Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Chaque Shabbat, jour imprégné d'une aura surnaturelle, la lumière spirituelle autrefois émise par les premières Tables de la Loi filtre vers la terre.
[Sfat Emet - Ki Tissa 5642]

Hachem dit à Moché : "J'ai un cadeau merveilleux dans Mon trésor et Shabbat est son nom, et Je veux le donner au peuple juif, va et informe-les de cela." [guémara Shabbath 10b]

-> Le Ohev Israël (Shabbath 271) enseigne :
"Car Je vous donne une bonne marchandise, Ma Torah, ne l'abandonnez pas." (Michlé 4,2).
A première vue, les termes employés se contredisent. En effet, la notion de "marchandise" est un terme commercial qui désigne un bien qui peut être acquis en contrepartie d'une somme d'argent tandis que les termes "Je vous donne" désignent le fait de transmettre gratuitement, comme un cadeau par exemple. Il faut donc expliquer qu'il existe 2 types de commandements dans la Torah, ceux que l'on peut qualifier de "marchandise" dans le sens où ils nécessitent une contrepartie, et ceux qui s'apparentent à des cadeaux que l'on reçoit gratuitement sans aucune contrepartie.

Expliquons la différence : les commandements qui s'apparentent à une marchandise produisent une lumière provenant de la mitsva. Cette lumière descend dans le monde matériel seulement si l'homme s'engage à réaliser une contrepartie en accomplissant cette mitsva, sans quoi il ne pourra pas bénéficier de cette lumière. Ainsi, lorsque l'homme accomplit une mitsva de la catégorie des "marchandises", les lumières descendent alors des mondes supérieurs et c'est le sens des paroles du Zohar (Lé'h Lé'ha 88a ; Vayé'hi 244a) : "Viens et constate que lorsqu'il y a un éveil dans le monde d'en bas, il y a un éveil dans le monde d'en haut ; et tant qu'il n'y a pas d'éveil dans le monde d'en bas, il n'y a pas d'éveil dans les mondes supérieurs."

Cependant, la mitsva d'observer le Shabbat appartient à la catégorie des "cadeaux merveilleux" car la lumière du Shabbat descend des mondes supérieurs sans aucune contrepartie de la part des hommes.
En effet, nous pouvons remarquer que le commandement du Chabbat se résume essentiellement à ne pas accomplir les 39 travaux interdits ce qui s'apparente à ne faire aucune action.
Ainsi, il faut comprendre que le tikoun des mondes supérieurs se fait durant Shabbat par lui-même sans aucune aide des êtres vivants du monde inférieur."

[Hachem dit à Moché "J'ai un cadeau merveilleux dans Mon trésor et Chabbat est son nom" = car Hachem projette un flux d'abondance et de sainteté dans notre monde ici-bas sans aucune contrepartie, comme il est écrit : "Pour que l'on sache que Je suis Hachem qui vous sanctifie" (Ki Tissa 31,13) = c'est-à-dire que Hachem nous sanctifie depuis les mondes supérieurs sans aucune intervention de notre part.]

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-> Bien qu'Adam fut créé le 6e jour de la semaine, ayant fauté avec l'arbre de la connaissance ce même jour, il n'aurait pas dû, a priori, ressentir la sainteté du Shabbat puisqu'il n'a pas effectué de préparation dans ce sens. Bien pire, il transgressa l'unique commandement d'Hachem.
Malgré cela, lorsqu'arriva le jour du Shabbat, il ressentit une sainteté très élevée et il comprit que la lumière du Shabbat était en train de se dévoiler dans le monde ici-bas sans aucune intervention de sa part et c'est la raison pour laquelle il déclara : "Mizmor chir léyom haShabbat", car le Shabbat est un cadeau de Hachem qui se réalise sans aucune aide du monde inférieur.
[selon le midrach Béréchit rabba 22,13 ; Pirké déRabbi Eliézer - chap.17]

"Celui qui fait du Shabbat un délice, Hachem exauce tous les désirs de son cœur" [guémara Shabbat 118b]

-> Le Eliyaou Rabba (242) explique en disant que cette récompense est ''mesure pour mesure'': au sens strict de la loi, il est en effet permis de penser à ses affaires pendant le Shabbat et seul en parler est interdit. Néanmoins, l'homme qui surmonte sa tendance naturelle et accomplit la volonté d'Hachem au delà de la loi stricte, et donc oublie ses préoccupations personnelles le Shabbat, considérant son travail achevé avant l'entrée du Shabbat, mérite en retour qu'il en soit ainsi.
Et Hachem exaucera tout ce que son cœur désire.

Shabbath = le jour de la foi en Hachem

+++ Shabbath = le jour de la foi en Hachem :

"Souviens-toi du Shabbat pour le sanctifier ... car en 6 jours, Hachem fit les cieux et la terre, la mer, et tout ce qu'ils contiennent" (Yitro 20,8-11)

-> Le Shabbat, qui est une évocation de l'œuvre de la création, a pour but de rappeler à l'homme que le monde a un Créateur qui le dirige. La sainteté du Shabbat aide l'homme à parvenir à cette foi.
Certains tsadikim expliquent ainsi allusivement le verset : "Voyez qu'Hachem vous a donné le Shabbat" : en ce jour empreint de sainteté, l'homme peut parvenir à niveau de foi tel que c’est comme s’il voyait véritablement les choses de ses propres yeux.

-> Le rav 'Haïm (dans son Séfer Ha'haïm), qui est le frère du Maharal de Prague, nous révèle à ce sujet la chose suivante :
"Les gens de la génération du désert méritèrent le dévoilement de la Divinité sur le mont Sinaï, comme nous l'enseignent nos Sages (rapporté par Rachi sur Vaét'hanan 4,35) : "Hachem ouvrit tous les cieux supérieurs et inférieurs au moment du don de la Torah'', et Il désira que, dans toutes les générations, on puisse mériter une révélation semblable.
C'est pourquoi Il leur donna le Shabbat qui possède un aspect de cette révélation."

Il ajoute également :
"La joie particulière qui nous enveloppe sans que l'on s'en rende compte, dès l'entrée du Shabbat et dans la soirée du Shabbat, ... est sans aucun doute une étincelle de la lumière et de la joie qui émanent de là d’où provient la prophétie. Et bien que nous n'ayons ni prophète ni voyant et que nous résidions sur une terre impure (en exil), la bonté et la vérité Divines ne nous ont pas abandonnés.
Hachem nous les prodigue chaque Shabbat, et, à plus forte raison à nous, qui sommes tellement las de cet exil amer."

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-> Le Shabbat est donc un temps propice pour enraciner en nous cette émouna en Hachem, comme il est dit (Téhilim 92) : "Psaume, chant pour le jour du Shabbat. Qu'il est bon de louer Hachem et d’entonner un air en Ton Nom élevé, d'exprimer Ta bonté et la foi en Toi dans les nuits. Car Tu m'as réjoui Hachem par Tes actions et ce sont Tes œuvres que je chanterai. Comme elles sont grandes Tes œuvres, Hachem, et que Tes pensées sont profondes".
=> A priori, on peut, en effet, se demander en quoi ce psaume est-il lié au Shabbat?

-> Le Malbim (sur le premier verset) explique que le Shabbat est un témoignage qu'Hachem conduit son monde selon une providence particulière à chaque créature (hachga'ha pratit), et que le monde n'est pas livré à la nature ni au hasard. C'est donc pour cela que ce psaume est entièrement fondé sur le
Shabbat.

