-> « Rabbi Akiva avait 24 000 disciples, depuis Guévat jusqu’à Antipras, et tous sont morts dans une même période parce qu’ils ne se comportaient pas avec respect l’un envers l’autre. »
[guémara Yébamot 62b]

-> Rabbi Akiva a dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » : c’est un grand principe de la Torah.
[midrach Béréchit rabba 24,7]

=> Comment comprendre le comportement des élèves de la référence de l’amour d’autrui (rabbi Akiva) ?

En fait, la faute reprochée ici n’est pas la haine gratuite ou le manque d’amour, mais le manque d’honneur des uns envers les autres.

L’amour et le respect sont 2 notions différentes et parfois contraires.
Lorsqu’un sentiment d’amour lie 2 personnes, il engendrera une certaine proximité qui peut dans certains cas générer du mépris.

Les élèves de Rabbi Akiva éprouvaient un amour mutuel qui avait amoindri le respect qu’ils se portaient, une certaine dose de crainte les aurait préservés de la faute.

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+ Le saviez-vous?

-> Rabbi Akiva, quand il était encore ignorant en Torah, a dit : « Donnez-moi un Sage (talmid ‘hakham), et je le mordrai comme un âne sauvage! »
[guémara Pessa’him 49b]

Comment comprendre cette attitude?

Les Tossafot (guémara Kétoubot 62b) expliquent qu’il employait ces termes agressifs parce qu’il croyait que les Sages traitaient les ignorants avec fierté et mépris.

=> Dans un profond souci pour l’honneur de ses semblables, Rabbi Akiva a employé une telle expression.

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+ « Rabbi Akiva avait 24 000 disciples, et tous périrent pendant la période allant de Pessa’h à Shavou’ot.
Il prit finalement 7 nouveaux élèves et leur dit : « Les 1ers sont décédés car ils se jalousaient les uns les autres dans l’étude de la Torah. Quant à vous, n’agissez pas de même! »
Aussitôt, le pays se remplit de Torah. »

[midrach Kohélet rabba 11,5]

-> Les propos de ce midrach semble contredire l’avis de la guémara (cf. ci-dessus), selon lesquels les élèves de rabbi Akiva moururent car ils ne se respectaient pas les uns les autres.

Rav Yé’hezkel Levinstein (Ohr Yé’hezkel) dit que les 2 avis se rejoignent : rabbi Akiva comprit que ce manque de respect dissimulait chez ses élèves un esprit de jalousie.
[les 24 000 élèvent avaient un niveau extrêmement élevé, et ce qui est un défaut invisible chez nous, l’était pour des personnes de cette stature.]

Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva) enseigne : « La haine de D. peut se trouver même chez les hommes qui respectent les mitsvot et qui veillent à n’enfreindre aucune interdiction, que ce soit par l’acte ou par la parole.
Assurément, s’ils sont dotés d’une nature mesquine, il leur sera pénible de voir leurs prochains étudier la Torah, et de savoir que des personnes servent Hachem et Le craignent.
Ils sont semblables à celui qui serait contrarié de voir des sujets honorer leur roi et le servir, par haine envers le monarque. »

=> Lorsqu’un homme voit d’un mauvais œil ses semblables observer les préceptes de la Torah, il témoigne d’une sorte de haine envers Hachem (à l’origine de ces paroles).
La Torah requiert la perfection : tout au fond de notre cœur nous ne devons pas avoir de jalousie négative (qui ne conduit pas à nous améliorer) de voir autrui réussir à bien servir Hachem, car c’est être triste que le Roi soit glorifié.

« Il y a 17 jours entre Lag baOmer et Shavouot, ce qui est la guématria du mot : tov (bon).
Avant Lag baOmer, il y a 32 jours, ce qui est la valeur du mot : lèv (un cœur).

