+++ Nos Sages désiraient vivre dans la terre d'Israël :
+ Le Gaon de Vilna :
-> Il est connu que le Gaon de Vilna (1720-1797) encourageait ses élèves à monter en Terre Sainte afin d'initier le processus de rédemption (guéoula). Ce qui est peut-être moins connu, c'est qu'il a lui-même tenté de s'y rendre, mais que, pour des raisons mystérieuses, il n'y est jamais parvenu.
Voici un extrait de la lettre d'adieu qu'il a écrite à sa famille (Iguéret haGra) :
"Je suis venu vous demander de ne pas vous affliger, comme vous me l'avez promis, et de ne pas vous inquiéter. Après tout, les hommes voyagent [à l'étranger] pendant des années afin de gagner de l'argent, laissant leurs femmes derrière eux et errant sans aucun moyen de subsistance.
Mais moi, grâce à D., je voyage vers la Terre Sainte, que tout le monde aspire à voir, l'amour de tout Israël (version alternative : [la terre d'Israël] est l'amour d'Hachem ; tous les êtres célestes et terrestres la désirent).
Et je voyage en paix, D. merci. De plus, vous savez que j'ai laissé derrière moi mes enfants, auxquels mon cœur aspire, et tous mes précieux livres, devenant comme un étranger en terre étrangère. J'ai tout laissé derrière moi ... Il est bien connu que ce monde est entièrement futile et que tous les plaisirs sont sans valeur. Malheur à ceux qui poursuivent la vanité, qui n'apporte aucun bénéfice."
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-> Un des disciples le plus proche du Gaon de Vilna, le rabbi Hillel de Shklov (Kol haTor - chap.5) écrit :
"Qui, parmi toutes les autorités postérieures, est plus grand que notre maître le Gaon de Vilna, le saint d'Israël, qui exhortait ses élèves avec des paroles enflammées à monter en terre d'Israël et à s'engager dans le rassemblement des exilés?
Il encourageait sans cesse ses élèves à hâter le [signe] révélé de la fin [des temps], à rapprocher la fin de l'exil en s'installant en terre d'Israël ...
Qui peut exprimer et décrire l'angoisse de notre maître, lorsqu'il nous parlait de ces choses, à travers son roua'h HaKodech (inspiration divine), les larmes aux yeux?"
Le rabbi de Shklov écrit ailleurs (Kol haTor - chap.1) :
"À mesure que le rassemblement des exilés [en Israël] s'intensifie, la Sitra Achra (forces du mal) augmentera sa puissance. Alors, un autre accusateur s'ajoutera à ceux qui n'encouragent pas le rassemblement des exilés [en Israël] après que le début [de la guéoula] aura commencé avec cela. Car alors, il y aura un refuge à Sion, à Jérusalem et parmi le reste. Un mot suffit aux sages. Cela inquiétait beaucoup notre maître."
-> Un autre disciple du Gaon de Vilna écrit :
"Cette prophétie, "Il y aura un refuge à Sion et à Jérusalem" (Yoel 3,5), a beaucoup inquiété notre maître, le Gaon de Vilna. Car selon cela, un temps viendra, pendant "les pas du machia'h", où le rassemblement des exilés se fera par le biais d'un refuge. Autrement dit, les troubles et les mauvais décrets les forceront à fuir, et seuls les rescapés atteindront Sion et Jérusalem.
C'est l'une des principales raisons pour lesquelles le Gaon de Vilna exhortait ses élèves à se dépêcher de se rendre en terre d'Israël, afin de participer au rassemblement des exilés en temps utile, afin de provoquer le retour à Sion de leur plein gré, et non par nécessité de fuir [par des souffrances et mauvais décrets].
[HaMaguid Dorech Tsion - vol.2, p.71]
-> Le Gaon de Vilna disait : "Nous devons espérer que le rassemblement des exilés [en Israël] se fasse par choix et non par fuite."
[HaMaguid Dorech Tsion - vol.2, p.71, note 33]
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+ Rabbi Na'hman de Breslev :
-> Rabbi Na'hman (1772-1810) a composé des centaines de prières pour de nombreuses occasions et situations. Voici un échantillon de ses nombreuses supplications pour avoir le privilège de vivre en terre d'Israël.
1°/ Dans son Likouté Téfilot 1,47 :
"Accorde-moi le privilège d'aller rapidement, sans délai et sans tarder en terre d'Israël, la Terre de la Vie (érets a'haïm), la Terre Sainte, pour me rouler dans sa poussière, embrasser ses mottes de terre, respirer son air sacré et trouver refuge à son ombre.
Aie pitié de moi et sois miséricordieux envers moi ; aie pitié de moi et accorde-moi le privilège de venir rapidement et en paix en terre d'Israël, la Terre que Tu as choisie parmi toutes les autres terres, la Terre qui est sanctifiée par dix [niveaux] de sainteté (Kélim 1,6), la Terre de la Vie, la Terre où tu mangeras du pain sans pénurie ; tu ne manqueras de rien là-bas (Ekev 8,9) ; la Terre que le Seigneur ton D. recherche ; les yeux du Seigneur ton D. sont toujours sur elle, du début de l'année à la fin de l'année (Ekev 11,12).