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-> Le Beit Yaakov explique également pourquoi on récite le kidouch sur du vin, comme nous l'enseignent nos Sages (Pessa'him 106a) : ''Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier = ‘Souviens-toi' de lui sur du vin''.
Il explique : "Car tout ce qui est dans ce monde tend à faire oublier à l'homme et à lui dissimuler le fait qu'il existe un Créateur qui dirige tout, qui a tout accompli, qui continue à accomplir, et qui accomplira tout ce qui s'y déroule (comme les commentateurs le font remarquer, ''monde'' en hébreu se dit ''olam'' qui est de la même racine que ''élem'' qui signifie "dissimuler'').
Lorsqu'un homme travaille durant tous les jours de la semaine pour sa subsistance ou pour ses autres besoins, il peut en effet se fourvoyer en pensant que c'est grâce à la ''force de son poignet'' qu'il a réussi dans ses entreprises. Shabbat, il est donc tenu de se rappeler et de proclamer que ce n'est qu'un leurre qui lui brouille l'esprit, car tout n'est que le fruit de la volonté Divine.

Pour cette raison, il a été institué de réciter le kidouch sur du vin, car celui-ci n'a pas son pareil pour brouiller l'esprit de l'homme en le rendant ivre et confus dans ses idées. En l’utilisant pour le kidouch, il suggère ainsi que toutes les pensées qu'il entretient durant la semaine ne sont qu'un vain mirage, à l'instar du vin qui trouble son esprit.
Ainsi est-on tenu de fixer son regard sur le vin au moment du kidouch (Réma - 271,10), afin de faire pénétrer dans son cœur la émouna que, au-delà de toute cette confusion, c'est Hachem qui dirige les cieux et la terre. Grâce à cela, on pourra y puiser cette force également pour tous les jours de la semaine.

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-> La guémara (Béra'hot 14a) enseigne au nom de Rabbi Zéra : "Celui qui ne rêve pas, sept nuits durant, est qualifié de méchant (ra - רַע)"

Le Gaon de Vilna explique que dans un rêve, il semble à l'homme que tout ce qui se déroule devant lui est vrai. Cependant, lorsqu'il se réveille le matin et qu'il ouvre les yeux, il se rend compte que tout n'était qu’une chimère sans consistance.
Il en est exactement de même de tout ce qui se passe dans ce monde : à l'avenir, s'accompliront les paroles : "Nous étions comme dans un rêve" (Téhilim 126,1), à la différence près, que le rêve de la nuit s'achève avec le matin, alors que celui de ce monde se poursuit pendant 120 ans. Mais en vérité, les deux sont identiques et tout ce qui concerne ce monde n'est qu'un simple rêve.
C'est ce que nos Sages ont suggéré en parlant d'un homme ''qui ne rêve pas 7 nuits durant'' = cela signifie qu'il a pu passer 7 jours, le Shabbat inclus, sans éveiller en lui la pensée que tout n'est qu'un rêve et un vain mirage. Il est donc qualifié de méchant (de mauvais - רַע), car il incombe à un homme, lorsqu'arrive le Shabbat, de se réveiller de ce rêve et de ne pas sombrer dans l'œuvre de ses mains.
Au contraire, il doit se souvenir que c'est Hachem qui a créé le Ciel et la terre et que c'est Lui qui dirige le monde à chaque instant.

Il est vrai que la prière est une mitsva quotidienne ; néanmoins, sa force est accrue le Shabbath, car l'âme s'élève à un niveau nettement supérieur à celui de la semaine, ce qui permet à la prière d'être plus intense.
[rav Yaakov Ades]

Le mérite du Shabbath nous a sauvés à Pourim

+++ Le mérite du Shabbath nous a sauvés à Pourim :

"Le 7e jour, comme le cœur du roi était en liesse par le vin, il ordonna ... d'amener devant le roi la reine Vachti couronnée de la couronne royale" (Esther 1,10-11)

-> Rachi (guémara Méguila 12b) explique que cet événement eut lieu le jour du Shabbat.

-> Le 'Hatam Sofer (Méguilat Esther - dibour é'had) enseigne :
"Il me semble que l'évènement essentiel du miracle de Pourim se trouve au début de la Méguila, lors du festin au cours duquel Vachti sera condamnée à être exécutée.
En effet, que Hachem ait écouté nos prières et nos cris de souffrance ne peut pas être considéré comme un si grand miracle car même les habitants de Ninive virent leurs prières acceptées lorsqu'ils se sont repentis. Alors, pourquoi celles d'Israël ne le seraient-elles pas? Et même lorsque la situation s'inversa complétement en faveur des juifs et qu'ils dominèrent ainsi leurs ennemis, cela ne constitue pas réellement un miracle qui dépasse les lois de la nature. Le roi A'hachvéroch aimait la reine et rien ne laissait présupposer un tel drame.
C'est pourquoi le fondement sur lequel le miracle de Pourim repose le décret de mort de la reine Vachti qui fut réellement une décision complètement surnaturelle. Le roi avait déjà organisé 186 jours de festin au cours desquels il se réjouit mais le 187eme et dernier jour, il perdit la raison.
La reine Vachti elle aussi perdit la raison ce jour-là en proférant en public des paroles hostiles au roi.
Ces événements ne répondaient pas aux lois de la nature mais étaient dirigés par la Providence divine pour préparer les futurs miracles.

Au moment de l'exécution de la reine Vachti, le comportement du peuple d'Israël n'était pas irréprochable. En effet, en festoyant auprès du roi A'hachvéroch l'impie, ils ne pouvaient pas bénéficier d'un miracle mais bien pire encore, ils auraient pu être condamnés à l'extermination que D. nous en préserve.
Cependant, alors même qu'ils s'étaient rebellés contre l'Eternel, le Maître du monde les prit en pitié et prépara malgré tout le grand miracle ... Car même lorsqu'ils se pervertissent, les enfants d'Israël sont précieux pour Hachem."

[l'exécution de Vachti démontre l'amour inconditionnel d'Hachem pour Ses enfants (les juifs) même lorsqu'ils ne se comportent pas comme ils le devraient. Cela est en accord avec l'avis de Rabbi Méïr que les juifs sont appelés "fils" d'Hachem quelque soit leur comportement (guémara Kidouchin 36a).]

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=> Le 187ème et dernier jour du festin tomba un Shabbat. L'exécution de la reine Vachti, miracle de tous les miracles de Pourim (selon le 'Hatam Sofer) eut lieu ce jour-là. Quel est l'enjeu de l'exécution de la reine Vachti précisément le jour du Shabbat?

-> Le 'Hida (Roch David - Emor) enseigne :
Il est écrit : "un ben Noah (un non-juif) qui observe le Shabbat est passible de mort" (guémara Sanhédrin 58b).
En effet, le Shabbat est le sceptre du roi car durant Shabbat, Hachem se repose de tous les travaux qu'Il réalisa les 6 jours précédents et nous avons déjà reçu comme enseignement que celui qui utilise le sceptre du roi est condamnable à mort pour s'être rebellé contre la royauté (guémara Sanhédrin 22a).
En revanche, les Bné Israël sont les enfants d'Hachem comme il est écrit : "Vous êtes des fils pour Hachem votre D." (Réé 15,1).
Ainsi, Hachem en leur donnant la mitsva de Shabbat leur permit d'utiliser le sceptre royal de leur père.
Quant aux non-juifs, ils ont le statut de serviteurs pour lesquels Hachem est un roi qui règne sur eux comme il est écrit : "D. règne sur les peuples" (Téhilim 47,9). Par conséquent, il leur est interdit d'utiliser le sceptre du roi et c'est la raison pour laquelle un non-juif qui observe le Shabbat est condamnable à mort pour s'être rebellé contre la royauté.