Ensemble, ils forment : « un bon cœur » (lèv tov), le prérequis et la meilleure disposition pour recevoir la Torah.  »

[le Bnei Yissa’har]

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-> Pendant les 7 semaines du Omer, les élèves du rav Israël Salanter s’efforçaient d’acquérir une à une les 48 qualités par lesquelles on se rend maître de la Torah (cf. Pirké Avot 6,6), se consacrant chaque jour à un autre qualité.
Le dernier jour de ces semaines (la veille de Shavouot), ils révisaient ces 48 qualités afin de les intégrer.

Il est intéressant de noter que la 32e qualité permettant d’acquérir la Torah est : « L’amour de ses prochains » (selon l’ordre dans lequel elles sont énumérées).
Par conséquent, on peut penser que les élèves de rabbi Akiva consacrèrent le 32e jour du Omer à multiplier les preuves d’amour et à se manifester davantage de respect.
Cette attitude permit d’effacer le mal des jours précédents et le lendemain, le 33e jour du Omer (lag baOmer), ils cessèrent de mourir.

Lag Baomer

+ Lag Baomer (33e jour du Omer) :

1°/ Selon le Séfer haManhig (106) et le Mé’iri (Yébamot 62b), cela correspond à la date à laquelle les élèves de Rabbi Akiva ont cessé de mourir.

2°/ Beaucoup pensent que c’est la date à laquelle Rabbi Chimon Bar Yo’haï révéla le Zohar au monde.

3°/ Selon le Kaf ha’Haïm = la date à partir de laquelle Rabbi Akiva commença à enseigner la Torah à ses 5 disciples (suite à la mort de 24 000 de ses élèves), assurant la diffusion de Torah jusqu’à aujourd’hui.

4°/ Certains pensent que c’est l’anniversaire de la mort de Rabbi Chimon Bar Yo’haï

5°/ Le Bnei Yssachar (‘Hodech Iyar 3,4) dit que c’est l’anniversaire de sa naissance.
Il suit Moché rabbeinou, qui est né et mort un même jour : le 7 Adar.

6°/ Selon le Aroukh haChoul’han (493,7), c’est le jour où Rabbi Chimon bar Yo’haï et son fils Rabbi Elazar ont quitté la grotte, et ont appris que leur décret de mort a été levé (cf.guémara Shabbath 33b).

7°/ Selon le ‘Hatam Sofer (Yoré Déa 233) = la manne est tombée pour la 1ere fois à Lag BaOmer.

Rabbi Méir Baal haNess

+ Rabbi Méir Baal haNess :

-> Rabbi A’ha Bar ‘Hanina rapporte (guémara Erouvin 13) :
« Il est reconnu devant le Maître du monde que nul dans la génération de Rabbi Méir ne pouvait être comparé à lui ; et pourquoi n’a-t-on pas fixé la loi conformément à son avis?

Tout simplement parce que ses collègues ne pouvaient atteindre le fond de sa pensée.
Il pouvait décréter qu’un impur était pur et inversement, en justifiant ses dires. »

-> Selon une béraïta, son vrai nom, n’était pas Méir, mais Néhouraï ; il a été surnommé Méir, parce qu’il éclairait (méir) les yeux des Sages dans la hala’ha.
[guémara Erouvin 13a]

-> « Toute michna dont l’auteur n’est pas mentionné peut être rapporté à Rabbi Méir » (guémara Horayot 13)

-> Les Sages déclarent : « Dans la maison d’étude, Rabbi Méïr donne l’impression de déraciner des montagnes, et de les broyer l’une contre l’autre. »
[guémara Sanhédrin 24a]

-> Rabbi Yéhouda haNassi affirme que le simple fait d’avoir vu Rabbi Méïr Baal haNess de dos a aiguisé son esprit ; le voir de face l’aurait rendu encore plus vif! […]
[guémara Erouvin 13b]

-> Rabbi Shimon ben Eleazar rapporte à propos de rabbi Méir (guémara Méguila 18) :
« Lorsqu’il se rendit à Ass’ya pour fixer le début du mois, il se trouva démuni de la Méguila ; il l’a transcrite de tête pour pouvoir la lire. »

-> Nos Sages (guémara Guittin 56) le citent, parmi des exemples de géants en Torah, descendants de convertis : Rabbi Akiva, Rabbi Méir, Shémaya et Avtalyon.