2°/ Dans son Likouté Téfilot 1,84 :
"Hachem, Hachem, Tout-Puissant, compatissant et miséricordieux, lent à la colère, abondant en bonté et en vérité : accorde-moi le mérite, dans Ta miséricorde abondante, que moi et tout Israël aspirions, désirions ardemment et souhaitions sincèrement aller en terre d'Israël, jusqu'à ce que j'aie le privilège, dans Ta miséricorde abondante et Ta bonté immense, de réaliser mon désir dans la pratique, d'aller, de voyager et d'arriver en paix en terre d'Israël, rapidement, sans délai et sans tarder.
Car Tu connais l'énormité de mon besoin, combien j'ai besoin d'être en terre d'Israël, la Terre Sainte, en raison de l'immense distance qui existe entre Toi et moi, et en raison de l'énorme densité de mon côté physique, de la perversité de mon cœur et de la confusion de mon esprit.
Pour toutes ces raisons, j'ai besoin d'être en terre d'Israël, où se trouve le fondement principal [et] la source de la foi sacrée. C'est là que se trouve la racine de la sainteté globale d'Israël.
C'est la Terre que Hachem a choisie pour Son peuple élu, Israël.
C'est la Terre que Hachem recherche constamment (cf. Dévarim 11:12), la Terre de la vie véritable et éternelle, la Terre délicieuse, bonne et vaste que Tu as désiré donner à nos ancêtres en héritage (d'après le "Al HaMé'hiya"), la Terre qui contient la Cité de notre D., Sa montagne sainte, belle de ses paysages, joie de toute la terre (cf. Téhilim 48,3).
S'il te plaît, Hachem, Toi qui es miséricordieux et plein de miséricorde, Toi qui es bon et plein de bonté, ... : accorde Ta bonté à mon peuple, selon Ta volonté, et accorde-moi le privilège... de venir rapidement en terre d'Israël, la Terre Sainte, la Terre que nos Patriarches ont héritée, la Terre où tous les vrais tsadikim ont aspiré et désiré ardemment y être.
Et la plupart d'entre eux y sont venus et ont rectifié ce qu'ils pouvaient, ont contribué ce qu'ils pouvaient et ont mérité [d'accomplir] ce qu'ils pouvaient, tout cela grâce à la sainteté de la terre d'Israël, qui est le point le plus saint du monde entier."
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+ 'Hafets 'Haïm :
-> Le 'Hafets 'Haïm (1839-1933) a aspiré toute sa vie à vivre en terre d'Israël, comme en témoigne son fils, rabbi Arych Leib, dans son ouvrage Michtavé hé'Hafetz 'Haïm, une sorte de biographie de son illustre père.
Il y écrit (p.76) :
"Mon honorable père a aspiré toute sa vie à voyager [vers la terre d'Israël], et il était déjà prêt à le faire. Il a [même] envoyé ses livres et ses effets personnels [là-bas], mais au grand regret de tous, [D. dans] les cieux l'en a empêché.
Moi, l'auteur, j'ai voyagé vers notre Terre à mon retour d'exil, dans le seul but de voir la Terre dont nous parlons jour après jour tout au long de notre vie.
Je n'en ai pas parlé à mon honorable père, car je craignais qu'il m'empêche d'y aller en raison des frais importants [que cela impliquait]. Je ne lui en ai parlé que lorsque j'étais déjà dans la Terre, et lorsque je suis revenu [en Europe] et que j'ai rendu visite à mon père, il m'a dit : "Tu as agi de manière insensée! Si tu étais déjà là-bas, tu aurais dû t'y installer"."
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+ Le Ramban :
-> C'est cela (l'importance de vivre en terre d'Israël) qui m'a poussé à quitter ma terre et à m'éloigner de chez moi. J'ai quitté ma maison, abandonné mon héritage, je suis devenu comme un corbeau envers mes fils, cruel envers mes filles, [tout cela] parce que je veux que le départ de mon âme [ait lieu] dans le sein de ma mère (la terre d'Israël).
[Ramban - dracha pour Roch Hachana - selon le commentaire de Rabbi 'Haïm Chavel ]
-> Le Ramban (1194-1270) a immigré en Israël vers la fin de sa vie, sachant qu'il ne reverrait jamais sa
famille, afin de vivre ses derniers jours et de rendre son âme à son Créateur en Terre Sainte.
Selon rabbi Chavel, le Ramban fait référence à un Yérouchalmi (Kilayim 9,3) dans lequel Oula déplore le fait qu'il meurt en dehors de la Terre d'Israël. En réponse à l'assurance de ses élèves qu'ils l'emmèneront en Israël pour l'enterrer, il dit : "Quel avantage [cela m'apporte-t-il] ? Je perds ma perle [c'est-à-dire mon âme] dans une terre souillée. Il n'y a aucune comparaison entre celui qui rend l'âme dans le sein de sa mère et celui qui rend l'âme dans le sein d'un étranger."