+ Les 4 enfants de la Haggada :
-> "é'had 'hakham véé'had racha, véé'had tam, véé'had chééno yodéa lich'ol"
-> Le "é'had" (Un), la seule et unique force de la Création, le Maître du monde (aloufo chel olam), réside au plus profond de chaque juif. Il y a une étincelle de "E'had" [Hachem] dans le 'hakham comme dans le racha, chaque juif est connecté à Lui à sa manière.
[même en faisant les pires fautes, notre partie Divine en nous, reste pure et inaltérée (elle est juste recouverte de saletés spirituelles, résultantes de nos mauvaises actions.)]
[rav Henoch d'Alexander]
-> "é'had 'hakham véé'had racha"
Rabbi Elimélé'h Biderman dit que la présence du "vav" (vé) indique que le racha de la Haggada croit en l'unicité d'Hachem, mais il croit également en quelque chose, en d'autres forces.
Par exemple, lorsque nous nous interrogeons : "Comment vais-je réussir à faire face à de telles dépenses?"
On répond : "Hachem aidera! Mais je prévoit également de faire ça, de faire ça, ..."
Nous investissons en D., mais au cas où nous investissons sur d'autres choses également.
Nous ne croyons pas exclusivement en Hachem, il y a du : "véé'had", et pas que du : "é'had".
Le "é'had 'hakham" signifie que lorsque celui qui croit uniquement en Hachem, est celui qui est sage.
Mais sinon, on a du bita'hon qui est incomplet, on a du "véé'had" (croire en D., et en d'autres forces, comme notre égo), alors cela que nous sommes dénommé : racha.
Le Bné Yissa'har dit que la récitation du passage des 4 enfants, où l'on dit : "é'had ... vé'é'had ..." est une sorte de lecture du Shéma. Ainsi, le Séder a la capacité de faire changer notre mazal.
[lorsque nous disons de tout coeur é'had dans le Shéma, nous avons la capacité de changer notre mazal]
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+ Le racha :
-> "L'enfant racha ... [on lui répond par : ] agaces-lui ses dents" (akéé ét shinav - הקהה את שיניו).
-> Que signifie le fait de réagir en frappant ses dents spécifiquement, plutôt que n'importe quelle autre partie de son corps? En quoi est-ce une réponse à sa question?
Le rabbi de Gour explique que le message que nous adressons au racha est : tout comme la dent qui n'est pas une partie de toi mais quelque chose qui est venu après ta naissance, il en va de même pour la méchanceté de ton passé. Elle ne fait pas réellement partie de toi. Tu es entier sans elle.
Bien que le racha peut avoir agi de manière inappropriée et avoir utilisé des mots erronés, mais ils ne font pas partie de lui.
En effet, le cœur d'un juif reste toujours pur et entier, et rien ne peut changer cela.
[de même que les dents viennent au cours de notre vie, de même tout l'aspect de racha n'est venu qu'après, et on doit plutôt se focaliser sur ce qu'il est vraiment : un juif = quelqu'un qui a constamment une partie d'Hachem en lui.
Le yétser ara essaie de nous assombrir la vie en nous dévalorisant (nous poussant alors à baisser nos ambitions spirituelles, voir à fauter. On ne doit jamais oublier que ce qu'on a fait de mal ne nous définit pas (nous : étincelle de sainteté pure), et que la téchouva a le pouvoir de tout réparer. ]
-> Lorsqu'une personne semble anormalement en colère ou amère, il y a généralement une raison à cela, quelque chose qui la rend si malveillante.
Plutôt que de répondre à la colère, les personnes perspicaces essaient de trouver la source de la douleur et de l'adoucir, comprenant que de cette façon, de nombreux griefs disparaîtront.
Les élèves du Baal Chem Tov ont compris ces mots : "agaces-lui ses dents" = comme une directive pour trouver la raison pour laquelle le racha parle si brusquement, et pour adoucir sa résistance.