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-> Rabbi Méïr Baal haNess a dit : « Il ne manque rien en Erets Israël » (Guémara Béra’hot 36b).

-> « La différence entre la Torah et les futilités est aussi grande qu’entre la lumière et les ténèbres. »
[Rabbi Méïr Baal haNess – Kohélet Rabba 2,1]

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-> Sa dénomination de Baal haNess, vient de l’histoire rapportée dans la guémara (Avoda Zara 18).
Sa femme Bérouria, fille de Rabbi ‘Hanina ben Teradyon, lui dit un jour : « Je suis confuse de voir ma sœur emprisonnée dans un lieu de mauvaises mœurs ; elle a été contrainte à cela par l’autorité en place ».

Il prit aussitôt une bourse pleine de dinars afin de soudoyer le gardien pour la délivrer.
Rabbi Méir se dit : si elle n’a rien transgressé, elle méritera d’être sauvée ; dans le cas contraire, aucun miracle ne peut avoir d’effet.

Rabbi Méir se déguisa en cavalier et se présenta à sa belle-sœur comme un client désireux de bénéficier de ses services.
Elle lui rétorqua : « Je suis en période d’indisposition », cherchant ainsi à l’écarter.

Il lui dit : « Qu’à cela ne tienne, je peux attendre! »
– « Pourquoi donc? Il y a de nombreuses femmes plus belles que moi! »

Il comprit alors qu’elle tenait ce même langage à tout prétendant et que de ce fait, elle méritait d’être sauvée.

Il se dirigea vers le gardien et lui demanda de la libérer.
Le gardien lui répondit : « Comment ne pas craindre la réplique des autorités? »
– Prends cette bourse pleine de dinars ; tu soudoieras tes supérieurs avec la moitié et garderas l’autre moitié.
– Et lorsque la bourse sera vidée, que vais-je devenir?
– Prononce l’expression magique : « Ela’a déRabbi Méir anéni! » (dieu de Rabbi Méir, répond-moi!) et tu seras sauvé.
– Peux-tu me le prouver?

Sitôt dit, sitôt fait. Des chiens aboyaient à tue-tête et s’apprêtaient à se lancer sur le 1er venu.
Rabbi Méir excita leur courroux davantage en leur jetant une pierre.
Ces chiens se lancèrent pour dévorer leur proie ; le gardien dit aussitôt : « Ela’a déRabbi Méir anéni! », et les chiens s’éloignèrent.

Le gardien accepta de libérer la belle-sœur de Rabbi Méir et de la lui remettre.

On finit par savoir que le gardien avait libéré cette prisonnière.
Il fut condamné à la pendaison.
Il prononça aussitôt la formule et bénéficia de circonstances permettant sa libération.

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-> « Les Sages dans leur mort, sont toujours considérés comme vivants et de plus, ils exercent une plus grande influence après leur disparition que de leur vivant » (guémara Béra’hot 18).

=> b »h, Que son mérite, soit pour nous une source maximale de bénédictions. Amen!

« Un juif ne doit pas simplement compter ses jours, mais plutôt faire en sorte que ses jours comptent. »

[Rabbi Berel Wein – lors d’une conférence sur le compte des jours du Omer]

Le Omer …

-> Le Omer … (quelques idées du Rabbi Na’hman de Breslev)

1°/ Il est écrit dans la guémara Ména’hot (65b), à propos du Omer : « Chaque personne doit compter »

On réalise la mitsva de compter le Omer de façon individuelle plutôt que collectivement, car chaque personne doit chercher à s’améliorer au vu des capacités qui lui sont propres.