-> Le Shvilé Pin'has ajoute :
À présent, nous comprenons pourquoi Hachem, par l'exécution de la reine qui eut lieu le Shabbat, a initié la future délivrance et préparé les miracles de Pourim.
En effet, notre Père céleste qui nous aime inconditionnellement, offre à Ses enfants et à aucune autre créature le présent le plus précieux qu'est le Shabbat, source de la plus haute bonté divine ('hessed) , où les klipot n'ont pas d'emprises, pour les sauver des pires décrets en leur permettant d'accéder au sceptre royal même lorsqu'ils n'accomplissent pas sa volonté, car ils sont, et ils seront pour toujours Ses enfants bien-aimés.
[Hachem dit à Moché : "J'ai un cadeau merveilleux dans Mon trésor et Shabbat est son nom, et Je veux le donner au peuple juif, va et informe-les de cela." [guémara Shabbath 10b]

[le Séfer ha'Hinoukh dit que nous juxtaposons le Shabbath Za'hor (victoire sur Amalek) avec Pourim (victoire sur Haman) pour donner de la force aux juifs dans leur guerre contre leurs ennemis qui sont les descendants d'Amalek.
D'une certaine façon on peut dire que Shabbath est le moment où l'on a le temps d'apprécier notre situation de "fils" d'Hachem, d'être des juifs. Et par cette joie, fierté, cette émouna, alors nous avons davantage de puissance pour vaincre Amalek. (Hachem voyant à Shabbath notre véritable envie d'être proche de Lui (ex: en chantant, en étudiant à Shabbath), alors Il nous aide à l'être).]

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-> Rachi (Esther 1,12) explique que la reine Vachti refusa de se présenter devant le roi car elle était atteinte de la lèpre. Cette racha faisait travailler les filles d'Israël dévêtues durant Shabbat transgressant de ce fait son observance. Ainsi, le roi demanda, mesure pour mesure par Providence divine, qu'elle se présente à la cours nue durant Shabbat.

-> Il est écrit dans le Méam Loez (Méguilat Esther 1,1) :
Les juifs furent soumis au pouvoir de ce roi cruel [A'hachvéroch] pour avoir transgressé le Shabbath.
Le livre de Né'hémia (13,15-21) relate que les juifs gardaient souvent leurs magasins ouverts le vendredi soir après l'arrivée du Shabbath. Pour les punir, D. donna à A'hachvéroch une puissance plus grande qu'il ne le méritait et lui permit d'opprimer brutalement Israël.

-> Nos Sages (guémara méguila 13a) nous rapportent que la reine Esther a donné à chacune de ses 7 plus proches servantes, le nom d'un des 7 jours de la semaine.
Chaque servante devait venir le jour de la semaine correspondant à son nom, afin de permettre à Esther de se rappeler de la venue du Shabbath.[afin que son stratagème reste secret/discret, elle les a appelé de façon allusive, et non pas directement : yom richon, yom chéni, ...
Ainsi :
-> le 1er jour = c'était : 'houlata ( = début des jours 'hol)
-> le 2e jour = rékiyata (de rakiya = allusion à la création du firmament en ce jour)
-> le 3e jour = guénounita ( = les plantes)
-> le 4e jour = néoritou ( = la lumière)
-> le 5e jour = rou'hachita ( = les animaux)
-> le 6e jour = 'hourfita
-> le 7e jour : la servante qui était pour elle le signe que Shabbath allait arriver, avait pour nom : "ragou'ita" (de ragou'a = paisible, car il faut être paisible à Shabbath).
=> Esther, malgré ses obligations de reine n'a jamais profané le Shabbath.

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+ "Le 7e jour, comme le cœur du roi était en liesse par le vin, il ordonna ... d'amener devant le roi la reine Vachti couronnée de la couronne royale" (Esther 1,10-11)

-> Le Yétev Panim explique ce verset de la façon suivante :
"Le 7e jour" est le jour du Shabbat , "comme le cœur du roi était en liesse", il s'agit de Hachem, le Roi de tous les rois, "par le vin" il s'agit du kidouch que réalisent les enfants d'Israël durant Shabbat.
Par ce mérite, le Maître de l'univers agença les événements de l'histoire pour qu'A'hachvéroch convie la reine Vachti à son festin et la fasse exécuter à cause de son refus.

-> Le Manot haLévi rapporte que bien que les juifs eussent participé au festin toute la semaine, ils restèrent tous chez eux le Shabbath de peur de profaner par inadvertance ce jour saint. C'est par ce mérite qu'ils furent sauvés.

-> Le Shvilé Pin'has enseigne :
Le miracle de Pourim eut lieu par le mérite du vin lorsqu'Israël sanctifia le Shabbat par le kidouch.
Le miracle débuta par l'exécution de Vachti. Ensuite, c'est Haman le racha qui demanda l'extermination du peuple juif après avoir été à l'origine de l'exécution de Vachti. Cet incident permit à Esther de monter sur le trône et de sauver les enfants d'Israël du décret d'extermination.
Ainsi, nos Sages (Méguila 7b) ont-ils institué en souvenir de ce miracle, l'obligation de s'enivrer le jour de Pourim avec du vin : "jusqu'à confondre entre "maudit soit Haman" (arour Haman) et "béni soit Mordé'hai" (barou'h Mordé'haï)".
L'enjeu est de réaliser et de comprendre au plus profond de notre cœur que durant le miracle de Pourim, il n'y avait aucune différence entre Mordé'haï qui œuvra pour sauver le peuple juif et Haman qui, sans le savoir, œuvra également pour sauver le peuple

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-> La sanctification du Shabbat avec du vin a été instituée pour réparer la faute d'Adam qui fauta avec du vin.
Comme il est rapporté dans la guémara (Béra'hot 40a ; Sanhédrin 70a) : "Quel était l'arbre qu'a consommé Adam? Rabbi Méïr enseigne que c'était la vigne car il n'y a rien d'autre qui cause malheur autant que le vin comme il est écrit : "Noah but du vin puis s'enivrera" (Noa'h 9,21).
Ceci est également l'avis du Zohar (Térouma 156a).

Le Ben Ich 'Haï (Halakhot 2e année Bamidbar) explique que la raison pour laquelle nous sanctifions le Shabbat sur du vin est de réparer la faute de l'arbre de la connaissance.
Le Ben Ich 'Haï le déduit de l'enseignement du Sifté Cohen qui rapporte les mots du midrach : "si Adam Harichon avait attendu jusqu'à Shabbat, l'arbre de la connaissance leur aurait été permis à la consommation" = c'est-à-dire que s'il avait attendu jusqu'à Shabbat, il aurait pu le sanctifier en faisant le kidouch avec l'arbre de la connaissance.

-> Le Mékoubal rabbi Arié (auteur du Divré Esther) écrit :
"Le décret de Haman trouvait sa source dans la faute originelle (qui entraîne le mélange du bien et du mal dans toute la Création), la consommation de l'arbre de la connaissance, à cause de leur participation au festin. Nos Sages de mémoire bénie nous ont enseigné que le serpent contamina 'Hava qui fut ainsi souillée par le mal. Le mal n'avait plus d'emprise lorsqu'Israël se tint au mont Sinaï (guémara Shabbath 146a). Cependant, à l'époque d'A'hachvéroch, la souillure du serpent se réveilla ... parce qu'ils participèrent au festin ... ainsi Israël devait de nouveau accepter la Torah."

-> Le Shvilé Pin'has enseigne :
"Le 7e jour, comme le cœur du roi était en liesse par le vin" (Esther 1,10) = il s'agit du jour du Shabbat et de la réjouissance du Maître de l'univers lorsque son peuple sanctifie le soir de Shabbat avec du vin.
Ceci va permettre de réparer la faute d'Adam haRichon qui but le raisin pressé servi par son épouse à son insu avant le soir du Shabbat.
Puisque les Bné Israël accomplissent le kidouch le vendredi soir, ils effacent ainsi les accusations de Haman qui voulait éveiller la faute de l'arbre de la connaissance du bien du mal.