[d'une certaine façon, cela implique d'imaginer qu'il a ses dents qui l'agacent, lui font mal, et c'est suite à cela qu'il en vient à parler d'une façon pouvant le caractériser de racha.
Ainsi, avant de répondre du tact au tact, de catégoriser quelqu'un, on doit le juger favorablement en s'imaginant ce qui a pu le mettre dans cet état (douleur, manque de sommeil, caractère susceptible, manque de confiance, ...)
"agaces-lui ses dents" = lorsqu'on a une/des dent(s) contre moi, on doit les "agacer" = prendre du recul en se disant qu'il y a sûrement un raison.
Imaginons que quelqu'un nous bouscule fortement, on se retourne énervé prêt à faire une remarque, mais on s'aperçoit que c'est un aveugle, faisant qu'on va agir à l'inverse en lui proposant de l'aide. Il peut en être de même d'autrui, qui agit mal car il est aveuglé, handicapé, par des choses de la vie. ]
-> Lorsque les juifs étaient encore en Egypte, Moché leur a rapporté en prophétie qu'ils seraient bénis d'une descendance : "quand vos enfants vous demanderont : 'Que signifie pour vous ce rite?' (ma aavoda azot la'hem)" (Bo 12,26).
Les juifs ont répondu à cela : "le peuple s'inclina et tous se prosternèrent" (Bi 12,27).
Le problème est que c'est exactement ce même verset cité par la Haggada comme étant la question moqueuse de l'enfant racha.
En d'autres termes, les enfants que Hachem a promis aux juifs en Egypte étaient des enfants réchaïm!
=> Pourquoi le peuple juif a-t-il réagit si joyeusement à une nouvelle si décourageante?
-> Rabbi Moché Feinstein (Messorat Moché - vol.3) répond :
Nous devons en conclure que même l'enfant racha est toujours une cause de joie et de remerciement. Même lorsque les enfants n'évoluent pas aussi que les parents l'auraient espéré, on ne doit pas penser qu'il aurait été mieux qu'ils ne soient jamais nés, puisque personne ne peut savoir le bien qu'au final un tel enfant peut produire.
-> On a demandé à rabbi Naftali Tzvi de Ropshitz pourquoi de nouvelles Haggadot sont imprimées chaque année.
Il répondit : "Le fils racha de l'année dernière semble être un homme juste cette année, à la lumière du déclin rapide des générations".
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-> Le racha demande : "ma aavoda hazot la'hem" = en utilisant le terme "la'hem" (pour vous), il s'exclut en pensant qu'il n'est pas important, assez bien, aux yeux d'Hachem.
Cette façon de désespérer, d'abandonner toute ambition spirituelle, est de l’hérésie (Kéfira), car une juif reste toujours important et aimé aux yeux d'Hachem (quoiqu'on fasse on garde une partie d'âme pure et Divine), et à l'image de la sortie d'Egypte il peut passer des bassesses spirituelles (49e niveau d'impureté) aux plus hautes hauteurs.
Le Séder se termine par "Nirtsa", de "ratsouï", Hachem m'accepte comme je suis (avec les qualités et défauts qu'Il a mis en moi, tant que je fais honnêtement de mon mieux pour aller vers Lui).
[rav Yéhouda Mischel]
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+ Le chééno yodéa lich'ol :
-> "Quant au fils qui n'est pas en mesure de demander (chééno yodéa lich'ol), c'est à vous d'aborder le sujet pour lui" :
-> Le Chem miChmouel révèle la profondeur de ces paroles en partageant un commentaire de son grand-père, le rabbi de Kotzk.
Le rabbi de Kotzk disait : "Si je le voulais, je pourrais créer des 'hassidim finis, mais ce n'est pas bon pour le monde."
Le Chem miChmouel explique ce que disait son grand-père :
Même s'il avait la capacité d'élever les gens et de leur donner les dimensions de avodat Hachem pour en faire des 'hassidim complets, il ne le ferait pas parce que le but de la vie est de travailler. Même si certains d'entre eux n'ont pas atteint les niveaux de avoda qu'ils auraient pu atteindre s'il avait choisi de les élever lui-même, le fait qu'ils aient fait des efforts et atteint ce point grâce à leur propre travail est beaucoup plus précieux.