Par ailleurs, le terme : « compter » renvoie à une notion de mesure.

Il faut mesurer nos capacités et nos responsabilités, afin de savoir ce que l’on doit ajouter/réaliser pour passer à un jour suivant.

=> Chaque jour, je dois être meilleur que le précédent, non pas en me comparant à autrui, mais à moi-même.

2°/ Le Omer commence à partir de la sortie d’Egypte, symbole du matérialisme et de la domination du mal.
Le fait de compter en ajoutant chaque jour un jour supplémentaire, nous apprend qu’il faut toujours être dans une logique de mettre de la distance avec nos mauvais traits de caractère, fréquentations, lieux, … (le mal)

Plus, il y a de distance plus on se rapproche de la sainteté, de D., comme lors du don de la Torah (finalité du Omer).

On trouve cette idée dans la nature des offrandes que l’on faisait à D.
L’offrande du Omer à Pessa’h était issue de la récolte d’orge, tandis que celle de Shavouot était de blé.

L’orge est principalement destinée aux animaux alors que le blé est plus pour les hommes.

=> Le Omer est une période, où l’on cherche à mettre loin derrière notre animalité, notre conscience de D. basée sur des miracles, pour parvenir à un état d’être humain, avec une spiritualité épanouie et une conscience de D. acquise personnellement.

3°/ Le fait de compter chaque jour, un jour supplémentaire, nous apprend aussi qu’il faut toujours se rappeler du commencement, du 1er jour, où l’on est plein d’enthousiasme, de motivation, d’ambition.

=> En se rappelant de cette flamme du départ, on se redonne des forces pour agir pleinement, comme au premier jour …

4°/ En comptant à partir du chiffre 1, qui renvoie à D. (qui est Un), on relit chaque nouveau jour à une base pleine de vérité et de sainteté.

=> Tout est connecté à D. de part son origine.

5°/ Il est écrit : « Vous compterez chacun, depuis le lendemain de la fête, depuis le jour où vous aurez offert l’Omer du balancement, 7 semaines, qui doivent être entières. » (Emor 23,15)

En utilisant : « qui doivent être entières », le compte du Omer nous apprend que nos journées doivent être complètes et qu’il faudra rendre des comptes pour chaque jour de notre vie.
Pourquoi telle ou telle journée n’a pas été « entière »?

Cette conscience doit nous pousser à donner le meilleur de nous-même, nous évitant de laisser filer le temps en se berçant d’illusions (je vais le faire plus tard, il y a le temps, je suis immortel, …)

Lag baOmer & tombe du Rachbi …

+ Paroles du Ari Zal (Séfer haAri 219) sur le fait de faire la fête sur la tombe de Rabbi Chimon Bar Yo’haï (Rachbi) le 33e jour du Omer :

« A l’époque de notre maître (Rav Yossef Caro), ils décidèrent que les Juifs ne firent pas une grande fête à Lag baOmer sur la tombe de Rabbi Chimon bar Yo’haï.

Notre maître et son Beth Din pensèrent qu’il était dégradant que les gens mangent et dansent là-bas.

[Cette décision] a été écrite mais non signée.
Cette nuit là, notre maître rêva de Rabbi Chimon bar Yo’haï qui lui dit qu’une épidémie allait s’abattre sur le peuple à cause de cette décision.

C’était sa volonté qu’on célèbre l’anniversaire de son décès.
Le jour suivant, ils abrogèrent cette décision. »

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Rabbi Yaakov Abihssira enseigne dans son livre « Dorech Tov » (drouch 4 sur Matan Torah, sur le verset « mor véaolot » du Zohar Tome 1 page 22b) :
« Le z’hout (mérite) de Rabbi Chimon bar Yo’haï dans les mondes supérieurs est plus grand que tous les Tsadikim »