Et c'est le sens de l'enseignement de Rava : "L'homme a le devoir de s'enivrer le jour de Pourim jusqu'à confondre entre "maudit soit Haman" et "béni soit Mordékhai" (guémara Méguila 7b) = en buvant du vin le jour de Pourim, et en confondant entre "maudit soit Haman" et "béni soit Mordékhai", nous réparons au Nom du ciel cette fois-ci ce mélange de bien et mal qui se produisit lors de la consommation de l'arbre de la connaissance et réparons par ce biais la faute originelle.
[ainsi chaque Pourim nous nous rapprochons de la réparation ultime, nous faisant mériter alors la Délivrance finale. ]

Les repas de Shabbath

+ Les repas de Shabbath :

1°/ Les restes du Shabbath :

-> De nombreuses personnes considèrent les restes de nourriture de Shabbat comme indésirables, comme ayant un goût ne donnant pas vraiment envie.
Le rav Tsvi Elimélé'h de Dinov (1783-1841), également connu sous le nom de Bné Yissa'har, raconte une anecdote intéressante concernant un grand tsadik dont il était le gabbaï, le tradik de Pshevorsk (Bné Yissa'har - Tamouz et Av 1,10).
Ce tsadik laissait de côté une partie de sa nourriture de Shabbat pour la semaine. Lorsqu'un invité honorable venait pendant la semaine, il lui servait un peu de ce reste de nourriture de Shabbat.
Il appelait cela un semblant de : "chéyaré ména'hot", les restes de l'offrande (korban) de Min'ha.

Le Bné Yissa'har rapporte qu'il a vu des gens qui étaient vigilant à ne pas donner de la nourriture de Shabbath à non-juifs. [puisqu'étant un semblant de reste de korban Min'ha]
[la michna Broura (167:97) enseigne qu'on ne doit pas nourrir un animal, une bête ou un non-juif (kousi) de ce sur quoi on a pu réciter dessus la bénédiction de motsi. ]

-> Ailleurs, le Bné Yissa'har (Igra déKalla - 'Hayé Sarah) nous dit, au nom du Séfer 'Hassidim, que si l'on récite une bénédiction sur l'eau et qu'on en laisse, on ne doit pas la donner à un non-juif ou à un animal puisqu'on a mentionné le "shem shamayim" (nom Divin) sur elle [dans la bénédiction], car on l'a alors imprégnée de sainteté.

Avec cela, nous pouvons comprendre pourquoi, après avoir donné à boire à Eliézer, Rivka a puisé de l'eau pour les chameaux, car il est dit qu'elle s'est précipitée et a vidé sa cruche dans l'abreuvoir et a continué à courir jusqu'au puits pour puiser de l'eau, et elle a puisé de l'eau pour tous ses chameaux ('Hayé Sarah 24,20).
C'est parce qu'Eliézer a récité une bénédiction sur l'eau. Lorsque Rivka a entendu cela, elle a dit qu'il n'était pas convenable de donner aux chameaux de la même eau.
Elle a donc dit qu'elle irait chercher de l'eau pour les chameaux une nouvelle fois.
Ainsi, elle dit donc : "vatéar kada", elle a vidé l'eau dans laquelle Eliézer a bu, et ensuite "vatarats od él habéer lich'ov", elle est allée puiser de l'eau pour les chameaux.
[rav Yéhochoua Alt]

[au regard de l'incroyable sainteté du Shabbath, il en découle que la nourriture de ce jour est également imprégnée d'une plus grande sainteté. ]

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2°/ Faut-il totalement se lâcher dans nos repas en l'honneur du Shabbath? :

Certains pensent que le Shabbat, nous pouvons être négligents dans notre alimentation, que ce soit en mangeant avec excès ou en mangeant des aliments malsains.
=> Est-ce que sous couvert de réaliser la mitsva de faire honneur au Shabbath, on peut manger/boire sans limite?

On peut citer :
1°/ Le Chlah haKadoch (Massé'het Shababth - perek Ner mitsva 37) écrit que le commandement de profiter du Shabbat signifie que nous devons le faire pour l'honneur du Shabbat et non pour nous-mêmes. C'est comme si nous invitions un invité honorable et que nous préparions le repas pour son honneur car s'il n'était pas là, le plaisir et les dépenses seraient difficiles à supporter.
Le Chlah haKadoch poursuit en disant que ceux qui se remplissent l'estomac comme un cheval et une mule en poursuivant ce qui est doux ... et qui, après avoir mangé avec excès, s'endorment et gaspillent leur cerveau, ne sont pas considérés comme "profitant du Shabbat", mais plutôt comme "profitant d'eux-mêmes" et cela se produit le Shabbat. Cela perturbe également leur apprentissage de la Torah et l'accomplissement des mitsvot. [trop manger, trop boire d'alcool, ... fait que nous soyons moins lucide, plus fatigué pour étudier la Torah en ce jour]
Il faut se contenter de manger des aliments savoureux, faciles à digérer, en petite quantité, mais de grande qualité ...

[en entendant quelqu'un dire avant de manger sa nourriture de Shabbath : "likhvod Shabbath kodech" (en l'honneur du saint Shabbath), le rabbi de Kotsk qui était un homme de vérité, a remarqué que c'était plutôt : "en l'honneur de mon estomac!" ]

2°/ Il est dit dans le Tana déBé Eliyahou (chap.26) à propos du Shabbat : on doit prendre un peu de viande et de vin, et ne pas en abuser.
A propos de ceux qui en abusent, le verset dit : "Ne sois point parmi les buveurs de vin, parmi les amis de la bonne chère ; car ivrogne et gourmand tombent dans la misère ; le goût du sommeil réduit à se couvrir de haillons" (Michlé 23,20-21).

3°/ Le Reichit 'Hochma (Chaar haKédoucha 15) dit qu'il est approprié pour une personne qui désire se "sanctifier" de ne pas manger en dehors de buts thérapeutiques. Cela aidera une personne à ne pas tomber malade et à ne pas devoir négliger l'étude de la Torah et l'accomplissement des mitsvot.
Il est donc approprié pour une personne de ne pas se remplir d'aliments lourds, même s'ils sont sains. Cela s'applique même au Shabbath.
Si l'on suit ce conseil, alors on sera imprégné de la crainte du ciel et de la sainteté.

4°/ Le Aboudraham (cité par le Chla haKadoch - idem perek Ner mitsva 37) écrit que l'une des raisons pour lesquelles Hachem nous a ordonné de manger des séoudot chaloch (3e repas de Shabbath) est que le fait de savoir qu'il y a un 3e repas à venir nous incitera à ne pas remplir nos estomacs lors de la séouda précédente.
S'il n'y avait pas de 3e repas, nous pourrions remplir notre estomac, ce qui polluerait notre cerveau et nous endormirait. Ceci, bien sûr, mène directement à bitoul Torah (perdre son temps alors qu'on pourrait étudier) et entrave notre connexion/ attachement à Hachem (dvékout Hachem).

5°/ La guémara (Shabbath 118a) dit : "fais ton Shabbat comme un jour de semaine, mais ne sois pas dépendant des gens" (assé Shabbaté'ha 'hol, véal titstaré'h labriyot).
Cela peut également être compris comme disant qu'il faut manger des aliments sains le Shabbat comme en semaine (pour ceux qui le font), plutôt que de manger des aliments lourds et malsains le Shabbat, ce qui pourrait éventuellement nous amener à avoir besoin d'un médecin, que D. nous en préserve.
[rav Yéhochoua Alt]

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-> "Toute la subsistance d’un homme pour l’année à venir est décidée entre Roch Hachana et Yom Kippour, à l'exception de celles nécessaires pour le Shabbath, Yom Tov, et ainsi que les frais pour l’éducation de nos enfants en Torah."
[guémara Bétsa 16a]

=> Ainsi, sans être totalement déraisonnable (compter sur les miracles), on ne perd rien à embellir notre Shabbath : plus on dépensera, plus on nous en donnera les moyens (idem pour les 2 autres types de dépenses).