L'enfant qui ne peut pas demander (chééno yodéa lich'ol) représente l'élève qui n'a pas encore de dimensions propres, et un enseignant peut se sentir obligé de lui donner simplement l'information manquante, mais ce n'est pas une faveur. Le parent ou l'enseignant vraiment dévoué s'abstient, permettant à l'élève de développer ses propres compétences.
Le mot "at" (de : at béta'h lo" - c'est à vous d'aborder le sujet pour lui) est un langage féminin, représentant le rôle d'une femme, qui est un mékabel, le destinataire, plutôt que le machpia, le donneur, parce que parfois, c'est ainsi que l'on permet à un enfant de s'épanouir et de grandir.
[plutôt que de lui servir la réponse toute prête sur un plateau, l'idée est que comme un tuteur on va lui permettre d'arriver par ses propres réflexions à la réponse.
Selon sa nature propre, on doit le guider pour qu'il trouve du bon goût et de l'appréciation dans la Torah. ]
-> Selon rabbi Hirsh de Rimonov : l'enfant "qui ne sait pas poser de question" (chééno yodéa lich'ol) est le meilleur car il ne pose aucune question. Il accepte tout ce qui lui arrive avec émouna. Il sait que c'est ce qu'il y a de mieux pour lui [puisque tout ce qui arrive dans notre vie est déterminé et décidé avec précision par Hachem].
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+ Le Tam :
-> Pourquoi est-ce que par respect pour son importance, le Sage ('hakham) n'est pas cité avant le simple (Tam)?
Le rav Moché Feinstein (Darach Moché - Bo) répond que dans la Torah la question du "Tam" apparaît dans le livre de Chémot, et celle du Sage qu'ensuite dans le livre de Dévarim.
Par cela, la Torah nous enseigne la bonne approche que doit avoir un juif concernant l'apprentissage de la Torah : d'abord il faut être un Tam, et ensuite un Sage.
D'abord il faut accepter les choses selon un niveau simple, en faisant sans se poser de question ce que Hachem nous ordonne (le Naaché).
Par la suite, on peut se développer à devenir un Sage : en posant des questions, en approfondissant toujours davantage et en essayant de comprendre de mieux en mieux (le Nichma!).
Le Kli Yakar fait un commentaire similaire où il fait remarquer que le "racha" pose sa question, mais en réalité pour réaliser une mitsva la condition est que la réponse lui plaise.
Sa compréhension des choses (nichma), va entraîner ses actions (le naasé), et s'il reçoit une remontrance c'est parce que son attitude est contraire à celle du judaïsme.
=> L'approche correcte de la Torah est : d'abord nous faisons parce que Hachem nous l'ordonne, et uniquement ensuite nous y rajoutons des idées et explications plus profondes.
Il est bon de poser des questions, mais la base doit toujours être une émouna, une acceptation simple et totale de la royauté Divine (Je fais ce qu'Il ordonne, et non : Je fais ce que Je souhaite/comprends! = un culte de soi-même!).
-> Le Baal Chem Tov a dit un jour à ses élèves : "Après tout ce que j'ai acquis dans les hautes sphères en termes de compréhension spirituelle des fondements de la Torah et de ses mitsvot, et après tout le plaisir que j'ai tiré de cette compréhension, je mets tout cela de côté et je m'accroche à la foi simple ; je suis un simple d'esprit et je crois [en Hachem]. [à l'image de Avraham : tamim tiyé im Hachem]
Et bien qu'il soit dit : "Le simple d'esprit croit tout" (Michlé 14,15), il est également dit : "Hachem garde les simples" (Tehillim 116,6).
[Yessod haAvoda]
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-> Le rav 'Haïm Shmoulévitz enseigne que chaque juif porte en lui les quatre fils (de la Haggada). À l'intérieur de chaque personne se trouve un mélange de lumière et de ténèbres, qui coexistent simultanément.