs d'Israël sont remplis de mitsvot comme une grenade"? Pourquoi sont-ils qualifiés de pécheurs?
La réponse est qu'ils ne se réjouissent pas du tout, et qu'à cause de cela, ils tombent dans l'immonde jusqu'à fauter [sans limite].
-> "A l'origine, les Cohanim attachaient un fil cramoisi (rouge foncé) à l'ouverture du Heichal à l'extérieur. S'il devenait blanc, le peuple juif se réjouissait [car cela indiquait qu'il était expié] ; s'il ne devenait pas blanc, il était triste.
Ils ont institué qu'il devait être attaché à l'ouverture du Heichal à l'intérieur [afin que moins de gens puissent le voir]. Cependant, ils continuaient à jeter un coup d'œil et à le voir; s'il devenait blanc, ils se réjouissaient ; s'il ne devenait pas blanc, ils étaient tristes.
Ils ont alors décidé que la moitié devait être attachée à un rocher et l'autre moitié entre les cornes du bouc émissaire (seir laAzazel)". [Roch Hachana 31b ]
Nous devons comprendre pourquoi ils ont institué cela, car le contraire semblerait approprié, à savoir qu'ils devraient savoir s'ils ont été expiés ou non. Quelle est la valeur de la joie?
Il semble que l'implication de "s'il ne blanchissait pas, ils seraient tristes" soit que leur moral serait complètement au plus bas ... C'est pire que tout.
Car une personne doit se renforcer et faire téchouva, ne pas se décourager, et plutôt prendre un nouveau départ dans la mesure de ses capacités.
[Chem MiChmouel - Séli'hot Zékhor Brit 5670 ]
-> Les avertissements de la Torah contre les gémissements (plaintes) et les inquiétudes sont si explicites et évidents dans les paroles des prophètes qu'il n'est même pas nécessaire d'en discuter.
[Rambam - Pérouch HaMichnayot - Béra'hot 9,5 ]
-> La crainte [du Ciel] ne doit pas dépasser ses limites, au point de nous faire désespérer du pardon et de l'expiation, nous laissant inquiet pour le reste de ses jours. Cela violerait tout ce que le Créateur a ordonné de se réjouir de ce qu'Il nous a donné, comme il est dit : "Tu te réjouiras de tout le bien que Hachem, ton D., t'a donné" (Ki Tavo 26,11).
[Kouzari 3,11 ]