-> Le 'Hazon Ich (Imré Yocher Shabbath p.157) dit que cela ne s'applique qu'à celui qui y croit vraiment.

-> On trouve cela en allusion dans le mois de Tichri (תשרי), celui de Roch Hachana et Kippour, qui est l'acronyme de : Talmud Torah (ת) ; Shabbath (ש) ; Roch 'Hodech (qui n'est pas un véritable Yom Tov à cause de la faute du Veau d'or, mais le redeviendra avec la venue du machia'h - ר) et de Yom Tov (י).

-> Le vendredi soir, nous disons dans le échét 'hayil : "véchallal lo yé'hssar" (les ressources ne lui font-elles pas défaut - Michlé 31,11). Une explication est parce l'argent dépensé pour Shabbath ne lui manquera pas, puisqu'il n'est pas inclus dans son revenu.

-> Selon la Michna Broura (419:1) ce principe où nos dépenses ne sont pas déduites de notre parnassa fixée entre Roch Hachana et Yom Kippour, s'applique également à celles liées à Roch 'Hodech et à 'Hol haMoed.
Le Pné Moché (Yérouchalmi Taanit 4,3) dit que s'il y a 2 jours de Roch 'Hodech, nous devons faire une séouda à chacun de ces jours.
Cependant, selon rabbi 'Haïm Kaniesky (Séélat Rav p.29), cela ne s'applique pas aux Yamim Tovim établis par nos Sages, comme 'Hanoucca et Pourim.

-> Combien peut-on dépenser pour Shabbath et Yom Tov pour que nous puissions appliquer ce principe : plus on dépense en leur honneur, plus on reçoit?
Le rav Eliyachiv (Shévout Its'hak Chasmal - chap.19) est d'avis qu'il s'applique à tout ce qui est nécessaire pour l'honneur du Shabbath. Cela comprend tout ce que vous avez l'habitude d'utiliser pendant la semaine, comme le chauffage, la climatisation, l'éclairage, ...

Le rav 'Haïm Scheinberg (Zikhron Dror Yikra) dit que c'est uniquement ce que nous avons l'habitude de dépenser pour une séouda importante qui est considérée comme des dépenses pour Shabbath et Yom Tov.
Néanmoins, acheter ce dont nous n'avons pas l'habitude à des prix énormes n'est pas inclus.
Rabbi 'Haïm Kanievsky n'est pas d'accord et dit que l'on peut acheter de tels articles et avoir l'intention de le faire pour l'honneur du Shabbath et que cela est inclus dans les dépenses du Shabbath. Cependant, il estime qu'il ne faut pas acheter des articles extrêmement chers. Il faut plutôt acheter des articles dans la mesure où nous n'avons pas l'impression qu'il manque quelque chose à notre table.

-> Dans les premières années de leur mariage, rabbi 'Haïm Kanievsky et sa femme avaient souvent du mal à acheter les produits de première nécessité pour le Shabbath.
Rabbi Chaim a interprété comme suit la guemara (Shabbath 119a) qui donne l'instruction "assé Shabbat'ha 'hol vé'al titstaré'h labriyot" (traitez votre Shabbat comme un jour de semaine plutôt que de dépendre de l'aide des gens) = la quantité de nourriture que l'on dépense pour le Shabbat n'est pas incluse dans le montant fixe de Roch Hachana. Ainsi, si une personne achète une abondance de nourriture pour l'honneur du Shabbat et qu'il lui reste de la nourriture à utiliser pendant la semaine, elle fait de [la nourriture du] Shabbat une [nourriture de] jour de la semaine [assé Shabbat'ha 'hol], et elle n'aura pas à dépendre des gens pour l'aider [al titstaré'h labriyot].

De même, le rav Israël Belsky a raconté qu'au cours de ses premières années de mariage, alors qu'il élevait une famille, il n'avait pas de quoi manger car il recevait un revenu minime. Que faisait-il? Pendant la semaine, il mangeait les restes de Shabbat puisque la nourriture de Shabbat est payée par Hachem, comme nous le disent nos Sages (guémara Beitza 16a).

-> A noter : Bien sûr, on ne peut pas acheter une commande d'épicerie chaque vendredi pour la semaine et dire que c'est pour Shabbath. [il faut une certaine honnêteté d'esprit d'acheter vraiment pour le Shabbath, et non pour notre ventre ou porte-monnaie. ]
Mais si l'on achète une grande quantité de nourriture qui pourrait éventuellement être utilisée le Shabbath, même si elle n'est pas utilisée le Shabbath, elle compte comme une dépense pour le Shabbath.
[rav Yéhochoua Alt]

-> Qu'en est-il de l'achat de vêtements pour le Shabbath et le Yom Tov? Est-ce que cela est inclus dans les dépenses qui sont payées?
Rabbi Moché Feinstein (Rivivot Efraïm 1:181) pense que cela est inclus.
De même, selon l'opinion de rabbi Ben Tsion Abba Shaoul (Shout Ohr léTsion 3:20:11), la perte d'argent causée par la combustion de gaz inutile après que la nourriture ait déjà été retirée du feu est incluse.

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-> On peut citer une opinion qui diffère un peu de ce qu'on a vu précédemment : le Ritva (Shita méKoubétset - Beitsa 16a) est d'avis que ce principe de déduction de nos dépenses s'applique à toutes les dépenses relatives aux mitsvot. Les exemples cités dans la guémara ont été choisis car ils sont courants.

Faire rentrer Shabbath plus tôt

+ Faire rentrer Shabbath plus tôt :

-> Celui qui aime le Shabbath essaiera de l'accueillir plus tôt le vendredi après-midi (avec impatience), et de le faire sortir plus tard (avec regret de s'en séparer).

-> Le Sidouro Chel Shababth (1:4:11) écrit que quand les juifs ajoutent du temps au Shabbath (tosséfet Shabbath), alors : "ils devraient ajouter la pensée ... qu'ils sont en train de montrer à Hachem leur immense amour et appréciation du Shabbath, alors ils ajoutent du temps au Shababth ...
Parce que Hachem a un immense plaisir lorsque nous faisons le tosséfét Shabbath."

-> Nous disons dans le moussaf de Shabbath : "toaméa 'haïm za'hou".
Selon le rav Zalman Sorotzkin, cela signifie que ceux qui apprécient le goût du Shabbath (toaméa) feront sans aucun doute rentrer Shabbath plus tôt et le quitteront plus tard, parce qu'ils désirent avoir autant de Shabbath que possible.
Leur récompense est : 'haïm za'hou = ils vont mériter le monde à Venir, car le monde à Venir est appelé Shabbath (yom chékoulo Shabbath).
Cela est mesure pour mesure : puisque dans ce monde ils voulaient davantage de Shabbath, alors ils seront récompensés par le Shabbath du futur.

-> Au sujets des 12 pains de proposition qui étaient placés sur le Choul'han dans le Temple, il est écrit : "Shabbath après Shabbath, il l'arrangera devant Hachem continuellement" (béyom haShabbath, béyom haShabbath yaaré'hou lifné Hachem tamid - Emor 24,8).
Le Chem Eliézer (écrit par le rav de Biksad) explique que "béyom" (בְּיוֹם) fait allusion aux jours de la semaine, et "béyom haShabbath" (בְּיוֹם הַשַּׁבָּת) signifie que l'on transforme une partie de la semaine en Shabbath (le tosséfét Shabbath). Dans le verset, cela est écrit 2 fois (béyom haShabbath, béyom haShabbath) car nous le faisons au début et à la fin de Shabbath.
Le mot suivant est : "yaaré'hou" (יַעַרְכֶנּוּ) qui signifie "arranger", et il peut également être traduit par "valoriser, tenir en haute estime" (להעריך). Parce que lorsqu'on transforme la semaine en Shabbath, cela exprime notre amour et notre respect pour le Shabbath.
Et en retour "yaaré'hou" = le Shabbath nous tiendra alors en haute estime. Et comme le Shabbath est la source de toutes les bénédictions, le Shabbath nous accordera de très nombreuses bénédictions.
[plus nous donnons concrètement de la valeur au Shabbath, plus celui-ci en aura pour nous bénir! ]

Le Chem Eliézer compare cela à un haut fonctionnaire du roi. Puisque le roi le tient en haute estime, alors son salaire mensuel est bien supérieur à celui d'un simple soldat de l'armée du roi.
[d'une certaine façon c'est le sens du verse : "béyom haShabbath, béyom haShabbath" = par le fait d'ajouter du temps avant et après au Shabbath, alors "yaaré'hou lifné Hachem tamid" = on sera davantage porté constamment en haute estime auprès d'Hachem (et donc par cela on méritera un salaire, des bénédictions, plus importantes)]

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-> "Shabbaton Shabbath kodech" (Béchala'h 16,23)
-> "yiyé la'hem kodech Shabbath Shabbaton" (Vayakel 35,2)

Le Baal haTourim (Béchala'h 16,23) dit que par le fait que le mot "kodech" apparaît parfois avant et parfois après le mot terem : Shabbath, alors cela indique que nous pouvons ajouter du Shabbath à la fois avant et à la fois après (tosséfet Shabbath).

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-> Le Zohar (Tikouné Zohar 38a,85b) affirme que lorsque nous ajoutons de la semaine dans le Shabbath, alors nous recevons une part plus importante d'âme supplémentaire (la néchama yétéra).

-> "Il n'y a pas de récompense pour les mitsvot dans ce monde " (guémara Kidouchin 39b)
Le rav Elimélé'h Biderman dit qu'il y a des exceptions à cela, et un exemple est : le tosséfét Shabbath.
Il y a également des récompenses pour cette mitsvot dans ce monde.
Nos livres saints enseignent que lorsqu'on fait plus que ce que nos obligations le demandent, nous sommes également récompensés en ce monde.
Le Yétav Panim écrit que lorsque quelqu'un fait du tosséfét Shabbath, il ajoute du Shabbath, faisant davantage que la stricte description du Shabbath faite par la Torah.
Puisqu'il va au-delà des limites de ses obligations, alors une telle personne sera récompensée en ce monde.

-> "Quiconque fait du Shabbat un délice se voit attribuer un héritage sans frontières" (guémara Shabbath 118b).
Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada - Shabbath 118b) explique : "Celui qui accueille le Shabbat à l’avance ouvre les frontières du jour saint qui, a priori, le limitent à une journée. En élargissant ces frontières [de temps], il mérite, en retour, que le Shabbat lui rende la pareille en ouvrant en sa faveur toutes les frontières, en agrandissant sa part dans tous les domaines."

[la récompense est mesure pour mesure : si à tes yeux tu "fais du Shabbat un délice" en allant au-delà des frontières strictes de la halakha (comme l'atteste le fait que tu cherches à l'accueillir plus tôt et à le faire sortir plus tard), alors la récompense va nous "attribuer un héritage sans frontières", on aura des bénédictions qui iront au-delà de toutes limitations.
Le Shabbath étant la "mékor abéra'ha" (la source des bénédictions), nous avons intérêt à ouvrir les vannes pour en recevoir le maximum par le biais du tosséfét Shabbath.]

-> Il y a une garantie du Arizal que le fait d'ajouter du temps avant et après Shabbath, et enseigner aux autres à le faire, est propice pour avoir des enfants. [Ségoulat Israël - banim]
Le rav Elimélé'h Biderman ajoute qu'il est inclus dans cette bénédiction d'avoir de la satisfaction de ses enfants et de pouvoir les élever dans les chemins de la Torah.

-> Le 'Hafets 'Haïm conseilla à un couple qui n'arrivait pas à avoir d'enfant : Faites rentrer Shabbath plus tôt, quand c'est encore bien avant Shabbath, et vous verrez des délivrances (yéchouot).

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-> Le Imré Emet disait que le tosséfet Shabbath est propice pour avoir toutes sortes de délivrances dans notre vie.

-> Le Pri Mégadim (fin 256) écrit : "Le tosséfét Shabbath a pour conséquence d'avoir une vie plus longue".

Cela s'explique ainsi :
Adam et 'Hava ont mangé de l'Arbre de la Connaissance le vendredi après-midi.
Le midrach déclare que si Adam et 'Hava avaient attendu que ce soit Shabbath, ils auraient été autorisés à manger de l'Arbre de la Connaissance. La faute était qu'ils avaient mangé de l'arbre trop tôt, alors qu'il était encore vendredi après-midi. Par cette faute, la mort a été introduite dans le monde.
Le Imré Emet dit que lorsque nous faisons le tosséfét Shabbath, nous rendons le vendredi après-midi du Shabbath. Cela a pour incidence que rétrospectivement lorsque Adam et 'Hava ont mangé de l'Arbre de la Connaissance, c'était en réalité déjà Shabbath.

Par conséquent, le tosséfét Shabbath vient expier leur faute.
Leur péché ayant apporté la mort au monde, en faisant le tosséfét Shabbath et rectifiant leur faute, cela permet aux gens de vivre plus longtemps.

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-> Le tosséfét Shabbath est également propice pour la parnassa (subsistance).
Rabbi Mordé'haï Lechovitch dit : "les maîtres de maison (baalebatim) se plaignent de leur parnassa. S'ils m'écoutaient, ils feraient le tosséfét Shabbath, et alors ils ne manqueraient de rien".

-> Rabbi Mendel de Riminov (en expliquant allusivement la guémara Shabbath 118a) dit : apportes ton Shabbath dans les jours de la semaine (assé Shabbath 'hol), et tu auras de la parnassa en abondance, et tu n'auras pas besoin de demander aux gens une aide financière (véal titstarékh labériot).
[La traduction simple de cette guémara est de traiter son Shabbat comme un jour de semaine plutôt que de dépendre des gens pour obtenir de l’aide.]

-> Le Shabbath est la racine de toutes les bénédictions de la semaine.
Rabbi Noa'h Léchovitz (Divré Shmouël - likoutim 6) enseigne que par le fait d'observer le Shabbath, les bénédictions spirituelles nous viennent tout au long de la semaine, et par le fait d'ajouter du temps de la semaine à Shabbath (le tosséfét Shabbath) alors nous méritons des bénédictions matérielles.

-> Le Tola'at Yaakov (Sod haShabbath 6) explique que lorsque quelqu'un fait tosséfét Shabbath, il élargit les limites de la sainteté, car il transforme de la semaine en Shabbath.
Le Ciel le traitera alors de la même manière (mesure pour mesure), et le Ciel élargira alors sa parnassa.

-> L’un des avantages de l’observance du Tossefet chabbat est qu’il est porteur de parnassa. C’est mesure pour mesure car quand on étend la zone temporelle du Shabbat, on rétrécit la durée des jours profanes et Hachem étend de son côté les limites initialement fixées de la parnassa.
[ "Plus que nous ne gardons chabbat, chabbat nous garde" ]
Chaque moment de Tossefet chabbat est apprécié par Hachem. Pour accomplir la Tossefet chabbat, comme le dit la guémara (Yoma81b) : מוסיפין מחול על הקודש = il est recommandé de recevoir chabbat au moins 12 minutes à l’avance. Ainsi, nous pourrons mériter les nombreuses bénédictions.
[rav Yéhochoua Alt]

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-> "On doit ajouter de la semaine au Shabbath" (Choul'han Arou'h 261,2)

-> "Nous prions Arvit plus tard (à la sortie de Shabbath) pour prolonger le Shabbath dans la semaine" (Choul'han Aroukh 293,1)

-> "La coutume [à la sortie de Shabbath] est de dire : "véou ra'houm" et "baré'hou" avec une mélodie longue et douce, pour ajouter quelques moments au Shabbath".
[cela ne prend que quelques secondes de plus, mais cela permet d'exprimer notre attachement et importance au Shabbath (on est plus en mode "ce n'est qu'un au revoir", plutôt qu'en mode compte à rebours "youpi, Shabbath est enfin fini!"). ]

-> Le 'Hida (Birké Yosser) rapporte que celui qui allongera le "barou'h Hachem amévora'h" à la sortie du Shabbath (dans Arvit), il sera épargné des soucis tout au long de la semaine.
Il ajoute au nom du Arizal, que c'est une ségoula (d'allonger le barou'h Hachem amévora'h) qui a fait ses preuves pour avoir la réussite dans tout ce qu'on entreprendra.
[c'est investir 1-2 seconde de plus, pour mériter une protection de tout danger et avoir la réussite!]

-> La michna Broura (261,19) écrit : "Si une personne fait une méla'ha dans ce temps [de tosséfét Shabbath], elle ne transgresse pas une interdiction (lav) et elle n'est pas punie par la mort (karét).
Cependant, elle transgresse un commandement positif de la Torah (mitsva assé min aTorah) de transformer un peu de la semaine en Shabbath".

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-> b'h, également : Le Tossefet Shabbath : https://todahm.com/2022/11/17/le-tossefet-shabbath

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-> "Vous ferez votre Shabbat" (Emor 23,32)

Nos Sages apprennent de ce verset qu'il y a une obligation à ajouter à la sainteté du Shabbat. L'accueillir plus tôt et le faire sortir plus tard. Néanmoins, le Rambam dit que ce n'est pas une obligation de la Torah, mais seulement d'ordre rabbinique. D'après le Rambam, la Torah n'impose un tel ajout que pour Kippour.

Quand le Avné Nezer était jeune, son groupe d'étude avait terminé l'étude du traité Shabbat.
Ainsi, ils lui demandèrent de dire un mot pour conclure l'étude de ce traité. Il expliqua que le traité de Shabbat est composé de 24 chapitres, correspondant aux 24 heures du jour du Shabbat. Néanmoins, puisqu'il y a un devoir d'ajouter à la sainteté de Shabbat, à son entrée comme à sa sortie, idéalement, on devrait accueillir Shabbat une heure plus tôt et le faire sortir une heure plus tard. Le Shabbat devrait donc durer 26 heures et le traité de Shabbat aurait donc dû être composé de 26 chapitres!
Mais d'après l'opinion du Rambam, pour bien signifier que l'obligation d'ajouter au Shabbat est d'ordre rabbinique, et non de la Torah, il n'y a que 24 chapitres au traité.

Pour faire allusion à cela, le dernier chapitre de ce traité de la guémara Shabbath, le 24e chapitre, commence par énoncer la Michna suivante : "Un homme qui se retrouve en route et qui voit le soir (l'entrée de Shabbat) s'approcher et qu'il porte sa bourse sur lui, il la donnera à un non juif (pour la transporter à sa destination) ..."
Or, on peut s'interroger. Comment cette Michna peut-elle permettre de donner son portefeuille à un non-juif alors que le soir est en train de tomber? N'y a-t-il pas une obligation d'ajouter à la sainteté du Shabbat, avant le soir ! Aussi, il aurait dû être interdit de remettre sa bourse au non-juif du fait de l'interdit de faire faire un travail par un non Juif pendant Shabbat!

Seulement, puisque l'obligation d'ajouter au Shabbat est d'ordre rabbinique, dans ce cas précis où l'homme ne veut pas perdre son argent, les Sages ont suspendu leur interdit et lui ont autorisé à remettre sa bourse à un non juif, pour lui éviter ce grand désagrément.
Ainsi, cette Michna a été choisie pour introduire le 24e chapitre du traité, car laissant ainsi suggérer que l'ajout supplémentaire au Shabbat est d'ordre rabbinique, le traité Shabbat peut donc se terminer au 24e chapitre. Et il n'est pas nécessaire d'y ajouter 2 autres chapitres.
Ainsi, dès le début du 24e chapitre, la Michna rapporte en allusion la raison pour laquelle le traité s'achèvera après ce chapitre.

Pourquoi avons-nous une kabbalat Shabbath (accueil du Shabbath), et pas un kabbalat Yom Tov?
C'est parce qu'à Yom Tov, la mitsva est d'aller à la maison d'Hachem (le Temple), puisque nous sommes olé laréguel (d'où le nom chaloch régalim). Par conséquent, nous allons à Hachem.
A Shabbath, c'est Hachem qui vient à nous. Par conséquent, nous sortons pour saluer Hachem avec la kabbalat Shabbath.
[rav Yéhochoua Alt]

-> Dans les chants de la kabbalat Shabbath, nous disons : "pné Shabbath nékabéla" (accueillons la présence de Shabbath).
En traduisant littéralement ces mots, on a une autre explication : dès l'entrée du Shabbath, nous devons revêtir notre face de Shabbath (pné Shabbath).
Toute la semaine, une personne se promène avec des expressions d'anxiété, de tension et autres. Mais le Shabbath, nous devrions avoir l'impression que tout notre travail est bien terminé et que tous nos soucis sont partis. Notre visage doit rayonner de tranquillité. Et c'est ainsi que nous devons accueillir (nékabéla) le Shabbath.
[d'après le Séfer Ména'hem Tsion]

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-> Selon la guémara (Béra'hot 57b), le Shabbath contient 1/60e du monde futur.
Le 'Hidouché haRim fait la comparaison suivante : de même que le monde à Venir ne peut se produire qu'après que nous soyons sorti de ce monde, de même nous ne pouvons recevoir pleinement le Shabbath qu'après que nous ayons quitté complétement la semaine.

-> Rabbi 'Hananel écrit que Rabbi 'Hanina dansait en amenant le Shabbath (guémara Baba Kama 32a).
[au-delà de sa conscience de la grandeur de ce jour, on peut éventuellement expliquer cela par le concept qu'un mouvement externe a un impact sur notre intériorité. Par exemple, en se forçant à sourire, à être heureux, alors on apporte de la joie en nous. De même avec Shabbath, en l'accueillant comme Rabbi 'Hanina. ]

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+ Se préparer au Shabbath :

-> Le fait de se préparer pour Shabbath provient de la Torah, comme il est écrit : "le 6e jour, lorsqu'ils prépareront ce qu'ils auront apporté" (Béchala'h 16,5).
Il est intéressant de noter que le Biour Halakha (250) aborde le sujet de faire les courses avant Cha'harit du vendredi car se préparer pour Shabbath est d'ordre biblique (Torah) à la différence de la prière qui est d'ordre rabbinique (niveau moindre).

-> La guémara (Pessa'him 13a ; Erouvin 43b) enseigne que Eliyahou haNavi ne viendra pas une veille de Shabbath en raison des difficultés que cela imposerait à ceux qui auraient besoin d'interrompre leurs préparatifs de Shabbath pour le saluer.
[d'une certaine façon, il vaut mieux repousser la venue de la gueoula plutôt que d'entraver notre préparation du Shabbath! ]

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-> La veille de Shabbath (erev Shabbath), il y a un yétser ara particulier de se disputer et de se mettre en colère. En ce sens la guémara (Guittin 52a) rapporte le récit de 2 personnes que le Satan incitait régulièrement à se disputer l'un l'autre, au crépuscule la veille de Shabbath.

Le Ben Ich 'Haï écrit au nom du 'Hida (Moré Baétsba 140) : "La veille de Shabbat, à l'approche de min'ha, est une heure dangereuse, prédisposée à la dispute d’un mari avec sa femme et des serviteurs entre eux.
Le Satan investit alors beaucoup d'efforts à semer la discorde. L'homme craignant D. soumettra son mauvais penchant et ne réveillera aucune dissension ni reproche, mais au contraire, il recherchera la paix."

Quelle est l'origine de ce yétser ara?
Parce que la première faute s'est produite une veille de Shabbath (erev Shabbath) et le yétser ara a alors une position dominante (ce qui fait que nous avons plus de facilité à se mettre en colère). Nous pouvons être tellement pressés à érev Shabbath que cela peut mener facilement à des disputes.
En effet, le mot "na'hach", le serpent qui fut l'investigateur du premier péché, a pour racine " 'hich" qui signifie : agir vite, se précipiter.
[comme dans : "ki gaz 'hich vénaoufa" (car il est coupé rapidement et nous nous envolons - Téhilim 90,10)]
Ainsi, pour contrer cela, nous devons autant que possible être prêts tôt.

-> "Si quelqu'un meurt la veille de Shabbath, c'est de bon augure pour lui" (mét béErev Shabbath siman yafé lo - guémara Kétoubot 103b)
[puisque cela permet d'éviter le "hibout akéver", être frappé après sa mort dans sa tombe pour ses fautes. ]

Le Baal Chem Tov (al haTorah Béréchit 79) explique que cette guémara nous enseigne une leçon de moussar importante. Il faut faire comme si nous étions morts la veille de Shabbath. Cela signifie qu'on doit autant que possible tout abandonner afin de se préparer (matériellement et dans la tête) pour Shabbath.
Si on agit ainsi en se consacrant bien aux préparations de Shabbath, alors "c'est de bon augure pour lui" = après notre enterrement, on ira directement au Gan Eden, sans être puni par le 'hibout hakéver (les coups reçus dans la tombe).

-> "Celui qui a travaillé la veille de Shabbath, mangera à Shabbath" (mi chétara'h béErev Shabbath yo'hal béShabbath - guémara Avoda Zara 3a).
Si quelqu'un travaille pour accomplir les mitsvot dans ce monde, il sera récompensé dans le monde à Venir.

[le monde à Venir est appelé Shabbath (yom chékoulo Shabbat.
Mais on peut également le comprendre ainsi : "Celui qui a travaillé la veille de Shabbath" = en se consacrant à ses préparatifs, alors "mangera à Shabbath".
Cela est mesure pour mesure : puisque dans ce monde nous voulions embellir le Shabbath : matériellement, spirituellement, avec de la joie et une belle atmosphère (comme les préparatifs d'érev Shabbath le témoignent), alors nous serons récompensés par un beau Shabbath du futur (le monde à Venir éternel).]

-> Nous devons être prêts à temps pour saluer le Shabbath. Nous devons être à la hauteur des mots : "likrat Shabbath lé'hou vénélkha" (allons accueillir le Shabbath - Lékha Dodi).
Le Rambam (Hilkhot Shabbath 30,2) écrit qu'on doit "s'asseoir avec le respect qui convient, attendant de recevoir le Shabbath comme si on sortait pour saluer un roi.

On peut déjà ressentir un peu du Shabbath lors d'érev Shabbath. En effet, le mot "érev" (Shabbath) signifie "mélange", puisque érev Shabbath a de la sainteté du Shabbath qui est mélangée en ce jour.

Le Méor Einayim ressentait déjà un peu Shabbat à travers ses préparatifs de ce saint jour tels que le mikvé et autres. Une fois, après ses préparatifs d’érev Shabbat, il ressentait manquer encore un peu de sainteté (kédoucha). Il s’est alors rendu compte qu’il portait ses chaussettes de semaine.

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-> b'h, également sur la préparation du Shabbath : https://todahm.com/2021/12/12/limportance-de-se-preparer-a-shabbath

Shabbath = un mariage hebdomadaire

+ Shabbath = un mariage hebdomadaire :

-> En semaine, nous récitons la même Amida (Shemoné Esré) 3 fois par jour.
Le Sia'h Its'hak se demande donc pourquoi est-ce qu'à Shabbath nous avons un Shemoné Esré qui est différent pour chacune des 4 prières (Arvit, Cha'harit, Moussaf et Min'ha)?
[d'ailleurs, à Yom Tov, les 3 prières (Cha'harit, Min'ha et Arvit) sont aussi similaires. ]
Une autre question qui se pose est pourquoi dans le Shemoné Esré de Shabbath nous disons :
- à Arvit : "véyanou'hou va'h" ;
- à Cha'harit (et à Moussaf) : "véyanou'hou vo" ;
- à Min'ha : "véyanou'hou vam".

Avant de répondre, on peut noter qu'en semaine nous récitons 57 bénédictions, puisqu'il y a 3 Shemoné Esré de 19 bénédictions chacun.
Cela contraste avec le Shabbath où le Shemoné Esré est nettement plus cours. On peut constater que les termes : va'h, vo et vam, ont une guématria totale de 57.

-> Le midrach (Béréchit rabba 11,8) nous dit que les 6 jours de la semaine ont un partenaire : le dimanche est jumelé avec le lundi, le mardi avec le mercredi, le jeudi avec le vendredi. Seul le jour du Shabbath était célibataire. Après que le Shabbath se soit plaint de cela, Hachem l'a associé aux juifs.
Le 7e jour de la semaine, Shabbath, devint ainsi un avec nous. Le jour du Shabbath est un moment de mariage.
C'est ce que nous affirmons : "lé'ha dodi likrat kala" (Viens, mon bien‑aimé, au‑devant de la fiancée).
De même, nous disons : "bo'i béshalom atéret baala" (Sois la bienvenue, toi, couronne de ton époux).

Ceci explique pourquoi les initiales de "pné Shabbath nékabéla" (פני שבת נקבלה - Allons accueillir le Shabbath) forment : néfech (נפש). Parce que maintenant que nous nous unissons avec le Shabbath, alors nous sommes complets, car sans cela nous ne serions qu'une moitié, tout comme l'est celui qui n'est pas marié.

A la lumière de cela, nous pouvons comprendre pourquoi nous allumons 2 bougies avant l'entrée de Shabbath. C'est parce que Shabbath s'apparente à un mariage où nombreux ont l'habitude d'allumer 2 bougies sous la 'houpa.
[voir à ce sujet : https://todahm.com/2014/04/01/coutume-de-porter-des-bougies-au-mariage ]

Pendant Shabbath, nous avons 4 Chemoné Esré avec un texte différent. On a ainsi :
- le vendredi soir = nous disons "ata kidachta", cela fait référence aux kidouchin, la première partie d'un mariage.
- le matin (à cha'harit) = on dit "yichma'h Moché" (yichma'h = se réjouir), cela fait allusion à l'idée de "sim'hat 'hatan vékalla" (la joie, réjouir les mariés).
- à moussaf = les mots sont "tikan'ta Shabbath ratsita korbanoté'ha", où "korbanot" signifie un repas de fête.
- enfin à min'ha = la formule "ata é'had" = c'est le yi'houd (isolement) du 'hatan avec la kala, puisque le Shabbath est le moment où l'on ne fait qu'un avec Hachem comme un 'hatan et une kala.

Cette idée est également représentée dans les différentes formulations : va'h, vo et vam (cf. ci-dessus).
Le mot "va'h", qui est au féminin fait référence au kidouchin.
Le mot "vo", qui est le même mot au masculin, fait référence au nisouïm, lorsqu'il l'amène chez lui.
Enfin, "vam", est ce même terme au pluriel, symbolise la notion de yi'houd (isolement) des 2 ensemble.
[par exemple à la fin du Shalom Alé'hem, nous disons aux anges qui nous accompagnent depuis la synagogue : "sortez en paix" (bétsété'hem léshalom) = chers anges, veuillez nous laisser tout seul avec notre amoureux le Shabbath, en intimité et extrême proximité avec papa Hachem. ]